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Ma Mort, Sa Vérité

Ma Mort, Sa Vérité

Auteur:: Jasper Grey
Genre: Moderne
Je m'étais réincarnée avec une promesse sacrée : aimer Antoine, l'homme qu'elle avait autrefois négligé, et faire de leur mariage arrangé une véritable seconde chance. Je pensais enfin pouvoir racheter les erreurs de ma première vie, où mon cœur battait pour un autre. Mais cet Antoine, mon mari, était devenu un étranger de glace, un homme tyrannique menaçant la vie de ma propre mère pour un don de rein à sa maîtresse, Chloé. Mes supplications tombèrent dans le vide, balayées par son regard vide et son mépris impitoyable. Les tourments s'enchaînèrent : je fus fouettée sous de fausses accusations, mes mains plongées dans de l'huile bouillante, ma famille traquée et menacée. Antoine, aveugle à la vérité, me rejeta, cru chaque mensonge de Chloé, me laissant physiquement et mentalement brisée. Comment l'homme qui avait tout sacrifié par amour pour moi dans ma vie antérieure pouvait-il être ce bourreau ? Et pourquoi connaissait-il des détails si intimes de mon passé, comme mon allergie rare aux lys du Luxembourg ? Si lui aussi était réincarné, était-ce une vengeance cruelle ou un test sadique pour mon âme ? Submergée par la douleur et l'incompréhension, une seule issue apparut : je devais disparaître, échapper à ce cauchemar sans fin. Ma mort, orchestrée par mes soins, serait ma libération.

Introduction

Je m'étais réincarnée avec une promesse sacrée : aimer Antoine, l'homme qu'elle avait autrefois négligé, et faire de leur mariage arrangé une véritable seconde chance. Je pensais enfin pouvoir racheter les erreurs de ma première vie, où mon cœur battait pour un autre.

Mais cet Antoine, mon mari, était devenu un étranger de glace, un homme tyrannique menaçant la vie de ma propre mère pour un don de rein à sa maîtresse, Chloé. Mes supplications tombèrent dans le vide, balayées par son regard vide et son mépris impitoyable.

Les tourments s'enchaînèrent : je fus fouettée sous de fausses accusations, mes mains plongées dans de l'huile bouillante, ma famille traquée et menacée. Antoine, aveugle à la vérité, me rejeta, cru chaque mensonge de Chloé, me laissant physiquement et mentalement brisée.

Comment l'homme qui avait tout sacrifié par amour pour moi dans ma vie antérieure pouvait-il être ce bourreau ? Et pourquoi connaissait-il des détails si intimes de mon passé, comme mon allergie rare aux lys du Luxembourg ? Si lui aussi était réincarné, était-ce une vengeance cruelle ou un test sadique pour mon âme ?

Submergée par la douleur et l'incompréhension, une seule issue apparut : je devais disparaître, échapper à ce cauchemar sans fin. Ma mort, orchestrée par mes soins, serait ma libération.

Chapitre 1

Le bureau d'Antoine Moreau était immense, froid.

Comme lui.

Chloé Martin, sa maîtresse, avait besoin d'un rein.

Urgent.

Ma mère était la seule compatible.

Antoine l'avait forcée.

Opération dans une clinique privée, la meilleure de Paris.

Pour Chloé.

Pas pour ma mère.

J'étais à genoux.

Sur le marbre froid de son hôtel particulier.

Mes larmes coulaient.

« Antoine, je t'en prie. Ma mère... elle ne survivra pas. »

Il m'a repoussée.

Un geste sec.

« Notre mariage, Amélie, n'est qu'une alliance. Entre nos familles. Rien de plus. »

Sa voix était un bloc de glace.

Je me suis souvenue.

Une autre vie.

Ma première vie.

Là, je le méprisais, lui, Antoine.

J'aimais Julien Bernard, mon ami d'enfance.

Antoine, lui, m'aimait.

Dévoué.

Et je l'avais traité avec cruauté.

Julien m'avait trahie.

Et Antoine... Antoine était mort pour moi.

Un accident.

Une course poursuite sur la Riviera.

Ou un incendie.

Les détails étaient flous, la douleur vive.

Après sa mort, j'avais compris.

Son amour.

Trop tard.

Je m'étais réincarnée.

Avec une seule promesse : aimer Antoine.

Cette fois.

Mais cet Antoine-là...

Il était différent.

Ou peut-être que c'était moi qui avais oublié.

Il était froid, distant.

Et il avait Chloé.

Il l'utilisait pour me faire souffrir.

La greffe de rein pour Chloé, c'était ça.

Une torture de plus.

J'ai quitté son bureau, anéantie.

Le monde tournait.

Dans le couloir, je l'ai confronté.

Ma voix tremblait.

« Pourquoi ? Pourquoi es-tu devenu comme ça ? L'Antoine que je connaissais... »

Il a souri.

Un sourire sans joie.

