C'était le week-end, et comme d'habitude, Idriss se préparait pour aller à la gym. En se rendant à la salle à manger pour prendre son petit déjeuner, il s'aperçut qu'il n'y avait rien sur la table. Intrigué, il alla dans la cuisine, mais sa fiancée n'était pas là non plus. Il se dirigea alors vers la seconde chambre à coucher.
En effet, sa fiancée préférait se retirer dans cette pièce lorsqu'elle était fâchée contre lui. Après leur discussion de la nuit précédente, il pensait qu'elle pouvait être en colère. Cependant, il trouvait étrange qu'elle n'ait pas préparé son petit déjeuner comme d'habitude, sachant qu'il se rendrait à la gym. Il frappa à la porte et entra dans la chambre où sa fiancée dormait paisiblement.
Après un moment à contempler la beauté de celle qu'il aimait, Idriss décida de la réveiller pour l'informer de son départ, dans le but d'éviter d'aggraver la situation s'il y avait un problème entre eux. Avec douceur, il prit place sur le lit et la toucha avec tendresse.
IDRISS : Bébé, bébé...
MOUNA : Oui, que se passe-t-il ?
IDRISS : Je voulais simplement te dire que je vais à la gym et en profiter pour passer au garage vérifier ce qu'il en est de ta voiture, car je ne comprends pas pourquoi elle n'a pas encore été ramenée.
MOUNA : Donc, si je comprends bien, tu m'as réveillée pour ça ? Tu m'as réveillée alors que tu sais très bien que je n'ai pas pu me coucher rapidement à cause de toi ?
IDRISS : C'est également pour cette raison que tu n'as pas voulu te lever pour me préparer le petit déjeuner, n'est-ce pas ? Je me demande vraiment quelle est la place que j'occupe dans ta vie et ce que tu veux réellement de moi. Je ne comprends pas pourquoi ce sujet, qui nous a déjà causé des tensions, persiste. Tu es ma fiancée, et tu sais très bien que c'est à cause de toi que nous ne sommes pas encore mariés. Jusqu'à présent, je me demande pourquoi tu ne te sens pas prête. Je m'interroge sur ce qui te manque ou ce dont tu as besoin, et que je ne peux apparemment pas te donner. Nous avons déjà passé trois belles années ensemble, et nous ne sommes plus des enfants. Tu as vingt-sept ans, et j'en ai trente. Pourquoi ne te sens-tu pas encore prête à me combler du bonheur que je désire ? Je veux que tu me donnes des enfants, qu'ils deviennent mes frères et sœurs. Tu sais que je suis fils unique dans ma famille. Crois-tu que je n'ai pas encore l'âge d'avoir des enfants?
MOUNA : Idriss, je n'ai jamais dit cela. Tout ce que je souhaite, c'est que tu me comprennes. J'ai encore du temps...
Mouna n'eut pas le temps de terminer sa phrase avant qu'Idriss ne se lève du lit et ne commence à lui parler d'une voix élevée. Il a du mal à comprendre sa fiancée, car cela fait déjà six mois qu'elle agit de manière étrange.
IDRISS : Quand arrêteras-tu de me répéter la même chose ? Tu sais quoi, je commence à être fatigué de tout cela. Quand je t'ai rencontrée, ton cœur était brisé, et je t'ai promis de ne jamais te faire de mal. Tu ne me croyais pas, mais durant ces trois belles années passées ensemble, as-tu vu une seule fois une larme couler de tes yeux à cause de moi ? T'ai-je jamais fait du mal ?
MOUNA : Non, au contraire, tu es l'homme parfait que je n'ai jamais rencontré dans ma vie. Tu m'aimes et me combles de bonheur.
