Prologue
Point de vue Mia
BIP ! BIP ! BIP !
Je me tourne dans mon lit en essayant de me boucher les oreilles. Après quelques secondes, je finis par capituler et sortir ma main du lit pour éteindre le réveil. J'ouvre les yeux pour regarder l'heure : 6 h 30.
Après ma mission d'hier, jamais je n'aurais cru devoir me lever aussi tôt. C'était même censé être mon jour de repos. Je me redresse du lit. Les courbatures présentes dans mon corps se réveillent à leur tour, m'arrachant une grimace.
Ils ont intérêt à avoir une très bonne raison pour m'avoir demandé de me lever à cette heure-là et aujourd'hui.
J'enlève la couverture et je me redresse. Je me lève et mes pieds se prennent dans la couverture, je m'étale au sol, telle une crêpe dans un bruit d'enfer. La porte de ma chambre claque et le visage inquiet de ma mère fait son apparition.
« Mia... » dit-elle d'un air blasé.
« Ne dis rien, s'il te plaît... » la suppliais-je du regard.
Elle lève les mains au ciel en signe de capitulation et me tend sa main. Je l'attrape à la hâte. Cette chute ne facilite pas la guérison de mes blessures de la veille que je tente de cacher à ma mère. Une fois levée, je me débarrasse de la couette et la dépose sur mon lit en sentant le regard de ma mère peser sur moi. Je me tourne vers elle avec un regard interrogateur.
« Au fait, qu'est-ce que tu fais levée à cette heure ? » lui demandais-je intriguée.
« Bah, je ne voulais pas te laisser te lever seule », dit-elle à voix basse...
« Oh, maman ! »
Je la prends dans mes bras. Elle me sourit, mais je vois que quelque chose la tracasse.
« Il y a un problème ? » lui demandais-je.
« Tu es sûre de vouloir y aller à cette heure-là ? Tu étais épuisée hier... » dit-elle en soupirant.
Je la prends dans mes bras en la serrant doucement. Elle me serre fort dans ses bras. Je me mords la lèvre pour ne pas crier. Je me décale d'elle avec un sourire forcé.
Ma mère pense que je travaille dans une entreprise de mode. Tout ce qu'il y a de plus normal. Sauf que la vérité, je travaille dans une entreprise certes, mais c'est une entreprise qui gère des problèmes d'une autre dimension. Êtres magiques, créatures fantastiques. Voilà ma vie !
Eh oui, il existe un monde magique dans lequel vivent toutes créatures surnaturelles. Il existe plusieurs entreprises magiques comme dans celle où je travaille, mais la nôtre est la plus populaire. Chaque entreprise est différente. Il nous est déjà arrivé de collaborer. Notre mission est de faire régner la loi. C'est un peu comme la police ou les militaires, mais en plus violent.
Ma mère connaît l'existence de ce monde, mon père en fait partie, mais ils ont dû se séparer. Je n'en connais pas réellement la raison, mais je sais que ça a été douloureux pour ma mère. Elle ne voulait pas m'en parler et n'a jamais voulu que je fasse partie de ce monde. Mais elle n'a jamais compris que je ne faisais pas partie du sien. Chaque jour, je lui mens. C'est très dur, mais je dois la protéger.
Elle ne voudrait pas que sa fille unique risque sa vie. Ce que je peux comprendre. Elle a essayé de me cacher ce monde, mais malheureusement pour elle mes pouvoirs se sont déclenchés et j'ai rencontré mon père. Enfin, mon père m'a retrouvée. Il m'a appris à les contrôler et à les cacher. Mes pouvoirs sont assez étranges, je peux expulser des personnes, je contrôle les 4 éléments et je peux faire apparaître des objets. Toutes les personnes de notre monde ne possèdent pas des pouvoirs.
Hier, j'ai eu une grosse mission qui m'a mise KO... C'est sûr, ce n'est pas tous les jours que l'on affronte des trolls qui font plus de 100 kilos et qui font 3 mètres de haut...
« Mia ? Tu m'écoutes ? » dit ma mère en me sortant de mes pensées.
« Oh oui... Désolée maman. S'il me demande, c'est que c'est très important. Ne t'en fais pas pour moi... » lui dis-je en la rassurant du regard.
« Bon, d'accord. Alors je vais me recoucher si tu as besoin de quoi que ce soit, mon bébé, tu m'appelles », reprend-elle en bâillant.
« Maman... J'ai 23 ans... » dis-je en levant les yeux au ciel. Elle attrape de ses mains mes joues et les tire doucement en y déposant un baiser.
« Tu seras toujours mon bébé », dit-elle en sortant de ma chambre.
Je jette un coup d'œil à l'heure.
Il faut que je me dépêche sinon je vais être en retard... J'attrape mes vêtements et je file sous la douche. L'eau sur ma peau meurtrie me fait un bien fou. Après avoir mis ma crème cicatrisante, je sors de la salle de bain. Une fois tout ça terminé, je prends un paquet de gâteaux nutritifs et une pomme. Je mange puis j'attrape mon sac, j'enfile mes chaussures et ma veste. Je sors de la maison en me dirigeant vers la rue abandonnée. Une fois devant celle-ci je me dirige vers des toilettes.
Je place mon badge devant le détecteur et la porte s'ouvre. J'entre à l'intérieur et j'appuie sur l'interrupteur qui est également un bouton pour faire marcher l'ascenseur toilette. Toutes les personnes de notre monde qui vivent parmi les humains doivent utiliser ces toilettes pour rejoindre l'entreprise. Aucun humain ne peut y accéder.
