Léa était assise sur le rebord de la fenêtre de sa chambre, les genoux repliés contre sa poitrine, observant la vaste propriété à travers la vitre. La maison qu'elle partageait avec Gabriel était imposante, froide, et pourtant elle regorgeait de souvenirs. Elle se rappelait les premiers jours où il l'avait recueillie après la mort brutale de ses parents. À treize ans, elle était arrivée ici, dévastée et silencieuse. Gabriel, avec son calme assuré et sa prestance naturelle, avait pris soin d'elle, sans jamais chercher à remplacer les parents qu'elle avait perdus.
Aujourd'hui, à l'aube de ses dix-huit ans, elle ne pouvait plus nier que quelque chose avait changé. Ce sentiment d'admiration, de gratitude qu'elle avait toujours eu pour lui... s'était métamorphosé en une autre émotion, beaucoup plus complexe, troublante. Elle ne voulait pas y penser, mais ses pensées la trahissaient souvent, surtout lorsque ses regards sur lui devenaient trop longs, ou quand elle le surprenait dans des moments qu'il ne partageait avec personne d'autre.
Ce soir-là, la maison semblait plus silencieuse que d'habitude. Léa descendit l'escalier, ses pieds nus effleurant le parquet. Elle aimait ces moments où tout était calme, où elle pouvait se perdre dans ses pensées sans interruption. Mais ce soir, une lueur de lumière filtrait sous la porte du bureau de Gabriel. Il était tard, et il ne travaillait généralement pas à cette heure. Intriguée, elle s'approcha, poussée par une curiosité qu'elle ne pouvait plus ignorer.
La porte n'était pas entièrement fermée. Elle posa la main sur le bois lisse, hésitant un instant. Puis, doucement, elle la poussa légèrement, juste assez pour avoir une vue sur l'intérieur. Ce qu'elle vit la pétrifia.
Gabriel était là, debout près de son bureau, et face à lui se tenait une femme qu'elle ne connaissait pas. Grande, élégante, avec des cheveux noirs lisses qui encadraient un visage à la beauté sculpturale. La femme portait une robe ajustée qui laissait deviner un corps parfait. Mais ce n'était pas son apparence qui accaparait l'attention de Léa. C'était la proximité entre elle et Gabriel. Il se tenait si près d'elle, une main posée sur son bras, ses yeux plongés dans les siens. Puis, comme si cela ne suffisait pas à déchirer l'équilibre fragile que Léa avait construit, il se pencha légèrement et murmura quelque chose à l'oreille de la femme, une expression qu'elle ne lui avait jamais vue adoucir ses traits.
Léa sentit son cœur s'emballer, une chaleur désagréable s'emparer d'elle. Elle recula rapidement, ses doigts crispés sur le bois de la porte, retenant un souffle tremblant. Elle voulait partir, mais ses pieds refusaient de bouger. Pourquoi cela la bouleversait-il autant ? Pourquoi cette vision de Gabriel, cet homme qu'elle avait toujours vu comme une figure de force et de stabilité, lui donnait-elle envie de pleurer et de crier à la fois ?
« Gabriel, tu es sûr que c'est une bonne idée ? » La voix de la femme, douce et légèrement rauque, traversa la pièce et fit écho dans l'esprit de Léa.
« J'en suis certain, Camille. C'est le seul moyen. » Sa voix, grave et posée, résonna comme elle l'avait toujours fait, mais cette fois, elle portait une intimité qui fit frissonner Léa. Elle recula encore, cette fois plus rapidement, et monta les escaliers presque en courant. Son cœur battait toujours furieusement lorsqu'elle ferma la porte de sa chambre derrière elle.
Elle s'assit sur le lit, la tête entre les mains, tentant de calmer les pensées chaotiques qui tourbillonnaient dans son esprit. Qui était cette femme ? Depuis quand Gabriel avait-il quelqu'un dans sa vie qu'il ne lui avait pas présenté ? Pourquoi cela lui faisait-il mal de le voir ainsi, vulnérable et proche de quelqu'un d'autre ?
Les questions ne cessaient de s'accumuler. Finalement, elle se coucha, mais le sommeil ne vint pas facilement. Des images de Gabriel et de cette Camille occupaient ses pensées. La jalousie – car c'était bien ce qu'elle ressentait – la consumait lentement, une émotion qu'elle n'avait jamais expérimentée auparavant. Et pourtant, elle savait que demain, elle devrait se tenir devant Gabriel comme si rien n'avait changé, comme si cette vision n'avait pas fissuré quelque chose en elle.
Le lendemain matin, lorsqu'elle descendit, Gabriel était déjà à table, lisant un journal avec une tasse de café à la main. Il était impeccablement habillé, comme toujours, dans un costume sombre qui accentuait son allure imposante. Léa sentit son cœur se serrer à sa vue, mais elle força un sourire et s'assit en face de lui.
