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MES SEJOURS SOUS LA MER

MES SEJOURS SOUS LA MER

Auteur:: Pierreansty
Genre: Loup-garou
Aline, ma camarade de classe m'a fait manger une banane. Cette banane m'a transformée en fantôme. J'ai tué plus de mille personnes. J'ai paralysé ma mère. J'ai réduit mon père de Héro à Zéro. J'ai tué, tué et tué sans pitié. Mes séjours sous la mer, une histoire terrible.

Chapitre 1 Chapitre 01

Ce matin-là, l'air était frais et un peu doux. Sortir de ma chambre me donnait beaucoup de peines. J'avais la paresse. Pourtant, j'avais cours dans les prochaines minutes.

A la pendule murale, il tendait déjà être neuf heures. Or, comme d'habitude, il me fallait au moins quinze minutes de marche pour affronter le seuil de mon école. Pour aller à l'école, il me fallait forcément un louvoyage.

Ce matin, pendant que j'étais encore dans mon lit pensant à la marche routinière qui m'attendait encore, j'entendis : « Octavia, je croyais que tu avais cours ? ».

Cette voix ne me parut guère étrange. C'était une voix que je reconnaissais bien. Comment ne pas reconnaître la voix de celle qui m'a gardée dans son sein pendant neuf mois ? C'était ma mère.

– Oui maman, soupirai-je depuis ma chambre avec mon drap enroulé autour de la taille.

– Et pourquoi tu es encore dans la chambre ? Ou ne sais-tu pas que le temps passe ?

– Oui maman, je m'apprête déjà, lui mentis-je pour éviter sa colère.

Je sortis en effet de ma chambre et me dirigeai dans mon arrière-cour.

Dans la maison, j'avais ma chambre personnelle. Dans cette chambre, il y avait de tout. Presque tout. J'avais des divans bien luxueux. J'avais un poste téléviseur écran plasma qui était enfoncé dans le mur avec un appareil décodeur. Un ventilateur-brasseur était pointé au plafond. Puisque mon père était bien riche, il avait orné ma chambre de tout. Sur l'armoire, était positionné un gros appareil amplificateur. Ma chambre était peinte de vernis. Le sol était bien carrelé. Les fenêtres étaient toutes en vitres. De l'intérieur, je pouvais voir tout ce qui se passait dehors même lorsque les vitres sont fermées. Certes, ceux du dehors ne pouvaient ni me voir ni voir ce que je fais à l'intérieur de ma chambre.

J'étais la benjamine de ma fratrie et je n'avais que seize ans. Avec ma taille élancée, j'étais comparable à une grande fille d'une vingtaine d'année. Aussi, en matière de corpulence, j'étais la plus dominante de ma famille. Mes parents étaient riches et je mangeais à ma faim comme j'en voulais. Je mangeais et buvais comme cela me convenait.

Je n'étais pas obèse. J'étais juste un peu grosse. Pas trop grosse en tout cas. Mais je suis entre les deux. Mais rien ne me manquait. J'étais embonpoint. Mes camarades me rendaient visite trois à quatre fois par semaine. Ils venaient parce que je leur donnais tout ce dont ils en avaient besoin. Ils mangeaient excessivement. A la fin du manger, chacun faisait de ma chambre, ce qu'il voulait. Papa et maman n'étaient pas de mauvais sang. Ils ne sont pas des parents qui détestent voir les copains et copines de leurs enfants leur rendre visite. Dans ma famille, il y avait de la tolérance.

En effet, ce matin-là, je me suis rendue au cours comme d'habitude. Très souvent, maman me donnait comme conseil de faire beaucoup attention à la mauvaise compagnie. Suite aux conseils de ma maman, je me méfiais et faisais tout de mon possible pour éviter la mauvaise compagnie. A l'école, j'essayais de rester un peu distant de certaines copines, surtout de celles qui aimaient trop se laisser à la traînée des jeunes garçons. Si je me méfiais de ça, c'est parce que j'avais pris bonne note de ce qui était arrivé à ma grande sœur lorsqu'elle était tombée grosse sur les bancs. Ma grande sœur en question était en classe de terminale lorsqu'un jour, elle avait fait comprendre à maman qu'elle avait manqué ses menstrues.