Les personnes qui vivent dans le monde magique empruntent une porte spéciale. Comme il existe différents royaumes, chacun a une porte à lui.
Je vous l'accorde ça aurait pu être mieux que des toilettes. Niveau luxe, on n'y est pas, mais bon, on fait avec ce qu'on a...
Chapitre 1
Le ding de l'ascenseur me sort de mes pensées. J'entre dans la grande salle et étrangement, il n'y a personne. Je m'avance dans la pièce et soudain, j'entends un bruit à ma droite. Je me mets sur la défensive et je fais apparaître mes pouvoirs. Je soupire lorsque je remarque qu'il s'agit de Peter, un elfe. Je fais disparaître mes pouvoirs puis je le regarde en fronçant mes sourcils. Peter est du genre très discret, il ne se montre que très rarement ; c'est à peine si on sait qu'il existe. Mais je l'avoue, il m'a toujours intriguée. C'est un beau garçon. Cheveux noirs avec quelques reflets bleu foncé. Des oreilles pointues, un corps bien travaillé et un beau visage. Oui, il a de quoi plaire.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » demandais-je en regardant autour de nous.
« J'ai reçu un message, je suppose que toi aussi », dit-il en me fixant.
« Tu supposes bien », dis-je en entendant quelqu'un arriver.
« Ah, vous voilà ! », dit la voix familière de Chloé, la directrice de l'entreprise, accompagnée de Rick, un des piliers de l'entreprise. Je n'ai aucune confiance en lui. Dès que je l'ai vu, j'ai eu un mauvais pressentiment, mais je fais comme si de rien était.
« Pourquoi nous sommes que 2... ? » demandais-je en jetant un regard autour de nous.
« Si je vous ai réunis à cette heure et seulement vous deux c'est pour une bonne raison... Nous avons une mission extrêmement importante à régler très rapidement... » commence Chloé.
Oulà ! lorsque ça commence comme ça, ce n'est pas bon signe...
« Un livre très dangereux a été ouvert. Il était fermé depuis de nombreuses années et quelqu'un a réussi à l'ouvrir », poursuit Rick.
« De quel livre il s'agit ? » demande Peter.
« Le Légendarium », lâche Chloé.
Je la fixe, incapable de dire quoi que ce soit. Le Légendarium est un livre rempli de créatures surnaturelles, mais pas de gentilles créatures telles que des licornes ou des fées... Non, ce qui s'y cache est bien pire. Il y a des siècles, bien avant que les humains n'existent, il existait des créatures réunies en un groupe. Elles ont été envoyées sur terre par les anges. On les appelait les Légendaires, les créatures qui ne font que le bien. Mais quelques années plus tard, le diable a envoyé plusieurs de ses monstres sur terre. Ils se sont combattus et grâce à Étehos et Liliana, deux jumeaux extrêmement puissants, on mit fin à cette guerre en y laissant leurs vies. Les créatures de l'enfer ont été enfermées dans le livre du Légendarium scellé par leur sang avant leurs morts. À l'arrivée des humains, ils ont pris la décision de vivre également dans un livre : le légendaire.
« Pourquoi nous... ? » demandais-je au bout de quelques secondes...
« Vous avez été choisis parce que vous êtes les plus expérimentés et les meilleurs au sein de l'entreprise », dit Chloé.
Je fronce les sourcils.
Au fond de moi, je sens qu'elle nous cache quelque chose. Mais je me pose tellement de questions que j'oublie vite ce sentiment.
« J'ai toujours travaillé seul. Ça sera sans moi », claque la voix de Peter.
Je lève les yeux au ciel. Beau, mais chiant
« Tu as été choisi. Tu n'as pas le choix », répond durement Rick.
« Bien d'autres personnes de l'entreprise sont plus douées que moi », rétorque-t-il.
« Il a raison. Pourquoi nous ? » dis-je en le fixant.
Chloé soupire et lance un regard à Rick.
« Bon. La vérité c'est que, comme vous le savez, il y a deux livres de créatures fantastiques ; Légendaire et le Légendarium. Lorsque le Légendarium a été ouvert. Un message nous est parvenu du Légendaire. Ce message nous a indiqué comment refermer le livre et qui le refermera. Vous avez été choisis. Vous êtes les seules personnes qui pourront entrer dans le Légendarium. »
« Que se passera-t-il si le Légendarium reste ouvert, si on échoue ? » demandais-je d'une petite voix.
« Si le livre tombe entre de mauvaises mains, la personne pourra libérer toutes les créatures qui s'y trouvent. Plus dangereuses les unes que les autres. Et... Et ça sera la guerre... » avoue Chloé en baissant la tête.
« Vous avez une lourde responsabilité et ça ne sera pas facile. Vos ennemis sont très puissants et il faudra faire preuve d'intelligence et de courage », dit Rick.
« C'est moi qui vous aiderai pour cette mission », poursuit-il.
Génial... pensais-je.
« La récompense pour cette mission va bien au-delà de ce que vous avez pu recevoir jusque-là », poursuit Chloé pour nous motiver.
« Mais attendez, je ne comprends pas. Il y a bien une clé qui avait refermé le livre non ? » demandais-je perdue.
« Oui, mais la personne qui a réactivé le livre a pris soin de détruire la clé, la seule clé qui pouvait le refermer. Maintenant, il faut le détruire pour être sûr que plus personne ne pourra toucher ce livre. »
« Comment on détruit le livre ? » demande Peter.
Je lui lance un regard, le sien est fixé sur Rick.