« Bien dormi ? » demanda-t-il sans lever les yeux de son journal.
« Oui... et toi ? » répondit-elle, sa voix un peu trop aiguë à son goût.
Il haussa un sourcil en relevant enfin les yeux. « Pas vraiment, mais ce n'est pas important. Tu as quelque chose de prévu aujourd'hui ? »
Elle secoua la tête, jouant avec la tasse de thé qu'elle s'était servie. Elle voulait lui demander, lui crier même, qui était cette Camille, mais elle se retint. Elle n'avait aucune raison valable de poser cette question, et elle le savait. Mais l'envie était là, brûlante.
« Gabriel... » Elle hésita, puis se ravisa. « Non, rien. »
Il pencha légèrement la tête, intrigué par son ton hésitant, mais ne dit rien. Son téléphone vibra, interrompant le silence. Il décrocha rapidement, son expression changeant immédiatement en quelque chose de sérieux. Après quelques murmures rapides, il raccrocha et se leva.
« Je dois partir. Ne fais pas de bêtises en mon absence. »
Elle hocha la tête, mais son esprit était ailleurs. Il quitta la pièce, et elle resta là, seule, un nœud dans la gorge. Léa savait qu'elle ne pouvait pas continuer ainsi. Elle devait comprendre. Mais pour cela, elle allait devoir prendre des risques.
Le bruit des talons de Gabriel résonnait dans le grand salon alors qu'il entrait, une enveloppe en main et une expression indéchiffrable sur son visage. Léa, qui feuilletait distraitement un magazine sur le canapé, releva la tête, curieuse. Il s'arrêta devant elle, la dominant de toute sa hauteur, et tendit l'enveloppe sans un mot.
« Qu'est-ce que c'est ? » demanda-t-elle, fronçant légèrement les sourcils, hésitante.
« Une invitation pour le gala annuel de l'entreprise, » répondit-il d'un ton neutre, comme s'il annonçait une formalité. « Tu seras à mes côtés cette année. »
Le cœur de Léa fit un bond. Ce gala était l'un des événements les plus prestigieux de la région, où se réunissaient les hommes et femmes les plus influents. Gabriel, toujours discret sur sa vie personnelle, n'y avait jamais emmené quelqu'un d'aussi proche de lui. Elle se redressa, fixant l'enveloppe comme si elle contenait un secret précieux.
« Pourquoi cette année ? » osa-t-elle demander, bien qu'une partie d'elle redoutait la réponse.
« Il est temps que le monde sache qui tu es pour moi, » répondit-il, croisant les bras. « Pas comme une enfant à protéger, mais comme quelqu'un qui a sa place à mes côtés. »
La déclaration fit vibrer quelque chose en elle, une chaleur inattendue, mais aussi une confusion qu'elle peinait à dissimuler. Elle hocha simplement la tête, murmurant un « D'accord » qui sonnait plus incertain qu'elle ne l'aurait voulu.
Le reste de la journée se déroula dans une étrange torpeur. Léa essayait de ne pas s'attarder sur ce que cette invitation signifiait, mais chaque fois qu'elle y pensait, son esprit revenait à la mystérieuse Camille. Était-ce pour elle que Gabriel faisait cela ? Voulait-il simplement afficher une image respectable au milieu de ses affaires ? Ces questions la rongeaient.
En fin d'après-midi, alors qu'elle descendait les escaliers pour aller chercher un livre dans la bibliothèque, elle entendit des voix provenir du bureau de Gabriel. La porte était légèrement entrebâillée, et bien que tout en elle lui criait de continuer son chemin, elle s'arrêta.
« Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, Gabriel, » disait Camille, sa voix douce et teintée d'un amusement presque provocateur.
« Ce n'est pas une question de choix, Camille, » répondit Gabriel, visiblement tendu. « C'est nécessaire. »
Léa s'approcha lentement, son souffle suspendu. À travers l'ouverture, elle vit Camille s'appuyer nonchalamment contre le bureau, son sourire étiré alors qu'elle jouait avec un stylo entre ses doigts. Gabriel était debout face à elle, ses bras croisés, mais son visage trahissait une frustration qu'il ne laissait que rarement paraître.
« Nécessaire ? » répliqua Camille en s'approchant, réduisant l'espace entre eux. « Ou bien est-ce une façon de te convaincre que tu as encore le contrôle ? »
Léa sentit une montée d'adrénaline. Cette proximité, cette tension palpable entre eux... c'était insupportable. Elle se détourna brusquement, sentant une vague de colère et de jalousie s'emparer d'elle. Elle monta les escaliers à toute vitesse, le cœur battant à tout rompre.
