Vêtue d'une longue robe noire et coiffée de mon toque de fin d'études, je m'avance vers le podium au bras de mon père. Des ovations jaillissent de tous les côtés quand le directeur lui même en personne me remet mon attestation de diplôme. Une larme coule rapidement de mes yeux. Je l'essuie discrètement avant de me retourner pour faire face au public.
Ma mère et mes cousines sont au premier rang. Elles continuent d'acclamer malgré que tout le monde a déjà cessé. Elle est incroyable ma mère. Elle ne cesse de siffler en criant mon nom à qui veut l'entendre.
Ma mère : (toute contente) C'est ma fille. C'est ma fille. Répétait-elle dans la foule.
Elle me vole ainsi un sourire.
Il en a fallu du chemin pour arriver où j'en suis aujourd'hui. Moi, Antsa DIOP, je suis officiellement diplômée en médecine. Waouh. C'est le rêve qui se réalise.
Le directeur me félicite en me prenant dans ses bras. Les flashs des appareils des photographes immortalisent le moment. Mon père me prend dans ses bras à son tour. Je fonds en larmes et lui aussi.
Moi : (toute émue) Merci papa... merci.!
Mon père : Que Dieu continue de te bénir ma fille. Tu fais ma fierté. Tu m'as honoré en ce jour et je te remercie. Merci.
Moi : (en larmes) C'est moi qui te remercie papa. Merci..
Je le serre plus fort en pleurant de toutes mes forces.
Moi : Je te rendrai encore plus fière de moi papa. Je t'en fais la promesse.
Mes enseignants viennent me féliciter à leur tour et me prennent aussi dans leur bras. Ils vont tous me manquer. Ce sont les meilleurs enseignants que je n'ai jamais rêvé d'avoir dans ma vie. Je prends des photos avec chacun d'eux.
Mes copines qui sont également diplômées me rejoignent sur le podium et nous prenons des photos ensemble. On rit aux éclats. La bonne humeur est au rendez-vous.
(...)
Les remises de diplôme enfin terminées, place maintenant au buffet. Ma mère a fait des sandwichs ainsi que de la citronnelle qu'elles distribuent à chacun avec l'aide de mes cousines.
De mon côté, je me suis rendue au buffet de mon amie Amina. Ils ont fait du hors d'œuvre accompagné du pain dans des jetables qu'ils distribuent aux gens. Amina en prend deux pour nous. Elle me remet un et prend un également. On commence à manger tout en étant debout.
On papote, la bouche pleine. Soudain, mon sourire disparaît quand je vois ce salopard de Ayub venir de loin. Ce mec m'énerve tellement mais tellement. Que Dieu me pardonne mais j'ai juste envie de le tuer à chaque fois que je le vois.
Moi : (mâchant brutalement le pain) Regarde qui arrive.
Amina jette un coup d'œil en arrière. Elle me regarde après.
Amina : Je parie qu'il vient encore pour nous chercher des ennuis. J'ai hâte que tout ceci finisse pour ne plus jamais à le revoir de toute ma vie.
Moi : Moi aussi.
Je continue de manger en regardant en direction de Ayub. Amina n'avait pas tord. Il vient vraiment vers nous. Il arrive à notre niveau. Il s'arrête devant moi, un sourire narquois aux lèvres.
Ayub KHALID est mon ennemi juré. C'est un enfant de riche pourri gâté qui se croit tout permis. Son frère et lui se croient vraiment tout permis. Tout au long de mon cursus universitaire, il a passé son temps à m'enmerder et à me rendre la vie misérable. Il y a une fois, il a même tenté d'abuser de moi. Dieu merci, il n'a pas réussi son coup.
Bien évidemment, je l'ai dénoncé mais avec la justice corrompue que nous avons ici au Sénégal, il n'a pas été puni à la hauteur de son crime. La haine que j'éprouve à son égard est indescriptible.
Ayub : (riant) Alors miss tarée...
Il a dit cela en voulant me toucher la joue mais j'ai tourné ma tête sur le côté. Ses doigts n'ont réussi qu'à frôler ma joue.
Ayub : (bras croisés) Je vois que tu es en compagnie de ta copine tarée comme toi hahaha..
Il rit à sa stupide blague que lui seule trouve drôle. Amina et moi, on lui lance des regards assassins.
Amina : Antsa, allons-y parce que l'air est pollué ici.
Moi : (le toisant) Franchement, tu as raison. Allons-nous-en.
On s'apprête à nous en aller quand il arrête brutalement le bras de Amina.
Amina : (gémissant de douleur) Lâche-moi imbécile.
Ayub : (serrant ses doigts plus fort autour de son bras) Répète ce que tu as dis. Que l'air est quoi?
Amina : (n'ayant pas froid aux yeux) J'ai dit que l'air est pollué. Tu pollues l'air. Lui crache t-elle au visage.
Je vois Ayub lever la main pour la gifler mais je m'interpose.
Moi : NE LA TOUCHE PAS!
J'ai crié si fort que les gens autour de nous se sont retournés pour nous regarder. Sa main reste suspendu en l'air sans jamais descendre. On se fixe dans les yeux. Je le regarde avec toute la rancœur du monde. Il finit par relâcher Amina et s'en va en donnant un coup de pied dans l'une des chaises.