« Vous devrez aller chercher des objets magiques dissimulés dans les histoires. Grâce à leurs énergies magiques, Mia, tu utiliseras tes pouvoirs pour détruire le livre une bonne fois pour toutes », répond-il en me lançant un regard. Je hoche la tête. « À chaque fois que vous entrerez dans le livre, je vous dirai l'objet en question à récupérer. Pour entrer dans le livre, il suffit de dire : "Légendarium, il était une fois..." Et le nom de la créature que vous affrontez. Pour revenir "Légendarium, fin de l'histoire de..." et le nom de la créature. C'est bon, vous êtes prêts ? » demande-t-il en nous regardant tour à tour.
Ah ! donc ça commence maintenant ? Super heureusement que la fatigue ne reste pas si longtemps sinon on aurait été fichus.
Soudain, mon attention se porte sur le livre. « Qui le surveillera lorsqu'on ne sera pas là ?
I Il ne faut pas que quelqu'un essaye de prendre le livre », dis-je en regardant Chloé
« Vous allez le garder avec vous, quoi qu'il arrive. S'il y a un problème, vous devrez fuir », dit-elle en nous faisant un signe.
On la suit jusqu'à un mur. Elle s'approche du portrait qui se trouve au centre du mur et l'enclenche en l'inclinant lentement vers la gauche. Elle nous fait entrer dans une pièce, une grande source de magie s'y trouve, je le sens.
La pièce est sombre. Le soleil n'est pas encore levé. Seules les lampes disposées dans la pièce nous permettent de voir. Il y a quelques fenêtres au plafond. Il n'y a rien, aucun meuble dans cette pièce. Sauf le livre placé sur une mini table au fond de celle-ci.
« Personne à part nous 4 sommes au courant de cette mission et les ministres de la magie », dit Chloé d'une voix à nous sous-entendre de le dire à personne. Comme si j'avais quelqu'un à qui en parler. Ma mère ne doit pas le savoir et je n'ai pas d'amie. Le seul qui pourrait éventuellement le savoir est mon père. Elle prend le livre dans ses mains et le regarde longuement. Elle se tourne ensuite vers nous tout en s'approchant.
« Pour votre première mission, vous allez devoir affronter Abchanchu. Peter, tu en sais beaucoup sur les créatures qui se trouvent dans ce livre, il faudra que tu les expliques à Mia. Du moins, que tu lui donnes des astuces », dit-elle en se tournant vers lui.
« Pourquoi ? Elle ne sait donc pas lire ? » demande-t-il en ricanant.
« Je n'ai pas le temps de lire, moi. J'ai des missions », claquais-je agacée.
Il me jauge de haut en bas.
« Comme si moi, je n'en avais pas », dit-il avec ironie.
« C'est à se poser des questions, vu que tu as le temps de lire », dis-je en le jugeant de haut en bas.
« On trouve toujours le temps pour lire. Ça permet d'avoir une bonne culture et de ne pas se retrouver avec un boulet qui ne sait pas de quoi on parle », lâche-t-il avec un regard de malice.
Mais quelle enflure ! Alors que je m'apprête à lui dire le fond de ma pensée, on me coupe dans mon élan.
« Allons, vous deux, il va falloir mettre vos chamailleries de côté et vous allez devoir vous faire confiance et vous entraider », dit Rick en s'avançant vers nous.
Je lève les yeux au ciel. Ça promet...
« Vous êtes prêts ? » demande Chloé.
« Oui », disons-nous en chœur.
« N'oubliez pas, il faut vous entraider », dit-elle en nous regardant l'un après l'autre.
On hoche la tête, bien que cette idée ne nous plaise guerre.
Elle nous donne le livre. Le Livre est marron avec écrit en d'orée Légendarium. Je tiens le côté droit du livre et Peter le côté gauche.
« Que devons-nous récupérer ? » demandais-je en ouvrant le livre.
« Quelques gouttes de sang d'Abchanchu, c'est un vampire », dit Rick.
« Ok. Tu es prêt ? » demandais-je à l'attention de Peter.
« Oui », dit-il en me regardant. Je feuillette les premières pages jusqu'à l'histoire d'Abchanchu.
« Légendarium, il était une fois Abchanchu... » disons-nous ensemble.
Quelques secondes passent et d'un coup, une lumière blanche jaillit du livre et nous aspire à l'intérieur. Ma tête tourne, je distingue des écritures comme si l'histoire s'écrivait sous mes yeux. Je plisse les sourcils. Ma tête me fait mal alors je ferme les yeux mettant fin à ce supplice. Je ne sais pas combien de temps, on a été aspiré à l'intérieur, mais soudain, mon corps percute avec violence le sol.
J'ouvre les yeux, la pièce ne tourne plus autour de moi. Mon mal de crâne se dissipe peu à peu. Je regarde autour de moi en me redressant sur les coudes puis je me redresse. Je regarde autour de moi, nous avons atterri dans une forêt, le chemin est boueux, il fait gris. Il y a des sapins partout autour de nous, mais aucun bruit. Mon regard s'arrête sur celui de Peter. Il se redresse en dépoussiérant ces affaires et il attrape le livre.
« On ne peut pas garder un livre de cette taille-là... Ce n'est pas pratique pour se battre », dis-je à voix basse.
« Que propose madame ? J'ai de grandes missions », demande-t-il d'une voix moqueuse
Je soupire, je ne sais pas ce qu'il a contre moi, mais ça va vite m'énerver. Monsieur le beau gosse, mais le vrai chieur.
D'un geste simple de la main, je réduis la taille du livre avec au bout une chaînette de telle sorte à ce qu'il puisse le porter sur lui tel un collier.