IDRISS : Alors, qu'est-ce qui ne va pas ? Qu'est-ce qui t'empêche de te marier avec moi ? Pourquoi prends-tu des pilules pour ne pas tomber enceinte de moi ? C'est comme si, malgré tout le temps passé ensemble, tu n'arrives pas à oublier l'homme qui t'a brisé le cœur dans le passé. Tu sembles incapable de l'effacer de ta mémoire et tu crois peut-être qu'il reviendra. Peut-être que tu es avec moi par convenance et que tu vas me quitter pour retourner avec lui. On dit que le premier amour est difficile à oublier, et il est ton premier amour. C'est vrai, mais il n'a pas su te garder pour lui, et toi tu as du mal à l'oublier. C'est ce que je ressens chaque jour face à ces comportements que je juge incompatibles avec nos projets d'avenir.
MOUNA : Qu'est-ce que tu racontes ? J'espère que tu plaisantes avec tout ce que tu dis là.
IDRISS : Ne sois pas surprise, car c'est bien l'impression que tu me donnes avec ton comportement récent. Si c'est le cas, si tu es avec moi sans ressentir réellement quoi que ce soit, dis-le-moi. Il vaut mieux être franc, car je souffre en silence. Je ne sais pas ce que je n'ai pas su te donner, ou l'amour que je n'ai pas su te témoigner pour que tu agisses ainsi. Je t'ai simplement dit que je désire avoir des enfants avec toi, et cela est devenu un problème. Pourtant, je suis tout à fait capable d'assumer mes responsabilités. J'ai une grande entreprise, une maison, de l'argent, alors pourquoi ne pourrais-je pas avoir d'enfant ? Ce n'est pas un souci que tu sois restée ici suite à notre discussion de la nuit dernière et que tu aies jugé bon que je parte au sport sans prendre mon petit déjeuner. Ce n'est pas là le véritable problème.
Sur ces mots, Idriss quitta la chambre. Mouna se leva et le suivit, lui demandant d'attendre pour qu'elle puisse lui préparer le petit-déjeuner. Animé par la colère, Idriss sortit et se retrouva face à face avec Rebecca, l'une des meilleures amies de sa fiancée. Il répondit à sa salutation et monta dans sa voiture.
Le gardien ouvrit le portail, et Idriss prit la route. Mouna se tenait à l'extérieur quand Idriss partit, et Rebecca lui demanda ce qui se passait dans la maison. Elles entrèrent toutes les deux et prirent place. Après que Mouna eut mis Rebecca au courant de la situation, cette dernière commença à lui parler.
REBECCA : Ma chère, sais-tu qu'il a raison ? Il t'aime, et malgré tout ce qu'il t'a fait, tu sais qu'il mérite cela.
MOUNA : Es-tu sérieuse en disant cela ? Il est vrai qu'il m'a fait beaucoup de choses, et c'est à cause de lui que je n'ai pas perdu tout espoir en l'amour après que Muhammed m'a brisé le cœur. Mais le problème est que j'aime toujours Muhammed, et malgré tout ce qu'il m'a fait, il occupe toujours mon cœur. Après tout, il est mon premier amour, l'homme qui m'a privée de ma virginité, et je suis toujours amoureuse de lui. J'avais pourtant décidé de tourner la page, mais depuis que je me suis remise en contact avec Muhammed il y a six mois, je réalise de plus en plus que ma place n'est pas aux côtés d'Idriss. C'est vrai qu'il est un homme bien, charmant, élégant, romantique et attentionné, avec un sens de l'humour immense. Mais ce que je ressens pour Muhammed est plus fort, j'espère que tu me comprends ?
REBECCA : Je te comprends parfaitement, mais comment sais-tu que Muhammed veut vraiment revenir vers toi et qu'il n'essaie pas encore de jouer avec toi, comme il l'a déjà fait ?
MOUNA : Ma chère, Muhammed a complètement changé, et je sais qu'il ne peut plus jouer avec moi. Tu vois bien à quel point je suis devenue plus épanouie et séduisante qu'avant ? Il ne pourra pas, je te le dis.
REBECCA : Dans ce cas, dis la vérité à Idriss, c'est mieux. Sinon, tu peux voir qu'il souffre, et cela peut avoir des répercussions sur sa vie professionnelle.
