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Lé dévoreuse de monde

Lé dévoreuse de monde

Auteur:: mya0079
Genre: Romance
Mya pourrait être une jeune fille comme les autres, mais en elle, coule un pouvoir éteint depuis longtemps. Certains la convoitent, d'autres la craignent. Entre trahison, combat et aventure, elle fera tout pour aller jusqu'au bout, pour atteindre son but et enfin vivre libre.

Chapitre 1 Prologue

Il existe des pouvoirs que personne ne peut vraiment expliquer.

Des pouvoirs qui effraient et fascinent en même temps mais que l'on ne peut s'empêcher de convoiter tant on imagine déjà ce que l'on pourrait faire avec.

Ils sont rares.

Tant et si bien que l'on peut passer une vie sur terre sans jamais en croiser un.

Mais quand on tombe dessus, quand on l'aperçoit, quand on le croise dans le blanc des yeux, on ne peut plus en détacher le regard.

Car par crainte ou par fascination, on ne peut s'empêcher de désirer approcher ce que l'on n'obtiendra jamais.

Quiconque l'a déjà croisé sait qu'une telle puissance ne peut que tout changer, tout dévaster, pour tout reconstruire, différemment.

Ils changent la face du monde.

Le modèle différemment, selon d'autres critères, pour en faire leur paradis en quelque sorte. Leurs trônes parfait pour gouverner une assemblée de fidèles près à tout pour les satisfaire et surtout pour survivre.

Les témoignages sont rares, trop rares, c'est sûrement pour ça que j'ai choisi de tout écrire pour que jamais son histoire ne soit oubliée, pour que jamais personne ne l'efface de sa mémoire et que surtout les autres, ceux qui la suivront, ceux là, puissent trouver les réponses à leurs questions dans cet ouvrage.

Voilà pourquoi elle m'a permit de l'écrire, pourquoi elle m'a autorisé à la suivre, à être son ombre, pour qu'enfin si un autre devait arriver, il serait quoi faire, ce qui lui arriverait et ainsi, il aurait les armes et la connaissance pour faire ces propres choix.

Chapitre 2 Chapitre 1 Il était une fois

Il était une fois, un petit village de pêcheur, perché sur des falaises en l'Angleterre. La vie s'y écoulait simplement pour des gens tout aussi simple. Tout le monde se connaissait, chacun s'entraidait dans les coups dur et tous se réjouissaient dans les moments de joies. La plupart des familles vivaient de la pêche, les hommes allant en mer puis revenaient pour passer la main à leurs femmes qui s'occupaient des marchés. Jamais ce petit village n'avait connu le moindre crime, le moindre fait divers important pour tout dire.

Il ne se passait tout simplement rien et c'est pour ça que les villageois étaient heureux. Certains quittaient ce lieux pourtant idyllique en devenant adulte mais d'autres restaient et bien souvent se mariaient avant même d'avoir vingt ans. Ainsi à leurs tours, ils donnaient naissance à la génération suivante qui continuait de faire vivre ce petit coin isolé du monde. Les maisons reflétaient les habitants, sobres mais chaleureuses, suffisamment proche de ces voisins tout en gardant une part d'intimité. Les jardins bien entretenus ne laissaient aucune place à la surprise, presque tous identiques mise à part quelques subtils détails révélant ainsi un trait de personnalité unique de celui à qui il appartenait. De minces détails presque invisible aux yeux d'un novice mais flagrant pour les résidents.

