La pluie battante martelait les vitres de l'autocar, une cadence monotone qui semblait souligner le tumulte dans l'esprit d'Alessia. Elle fixait le paysage qui défilait derrière la buée formée sur la vitre, un mélange de gris et de vert sous un ciel menaçant. Elle avait quitté sa ville natale au petit matin, abandonnant derrière elle des rues familières et des visages désormais étrangers. Sa décision, bien que mûrement réfléchie, portait le goût amer de l'amertume et de la trahison.
La dispute avec sa famille quelques heures auparavant résonnait encore dans sa tête, chaque mot, chaque accusation, comme une lame qui s'enfonçait un peu plus profondément.
« Tu es égoïste, Alessia, totalement ingrate ! » avait crié sa mère, son visage rougi par la colère.
« Peut-être, mais au moins, je ne passerai plus ma vie à essayer de satisfaire vos attentes impossibles, » avait-elle rétorqué, sa voix tremblante de rage contenue.
Son père, assis dans son fauteuil en cuir usé, n'avait rien dit. Comme toujours. Son silence, cette arme si subtile et pourtant si brutale, pesait plus lourd que toutes les invectives de sa mère. C'était ce silence qui avait creusé le fossé entre eux au fil des années, un abîme qu'aucun mot n'aurait pu combler.
Quand elle avait claqué la porte de la maison familiale, son cœur battait à tout rompre, non pas de peur, mais d'une étrange exaltation mêlée d'angoisse. Elle venait de brûler les ponts, et pourtant, un vent de liberté soufflait déjà dans son esprit. Elle n'était plus Alessia Ford, la fille docile et toujours prête à plier. Elle devenait quelque chose d'autre, quelqu'un d'autre.
Son arrivée dans la ville se fit sous une pluie torrentielle, comme un baptême chaotique dans ce nouveau chapitre de sa vie. Elle s'était réfugiée dans un petit café pour feuilleter les documents de son entretien prévu le lendemain. L'empire financier de Nathan Drake. Rien que le nom imposait un certain respect. Nathan Drake, le magnat au charme glacial, dont la réputation de requin des affaires faisait frissonner même les plus audacieux. Elle n'avait jamais vu une seule photo de lui dans les médias ; il était aussi discret qu'il était influent. Ce mystère l'intriguait autant qu'il l'intimidait.
Elle avait décroché cet entretien grâce à son dossier impeccable, mais aussi, elle le savait, grâce à un mélange de chance et de culot. Les candidatures pour un poste dans cette entreprise étaient nombreuses, et les rumeurs disaient que Nathan Drake choisissait lui-même les finalistes. Pourquoi avait-il retenu son nom ? Une question qui resterait sans réponse, du moins pour le moment.
Le lendemain, vêtue de son tailleur gris soigneusement repassé, Alessia pénétra dans le hall du Drake Building. Tout dans cet endroit respirait la richesse et le pouvoir. Les colonnes de marbre immaculées, les lustres scintillants, les employés en costume parfaitement taillé... Elle se sentit soudain bien petite, comme une intruse dans un monde qui n'était pas le sien.
À l'accueil, une femme à la beauté froide la guida vers un ascenseur, lui donnant à peine un regard. Alessia sentit ses mains moites contre son porte-documents, mais elle releva la tête, décidée à ne montrer aucune faiblesse.
Les portes de l'ascenseur s'ouvrirent au 37e étage, et elle fut immédiatement accueillie par un assistant qui lui demanda de patienter dans une salle de réunion. Les minutes s'écoulèrent, chaque seconde alourdissant un peu plus l'atmosphère déjà tendue. Puis, la porte s'ouvrit, et il entra.
Nathan Drake.
Il n'était pas du tout ce qu'elle avait imaginé. Elle s'était attendue à un homme plus âgé, peut-être légèrement bedonnant, avec ce genre de suffisance qu'arborent souvent ceux qui ont trop de pouvoir. Mais Nathan Drake était tout le contraire. Grand, élancé, vêtu d'un costume noir parfaitement ajusté, il dégageait une aura presque oppressante. Ses yeux gris perçaient comme une lame, froids et calculateurs, mais brillants d'une intelligence redoutable. Son visage, bien que sévère, avait une beauté qui aurait pu appartenir à une sculpture antique.