Je me rassure que tout va bien chez Amina.
Moi : (vérifiant son bras) Ça va ? Il t'a pas fait mal?
Amina : Je vais bien. Ne t'en fais pas.
Je soupire soulagée et la prend dans mes bras. On se câline tendrement.
Moi : Tout ça fera désormais partie du passé. On ne le reverra plus et c'est le plus important.
Amina : Oui. On est diplômée maintenant.
On s'est mise à sautiller toutes les deux comme des puces. On est toutes contentes. Après la réception qu'a organisé nos familles respectives, nous sommes rentrées chez nous. Adieu l'université !
Je vais directement m'affaler sur mon lit après m'être introduite dans ma chambre. Ouf, j'ai réussi. Je l'ai fait.
[1an plus tard...]
La porte de ma chambre s'ouvre brusquement. Ma mère fait son entrée. Je peux l'entendre avancer vers mon lit. Je ferme les yeux et fais semblant de dormir quand elle arrache la couverture qui recouvre ma tête.
Ma mère : (voix grondante) Antsa ! Debout.
Je m'étire péniblement dans le lit en râlant.
Moi : Hummm mamaannn! Laisse-moi dormir.
Ma mère : Si je sors d'ici et que je reviens te trouver toujours entrain de dormir. Tu verras.
Elle repart. Je me redresse et fais une tête grincheuse en regardant en direction de la porte. Je râle en descendant du lit.
Moi : Je suis vraiment fatiguée. Je n'en peux plus de tout ça moi. Tous les jours, c'est boutique.. boutique et boutique. Je n'en peux vraiment plus. Vivement que je commence à travailler pour ne plus avoir à faire ça.
Ma mère revient dans la chambre.
Ma mère : Tu es encore en pyjama ?
Moi : (râlant)..
Ma mère : Tiens, voici l'argent du transport. Tu iras à la deuxième boutique aujourd'hui. Je resterai moi même dans la première. Tu m'as comprise?
Elle me tend un billet de 5.000f que je reprends de sa main. Je rumine en manquant de pleurer.
Ma mère : (ne me calcule pas) Reste là. À ce soir.
Elle s'en va. Je suis tentée par l'envie de me recoucher mais telle que je connais ma mère, elle le saura. Cette femme est une sorcière je vous jure. Je rejoins la salle de bain bon gré, mal gré..
Je fais mes ablutions de je ne sais quelle heure. Je me brosse ensuite et pour finir, me douche. Je reviens dans la chambre et m'habille. Je prends mon temps pour m'habiller et me faire belle.
J'ai porté mon boubou bleu ciel et un hijab de la même couleur me recouvre la tête. Je prends mon sac et en sort mon iphone. Je regarde l'heure. Je suis un peu en retard. Tanpis. Je ressors de la chambre et j'arrive à l'extérieur.
Je referme la grande porte à clé et emporte la clé avec moi. Il n'y a personne à la maison. Papa est sorti. Et mes cousines sont toutes chez ma sœur. En effet, elle s'apprête à faire sortir son bébé et mes cousines lui donnent un coup de main pour les préparatifs de la cérémonie.
Moi, maman a refusé que j'y aille. Cette bonne femme m'exploite je vous dis. Mais ça finira bientôt. Je ne vous ai pas dit? Excusez-moi.
Je vais bientôt commencer mon nouveau travail en tant que pédiatre dans l'un des hôpitaux les plus sérieux de Dakar. La belle vie non? C'est le travail vous savez ?
(...)
On est samedi. Le jour de la cérémonie de la sortie du bébé de ma grande sœur Fatou. J'ai fini de m'apprêter. C'est papa qui veut nous conduire là-bas. Papa aussi s'est déjà apprêté. On attend que ma mère pour partir.
Mon père : (criant) Karimath, on sera en retard. Nom de Dieu !
Ma mère : (de la chambre) J'arrive.
Je roule des yeux. Elle est incroyable. On patiente encore pendant une dizaine de minutes avant qu'elle ne sorte enfin. Et elle n'a même pas totalement finit.
Je soupire en allant l'aider à refermer la fermeture de son habit. Elle est en modèle jupe-habit cousu avec du bazin. C'est aussi ce que j'ai porté.
Ma mère : (ne cessant d'ajuster son foulard) C'est jolie ? Je l'ai bien attaché ?
Moi : Oui maman..
Ma mère : C'est bon. On peut y aller.
Mon père pousse un soupire de satisfaction. On ressort de la maison et se dirige vers la voiture. On monte et s'installe. Papa démarre dans tarder.
*****Le soir
La cérémonie s'est bien passée. Mon petit neveu a été baptisé Ismail, un très beau prénom. Un prénom qui va avec sa beauté parce qu'il est vraiment mignon. Ma grande sœur a bien choisi le père de son enfant. Il est beau, elle est belle et ils ont un beau bébé. Quoi de plus normal.
Franchement, ma sœur est vraiment radieuse depuis qu'elle est à ses côtés et je lui souhaite tout le meilleur. Ils sont faits pour être ensemble. De plus, ils ont les mêmes initiales de nom. Fatou et Farouk. Qu'est ce que c'est mignon !
