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MY TORRID STEPBROTHER !

MY TORRID STEPBROTHER !

Auteur:: nesslodd
Genre: Romance
Une chose était sûre : Elle ne laissera personne la séduire.. Mais lui, la laissera-t-elle ne pas être séduite ? Tout se passait comme prévu : Edenelle était heureuse, vivant avec sa mère et ses sœurs, prévoyant ses projets futur.. Mais ses projets seront bouleversé par l'annonce soudaine de sa mère ayant rencontré un homme sur internet : Déménager en Grèce. Pour Eden, pas question de déménager et d'abandonner ses projet ! Eden trop bouleversé par cette nouvelle percutera un garçon nommé James, sexy, beau, possédant tous les adjectifs les plus flatteurs dans un bar et avec lequel elle aura une alchimie. Quelque temps après sa torride rencontre, Edenelle devra se rendre contre son gré en Grèce pour le mariage de sa mère. Edenelle revera alors ce James avec lequel elle avait fallit coucher et qui s'avéra être son demi-frère. Edenelle essayera par tout les moyens de l'éviter mais James, lui, ne lui rendra pas la tâche facile, la provocant, la séduisant et la poussant à bout. Edenelle pourra-elle résister au charme de cet apollon tout droit sortit d'une série américaine ? Mais encore, pourra-elle caché son attirance malsaine pour son demi-frère au yeux de sa mère, ses sœurs et son beau-père ? Le désir aura t-il raison de l'interdit ?

Chapitre 1 PROLOGUE

Edenelle

Je me saisis avec humeur de mon portable qui ne cesse de vibrer dans la poche arrière de mon pantalon et prends la communication :

- J'arrive, maman ! Je sors du métro !

Faux ! Je suis encore dans la rame, mais si je le lui dis, elle va se mettre en colère.

Je raccroche, joue des coudes pour m'extraire de la foule avant que les portes du métro se referment, et je m'élance. Je ne sais pas être ponctuelle, c'est comme ça, je n'y peux rien. Quoi que je fasse, je suis systématiquement en retard. J'ai toujours un truc de dernière minute à faire avant de partir, pensant en avoir le temps : écrire un article sur mon blog, répondre à un mail ou à mes followers, passer vite fait sur Insta, discuter des derniers potins de l'école avec mon amie Stéphanie.. Si j'ajoute à ça les cours à réviser pour les examens qui approchent à grands pas, je ne suis pas loin d'être surbookée et je vis à cent a l'heure sans jamais profiter

de rien.

Je regarde Google Maps : j'y suis presque.

Plus que quelques mètres !

Un quart d'heure de retard... ça va... J'ai connu pire !

Je pousse la porte de la très belle brasserie du 16° où m'attendent ma mère et mes sœurs. Une brasserie comme il en existe beaucoup dans Paris, mais celle-ci, avec sa salle de restaurant aux allures de hall de gare qui lui a valu d'être classée monument historique, est considérée comme mythique. Je m'arrête un instant pour admirer le cadre : c'est clinquant, surchargé et un peu bling-bling, mais je dois avouer qu'il s'en dégage un certain charme.

Je traverse la salle, bondée, pour enfin repérer les cheveux blonds de ma sœur Bella, de trois ans mon aînée. Elle m'aperçoit, me fait un petit signe de la main. À ses côtés, ma mère est penchée sur Nyria, ma jeune sœur de 8 ans, qu'elle est très certainement en train de briefer pour qu'elle se tienne tranquille. Ma mère, tailleur griffé, chignon strict. Austère et tirée à quatre épingles, comme à son habitude.

Elle lève la tête lorsque j'arrive près d'elles, et a un hoquet de surprise.

- Qu'est-ce encore que cette couleur de cheveux, Edenelle ?

Moi aussi, je suis contente de te voir, maman. Ma mère et moi, c'est. compliqué ! Enfin... ça l'a toujours été, d'aussi loin que je me souvienne.

- Edène, maman, pitié !

Ouais. j'ai aussi un peu de mal avec mon prénom ! Mes parents devaient être bourrés quand ils l'ont choisi. Comme j'ai été un « accident » - ce que j'ai appris à l'adolescence -et que leur mariage a mal fini, je ne suis pas très sûre que le choix de mon prénom ait éte judicieux. Mais ça, c'est une autre histoire !

- C'est très tendance au Japon, ajouté-je en lui faisant un baiser sur la joue, qu'elle me rend du bout des lèvres.

- Moi, j'aime beaucoup ! s'écrie Nyria, mon feu follet de petite sœur.

J'embrasse son visage tout juste sorti de l'enfance, après avoir posé ma main sur ses cheveux blonds coiffés (pour une fois !) en queue de cheval.

Je réponds d'un clin d'œil à ses grands yeux marron admiratifs.

