L'ÉPOUSE DU GOUVERNEUR
#Épisode : 01
À cette heure de la journée on entendait que le bruit des voitures qui roulaient à vive allure. Pourtant au milieu de ce silence la maison des Cissé était sur le point d'exploser ou disons que le chef de famille risque d'exploser.
Il était debout en face de sa belle fille Fatoumata, il criait sur sa belle-fille car cette dernière depuis plus d'une semaine refusait de prendre des clients. "j'en ai marre de cette vie" se disait-elle intérieurement.
- lève-toi prends tes affaires et sorts de chez moi. Je ne compte pas te nourrir... non si tu ne travailles pas tu quittes la maison.
- wawaw elle n'a qu'à se foutre dehors nokoul sa hathie... Dit la mère en lui jetant son talon.
Fatoumata s'est levée puis s'est dirigé vers l'armoire où elle se mit à sortir ses habits qu'elle mettait dans un sac. Elle prit juste ce que son sac pouvait contenir avant de prendre la porte.
- Kone daguay dem ni kaffo (donc tu ne badines pas tu parts ?) Demande sa mère.
- vous voulez une prostituée ? Ce ne sera plus sur moi que vos clients vont gémir le soir je ne suis pas votre seule fille alors vous n'avez qu'à prendre l'une d'entre elles mais pas moi.
Elle quitte la maison sans regrets. Cela faisait longtemps qu'elle voulait le faire mais n'en avait pas la force. Elle était dans la rue durant une dizaine de minutes. Puis elle eût l'idée d'aller chez lui. Peut-être qu'il allait l'héberger un certain moment. Elle prit un taxi qui le déposa devant une jolie petite maison. Elle paie la course avant de se diriger vers la porte d'entrée. Un seul coup de poing sur la porte suffit pour faire lever le maître des lieux.
- mata ...
Il mit sur pause car il venait d'apercevoir le sac que la jeune fille avait.
- entre, viens.
Il lui prit le sac des mains puis referma la porte derrière lui. Curieux qu'il était il aurait voulu poser la question mais comme le parfait gentleman qu'il était, Ousmane Ndaw attendit que sa petite amie lui raconte et elle ne tarda pas à éclater en sanglot ce qui pousse Ousmane à la prendre dans ses bras.
- chut Princesse pourquoi tu pleures ?
- je suis à la rue.. je suis à la rue..
- comment ça ? Qu'est-ce qui c'est passé ?
- mon beau père m'a dit de sortir de la maison qu'il n'allait plus me nourrir et ma mère n'a rien dit elle était même d'accord avec lui.
Ousmane ne savait pas quoi dire, il se gardait d'insulter les parents de Fatoumata car il était occupé à la consoler.
- arrêtes ma chérie tu peux rester chez moi. Tu n'es pas à la rue.
Ousmane réussi à la consoler. Comment des parents peuvent-ils faire ça à une fille de 21 ans? Un beau-père oui mais une mère ? C'est vraiment ignoble, se disait Ousmane tandis qu'il s'afférait à préparer la chambre pour elle. Cette dernière n'eût même pas le temps de manger ce que son petit ami avait préparer pour elle, elle c'est endormi dès qu'elle a posé sa tête sur l'oreiller.
Chez elle son beau père se disait qu'elle allait revenir. Elle avait nulle part où aller donc elle reviendra. Il allait perdre du fric cette nuit mais c'est sûr que quand elle reviendra elle fera des heures supplémentaires, se disait-il comme pour se convaincre lui même.
À son réveil, Ousmane était déjà partie au bureau mais il avait laissé un mot pour elle.
Le " je t'aime" en bas du papier lui fit échapper un sourire.
Elle prie une douche puis sortit de la chambre. Elle voulut faire le ménage mais la femme de ménage avait déjà tout fais.
Elle avait faim mais n'avait pas vraiment envie de manger. Elle retrouva plusieurs appels manqués de son beau-père et sa mère. Elle filtre les numéros puis se posa sur le canapé.
Vers 13h30min l'heure de sa pause, Ousmane a acheté le déjeuner et est parti retrouvé sa copine. Il le retrouva entrain de dormir sur le canapé.
- mata ? Chérie. .
- hum oui.
Elle se frotte les yeux et se redresse
- je ne t'ai pas entendu arriver.
- parce que madame dormait.
- ha. Tu as fini ta journée ?
- non je suis venu pour qu'on mange ensemble.
- fallait pas te déranger Ousmane.
- c'est rien.
Il est allé dans la cuisine, a préparé deux assiettes puis est revenu auprès de Fatoumata.
- Tu sais j'ai pas vraiment faim.
- mata faut que tu mange. Qu'est-ce qu'il y'a ?
- non tout va bien.
- tu vas manger alors.
Il réussit à la convaincre mais elle ne mangea pas beaucoup.