Il s'assit en face d'elle sans un mot, ouvrant un dossier qu'il parcourut rapidement du regard. Le silence qui s'ensuivit était presque insoutenable, mais Alessia refusait de détourner les yeux.
« Mademoiselle Ford, » finit-il par dire, sa voix grave résonnant dans la pièce comme un murmure d'orage.
Elle hocha légèrement la tête, incapable de prononcer un mot.
« Votre dossier est impressionnant, » poursuivit-il, levant enfin les yeux pour croiser les siens. « Mais cela soulève une question. Pourquoi vous ? Pourquoi ici ? »
Son ton était neutre, presque désintéressé, mais il y avait une pointe de défi dans son regard.
Alessia prit une profonde inspiration, essayant de contrôler les battements frénétiques de son cœur.
« Parce que je suis capable, » répondit-elle, sa voix étonnamment ferme malgré la tension.
Un sourire fugace apparut sur les lèvres de Nathan, un sourire qui n'atteignait pas ses yeux.
« Capable, dites-vous ? » murmura-t-il, penché légèrement en avant.
La conversation continua, chaque mot un duel subtil, chaque question un test qu'Alessia s'efforçait de passer. Mais il y avait autre chose, quelque chose qu'elle ne pouvait pas nommer. Une tension électrique, un courant qui semblait circuler entre eux, invisible mais indéniable.
À un moment, Nathan se leva brusquement, contournant la table pour s'approcher d'elle.
« Savez-vous ce que cela signifie de travailler pour moi, Mademoiselle Ford ? » demanda-t-il, son ton bas et presque intimidant.
Alessia se redressa instinctivement, refusant de céder sous la pression.
« Cela signifie que je devrai être meilleure que tout le monde, » répondit-elle, son regard planté dans le sien.
Il la fixa pendant ce qui sembla une éternité, puis hocha lentement la tête.
« Vous commencez lundi. Ne soyez pas en retard. »
Et tout aussi brusquement qu'il était entré, il quitta la pièce, la laissant seule avec ses pensées.
En sortant du bâtiment, Alessia sentit un mélange étrange de triomphe et d'appréhension. Elle avait obtenu le poste, mais à quel prix ? Nathan Drake n'était pas un homme ordinaire, et travailler sous ses ordres serait tout sauf une expérience ordinaire.
La pluie avait cessé, mais le ciel restait chargé de nuages sombres, comme un présage de ce qui l'attendait. Et pourtant, malgré tout, elle ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine excitation. Un nouveau départ, un nouveau défi. La jungle l'attendait, et elle était prête à en découdre.
Les murs de verre du Drake Building renvoyaient une lueur froide sous le ciel encore chargé de nuages. Alessia avait passé une nuit blanche, l'esprit assailli de questions, d'angoisses, et d'une étrange euphorie. L'entretien de la veille l'avait laissée avec un goût d'électricité sur la langue, comme si un orage s'était abattu en plein milieu de sa vie et avait laissé derrière lui une nouvelle énergie, brutale, mais fascinante.
Nathan Drake. Même son nom semblait taillé pour commander le monde. Et cet homme l'avait engagée, à elle, Alessia Ford, une jeune femme qui n'avait rien de plus que ses idées et une ambition entêtée. Mais pourquoi ? Une partie d'elle voulait croire que c'était simplement pour son talent. Une autre partie, plus cynique, murmurait qu'il avait vu en elle un défi, un jeu à explorer.
Lorsqu'elle entra dans la salle de conférence ce matin-là, une trentaine de paires d'yeux se tournèrent vers elle. Tous ces hommes et femmes en tailleurs impeccables semblaient sculptés dans le même bloc de glace. Aucun sourire, aucun signe de bienvenue, juste un intérêt distant, presque condescendant.