- Merci, Nyny, c'est gentil ! Salut, toi ! ajouté je à l'intention de ma sœur Bella.

Après l'avoir embrassée à son tour, je m'installe, dépose la bride de mon sac à main sur le dossier et retire mon perfecto, tout en regardant autour de moi.

- C'est sacrément chouette ici ! On fête quelque chose de spécial ? enchaîné-je, pour faire dévier la conversation vers autre chose que la couleur de mes cheveux.

Ma mère a un petit air pincé.

- Heureusement que je t'avais dit de faire un effort vestimentaire.

- Pardon ? J'ai fait un effort !

Mis à part mes cheveux bleus, le reste est ultra classique : escarpins, pantalon noir, petit pull manches courtes, bleu également, bon... c'est vrai. il a de longs poils et il brille, mais je le trouve très sympa. Et j'ai rehaussé le tout avec de grosses créoles, noires egalement, assorties à mon rouge a lèvres et à mon fard à paupières.

- Pourquoi dis-tu ça, maman ? Je suis d'accord avec Nyny, le bleu lui va bien. Tu es superbe, comme toujours.

Je serre la main de ma grande sœur et lui souris pour la remercier. À mes yeux, c'est elle qui est parfaite : grande, blonde, hyper bien foutue, déterminée. Mais elle n'est pas seulement jolie, elle est aussi dévouée, douce et compréhensive. Infirmière en pédiatrie, elle ne vit que pour son job, sa grande passion, qu'elle supporte avec devotion, et je ne sais pas comment elle fait ! Quand elle me raconte son quotidien, j'ai envie de pleurer ou de rendre mes tripes. En tout cas, il ne lui viendrait pas à l'idée de se teindre les cheveux en bleu ! Et c'est pour cette raison qu'elle est la petite préférée de maman.

- T'es très belle ! décrète Nyria. On dirait Rio !

Je ne peux m'empêcher de rire, alors que ma mère fronce les sourcils.

- Arrête de dire n'importe quoi, Nyria, et tiens toi droite ! Combien de fois faudra t-il que je te le répète ?

Ma mère n'est jamais très agréable mais là, elle semble sur les nerfs. Qu'est ce qu'elle a, enfin ?

Elle devrait être contente, nous sommes toutes réunies, fait assez exceptionnel pour être souligné.

- Si je vous ai demandé de me rejoindre ici, les filles, ajoute t-elle, c'est pour vous annoncer une grande nouvelle !

Pour une fois, je ne dis rien, j'attends la suite, mais son air soucieux ne me dit rien qui vaille.

- Tu vas retravailler à la télé ? avance Bella.

Avant d'avoir Nyria, notre mère a été quelques années présentatrice d'émissions de téléachat.

Elle secoue la tête.

- Non...

- Tu as enfin réussi à faire publier ton livre ? tente encore Bella, que le jeu amuse.

Ah oui... ma mère écrit ! Mais je ne saurais dire de quoi parle son livre. Je vous l'ai dit, ma mere et moi... c'est compliqué !

Nyria lève la main, comme si elle était à l'école.

- Moi je sais, moi je sais ! s'écrie t-elle. Je peux leur dire, maman ?

- Comment ça, tu sais ? s'étonne ma mère.

- Je t'ai entendue en parler avec papa.

Ma mère fronce les sourcils.

- Quand ça ?

- La semaine dernière ! La porte de ta chambre était ouverte, et tu criais.

Ma mère, crier ? Impossible.

- Que sais tu exactement, Nyria ?

Elle sourit, mais son sourire est un peu crispé.

- Je sais que tu as un amoureux ! Et même que tu l'as trouvé sur In-ter-net !

Je repose lentement mon verre d'eau, surprise de voir ma mère rougir.

Elle se racle la gorge.

- C'est vrai, je voulais vous l'annoncer plus tôt, mais je n'en ai pas eu l'occasion. Alors voila, j'ai rencontré un homme il y a quelques semaines sur un site de rencontres et nous.. nous nous plaisons.

Je jette un coup d'œil à Bella, qui semble d'accord avec moi : ça pue la merde !

Le silence devient pesant.

- Tu es sûre qu'il est sérieux ? Il y a des types louches sur le Net, maman, énonce Bella tout haut ce que je pense tout bas.

J'aime autant que ce soit elle qui lui fasse part de nos réticences. Venant de moi, notre mère l'aurait mal pris, alors que là, dit d'une voix si douce, elle ne peut pas se fâcher. Personne ne peut se fâcher contre Bella où même lui reprocher quoi que ce soif, c'est impossible.

- Des types qui ne pensent qu'à profiter de la crédulité et de la faiblesse des femmes, ajoute t-elle, il n'y a pas si longtemps, tu étais en pleine dépression, au fond du gouffre, à te débattre contre un sentiment de totale dévalorisation, Tu penses être suffisamment guérie pour...