Certes elle avait quitté cette maison mais il lui reste beaucoup de choses à affronter comme le jugement de Ousmane. Elle se demandait ce que cet homme risque de penser d'elle. Pourtant c'est pour lui qu'elle a arrêté le travail.
Elle était amoureuse et voulait avoir une vie normale.
Ils se sont rencontrés 5 mois plutôt dans la banque où travaillait Ousmane. Ils se sont accostés dès le premier regard. Ils se sont aimé dès le premier mot prononcé.
Au début Fatoumata ne voulait pas qu'il y est quelque chose entre eux. C'est sûr qu'aucun homme ne l'aimerait en sachant ce qu'elle faisait comme travail.
Elle voulait une chose mais son cœur n'était pas d'accord. Elle fini par flancher et s'est laissé aller dans cet amour.
L'amour qu'elle portait à Ousmane était tellement grand qu'elle finit par prendre une décision. C'est à dire, tenir tête à son beau-père et arrêter ce travail qu'on l'a forcé à faire depuis qu'elle a douze ans ce qui veut dire que cela fait 9 ans qu'elle couche avec des hommes pour de l'argent, argent qu'elle n'a jamais vu, vu que tout revient à son beau-père.
Après le départ de Ousmane elle se replonge dans la solitude. Elle pensait à ses demies-sœurs condamnés à faire le même travail qu'elle. Elle se promit de les sortir de là.
Elle continuait de recevoir d'innombrables appels venant de ses hommes qui ont été complices de tout. Quand ça a commencé à l'énerver, elle enlève la puce, la coupe en deux morceaux avant de la jeter.
(...)
Une semaine jour pour jour qu'elle a quitté son ancienne vie. Elle cherchait toujours comment tout raconter à Ousmane mais ce qu'elle ne sait pas c'est que y'a pas deux façons de le dire.
Ousmane ne posait pas de questions. C'était du genre discret et qui n'aimait pas mettre les gens mal à l'aise.
Il faisait son possible pour que Fatoumata se sente bien chez lui. D'ailleurs il en avait parler à ses deux sœurs et elles ont proposés de venir la rencontrer.
Entre Ousmane et ses sœurs c'est plus qu'une relation de frère et sœur. Ses sœurs sont comme Sa mère qu'il a perdu quand il est venu au monde.
Depuis Sa naissance elles se sont occupés de lui et il leur raconte tout ce qui lui arrive dans sa vie.
Elles ont été les premières qu'il a raconté sa rencontre avec elle. Et il se devait de leur dire qu'il vivait avec sa petite amie.
Il savait déjà que ses sœurs allaient aimer Fatoumata mais cette dernière n'en était pas sûre. Elle était un peu inquiète.
- mes sœurs sont les personnes les plus gentilles que je connaisse tu n'as pas à t'inquiéter.
Elle ne pouvait pas ne pas s'inquiéter, c'était plus fort qu'elle.
S'il lui présente ses sœurs c'est que ça doit être sérieux entre eux donc il est peut-être temps qu'elle lui dise la vérité mais comment ? Ce n'est pas chose facile à comprendre, elle-même elle ne comprenait pas.
La sonnerie de la porte mit fin à leur discussion. Ousmane lui donne un bisou sur le Front avant d'aller ouvrir.
Il s'attendait à voir ses deux sœurs mais il n'en voit qu'une seule.
- mak dji ( grande sœur )
- l'amour de ma vie comment tu vas?
- très bien. Où est Maguette ?
- elle m'a appelé pour me dire qu'elle a des problèmes à régler qu'elle ne pourra pas venir.
- rien de grave j'espère?
- tu sais déjà de quoi il s'agit.
Il sourit faiblement face à la dernière phrase de sa sœur.
En les voyant arriver, Fatoumata s'est levé pour aller à leur rencontre.
- Fatoumata je te présente ma sœur Nabou, Nabou elle, c'est Fatoumata.
- enchantée ma chérie.. dit Nabou en lui tendant la main.
- moi de même... répondit Fatoumata timidement.
À premier vu Nabou était très gentille alors elle a commence à se détendre.
En moins de 6 minutes elle se surprenait à discuter avec elle en oubliant même ses peurs.
- je ne sais pas ce que tu en penses Oussou mais je crois que c'est mieux qu'elle vienne vivre avec moi. Ça ne sera pas bien vu par les voisins ou même la famille que tu vives avec une femme qui n'est pas la tienne...dit Nabou.
- tu en penses quoi ma chérie ?
Elle était d'accord avec Nabou . Déjà elle veut changer de vie c'est mieux qu'elle parte avec elle. ̈Elle ne va pas vouloir devenir une autre personne et habiter avec son petit ami.
- Je suis d'accord... répondit-elle
Elle partit alors ranger ses affaires. Ousmane la suivit. Après l'avoir aider il lui donne de l'argent.