« L'Antoine que tu connaissais ? Il n'a jamais existé, Amélie. Ou alors, tu l'as rêvé. »

Ses mots étaient des coups.

Non.

Ce n'était pas un rêve.

J'ai revu son visage.

Dans ma vie antérieure.

Ses yeux pleins d'amour.

Sa dévotion.

Chaque jour, il me préparait mon thé préféré.

Il connaissait mes peurs, mes joies.

Il me protégeait de tout.

Même de moi-même.

Et moi ?

Je riais de son amour.

Je le repoussais.

Mon cœur était ailleurs.

Avec Julien.

Julien, le charmeur.

Le manipulateur.

Il m'avait promis la lune.

Il m'a donné la trahison.

Ce jour-là, le jour de l'accident...

Julien m'avait entraînée dans une affaire louche.

Des dettes. Des menaces.

Antoine avait essayé de me sortir de là.

Il avait tout payé.

Mais ils en voulaient plus.

La course poursuite.

Les coups de feu.

Antoine m'avait protégée de son corps.

Il était mort dans mes bras.

Son sang sur mes mains.

Son alliance, je l'avais serrée si fort.

Elle était encore à mon doigt.

Dans cette vie aussi.

Après ma mort, mon âme avait erré.

J'avais vu Antoine.

Enfin, son fantôme, ou une projection de ma culpabilité.

Il pleurait.

Il criait mon nom.

Fou de douleur.

C'est là que j'avais compris.

La profondeur de son amour.

La stupidité de ma haine.

Et puis, le noir.

Je me suis réveillée.

Dans cette vie.

Quelques années en arrière.

Juste avant mon mariage arrangé avec Antoine.

Une seconde chance.

J'avais juré.

Cette fois, je l'aimerai.

Je le chérirai.

J'avais coupé les ponts avec Julien.

J'avais essayé d'être l'épouse parfaite.

Mais l'Antoine de cette vie était une forteresse.

Froid. Calculateur.

Et Chloé était là.

Toujours là.

La greffe de rein.

C'était le coup de grâce.

J'étais épuisée.

Dans le couloir de l'hôpital, l'odeur d'antiseptique me prenait à la gorge.

Ma mère était pâle.

Si fragile.

Son souffle était faible.

Mon père est arrivé.

Ses yeux rougis.

Il m'a prise dans ses bras.

« Ma chérie, qu'est-ce qui se passe ? Antoine... il a changé. Je ne le reconnais plus. »

J'ai pleuré contre son épaule.

« Papa, je vais divorcer. Je vais quitter la France. Avec vous. On ira en Suisse. Loin de tout ça. »

Il a reculé.

M'a regardée.

Un long silence.

Puis il a hoché la tête.

« Bien. Si c'est ce que tu veux. Nous serons avec toi. »

Il a tapé doucement mon épaule.

Un poids énorme s'est soulevé de ma poitrine.

La décision était prise.

J'ai appelé mon avocat.

Spécialiste des divorces de la haute société.

Rendez-vous pris pour le lendemain.

Je suis montée dans ma voiture.

Direction la campagne, pour prendre l'air avant de le voir.

Besoin de calme.

Sur une petite route sinueuse, un camion a déboulé.

Phares aveuglants.

Crissement de pneus.

Le choc.

Le noir.

Je me suis réveillée à l'hôpital.

Mal partout.

La première personne que j'ai vue, c'était Antoine.

Debout, près de mon lit.

Son visage était dur.

Aucune trace d'inquiétude.

« Tu simules ? Pour attirer l'attention ? Chloé ne ferait jamais des caprices pareils. »

Chloé. Encore Chloé.

Même ici.

Ma tête bourdonnait.

J'ai essayé de parler.

« Antoine... un accident... »

Il a ricané.

« Bien sûr. Un accident. Comme par hasard. »

Puis il a dit quelque chose.

Quelque chose qui m'a glacée.

« Tu sais, Amélie, tu devrais faire attention avec les lys. Surtout ceux du Jardin du Luxembourg. Ton allergie pourrait te jouer des tours. »

Mon allergie.

Aux pollens de certains lys.

Une allergie rare.

Que seul l'Antoine de ma première vie connaissait.

Comment ?

Comment pouvait-il savoir ?

J'ai levé les yeux vers lui.

Un soupçon terrible a germé dans mon esprit.

« Antoine... es-tu... aussi ? »

Chapitre 2

Il m'a regardée, un air d'innocence feinte.

« Aussi quoi, Amélie ? Tu délires. Les médecins disent que tu as eu un choc. »

J'ai insisté, ma voix faible.

« L'allergie. Les lys du Luxembourg. Comment le sais-tu ? »

Il a haussé un sourcil.

« Ta mère me l'a dit un jour. Il y a longtemps. Tu oublies vite, on dirait. »

Ma mère ?

Non.

Elle ne lui aurait jamais parlé de ça.