Papa, aussi gentil qu'était-il, sous l'effet d'une grande colère, il l'avait exclue des bancs. Ma grande sœur Stella avait donc fait ses adieux aux portes scolaires. Alors, pour ne pas avoir ce même problème dans ma vie, je m'étais fait une promesse, celle d'éviter de tomber dans le même pétrin.

Ce matin-là, après m'être rendue à l'école, j'ai vu ma copine Aline en train de bouffer une longue banane. Mouais ! J'aimais trop les bananes. Surtout leurs odeurs, elles m'attiraient beaucoup. Ce faisant, j'adore trop les manger. Même lorsque je vois mon ennemi en train d'en consommer, je lui en demande et tant pis s'il m'en donne. Je suis très souvent excitée par son odeur.

Alors, de la porte de la salle de classe, je lui lançai :

– Ma chère, gare à toi si tu finis ces bananes avant mon arrivée à ta place ?

De sa place, elle me sourit et je me dépêchai de peur qu'elle l'en finisse. Il lui restait encore deux et je voulus les lui arracher mais elle s'y interposa.

– Non, tu ne peux pas me prendre toutes les deux, tu as droit à une seule.

– Mon amie, tu en as déjà mangée beaucoup et aussi, tu sais très bien que j'adore les bananes. Alors, laisse-moi les deux et viens prendre de l'argent pour aller en acheter encore, lui dis-je pour la calmer parce que je lui avais déjà arraché toutes les deux.

A contrecœur, elle me dit :

– Non, garde l'argent et à la sortie, on ira acheter ça ensemble.

J'empochai mes deux pièces de deux cent francs.

J'épluchai une des bananes que je commençai à croquer coûte que coûte. Au bout de deux minutes, je finis les deux bananes.

– Tout est fini dans ton sac ? lui demandai-je.

En réalité, les deux ne m'avaient pas suffi. Le goût était trop appétissant et beaucoup différent des autres que j'en mangeais d'habitude.

– Franchement, le goût est trop bon ! lui dis-je.

– T'inquiète ! On en achètera à la sortie des cours. Sinon voilà le professeur qui arrive déjà.

– Oui, c'est vrai, lui murmurai-je, déçue.

Après l'entrée de notre professeur de Mathématiques dans la salle de classe, je tapai sur la table et tous mes camarades et moi nous levâmes. Après la salutation à l'adresse de ce dernier, nous nous assîmes. Nous fîmes cours pendant deux heures de temps et il sonna enfin midi, l'heure de la fin des cours de la matinée.

– Bien, Aline, est-ce qu'on peut aller acheter les bananes-là maintenant ?

– C'est dans mon quartier que je les ai achetées, je ne sais pas si celles de ce quartier seront similaires à celles que nous avons mangées, me répondit-elle, sereine.

– Dans ce cas, tiens l'argent et en venant le soir, achète et apporte.

– D'accord !

Ma copine me saisit l'argent et nous nous séparâmes. Chacune de nous prit la direction de sa maison.

– Gare à toi si tu oublies, lui lançai-je.

– T'inquiète, tu les auras ce soir, me promit-elle, tout sourire.

***

De mon retour à la maison, je ne faisais que penser à mes bananes qu'allait m'apporter ma copine à quinze heures.

Il était enfin quatorze heures. J'avais tellement hâte de voir à mes yeux, ces bananes que j'ai commandées. Je m'étais apprêtée sans même goûter au repas que m'avait servi ma mère. Je n'avais l'appétit en réalité.

Je m'étais rendue à l'école et là-bas, je guettais avec impatience l'arrivée de ma copine. A chaque seconde, je jetais de clin d'œil à ma montre-bracelet. Le temps filait, pourtant, Aline ne venait pas. La sirène avait enfin sonné quinze heures. Et jusque-là, ma copine ne venait pas or elle n'aimait jamais manquer les cours.

Mais pourquoi avait-elle manqué les cours de ce soir ? Était-elle venue en retard ? Serait-elle en effet au portail ?

