Et rapidement tout se fit silencieux.
Les volatiles ont interrompu leur chant nuptial, le vent chaud qui souffle à peine plus tôt, se fit brusquement glacial.
En l'espace d'un instant, toute forme vie semble éteinte. Comme si un danger imminent a fait fuir la magie de la nuit.
Je redresse mon corps préférant rester prudente, l'ouï aiguisée à l'affût du moindre bruit suspect ; mon corps me crie de m'enfuir et de partir en courant, comme s'il voulait m'avertir d'un potentiel danger.
J'ignore l'avertissement, ai-je une soudaine envie de suicide ?
Alors que le calme devient de plus en plus pesant.
Mon ouïe perçut un craquement de branche proche de moi, mon rythme cardiaque est proche de l'arrêt cardiaque.
Pauvre idiote, me murmure la petite voix dans ma tête.
A quelques pas, juste devant moi, une ombre sortie tout droit de la terre se dresse, humant l'air. Il ressemble à un humain, ou presque : des cheveux sombres en bataille, des habits sales et déchirés. Il cligne des cils, sans aucune expression sur son visage.
Flippant, je me crois presque dans un film d'horreur. Les morts vivants existent vraiment ?
L'obscurité de la nuit m'empêche de distinguer clairement l'être qui se tient à quelques mètres de moi.
Curieuse ou une soudaine envie folle de mourir, je fini par me rapproche de l'étranger en quelque enjambé, essayant d'apercevoir son aspect plus nettement.
Sur sa bouche, quelque chose coule, d'un rouge verdoyant, ... Était-ce du sang ? Horrifié je continuai de le regardé. Un sourire fini par s'étirer sur ses lèvres amincies. Il leva la tête, flairant de nouveau l'air ou certainement mon odeur.
La peur finie par me paralyser empêchant mon corps de faire le moindre geste.
Priant pour qu'un miracle arrive, je m'aperçois que l'ombre, ayant profité de ma terreur avance lentement en ma direction puis il se fige à quelques mètres de moi, lui aussi semble, comme si effrayé.
La seconde d'après, la forêt fut recouverte d'une brume épaisse, un hurlement étrange qui me glace les os, fini par briser ce lourd silence.
L'épaisseur de la brume a fait tout disparaître autour de moi.
Affolée de ne plus distinguer mes pieds mais encore plus de ne plus voir le monstre.
Calme-toi, me murmurai la voix.
J'essaie de reprendre une respiration normale, calment mon rythme cardiaque au bord de la crise.
Putain, c'est quoi se bordel ?
D'une montée d'adrénaline je me mis à courir. Ignorant sur le moment que la brume recouvre tout.
Une oreille en arrière, m'avertis que le monstre n'est pas loin de moi.
Ce qui devait arriver arriva. De tout mon élan, je percute un arbre en plein visage.
L'odeur de sang envahit rapidement mon odorat. Mais je semble bien trop sonné pour y prêter attention. Je commence à tourner de l'œil. Le choc, le stress sa semble trop pour mon corps. Je m'écroule au pied de l'arbre dans un tas de feuille morte.
2,3... 10 minutes plus tard, le brouillard a disparu, deux hommes dos à moi, se tienne à peine plus loin. Je reste immobile dans le feuillage, espérant qu'ils ne me voient pas. L'homme qui se tenait à droite se retourna puis commence à s'approcher de moi. L'atmosphère se fit plus rassurante, moins étouffante. Sa démarche me rappelle étrangement un souvenir lointain, mais une fois de plus, tout se trouble dans ma tête, comme si on ne souhaite pas que je me rappelle la provenance de ce souvenir.
Je reporte toute mon attention sur l'inconnu qui se dirige sur moi, un foulard noir cachait la moitié de son visage et une capuche recouvre l'autre moitié de sa tête, m'empêchant de découvrir son visage ; comme si c'était souhaité. L'unique chose que j'eusse le droit de discerner, ce sont ses yeux, munis d'une couleur jade éclatante. Il semble hésitant durant quelque seconde, puis ordonne d'une voix glaciale au second homme qui se tient en retrait : « Tu sais ce que tu dois faire !»
L'homme sursauta, réfléchi un instant, mais finit par obéir à ce qui semble être son supérieur.
Hésitante à m'enfuir, je n'eus pas le temps.
Un éclair jaune apparut. La seconde d'après, mes paupières à moitié close se font soudainement lourdes. J'essayai de lutter, en vain. Je semble si faible face à cette soudaine sensation de fatigue. Je retourne mon corps sur le dos, essayant de reprendre mes esprits. Mais tout semble vague autour de moi, ma vision devient de plus en plus brumeuse.