Dans une petite maison, un peu reculée du centre du village, une jeune femme s'occupait de son potager. Même de dos on ne pouvait que remarquer sa beauté. Ces longs cheveux brun ondulaient jusqu'à la chute de ces reins au grès du vent, sa peau se mariait à merveille avec le soleil de cette région. Elle chantait paisiblement couvrant à peine la sérénade des oiseaux. Une douceur infinie émanait d'elle, ces gestes étaient emplies de grâce et par moment on aurait presque pu croire que la végétation répondait à son contact. Bien sûr ça ne pouvait pas être vrai, mais par moment on aurait vraiment pu le croire. Un simple anneau de métal ornait son doigt, preuve qu'un homme aurait bientôt la chance de vire à ces côtés. En levant là main, elle le regarda luire au soleil et sourit en pensant que le grand jour allez enfin arriver. Elle l'avait imaginé, depuis qu'elle n'était encore qu'une toute petite fille, ce jour exceptionnel qui ferait d'elle une femme respectable. Son promit était un jeune homme courageux et aimant qui n'hésitez pas à travailler avec acharnement pour lui offrir le mariage de ces rêves. Ils avaient le même âge et se fréquentaient depuis quelques années maintenant. Au début elle n'était pas vraiment sûr que ce soit lui son grand amour mais il était parvenu à la conquérir en l'invitant à de longues balades au claire de lune, ainsi qu'à des piques niques en pleine nature. Il lui rapportait des fleurs presque tout les deux jours, mais surtout il s'était accroché là ou les autres avaient depuis longtemps renoncé. Tout en prenant son temps pour se rapprocher d'elle. Il avait su braver les étapes pour réussir à l'embrasser après presque une année. Elle avait alors dix sept ans, ces formes généreuses attiraient les regards des hommes, qu'ils soient de son âge ou pas, on la convoitait, on la désirait mais elle n'y prêtait aucune sorte d'attention.

Pour elle, une femme ne devait avoir qu'un seul homme dans sa vie et le sien elle l'avait trouvé. Depuis, ils avaient fait connaissance de leur futur belle famille et se rendaient ensemble aux fêtes données au village. Ils formaient un très beau couple, tous s'accordaient pour dire que leurs enfants seraient sublime, d'une beauté presque surnaturel. Beaucoup d'hommes auraient aimé être à la place de celui qui avait le droit de l'embrasser mais elle ne regardait que lui, son futur, celui qui lui offrirait une famille. Il la demanda en mariage le jour de ces dix neufs ans, après deux ans de baisers de plus en plus passionnés, il en voulait plus, souvent, il laissait ces doigts s'aventurer à toucher cette peau qui hantait ces rêves, seulement elle se réservait, elle voulait être pure pour le plus beau jour de leurs vies. C'est ainsi que durant une année, elle lui parla mariage alors que lui ne rêvait que d'une chose, se glisser sous sa robe. À ce moment là, Julie réalisa que l'amour était une chose étrange mais qui restait impuissant face au besoin charnel d'un homme.

Remus rentrait de sa dernière campagne de pêche, ça faisait six mois qu'il ne l'avait pas vu , il était plus qu'impatient de mettre pied à terre. Le jeune homme d'à peine vingt ans comptait les jours qui le séparait de son mariage, cela faisait déjà presque un an qu'il organisait tout avec Julie, sa fiancée. Ils n'étaient pas très riche mais ils voulaient que ce jour soit particulier et pour se faire, Remus devait partir régulièrement en mer pour rapporter plus d'argent. La datte était fixée pour dans deux semaines et après, enfin, il pourrait se fondre en elle. Il en rêvait, ces coéquipiers se moquaient de lui en lui expliquant que c'était là, la plus grande force des femmes, vous faire rêver avant de vous passer la corde au cou. Mais le jeune pêcheur s'en fichait, il n'écoutait pas les autres, il ne rêvait que d'elle et de sa peau matte, de sa longue chevelure d'un noire presque abyssale dans qu'il souhaitait empoigner en se fondant en elle et de ces grands yeux bleus lui rappelant tant l'océan par une belle journée calme qui finiraient par l'endormir après sa nuit de noce. Il savait qu'il avait attendu plus que bien d'autre certes mais il l'aimait aussi, dès la minute où il l'avait vu il en était tombé fou amoureux. Ça n'a n'avait rien eu de facile de la séduire, il avait du se montrer patient, rien que pour un regard il dut attendre presque deux semaines et encore deux de plus pour une parole mais bientôt elle serait à lui, dans quelques jours, il ferait d'elle une femme. Dans deux semaines tout le village ferait la fête et boirait à leurs honneurs, ils seraient bénis des dieux et vivraient heureux jusqu'à leurs morts, il en était sûr.