Nous nous trouvons tous au salon. Mes parents discutent avec les invités. Il n'y a d'ailleurs pas beaucoup d'invités. Ce que je trouve mieux. C'est plus beau quand c'est plus simple.
Je suis assise en compagnie de ma sœur et mes cousines. Je tiens mon petit neveu dans mes bras. Je m'amuse avec lui.
Moi : (à ma sœur) Il est vraiment trop chou.
Fatou : (riant) Je crois que tu le trouveras moins chou quand il fera ses besoins.
Moi : Peu importe. Je le trouverai toujours aussi mignon. Oh il est trop mimi..
Je lui fais des papouilles. Il sourit. Le mari de ma sœur débarque puis chuchote un truc à l'oreille de ma sœur. Celle-ci se lève précipitamment.
Fatou : Ils sont là.
Moi : (perdue) Qui?
Fatou : (toute contente) Ta future belle famille est là.
Moi : Quoi! Mais qu'est ce que tu racontes ? Comment ça future belle famille.
Des étrangers font leur entrée au même moment. Je me lève en berçant mon neveu, couché sur mon épaule. Plus les personnes approchent et plus j'ai l'impression de les connaître. Je reste comme figée quand mon regard croise celui d'un jeune homme.
C'est lui. Je le reconnaîtrai entre mille.
AYUB KHALID!
*****Ayub KHALID
Un large sourire s'empare de moi lorsque je vois la tête que fait Antsa en ce moment. Je donnerais tout pour immortaliser cela. Je ressens une joie inouïe, une sensation inexplicable lorsque je la vois aussi surprise, ne sachant pas quoi dire. On dirait qu'elle a vu son pire cauchemar. Oui je suis son pire cauchemar. J'aime la voir comme ça. C'est ainsi qu'elle devrait être chaque jour.
J'avance avec toute la fierté et l'arrogance du monde. Je me mets devant elle. On se fixe longuement dans les yeux, sous le regard de tout le monde. Je vais m'asseoir ensuite dans les canapés du salon. Mes parents font aussi de même. On nous apporte à boire.
Je peux voir Antsa qui est immobile en regardant dans le vide. Elle ne fait aucun mouvement pendant au moins deux minutes avant de pencher la tête sur le côté et me regarder. Elle m'a lancé un de ses regards.
Elle s'en va ensuite. Sa sœur Fatou la suit. Ses parents viennent saluer les miens. Il nous souhaite la bienvenue.
Je me nomme Ayub KHALID. Fils de Babacar KHALID et de Mariame DJALAL. Mon père est un el-hadj et ma mère, une el-hadja. Moi je n'ai pas encore eu ce statut puisque je ne suis pas encore allé à la Mecque. J'attends de me marier avant d'y aller. J'irai avec ma femme.
Mon père est très riche. Et comme un dicton le dit si bien : «L'enfant d'un boss est un boss». Donc je suis aussi très riche. Pas seulement parce que je suis l'héritier de mon père mais aussi parce que j'ai aussi mes propres affaires qui marchent bien pour moi.
Je fais dans l'immobilier et aussi, je suis un grand commerçant comme mon père. Mon père possède une usine pétrolière aux Emirats Arabes Unis. On a aussi une mine d'or ici au Sénégal. La famille KHALID est la famille la plus riche et importante du Sénégal. Même le président de la République n'a pas encore notre influence. Nous sommes les tout puissant.
Je fais ce que je veux et personne ne me contredit. Toutes les femmes de ce pays sont à mes pieds sauf Antsa qui me méprise. Je l'ai dragué lorsqu'on était à l'université mais elle m'a repoussé et m'a humilié. Moi, Ayub KHALID.
Depuis ce jour, j'ai décidé de la traquer. Lui faire payer son affront. Rien que pour lui pourrir la vie, j'ai fait de longues études en médecine. Je voulais juste être à ses côtés, constamment la surveiller et lui pourrir l'existence.
Je ne l'aime pas, je ne ressens absolument rien pour elle. Je veux juste qu'elle ne trouve pas la paix. Je veux lui prouver que moi Ayub, j'obtiens toujours ce que je veux. Et si je la veux, je l'obtiendrai. D'ailleurs, c'est ce qui est sur le point d'arriver.
J'ai demandé à mon père d'aller parler au sien parce que je désire épouser leur fille. Bien évidemment, ce dernier était ravi et a donné son consentement. C'est quand même la famille KHALID et tout père rêverait que sa fille intègre cette famille même si elle doit être ma centième épouse. Alors combien à plus forte la première. Son père ne pouvait que dire oui.
Antsa sera donc bientôt mon épouse et j'ai hâte. Je ferai de sa vie un enfer sur terre.
*****Antsa DIOP
Je remets mon petit neveu à porter à ma première cousine que je croise. Je vais ensuite m'enfermer dans la chambre des invités. Je ne cesse de faire des vas et viens d'un bout à l'autre de la pièce. Je passe mes mains sur ma tête. Je m'asseois sur le lit puis me lève aussitôt. Je ne sais même pas où me mettre ni comment.
Mes mains tremblent. Qu'est ce qu'il fait ici? Qu'est ce que ce monstre fait ici? La porte s'ouvre, me faisant regarder en sa direction. C'est ma sœur.