Apres une dizaine de tentative sans succès, je réussie enfin à lever mon corps.
Après une dizaine de foulée, je fini par emmêler mes pieds dans les branches morte qui juche le sol. Par réflexe, je tends les mains devant moi, patientant la fin de la chute avec une certaine impatience, mais il n'en fit rien.
L'homme masqué me rattrape au vol, une main sur ma tête et l'autre dans mon dos.
La chaleur de son corps m'apaise soudainement. Son visage, flou, apparut penché sur moi. D'une main j'essaie de retirer son foulard. Mais la fatigue finie par avoir raison de moi.
Il se passe quelque chose dans ce bois.
Quelque chose de maléfique parfume l'air, je me sens proche au fur et à mesure que les secondes s'écoulent.
B-A-M ... B-A-M
J'entends le doux son de son cœur battre, au loin, dans sa poitrine. Mon côté assoiffé ce réveille minutieusement. Mais je maîtrise à la perfection ma soudaine soif.
Une humaine.
Je reste statique, patient.
Je ferme intensément les yeux, cette odeur. Elle me rappelle quelque chose de sombre et froid. Son rythme cardiaque accélère subitement. Le silence qui s'installe autour de nous ne présage rien de bon.
Je tourne la tête en direction de Karl, lui aussi le ressent.
- Crois-tu que ... ?
Je me glisse furtivement derrière mon binôme et plaque ma main sur sa bouche pour étouffer le son de sa voix qui aurait certainement compromis notre emplacement.
Mon ouïe affutée m'indique que nous ne sommes pas seuls à chasser.
Ils sont deux : un humain et l'autre.
Je fais signe à Karl de me suivre, puis me stop quelque mètre plus loin. Toujours silencieusement, je lui indique du doigt les traces de pas qui se forment à quelques mètres de nous. Mais l'ennemi ne semble pas nous avoir aperçus. Ou alors nous ne sommes pas sa priorité.
Aussi rapide qu'un éclair je n'ai pas eu le temps d'apercevoir mon adversaire. Qu'il a déjà disparu derrière une étrange brume épaisse.
J'approche de l'empreinte laisser par la menace.
Je ne mais qu'un quart de seconde à comprendre ce qui se trame. Mon sang ne fait qu'un tour. Je me retourne vers Karl.
- Ce ne sont pas des loups.
- Et pas des vampires, termina-t-il.
Le silence qui s'installe me force à croire que ce que je pense est bien plus vrai que jamais.
- Les ombres ...
Sa voix résonne en moi avec une vague de souvenirs qui me déchire à nouveau le cœur.
Cela fait si longtemps, et je m'en rappelle comme si c'était hier pourtant.
- Que recherche-t-il alors ?
Malgré le chuchotement à peine audible de Karl, je le perçois à la perfection.
Cela remonte à quinze ans comment pourrai-je...
Idiot ! La dernière fois que j'en ai vu c'est cette fameuse nuit.
Merde !
- Ou ma tu emmené Karl .
Son visage se décompose au fur et à mesure que les secondes s'écoulent.
- Je ne savais pas qu'il te surveillerait.
Sa voix tremble.
Je comprends mieux pourquoi.
- Où suis-Je ?
Je détache chaque syllabe avec une lenteur incomparable contenant un millénaire de colère en moi.
- Sarton
Mon corps frisonne à ce nom.
- Ou est-elle ?
- Sarton.
Aucune hésitation dans sa voix. L'air se bloque dans ma poitrine. Un hurlement me parvient jusqu'aux oreilles. Il l'a retrouvée. Je serre les poings tellement forts que mes veines ressortent.
Je ferme les yeux un court instant, me concentrant sur les alentours. La haine surpasse la peur qui m'émerge subitement.
- Elle est là, pas loin.
- Nous sommes loin de la ville comment a-t-elle pus se retrouver ici ?
- Je ne sais pas. Mais elle est en danger.
Ma voix tremble, je le sais. Il le sait.
Pourquoi ici Karl ? Je ne l'ai pas revu depuis tant d'années, sais-tu ce que tu viens de déclencher . À l'instant présent j'aurai tant voulu confronter Karl à mes questions, mais ma priorité n'est pas lui.
D'un pas je me retrouve face au monstre. Je le regarde avec dégoût. Un millénaire de douleur traverse son thorax, je retire sans l'ombre d'une émotion son cœur noirci par la culpabilité d'une vie antérieure. Sans même réfléchir.
Son sang souillé coule le long de mon bras et goutte sur la terre, fanant le peu de verdure qui s'y trouve.