J'étais à bout de patience. Le cours de français que je devrais suivre, je ne lui prêtai aucun intérêt.

La journée du lundi n'était pas trop chargée en fait. On venait à dix heures et rentrait à midi. Le soir, on venait à quinze heures et retournait dans nos maisons à dix-sept heures. Voilà que je ne connaissais ni le quartier où habitait ma copine ni la voie qui menait chez elle. Et d'ailleurs, même si j'avais des références de ses coordonnées résidentielles, allais-je lui rendre visite à cause d'une simple histoire de banane ? J'avais tellement soif de croquer à nouveau ces bananes mais puisqu'elle s'était absentée, j'avais été obligée de prendre mon mal en patience.

De mon retour à la maison, je me souvenais encore du goût de ces fameuses bananes que j'avais mangées le matin. J'avais encore envie de les manger à nouveau.

Et comme pour diminuer mon envie, j'avais pris un billet de cinq cent francs et étais allée m'acheter de sucette dans la maison d'à-côté. J'avais acheté un jus d'orange juste pour calmer ma soif. De mon retour à la maison, je l'ai versée dans un bol et l'ai portée à la gorge.

Pensant toujours à cette banane, l'appétit m'avait faussé compagnie et je m'étais endormie sur mon jus d'orange. Le sommeil, au bout de quelques minutes, m'avait absorbée. Je ne m'étais même pas réveillée pour prendre mon repas du soir comme d'habitude.

Chapitre 2 Chapitre 02

Une heure du matin.

Je ne pouvais dire avec exactitude, ce qui m'avait réveillée réellement de mon profond sommeil.

Lorsque je me suis réveillée, je me suis assise au bord du lit et pensais aux devoirs qui s'annonçaient dans quelques semaines lorsque tout à coup, je fus surprise par quelque chose de très étrange. Il s'agissait d'une silhouette d'homme. C'était bien un visage que je reconnaissais. Je m'étais mise à me frotter le visage tout comme si je rêvais. Prise de peur, je m'écriai :

– Aline, d'où viens-tu et que cherches-tu dans ma maison à cette heure tarde de la nuit ? Et comment es-tu arrivée à pénétrer ma chambre bien que les portes soient fermées ?

Ma copine me regardait et souriait narquoisement. De sa voix forte, Aline riait. Je me demandais intérieurement et étonnement si ses rires perturberaient pas le sommeil de mes parents qui dormaient à poing fermé dans leur chambre respective.

– Octavia, suis-moi ! finit-elle par lâcher.

Une grande peur me chatouilla le cœur.

– Pour aller où ? lui demandai-je.

– Lève-toi et suis-moi ou bien tu n'entends pas ? reprit-elle, ferme.

Troublée et confuse, je lui demandai où est-ce qu'elle voulait m'emmener ?

– Obtempère d'abord, me répliqua-t-elle.

– En ouvrant le portail, mes parents entendront le grincement.

– Tu n'as pas à t'en faire, je vais gérer ça ; c'est la reine qui t'appelle.

– Quelle reine ? De quelle reine tu parles ? lui demandai-je, étonnée.

– Ma chère, tu me perds le temps ; lève-toi nous allons partir avant que la furie ne m'obsède.

Pour éviter les cobayes, tranquillement, je me levai de mon lit et m'approchai de ma visiteuse. Une fois en face de sa nuque, moi qui la croyais au départ debout sur ses pieds, j'étais aussitôt surprise de la remarquer debout sur la queue d'une grande baleine.

– C'est quoi ça ? m'écriai-je, essoufflée.

– Tu as peur ? N'aie pas peur. Allons-y ; je ne te ferai aucun mal.

Cinq secondes plus tôt, nous atterrîmes un grand pays, un pays des gros poissons. Les poissons n'étaient pas de ceux d'ordinaires. Une partie de leur composition, soit de la tête jusqu'au rein était le corps humain. Du rein jusqu'aux pieds n'était que de queue de poisson.