Fatou : Antsa qu'est ce qui ne va pas ? Pourquoi tu es partie sans saluer nos invités ? C'est très malpoli tu sais ?
Moi : (hors de moi) Mais de quel invité tu parles toi? Qu'est ce que Ayub fait ici? Comment tu peux l'inviter après tout ce qu'il m'a fait endurer à l'université ? Tu es pourtant au courant de tout.
Fatou : (me calmant) Calme-toi. Il a changé et en plus ce n'est pas moi qui l'ait invité. Ce sont les parents.
Moi : Il a changé mon œil. Et d'ailleurs pourquoi les parents l'ont invité ? Pourquoi je n'étais pas au courant ? Si je savais qu'il allait être ici, je n'allais jamais venir. Vous n'êtes que des traites ou quoi?
Fatou : Calme-toi s'il te plaît.
Elle me prend la main et on va s'asseoir sur le lit.
Fatou : C'est la raison de sa présence que je suis venue te dire mais d'abord, promets-moi de garder ton calme..
Moi : (agacée par tout ça) Parle..
Fatou : Promets-moi d'abord que tu ne vas pas faire de scandale.
Moi : Ayiii, quel est ce truc que tu veux me dire ?
Fatou : Promets-moi juste.
Moi : (soupirant) Ok, je te promets.
Fatou : Ok.
Elle glisse ses mains dans les miennes et prend profondément son souffle.
Fatou : (calmement) Si Ayub est ici c'est parce que tu seras sa femme. Il a demandé ta main à papa et il a accepté. Tu deviendras sa femme dans peu de temps.
Moi : (criant à pleine voix) Quoiiiiilii!
Fatou s'empresse de me boucher la bouche avec sa main.
Fatou : (jetant des regards inquiets) Tu es folle ? Tu m'as promis de ne pas faire de scandale.
Je la repousse et me lève.
Moi : (choquée) Papa a fait quoi? Sans mon consentement ? Et avec cet abruti ?
Je ris nerveusement. Ça c'est la meilleure. On est le 1er Avril ? Ce que je comprendrais puisque c'est sûrement un poisson d'avril là. Dîtes-moi que c'est une blague s'il vous plaît.
Malgré mes efforts pour me retenir, je fonds en larmes. Je me sens trahie. Trahie par ma propre famille. Ça fait mal. La douleur est indescriptible.
Je quitte la chambre en furie. Fatou se met derrière moi. Elle essaie de m'arrêter pendant que je me dirige vers le salon.
Fatou : (me tirant) S'il te plaît... calme-toi...
Moi : (la repoussant) Lâche-moi.
Elle a beau essayé de me retenir, je suis déjà au salon. Tout le monde se tait et me regarde.
Moi : (pleurant)...
Mon père : Antsa ?
Ma mère : Qu'est ce que tu as? Pourquoi tu pleures ?
Elle se lève et s'approche de moi. Elle me touche mais je me dégage de ses mains. L'étonnement se lit sur leur visage. Ils se demandent tous sûrement ce qui m'arrive.
Moi : (regardant mon père dans les yeux) Pourquoi tu m'as fait ça papa ? Je ne compte pas à tes yeux ? Mon bonheur n'a t-il jamais compté pour toi? Pourquoi tu m'as donné en mariage sans mon consentement ?
Mon père : (se levant) Je voulais t'en parler ma fille.
Moi : (en colère) Et qu'est ce que cela changerait dis-moi. Tu as dit oui ou pas?
Il ne dit plus rien, sûrement pris de remords. Je n'ai jamais imaginé que mon père pouvait me faire une chose comme cela un jour. Il a pourtant toujours défendu les droits de la femme. La preuve, il a accepté que je fasse mes études et que je réalise mes rêves. Mais maintenant que mon rêve se trouve à la portée de mes mains, il les brise et je tombe de mon petit nuage. Je me suis trompé sur lui au fait. Il n'est pas différent des autres pères qui donnent leur fille en mariage pour des Colas et une bouteille de whisky..
Ça me dégoûte. J'essuie mes larmes du revers de ma main.
Moi : Tu as peut être dit oui à la famille KHALID mais moi, je dis non devant tout le monde à cet instant. Je refuse d'épouser Ayub KHALID.
Je lance un regard sur ce dernier.
Moi : (à Ayub) Allez vas-y. Ne te retiens pas. Vas-y. Moque-toi. Ris...allez! Ris imbécile.
Mon père : (ton autoritaire) Antsa!
Je toise chacun d'eux avant de tourner le dos et m'en aller. Je ne reste même plus pour profiter de la fête. Je stoppe un taxi qui s'arrête. Je m'engouffre à l'intérieur puis referme la portière. Je pleure des cordes.
Chauffeur : Je vous conduis où ?
Moi : (voix cassée) N'importe où pourvu que ce soit loin d'ici.
Chauffeur : Compris.
Il démarre et on s'en va. Tout au long du trajet, je me passais en boucle les phrases de Fatou et de mon père. Je n'arrive toujours pas à croire que cela m'arrive à moi.
