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L’ange en feu

L'ange en feu

Auteur:: Akimassaaa
Genre: Aventure
. Non désiré par sa mère et sans cesse rabaissé par ses fréquentations au nom de couleurs, Jeon n'avait qu'un rêve, celui d'exister il décide de fuir en sentant sa vie lui échapper et ne jamais revenir sur ses pas.

Chapitre 1 Prélude 01

Il y avait ce garçon avec qui je jouais dans la boue quand nous avions à peine six ans, il s'appelait Kyun. Je crois que c'est grâce à lui que j'ai réussi à grandir sans l'aide d'un de mes parents. Tenir debout toute une journée est parfois difficile lorsque nos destins sont si sombres et lourds sur nos épaules. J'ai très vite su qu'elles n'étaient pas assez rigides pour porter le poids de mon existence, si courte et futile fut-elle à ce moment là. L'Espoir n'était rien d'autre qu'un mythe, un conte que l'on s'amusait souvent à se raconter, encore et encore pour se divertir.

La douleur dans ma poitrine ne s'apaisait pourtant pas, elle était omniprésente. Comme des flammes ardentes qui ne cessaient jamais de me consumer, petit à petit, elles me grignotaient. J'avais l'impression d'être né avec cet incendie permanent à l'intérieur de la poitrine mais avec le temps: il est devenu une partie de moi.

J'ai passé l'intégralité de mon enfance à penser que j'étais maudit.

L'année de mes douze ans, j'ai passé cent soixante-treize nuits entières dehors, été comme hiver, parfois sous l'intransigeance de la pluie. Kyun n'était plus là pour me rassurer, ni pour m'informer que les étoiles me suivaient simplement pour me protéger et non pas pour me voler la seule sucette que j'avais dans la poche de pantalon. L'obscurité devint alors mon quotidien, si bien que la lumière m'effrayait au plus haut point. Lui, il avait eu la chance d'être sauvé et avait déménagé vers l'Est là où la vie était ensoleillée en compagnie de sa famille aimante et soucieuse de son futur. Le jour, moi, je profitais de l'absence momentanée de ma mère pour me changer et prendre une douche rapide. J'osais à peine laisser des traces de mon passage derrière moi, comme si finalement, je m'introduisais dans une maison qui n'avait jamais été la mienne.

Ma mère me détestait pour la simple et bonne raison que je respirais le même air qu'elle depuis mon premier cri, imprévu. Les quelques voisins qui n'étaient pas dépendants d'une quelconque drogue ou d'une addiction à l'alcool fort prétendaient que je lui ressemblais énormément en grandissant et que c'était peut-être pour cette raison que sa haine à mon égard s'était intensifiée d'avantage. Je ne pouvais que me mettre à sa place et en effet, voir son portrait craché tous les jours depuis quatorze ans devait lui donner des envies de meurtre ou des hallucinations, peut-être même les deux à la fois, tout compte fait. Au point où d'après elle, je venais vociférer dans ses rêves.

Après tout, je n'étais rien d'autre qu'une erreur monumentale à ses yeux.

L'erreur monumentale de sa vie:

Jeon Jungkook.

J'ai commencé à voler dans la petite épicerie au bout de la rue, une fois symbolique puis trois par semaine. Un roulement s'était alors bien vite installé même si ce n'était que pour de vulgaires paquets de chips sans goût à moitié remplis et des bouteilles de Seven Up qui n'étaient plus pétillantes depuis des lustres. J'ai fini par croire que le caissier me voyait mais qu'il en avait simplement marre de me courir après, il ne faisait alors que me sourire tristement lorsque je m'enfuyais par la porte principale comme un voyou inexpérimenté, de dix-sept ans.

Il avait pitié.

Moi aussi,

je me faisais pitié.

Il faisait nuit noire dehors, les épais nuages jouaient à celui qui masquera le plus longtemps la Lune comme si c'était le dernier jeu à la mode. Ça devait déjà faire cinq bonnes minutes maintenant qu'elle s'était volatilisée. Je la cherchais du regard à travers la vitre sale de ma fenêtre, la tête à l'envers. Les draps de mon lit sentaient le tabac de ma mère, le salon était placé juste en dessous alors l'odeur avait tendance à remonter. C'était quelque chose que je détestais. J'avais l'impression que ça me collait à la peau après, que ça me prenait à la gorge, jusqu'à m'étouffer.

Tabagisme passif.

D'un geste dégoûté, je repoussai loin de moi la couverture nauséabonde. Elle tomba sur le parquet abîmé et humide mais ça dépendait relativement de la zone, il y avait des fuites dans le plafond et il pleuvait beaucoup ces derniers temps. Le bois commençait d'ailleurs à pourrir çà et là, je faisais comme si je n'avais rien vu. J'oubliais. Je faisais semblant. J'aimais bien faire semblant de ne pas voir l'évidence, il paraît que j'étais doué pour ça, après tout, ma vie était bercée de leurres depuis la première seconde.