Dans ce nouveau pays où m'avait conduite Aline, y étaient construites des maisons çà et là. Le sol était apercevable. Les arbres y étaient plantés. Mon cœur sautait. Ma respiration avait l'air de ce qui allait se bloquer. J'avais envie de fuir mais pour aller où ? Intérieurement, je me demandais si je pourrais revenir sous le toit de mes parents ou plutôt, dans mon monde habituel, celui des êtres humains. Honnêtement, j'avais peur et je savais que rien ne me restait que la mort.

Aline me traîna jusqu'à la face d'une grande dame qui assise dans un grand fauteuil royal. Celle-ci avait une couronne à la tête. Ses cheveux étaient aussi longs qu'un train. Les cheveux étaient tellement longs qu'ils balayaient le sol. A son service, femmes et hommes pilaient du sorgho et du mil. Certaines femmes préparaient de la sauce fumante sur de gros foyers.

Il y avait des enfants qui jouaient. Ils avaient la même composition de corps que les adultes du nouveau monde où étais-je venue avec ma copine. L'aspect de ce nouveau pays m'effrayait tellement que je perdais mon temps à tout observer.

– Ma reine, je suis de retour ! murmura ma compagne tout en se mettant à genoux.

– Sois la bienvenue, ma fille ! Bonne arrivée, lui répondit la présumée Reine.

– Merci, ma reine !

– Et pourquoi as-tu si tardé ?

– Ma reine, au commencement, elle avait refusé de me suivre.

– Ah bon ? Et pourquoi ?

– Elle avait peur !

– Peur ? Je vois ! Sois la bienvenue, jeune fille !

– Merci, madame ! lui répondis-je.

J'avais atrocement peur. Je n'avais aucun courage. Tout me faisait peur. Surtout quand je voyais leur queue balancer de gauche vers la droite. Je savais que ma vie était terminée. Je ne savais plus quoi faire. Debout en face de leur prétendue reine, je grelottais.

– Jeune fille, comment t'appelle-t-on au pays des humains ?

– On m'appelle Octavia, répondis-je d'un trait.

– On t'appelle Octavia. D'accord, bonne arrivée Octavia.

– Merci madame.

Elle me scruta de la tête aux pieds avant de continuer à me parler.

– Maintenant que tu es venue ici, veux-tu faire partie de notre communauté ?

Quelle était encore cette stupide question ? En tout cas, à cette question, je ne sus quoi lui répondre. Je secouai la tête parce que je ne pouvais jamais être d'accord.

– Si tu refuses d'en faire partie, alors, je te tue sur-le-champ, me menaça-t-elle.

Encore une grosse peur m'emballa le cœur. Et devant cette menace, je ne pouvais pas me taire.

– S'il vous plaît, ne me faites aucun mal je vous en prie.

– Si tu ne veux pas qu'on te fasse un mal, alors tu as intérêt d'accepter de faire partie de notre peuple.

Pour sauver ma tête et ma vie, j'acceptai.

– Heureusement pour toi, finit-elle de dire. Tu es donc prête à nouer l'alliance à laquelle je t'inviterai ?

– Oui, madame !

– On ne m'appelle pas madame. On m'appelle soit Oga ou Reine. A toi de choisir l'appellation qui te convient. Maintenant que tu es d'accord, déshabille-toi et mets-toi à genoux, là.

Chapitre 3 Chapitre 03

Je me déshabillai et me mis à genoux. La dame au corps poisson traîna en effet sa main gauche jusqu'à mon pubis et m'y arracha quelques poils qu'elle mit à la surface d'un petit plateau.

– Soulève tes bras, m'ordonna-t-elle.

À contrecœur, je soulevai mon bras gauche puis celui droit. Elle m'arracha ensuite quelques-uns de mes cheveux. Pour finir, elle me tailla tous les ongles, des doigts aux orteils.