MOUNA : Ma chère, laisse-moi gérer la situation. Au fait, as-tu eu des nouvelles de Patricia ce matin ?
REBECCA : Oui, je l'ai appelée, et elle m'a dit qu'elle nous rejoindra ici.
MOUNA : D'accord, super. Bon, je vais préparer rapidement le petit-déjeuner, car je viens juste de me réveiller.
REBECCA : Quoi ? Idriss n'a donc pas pris son...
MOUNA : Laisse tomber cet homme.
Sur ces mots, les deux amies se dirigèrent vers la cuisine en se taquinant.
Idriss était enfin au gym et il n'arriva à rien faire. Il s'assit à côté de son ami Afiss qui faisait des pompes. Afiss est le seul meilleur ami d'Idriss, la seule personne avec qui il partage absolument tout. Ce dernier est aussi un homme d'affaires et l'un des partenaires d'affaires d'Idriss. Il s'arrêta un moment et décida de demander à son pote ce qui n'allait pas. Car Idriss avait l'air troublé, il était complètement dépassé par tout ce qu'il endurait à cause de sa fiancée Mouna.
Ce qui le paralysa de plus en plus, c'est qu'il était fou amoureux de cette dernière et n'aimait pas du tout se fâcher contre elle. Voilà qu'il fut rempli de colère et qu'il commença à éprouver de la haine vis-à-vis de cet amour qu'il avait pour sa fiancée Mouna. Il était là, assis et absorbé dans ses pensées quand Afiss s'approcha de lui.
AFISS : Mon ami, que se passe-t-il ? C'est la première fois que je te vois à la gym sans rien faire. Tu as l'air perdu dans tes pensées. Qu'est-ce qui ne va pas ? Encore des problèmes avec ta fiancée ?
IDRISS : Mon frère, puis-je te poser une question ?
AFISS : Bien sûr, si ma réponse peut t'aider à retrouver le sourire, je suis là pour toi. Tu sais que je déteste te voir dans cet état. Tu es comme un frère pour moi et tu m'aides à voir clair dans ce monde. Alors parle-moi, qu'est-ce qui te préoccupe ?
IDRISS : Est-ce que je ne suis pas encore prêt pour être père ? Ou bien est-ce que je ne possède pas les qualités requises pour avoir des enfants ? Ou peut-être que je manque de quelque chose en tant qu'homme pour que Mouna ne souhaite pas concevoir avec moi ? Ces questions me tourmentent et je ne parviens pas à comprendre pourquoi Mouna ne veut pas tomber enceinte. Si elle m'aime réellement, cela ne devrait pas être un problème, n'est-ce pas ?
AFISS : Mon ami, je comprends parfaitement tes préoccupations, mais je te conseille de faire preuve de patience. Tu sais que tu possèdes toutes les qualités nécessaires, bien plus que ce que tu viens de me demander. J'ai déjà un fils et ma femme est enceinte de cinq mois, si ma mémoire est bonne. Tu as tout ce qu'il faut et bien plus encore. Ne te tracasse pas pour ces questions, car être parent ne nécessite pas forcément des biens matériels. L'essentiel est d'assumer tes responsabilités de père et de subvenir aux besoins de la mère et du bébé.
IDRISS : Tu dis que j'ai tout, mais cela ne concerne pas ce qui est le plus précieux au monde. Cela signifie que je n'ai rien.
AFISS : Comment ça ?
IDRISS : Tu peux tout avoir dans la vie, mais si tu n'as pas d'enfants, tu n'as absolument rien du tout. Peu importe ta richesse, elle perd toute valeur si tu n'as pas d'enfants. Donc, si j'ai toutes ces choses que tu viens de mentionner, pourquoi Mouna érige-t-elle tant de barrières pour que nous n'ayons pas d'enfants ? Pourquoi ne souhaite-t-elle pas fonder une famille avec moi ? Elle n'est pas prête à se marier et ne veut pas non plus avoir d'enfants avec moi.