« Ça », dis-je en le regardant. Il me lance un regard et s'avance dans la forêt. Je le suis de près et il s'arrête en me regardant.
« Quoi ? » demandais-je.
« Qu'est-ce que tu fais ? » demande-t-il.
« Je fais de la peinture, ça se voit non ? » dis-je avec ironie. Il lève un sourcil et me regarde comme si j'étais débile.
« On est là pour notre mission non ? Donc je te suis », soupirais-je.
« Justement pour pouvoir y arriver plus vite, on doit se séparer », répond-il.
Je fronce les sourcils.
« Dis plutôt que tu veux être seul. Je te rappelle que l'on doit travailler en équipe. S'entraider, etc. Tu sais ce que ça veut dire rassure moi », dis-je en le fixant.
« Oui bah on travaille en équipe. On cherche juste chacun de notre côté. Ça ira plus vite », rétorque-t-il agacé.
« Ah oui et on fait quoi si l'un de nous deux le trouve ? Comment on prévient l'autre ? Je te rappelle qu'on doit rentrer tous les deux ! De plus, je ne connais même pas l'histoire. Toi, tu le sais vu que tu as le temps de lire », reprenais-je en colère.
« Tu dois trouver un vampire et prendre son sang. C'est simple. Si l'un de nous deux le trouve, il fait signe à l'autre. On repartira ensemble », dit-il en me contournant.
« Ok. Si tu te fais tuer, ça sera de ta faute, tu n'as pas les capacités pour battre un vampire. Parce que ce que je sais sur eux, c'est qu'ils sont rapides et possèdent une force et une ouïe surhumaine. Tu ne gagneras pas. Mais si tu y arrives, sois sympa et ne pars pas sans moi », claquais-je abasourdi par son comportement.
Je prends le chemin opposé au sien en soupirant. Au fond de moi en lui disant ces paroles, j'espérais qu'il me suivrait et me dirait que j'ai raison. Mais il ne faut pas rêver
Cette mission commence très mal... J'espère que je trouverai ce vampire plus vite...
Je marche le long du chemin boueux pendant des minutes et des minutes. Rien aux alentours. Pas de trace de sang ni d'être vivant. Plus je m'enfonce dans la forêt plus il fait froid. Je ne sais pas si c'est bon signe.
Au bout de quelques mètres au loin, j'aperçois une silhouette. Je fronce les sourcils pour essayer de mieux voir parce qu'une brume vient d'apparaître. J'accélère en restant prudente. Alors que je m'avance, j'entends une voix d'homme gémir de douleur. Je distingue de mieux en mieux la personne. C'est un homme âgé. Il a le visage abîmé et un regard
« Aidez... Moi... Il... Il... Va revenir... » dit-il d'une voix faible. Je m'approche de lui et l'aide à se lever.
« Que faites-vous ici ? Je croyais qu'il n'y avait personne à part le vampire ? » demandais-je à l'intention du vieil homme tout en restant prudente.
« Je suis son serviteur. Il se nourrit de mon sang pour vivre. Et... Et il me maltraite... Je n'en peux plus de cette vie. Aidez-moi... Cela fait des siècles que j'attends que quelqu'un vienne ici... » dit-il en tremblant
Il me regarde les larmes aux yeux. À travers son regard, j'y lis de la souffrance. Mon cœur se serre.
« Oui, bien sûr que je vais, vous aidez. Je vais m'occuper de ce Vampire ensuite, je viendrai vous chercher et vous sortir de là », lui dis-je.
« Merci, mademoiselle. Oh merci ! grâce au ciel. Je vous attendrai ici... Ou dans ma petite maison », me dit-il en laissant échapper des larmes et en me montrant du doigt une maison qui se trouve un peu plus enfoncée dans la forêt.
« OK. Alors à tout à l'heure », lui dis-je en lui faisant un signe.
Je fais demi-tour pour trouver ce maudit vampire. Quelques minutes, plus tard, je décide de faire une pause et de m'arrêter un instant. Je dois trouver une solution ça ne sert à rien de tourner en rond comme je le fais. Je pourrai peut-être l'attirer avec du sang ?
Je n'ai pas le temps de me poser plus de questions que j'entends un bruit derrière moi. Je me tourne d'un coup manquant de tomber. Je fixe l'origine du bruit, mais plus rien. Comme si le bruit venait de mon imagination...
« Qui est là ? » criais-je. Personne ne répond, mais le bruit revient. Mon cœur se met à battre de plus en plus vite. Je n'ai pas rêvé. Je me place en mode défensive et lorsque la personne sort des buissons, je m'apprête à lui lancer un sort lorsque j'aperçois Peter et je soupire de soulagement en relâchant mes bras.
« Tu peux pas répondre lorsque je parle ? J'étais à deux doigts de te lancer un sort ! » claquais-je durement.
Il relève la tête.
« Je ne t'ai pas entendu », dit-il d'un air moqueur. Il se fiche clairement de moi ou je rêve ?
« Qu'est-ce que tu fais là ? » demandais-je en croisant mes bras sur ma poitrine d'un air contrarié.
« Je suis venu te chercher », dit-il.
Je hausse un sourcil. Surprise de sa phrase
« Je croyais que tu voulais être seul ? » demandais-je sans le comprendre. Je le scrute un instant. Voyant qu'il ne me répondra pas, je change de conversation.
« Tu as trouvé quelque chose ? » demandais-je intrigué.
« Non et j'espérais que toi si », dit-il en fronçant les sourcils.
« J'ai seulement trouvé son serviteur », dis-je en haussant les épaules.
« Il ressemblait à quoi ? » demande-t-il visiblement intéressé.