- non j'ai pas besoin d'argent Ousmane.
- c'est juste pour quand tu aura besoin d'acheter quelque chose.
- comme quoi dis moi?
- je ne sais pas du crédit peut-être quand tu aura envie de m'appeler.
- suis sûre que tu m'appelleras chaque jour.
Il savait qu'elle ne risquait pas de prendre l'argent donc Il le mit discrètement dans son sac.
- la maison de ma sœur est sur mon chemin je passerai chaque jour après la descente.
- ce qui veut dire que je vais te manquer?
- tu me manque déjà amour. Mais tu vas te sentir bien là-bas.
- je sais.
Ousmane les accompagne jusqu'à ce qu'elles trouvent un taxi.
Il allait laisser Fatoumata quelques temps avec Nabou. Il avait la conviction de l'épouser mais avant ça fallait qu'elle se réconcilie avec sa famille. Plus tard il allait réfléchir sur comment il comptait faire pour qu'elle retourne chez elle.
Le taxi roula pendant environ 5 minutes avant de s'arrêter devant la maison.
- bienvenue à la maison ma chérie.
- merci beaucoup.
Ayant entendu la voix de sa mère, Sokhna sortit de sa chambre.
- maman tu es revenue ?
- oui. Je te présente Fatoumata
- salut Fatoumata.
- hey c'est ta tante...la réprimande sa mère.
- mais non suis surement pas plus âgé que toi... dit Fatoumata.
- elle n'a que 20 ans
- et moi 21 ans bientôt 22
Nabou était étonné.
- quoi? Moi qui pensait que tu avais entre 27 et 28. Tu as l'air tellement mature.
Elle fronça timidement les sourcils. C'est cette air qui l'a gâché la vie. Elle aurait voulu être comme toutes les jeunes de son âge mais elle était tellement différente.
Elle était élancée avec une beauté insolente qui attirait tous les hommes notamment celui qui lui sert de beau-père.
Voyant qu'elle n'avait pas l'air d'aller bien, Nabou l'emmena dans sa chambre.
- ma chérie tu ne vas pas bien. Dis-moi ce qu'il y'a.
- non tout va bien.
- sérieusement je croyais que tu étais plus âgé que ça. Je ne comprend pas pourquoi tes parents t'ont mis à la porte mais qu'importe la raison ce n'est pas normale. Donne moi leur adresse je vais parler avec eux.
- non non ne fais pas ça. Si tu veux je peux partir.
- partir? Non tu es là parce que je l'ai voulu. Je sais que mon frère t'aime et Je ferai tout pour mon frère sauf lui laisser habiter seul avec une fille. Il a beau être une belle personne mais c'est un homme avant tout. Si tu ne veux pas retourner chez tes parents c'est ton choix mais j'espère que tu vas y réfléchir. Tu peux rester ici tant que tu le voudra
- merci beaucoup.
Elle émit un ouf de soulagement quand Nabou est sortie. Elle était consciente que son secret n'en serait pas toujours un.
(..)
Depuis un mois elle vivait avec Nabou, son mari et leurs deux enfants. Elle était bien traitée par tout le monde. Comme promis, Ousmane passait chaque jour et restait plus d'une heure avec elle.
Il avait parlé à sa deuxième sœur de sa décision d'épouser Fatoumata. Tout le monde était au courant sauf cette dernière. C'est que il voulait qu'elle recolle les morceaux avec au moins sa mère.
Maguette qui n'avait pas encore eu l'opportunité de voir sa future belle-sœur a décidé d'aller chez Nabou pour la voir. Ça tombait bien parce que Ousmane aussi était là-bas.
Maguette les trouva tous dans le salon et quand son regard croisa celui de Fatoumata elle fait tomber ce qu'elle avait dans les bras.
- elle fait quoi ici? Demande-t-elle en pointant Fatoumata du doigt .
- c'est elle dont je te parlais...répondit Ousmane.
Fatoumata tremblait là où elle se trouvait. Non cette femme ne pouvait pas être la sœur de Ousmane ce n'est pas possible.
- elle? C'est elle que tu compte épouser?
- oui.
- Nabou tu te souviens de cette nuit quand on a suivi mon mari en douce ? Tu ne voulais pas entrer avec moi dans l'auberge j'y suis allé donc toute seule et j'ai trouvé mon mari en plein ébat avec cette fille.
- quoi? Tu dois faire une erreur, dit Ousmane.
- demande lui vas-y demande à cette fille. Cette fille est une pute.
Ousmane était sûr que sa sœur se trompait mais il allait quand-même la rassurer. Il se tourna alors vers Fatoumata.
- mata dit lui qu'elle se trompe.
Avant même de finir la question les larmes de Fatoumata se sont mis à couler et elle tremblait comme une feuille. Son silence suffisait largement comme réponse.