AFISS : Es-tu certain qu'elle n'a pas de problèmes de santé ou qu'elle ne te cache pas quelque chose qui expliquerait pourquoi elle n'arrive pas à tomber enceinte ?
IDRISS : Mon frère, ma maison ressemble à une pharmacie, je te le dis. Elle prend constamment des médicaments, surtout des pilules chaque fois que nous faisons l'amour. Tout cela pour éviter de tomber enceinte de moi.
AFISS : Elle prend des pilules ? Pourquoi ?
IDRISS : Et crois-tu que je peux trouver la réponse? C'est une question à laquelle je n'arrête pas de penser. Je suis l'unique enfant de ma mère, et elle ne cesse de me dire qu'elle veut voir ses petits-enfants. Je ne sais plus quoi lui dire pour qu'elle me laisse un peu tranquille, car je suis convaincu d'avoir tout ce qu'il faut pour être un bon père.
AFISS : Tu as tout à fait raison, mon ami.
IDRISS : C'est même à cause de cette chanson que ma mère chante sans cesse que Mouna ne l'appelle plus. Pour elle, ma mère la dérange avec ses histoires de petits-enfants. Je suis vraiment perdu, j'ai essayé de discuter avec Mouna à maintes reprises, mais elle semble ne pas être prête, tout simplement. Elle ne souffre d'aucun problème de santé, elle ne veut juste pas se marier avec moi et ne souhaite pas avoir d'enfants. Voilà.
AFISS : C'est sérieux, mon ami. Mais bon, je te conseille de parler à ses parents pour discuter avec eux. Tu sais bien comment nos mères sont, si tu parles maintenant à ta mère de ça, elle risque de te pousser à épouser une autre femme. Mais connaissant les parents de Mouna, avec tout ce que tu as fait pour elle et l'amour qu'ils te portent, tu peux aborder cette affaire avec eux pour voir leur point de vue. Je parle surtout de la mère de Mouna, car une mère connaît très bien sa fille.
IDRISS : J'ai pensé à ça, mon frère, mais mon souci est que je n'aime pas trop déranger ma belle-famille pour des questions concernant mon couple. Ce n'est pas parce que je suis avec leur fille que je vais les voir à chaque fois que j'ai des problèmes conjugaux. Je suis un homme, et si je ne me sens pas capable de gérer un foyer, je ne vais pas m'engager avec une femme.
AFISS : Mon ami, pour cette fois, ne gâche rien, ils savent que tu ne vas pas chez eux pour te plaindre. S'ils voient que cela te tient vraiment à cœur, ils comprendront. Après tout, nous parlons de leur fille et nous ne serons pas là pour qu'elle nous prenne pour des idiots. Je ne sais pas ce que tu n'as pas pu lui donner, et elle te fera subir toutes ces choses. Mon frère, c'est la seule solution, tu iras voir ses parents et pour mieux comprendre la situation, n'y va pas seul. Oui, vous irez voir les parents ensemble. Tu trouveras une façon de faire, en tous cas. Lève-toi, pour que nous puissions faire ce pourquoi nous sommes venus faire ici.
IDRISS : Mais, Afiss, et si cela ne fonctionne toujours pas ? Parce que je commence à penser que Mouna ne m'aime pas et qu'elle est avec moi juste pour passer du temps. Elle est toujours amoureuse de son ex et pour ça elle ne me voit pas vraiment. Tu sais, malgré tout ce que ce mec lui a fait subir, elle a accepté de me donner une chance à contrecœur.
AFISS : Mon cher, fais ce que je t'ai dit d'abord, puis nous verrons la suite. Si elle ne te veut pas, elle partira, et tu trouveras une autre femme qui sera prête à tout pour toi.
IDRISS : C'est là le problème, je ne peux pas imaginer ma vie sans Mouna à mes côtés. Je l'aime trop, mon ami. Mouna est la première femme à qui j'ai donné mon cœur et mon amour sans réserve. Je ne veux pas commencer à chercher une autre femme dans ma vie amoureuse. Je ne veux vraiment pas vivre cela, mon frère.