Une fois dans sa chambre, elle se laissa tomber sur le lit, les poings serrés. Elle ne pouvait pas continuer ainsi, à être témoin de ce qu'elle ne comprenait pas mais qui l'affectait si profondément. Camille... cette femme était tout ce qu'elle n'était pas : sophistiquée, sûre d'elle, séduisante.
Léa se leva soudain, déterminée. Elle se dirigea vers son miroir et observa son reflet avec un regard critique. Ses cheveux, toujours attachés en une queue-de-cheval simple, encadraient un visage qu'elle jugeait trop jeune, trop naïf. Ses vêtements confortables et discrets ne faisaient rien pour mettre en valeur sa silhouette. Si Gabriel la voyait toujours comme une enfant, c'était parce qu'elle continuait à se présenter comme telle.
Elle fouilla dans son Armoire, sortant des robes qu'elle n'avait jamais osé porter, des chaussures à talons qu'elle avait achetées sur un coup de tête mais jamais utilisées. Elle passa une heure à expérimenter, à se maquiller, à laisser ses cheveux tomber en vagues naturelles sur ses épaules. Lorsque finalement elle se redressa devant le miroir, elle ne reconnut presque pas la jeune femme qui lui faisait face.
Le lendemain matin, elle descendit dans la salle à manger avec une nervosité qu'elle cachait sous un masque d'assurance. Gabriel était déjà là, comme à son habitude, lisant un dossier tout en sirotant son café. Lorsqu'il leva les yeux et la vit entrer, son regard se figea une fraction de seconde.
« Léa ? » murmura-t-il, incapable de dissimuler sa surprise.
Elle s'assit à table, feignant l'indifférence, bien que son cœur tambourinait dans sa poitrine. « Oui ? » répondit-elle, un sourire léger aux lèvres.
Il posa son dossier, ses yeux scrutant chaque détail de son apparence. Ses cheveux, son maquillage subtil mais sophistiqué, la robe ajustée qui soulignait sa silhouette... Elle n'était plus l'adolescente qu'il avait toujours vue.
« Tu es différente ce matin, » dit-il finalement, sa voix plus basse qu'à l'accoutumée.
« Peut-être que j'ai juste décidé d'arrêter de me cacher, » répliqua-t-elle, son ton teinté d'un défi qu'elle ne s'était jamais permis auparavant.
Gabriel la regarda longuement, comme s'il essayait de comprendre quelque chose qui lui échappait. Mais au lieu de répondre, il se leva, prenant sa tasse de café. « Ne sois pas en retard pour le gala ce soir, » dit-il avant de quitter la pièce, sa posture raide, ses mouvements presque nerveux.
Léa resta là, seule, un mélange de satisfaction et de confusion dans le cœur. Elle avait réussi à attirer son attention, mais ce qu'elle avait vu dans ses yeux n'était pas exactement ce à quoi elle s'attendait. C'était autre chose, quelque chose de plus profond, de plus complexe. Et cela ne faisait que renforcer son envie de percer les mystères qui entouraient Gabriel.
Les lumières du grand hall scintillaient, se réfractant sur les lustres en cristal qui pendaient majestueusement au plafond. La salle était un tourbillon de conversations élégantes, de robes de soirée somptueuses et de smokings parfaitement ajustés. Léa inspira profondément, ses talons claquant légèrement sur le sol en marbre alors qu'elle avançait aux côtés de Gabriel.
Elle portait une robe émeraude qui épousait ses formes, rehaussée de détails subtils en dentelle qui ajoutaient une touche de mystère. Ses cheveux, relevés en un chignon sophistiqué, laissaient apparaître la courbe délicate de son cou. Elle sentait les regards se poser sur elle, mais aucun ne la perturbait autant que celui de Gabriel.
Il était impeccable, comme toujours, dans un smoking noir classique, mais ce soir, il avait une tension inhabituelle dans son regard. Il semblait sur le point de dire quelque chose à plusieurs reprises, mais à chaque fois, il se ravisait, son visage reprenant son masque impassible.
« Tu es parfaite, » murmura-t-il finalement, sa voix basse se perdant presque dans le brouhaha.
Léa se tourna vers lui, surprise par la douceur de son ton. « Merci. » Elle voulait ajouter autre chose, peut-être une remarque légère pour détendre l'atmosphère, mais il détourna déjà les yeux, saluant un groupe de partenaires d'affaires qui les attendaient près du bar.
Les premières heures du gala se déroulèrent dans un mélange d'excitation et d'appréhension pour Léa. Elle était présentée à des hommes et femmes influents, chacun la scrutant avec un mélange de curiosité et de respect, probablement plus dû à son association avec Gabriel qu'à ses propres mérites.
« Mademoiselle Léa, n'est-ce pas ? » Une voix grave et suave l'interrompit alors qu'elle sirotait un verre de champagne. Elle se retourna pour faire face à un homme d'une quarantaine d'années, élégant et visiblement sûr de lui.