« Il est encore là, ce petit bâtard ? »

Clore les paupières très fort, très très fort jusqu'à voir des tâches de toutes les couleurs apparaître en dessous. C'était un réflexe. Je faisais semblant de ne pas avoir entendu sa voix résonner jusqu'à ma chambre. C'était l'un des nombreux petits-amis de ma mère, je ne me rappelais plus de son prénom. Là aussi, je faisais semblant. Il croyait être effrayant avec sa carrure d'ancien boxeur mal formée, il ne l'était pas tant que ça dans le fond, enfin ça dépendait des situations principalement. C'était un homme dans la quarantaine avec énormément de problèmes d'argent, il a été jeté de son travail il y a deux ans pour détournement de fonds, sa femme de l'époque l'a quitté dans la foulée en demandant le divorce puis il a atterri ici par on ne sait quelle magie maléfique. Ma mère l'a bien entendu accueilli à bras grands ouverts comme si nous étions une sorte de refuge (c'était plus la SPA qu'autre chose dans ce cas), il n'était là que le Vendredi soir. Et pourtant, c'était largement suffisant pour qu'il puisse se sentir chez lui et prendre ses aises, chose que moi même je n'avais jamais osé faire en dix-sept ans d'existence dans cette maison qui tenait encore debout par Dieu seul sait quel moyen. Les autres jours, étaient pour d'autres hommes. Je leur donnais des couleurs, par exemple aujourd'hui, c'était le tour du Violet.

Et il ne m'aimait pas,

personne ne m'aimait.

Une marche de l'escalier en bois craqua, c'était la troisième en partant du bas. Je les connaissais par cœur et elle était la seule qui faisait un bruit pareil, si prononcé, ce qui signifiait une seule chose qui me fit par automatisme frisonner : Il montait à l'étage, il venait me voir. Je me redressai rapidement, ma tête tourna un peu, je n'arrivais pas à faire semblant de ne pas l'avoir entendu. Les semelles de ses chaussures résonnaient dans ma tête comme la trotteuse d'une horloge, c'était mon compte à rebours. Il y avait trente-six marches et ma mère ne l'empêchait toujours pas de monter. Elle ne le retenait jamais et je ne savais pas pourquoi je continuais naïvement d'espérer qu'elle le fera un jour, elle s'en fichait.

Chapitre 2 02

En prenant un peu de recul, je n'avais pas si peur des jumeaux. Ils avaient seulement une manière un peu trop avenante d'approcher les gens qu'ils pensaient connaître et ça avait tendance à me repousser, je n'aimais pas trop ça moi. Ils étaient très sociables et tactiles, ils adoraient blablater sur tout et n'importe quoi à la fois pour oublier nos existences tristes à en mourir. L'un prétendait tuer le temps avant qu'il ne vient lui enlever l'âme tandis que l'autre gardait le silence, c'est à ce moment là que j'ai su les discerner.

Chin-ho avait les mains dans les poches de son jogging troué et il marchait sans un bruit, écoutant sûrement d'une oreille distraite son frère qui racontait l'énième fois où il avait frôlé la mort. Je ne faisais que les suivre, parfois en trottinant derrière comme un chiot perdu, c'était bien mieux que rester chez moi.

C'est après une quinzaine de minutes que nous arrivâmes devant le dit restaurant et plus je voyais la façade s'approcher, plus j'avais l'envie de courir pour jeter un œil à l'intérieur. Je n'avais pas l'habitude de manger dans ce genre de structure, je n'avais pas l'habitude de manger tout court d'ailleurs. Alors quelques tables à l'extérieur sur une terrasse improvisée et une pancarte lumineuse -quoique un peu défaillante- suffisaient à me plonger dans une excitation totale. Il y avait de grandes fenêtres à travers lesquelles je pouvais déjà apercevoir un long comptoir où des clients étaient hissés sur des tabourets au dossier rigide. Je n'avais aucune idée qu'il y avait un commerce si côté et bien entretenu dans les parages.

« On connaît le gérant, confia Chin-hwa en poussant la colossale double-porte. Peut-être qu'il acceptera de faire un petit prix pour ses clients préférés. »

Je lui souris de toutes mes dents en les suivant, mon corps était comme attiré par l'odeur de la viande, de la nourriture. J'en salivais comme un attardé. Si bien que j'avais dû mal à penser de manière totalement raisonnée, j'avais l'impression de perdre la tête. Tout ça ressemblait à un rêve éveillé, trop beau pour être vrai. Je n'avais jamais mis les pieds dans un restaurant de toute mon existence, je devais sûrement attirer bien plus d'un regard sur moi à ce moment là mais je m'en fichais ouvertement. J'appréciais le moment présent, avant d'apprécier mon repas. Le premier depuis un long moment, maintenant.