Karl a utilisé un sort de dissimulation, qui disparaît aussitôt que la créature retourne sous terre. Les ombres ne meurent jamais vraiment, elle retourne d'où elles viennent : Sous terre ou l'enfer pour les humains.
L'odeur de sang frais qui flotte dans l'air me rappelle que je ne me suis pas nourri depuis trop longtemps. Je flaire l'air à défaut de me laisser guider par le son de sa voix.
- Elle est ici Ayden.
Je ne me retourne pas, voir son visage me rendrait fou.
- Efface-lui ce souvenir Karl, elle ne doit pas savoir.
Pas maintenant, pas ce soir. C'est encore trop tôt.
Karl hésite mais finit par obéir. C'est lui qui prendra soin d'elle ce soir.
- Dis à sa famille de partir d'ici que leurs couvertures n'est plus d'actualité, ils ne sont plus protégés.
- Ayden...
Je veux m'éloigner d'elle au plus vite.
Ne pût ressentir cette douleur atroce qui me broie les tripes.
La pitié que Karl éprouve a mon égard me rend encore plus mal.
Dix ans c'est long.
Elle n'a pas le temps de s'enfuir que le sort la frappe. Jamais je n'aurais jamais imaginé qu'elle allait réussir à sa relevée mais sa détermination est impressionnante. Elle à peine fait une dizaine de pas que son corps vacille. Mon esprit me dicte de laisser Karl s'en occupé, mais la raison du cœur l'emporte.
Je n'ai pas réfléchi, je la rattrape avant que sa tête se fracasse sur le sol.
Ma main se glisse sous son crâne, et mon regard se mélange aux siens.
Un vert si sombre. Dans une dernière tentative elle essaie de m'enlever le foulard qui cache une partie de mon visage mais elle à peine le temps d'effleurer ma joue que ses paupières ce ferment. La seconde d'après son corps plonge dans un sommeil profond. Je me mets à genoux, posant sa tête délicatement sur mes jambes. D'une main délicate et douce, je touche son visage tendrement.
Son contact me fait encore frissonner.
Quelle beauté époustouflante. Qu'elle être magnifique.
Je faiblis, je le sais.
Idiot.
Je viens de mettre en marche le compte à rebours. Ce que je redoute depuis des années vient d'arriver. Je pensais avoir du temps pour me préparer à ce moment-là. Je pensais qu'être loin d'elle était la meilleure chose pour qu'elle puisse vivre une vie normale. Mais elle est tout sauf normale. Je regarde son genou écorché, le sang qui s'en échappe. L'odeur me brûle la gorge. C'est une douleur insoutenable. Si c'est le prix à payer pour la voir, j'accepte alors.
Moi, Ayden Asher, maniaque du contrôle faiblit face à une humaine.
Une humaine qui est tout sauf humaine.
Un rire nerveux siffle sur mes lèvres asséchées.
Karl s'approche doucement de nous.
- Ne leur dit pas que je suis revenu. Dis leurs justes qu'ils l'ont retrouvé et que tu la sauvais.
Je chuchote par peur de la réveiller.
Karl reste silencieux un long moment.
- Et toi ?
Je regarde la jeune femme que je tiens dans mes bras.
- Je vais retourner à Holden avant de reprendre les cours à Cavana.
Je dépose le corps inerte de la jeune fille dans les bras de Karl. Puis je me retourne le cœur déchirer.
- Je suis l'héritier après tout.
Je reste silencieux.
- Personne ne doit savoir que je l'ai revu, personne.
Quatre ans après.
À l'extérieur, tout est inerte, le soleil est arrivé à son apogée, les rayons de celui-ci traversent la vitre pour réchauffer mon cœur assombri. Je n'ai pas quitté Holden depuis quatre ans à part pour suivre mes cours dans un lycée dédié uniquement aux êtres surnaturels. Cette année est la dernière pour moi. Depuis quatre années je vis comme un rapace parmi les miens. Assumant pleinement ma fonction royale décerné et acclamé par le peuple et approuvé par le conseil. Mais depuis quelques mois, je fuis mes obligations et je n'en connais pas la vraie raison. Ou alors je me mens à moi-même.
Après des jours à courir partout me revoilà enfin chez moi : Holden.
Les coups qui martèlent ma porte, me sortent de ma rêverie.
Karl n'attend pas mon invitation pour entrer, il ouvre la porte d'un grand coup. La pression de ses pas sur le sol m'indique clairement qu'il n'est pas là pour plaisanter. Quelque chose est arrivée cette nuit.
- Laisse-moi respirer un peu Karl, je viens tout juste de rentrer.
- Tu dois également assumer tes obligations. Tes absences à répétition ne m'arrangent pas.