Le port se dessinait à l'horizon, plus il s'en rapprochait et plus le jeune Remus sentait son cœur battre la chamade. La coque du bateau s'approcha suffisamment du bord pour qu'il puisse sauter par dessus et il s'élança dans les rues jusqu'à arriver face à la maison de sa promise. Comme souvent elle était dans le jardin à s'occuper des plantes, il se faufila dans son dos et la saisit dans ces bras, ce faisant, il sentit tout de suite qu'il y avait un problème. La jeune femme se retourna, son sourire était radieux, ces yeux encore plus bleus que dans ces souvenirs mais le problème ne venait pas de là, mais plutôt du ventre rond qu'elle tenait dans ces mains. Le cœur du jeune homme sembla défaillir, son souffle se fit court, ces oreilles bourdonnaient alors qu'elle continuait à sourire comme si tout était normal sauf que rien n'allait. Il s'effondra à genoux face à l'amour de sa vie, pleurant tout en la maudissant pour sa trahison. Comment avait elle pu lui faire ça, le tromper alors qu'il se tuait au travail pour lui offrir une meilleure vie, comment avait elle pu s'offrir à un autre, lui qui n'avait eu le droit qu'à quelques baisers, à chaque fois que sa main s'était aventurée au delà du tissu, elle l'avait recadré, lui intimant d'attendre leur mariage et là elle affichait ce ventre rond sans le moindre scrupule. Il aurait pu la frapper si il avait écouté cette rage qui s'éveillait en lui mais l'image de son doux visage l'en empêcha.

Julie ne comprenait pas ce qu'il se passait, c'était pourtant lui qui était venu la visiter pendant qu'elle dormait. Lui qui avait insisté pour qu'elle s'offre enfin prétextant qu'il risquait sa vie pour eux face aux flots capricieux de l'océan. Lui qui lui avait assuré qu'il l'aimait plus que tout au monde et qu'il vivrait avec elle jusqu'à la fin de ces jours. Alors pourquoi réagissait il comme ça ? Pourquoi semblait il choqué qu'elle attende leurs enfants ? Pourquoi semblait il si en colère alors qu'elle lui avait donné ce qu'il attendait d'elle ? Remus se releva incapable de regarder le grand amour de sa vie et sortit du jardin en même temps qu'il disparut de sa vie. Il annula le mariage et ne vient plus jamais la revoir. Même quand après quelques mois, alors qu'elle souffrait, couverte de sueur pour expulser cet enfant d'elle, il l'entendit crier, avant de percevoir les pleurs du nouveau né en passant devant chez elle. Même à ce moment là, il ne détourna pas la tête. La jeune mère prit alors une grande décision et quitta son petit village avec sa petite fille juste née, à peine remise de son accouchement, elle se dirigea vers une plus grande ville dans l'espoir d'un avenir meilleur et s'installa à Londres dans une petite maison.