Elle rassembla enfin tous ces composants de mon corps qu'elle mit dans un petit gobelet. Elle cassa un œuf et le versa sur le contenu et en fit un mélange. Oga était torse nu. Sur sa poitrine, reposaient deux jolies grosses mamelles. Elle pressa celle d'à gauche, en recueillit du lait qu'elle laissa entrer dans le gobelet. Elle pressa aussi celle de la droite et, au lieu d'un liquide blanc, ce fut plutôt un liquide rouge qui en sortit. Elle le recueillit dans le même gobelet. Elle remua enfin tout le contenu et me le fit boire. Et pour finir, elle saisit un autre œuf qu'elle cassa sur ma tête en disant :

– A partir d'aujourd'hui, tu ne seras plus Octavia. Je te baptise au nom des saints de la mer. On t'appellera dorénavant Founkè. Founkè, à partir d'aujourd'hui, quiconque qui te demandera comment on t'appelle, tu leur répondras sans honte qu'on t'appelle Founkè sinon ma malédiction te suivra toute ta vie. A partir d'aujourd'hui, tu es comblée de ma grâce et de tout pouvoir destructeur. C'est ce que tu diras à la tempête qu'elle exécutera. Si tu lui dis que tu voudrais la voir en personne, elle se transformera en personne. Même si tu recommandes au jour de se lever en pleine nuit, il t'obtempérera. Founkè, tu es désormais une femme douée de puissance. La nature, à partir de ce jour, t'obtempérera. Tu as donc toute ma grâce. Tu peux également m'appeler à tout moment et je te répondrai sur-le-champ. Lève-toi et va t'ajouter à tes prédécesseurs.

Impuissante, je me levai sans dire merci à la dame et me dirigeai vers ceux que j'appellerai dorénavant, amis ou camarades. Aline était déjà à table en train de croquer de la pâte accompagnée de la sauce, une sauce que je ne saurais à base de quoi elle était faite. A gauche et à droite, il y avait de l'ambiance. Les baffles crachaient de très belles mélodies, on dirait une grande fête.

Puisque c'étaient les pas d'Aline que j'avais suivis, je me dirigeai à son adresse. Ensemble, nous vidâmes le plat.

– Après, je vais te présenter à mes copains et copines, me promit Aline.

– D'accord ! Mais je trouve ici joli que le monde qui m'a vue naître ! lui chuchotai-je.

– Oui, ici, on ne souffre pas ! Il ne fait jamais nuit non plus. Et toujours, on est en fête.

Ma copine et moi nous mîmes à jaser pendant plusieurs minutes. Je ne savais même plus ce qu'on appelait sommeil puisque celui-ci avait pris le large.

***

Enfin le lever du jour.

Honnêtement, je ne saurais expliquer comment étais-je revenue au monde des humains parce que je m'étais tout simplement retrouvée dans mon lit avec autour, mon drap bleu.

Mais je sentais la fatigue. Malgré ça, j'ai balayé ma chambre, rangé mon arrière-cour et me suis apprêtée pour l'école.

Ce matin-là, j'avais vu ma copine à l'école. On s'était saluées comme si on ne s'était pas vues il y avait quelques heures. Après nos salutations d'usage, on s'était souri.

A ma place, je m'étais mise à me souvenir des événements de la nuit. Certains chapitres m'arrachaient des rires. J'en riais sans que personne ne sût la vraie raison de mes fou-rires. Parmi les séquences lesquelles je m'en souvenais, figurait celle au cours de laquelle j'entendais les gens parler plusieurs langues. Puisque j'étais nouvelle, il me fallait des jours pour comprendre ces langues.

Avec cette diabolique puissance, j'étais à la fois sous la mer et à la fois dans le monde des humains. Je m'amusais parfois avec mes copines comme à l'accoutumée alors qu'un autre être de moi était sous la mer.

En réalité, j'étais présente dans le monde des humains et étais aussi dans mon nouveau monde. Puisqu'il fallait que je finalise tous les rituels de l'alliance.

Le sixième jour était en fait le dernier jour des rituels où je devrais être libérée. A ce jour, Oga, notre mère et reine des eaux me remit une bague.

– Porte-la ! m'ordonna-t-elle tout sourire. C'est cette bague qui exaucera tout ce que tu désireras ou voudras. Si tu accomplis bien tes missions à bon escient, crois-moi, je te ferai avaler le plus puissant des pouvoirs et tu n'auras plus jamais à te craindre. En ce jour, je te libère ! Va et entre dans ta peau pour commencer ma mission.

– Merci Oga ! Merci de m'avoir accueillie et de m'avoir acceptée parmi vous. Merci infiniment.