- Je le sais pertinemment, mon vieil ami, soupirai-je.
J'observe un dernier moment le soleil et sa chaleur qui se frotte à ma peau avant de me retourner et de lui faire face.
Karl ce tiens devant mon bureau, droit comme un i mais ces dernières années lui rappelle qu'il n'est pas éternel. Le bruit de son claquement de doigt me surprend, mais pas autant que la montagne de document qui vienne d'arriver par magie sur mon bureau vide il y a encore quelques minutes.
Son air autoritaire se renforme un peu plus laissant apparaitre ces rides naissant sur son visage.
- Depuis quand tu ne t'es pas reposé ?
- L'Alpha de la réserve est décédé.
Je m'assois sur ma chaise.
Humm... Il ignore ma question, et cela ne fait que confirmer mes pensées.
- Prends ta semaine Karl, je m'occupe du reste.
- Et pour William ?
- Je suis au courant. Tu m'ouvriras un portail ce soir.
Un soupir de soulagement se soulève dans sa poitrine. Son rythme cardiaque redescend d'un cran et je le sens à peine plus rassurer qu'à son arrivée. Mais il semble toujours inquiet.
Ma soudaine humeur changeante me fait réaliser que j'ai une soudaine envie d'être seul.
- Très bien alors, un portail s'ouvrira quand tu le souhaites.
Je ne relève pas la tête, même lorsqu'il franchit la porte et que celle-ci se referme délicatement et sans aucun bruit, me replongeant dans une pièce silencieuse. Je feuillète sans conviction les dossiers.
Je regarde à nouveau l'extérieur. Le cœur qui palpite. Soupire en regardant de nouveau la pile de documents qui c'est éparpiller sur mon bureau. Je n'ai pas le cœur à l'ouvrage et pourtant j'y suis obligé. Cela fait partie de mes innombrables inconvénients.
Je pense au pacte conclu entre les deux clans ennemis : Vampire et Loups-Garous.
Le décès de l'Alpha ne m'arrange pas, son petit-fils William est de l'unique descendant direct donc c'est lui qui prendra la relève de son grand-père. La peur qu'il fragilise le pacte et qu'une seconde guerre éclate entre nos deux clans me rend nerveux.
William, l'unique petit-fils de la lignée des loups-garous est descendant direct de l'Alpha pur va prendre la place de son arrière-grand-père. Son grand-père n'était pas un Alpha pur mais j'ai bon espoir que ce soit William.
Le loup le plus pur qu'on peut connaître va enfin apparaître sous sa forme la plus dominante.
Cela fait des centaines d'années que l'Alpha des Alpha n'est pas apparu.
Cela fait des centaines d'années que ses descendants se donnent le titre de Roi des loups sans en être digne réellement.
Mais le pire reste à venir, je n'ai pas revu d'ombre depuis ce soir-là. J'ai suivi chacune des pistes que j'ai réussies à avoir en ma possession mais c'était toujours la même chose, plus rien au bout. Cela nous n'a mené à rien. Quatre années à courir partout, mais aujourd'hui je ne peux me permettre de perdre du temps pour des choses qui ne sont pas concrètes. Je suis le Roi après tout, les lignées se posent trop de questions. Est-ce n'est pas une bonne chose d'en parler maintenant, cela signerait probablement une prochaine guerre.
Cela ne présage rien de bon pour le siècle en cours.
À la décision de Karl, je passe la journée enfermée dans mon bureau à traiter ces fichus dossiers, lorsqu'enfin, je relève la tête ; la tombée de la nuit approchais lentement.
J'attrape mon téléphone posé à côté de moi et compose son numéro. Cela fait si longtemps que je ne l'ai pas vu.
- Allô ?
Sa voix endeuiller me rappelle de vieille souffrance.
- Je viens ce soir, il faut qu'on parle.
- Ce n'est pas judicieux de venir en ce moment et tu le sais mieux que moi-même.
- Ce n'est pas une question.
Je raccroche rapidement avant qu'il ne trouve le temps de me trouver une excuse, d'un mouvement, j'attrape mon long manteau noir posé sur ma chaise et m'en vêtit.
L'air extérieur c'est brusquement rafraichi mais ça ne m'empêche pas de rester en t-shirt : je ne crains pas le froid. Karl m'ouvre un portail qui me mène tout droit à ma destination, enfin presque. Les portails magiques ne sont pas une partie de plaisir à endurer, le vortex qui nous aspirent donne la plupart du temps des vomissements où éveille une faim plutôt coriace. C'est d'ailleurs une des raisons qui ont poussé le conseil à voter que seules les personnes les plus puissantes puissent l'utiliser.