Je vivais pourtant ma belle vie. J'étais insouciante. Je suis censée commencer mon travail bientôt. J'avais plein de projets. Je rêvais louer mon appartement et me construire ma propre maison d'ici quelques années. Je rêvais amener ma mère faire un tour dans ma propre voiture. J'avais énormément de rêves. Mais voilà, que tous ses rêves se sont volés en éclat, le temps d'une seconde.
Mon père m'a donné en mariage à un homme que je hais de toutes mes forces. Un brute qui ne respecte rien ni personne. Un homme qui veut juste me voir souffrir.
J'ordonne au chauffeur de s'arrêter finalement. Je vais continuer ma balade à pieds. Je lui remets son argent et prend le chemin d'une destination inconnue. Tout ce que je fais c'est marcher.
*****Lamine DIOP
À l'heure qu'il est, ma fille doit sûrement me considérer comme étant le pire papa qui puisse exister et je la comprends. Je sais que j'aurais dû discuter avec elle avant de donner mon consentement pour son mariage avec Ayub. Honnêtement, tout est allé si vite et je n'ai pas trouvé le temps de lui en parler calmement.
Elle n'est pas d'accord parce qu'elle en veut à cet homme pour tout ce qu'il lui a fait par le passé. Mais le passé c'est le passé et il a bien changé maintenant. La preuve, il est devenu plus calme et posé. Cet Ayub est différent de celui d'avant. Antsa doit juste lui donner une seconde chance et elle verra d'elle même.
Sa mère et moi sommes déjà de retour à la maison et elle n'est pas là. Pourtant elle a quitté la cérémonie bien avant nous. Je me demande où elle peut bien être. J'essaie de la joindre sur son téléphone mais elle ne décroche pas.
Sa mère fait de même de son côté. Dieu merci, elle finit par décrocher. Je demande à Karimath de mettre l'appel sur haut parleur. Ce qu'elle a fait.
Karimath : Antsa s'il te plaît, où es-tu? Ton père et moi, on se fait du souci pour toi ma fille.
Antsa :....
Aucune réponse.
Moi : (parlant dans le téléphone) Où est-ce que tu es? Je viendrai te chercher.
J'ignore l'endroit où elle se trouve par contre on pouvait apercevoir des bruits de vagues à l'autre bout du fil.
Moi : Antsa ? Tu es à la plage?
Antsa : (voix brouillée par le vent) Oui et je vous dis adieu. Je m'apprête à me jeter à la mer. Je préfère la mort que de me marier à cet homme. Adieu.
Mon cœur a raté un battement. Sa mère s'est écroulée, sur le sol, une main contre la poitrine. Je tiens le téléphone en mains.
Moi : Ne fais pas n'importe quoi Antsa. Rentre s'il te plaît..
Antsa : (en pleurs) Adieu papa. Tu vas me manquer.
Moi : Antsa... Antsa. Tu m'écoutes ? Antsa ?
Antsa : Tu m'as détruite papa. Tu as détruit ma vie. Prend soin de maman et de Fatou. Adieu.
Moi : Antsa ? Ma fille..
Je crie dans le téléphone pourtant aucune réponse. C'est comme si elle l'a jeté. Je laisse tomber le téléphone et bondit sur les clés de ma voiture. Je cours vers la voiture et démarre en trombe. J'espère que je n'arriverai pas à la plage un peu trop tard.
Le Dakar et les embouteillages. Franchement, ce n'est pas la peine. Je suis coincé dans un embouteillage et pas moyen d'en sortir or chaque minute ou seconde qui passe est crucial pour empêcher ma fille de se suicider. Je klaxonne longuement avant de me décider à descendre de la voiture.
Je me fraye un chemin parmi les voitures et arrive près d'un conducteur de moto. Je lui demande s'il peut me conduire à la plage puisque les motos réussissent à passer dans l'embouteillage. Il accepte à mon plus grand bonheur. Sans tarder, je m'installe sur sa moto et il démarre. Après quelques minutes, on était déjà à la plage. Je descends et le remercie avant de courir vers la mer.
Je fais des cercles sur moi même en regardant partout. Je ne vois rien. Il fait trop noir. Le vent souffle violemment faisant souffler le sable dans mes yeux. J'avance tant bien que mal.
Moi : (hurlant) ANTSAAAA ! ANSTA MA FILLE ! OÙ ES-TU ?
Je crie de toutes mes forces. Je suis désespéré. Où est-ce qu'elle peut se trouver? Je continue d'avancer malgré le vent qui souffle. Le silence autour de moi est glacial. Tout à coup, mon ouïe perçoit comme des mélanges de voix. On dirait que plusieurs personnes parlent à la fois. Seulement, je n'arrive pas à distinguer ce qu'ils se disent.
J'avance en direction de ses voix et la torche allumé d'un téléphone m'a permis de voir trois personnes au loin. L'une des personnes semble être une femme couchée dans le sable et les deux autres personnes qui sont des hommes essaient de la réanimer. Il n'y a pas de doute. C'est Antsa.
Je me précipite et tombe à genoux près d'elle. Je la secoue mais elle ne se réveille pas.
Moi : (en panique) Antsa ! Ma fille.
Je commence à lui appuyer fortement la poitrine avec mes deux mains. Aucune réaction !
Je me penche vers elle et pince son nez en soufflant dans sa bouche. Je lui fais du bouche à bouche. Elle finit par tousser une fois en crachant de l'eau. Je continue dans ma lancée.