Ousmane sortit de la maison déboussolé, vide de toute raison et c'est comme ça qu'il a foncé devant un 4×4 qui roulait à vive allure et perdit la vie dans la seconde qui suivit.
À suivre...
L'ÉPOUSE DU GOUVERNEUR
Épisode : 02
On dit que la mort ne devrait pas surprendre les chrétiens mais celle de Ousmane a été un choc pour tout le monde, certains même refusent de l'admettre jusqu'à présent !
Un homme si jeune avec un avenir prometteur disparaître comme ça.
Ça était dure pour ses collègues, ses amis, sa famille mais celle qui n'a toujours pas assimilé la nouvelle c'est Fatoumata.
Déjà deux jours qu'Ousmane à été mis sous terre, et elle pleurait toujours. Elle se disait que c'était sa faute et elle n'était pas la seule. Quand ils ont appris le décès de Ousmane, Maguette n'a pas arrêté de l'insulter. Pour elle c'était de sa faute (de Fatoumata) si son frère est mort. Elle n'a même pas permis à Fatoumata de le voir une dernière fois ni de venir dans la maison de leur grand-père où se déroulait les funérailles.
Mata qui n'arrêtait pas de culpabiliser a cru bon de ne pas y aller. Elle se torturait l'esprit en se disant que si elle avait tout raconté à Ousmane il n'allait jamais mourir. Il est mort parce qu'elle l'a menti. Mais aussi elle n'aura jamais cru que son passé allait le rattraper de sitôt.
Nabou aussi a été très affecté par ce décès subite. Il ne croit toujours pas que son frère est mort pour cela elle n'a pas encore versé une seule larme. Elle espère toujours le voir et qu'il l'appelle affectueusement " mak ji". Elle espère le revoir et le serrer dans ses bras.
Elle faisait les cents pas dans la maison quand elle entendit des pleurs. Elle savait que c'était fatoumata. Cette pauvre fille ne fait que ça, pleurer.
Cela la fendait le cœur de l'entendre ainsi pleurer, elle décide d'aller la consoler.
- Fatou arrête de pleurer tu vas tomber malade ma chérie.
Dès que leur regard se croise, Nabou aussi fondît en larmes.
- arrête de pleurer fatoumata Tu me fais même pleurer.
- il est partit je ne vais plus le revoir. Pourquoi ? Pourquoi il est parti ?
Elle même se demande pourquoi il est parti et ne trouve pas de réponses.
- il est parti parce que Dieu le veut Auprès de lui c'est tout. Ce que ma soeur a dis c'est vrai? Depuis lors je ne t'ai rien demandé parce que j'ai vu que tu souffrais et je voulais pas t'en rajouter.
Elle pris son courage à deux mains et lui raconte tout. À la fin c'est Nabou qui pleurait. Elle se demandait comment un enfant pouvait supporter tous ses épreuves.
- comment as-tu fais pour survivre à tout ça?
- je ne sais même pas mais quand j'ai rencontré Ousmane j'ai eu la force de dire non à mes parents.
- tu es sûre que c'est ta mère? Parce que moi j'ai dû mal à y croire.
- il est parti en étant en colère contre moi. C'est de ma faute s'il est mort.
- non non ce n'est pas de ta faute ne te torture pas l'esprit mais je pense que tu aurai dû lui en parler dès le début. Ce n'est pas parce qu'il est mon frère que je dis ça mais Ousmane était un homme très compréhensif. Il ne jugeait jamais personne je suis sûre qu'il allait te soutenir. Il t'aimait je peux te le jurer.
- moi aussi je l'aime mais j'avais honte de lui avouer. Je suis une mauvaise personne je ne mérite même pas de vivre.
Les mots de fatoumata lui déchiquetaient le cœur. Un enfant ne devrait pas souffrir, un enfant devrait rire, pleurer pour un rien et sourire deux secondes après mais pas ça.
- tu vas rester ici tant que tu veux. Je refuse que tu retourne chez toi je refuse que tu revive ce que tu as vécu. Je vais prendre soin de toi c'est ce que aurai voulu mon frère. Personne ne va te juger ici et je ne parlerai de ça à personne.
- mais ta sœur....
- ne t'occupe pas de ça. Dieu a d'autres plans pour toi. Et je suis là pour y veiller.
- merci beaucoup vraiment.
Nabou la serre dans ses bras et fatoumata ressenti un sentiment qu'elle n'avait jamais ressenti: la sécurité.
- arrête de pleurer et sors de la chambre. Viens dehors.
- tes enfants sont pas au courant?
- non elles ne savent pas. Elles n'ont pas besoin de savoir.
- Ousmane est parti pour de vrai ? Il va plus revenir ?
Elle éclata en sanglot et hoquetait difficilement.