Quand elle se lance dans son jargon médical, je rends les armes.

Quand ? Combien de temps ? Et pourquoi je n'en ai rien su ? Pourquoi ni elle ni Belle ne m'en ont rien dit ? Est ce en rapport avec le divorce ? Parce que mon père est parti, l'a laissée après l'avoir trompée ? Encore une fois, je me sens en dehors de leur relation, et ça me fait un mal de chien, même si je suis habituée, un sentiment de culpabilité effleure ma conscience : je m'en veux d'avoir pris des distances, de ne rien avoir remarqué les rares fois où nous nous sommes vues, mais, je l'ai dit et je le répète, entre ma mère et moi, ça a toujours été compliqué ; nous ne nous sommes jamais confiées l'une à l'autre, alors ce n'est pas aujourd'hui que ça va changer ! Selon ses dires, j'étais une enfant difficile, et plutôt que de chercher à comprendre comment me prendre, elle a renoncé à s'occuper de moi et à m'adresser la parole, hormis pour me gronder.

Je devrais poser des questions, chercher à en savoir plus, mais je suis tellement atterrée d'apprendre de cette manière qu'elle a souffert de dépression, que j'en suis incapable.

- Je vais bien ! l'interrompt la principale intéressée. Et Anthonin est un homme formidable. Vous allez l'adorer, j'en suis sûre.

Bella et moi, incrédules, échangeons un nouveau regard.

- Anthonin ?

C'est encore Bella qui s'y colle!

Après tout, c'est elle l'aînee.

- Il est grec.

Ma mère sort un petit calepin de son sac, un stylo, et pose le tout à côté de l'assiette de Nyria.

- Maman, si tu nous en disais un peu plus sur cet homme ?

Elle jette encore un œil a sa montre, semblant de plus en plus fébrile.

- Oui, oui, je.. c'est prévu.

Elle prend son sac sur ses genoux et fouille à l'intérieur pour en sortir son portable, qu'ensuite elle place devant nos yeux.

- C'est lui ? demande Bella.

- Oui, c'est Anthonin. Il est armateur.

C'est la première fois de ma vie que je la vois si mal à l'aise. Pourquoi ? Est ce lié a la différence d'âge ? Il est bien plus âgé qu'elle, d'une bonne quinzaine d'années, je dirais, et d'une prestance incroyable, bien qu'un peu froid et hautain. Mais ce n'est qu'une photo après tout, peut être que dans la vie cet homme est tout à fait charmant.

- Vous avez l'air d'avoir beaucoup de points communs, prophétise encore ma grande sœur.

Je réprime un rire nerveux.

Si elle entend par là qu'ils ont tous deux l'apparence d'avoir un truc enfoui bien profond dans le derrière, je ne peux qu'être d'accord.

- Vous vous connaissez depuis quand, au juste, maman ? demandé-je, en lui adressant un grand sourire afin qu'elle ne s'offusque pas de ma question.

Elle me surprend en répondant à mon sourire.

- Depuis plusieurs semaines.

Plusieurs semaines, ça veut dire... ? Quatre, cinq, douze... elle ne peut pas être plus précise ?

- Vous vous êtes déjà rencontrés ? ajoute très justement Bella.

- Oui, plusieurs fois. Il est formidable, et je suis persuadée qu'il va vous plaire, reitère t-elle.

Elle rayonne. Maintenant qu'elle a levé le voile, elle semble un peu plus détendue, mais une expression soucieuse demeure sur son visage.

Que nous cache t-elle encore ? S'ensuit un long moment de silence.

- Je suis impatiente de faire sa connaissance ! Pas vous, les filles ? dis-je encore, un peu crispée.

- Justement, ça tombe bien, parce que Anthonin et moi avons décidé de...

Elle s'interrompt.

- De ? Putain, maman ! Finis tes phrases !

Elle doit vraiment être perturbée car elle ne me reprend pas sur ma façon de parler, qu'habituellement elle ne supporte pas.

Elle se redresse sur sa chaise.

- Nous avons décidé de vivre ensemble, là bas, en Grèce, et de nous marier ! Nyria va vivre avec nous et vous êtes également les bienvenues.

Elle plaisante, j'espère !

Ils ne se connaissent que depuis quelques semaines ! Quelques semaines... ça veut bien dire ce que ça veut dire, bordel de merde ! Et c'est la première fois qu'elle nous en parle ! Je pense aussitôt à Nyria, à ce qu'elle devra quitter, ses copines, son école, au fait qu'elle sera encore plus loin de papa. Et loin de nous. De moi ! Car il est hors de question que je quitte Paris pour aller vivre en Grèce ! Elle est malade, je ne veux pas partir d'ici ! Je n'ai pas fini mes études. Après ces trois années d'études politiques et journalistiques, je compte faire une specialisation en communication. Si tout va bien, j'en ai encore pour trois ans. Je suis loin d'avoir terminé. Et à la tête que fait Bella, je sais que nous sommes une fois de plus sur la même longueur d'onde. Elle non plus ne quittera jamais son poste auprès de ses petits malades qu'elle aime tant pour la Grèce.