Elle tousse une seconde fois et ouvre les yeux en poussant une grande respiration. Elle se redresse brusquement et commence à tousser.
Je soupire de soulagement en remerciant Allah dans mon cœur. Les deux jeunes hommes sont aussi contents qu'elle soit réveillée. Ils m'ont notifié qu'ils se trouvaient là au moment où elle s'est jetée à la mer. Ils lui ont donc porté secours en allant la retirer de la mer pour ensuite la réanimer. C'est donc en la réanimant, que je suis venu.
Tout ce que j'ai pu leur dire est une grand merci pour ce qu'ils ont fait et que Dieu le leur rendra. Ils sont partis par la suite, laissant Antsa et moi.
Elle n'a encore rien dit depuis un moment.
Moi : Rentrons.
Je l'aide à se relever. Je veux aussi l'aider à marcher quand elle me repousse et prend les devants. Je la suis et très bientôt, nous étions déjà au bord de la route. Tous les taxis que nous hélons, refusent de s'arrêter. Finalement, j'ai réussi à arrêter un.
Je m'avance vers Antsa et lui prend la main.
Moi : Allons-y.
Antsa : (retirant sa main) Ne me touche pas. Je trouverai moi même mon taxi..
Moi : Tu ne crois quand même pas que je vais te laisser ici après ce que tu as essayé de faire.
Un second taxi vient s'arrêter devant nous. Antsa indique la voix au chauffeur qui accepte. Elle monte et s'en va. Je fais aussi de même de mon côté tout en précisant au chauffeur de ne pas perdre de vue le taxi qu'a emprunté Antsa.
Nous arrivons à la maison. J'ai appelé mon mecano pour qu'il passe me chercher ma voiture que j'ai délaissé dans la circulation. Je fais ensuite mon entrée dans la maison suivie de Antsa. Sa mère s'est littéralement jetée sur elle quand elle l'a vu entrer.
*****Antsa DIOP
Je reste de marbre face à la réaction de ma mère en me voyant malgré que j'éprouve l'énorme envie de la resserrer à mon tour. Délicatement, je la repousse et prend la direction de ma chambre.
En voulant refermer la porte, j'ai notifié que je voulais être seule et donc que je ne devrais pas être dérangée. Ma mère a voulu placer un mot mais je ne lui ai pas laissé l'occasion. J'ai refermé la porte avant de la verouiller à double tours. Je cours ensuite m'effondrer sur mon lit en recouvrant ma bouche de ma main pour étouffer mes cris de pleurs.
Je pleure toutes les larmes de mon corps. J'ai mal, très mal. Jamais de ma vie, je n'ai autant pleurer. Ils m'ont trahi, ils m'ont vendu. Mes propres parents m'ont poignardé dans le dos. Ça fait très mal.
Je pleure suffisamment et après cela, j'ai pris mon bain. De retour dans la chambre, je me suis habillée avant de prendre mon coran et lire quelques sourates. La lecture du Coran est la seule chose qui m'apaise.
J'entends toquer à la porte de ma chambre. Je ne daigne pas répondre. La voix de ma mère se fait entendre.
Ma mère : Ma chérie, tu ne veux pas manger quelque chose ?
Moi :....
Elle toque plus fort.
Ma mère : Antsa !
Je ne réponds toujours pas. Elle finit par partir. Je suis restée dans ma chambre toute la soirée. Sans savoir quand, je me suis endormie.
*****Le lendemain matin
*****Ayub KHALID
Mon père m'a rendu visite très tôt ce matin. Il est matinal didonc. J'ai chargé ma domestique d'aller lui dire que j'arrive et de se mettre à ses aises en m'attendant. En effet, je suis dans ma salle de sport entrain de faire quelques pompes. J'ai presque fini.
Je termine en donnant quelques coups de poing dans le sac avant de me saisir de ma serviette et m'essuyer le visage. Je prends ma bouteille d'eau et bois à satiété. Je descends ensuite dans le salon retrouver mon père.
Moi : Bonjour papa. Dis-je en m'asseyant dans l'un des canapés.
Mon père : Ayub!
Quand il m'appelle comme ça c'est que quelque chose ne va pas.
Moi : Qu'y a-t-il ?
Mon père : Lamine m'a appelé hier nuit et m'a informé que ta future femme a voulu se donner la mort.
Moi : (me levant brusquement) Quoi!
Je serre les poings et la mâchoire. Elle n'a quand même pas osé. Antsa a voulu se tuer? De quel droit ? Qu'est ce qui lui a fait croire qu'elle avait le droit ? Elle ne pourra pas échapper à ce mariage. De gré ou de force, elle sera ma femme. Elle n'est rien et je vais le lui prouver.
Moi : Papa, il faut qu'on précipite le mariage. On doit le faire le plus tôt possible. On ne peut plus attendre.
Mon père : On attend que toi tu sais ? l'Imâm est prêt à vous marier aujourd'hui même si tu veux.
Moi : (sans réfléchir) Je le veux.
Mon père : Bien. Je vais appeler Lamine et l'informer. Comme ça, Antsa sera entrain de se préparer en attendant que j'envoie une voiture la chercher pour la mosquée. Il faut aussi que tu achètes des choses pour la famille DIOP. Des présents pour les parents de Antsa surtout.