Elle serra les dents, ajusta son tailleur crème et se dirigea vers la table centrale où Nathan siégeait déjà, comme un roi dans son royaume. Il ne leva pas les yeux immédiatement, feignant d'être absorbé par un dossier devant lui. Mais elle sentait qu'il savait exactement où elle se trouvait, chaque mouvement, chaque souffle.
« Vous êtes pile à l'heure, » finit-il par dire, sa voix résonnant comme un glas dans la pièce silencieuse.
Alessia ne répondit pas, préférant attendre son signal. Ce n'était pas par soumission, mais par stratégie. Nathan était un homme qui calculait tout, et elle devait jouer ses cartes avec précaution.
« Très bien. Montrez-moi ce que vous avez préparé, » dit-il finalement, sans daigner lever les yeux.
Elle connecta son ordinateur au projecteur, ses mains tremblant légèrement alors qu'elle faisait défiler les premières diapositives. La présentation qu'elle avait préparée en urgence portait sur une stratégie de diversification pour l'une des branches de l'entreprise. C'était risqué. Trop audacieux, probablement. Mais elle savait qu'un simple rapport poli et conforme n'impressionnerait pas Nathan. Il fallait de l'impact.
Elle commença à parler, sa voix claire mais ferme, ses mots soigneusement choisis, chaque phrase pensée pour capturer l'attention. Elle s'attarda sur les détails, enchaînant statistiques, graphiques et propositions innovantes. Plus elle avançait, plus elle sentait la tension dans la salle. Certains des cadres présents échangeaient des regards sceptiques, voire hostiles. Mais Nathan, lui, restait impassible, ses yeux gris fixés sur elle avec une intensité qui la faisait presque vaciller.
« Intéressant, » finit-il par murmurer lorsqu'elle termina.
Ce mot, si court, fit l'effet d'une bombe dans la salle. Alessia sentit une vague de soulagement mêlée d'exaltation. Mais le regard de Nathan ne la lâchait pas, comme s'il cherchait à déchiffrer quelque chose au-delà de ses mots.
« Et si cela échoue ? » demanda-t-il, son ton plus incisif.
Elle soutint son regard, refusant de reculer.
« Alors cela échoue. Mais ce serait un échec calculé, avec des pertes minimales et des enseignements précieux. Rester immobile, en revanche, est une perte certaine. »
Un silence lourd s'installa. Puis, contre toute attente, Nathan esquissa un sourire, fugace mais réel.
« Vous avez du cran, Mademoiselle Ford. »
Le reste de la journée se déroula comme dans un rêve, ou peut-être un cauchemar, selon la perspective. Nathan l'introduisit officiellement à son équipe, bien que la plupart des cadres semblaient réticents à accepter sa présence. Certains d'entre eux, manifestement plus âgés et expérimentés, ne se cachaient pas pour exprimer leur scepticisme.
Dans l'après-midi, Nathan organisa une réunion privée avec elle, prétextant vouloir discuter plus en détail de ses idées. Mais il devint rapidement clair que son intention était tout autre.
« Vous n'avez pas peur de moi, n'est-ce pas ? » demanda-t-il, son ton presque moqueur alors qu'il l'observait depuis son fauteuil de cuir noir.
Alessia haussa un sourcil, hésitant entre rire et se sentir insultée.
« Pourquoi devrais-je avoir peur ? » répliqua-t-elle, son ton léger mais défiant.
Il se pencha légèrement en avant, ses doigts croisés sous son menton.
« Parce que je ne joue jamais à moitié, Alessia. Ceux qui entrent dans mon monde finissent soit par en sortir plus forts, soit par être détruits. »
Une étrange chaleur monta le long de sa colonne vertébrale. Était-ce une menace ? Une mise en garde ? Ou simplement une déclaration brutale de vérité ?
Elle ne baissa pas les yeux.
« Alors, il vaut mieux que je devienne plus forte. »
Leurs regards s'affrontèrent, une danse silencieuse mais intense. Nathan finit par se lever, brisant la tension.