- j'aurai voulu partir à sa place. Moi je n'ai aucune utilité dans cette vie je n'ai personne qui tient à moi alors que lui il avait une famille aussi aimante. Ce n'est pas juste ce n'est pas juste c'est moi qui devrai mourir ce n'est pas juste.
Les sanglots engloutirent ses derniers mots et elle se couche en se pliant sur elle-même.
- s'il te plait arrête ne dis pas ça !
Nabou ne pouvait la consoler car elle-même elle pleurait. Voir Fatou pleurait était insupportable, c'était de ces genres de pleurs qui vous déchiraient le cœur, qui on sait viennent au fond du coeur. Ce genre de pleurs contagieux et qui reflétaient toute la souffrance que le cœur pouvait contenir.
Sokhna la fille de Nabou entendit les pleurs et elle prévient son père.
- à ce moment il a juste besoin que vous priez pour lui. On ne le reverra certes plus mais il sera toujours présent dans nos cœurs. Nabou c'est toi qui devait la soutenir. Si tu pleure rien n'ira bien.
Nabou essuie ses larmes et soulève Fatoumata puis elle essuie ses larmes aussi, c'était un moment très émouvant.
- venez on s'installe dehors. Dit le chef de famille en donnant la main à sa femme.
C'était un moment difficile certes mais ils allaient l'affronter ensemble.
À ce moment où leur fille était entrain de souffrir, Modou et Assy étaient entrain de préparer leur deuxième fille Astou. Contrairement à Fatoumata, Astou aimait ce qu'elle faisait. Pour elle, la vie c'est s'habiller, coucher avec des hommes, être belle ! Elle se foutait d'avoir une vie normale elle voulait juste avoir une vie remplie.
Comme avec Fatoumata, c'est son père qui l'a accompagné jusqu'à l'auberge.
- tu fais tout ce qu'il te demande et s'il te donne de l'argent c'est pour toi car il a déjà payé... Dis modou à sa fille .
- d'accord.
Elle se dirigea jusqu'à la réception et on la donne les clefs qui allaient ouvrir la chambre.
Quand elle pousse la porte, elle voit un homme âgé environ 35 ans assis sur le lit.
- où est l'autre ? Demande l'homme en question.
- elle n'est plus ici.
- j'ai payé 300 000 f pour l'avoir elle alors va la chercher.
- tu vas devoir te contenter de moi car elle ne travaille plus avec nous.
Elle se met à se déshabiller puis s'agenouille à côté du client mais ce dernier c'est levé.
- tu peux rentrer chez toi je vais appeler pour qu'on me rembourse.
Sachant qu'il n'y avait pas lieu d'insister, elle s'est rhabillé et est sorti de la chambre. Elle savait déjà que son père n'allait pas bien le prendre et elle avait raison.
- demain tu vas me trouver ta fille où qu'elle puisse se trouver, dit-il à sa femme, elle va me faire perdre beaucoup d'argents cette garce.
- comment puis-je savoir où elle se trouve.?
- je m'en fou tu la trouve c'est tout.
Fatoumata était celle que tout les hommes veulent. Modou travaillait avec plus de trente filles mais aucune d'entre elles n'est convoité à ce point.
À part la maison là où il habitait, modou avait aussi deux autres maisons remplies de filles. Ses filles à lui ne faisaient pas le trottoir, il les logeait et les protégeait contre la police en échange il avait un pourcentage très élevé. Ayant des clients même au sein de la police, il bénéficiait d'une certaine immunité.
On peut corrompre tout le monde.
Après la période de deuil restait chez ses grands-parents, maguette a décidé de régler le problème fatoumata. Fallait que cette personne sorte de leur vie. Elle ne comprenait même pas pourquoi sa sœur l'héberge.
- tu vas chez ta sœur? Lui demande son mari.
- oui.
- tu veux que je te dépose ?
- non.
Elle ne voulait surtout pas que son mari voit cette fille. Maguette aimait beaucoup son mari mais ce dernier était le plus infidèle des hommes ! Il aime sa femme mais il voulait toujours plus. La voyant arriver , Nabou savait ce que sa sœur voulait la dire donc elle lui fait entrer dans sa chambre.
- yaw Nabou tout va bien dans ta tête? Comment peux-tu héberger une prostituée? Celle qui a provoqué la mort de ton frère ?
- Ousmane est décédé parce-que c'est Dieu qui l'a voulu ainsi mais si on doit chercher un coupable c'est toi.
- moi?
- en premier tu n'as pas respecté ton mari. Tu n'as pas honte de dire devant ton petit frère que tu as vu ton mari avec une fille?
- une pute.
- qu'importe. Si les enfants étaient là ? S'ils t'avaient entendu ? En plus ce n'était pas à toi de le dire à Ousmane. C'est de ta faute s'il est sorti de la maison et que cette voiture l'a renversé. Tu n'avais aucunement le droit de déballer tout ceci.