Moi : Ne t'en fais pas pour ça. Je ferai tout ce qu'ils voudront.
Mon père : (souriant) Ça c'est mon fils.
Je souris aussi mais c'est un sourire forcé. Je n'arrive toujours pas à croire qu'Antsa a voulu se tuer. Elle ne mérite pas la mort parce qu'elle est mille fois mieux que ce qui l'attend. Elle peut me croire.
Avant la tombée de cette nuit, elle sera ma femme. Et rien n'empêchera cela.
*****Antsa DIOP
Je sors de ma chambre pour la première fois depuis hier. Seuls la faim et la soif étaient capables de me faire sortir. Je me rends à la cuisine et me trouve des trucs à grignoter accompagné d'une bouteille d'eau et d'une brique de lait. Je ressors de la cuisine et tombe nez à nez sur des étrangers. On dirait des livreurs. Je vois qu'ils installent de nouveaux appareils dans la maison.
C'est ma mère qui a acheté tout cela ?
Je hausse les épaules toute décontenancée. Une fois dans le salon, je remarque qu'il y a des bazins riches dans tous les canapés et aussi des bijoux et chaussures. Qu'est ce que c'est que tout ça ? Je vois une de mes cousines qui vient d'entrer.
Elle : Antsa tu es toujours dans cette tenue ? Et la coiffeuse ? Tu l'as vu?
Moi : (perdue)...
Elle : (continuant toujours) Celle qui va te passer le henné est déjà là. Ils ont dit que la voiture que ton beau père va t'envoyer sera là à 16h au plus. Donc tu dois te dépêcher. Et coopère s'il te plaît.
Moi : Qu'est ce que tu racontes ?
Elle : Tu te maries aujourd'hui non? Ou bien tu as oublié ?
J'ouvre la bouche mais bizarrement aucun mot n'en ressort. Je ne parviens à rien dire. Ma mère débarque au même moment.
Ma mère : Salam Aleykoum. Antsa, la coiffeuse est déjà là. Je viens de déposer ton pagne chez la couturière. Elle m'a garanti qu'elle pourra terminer avant 16h.
Moi : (au bord des larmes) Maman qu'est ce qui se passe ?
Elle regarde ma cousine comme pour lui dire de nous laisser. Cette dernière s'en va. Ma mère vient s'arrêter devant moi.
Ma mère : Ton mariage..
Moi : (lui coupant la parole) Votre mariage maman. Votre...
Ma mère : Calme-toi je t'en prie. Ton mariage avec Ayub a été précipitée. Du coup, elle aura lieu aujourd'hui.
Moi : (en larmes) Quoi!
Ma mère : Essaie de voir le bon côté des choses s'il vous plaît. On parle de Ayub KHALID quand même. Tu seras très heureuse à ses côtés. Tu ne manqueras de rien..
Moi : Je me fiche de ça. C'est mon bonheur qui est en jeu ici. Papa et toi ne pensez qu'à vous et vos intérêts. Vous ne pensez qu'à l'argent, la gloire et l'honneur que ça vous procurera. Vous vous fichez de moi.
Ma mère : Non ne dis pas ça. Non!
Moi : Je ne me marierai ni aujourd'hui ni jamais. Sachez-le.
Mon père : Oh que si tu le feras ?
Je regarde en sa direction. Il vient d'arriver accompagné de ma sœur.
Mon père : Tu te marieras Antsa. Je suis ton père et je sais ce qui est bien pour toi. Va t'apprêter. Ta sœur te donnera un coup de main. Tu auras à ta disposition les spécialistes de beauté les plus compétants de Dakar qui feront de toi la plus belle mariée.
Des larmes glissent silencieusement de mes yeux. Je ne reconnais pas mon père là. Je ne le reconnais pas du tout. Qu'est ce qui lui arrive ? Où est passé cet homme juste ?
Je regarde ma mère puis regarde mon père avant d'atterrir sur ma sœur. Aucun d'eux ne semblent s'opposer à ce mariage. Le consentement se lit sur leurs visages. Je passe pour la trouble-fête.
Je me laisse lourdement asseoir dans les canapés. Je peux sentir les mains de la coiffeuse dans mes cheveux. Elle commence à les peigner. Celle qui est chargée de la manucure s'attaquent à mes ongles. La spécialiste en make-up ne tarde pas à commencer malgré mes larmes qui font couler son travail.
Pour finir, celle qui se charge du henné aussi a commencé. Je n'effectue aucun mouvement à part fixer le vide en pleurant silencieusement. Personne ne veut m'entendre de toute façon. Je les gêne avec mes pleurs. Donc je pleure en sourdine.
(...)
16h30!
Ma sœur m'aide à ajuster ma tenue que je viens de porter. Une très belle tenue. Dommage que c'est pour une occasion aussi répugnante. Ma sœur cherche à croiser mon regard mais je l'évite.
Fatou : S'il te plaît Antsa !
Je lui fais la main de ne pas me parler. Elle respecte. Je finis de m'apprêter. M'apprêter pour me rendre en enfer parce que c'est là où je vais.