J'arrive à grands pas à la réserve des loups et l'accueil est plutôt glacial.
Rien d'étonnant, je suis du clan ennemi.
Avec une démarche sûre et ignorante, je me dirige au fond de la forêt.
L'odeur de chien mouillé me guide directement à lui.
Après avoir marché quelques minutes tranquillement, je le retrouve enfin.
Il m'attend. Les tapotements de son pied m'agacent d'entrée.
- Ce n'est pas très judicieux de venir dans la réserve un soir de pleine Lune.
Un sourire narquois s'étire sur mes lèvres. Je n'ai fait aucun bruit et pourtant il a réussi à savoir que je suis ici.
- Tu sais comme moi que les jeunes louveteaux ne sont pas de taille à m'affronter.
Il se retourne enfin face à moi.
- Pour le moment.
L'assurance que dégage son commentaire gonfle mon égo.
- J'aime le danger que veux-tu !
Son apparence a nettement changé, elle est beaucoup plus musculaire qu'auparavant. Sa corpulence est largement plus imposante.
- Même après toutes ces années, ton arrogance est le même.
Mon sourire s'étire encore plus.
- Tu as oublié égocentrique !
Un sourire sincère et discret se dessine sur les lèvres de William. Je fais mine d'ignorer son merci. Je n'aime pas les remerciements. Même si je suis ici par intérêt pour le pacte. Même si je sais que le changement de Roi peu le fragiliser, un part de moi viens ici par amitié et respect pour William. Il ne franchira jamais la ligne blanche. Nous avons trop à perdre les deux et surtout, nous avons trop perdu lors de la dernière bataille.
Après un silence pesant, je brise la glace en premier.
- Mes sincères condoléances William.
Il baisse les yeux, a ses palpitations cardiaques je sais que sa douleur est profonde. Son grand père vient de décéder.
Ce qui fait de lui l'hériter ultime d'un énorme fardeau familial.
À lui de choisir s'il accepte le cadeau comme une malédiction ou une bénédiction.
Dans la lignée des loups-garous, tu ne deviens pas loup du jour au lendemain, tu as forcément le gène dans le sang. De plus quand un Alpha meurt, la meute présente se dissout immédiatement pour laisser la place à la nouvelle meute.
C'est ainsi que perdure une lignée.
Mais encore plus important, William ne sera pas n'importe quel Alpha. Non, il est le descendant d'Akela, le premier Alpha à être apparu.
L'Alpha des Alpha.
L'Alpha ultime.
J'ai été présent à chaque nouvelle lignée d'Akela, mais depuis lui : je n'ai jamais rencontré un autre Alpha doté de la capacité de diriger toutes les meutes. Chaque meute a pourtant un Alpha, mais il existe en réalité qu'un seul et unique Roi.
Aux quatre coins du globe il existe un nombre incalculable de meutes, toutes diriger sous les ordres de William maintenant. C'est ainsi que fonction la hiérarchie des lycanthropes.
Mais chaque Roi gère sa lignée a sa manière.
William est jeune, mais il va faire un excellent Roi, bien qu'il soit encadré le conseil royal.
Le pacte conclu entre nous deux clans inclus qu'aucun Loup ne doit mordre un vampire et vice-versa. Il a été rajouter une close spécifique concernant Cavana : Aucun Vampire ne doit mordre un humain dans le village et à deux cents kilomètres aux alentours.
Le pacte inclus aussi une collaboration nécessaire pour veiller au bon équilibre de la nature.
Si un problème persiste avec un vampire qu'il devient trop avars de sang frais je le fais exécuter sans appels par des loups expérimentés et formés pour ce genre de travail ou alors je m'en charge personnellement.
C'est uniquement ainsi que j'arrive à maintenir un équilibre parfait entre chaque lignée. Et de plus, cela a fait de moi un Roi particulièrement craint par les miens.
J'observe un court moment William. Il est le plus jeune Alpha, j'ai grand espoir que ce soit lui l'ultime Roi.
Je laisse le silence s'installe entre nous. Malgré son jeune âge, je ne doute pas de ses capacités à gérer une meute. Il sera incroyable.
Cette nuit glaciale sera remplie de mystère.
Je m'approche de William posant ma main sur son épaule en guise de soutiens.
Nous sommes deux vieux amis à qui le sang oppose tous nos liens. Je suis une créature de la nuit, prédatrice et présumer sans cœur créé par un sort de la magie noire.
Lui est une créature du jour, créer par la nature elle-même.
Nous les vampires, sommes contre nature, alors la terre mère a repris ses droits. Il faut un équilibre pour tout.