- D'ailleurs, Anthonin ne devrait plus tarder, annonce t-elle après avoir regardé pour la millième fois sa montre.

Alors là, c'est le bouquet !

Qu'elle nous parle de ce type qu'elle a rencontré, soit, il est même grand temps. Mais nous déballer tout le reste sans ménagement : son remariage, son départ de Paris, avec Nyria est d'une brutalité insoutenable.

J'ai des bourdonnements dans les oreilles en l'entendant planifier leur arrivée. En sentant la main de Nyria se crisper sous mes doigts, je me rends compte que je suis en train de la lui broyer. Nos regards se croisent. Elle me sourit, genre : « Ça va bien se passer ! »

Mais non ! Pas du tout !

Ma mère ne peut pas foutre en l'air la vie de sa fille comme ça ! La couper de tout ! Et d'abord, elle ira où à l'école ? Il faudrait que j'éclaircisse cette histoire, mais pour le moment, je suis tellement bouleversée que j'en suis incapable. Je n'aime pas gérer mes émotions à chaud. Je dois me calmer, pour ensuite aborder la situation sereinement et en évaluer les implications.

Je m'en veux de réagir à toutes ces nouvelles avec autant de réticence, voire de véhémence, mais je n'aime plus les surprises depuis que mes parents nous ont annoncé leur divorce un matin au petit déj. Et là, je ne suis plus capable de faire face. Je ne veux pas voir ce type ce soir, c'est trop pour moi.

- Je suis désolée, maman, je ne vais pas pouvoir rester, annoncé-je en me levant brusquement, Je t'appelle plus tard.

Je saisis ma veste, mon sac à main, et je m'enfuis comme si j'avais le diable aux trousses.

Chapitre 2 I

Edenelle

Encore sous le coup de la vive émotion qu'ont suscitée les révélations de ma mère, je traverse à nouveau la salle de restaurant, pour rejoindre la sortie.

- Attention, chaud devant ! hurle un serveur venant en sens inverse.

Surprise, je me déporte brusquement sur la gauche, et heurte violemment une autre personne. Je pousse un petit cri étouffé en me retrouvant plaquée contre le corps d'un homme. Je perçois soudain la fermeté d'un torse musculeux sous mes mains et sa chaleur au travers de la chemise. Après quelques secondes d'etonnement, je lève la tête, lentement, pour rencontrer une bouche sensuelle aux lèvres pleines, une mâchoire carrée à la barbe de trois jours, des iris d'un vert incroyable.

Je crois n'avoir jamais approché d'aussi près un type si beau !

Et putain, ce qu'il sent bon.

Je me redresse en prenant appui sur ce torse qui me brûle soudain les doigts.

- Pardon, je...

Je devrais m'excuser davantage, mais là, tout de suite, j'en suis incapable. Je ne fais que me perdre dans ces iris qui continuent de m'observer intensément, mon cerveau envahi par les sensations que procurent ses doigts qu'il glisse subrepticement jusqu'à mon avant bras nu, qu'il caresse, de façon quasiment hypnotique, semblant lui aussi surpris et subjugué.

Jamais un homme ne m'a regardée avec autant d'intensité.

Mon cœur ne cesse de tambouriner comme un fou, mon souffle devient ardu, et j'ai de plus en plus de mal à aligner deux pensées cohérentes. Je devrais surtout m'éloigner pendant que je le peux encore.

- J'espère que vous ne vous êtes pas fait trop mal.

En percutant son torse aussi ferme qu'un roc, il veut dire ? Je crois que je survivrai !

Sa voix est grave, chaude, avec un léger accent.

- Non, ça va. je suis désolée, réitéré je.

Encore ce sourire enjôleur. Une petite fossette apparaît sur sa joue droite, le rendant encore plus irrésistible.

- Je vous en prie, c'était un plaisir. J'aime quand de jolies filles me tombent dans les bras.

Pardon ?

Ce n'est pas tout à fait ainsi que les choses se sont produites, mais malgré moi, je rougis. Intensément. Je me mettrais des baffes d'être si réceptive à ce que cet homme dégage. Ses doigts continuent de se promener sur ma peau, de haut en bas, puis de bas en haut, déclenchant des milliards d'agréables petits frissons. Mais si agréables qu'ils soient, je ne suis pas du genre à me laisser draguer par un inconnu, surtout avec ce genre de phrases faciles.

- Est ce que je peux vous offrir un verre ? Ou... autre chose ?

Il sait jouer de sa voix, et sa technique d'approche est bien rodée !