- tu voulais peut-être que je me taise ?
- je voulais que tu te comporte avec maturité comme la grande sœur que tu es. Tu as détruit la vie de ton frère cette fille n'est qu'une victime dans l'histoire.
- tu comptes la laisser ici ?
- elle va resté ici.
- tu es folle ou quoi ? Tu n'as que des filles et tu laisse cette fille avec elles ? Tu veux qu'elle les dètourne ou quoi? Et ton mari ? Tu veux qu'elle te vole ton mari ?
- désolé de te dire ça mais ton mari n'est pas comme le mien. Tout le monde sait que ton mari saute sur tout ce qui bouge alors ne le compare pas avec le mien.
- ha oui parce que ton mari est un saint ?
- moi j'ai confiance à mon mari et tout ce que tu diras ne pourra pas m'inciter à chasser cette fille. Elle restera ici je ne demande pas ton avis.
- tu joues avec le feu seynabou. Je t'aurai prévenu.
- merci.
- bien.
Ne réussissant pas à convaincre sa soeur elle décide de rentrer. Au moment où elle passait la porte qui menait à la cour, elle décide de faire un tour dans la chambre de Fatoumata. Cette dernière s'est levée dès qu'elle la vue entrée
- sache une chose, je vais te pourrir la vie. Tu vas souffrir en un point que tu décideras de partir par toi-même. Tu ne resteras pas ici trop longtemps espèce de pétasse. Bientôt tu auras de mes nouvelles.
À suivre...
L'ÉPOUSE DU GOUVERNEUR
Épisode 3
C'est toujours difficile de reprendre le cours de la vie après avoir perdu un être cher. Parfois on aurait voulu aller au ciel et embrasser les êtres qu'on a perdu.
Même si elle avait arrêté de pleurer, Fatoumata n'arrivait toujours pas à oublier Ousmane. Son premier amour et sûrement son seul amour !
Elle se repliait sur elle même chaque jour de plus en plus. Elle n'a jamais eu goût à la vie car sa vie ne lui avait jamais appartenu. Elle n'avait jamais eu son mot à dire en ce qui concerne sa vie. Toutes les décisions étaient prises par son beau-père. Et sa mère , elle ne s'est jamais senti aimée, ni en sécurité.
Si Nabou se comporte comme un ange avec elle, maguette n'arrêtait pas de la pourrir la vie. Elle essayait de rester calme et de ne pas répondre. Ce silence mettait en rogne maguette. Tout ce qu'elle voulait c'était que cette fille sorte de leu Vier. Elle savait que sa sœur n'allait rien faire et elle s'est vu obligé de le faire elle-même pour " protéger sa famille " ou plutôt "son mariage".
Elle était entrain de chercher le moyen le plus efficace pour y arriver même si sa sœur aller en souffrir.
Pour rendre service et ainsi remercier sa bienfaitrice, fatoumata s'impliquait dans les travaux de la maison. Elle aidait parfois sokhna à faire le ménage ou à cuisiner.
On ne l'a jamais appris à faire les travaux domestiques mais on peut pas lui en vouloir vu que ses parents étaient occupé à lui apprendre autre chose. Avec eux c'était jamais question que leurs enfants allaient se marier un jour. Leur soucis a toujours été comment gagner plus d'argent. Ça leur importait peut de gâcher la vie de leurs filles.
Sokhna avait des courses à faire au marché, elle a alors proposé à Fatoumata de l'accompagner. Leur maison n'était pas vraiment loin du marché elles ont donc décidé de marcher.
Elles étaient entrain de traverser la route quand une voiture s'est arrêté.
- je vous dépose ? Demande la personne dans la voiture
- non merci... Répondit Fatoumata.
La voiture s'avance de plus près d'elles.
- je te reconnais toi... Fatoumata n'est-ce-pas?
- non vous devez faire erreur.
- non suis sûr que je t'ai déjà vu.
- si elle dit qu'elle ne vous connait c'est parce qu'elle ne vous connait pas. Lance sokhna en prenant la main de Fatoumata.
Elles ont hâté le pas et ont changé de trottoir.
Fatoumata savait très bien qui était cet homme, elle l'avait déjà vu deux ou trois fois.
- tu es silencieuse. Tu le connais?
- non, il a sûrement fait une erreur.
- il t'a pourtant appelé par ton prénom ?
- il y'a plusieurs Fatoumata ici.
Voyant que ses questions dérangeaient, sokhna a préféré ne plus en poser.
Mata se promit de ne plus jamais sortir de la maison. Son passé n'était pas prêt de la laisser tranquille. elle avait penser à changer de ville comme ça peut-être on va l'oublier.
Mais elle ne connaissait personne dans les autres villes. Elle ne connaissait aucune autre famille que sa mère donc elle ne savait certainement pas qui pouvait bien l'aider.