Mya était une enfant solitaire, elle ne se mélangeait pas vraiment aux autres. Pas que ces derniers n'ait pas essayé, mais elle ne semblait pas désirer ce type de contact. Elle passait la majeure partie de son temps à faire de la balançoire dans le parc qui se situait au bout de sa rue. Elle n'avait que cinq ans, mais il y avait à peine deux cent mètres à parcourir de chez elle et sa mère la laissait y aller en la surveillant du pas de sa maison. Là, elle se sentait bien, à flotter dans les aires, encore et encore jusqu'à ce que ces petites jambes n'aient plus la force de la pousser. Quand enfin ça arrivait, après de longues heures, elle s'installait sous un grand chêne et laissait les animaux l'approcher. Le petite avait un don avec ces derniers, depuis qu'elle était née, ils venaient à elle et sa mère avait plus d'une fois eu la peur de sa vie en découvrant des serpents, des oiseaux ou encore un rat sans son berceau. Depuis, Julie s'était habituée, elle savait que sa fille était unique et que ce n'était qu'une part de sa personnalité, mais tout ceci ne faisait qu'isoler d'avantage la fillette. Parfois, l'enfant semblait en pleine conversation avec un animal, elle répondait à des questions qu'elle seule pouvait entendre. Les autres finirent par la laisser dans son coin, dans sa bulle où seul les non humains avaient le droit d'entrer. À l'école, elle restait reculée, ne s'intéressait pas vraiment au cours bien qu'elle parvenait sans peine à se hisser en haut du classement scolaire traditionnel. À chaque fois que son institutrice essayait de la faire participer, elle restait dans un coin de la classe et regardait par la fenêtre les écureuils courir de branches en branches dans les arbres de la cour. Les matières ne l'intéressaient pas, elle les trouvait fade et sans saveur, rien n'était nouveau et quand sa maîtresse parlait, elle ne parvenait pas à capter son attention bien longtemps. Finalement, même l'enseignante arrêta d'essayer, elle la laissa faire ce que bon lui semblait, abandonnant, fermant les yeux, jusqu'à ce que la fillette devienne presque invisible pour tous.

Chapitre 3 Chapitre 2 Il était une fois

Ce fut le jour de ces six ans que le premier « incident » arriva, elle était sur la balançoire comme à son habitude, sa chevelure de jais battant au rythme des mouvements de ces jambes, lorsqu'un bruit l'interpella. Un groupe de garçons se tenaient les uns contre les autres un peu à l'écart, formant un cercle imaginaire autour de quelque chose qu'elle ne voyait pas. Soudain curieuse, elle stoppa la balançoire pour descendre, s'avança timidement, presque peureusement, de crainte d'être confrontée à ces autres personnes, pour les voir lancer des cailloux sur un chaton blessé.

Tout se passa en une fraction de seconde, sans comprendre ce qu'elle faisait, ces mains bougèrent, ces doigts aussi et les enfants furent projetés en arrière alors qu'une pluie de projectiles rocailleux leurs tombaient dessus, implacable, les châtiant pour leurs fautes. Imperturbables face aux cris qui retentirent, elle s'avança vers la petite boule de poile noir et le porta dans ces bras, en larmes, avant de rentrer chez elle en courant. Trente minutes après, une horde de parents furieux venaient frapper à sa porte et bien qu'elle se réfugia derrière sa mère, elle trembla de peur, pour la première fois de sa courte vie, quand ils la traitèrent de monstre.

Mya comprenait qu'elle avait fait une bêtise, mais ne voyait pas vraiment ce qu'il y avait eu de mal à défendre un animal en souffrance, pourtant sa mère pleura, longtemps, très longtemps et le lendemain elle l'informa qu'elles allaient devoir déménager. Julie n'expliqua rien à sa fille, ni sur ces pouvoirs, si sur ce qui s'était passé, elle se contenta de ranger leurs quelques affaires dans des valises poussiéreuses avant de prendre le train pour aller à la campagne et ainsi tout recommencer. Mais maintenant, à chaque fois qu'elle laissait la fillette s'éloigner un peu, elle la mettait en garde « Surtout tu dois faire attention. Ne te mets pas en colère et tout se passera bien. ». Ces mots étaient devenus une doctrine que Julie répétait inlassablement. Les jours semblaient plus doux à la campagne, Mya y trouvait un magnifique terrain de jeu rempli d'animaux en tout genre qu'elle n'avait de cesse de visiter. Si bien que tout les fermiers du coin la connaissait et l'écoutait quand elle leur disait qu'une vache souffrait ou qu'une brebis allait mettre bas dans la nuit car tous savaient, que la fillette avait un don pour communiquer avec les animaux, pour les apaiser et ça ne les gênait pas tant qu'elle n'entrait pas chez eux. L'enfant réalisa alors du haut de son jeune âge que la différence pouvait faire peur mais qu'elle était tolérée quand elle faisait du bien aux gens. Les années s'écoulèrent paisiblement pour la mère et la fille jusqu'à ce que Mya arrive à ces dix ans.