Je me raidis et échappe à sa main ainsi qu'à son regard de feu où est né, au fil des secondes, un désir mordant qui me bouscule, bien malgré moi. Je pourrais l'envoyer se faire voir, mais son sourire, son charisme et son extrême beauté, je dois bien le dire, m'en empêchent.

- C'est gentil, mais non. D'ailleurs, je dois y aller. Excusez moi !

- Est ce qu'au moins je pourrais connaître votre nom ?

- Je n'en vois pas l'intérêt. Bonsoir !

Je tourne les talons, enfile ma veste et franchis la porte. J'ai hâte de rentrer chez moi, de retrouver la sécurité de mon appartement et de me blottir sous mon plaid, avec une tisane bien chaude, devant un bon film d'action qui me fera oublier le futur mariage de ma mère, son départ avec Nyria, et qu'un inconnu a mis mes hormones en ébullition à un niveau jamais atteint.

Je dois être en manque, je ne vois que ça.

Je ne suis pas sortie depuis des mois. Je n'en ai pas le temps, avec les révisions des examens de fin d'année, donc... je n'ai pas eu des rapports depuis des mois ! La dernière fois remonte à si longtemps que je ne me souviens même pas quand ni avec qui. C'est la seule raison, sinon, comment expliquer ce que je viens de ressentir ? Comment expliquer que ce type m'a fait vibrer des pieds à la tête, de façon tout à fait indécente ?

Après plusieurs centaines de mètres, je ralentis mon allure et m'oblige à respirer calmement pour faire le point, tout en resserrant mon perfecto sur ma poitrine. Je frissonne alors que l'air est encore tiède, la journée ayant été particulièrement chaude pour une mi-juin.

J'oblique à gauche pour entrer dans une bouche de métro, lorsqu'une main se referme sur mon bras.

- Attendez, mademoiselle !

Je me retourne, plus surprise qu'apeurée, car j'ai reconnu la voix. Sa voix !

- Vous ?

Un sourire me répond :

- Oui, moi !

Je ne sais pas pourquoi je lui souris, ni pourquoi et comment une bouffée de désir pour cet inconnu m'enflamme tout entière. Mon corps me trahit. De façon si soudaine que j'en suis la première étonnée.

Profitant de mon silence, l'inconnu de la brasserie s'approche.

Et plus il approche, plus je recule face à son regard impérieux dans lequel je me noie, jusqu'à me retrouver coincée entre lui et le muret de la bouche de métro. Il y a foule autour de nous, les gens nous contournent tout en nous ignorant. Nous sommes à Paris, tout le monde se fout de tout le monde. C'est comme être seuls au monde, dans une autre dimension, ni plus ni moins. Une dimension créée uniquement pour nous, où il n'existe que lui, moi, la formidable attraction qui nous pousse l'un vers l'autre et ce désir aussi soudain qu'inattendu.

Je lève les yeux, à nouveau happée par son charme évident auquel je n'ai plus aucune envie de résister. Il ne dit rien, il n'en a pas besoin, ses iris brillants, ardents, brûlants me dévoilent tout ce que j'ai besoin de savoir. Il me veut. Il me désire tellement que son souffle accélère, au diapason du mien.

Et soudain, après ce que je pense être un juron, puisque prononcé dans une langue étrangère gutturale, et comme s'il luttait contre lui même et son désir, ses mains sont autour de mon visage et ses lèvres sur ma bouche. Son baiser est incroyable. Si incroyable qu'un petit gemissement m'échappe.

Jamais ! Jamais je ne me suis laissé embrasser en pleine rue de cette manière, comme si.. comme si nous allions baiser, ici et maintenant. Non, je ne l'ai jamais fait, mais c'est... Ce que je suis en train de vivre dans les bras de cet inconnu est... tout ce dont j'ai toujours rêvé sans le savoir : un pur moment d'excitation avec un grand E. Un moment d'extase d'autant plus intense que, justement, il est inattendu. Un moment d'un érotisme insoutenable, où seule parle la passion des corps.

Un moment d'égarement.

Il est là, maintenant, ce pur moment d'égarement, il me foudroie, tandis que nos baisers s'intensifient, deviennent encore plus passionnés, encore plus passionnels, encore plus incroyables. Nos gémissements se répondent, incontrôlables, nous enflamment : nos corps se frottent l'un contre l'autre, également incontrôlables, comme s'ils étaient mus par une vie propre, par quelque chose qui nous dépasse totalement. Je réponds presque farouchement à ses baisers, mes mains partout sur lui. Les siennes glissent sous mon perfecto, puis à la rencontre de ma peau, sous mon pull. Ses doigts sont glacés, son corps bouillant.