Quand Nabou revint du travail elle le prend à part pour discuter avec elle.
- je sais que tu as beaucoup fait pour moi mais j'ai un dernier service à te demander.
- dis-moi ma petite.
- je voudrai quitter la ville, trouver un travail ailleurs. Je veux changer d'environnement. Ici j'ai l'impression que tout le monde me rappelle mon passé.
- tu veux travailler ? Tu sais faire quelques choses ? Tu as arrêté à quel niveau tes études ?
- en terminal mais je n'ai fais qu'un trimestre mon beau-père m'a forcé à arrêter mais je peux être même femme de ménages je veux juste quitter ici.
- tu crois que c'est judicieux de laisser une jeune fille dans une ville où elle connait rien c'est pas sûre.
- je ne ferai rien de mal je te jure que je ne retournerai jamais à ce que je faisais avant.
- je sais . je sais mais même si t'es parents t-ont donné très vite des responsabilités très lourdes sache que tu es encore une petite fille. Et je ne veux pas que tu partes seule. J'ai confiance à toi mais pas aux hommes ma chérie. Je te vois comme sokhna et Diarra. Tu n'as pas besoin de travailler tu dois continuer tes études et je vais voir comment t'inscrire l'année prochaine dans mon école.
Ne sachant pas quoi lui répondre fatoumata s'est logé dans ses bras.
- j'aurai voulu que tu sois ma mère.
- fais comme si je l'étais. Si tu as besoin de quelques choses quoi que ce soit tu m'en parlé. Si tu le fais pas je vais pas te pardonner.
- pourquoitu fais tout ça pour moi ?
- je sais à quel point tu comptais pour mon frère et ainsi j'ai l'impression qu'il est toujours avec nous. N'oublie pas qu'il m'avait dis de prendre soin de toi.
- il me parlait toujours du bien de toi.
- tu sais les gens croyaient même qu'il était mon fils. Ma mère est morte en nous le laissant et il n'a connu aucune autre mère que nous. Maguette a même arrêté ses études pour prendre soin de lui. Ma soeur n'est pas une mauvaise personne mais Ousmane était très cher pour elle. Elle aurait donné sa vie pour lui et c'est pour cela qu'elle t'en veux mais ça passera tu verra elle va te pardonner.
Fatoumata ne croyait pas qu'elle aller la pardonner. La dernière fois elle a promis de lui faire vivre l'enfer et ça lui fais peur et depuis lors elle est aux aguets.
Après cette petite discussion, fatoumata est retourné au salon où se trouvait sokhna.
Un quart d'heure plus tard, Adama, le mari de Nabou est rentré du bureau.
- j'ai quelque chose pour toi... Dit-il à fatoumata.
- moi ?
- oui.
Il sortit de son sac un petit livre et le tendit à fatoumata qui y lu " lakhdari".
- c'est pour que tu apprenne comment prier et d'autres choses dont je suis sûre que tu aura honte de demander.
- merci beaucoup.
- n'oublie pas les épreuves servent à mesurer notre foi. À chaque fois qu'il t'arrive de t'égarer et de douter dis toi que Dieu veille sur toi.
- d'accord merci.
- ça vaut aussi pour toi sokhna
- d'accord papa.
- bien.
Maguette avait appelé la plus jeune fille de sa soeur, Diarra. Celle-ci est venu très vite comme on l'avait demandé.
- alors ma chérie comment tu vas?
- je vais bien Tata.
- tu sais pourquoi je t'ai appelé ?.
- non.
- je t'ai appelé pour te parler de fatoumata elle est toujours chez vous ?
- oui elle est très gentille.
- détrompe toi c'est la pire des personnes.
- comment ça?
- tu sais pourquoi ton oncle est mort ?
- il a fait un accident.
- mais sais-tu pourquoi il est sorti de chez vous comme ça ? C'est parce qu'il a appris que en réalité fatoumata était une pute.
- quoi ? Elle ?
- oui elle se prostitue. Tu ne t'es pas demandé pourquoi elle est chez vous au lieu d'être chez elle? Elle était venu pour profiter de ton oncle et maintenant sais-tu sur qui elle jette ses griffes ? Sur ton père
- mon père ?
- tu n'as pas remarqué qu'elle était proche avec ton père ?
- c'est vrai que parfois mon père lui donne des cours de coran.
- c'est une diablesse elle n'a aucun intérêt à savoir ce qui se trouve dans le coran. Ce qu'elle veut c'est extorqué de l'argent à ton père.
- pourquoi ma mère la laisse à la maison alors ?
- parce-que ta mère est aveugle. Et il faut qu'on fasse quelques choses sinon vous allez perdre votre père.
- non je ne peux pas la laisser faire.
- bien sur j'ai un plan.