« Bon gamin, on a pas toute la nuit non plus. »

Je relevai la tête vers la voix d'un des jumeaux, elle me semblait plus lointaine tout à coup. Je papillonnai des yeux comme si je venais de me réveiller, d'être soudainement forcé à me reconnecter à la réalité. Ils étaient déjà attablés près d'une des larges fenêtres par laquelle j'avais regardé curieusement quelques secondes plus tôt. J'étais immobile, les pieds scellés sur le tapis. Il faisait chaud, ça sentait bon et c'était tout ce que je n'avais jamais eu. Si il était encore temps de faire demi-tour, à ce moment là, j'avais choisi de repousser cette chance.

J'étais effrayé, bien plus que je ne l'avais pensé initialement. L'autre côté se trouvait devant mes yeux fatigués, mes yeux attentifs, mes yeux marrons sans reflet. Il y avait du vent, c'était frais et me procurait des frissons désagréables dans l'intégralité du corps. Mon sac sur le dos, cela devait bien faire une dizaine de minutes que j'étais là, immobile. Quelques passants sauvages m'étaient passés devant avant la frontière, ils n'avaient pas relevé ma présence. J'étais un fantôme, même chez les vivants. J'avais pour habitude d'être ignoré par ma mère au quotidien, ça avait toujours été le cas mais c'était différent maintenant que d'autres personnes, que je ne connaissais ni d'Adam ni d'Eve, passaient normalement à côté de moi sans s'intéresser un millième de seconde à mon existence.

Étais-je donc si transparent que ça ?

« Tu peux le faire. Me chuchotai-je pour me donner du courage, mes doigts jouant avec l'unique lanière de mon sac. Ta vie sera plus belle, tu vas enfin pouvoir exister. »

C'est à l'aide de ces quelques mots, envolés dans le vent, que je pris le courage d'avancer à tâtons. Je sentais le sol rugueux sous mes fines semelles à mesure où je m'aventurais de l'autre côté, elles menaçaient même de se déchirer d'une seconde à l'autre pour montrer au monde entier la couleur délavée et usée de mes chaussettes. Il y avait un trou au niveau de mon talon droit, ce n'était pas très important dans le fond. Je crois que je m'en fichais, ça faisait bien longtemps que je n'avais pas possédé quelque chose de neuf de toute manière.

J'y étais, il n'y avait plus de retour en arrière possible désormais. Enfin, je savais que c'était une façon de me convaincre de ne pas me retourner, après tout, je n'avais rien qui me retenait là-bas. Et droit devant moi, les rues m'étaient si inconnues que ça m'angoissait. J'avais déjà eu cette impression hier, à l'intérieur du petit restaurant qui était à l'heure actuelle fermé. Je n'avais pas remercié Chin-ho ni Chin-hwa, je m'en voulais un petit peu d'ailleurs. Mais je n'avais plus le temps, je ne pouvais plus demeurer dans cette situation un jour de plus. C'était peut-être rien au fond, dans une existence, mais dans mon cas :

C'était un jour de trop.

J'espérais pouvoir les recroiser un jour, les remercier de m'avoir peut-être offert la chance de pouvoir vivre pour de vrai. Je ne savais pas réellement ce que ça signifiait pour le moment, mais j'étais certain que j'allais bientôt le découvrir. J'avais hâte, l'air ne m'avait jamais semblé si pur, si vrai, authentique. Était-ce ainsi que les autres respiraient quotidiennement ? J'avais l'impression d'être un peu plus léger, mais ça n'empêchait en rien le fait que la douleur était encore là. Je la sentais en permanence. Elle était dans ma poitrine, à s'y balader aisément comme si il s'avérait là de son propre corps et non du mien. Elle prenait possession de moi, jusqu'à m'habiter.

Chapitre 3 03

Les deux jours qui suivirent, je n'avais pas daigné sortir de la chambre dans laquelle je m'étais réveillé la première fois. Nous étions Mardi, Vert. Haseul venait souvent, à peu près toutes les deux heures quand elle n'était pas à l'extérieur, juste histoire de s'assurer que j'allais bien. Je ne parlais pas beaucoup mais elle était patiente, sa présence me rassurait un peu je crois. Son timbre de voix était très doux, mélodieux.

Elle avait une couleur de cheveux assez spéciale, elle m'avait fièrement informé que le nom de ce phénomène capillaire totalement dingue à mes yeux était le « split hair ». Ça consistait à avoir deux couleurs différentes sur le crâne et même si au début je trouvais ça relativement bizarre, je devais admettre que ça lui allait plutôt bien. Le côté droit était blond alors que l'autre était noir. Ses cheveux étaient assez longs, ils arrivaient au dessus de son nombril. Oh, et puis, elle avait vingt et un an. C'est à peu près tout ce que j'avais retenu à son propos.