Je frissonne à nouveau. J'ai froid, mais je brule en même temps. Son plaisir est

é

vident, et quand il gémit, mon excitation grimpe encore d'un cran. Je l'attire à moi, plaque son bassin contre le mien, effarée de découvrir à quel point nos corps s'harmonisent à merveille. Jamais je ne me suis aussi bien « imbriquée » dans le corps d'un homme. Ni n'ai éte autant soumise à mes instincts primaires d'accouplement, avec un petit quelque chose d'animal et de totalement jouissif. Cet inconnu me fait littéralement perdre la tete, et c'est bon !

Merveilleux. J'oublie tout le reste. C'est de ça, exactement, que j'avais atrocement besoin, de ce genre de moment dans les bras d'un inconnu, dans les bras de cet homme dont je ne sais rien, pas même le nom. Ce dont je me fous, car je ne le reverrai jamais ! Ce moment qui, j'en suis sûre, restera gravé dans ma mémoire comme le plus fou que j'aie jamais vécu.

- Je te veux. Sa voix, chargée de désir, me fait redescendre sur terre.

Il aurait dû se taire. Ne pas énoncer une criante réalite. Oui, il me veut, il a envie de moi autant que j'ai envie de lui, mais nous sommes en pleine rue ! Il nous est impossible d'assouvir ce désir. Et je ne me vois pas, mais alors absolument pas, le suivre quelque part pour coucher avec lui.

Le charme est rompu.

Je pose mes mains sur son torse, contre son cœur que je sens battre comme un fou, tout comme le mien, et je le repousse. Fermement.

- Je suis désolée. Je ne peux pas.

Ses yeux marquent la stupéfaction la plus totale, et je pourrais m'en amuser, si un sentiment assez proche du regret n'était pas en train de me submerger.

Il est si beau, putain !

Pourquoi je ne peux pas accéder à son désir, à notre désir, encore si vibrant d'intensité ? La magie s'est enfuie. Je ne peux pas prendre le métro, l'emmener chez moi, ou le suivre je ne sais où. Après tout, j'ignore tout de cet homme, même s'il est super beau et me plaît infiniment. Il y a des tordus plein les rues ! Et je peux encore moins le laisser me baiser dans une ruelle sombre. Je ne suis pas ce genre de fille, et je ne couche pas le premier soir !

Il repousse une mèche derrière mon oreille, caresse ma joue. Il est si tendre, si respectueux, si... bien élevé, en tout cas à mille lieues du connard arrogant qu'il pourrait être avec une plastique comme la sienne. Il plonge ses magnifiques prunelles émeraude dans les miennes, m'observe ardemment, son souffle toujours irrégulier.

- Pourtant... tu l'as senti toi aussi, susurre t-il de sa belle voix rauque. Tu as senti qu'il y avait quelque chose de spécial entre nous.

Je me laisse encore envoûter par sa voix mélodieuse.

- Oui, je l'ai senti. La mienne se réduit à un souffle.

- Mais cela ne change rien. Je ne coucherai pas avec toi ce soir. Une autre fois, peut être.

Je lui fais un sourire mystérieux.

- Je saurai te le rappeler, rétorque t-il, joueur, conscient comme moi qu'à moins d'un miracle nous ne nous reverrons jamais.

Il passe son pouce sur ma joue.

- Laisse moi au moins t'offrir un verre.

- Non, je.. je vais rentrer chez moi, c'est mieux !

Je ne suis plus très sûre de ne pas lui céder si je passe du temps avec lui. Hormis le fait que je ne couche jamais le premier soir, je ne peux pas me permettre de penser à un garçon et à la façon dont il m'a embrassée et serrée dans ses bras avec passion. Ce type si parfait ne peut être qu'un super coup ! L'essayer, c'est l'adopter ! En moins de deux, je deviendrais accro. Il est hors de question que je prenne ce risque. Je n'ai pas le temps, j'ai mes études, mon avenir à construire...

Oh... et puis merde ! Je n'ai pas à me justifier ! C'est non, point !

- C'est vraiment ce que tu veux ?

- Oui, c'est ce que je veux !

- On aurait pu...

Quoi ? S'éclater ? S'envoyer en l'air ? Prendre du bon temps ? Oui, OK ! Mais après ? Je ne rêve pas du grand amour, enfin... pas dans l'immédiat, mais je pense mériter mieux qu'un coup à la va vite !

- Oui, je sais. Et je suis sûre que ça aurait été merveilleux !

Je me hausse sur la pointe des pieds et lui fais un baiser sur les lèvres. Mais au moment où je me détache de lui, il attrape ma nuque et m'embrasse encore passionnément. Si passionnément que mon cœur est transpercé de milliards d'aiguillons et mon corps parcouru de longs frémissements. Puis il quitte mes lèvres subitement pour ensuite me dévisager, comme pour graver mes traits dans sa mémoire. Est-il conscient, lui aussi, que nous ne nous reverrons jamais ? En éprouve t-il des regrets ? Il est beau gosse, les filles doivent toutes être folles de lui, il m'oubliera vite.