« Vous êtes engagée, mais sachez que cela ne signifie pas que vous êtes en sécurité ici. »
Le mystère qui entourait cet homme devenait presque suffocant. Alessia quitta son bureau avec un mélange de triomphe et de confusion. Qu'attendait-il vraiment d'elle ?
Les jours suivants furent un tourbillon de tâches exigeantes et de tests subtils. Nathan semblait se plaire à la pousser dans ses retranchements, lui confiant des missions impossibles et observant comment elle s'en sortait. Mais derrière ses défis, il y avait autre chose, un intérêt qu'il dissimulait à peine.
Un soir, alors qu'elle travaillait tard dans son bureau, il entra sans prévenir.
« Vous êtes persévérante, » dit-il en s'appuyant contre la porte.
Elle releva la tête, surprise mais pas intimidée.
« Ou simplement têtue, » répliqua-t-elle avec un sourire en coin.
Il s'approcha, lentement, son regard fixé sur elle comme s'il cherchait à lire ses pensées.
« Vous savez, Alessia, » murmura-t-il, sa voix plus basse, presque intime, « les gens comme vous sont rares. Ceux qui osent défier les attentes, même dans un monde qui veut les écraser. »
Son cœur battait à tout rompre, mais elle ne montra rien.
« Et vous, Monsieur Drake ? » demanda-t-elle doucement. « Qu'est-ce qui vous pousse à tester les autres de cette façon ? »
Il la fixa, son expression indéchiffrable, puis esquissa un sourire énigmatique.
« Peut-être que je cherche quelque chose que je n'ai pas encore trouvé. »
Et sur ces mots, il tourna les talons, la laissant seule avec ses pensées et une tension palpable dans l'air.
Ce n'était que le début, mais Alessia savait déjà que cette relation, aussi professionnelle soit-elle, ne serait jamais simple. Nathan Drake jouait à un jeu, et elle venait d'être invitée à y participer, qu'elle le veuille ou non.
La lumière filtrée par les stores du bureau projetait des lignes d'ombre sur les murs, dessinant un motif qui ressemblait étrangement à une cage. Alessia, assise à son bureau, tapait frénétiquement sur son clavier, essayant d'ignorer les regards furtifs de ses collègues. Depuis son arrivée, une tension invisible s'était installée dans l'air, une sorte de murmure collectif qu'elle sentait plus qu'elle n'entendait.
Les bureaux du Drake Building étaient un labyrinthe de verre et d'acier, chaque espace soigneusement conçu pour inspirer à la fois admiration et intimidation. Mais Alessia avait rapidement compris que ce n'étaient pas les murs qui effrayaient le plus : c'étaient les gens. Chaque sourire cachait une lame, chaque compliment un venin.
Elle l'avait ressenti dès le premier jour, mais ce matin-là, la sensation était plus oppressante. Lorsqu'elle s'était rendue à la machine à café, une conversation s'était interrompue brusquement. Deux femmes, élégantes et impeccablement coiffées, avaient échangé un regard avant de s'éloigner, leurs talons claquant sur le sol comme des coups de marteau.
- Elles n'aiment pas beaucoup les nouvelles venues, murmura une voix à côté d'elle.
Alessia se retourna pour découvrir un jeune homme, probablement dans la trentaine, avec des lunettes carrées et un sourire timide.
- Je m'appelle Marc, ajouta-t-il en tendant une main hésitante. Je travaille au service juridique.
Elle serra sa main, reconnaissante de ce bref instant de normalité.
- Alessia, répondit-elle avec un sourire sincère.
- Je sais, dit-il en baissant les yeux, presque gêné. Tout le monde parle de vous.
Elle arqua un sourcil, intriguée.
- Vraiment ? Et que disent-ils ?
Marc hésita, jetant un coup d'œil autour de lui comme s'il craignait d'être entendu.
- Que vous avez impressionné Monsieur Drake. Ce n'est pas... courant, pour quelqu'un qui vient juste d'arriver.
Alessia sentit une pointe de satisfaction mêlée à une vague de méfiance.
- Et ça pose problème ?
Marc haussa les épaules.