« Bon Jungkook, c'est la quatrième fois que je te le demande depuis ce matin. Elle râla en s'approchant de la fenêtre, les mains sur les hanches.

-Non s'il te plaît, je ne veux pas y aller. »

Elle se tourna en ma direction, j'étais littéralement scotché à la tête de lit, occupé à la supplier du regard. C'était sa chambre, il y avait des affiches de groupes musicaux dont j'ignorais l'existence, des photos aussi et des dessins collés un peu partout aux murs. Il y avait une bouteille vide ce qui me semblait être de l'alcool sur sa table de chevet avec des pétales de fleurs séchées à l'intérieur. Haseul soupira puis fit quelques pas vers moi et dans ses yeux, une lueur brilla soudainement, comme lorsque la flamme jaillit du briquet. Et cette lueur, que j'avais vu dans trop de regards bien avant, me serra le cœur. Elle ne pouvait pas me regarder comme ça, elle me regardait comme tous les autres.

Avec pitié.

« C'est très important, tu loges ici jusqu'à nouvel ordre alors tu dois te plier aux coutumes. Elle rappela en levant son index en l'air, son poignet était décoré d'un joli bracelet qui scintillait. Taehyung sera là alors tu as intérêt à te montrer. Car si il apprend que tu as joué à cache-cache encore une fois, il ne va pas être content du tout.

-Taehyung ?

-C'est celui qui est intervenu quand Seungkwan se prenait pour la reine d'Angleterre. Il est rare qu'il laisse quelque chose comme ça passer, alors tu dois te rendre utile en échange et pour le remercier : c'est donnant-donnant. Niveau hiérarchique, il est celui au sommet et disons que nous on est tout en bas de la pyramide. On lui doit le respect, notre toit, la nourriture, l'eau chaude, absolument tout. Il vit ici, lui aussi. Et tous les soirs, on dîne ensemble à part quand il a des choses à régler dehors. Ça fait deux jours que tu manques à l'appel lors du dîner et il t'a tout de même donné la chance de rester parmi nous, ce qui n'entre pas dans ses habitudes. Alors il risque de ne pas laisser passer ton absence trois fois de suite. Taehyung est très pointilleux. »

Taehyung ne m'avait aucunement réprimandé, à ma plus grande surprise. Il s'était installé sur l'une des chaises de la cuisine, la même où il était assis lors du repas et m'avait regardé avec insistance, les jambes écartées, tourné vers moi. Ça m'avait un peu gêné, être surpris en train de me goinfrer ne figurait pas dans mes plans. Contrairement à ce que j'avais pensé, il ne m'avait pas crié dessus pour m'être levé en plein milieu de la nuit sans l'autorisation de qui que ce soit. J'espérais quand même ne pas l'avoir réveillé, même si je m'étais assuré de faire le moins de bruit possible.

J'attrapai une nouvelle poignée de riz froid dans mon poing, toujours sur les genoux quand il parla enfin :

« Quel âge tu as ? »

Un peu surpris, j'avais tourné la tête vers lui. Les lumières étaient toujours éteintes, seule celle jaunâtre du frigidaire nous éclairait. De là où je me trouvais, ses pupilles brillaient étrangement, je n'aimais pas ça. Pourtant, il m'avait sauvé des bras de Seungkwan la dernière fois et je lui étais redevable pour ça. C'était notamment grâce à lui que je pouvais me nourrir en ce moment même et bénéficier d'un toit, un vrai.

Il alluma une cigarette.

« Dix-sept. »

Je crus le voir hocher la tête comme réponse muette et je continuai alors à manger. C'était assez bizarre de le savoir à moins d'un mètre de moi, dans le noir. Je n'avais pas encore mémorisé les moindres recoins de la pièce et savoir que je n'étais pas capable de faire appel à tous mes réflexes me rendait nerveux. Au point où je recommençai à ne plus mâcher ma viande, me contentant de l'avaler le plus rapidement possible pour regagner la chambre.

« À quand remonte ton dernier repas ? Sa question me laissa stoïque, son ton était très grave et ça avait le don de me faire paniquer.

-Je ne sais pas. Mentis-je alors que j'avais compté les jours passés le ventre vide.

-Tu devrais manger plus doucement, tu vas finir par t'étouffer. »

Je ne l'écoutai pas, je n'écoutais jamais personne. Je n'avais pas écouté Chin-hwa et j'avais passé la nuit à vomir et à pleurer de douleur. Qu'allait-il donc m'arriver, cette fois ?

« Jungkook. »

Mes genoux me faisaient mal contre le carrelage froid mais je ne pouvais pas m'éloigner du plat plus d'une seconde au risque d'en perdre un morceau. Alors j'avais la tête dans le frigo et les mains dans le plat.

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