C'était un détail trop intime, trop lié à notre passé, à l'autre Antoine.

Il mentait.

Je le savais.

Son téléphone a sonné.

Chloé.

Bien sûr.

Il a décroché immédiatement.

Sa voix s'est adoucie.

« Oui, ma chérie ? J'arrive. Ne t'inquiète pas. »

Il a raccroché.

M'a jeté un dernier regard froid.

Et il est parti.

Sans un mot de plus.

Sans un regard en arrière.

Laissant moi, seule, dans cette chambre d'hôpital.

Avec mes blessures.

Et mes questions.

L'isolement était total.

La douleur, physique et mentale, insupportable.

Le divorce.

C'était la seule solution.

Je devais finaliser ça.

Vite.

Dès que je suis sortie de l'hôpital, quelques jours plus tard, encore faible, je suis allée chez moi.

L'appartement était vide.

Froid.

J'ai pris une feuille de papier.

Un stylo.

"Accord de divorce."

Chaque lettre était une torture.

La plume déchirait le papier.

Comme mon cœur.

J'ai écrit que je ne voulais rien.

Aucune pension.

Aucun partage de biens.

Juste la liberté.

Mon téléphone a vibré.

Une notification Instagram.

Chloé.

Une photo d'elle et Antoine.

Dans notre lit.

Elle portait un de mes peignoirs.

Ils souriaient.

L'intimité affichée.

Provocante.

J'ai fermé les yeux.

Des images de l'autre Antoine ont défilé.

Lui, me tenant la main.

Lui, me chuchotant des mots doux.

Lui, me protégeant du monde.

Comment cet amour avait-il pu se transformer en cette haine glaciale ?

Ou était-ce une mascarade ?

Un test cruel ?

Si c'était le cas, pourquoi ?

J'ai secoué la tête.

Peu importait.

Je devais en finir.

Je me suis levée.

J'ai pris l'accord de divorce.

Direction le Groupe Moreau.

Son empire.

Le bâtiment était immense.

Imposant.

Comme sa richesse.

Son pouvoir.

Son assistant, un jeune homme discret, m'a accueillie avec une pitié visible.

« Madame Moreau. Monsieur est en réunion. Mais il m'a dit de vous faire entrer si vous veniez. »

Il m'a conduite à son bureau.

La porte était entrouverte.

Je l'ai entendu rire.

Un rire léger.

Rare.

J'ai regardé à travers l'interstice.

Antoine et Chloé.

Elle était assise sur ses genoux.

Il lui caressait les cheveux.

Tendrement.

Un geste.

Un geste que je connaissais.

Un geste qu'il me faisait.

Dans l'autre vie.

Quand il essayait de me consoler.

Quand j'étais triste.

La douleur a été si vive.

J'ai failli crier.

L'assistant a toussé discrètement.

Je me suis redressée.

J'ai poussé la porte.

Ils se sont tournés vers moi.

Chloé, surprise.

Antoine, indifférent.

J'ai posé l'accord sur son bureau.

« Signe. »

Ma voix était neutre.

Il l'a pris.

L'a parcouru rapidement.

A pris un stylo.

Et a signé.

Sans hésitation.

Sans un regard pour moi.

Comme si c'était une formalité sans importance.

Il m'a rendu le papier.

« C'est tout ? »

J'ai hoché la tête.

J'ai pris le document.

Le papier était encore chaud de sa main.

Ou peut-être que c'était ma propre fièvre.

Je suis sortie.

Sans un mot.

Dans le couloir, j'ai appelé mon avocat.

« Il a signé. Quelles sont les prochaines étapes ? »

« Parfait, Madame Moreau. Je m'occupe de tout. Vous serez officiellement divorcée dans quelques jours. »

Quelques jours.

Et je serais libre.

En sortant du bâtiment, ils étaient là.

Antoine et Chloé.

Ils m'attendaient.

Ou plutôt, ils attendaient leur voiture.

Chloé m'a souri.

Un sourire triomphant.

« Amélie. J'allais justement t'appeler. »

J'ai froncé les sourcils.

Antoine a pris la parole, sa voix toujours aussi glaciale.

« Notre mariage n'était qu'un contrat, Amélie. Il est terminé. C'est mieux ainsi. »

Chloé a enchaîné.

« Pour te remercier de ta... compréhension, et pour le rein de ta mère, bien sûr, j'organise une petite soirée. Une vente aux enchères caritative à l'Hôtel Drouot. Tu devrais venir. Ce serait l'occasion de montrer que nous sommes... civilisés. »

Me remercier ?

Pour avoir failli tuer ma mère ?

Pour m'avoir humiliée ?

Sa fausse gentillesse était écœurante.

« Non, merci. »

J'allais partir.

Antoine m'a barré le passage.

« Tu viendras. »

Ce n'était pas une question.

C'était un ordre.

Une menace implicite dans ses yeux.

Je savais que je ne pouvais pas refuser.

Pas encore.

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