À dix ans, Mya était déjà une magnifique jeune fille, prémices d'une adolescente encore plus belle, ces yeux bleus ensorcelaient les garçons de son âge et ces longs cheveux noire rendaient jalouses les filles de sa classe. Elle restait toujours isolée des autres mais le sexe opposé commençait à lui tourner autour et prenait de plus en plus d'assurance pour venir l'aborder. Souvent en groupe, ils l'attendaient à la sortie de l'école pour essayer de gagner ces faveurs, un regard, un sourire, un geste. Elle les ignorait comme toujours mais une fois, il y eu un jeune garçon, un peu plus téméraire que les autres. Il la suivit sur le chemin du retour si discrètement qu'elle ne le remarqua pas. Elle s'accorda comme souvent une pause jusqu'au lac et resta les pieds dans l'eau à se gorger de cette quiétude. Perdu dans ces pensées, elle ne comprit que trop tard que quelqu'un d'autre était là, c'est à ce moment que l'enfant essaya de lui voler son premier baiser. La réponse fut instinctive, presque primaire, un flux d'énergie l'enveloppa, tournoya autour d'elle avec une telle force qu'il projeta l'enfant qui chuta sur le sol en se brisant un bras. Ce dernier pleurait, hurlait qu'il avait mal, pourtant aux yeux de Mya, il n'y avait que ces visages déformés par la colère lui hurlant qu'elle était un monstre, une abomination de la nature, une créature à abattre, souvenir si vite ravivé par la situation. Elle fuit aussi loin que ces jambes la portèrent et se cacha sous un peuplier, certaine que ces branches la couvriraient et que personne ne la trouverait. La nuit était déjà tombée quand sa mère la trouva recroquevillée sur elle, à même le sol, grelottant de tout son corps bien qu'une étrange couche de mousse la protégeait, un peu comme si la végétation l'avait recouverte pour la protéger. Elle transporta sa fille dans ces bras jusqu'à chez eux et le lendemain alors que Mya croyait qu'elle allait se faire gronder, sa mère resta silencieuse et l'envoya à l'école comme tout les jours. Ce jour là, la fillette apprit une nouvelle leçon, la différence est tolérée quand elle est bienveillante mais quant on s'en prends à un autre, on est juste craint, pire, on devient un monstre et plus rien ne peut revenir à la normal.

Tout les autres enfants étaient au courant de ce qui s'était passé, dans un si petit village tout allait vite, et les rumeurs étaient à peut près la seule distraction encore à portée de main de tous. En arrivant à l'école, elle les entendit chuchoter sur son passage et s'éloigner dès qu'elle s'approchait. Ils la fuyaient. Au fond d'elle, elle ne put qu'en être soulagée, enfin, se dit elle, enfin ils comprennent que je n'ai rien à faire avec eux. À ces yeux, les autres n'avaient pas vraiment d'intérêt, elle n'allait en cours que pour obéir à sa mère alors leurs refus de l'approcher lui apporterait peut être la paix. Finalement, ils ne faisaient que fouler le même sol tout en évoluant dans des bulles différentes. Malgré les rumeurs enflant sur Mya, une petite fille de son âge finit par la rejoindre pendant une récréation. Sur le cou, Mya ne sut pas vraiment comment réagir, jusqu'à ce qu'elle l'entende lui parler de sa petite voix fluette.