« Je croyais que tu ne voulais pas de moi », dis-je en croisant mes bras contre ma poitrine.
« Oui, mais j'ai changé d'avis », dit-il.
« Tu ne peux pas me lâcher comme ça et revenir comme une fleur ! Je ne suis pas une chaussette que tu changes en fonction de ton humeur. Et arrête avec ta putain de fierté et assume le fait que j'avais raison », dis-je sèchement. Je ne comprends pas moi-même pourquoi je réagis au quart de tour. Je le connais que depuis ce matin, mais il m'agace et je ne peux m'empêcher de m'énerver face à son comportement.
« Mon Dieu, mais tu peux arrêter de parler ? On a une mission, je te rappelle », dit-il agacé.
Je le fixe ahurie. Non, mais il est sérieux là ? Je me retiens de m'énerver de nouveau. Je suis calme et détendue. Tout va bien.
« Vieux, faible et il m'a demandé son aide. Satisfait ? » dis-je en essayant tant bien que mal de contrôler ma voix pour paraître la plus sereine et pas du tout en colère possible.
Il me regarde surpris, mais il se reprend très vite.
« Tu l'as donc trouvé », dit-il plus à lui-même qu'à moi. Je le regarde sans comprendre.
« Le vieil homme, c'est le vampire que l'on cherche », lâche-t-il en me scrutant.
Je le fixe surprise.
« Tu es en train de me dire que j'aurais pu me faire tuer ? » demandais-je calmement, mais en sentant mon cœur s'accélérer malgré moi.
« Oui, mais ce n'est pas le cas et puis tu as tes pouvoirs non ? Allez, on y va », dit-il en me contournant et en prenant le chemin d'où je viens.
Non, mais c'est une blague ? Il me prend pour une vieille chaussette, il m'abandonne parce que monsieur préfère travailler seul et il vient juste de m'avouer qu'à cause de ses gamineries j'aurais pu mourir ! Alors, oui, ce n'est pas ma première fois que je risque ma vie. Je la risque tous les jours, mais là ce n'est pas pareil si l'un de nous deux meurt, on met tout le monde en danger. Alors, oui, j'ai des pouvoirs pour me défendre, mais il aurait pu me prendre par surprise.
Respire, Mia... Ne t'énerve pas ce n'est pas le moment.
Je le suis et le dépasse pour lui indiquer le chemin. Il ne dit rien, mais je sais qu'il me regarde. Je sens son regard sur moi.
J'arrive à l'emmener vers la maison du vieillard alias le vampire. Il n'est plus dehors. Il doit sûrement être à l'intérieur. On se place à bonne distance de la maison pour pouvoir réfléchir à un plan.
« Et maintenant, on fait quoi ? » demandais-je.
« Je ne sais pas », dit-il en réfléchissant.
Je soupire une nouvelle fois et je réfléchis à un plan. Soudain, une idée me vient.
« OK. Alors moi, je vais entrer dans la maison comme si de rien était ensuite, je vais l'attraper avec ma magie et toi avec ça, tu lui ouvriras la peau pour récupérer le sang », dis-je en faisant apparaître un couteau.
« Tu ne connais rien de lui », dit Peter en me fixant. Je ricane amèrement.
« La faute à qui ? » demandais-je. Il ne dit rien. Je crois apercevoir un éclat de culpabilité traverser son regard, mais son masque infranchissable revient au galop.
« Et si ça ne marche pas ? » demande-t-il après quelques secondes de silence.
« On improvisera », dis-je en jetant un regard à la maison.
Je m'apprête à me diriger vers la maison, mais Peter enroule sa main autour de mon poignet et me retient. Je fais mine de ne pas faire attention au frisson qui me parcourt le corps. Je le regarde sans laisser la moindre expression paraître sur mon visage.
« C'est un démon. Il est très dangereux. Fais attention », dit-il en me fixant dans les yeux.
« Il est trop tard pour s'inquiéter de ma survie », dis-je en me dégageant de sa poigne. Je me dirige vers la maison le cœur battant, mon plan doit marcher...
Je toque à la porte déterminée. Le « serviteur », alias le vampire démon, m'ouvre la porte en souriant, il me laisse entrer et j'entre chez lui. Je souris.
« Votre mission se passe bien ? » demande-t-il toujours avec le sourire.
« Pas vraiment... » commençais-je.
« Vous n'avez pas trouvé le vampire ? » demande-t-il d'une voix tremblante. N'empêche, il joue bien la comédie celui-là.
« Non, mais vous savez trouver un vampire ce n'est pas vraiment facile », poursuivais-je.
« Et votre coéquipier ? Il n'a rien trouvé ? » reprend-il. Je fronce les sourcils, il ne me semble pas lui avoir parlé de Peter.
Tu t'es grillé, vampire.
« Non, il est nul. Il ne veut même pas travailler avec moi », dis-je comme si de rien était. Il se lève.
« Je vais aller vous cherchez à boire je reviens ensuite je vous dirais ce que je sais sûr le vampire », dit-il en me souriant et en se dirigeant vers la cuisine.
Je passe une main dans mes cheveux en soupirant. Soudain, il pose un verre d'une mixture bizarre dedans.
« Vous ne buvez pas ? » demandais-je en levant mon regard du verre pour le fixer.
« Si, si », dit-il précipitamment en prenant un verre et le remplir. Il me tourne le dos une minute. Il se retourne et lève son verre vers moi. Je fais de même et il boit le contenu de son verre. Il détourne la tête un instant.