Sans un mot, je m'éloigne.

Nos doigts s'effleurent jusqu'au dernier moment, refusant de se quitter. Nos corps continuent de se désirer encore de longues secondes, jusqu'à ce que notre contact se rompe. Je descends d'un pas rapide l'escalier menant au métro. Je fuis. Je fuis ce que cet homme m'inspire. Je fuis ce que je serais capable de faire ou de lui demander de me faire si je restais et lui permettais d'encore m'embrasser. Je fuis ce que crie mon corps, et ce désir qui hurle dans ma tête.

Arrivée en bas, je m'arrête.

Je tourne la tête, et regarde vers le haut. Il n'a pas bougé. Nos regards se croisent une dernière fois, une toute dernière fois. Mon cœur fait un ultime bond dans ma poitrine. Je me détourne, emportant avec moi l'image de son si beau visage et de ses yeux encore chargés de désir.

Chapitre 3 II

James

Je sors sur la terrasse face à ma chambre, m'appuie au parapet de pierres. Le regard perdu sur le paysage, j'inspire à fond pour chasser les dernières brumes de fatigue : ma nuit a été courte ! Je l'ai passée à discuter avec mes potes de l'école tout en visionnant des films et en descendant des bières. Je m'étire, le corps parcouru d'un intense sentiment de plénitude.

Putain, ça y est, je suis diplômé !

Depuis hier, je suis un putain d'enfoiré de diplômé d'un MBA en finances, je pourrais obtenir un poste dans l'empire familial, mon rêve de toujours ! Empire où travaille dejà mon frère aîné, Daniel, alors que Lucios, mon autre frère, est acteur, allant ainsi à l'encontre des desirs de notre père.

Pour lui, la famille est tout.

Mais il a beau être autoritaire, parfois dur et exigeant, souvent intraitable, je lui voue un amour, une reconnaissance et une admiration sans bornes. D'autant plus que je n'ai que lui comme parent. J'ai grandi sans mère. Quand il nous a annoncé qu'il allait se remarier, je n'ai d'abord pas su qu'en penser, et j'ignore encore si c'est une bonne chose pour lui et notre famille. Lorsque nous étions enfants, mes frères et moi, nous nous amusions à faire fuir ses petites amies. Certaines situations me reviennent soudain en mémoire et je ne peux m'empêcher de sourire : comme cette fois où nous avions mis l'une de mes souris dans le sac à main de... comment déjà... Christina. La pauvre, elle avait failli avoir un malaise !

Elle avait quitté la maison en nous traitant de dégénéres pourris gâtes, ce qui nous avait bien fait rire. Je crois que nous voulions tout simplement protéger notre père des femmes dans son genre, car il avait une fâcheuse tendance à ne nous présenter que des pétasses qui nous déplaisaient.

Ensuite... eh bien... les années ont passé, et s'il a eu des aventures, il est resté très discret sur le sujet et ne nous a plus jamais présenté personne. Il semblait ne vouloir se consacrer qu'à ses affaires. Mais je comprends que la solitude lui pèse et qu'avoir une jeune femme dans son lit est stimulant à son âge, alors s'il est heureux, nous le serons aussi.

Est-ce que Madelline le rendra heureux ? Je n'en sais foutre rien ! Ne l'ayant jamais rencontrée, je n'ai pas pu me faire une idée sur le sujet. En tant que fils aimants et reconnaissants pour tout ce qu'il a fait et fera encore pour nous, nous nous devons de l'accompagner dans cette nouvelle vie, c'est la moindre des choses. Car malgré ses affaires qui lui prenaient tout son temps, il en a toujours eu pour nous. Il a toujours été présent dans toutes les étapes importantes de notre vie, et nous n'avons jamais manqué de rien, ni d'argent ni d'amour. Sauf celui d'une mère.

Je retourne dans ma chambre, puis j'entre dans la salle de bains.

Le miroir me renvoie l'image d'un mec fatigué. Je passe mes doigts sur mon menton. J'asperge mon visage d'eau glacée, passe mes mains dans mes cheveux pour les plaquer, et remets ma chemise dans mon pantalon. Voilà, je suis un peu plus présentable. Je ne voudrais pas que mon père pense que je ne fais pas d'efforts pour me montrer sous mon meilleur jour en l'honneur de Madelline et ses filles.

Quelques minutes plus tard, j'entre au salon, pour aussitôt recevoir dans les bras une tornade blonde qui visiblement m'attendait.

- James !

Son cri manque de faire eclater mon cerveau.

- Salut, mon neveu préféré ! J'adore ce gosse, et il me le rend bien !

Tout en serrant son corps fluet entre mes bras, je regarde par dessus son épaule et aperçois mes aînés en pleine discussion, l'air.. soucieux ?