- Je m'appelle Héléna, je suis assise juste derrière toi en classe. Tu sais, c'est pas parce les autres ne te comprennent pas qu'on est tous dans ce cas là. Tu n'est pas la seule à être spéciale. On pourrait devenir amies, je te montrerai ce que je sais faire.

Elles n'avaient rien en commun, l'une brune à la peau halée et au regard bleu perçant, l'autre blonde à la peau claire avec des yeux verts vifs et pleins de vie. Le Ying et le Yang, deux exacts opposés que leurs différences allaient rapprocher. C'était la première fois qu'un autre enfant réussissait à l'approcher. La première fois qu'elle décidait de s'ouvrir à un être vivant. Elles étaient rapidement devenue inséparable Héléna passait souvent chercher Mya et à l'abri des regards, elles s'entraînaient et découvraient ensemble leurs limites. Pour Héléna, tout coulait de source, elle savait parfaitement ce qu'elle était, une sorcière, tout comme sa mère. Cette dernière lui avait alors expliqué à contrôler ces pouvoirs jusqu'à ce qu'elle ait l'âge de s'en servir librement. Elle lui en apprit plus que quiconque sur ce monde étrange auquel elles appartenaient, ces règles ainsi que les écoles dédier à leurs arts et les autres espèces. Mya essaya de s'imaginer, toutes ces créatures encore inconnues pour elle, cette nuit là, elle rêva de Vampires et de Loups Garou, de Gobelins et d'Elfes, ça n'avait rien à voir avec un cauchemars au contraire. Il y avait aussi une autre créature, quelque chose qu'elle ne parvenait pas à voir mais qui les rassemblaient tous. Au petit matin, avant l'école, elle questionna sa mère sur ces origines, son père inconnu, du bout des lèvres Julie du admettre qu'elle était une sorcière mais que son père n'avait rien de magique. Elle ne sut quoi lui répondre d'autre car elle ne comprenait toujours pas pourquoi le seul homme à qui elle s'était offerte l'avait quittée du jour au lendemain, la laissant seule avec leur fille.

Les petites filles grandirent côte à côte, cultivant leurs différences, elles se fichaient de ce que les autres disaient d'elles, des rumeurs à leurs sujets, des regards noirs sur leurs passages. Héléna parlait, sautillait, riait pendant que dans son ombre Mya la suivait du regard, apprenait d'elle. Lorsque Héléna parla pour la première fois du château de Berwickshire, son amie s'interrogea, aurait elle le droit d'aller étudier au milieu des siens plutôt que dans une école classique pour enfants ordinaires ? Pourrait elle à son tour découvrir ce monde inconnu qui n'attendait qu'elle ? Elle en parla à sa mère, du bout des lèvres, lui expliqua qu'elle désirait vraiment s'y rendre, qu'elle voulait voir de ces yeux ce qu'elle ne faisait qu'imaginer. Au début Julie, protectrice, n'était pas vraiment d'accord, elle n'imaginait pas sa seule enfant loin d'elle, pourtant une sensation étrange au fond d'elle la poussa à accepter, un sentiment particulier lui intimant de la laisser partir pour évoluer, grandir et devenir une femme. Les deux jeunes filles durent attendre encore deux ans avant d'avoir l'âge requis mais quand elles reçurent leurs lettres d'admissions, rien ne parvenait plus à les faire tenir en place. Ce fut la première fois que Julie vit sa fille manifester un tel intérêt, une telle joie de vivre qui lui avait toujours été étrangère. Julie en profita, savoura chaque instant de cette préparation et elles allèrent ensemble chercher ces fournitures scolaires avant de boucler ces valises. Elle la regarda s'éloigner sur le quai de la gare, la saluât par la fenêtre, retenant ces larmes, tout en sachant qu'elle la lâchait dans l'inconnu.

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