Je bois le verre d'une traite, il retourne la tête vers moi en souriant puis lorsqu'il voit mon verre vide, son sourire se fait plus diabolique, il se met à rire. Un rire mauvais.
« Vous vouliez voir le vampire ? Le voilà ! », hurle-t-il en laissant apparaître ses canines. Je ne dis rien et le laisse faire son numéro. De sa vitesse vampirique, il s'approche de moi et encercle de ses mains mon cou. Je le laisse faire consciente de ce qu'il va se passer. Je décide en un coup d'utiliser ma magie et de l'expulser contre le mur en face de nous. Il se redresse lentement avec un sourire aux lèvres.
Il s'approche de moi tel un félin qui s'approcherait de sa proie. J'imaginerais bien Peter à sa place... Mais qu'est-ce que je raconte, moi ? Je secoue la tête et reprends mes esprits.
« Vos parents ne vous ont jamais appris de ne rien accepter de la part d'inconnu ? » demande-t-il avec un grand sourire diabolique. À mon tour, je me lève et m'approche de lui avec un regard malicieux.
« Et vous ? Vos parents ne vous ont jamais appris à vous méfier d'inconnu ? » demandais-je d'une voix assurée. Il recule et me fixe. Son sourire disparaît. Le mien en revanche s'agrandit de plus en plus.
« Qu'est-ce que ? » il essaye de venir vers moi, mais son corps se bloque. Il ne peut plus bouger.
« Comment avez-vous fait ? » rugit-il.
« Lorsque vous vous êtes retourné pour remplir votre verre, j'ai inversé nos récipients avec ma magie », dis-je en croisant mes bras contre ma poitrine.
Il a versé dans mon verre une poudre magique qu'on ne peut pas voir ni sentir. Je me suis douté que c'était un piège et que lui, il n'aurait jamais essayé de s'empoisonner lui-même.
Cette poudre permet de rester figé quelques minutes.
La porte s'ouvre et Peter apparaît essoufflé, les cheveux en bataille. Dans sa main se trouve le flacon.
« Ah ! te voilà enfin », dis-je en ne cessant de fixer le vampire en face de moi.
« Oui, j'ai eu un petit problème. Je me suis fait attaquer par une bête qu'il a créée », me dit Peter. Il s'approche du vampire et ne perd pas de temps. À l'aide du couteau, il coupe suffisamment la peau du vampire pour laisser quelques gouttes de sang couler. Je récupère assez de sang dans le récipient.
« On y va », dis-je en sortant de la maison. Il me suit sans broncher.
Je remets le livre à sa taille d'origine et nous l'attrapons.
« Légendarium fin de l'histoire Abchanchu », dit-on ensemble. Comme tout à l'heure, on se retrouve aspiré dans l'histoire jusqu'à ce qu'on atterrisse dans notre monde...
« Vous êtes là ! » s'exclame Chloé.
Je pose mes paumes de mains sur le sol et me redresse avec difficulté l'atterrissage a été violent. Chloé me détaille attentivement.
« Oui, on est là... » marmonnais-je.
« Comment ça s'est passé ? » demande Rick.
« Vous avez réussi ? » poursuit Chloé.
« Tout s'est parfaitement bien déroulé. Nous avons le sang », dit Peter.
Je serre les poings. Il se fiche de moi ?
« Pouvez-vous nous laisser seuls une minute ? » demandais-je en leur faisant un sourire forcé.
Ils se lancent un regard.
« Euh... Oui bien sûr... » dit Chloé en me fixant.
Ils sortent de la pièce et je me retourne vers Peter.
« Tout s'est parfaitement bien déroulé ? Non, mais tu te fiches de moi là ! »
« Tu ne vas pas recommencer à gueuler tu me donnes mal à la tête », râle-t-il.
« Maintenant, ça suffit ! Je te rappelle que cette mission dépend de nous deux. Si l'un de nous deux meurt, c'est l'humanité et notre monde qui va y passer ! Tu pourrais y mettre un peu du tien », claquais-je durement. Il me fixe longuement.
« Ouais tu as raison. Je ferai des efforts », dit-il simplement en ramassant le livre.
« À une seule condition », reprend-il.
Une condition ? Je le fixe en fronçant les sourcils.
« Laquelle ? » demandais-je pas très sereine.
« Je veux que tu la fermes », dit-il en me contournant. Je reste un instant scotché par ses paroles.
« Connard », chuchotais-je en sortant à mon tour de la pièce. Il y a désormais pas mal de personnes dans la pièce. J'aperçois Peter en train de discuter avec Rick. Chloé s'approche de moi.
« Ça va aller... » me dit-elle d'un air gentil.
« Ouais », dis-je pas très convaincue.
« Mia ? » me demande-t-elle.
« Oui ? » demandais-je en me tournant vers Chloé.
« Quelqu'un aimerait te voir », me dit-elle simplement. Elle m'attrape par le bras et m'emmène dans son bureau. Une fois arrivée dans celui-ci, un homme me tourne le dos. Je plisse les yeux et lorsqu'il se retourne un large sourire se dessine sur mes lèvres.
« Papa ! » m'exclamais-je en m'approchant de lui à grands pas.
« Ma princesse ! », dit-il en me prenant dans ses bras.
Il me plaque contre son torse et j'enroule mes bras autour de son cou. Cela fait plusieurs mois que je ne l'ai pas vu. Il est parti en mission en Grèce là-bas, il a traversé une porte magique et il a dû régler une affaire
« Je suis heureuse de te voir... » dis-je en me détachant de lui.