- Que se passe t-il, j'ai loupé un truc ?

Émilien gigote, estimant certainement m'avoir témoigné suffisamment d'affection. Je lui repose les pieds au sol.

- C'est normal, je suis le seul ! répond-il avec un petit sourire. Son expression m'alarme aussitôt. Je me mets à sa hauteur, inquiet.

À 8 ans, Émilien est un enfant grand pour son âge. Blond, le visage fin, les yeux bleus, il est enjoué et exubérant, du genre à chanter à tue tête les trucs qu'il écoute sur son iPhone et à hurler au monde qu'il existe. Il est bien coiffé et a troqué sa tenue noire et verte contre un bermuda écru et une chemisette blanche, mais je doute que ce soit ça qui le dérange, à moins que Daniel ne lui ait pas laissé le choix.

- Qu'est ce qu'il se passe, Émilien ? Ça ne va pas ?

Il colle sa bouche contre mon oreille et la cache avec sa main, comme pour me délivrer son plus grand secret.

- Mes parents divorcent !

Je ne suis pas surpris ; leur mariage était une erreur et voué à l'échec depuis le début. Daniel a assumé ses responsabilités en l'épousant lorsqu'il a appris qu'elle était enceinte (elle l'a piégé pour se faire épouser !), mais il n'était pas heureux. Je suis d'ailleurs étonné qu'ils soient restes ensemble si longtemps. Certainement pour le bien être d'Émilien.

Je le prends par les épaules, scrute son visage.

- Zut ! Ça va, toi ?

- Ouais ! Tout' façon, j'en avais marre qu'ils se disputent, et mon père va m'acheter un chien ! s'écrie t-il, semblant soudain plus enjoué. Tu veux bien venir avec nous pour m'aider à le choisir ?

- Quand ?

- Tout à l'heure !

Je lui ébouriffe les cheveux.

- Bien sûr ! Tu peux compter sur moi !

- Qu'êtes vous en train de comploter tous les deux ? dit Daniel, mon frère aîné en s'approchant.

Il m'enlace, et je lui rends son accolade.

- James va venir avec nous pour aller chercher mon chien ! s'exclame Émilien, visiblement ravi.

- On verra ! Je ne t'ai rien promis.

J'observe mon frère aîné. Nous nous ressemblons beaucoup tous les trois, surtout habillés à l'identique : d'un jean et d'une chemise blanche, sans nous être concertés. Mais Daniel, avec ses iris pareils aux miens et ses cheveux courts, est celui auquel je ressemble le plus. Alors que Lucios à les cheveux bouclés, et les yeux noirs.

Je ne sais pas ce qu'il s'est passe entre Daniel et sa femme, mais je suppose qu'il nous en parlera dès que nous serons seuls.

Un sourire m'échappe lorsqu'Émilien tente de faire pression sur son père.

- Mais si, t'avais dit que...

- Émilien ! le prévient Daniel pour désamorcer la crise qu'il sent sur le point d'exploser. Je n'ai pas dit « non », j'ai dit « nous verrons ».

- Mais..

- Va faire un tour dehors ! Tu reviendras quand tu seras calmé !

- J'm'en fous ! Si tu changes d'avis, papy m'en achètera un ! crie t-il avant de déguerpir. Parce qu'il est mille fois plus sympa que toi !

- Certainement, ouais ! bougonne Daniel en se dirigeant vers une console sur laquelle trônent une bouteille de whisky ainsi que des verres. Putain, faire des gosses ! Que des emmerdeurs !

- Il ne le pense pas ! me dit Lucios, mon autre frère en riant.

- Je sais, Daniel adore son fils. Je prends Lucios dans mes bras.

- Tu m'as manque, vieux frère !

- Toi aussi, p'tit con ! répond-il avec un coup de poing dans l'épaule.

Il en a toujours été ainsi entre nous : nous nous traitons de tous les noms, mais cela ne nous empêche pas de nous respecter et de nous aimer. Mon père, Émilien, Daniel et Lucios sont les personnes que j'aime le plus sur cette terre.

- Tu viens d'arriver ? Je lui demande.

- Il y a pas longtemps. Daniel est venu me chercher à l'aéroport. Et toi ?

- Hier !

- Et ce diplôme ? Tu as eu les résultats ?

- Je l'ai ! m'exclamé-je.

Mes frères me tombent une nouvelle fois dans les bras pour me féliciter, avec des tapes dans le dos, sur la joue, et bourrades dans l'épaule.

Daniel fait semblant d'essuyer une petite larme.

- Je suis fier de toi ! Qu'a dit Anthonin ?

- Il est content. Enfin, je suppose, il ne s'est pas étendu sur le sujet quand je lui ai annoncé, j'imagine qu'il a d'autres choses en tête !

- Notre père va se remarier, les mecs ! clame Lucios.

Sacré merdité de nouvelle.

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