AFISS : Nous verrons bien. Lève-toi.
Sur ces mots d'Afiss, Idriss se leva, et ils commencèrent l'échauffement.
CHEZ IDRISS...
Mouna se trouvait au salon en compagnie de Rebecca et elles discutaient de Muhammed lorsque Patricia, leur troisième amie, fit son entrée.
PATRICIA : Mesdemoiselles, de qui parliez-vous ainsi?
MOUNA : Heureusement, tu es enfin là.
REBECCA : Vraiment, heureusement. Que faisais-tu à la maison ?
Patricia prit place, et Mouna partit lui prendre un verre dans la cuisine, car elles dégustaient du vin blanc, elle et Rebecca.
PATRICIA : Tu sais très bien que je suis une femme mariée et que je ne peux en aucun cas sortir de la maison sans préparer le petit-déjeuner à mon mari, surtout quand je sais qu'il est à la maison et que je veux le laisser seul.
REBECCA : Oh, je vois. Femme mariée, que Dieu fasse pour nous autres qui sommes encore sans bague au doigt.
MOUNA : Amen !
Mouna était déjà de retour avec le verre dans la main. Elle s'assit et servit Patricia, qui prit la parole en s'adressant à elle.
PATRICIA : Mouna, tu sais très bien que c'est toi-même qui as choisi d'être encore sans bague autour de ton doigt. Idriss est prêt, c'est toi qui repousses encore les choses. La preuve en est qu'il y a une bague de fiançailles qui coûte plus d'un million de Naira à ton doigt. Alors, arrête ça. Quant à toi, Rebecca, c'est toi-même qui ne veux pas t'engager dans une relation amoureuse sérieuse, tout simplement parce que pour toi, tu n'as pas encore fini de profiter de ta jeunesse. Dieu vous a déjà tout donné, c'est vous-même qui ne voulez pas agir. Tout d'abord, de qui parliez-vous avant mon arrivée ?
REBECCA : De Muhammed...
MOUNA : Hummm, Rebecca...
REBECCA : Je suis désolée, ma chérie. C'est sorti tout seul , après tout c'est notre copaine.
PATRICIA : Quel Muhammed ?
Mouna voulait prendre la parole lorsque son téléphone sonna, elle prit l'appel et vit que c'était Muhammed. Elle commença à sourire et demanda à ses copines de l'excuser. Sans plus tarder, elle monta dans sa chambre avec son téléphone.
Patricia commença à poser des questions à Rebecca, et cette dernière lui répondit.
Une fois dans sa chambre, Mouna prit place sur le lit et décida de rappeler Muhammed. En effet, ce dernier avait rapidement raccroché lors de leur précédent appel. Mouna préféra s'éloigner de ses amies en raison de Patricia, consciente que celle-ci désapprouvait fortement ce qu'elle faisait avec son fiancé Idriss. Afin de pouvoir discuter en toute sérénité avec son ex-petit ami, qui exprimait le désir de se réconcilier, elle jugea opportun de s'isoler dans sa chambre. Elle initia l'appel sur WhatsApp, qui se mit à sonner. Quelques instants plus tard, Muhammed répondit à l'appel.
MUHAMMED : Bonjour, ma princesse, comment te portes-tu ?
MOUNA : Je vais merveilleusement bien, mon chéri. Et toi ? J'espère que tu as passé une agréable nuit.
MUHAMMED : Une nuit agréable ? Je crains que non.
MOUNA : Qu'y a-t-il ? Rencontres-tu des soucis ?
MUHAMMED : Non, c'est simplement que je n'ai pas réussi à fermer l'œil de toute la nuit. Cela est dû au fait que j'ai passé ces heures à penser à toi, à contempler tes photos. Le sommeil ne m'a saisi qu'aux alentours de cinq heures du matin. Cependant, tu constates que je suis encore éveillé, car tes pensées me hantent et tout ce que je désire ardemment est d'être à tes côtés. Je souhaite rattraper le temps perdu avec toi. Si seulement je pouvais remonter le temps.