« Et moi dont ma petite princesse ! », s'exclame-t-il avec un grand sourire. Eh oui, mon père est gaga de moi depuis mon plus jeune âge. Même s'il a dû quitter la maison alors que j'étais très jeune, il n'a jamais cessé de m'aimer et la séparation a été très dure pour lui. Il quittait les deux femmes de sa vie...
« Papa... Je n'ai plus 5 ans... » dis-je en faisant la moue.
Il me fixe tristement. Je me dépêche de me rattraper.
« Mais ce n'est pas l'âge le plus important je serais toujours ta princesse », dis-je en lui souriant.
Il me rend son sourire et intérieurement, je soupire de soulagement.
« J'ai appris la nouvelle... » commence-t-il, « je suis là, ma princesse, cette mission est difficile, mais tu vas y arriver... » dit-il en caressant ma joue.
Au fond, je sais qu'il essaye de se rassurer lui-même.
« Je croyais qu'on était que 4 au courant de cette mission ? » dis-je en me tournant vers Chloé.
« Avec Rick, on a décidé que ça serait mieux si vos proches étaient au courant après tout, vous risquez vos vies... » dit-elle simplement. Je me tourne vers mon père pour lui répondre.
« Oui, ça va aller, et puis je ne suis pas seule... » tentai-je de le rassurer. On va peut-être éviter de lui dire que par la faute de mon super coéquipier, il m'a mis en danger en me laissant sans rien savoir sur mon ennemi et que ça aurait pu dégénérer... Ouais, on va éviter.
« Ah oui ! d'ailleurs, je veux le rencontrer lui ! Il a intérêt à bien te protéger sinon je le tue », dit-il d'une voix ferme.
Oui, on ne lui dit rien sinon il va me le tuer.
« Allons allons, James, tu ne tueras personne. Il est important autant que ta fille pour cette mission et n'oublie pas que personne ne doit être au courant. Enfin, comme je l'ai dit, les proches aussi doivent être au courant », dit Chloé en se rapprochant de nous.
« Comment ça ? Vous savez très bien que je ne peux rien dire à ma mère, elle ne sait pas ce que je fais », dis-je en les regardant à tour de rôle. Mon père détourne le regard et Chloé déglutit.
« Chloé ? Papa ? » demandais-je en les regardant à tour de rôle.
« Tu dois lui avouer la vérité », m'annonce Chloé.
Je m'étrangle avec ma salive.
« Quoi ? » demandais-je perdue.
« Tu sais ta mère connais l'existence de ce monde », commence mon père.
« Oui certes, mais rappelle-toi ce qu'elle disait. Ce qu'elle te disait. Elle ne voudra jamais me laisser continuer », dis-je en faisant de grands signes avec les bras.
« Oui, mais Mia. Tous les jours, tu risques ta vie. Si tu venais à mourir, imagine comment ta mère va se sentir. Si tu avais un enfant qui risquait tous les jours sa vie comment tu réagirais ? » me demande Chloé.
Je ne réponds rien. Oui bon Chloé n'a pas tort, mais ma mère va me tuer !
« Je serais là », me dit mon père.
« Quoi ? Mais papa tu sais que si tu viens tu vas avoir du mal à partir.
Pour toi comme pour elle. Et je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée qu'elle te voie. Elle va nous tuer tous les deux », lui dis-je en commençant réellement à paniquer.
« Je n'y arrive plus... Toutes ces années éloignées de vous. Maintenant, tu es là, mais tu sais, je pense chaque jour à elle, c'est dur d'être loin d'elle... » dit-il d'une voix triste.
« On avait fait ce choix pour toi, pour que tu aies une vie meilleure... Comme tu le sais, j'avais beaucoup de problèmes et la loi qui interdisait qu'on soit ensemble n'arrangeait rien », dit-il.
« Oui, je sais papa... Mais ça va être dur », le prévenais-je une seconde fois.
« Je sais et j'en payerai le prix », dit-il déterminé.
Je le regarde émue. Depuis toujours mon seul et unique rêve, les voir de nouveau réunis... Mais va-t-il rester cette fois... ? La loi, ne va-t-elle pas encore nous séparer ? Je ne pose pas plus de questions quand Chloé prend la parole.
« Bon courage », dit Chloé en s'inclinant légèrement devant mon père.
Mon père hoche la tête et nous sortons du bureau quelques minutes plus tard. L'angoisse monte en moi, je me triture les doigts et je sens mon pouls s'accélérer... Mon père montre un visage serein, mais au fond, je sais qu'il est angoissé tout autant que moi. Lorsque l'on passe dans les couloirs certaines personnes se tournent vers nous. Plus je marche dans les couloirs plus le stress monte, je n'arrive pas à penser correctement, je me pose beaucoup de questions... Je ne prête même pas attention à Peter qui me regarde en fronçant les sourcils.
Nous entrons dans l'ascenseur qui nous mènera au même passage que j'empreinte habituellement. Dans l'ascenseur, la tension est palpable. Aucun de nous deux ne parle et je pense que c'est la meilleure chose à faire.
Nous sortons de l'ascenseur, la nuit va bientôt tomber je ne pensais pas que notre mission avait duré si longtemps. Je guide mon père à travers la ville où j'ai grandi. À quelques rues de la mienne, je prends la parole.
« Le mieux c'est que je rentre en première et que tu attendes dehors. Je te ferai signe quand tu pourras rentrer », lui dis-je.
« OK, ça va aller ? » me demande-t-il en s'arrêtant un instant et en prenant mon poignet pour que je me tourne vers lui.
« Ai-je le choix ? » lui demandais-je même si je connais déjà la réponse.
« Oui, ma question est bête... » marmonne-t-il.