« Oui, c'est moi, » répondit-elle poliment, bien qu'elle sentît immédiatement un malaise dans la manière dont ses yeux parcouraient sa silhouette.
« Je suis Thomas Valmont, un ancien associé de Gabriel. C'est un plaisir de rencontrer quelqu'un d'aussi charmant. »
Il prit sa main avant qu'elle ne puisse protester et y déposa un baiser, ses lèvres effleurant sa peau un peu trop longtemps. Léa esquissa un sourire forcé, essayant de se dégager discrètement.
« Gabriel a bien caché son trésor, » continua Thomas, son sourire se faisant plus prédateur. « Vous devriez être sous les projecteurs bien plus souvent. »
« Merci pour le compliment, mais je préfère rester discrète, » répondit-elle, son ton devenant plus ferme.
Alors qu'il allait répliquer, une ombre s'interposa entre eux. Gabriel. Son regard était glacial, et même si son sourire restait de façade, il y avait une menace palpable dans sa posture.
« Thomas, » dit-il d'une voix qui vibrait d'une autorité incontestable. « Je vois que vous avez rencontré Léa. »
Thomas, visiblement pris au dépourvu, recula d'un pas. « Oui, je faisais connaissance avec votre... protégée. »
« Elle est plus que cela, » répliqua Gabriel sans sourciller, posant une main possessive sur le bas du dos de Léa. « Et je vous conseille de respecter cette limite. »
Le message était clair, et après un rire nerveux, Thomas s'éclipsa rapidement, laissant Léa seule avec Gabriel.
« Je pouvais gérer la situation, » murmura-t-elle, se tournant vers lui.
« Peut-être, » répondit-il, mais son regard disait autre chose. Il scruta son visage, comme pour s'assurer qu'elle allait bien, avant d'ajouter : « Mais je ne prends pas de risques quand il s'agit de toi. »
Elle ouvrit la bouche pour répondre, mais il la devança. « Viens, nous avons d'autres personnes à saluer. »
Cependant, l'incident laissa une tension entre eux, une tension que même Camille, qui observait la scène à distance, ne put ignorer. Plus tard dans la soirée, alors que Léa faisait une pause sur le balcon pour échapper à l'agitation, elle sentit une présence derrière elle.
« Tu t'amuses bien ? » La voix de Camille était douce, mais elle contenait une pointe de sarcasme.
Léa se retourna pour la voir s'approcher, un verre à la main et un sourire presque cruel sur les lèvres.
« Oui, » répondit-elle simplement, bien qu'elle sentît la provocation dans le regard de Camille.
« Gabriel est très protecteur envers toi, » continua Camille, jouant distraitement avec le pied de son verre. « C'est touchant... presque trop. »
Léa haussa un sourcil. « Peut-être parce qu'il tient à moi. »
Camille éclata d'un rire léger, mais qui semblait dénué de joie. « Oh, je ne doute pas qu'il tienne à toi. Mais tu es jeune, Léa. Tu ne sais pas tout de lui. »
« Et vous, vous savez tout ? » répliqua Léa, décidant qu'elle n'allait pas se laisser intimider.
Camille s'avança, réduisant l'espace entre elles. « Disons que je sais des choses qu'il ne t'a probablement pas dites. Des choses qui pourraient te surprendre... ou te blesser. »
Léa sentit une boule se former dans son estomac, mais elle refusa de laisser Camille voir son trouble. « Peut-être que je devrais lui demander, alors. »
Camille se contenta de sourire, reculant doucement. « Bonne chance avec ça, » murmura-t-elle avant de disparaître dans la foule.
Le reste de la soirée fut un flou d'émotions pour Léa. Elle était à la fois exaspérée par Camille, troublée par l'attention de Gabriel, et agitée par un sentiment qu'elle ne parvenait pas à nommer. Alors qu'elle quittait finalement le gala à ses côtés, elle ne put s'empêcher de tester les limites de leur relation.
Dans la voiture, alors que le silence s'étirait entre eux, elle se tourna vers lui. « Pourquoi étais-tu si énervé avec Thomas ? »
Gabriel, qui regardait droit devant lui, serra légèrement le volant. « Parce qu'il est imprudent, et que je ne tolère pas qu'on te manque de respect. »
« Ce n'était pas si grave, » insista-t-elle, cherchant à percer sa façade.
Il se tourna vers elle, ses yeux s'assombrissant. « Pour toi, peut-être. Mais pour moi... » Il s'interrompit, serrant les mâchoires avant de murmurer : « Tu es plus importante que tu ne le crois, Léa. »
Cette phrase, si simple mais si lourde de sens, laissa Léa sans voix. Elle détourna les yeux, son cœur battant à tout rompre. Ce soir-là, alors qu'elle s'endormait, elle ne pouvait s'empêcher de se demander où tout cela les mènerait.