MOUNA : Mon amour, j'espère sincèrement que tu dis tout ceci avec sérieux, car mes sentiments envers toi n'ont pas changé depuis le premier jour. Idriss évoque l'idée de fonder une famille avec moi.
MUHAMMED : Quoi ?
MOUNA : Ne t'inquiète pas, car je n'ai pas l'intention d'aller de l'avant avec une telle décision. Toi seul mérites le privilège que représente cet acte venant de moi. Tu es l'unique père que mes futurs enfants connaîtront. Mon chéri, puis-je te poser une question ?
MUHAMMED : Bien sûr, ma reine.
MOUNA : Es-tu certain qu'il n'y ait plus aucun lien entre cette femme et toi ? Après tout, elle est là où tu te trouves actuellement. Je ne désire pas retomber dans les illusions ou les mensonges. Si je suis ici en train de converser avec toi, c'est parce que tu occupes toujours une place dans mon cœur. Je ne cesse de penser à toi, malgré tout ce que j'ai vécu quand tu m'as abandonnée en raison de cette femme.
MUHAMMED : Mon amour, je t'ai répété à maintes reprises que ce n'était pas ce que tu croyais. J'ai agi ainsi dans le but de gagner la confiance de cette fille et de ne pas laisser échapper l'opportunité qui me permettrait de réaliser non seulement mes rêves, mais nos rêves. Tu demeures dans mon cœur et je n'ai jamais cessé de penser à toi. J'ai tenté de te joindre via ton ancien numéro, en vain. C'est grâce à ta page Facebook où tu vends tes produits cosmétiques que j'ai réussi à obtenir ton numéro. Ton nom de boutique m'a facilité la recherche, sans oublier ta photo de profil. Tu es encore plus radieuse qu'auparavant. Mon amour, je compte revenir au pays pour toi. Il ne reste que deux mois et nous nous retrouverons là-bas. Je t'en prie, veille à ne pas tomber enceinte, car je désire venir à tes côtés. Si je parviens à le faire, nous pourrons vivre dans la maison que j'ai fait construire en Afrique du Sud.
MOUNA : Comment ? Tu possèdes une demeure en Afrique du Sud ?
MUHAMMED : Oui, mon amour. Une magnifique maison qui est destinée à nous deux. Écoute-moi bien, je souhaite que tu cesses de douter continuellement de tout ce que je te dis. Je suis présent pour toi, tu demeures dans mon cœur et je ne peux envisager ma vie sans ton amour.
MOUNA : Je ressens de même, mon chéri. Je t'aime profondément et je ne souhaite pas vivre sur cette terre sans ta présence à mes côtés. C'est avec toi que je m'épanouis en tant que femme et que je trouve le bonheur. J'attends impatiemment le jour où nous nous retrouverons, mon amour.
MUHAMMED : Ma tendre princesse, je t'aime et je t'aimerai toujours. Pourquoi as-tu choisi aujourd'hui de passer à un appel vocal ? Ne désires-tu pas me voir en personne ?
MOUNA : Oh, je m'excuse, mon chéri.
Sur ces mots, Mouna lança l'appel en vidéo et commença à montrer son corps à Muhammed. Elle exposait ses seins, encore fermes comme des pommes, ainsi que ses belles fesses, une silhouette envoûtante. Muhammed la taquinait en la contemplant, et elle ne faisait que rire.
AU SALON...
Rebecca mit Patricia au courant de tout en pensant que cette dernière prendrait les choses comme d'habitude. Cependant, Patricia réagit en l'insultant. Cette dernière n'était pas du tout d'accord avec les actions de Mouna, et elle se mit en colère contre Rebecca qui semblait encourager Mouna dans cette voie.