– Founkè, vas-y ! Tu as ma bénédiction.

Je quittai le lieu accompagnée de ma copine. Au bout de quelques instants, je me retrouvai à la maison. Sur le lit, je me vis couchée. Doucement, je pénétrai ma peau innocente qui était au service de mes parents.

***

Aujourd'hui, c'est samedi, jour de repos.

Ma mère venait de me commander au marché. Avant ma sortie de la maison, je m'étais mirée. Dans la glace, je savais combien j'étais devenue encore belle qu'avant. Toute heureuse, je me jetai au pavé.

Le marché était un peu distancé de notre maison et jamais et je n'aimais m'y rendre à pieds. Aujourd'hui, j'ai choisi y aller à pieds car, je voulais tenter pour la première fois, ma magie spirituelle parce que je savais qu'avec ma tenue sexy, un imbécile allait tomber dans mon piège. Je voulais effectivement voir si ce que m'avait dit Oga était d'une réalité pure. Je voulais tenter voir si effectivement la tempête se transformerait en ouragan si je le désirais.

Je marchais en déhanchant mes reins qui communiquaient avec mes fesses. Tout à coup, un conducteur d'une grosse caisse s'arrêta et me héla. Je fis semblant de ne rien entendre. Au lieu de continuer son chemin, il me suivit tout en me klaxonnant. Sans contrefaçon, je finis par le considérer et par l'approcher.

– Bonjour mademoiselle, comment ça va ? me dit-il, en me souriant.

Debout à côté de son véhicule, je gesticulais. Je faisais des simagrées telle une guenon. Mes seins, ce jour-là, étaient sans soutien-gorge. Mes tétons étaient debout et pointus tel un pistolet en position de tir.

En fait, j'avais juste porté un sweat-shirt et avais laissé les mamelons à découverts. Les bouts de mes mamelons influençaient davantage l'intrus. Il était excité. Oui, je le voyais baver d'envie. Il ne regardait autre chose que ma poitrine. Eh oui, il avait envie de les dévorer voir la façon dont il les regardait. Je lui souriais pendant qu'il perdait son temps à me parler avec ses yeux fixés sur ma poitrine. Jamais il ne pouvait imaginer combien il faisait face à un grand danger.

– Je vais très bien, merci, lui répondis-je.

– Où allez-vous avec cette belle corpulence ?

– Au supermarché.

– Waouh ! Que vous êtes belle et mignonne !

D'un demi-sourire, je lui répondis « merci ».

– Je vous en prie, belle créature ; vous me plaisez beaucoup.

– Ah bon ?

– Franchement, vive serait ma joie si vous acceptiez l'honneur de vous tenir compagnie.

– Oh désolée, j'ai juste envie de faire un peu le sport.

– Je savais que vous alliez décliner mon service ! Pour l'amour de Dieu, laissez-moi vous remorquer je vous en prie.

Dans mon for intérieur, je me demandais s'il connaissait vraiment un Dieu, lui. D'ailleurs, comme c'était mon tout premier essai, je ne déclinai plus l'offre. J'acceptai et montai à bord de son véhicule. Dans le véhicule, j'étais devenue un miroir que, à chaque instant, mon compagnon n'hasardait point de s'y mirer. Il était excité par ma beauté. Oui, j'étais devenue une déesse qu'il n'avait jamais vue. Honnêtement, je savais combien je brillais sous ses yeux.

– Où habitez-vous ?

– Je suis du quartier ; ma maison est non loin d'ici, lui répondis-je.

– Ça me ferait beaucoup plaisir si vous me programmiez pour un rendez-vous avec vous.

– Il n'y a pas de problème. Seulement que c'est notre première rencontre, peut-être une autre fois.

– Oui, je ne disais par forcément aujourd'hui ! Vous êtes vraiment attrayante !

– Merci monsieur !

Mon pote n'avait toujours pas cessé de me regarder et de m'admirer. C'était en me regardant que subitement, nous nous retrouvâmes en face de la mer.

– C'est quoi ? Où sommes-nous arrivés ? s'écria-t-il abasourdi.

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