- Vous savez comment sont les gens ici. Ils n'aiment pas les surprises.
Elle le remercia d'un simple hochement de tête avant de retourner à son bureau, mais ses paroles restèrent gravées dans son esprit. Les regards furtifs, les murmures à peine étouffés, tout prenait soudain un sens plus clair.
L'après-midi, alors qu'elle révisait un dossier complexe, une femme entra dans son bureau sans frapper. Grande, brune, avec des yeux perçants et un parfum suffocant qui emplissait l'air, elle s'avança comme si elle possédait l'endroit.
- Vous êtes Alessia, n'est-ce pas ? demanda-t-elle d'un ton qui n'invitait pas à la conversation.
- Oui, répondit Alessia, en essayant de masquer son agacement. Et vous êtes ?
- Vanessa, répondit-elle en s'asseyant sans y être invitée.
Vanessa. Le nom résonnait comme une menace voilée.
- Je suis une... proche collaboratrice de Nathan, ajouta-t-elle, en insistant sur le prénom comme pour marquer une certaine familiarité.
Alessia se contenta de hocher la tête, attendant que Vanessa dévoile enfin la raison de sa visite.
- Je voulais juste vous donner un conseil, dit-elle en croisant les jambes avec une élégance calculée. Ici, les gens qui montent trop vite finissent souvent par tomber très bas.
Le message était clair.
- Merci pour le conseil, répondit Alessia avec un sourire poli mais glacé. Je tâcherai de m'en souvenir.
Vanessa la fixa pendant un long moment, comme si elle évaluait la solidité de ses défenses. Puis elle se leva, ajusta son tailleur et se dirigea vers la porte.
- Oh, une dernière chose, ajouta-t-elle en se retournant. Nathan est un homme très... exigeant. Ne vous laissez pas distraire.
Alessia la regarda partir, ses talons résonnant comme un glas. Le souffle court, elle sentit la colère monter en elle. Qui était-elle pour venir la menacer de cette manière ?
Plus tard dans la journée, alors qu'elle essayait de se concentrer à nouveau sur son travail, un message s'afficha sur son écran : *« Passez dans mon bureau à 18h. ND. »*
Les lettres, froides et impersonnelles, lui firent l'effet d'un coup de poing. Nathan Drake n'envoyait pas de messages inutiles.
Elle passa le reste de l'après-midi à se demander ce qu'il voulait. Était-ce une énième épreuve ? Un avertissement ?
À 18h précises, elle frappa à la porte de son bureau.
- Entrez, répondit-il d'un ton neutre.
Il était assis derrière son immense bureau en acajou, un verre de whisky à la main. L'atmosphère était différente, presque intime, comme si les règles strictes du bureau s'étaient assouplies.
- Asseyez-vous, dit-il en lui désignant un fauteuil face à lui.
Elle obéit, essayant de masquer son trouble.
- J'ai une proposition à vous faire, dit-il après un long silence.
Elle attendit, son cœur battant à tout rompre.
- Il y a un gala d'affaires demain soir. Vous m'accompagnerez.
Elle le regarda, surprise.
- Pourquoi moi ? demanda-t-elle, méfiante.
Il esquissa un sourire, cette expression énigmatique qui la rendait folle.
- Parce que vous êtes nouvelle, et que votre présence éveillera la curiosité. C'est une bonne stratégie.
Elle sentit une pointe d'amusement mêlée à de l'irritation. Bien sûr, tout était toujours une stratégie avec lui.
- Très bien, répondit-elle, en essayant de masquer son appréhension.
Il se leva, contournant le bureau pour s'approcher d'elle.
- Une dernière chose, ajouta-t-il en se penchant légèrement, son regard perçant fixé sur elle. Ce n'est pas juste un gala. C'est un test. Soyez prête.
Elle quitta son bureau avec un mélange de colère et d'excitation. Le jeu de Nathan devenait de plus en plus intrigant, et elle savait qu'elle n'avait pas encore vu le pire. Mais une chose était sûre : elle n'allait pas se laisser écraser. Pas cette fois.