Une voiture luxueuse m'attendait à l'extérieur. Ma sœur me donne un coup de main pour marcher avec le voile blanc qui me recouvre la tête et le visage.
Installée à l'arrière, ma sœur à la droite, le chauffeur ne tarde pas à démarrer. Il nous conduit à la mosquée. Plusieurs voitures luxueuses étaient garées à la devanture. La famille KHALID, toujours à vouloir se faire voir.
Une fois à l'intérieur de la mosquée, je pouvais voir à travers le voile, Ayub et sa famille. Il était habillé dans le même pagne que moi. Il est ce qu'il est mais j'admets qu'il est vraiment beau, surtout habillé ainsi.
On s'asseoit sur un tapis devant l'imam qui commence la cérémonie.
Je répondais juste oui à chaque questions de l'imam. Aucune joie, aucune émotion, aucune gaieté sur mon visage. Je suis juste là.
Après la cérémonie religieuse, on s'est rendu à la mairie pour les démarches légales. Comme je m'en doutais, Ayub a signé pour le régime polygamique et j'ai signé à mon tour. Qu'est ce que j'allais dire ?
Ce mariage est de base forcé. Ce qui veut dire que je n'ai pas mon mot à dire. De plus, la polygamie est autorisée en Islam. Que je le digère ou pas, cela importe peu. De plus, je me fiche royalement de tout ça.
*****Le soir
J'ai été escortée par une tante de Ayub pour me rendre dans sa maison. Là où il vit. Et là où je vivrai dès aujourd'hui. J'ai le cœur brisé et j'en veux au monde. Le chauffeur se charge de faire monter ma valise. Il est suivi de très près par la tante et moi.
Malgré le voile qui recouvre toujours mon visage, je pouvais voir la maison et elle était immense. Une magnifique triplex. Je vois déjà ma souffrance entre ses quatres mûrs. Et le pire c'est que j'ignore jusqu'à quand, ce manège va perdurer.
La tante m'a conduite dans la chambre nuptiale. Elle m'a laissé quelques recommandations comme par exemple je ne dois en aucun cas enlever le voile moi même ni changer de tenue. Seul mon mari a ce privilège. Elle termine par des bénédictions hypocrites.
J'ai acquiescé à tous ses conseils mais une fois qu'elle soit partie, j'ai retiré le voile et me suis assise sur le lit, recroquevillée sur moi même.
Je ferme les yeux.
(...)
Je suis réveillée très tard dans la nuit par un bruit sourd. C'est Ayub qui vient de donner un coup de pied dans la porte de la chambre. Il avance vers le lit et se laisse tomber là dessus. Il est allongé comme un cadavre près de moi. La forte odeur d'alcool qu'il dégage m'insupporte. On dirait qu'il est soûle.
Je me pince le nez. Il s'est mis à rigoler à gorge déployée.
Ayub : (se moquant) Antsa !
Il pose sa main sur ma cuisse mais je l'enlève. Il rit de plus belle.
Ayub : (ivre) Antsaaa! Antsa. Tu te rappelles ?
Moi : ...
Ayub : Tu te rappelles de ce jour là ? Ce jour où je t'ai dit que tu me plaisais et tu m'as refoulé ? Tu m'as rejeté ? Tu te souviens ?
Moi : ...
Ayub : (criant) TU TE SOUVIENS ANTSA ?
Il se redresse et se penche sur moi. Il commence à renifler mon cou en caressant mes jambes. Je penche la tête sur le côté, les yeux fermés. Je suis dégoûtée.
Ayub : Tu me rends fou Antsa. Tu me rends fou..
Il tourne ma tête face à la sienne. Il s'empare violemment de mes lèvres et m'embrasse avec fureur. J'essaie de le repousser mais il est trop fort.
Ayub : Laisse-toi faire.
Moi : Non, lâche-moi.. lâche-moi animal. Je ne veux pas coucher avec toi Ayub. Je n'en ai pas envie alors lâche-moi.
Je réussis à le repousser et me lève. Je le vois descendre du lit aussi.
Ayub : Avant, tu pouvais me repousser comme tu le voulais mais maintenant Antsa, tu es ma femme vois-tu ? Et tu n'as plus le choix. Je te l'avais dit. Je t'avais dit que je t'aurai un jour ou l'autre. Tu es faite comme un rat Antsa DIOP.
Il parle en avançant vers moi. Je recule en regardant derrière. Il avance davantage et je recule au fur et à mesure. Soudain, je trébuche et tombe. Il se jette sur moi et m'embrasse de force.
Moi : (me débattant) Lâche-moi.
Je lui donne un coup de pied dans les couilles et court pour rejoindre la salle de bain mais il se montre plus rapide que moi. Il me saisit par le bras et me traîne jusqu'au niveau du lit. Il me pousse là dessus et me file deux violentes gifles qui m'ont fait hurlé de douleur.
Je touche l'entrée de mes narines et mes doigts se retrouvent imbibés de sang.
Ayub : J'ai assez toléré tes bêtises Antsa.
Je le vois qui enlève son habit. Il est à présent torse nu. Il me déshabille également et déchire brutalement mon soutien. Mes seins se sont retrouvés à l'air libre. Il commence à m'embrasser dans le cou puis atteris sur mes seins. Je coule des larmes face à mon impuissance.