Elle savait que Diarra était naïve alors elle se met à la bourrer la crâne et c'est après la confection d'un plan infaillible qu'elle est sortit de la maison. Elle se prenait déjà pour celle qui va sauver le mariage de ses parents.
Mata était dans sa chambre, couché quand Diarra entra.
- je peux te demander quelque chose mata ?
- bien sur ma chérie
- je peux te prendre en photo ?
- tu veux que je me lève ou bien ?
- non tu peux rester coucher c'est parfait.
Elle se met à prendre plusieurs clichés de fatoumata.
- tu es très belle.
- pas plus que toi.
Elle sortit laissant fatoumata un peu perplexe, pourquoi Diarra voulait des photos d'elle? Elle se rendit compte qu'elle n'était même pas décemment habillé.
Après le dîner fatoumata et Adama se sont posé sur la table pour étudier. Depuis une semaine il lui enseigne quelques sourates pour la prière.
Quand Diarra les vue, elle se rappelle de ce que sa tante l'avait dis. Et elle les regardait différemment que d'habitude. Elle ne pouvait laisser cette fille détruire la relation qu'il y a entre ses parents.
Pour avoir l'œil sur eux, elle a pris une chaise et les à rejoint.
- papa moi aussi tu peux m'enseigner la même chose?
- bien-sûr laisse-moi finir avec fatoumata je m'occupe de toi. Ou tu attend demain.
- pourquoi pas maintenant?
- parce-que je suis occupé avec elle et je vais me coucher après donc attend demain dans la matinée.
Pourquoi son père privilégieait cette fille? Ça ne l'avait pas dérangé auparavant mais depuis que sa tante lui a mis ça dans la tête elle ne peut ne pas y penser.
Elle finît par les laisser là et se poser devant la télé mais même ainsi elle avait un œil sur eux.
Le lendemain comme toujours fatoumata s'est mis à faire le ménage. Elle balayait tandis-que sokhna passait la serpillère. Quand elles ont fini Diarra a dis à mata de l'accompagner au marché. Elle ne voulait pas sortir de la maison mais elle n'a pas voulu dire non à cette famille qui l'aide
Elle marchait devant et ne se rendait même pas compte que Diarra la prenait en photo. Chaque pas ou mouvement qu'elle faisait Diarra prenait une photo.
Ce jour-là maguette est venu passer la journée chez sa soeur. De leur retour au marché fatoumata l'a trouvé là-bas, elle la tendit la main mais maguette à fais comme si elle ne l'avait pas vu.
- maguette répond à fatoumata elle te salut....lui dis Nabou
- je ne parle pas au catin moi.
Fatoumata a fait comme si elle n'avait pas entendu et s'est affèré à la préparation du repas. C'est ici qu'elle a appris comment s'occuper d'une maison et maintenant elle savait bien le faire.
Elle avait remarqué les regards que lui lançait maguette et si c'était des revolvers elle serait déjà morte.
Quand elle avait fini de préparer le repas, elle a appelé Nabou pour qu'elle serve.
Quand le plat a été posé, tout le monde s'est approché sauf maguette.
- tu viens pas Tata ? Lui demande Diarra.
- non si tu as fini tu peux venir quelque chose à manger.
- pourquoi tu mange pas? Questionne Adama.
- ce que vous mangez est rempli de " sobbé" vu que c'est préparé par une prostituée.
Tout le monde a levé la tête vers maguette. Sa soeur lui lançait un regard plein de reproches alors que fatoumata étouffait ses sanglots.
- je voudrai que tu contrôle ce que tu dis devant mes enfants... Lui dît Adama
- si tu pensais à tes enfants tu n'allais pas laisser cette fille chez toi.
- tu as tout dit c'est chez moi alors j'y garde qui je veux. Et arrête d'insulter fatoumata sous mon toit.
- j'espère qu'elle ne va pas emmener ses clients ici.
Quand elle a entendu cela, mata voulait se lever mais ses jambes ne répondaient pas.
- Diarra répète à tes parents ce que tu m'avais dit.
Diarra fait comme si elle avait peur ou qu'elle ne voulait pas parler.
- n'ai pas peur peur dis-moi.. Reprit-elle.
- quand on allait au marché c'est un homme qui nous a déposé et je les ai entendu parler l'homme lui a dis de le trouver chez Aïda et elle a dit oui.
Cette fois-ci celle qui ne pouvait plus rien dire c'était Nabou car c'est exactement dans cet auberge qu'elles avaient retrouvé le mari de maguette avec Fatoumata. Cette dernière était choquée par les propos de Diarra et la pauvre elle n'a même pas pu se défendre.
Elle venait de se rendre compte que sa place n'était pas dans cette maison, qu'elle n'avait pas le droit d'avoir une famille, que tout simplement elle n'avait pas le droit d'être heureuse.
À suivre ...