« Si tu entends crier ces normales », lui dis-je en me remettant à marcher vers la maison. Une fois devant celle-ci, j'inspire et ouvre le portail, je m'y glisse à l'intérieur, suivie de mon père.
« La porte sera ouverte », le prévenais-je en m'approchant de la porte et en lui faisant un signe pour qu'il se mette sur le côté
Il se pousse et je sors ma clé, j'ouvre la porte le cœur battant de plus en plus vite. J'entre dans la maison. Je sens une délicieuse odeur provenant de la cuisine.
« Maman ? Je suis rentrée », l'informais-je en ôtant mes chaussures.
« Ma chérie ! Tu vas bien ? Pas trop fatiguée ? Alors qu'est-ce qu'il te voulait de si bon matin ? » demande-t-elle en se précipitant sur moi. Je souffle un bon coup en me tournant vers elle d'un air grave.
« Écoute maman... Il faut que je te dise quelque chose... » commençais-je d'une petite voix en me dirigeant vers la cuisine.
« Je t'écoute, ma chérie... Il y a un problème ? C'est grave ? » me demande-t-elle.
« Assieds-toi, ça sera mieux », lui dis-je en tirant une chaise pour qu'elle s'installe dessus. Elle s'y installe en me fixant. Je remarque qu'elle commence à angoisser.
« Mia, parle, je t'en prie, tu m'inquiètes », dit-elle en prenant ma main.
« Maman... Je dois t'avouer quelque chose. Je te mens... Je te mens depuis des années... » commençais-je en évitant son regard. Sa poigne se resserre sur mes doigts.
« Comment ça ? » demande-t-elle d'une voix plus dure.
« Promets-moi de ne pas m'arrêter et de me laisser finir jusqu'à la fin de mon récit », lui demandais-je.
« Oui, c'est d'accord », dit-elle d'une voix pressée.
« Je ne travaille pas dans une entreprise de mode. Il y a quelques années, alors que j'avais 13 ans, j'ai commencé à me sentir bizarre... Lorsque j'étais en colère ou triste, des choses étranges se produisaient autour de moi. Un jour, j'ai fait une crise de panique et je suis sortie du collège, je me suis réfugiée dans un coin pour me calmer, mais je n'y arrivais pas. Et là des étincelles sont sorties de mes mains puis tout tournait autour de moi, soudain un homme est arrivé et il m'a aidé à me calmer. Il m'a avoué qu'il existait un autre monde ; un monde avec de la magie et m'y a emmené. Au début, je n'y croyais pas, mais ensuite, je l'ai vu de mes propres yeux. Il m'a appris à contrôler mes pouvoirs et à mes 15, il m'a avoué que j'étais sa fille... Il m'a dit de ne rien te dire alors je ne t'ai rien dit. J'ai terminé mes études et en même temps, je travaillais sur mes pouvoirs, j'apprenais à me battre et à survivre parce que lorsque j'aurais 18 ans, je pourrais commencer à faire des missions plus importantes les unes autant que les autres en étant bien payée évidemment et j'ai choisi cette voie. Je n'avais pas le droit de t'en parler et crois-moi, je l'aurais fait depuis bien longtemps déjà si j'avais pu le faire... » lui avouais-je en la fixant dans les yeux.
Pendant de longues minutes, elle se tait, elle me fixe dans les yeux. Les larmes lui montent aux yeux. Si elle ne connaissait pas le monde de la magie elle pourrait se mettre à rire et me dire que je suis folle qu'elle savait que c'était faux. Mais elle sait bien que c'est vrai. Que tout ce que je viens de lui dire est vrai.
« Je suis désolée, maman... » dis-je en me pinçant la bouche.
Elle se redresse et commence à faire les 100 pas.
« Maman, dis quelque chose... » la suppliais-je.
Elle se retourne vivement vers moi le visage fermé.
« Mais qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Imagine si ton enfant t'avouait ça ! Comment tu réagirais ? » dit-elle en commençant à crier.
« Tu risques ta vie chaque jour et moi, je ne suis même pas là pour te soutenir parce que je ne sais rien. Ils savent que je connais ce monde alors pourquoi ils n'ont pas voulu que tu me le dises ? » demande-t-elle.
« Tu as toujours voulu que j'aie une vie sans danger et papa aussi, mais le destin en a décidé autrement. Ils se sont dit que si on ne te le disait pas, tu n'aurais pas à m'en empêcher. Parce qu'avoue-le, si tu avais été au courant, tu aurais tout fait pour m'en empêcher », lui dis-je en la fixant dans les yeux.
« Oui ! Et c'est normal ! Tu es mon seul et unique enfant, tu crois que ça m'aurait plu de savoir que lorsque mon enfant sort de cette maison, il se peut qu'il ne revienne pas ! »
Sa voix se brise. Je ne dis rien, consciente qu'elle a raison.
« Et d'ailleurs pourquoi ils veulent que je le sache ? » reprend-elle.
Je me tais en baissant le regard. Comment dois-je lui dire ça ?
« Je... Euh », commençais-je, mais je fus coupée par la porte qui s'ouvre.
Ma mère sursaute et lève son regard vers moi.
« Qui est là ? » crie-t-elle en prenant une poêle qui passait par là.
Mon père apparaît devant la porte. Ma mère le regarde et peu à peu lorsqu'elle réalise qui est devant elle, elle lâche d'un coup la poêle au sol qui tombe dans un bruit fracassant.
« James », dit-elle en commençant à tanguer.
« Maman ! » criais-je en la voyant s'écrouler.
Mon père plus rapide arrive à la rattraper avant qu'elle ne s'écroule au sol.