REBECCA : Pourquoi me parles-tu ainsi ? C'est toujours Mouna, non ? Après tout, c'est elle seule qui sait ce qui est bon pour elle. Je ne comprends pas pourquoi tu as du mal à saisir qu'il s'agit de ses sentiments ? Trois années se sont écoulées et elle est toujours amoureuse de ce gars. Que veux-tu que je fasse ? Lui dire de ne pas aimer celui qu'elle aime ? Je ne peux pas décider à sa place.
PATRICIA : « Je ne te demande pas de décider à sa place. Mais au moins, tu aurais pu la décourager en lui présentant des arguments, des exemples. Nous sommes amies, meilleures amies, et tu sais que nous ne sommes plus des enfants. Trois longues années se sont écoulées. Il lui a brisé le cœur en sortant avec une autre femme, puis est réapparu soudainement en disant qu'il l'aimait toujours. Et elle est prête à retomber dans ses bras. Qu'est-ce qui cloche chez elle ? Elle prétend connaître l'amour, mais ce n'est pas vrai. Si elle connaissait vraiment l'amour et si elle aimait sincèrement, elle ne suivrait pas ce chemin alors qu'elle a déjà un homme dans sa vie. Un homme qui la comble de bonheur et qui ferait n'importe quoi pour elle. »
REBECCA : Si elle revient, tu pourras lui dire cela, peut-être qu'elle t'écoutera. Moi, je lui ai suggéré que si elle ne ressentait plus rien pour Idriss, elle devrait lui dire la vérité et le quitter. Mais je ne sais pas ce qu'elle a en tête.
PATRICIA : Elle ne quittera pas Idriss, c'est impossible, je te le dis. Cet homme ne mérite pas cela. Donc, si je comprends bien, elle ne veut pas tomber enceinte pour cette raison ? Elle adopte un comportement étrange récemment pour que Idriss commence à la détester ? Cette fille agit vraiment bêtement, ou bien ne sait-elle pas qu'on ne laisse pas quelqu'un qui nous aime pour celui que l'on aime ? Elle prend une mauvaise décision et le regrettera toute sa vie. Elle ne quittera pas Idriss, je ne permettrai jamais cela.
REBECCA : Te voilà devenue avocate ? Si elle choisit de vivre avec celui que son cœur désire, qui sommes-nous pour nous immiscer ou la juger ?
PATRICIA : Donc, tu veux qu'elle quitte Idriss, c'est ça ? Malgré tout ce qu'il lui a fait ?
REBECCA : C'est son choix et sa décision qui comptent, et si elle laisse Idriss, il trouvera quelqu'un d'autre.
PATRICIA : Ah bon ?
REBECCA : Oui.
À LA GYM...
Idriss et Afiss conclurent leurs activités et envisagèrent de prendre la route pour rentrer chez eux, lorsque Idriss reçut un appel de sa mère qui l'invitait à passer la voir à leur domicile. Il avait pris l'habitude de rendre visite à sa mère dans sa résidence, puisque la demeure maternelle était située dans la même ville où il résidait.
Après avoir échangé avec son ami, Idriss prit place dans sa voiture en vue de se rendre auprès de sa mère. En chemin, ses pensées ne cessaient de se tourner vers les événements en cours, et il se questionnait sur les mesures à prendre. Il était déterminé à ne pas perdre Mouna.
IDRISS : « Mon Seigneur, je ne suis peut-être pas digne de ce bonheur que je sollicite inlassablement ? Mon amour pour Mouna est profond et tu en es parfaitement conscient. Pourquoi ne pourrais-tu pas œuvrer pour qu'elle puisse me percevoir ? Je désire ardemment qu'elle me voie, tout comme je la perçois. Elle occupe une place prépondérante dans ma vie, je comprends que ma priorité semble parfois égarée, portée vers elle plutôt que vers Toi, mon Dieu. Néanmoins, je t'implore de saisir la nature de mon sentiment, car il s'agit d'amour, et tu es l'essence même de cet amour. »
Sur ces mots, Idriss concentra son attention sur la route devant lui et poursuivit son trajet.
CHEZ IDRISS...