Dans ma vie antérieure, mon obsession pour Julien Dubois a détruit ma famille et mon monde.
Je me suis retrouvée seule, ruinée, le cœur brisé par celui qui a pillé mon héritage et conduit mes parents à leur perte.
Puis, la mort.
Mais la vie m'a offert une seconde chance.
Je me suis réveillée le jour de mes 25 ans, mes parents bien vivants, les dossiers de potentiels fiancés étalés devant moi, dont celui de Julien.
Le Julien responsable de mon passé tragique.
Aujourd'hui, mon cœur ne bat plus pour lui, seulement une froide détermination à changer mon destin.
Mes parents s'inquiètent de ma fascination passée, mais ma décision est prise.
Je ne choisirai aucun de ces héritiers des plus grandes familles de France.
Ma promesse, mon avenir, dépendront d'une dégustation à l'aveugle, un choix peu orthodoxe aux yeux de tous.
C'est là que j'ai choisi Matthieu Lemaire, l'héritier discret des parfumeurs, pour préserver mon héritage et bâtir ma revanche.
Mais Julien Dubois, aveuglé par son orgueil et son désir de possession, n'allait pas me laisser partir si facilement.
Il a multiplié les humiliations publiques, m'offrant le spectacle de sa nouvelle conquête, Camille.
Puis, il m'a fait enlever, forçant ma main pour signer un contrat de fiançailles dément.
À genoux, humiliée, battue, j'ai signé, mais le sourire cruel de sa mère et le regard triomphant de Julien masquaient la vérité.
Ils croyaient avoir gagné.
J'avais déjà planifié ma vengeance, une riposte qui allait faire tomber tout l'empire des Dubois.
Comment Élodie de Valois, autrefois si naïve, allait-elle transformer cette humiliation en l'arme la plus redoutable pour anéantir ceux qui l'avaient brisée ?
Et quel rôle Matthieu Lemaire, l'homme discret choisi par le destin, jouerait-il dans cette renaissance ?
Le jour de mes fiançailles, la vérité éclaterait, et les Dubois, loin d'être les triomphateurs, allaient découvrir l'étendue de mon nouveau pouvoir.
Dans ma vie antérieure, mon obsession pour Julien Dubois a détruit ma famille.
Il était le banquier d'investissement le plus en vue de Paris, charismatique mais arrogant. Sa famille, les Dubois, était riche, mais aux yeux de l'aristocratie française, ils n'étaient que des « nouveaux riches ».
Mon père, le patriarche de la dynastie vinicole de Valois, la plus ancienne de France, s'était opposé à notre union. Il disait que Julien n'était motivé que par l'ambition et un complexe d'infériorité.
Je n'ai pas écouté.
J'ai épousé Julien, et comme mon père l'avait prédit, il a utilisé notre mariage pour piller les actifs des de Valois. Notre empire s'est effondré. Mes parents sont morts de chagrin. Et moi, j'ai fini ma vie tragiquement, seule et ruinée.
Maintenant, je suis de retour.
C'est le jour de mon vingt-cinquième anniversaire. Mes parents, bien vivants, me présentent les profils des héritiers les plus convoités de France. Leurs visages sont pleins d'attentes.
« Élodie, ma chérie, il est temps de penser à une alliance stratégique. »
Leurs voix sont douces, mais je sais ce qu'ils pensent. Ils s'inquiètent de ma fascination passée pour Julien.
Sur la table, parmi les dossiers luxueux, se trouve celui de Julien Dubois.
Dans ma vie précédente, j'aurais sauté dessus, le cœur battant.
Aujourd'hui, je le regarde avec un froid glacial.
« Je ne choisirai aucun d'entre eux, » dis-je calmement.
Mes parents échangent un regard inquiet.
« Ma décision sera prise lors d'une dégustation de vin à l'aveugle. L'héritier dont je choisirai le vin deviendra mon fiancé. »
Le silence dans le grand salon du château est total. C'est une décision sans précédent, presque un affront aux conventions.
Mon père fronce les sourcils. « Élodie, c'est... peu orthodoxe. »
« C'est ma décision, » je réponds, ma voix ne tremblant pas.
La dégustation a lieu. Des dizaines de bouteilles, représentant les plus grandes familles de France, sont alignées, leurs étiquettes cachées.
Je passe devant le vin de Julien sans même un regard. Mon palais, hérité de générations de vignerons, cherche autre chose.
Finalement, je m'arrête devant un verre. Un vin subtil, complexe, avec des notes que je n'ai jamais goûtées. Il est élégant, discret, mais plein de caractère.
« Celui-ci. »
Le sommelier révèle l'étiquette. Le vin provient d'un petit domaine près de Grasse, appartenant à la famille Lemaire, les célèbres parfumeurs.
L'héritier est Matthieu Lemaire. Un homme connu pour sa nature réservée, presque monacale, passionné de botanique et totalement désintéressé par les affaires du monde.
Le choix parfait. Un homme qui ne cherchera jamais à dévorer mon héritage.
Mes parents sont surpris, mais ils acceptent.
« Très bien, » dit mon père. « Mais nous garderons les fiançailles secrètes pour le moment, jusqu'à l'annonce officielle. »
J'acquiesce. Le secret est mon allié.
Quelques semaines plus tard, une vente aux enchères de charité a lieu au Louvre. C'est l'événement social de la saison.
À peine arrivée, les journalistes m'assaillent.
« Mademoiselle de Valois, est-il vrai que vous et Monsieur Dubois allez bientôt annoncer vos fiançailles ? »
« Les rumeurs circulent depuis des mois ! »
Je reste silencieuse, mon visage impassible.
Soudain, la foule s'écarte. Julien Dubois apparaît, la main tenant fermement celle de Camille Laurent. Camille est la fille d'un petit fonctionnaire, elle a l'air douce et vulnérable. Dans ma vie passée, j'ai appris qu'elle était une manipulatrice experte.
Julien me voit. Un sourire méprisant se dessine sur ses lèvres. Il lève la main de Camille et l'embrasse devant tous les flashs.
« Mon cœur appartient à Camille, et à elle seule, » déclare-t-il à voix haute. « Je méprise ces alliances arrangées par des familles qui ne pensent qu'à leur statut. L'amour véritable est la seule chose qui compte. »
L'humiliation est publique, brutale. Les murmures fusent autour de moi.
« Pauvre Élodie de Valois... »
« Rejetée pour une fille sans nom. »
Je ne ressens rien. J'ai déjà vécu cette scène. Cette douleur. Cette fois, ce n'est qu'un spectacle.
Plus tard, pendant le dîner, Julien s'approche de ma table. Il est seul.
« Tu as orchestré tout ça, n'est-ce pas ? » siffle-t-il, le visage tordu par la colère. « Me faire passer pour le méchant pour que ta famille me force à t'épouser ? »
Je le regarde sans un mot.
À ce moment, Camille arrive en courant, les larmes aux yeux.
« Élodie ! Comment as-tu pu faire ça ? » sanglote-t-elle. « Mon père... il vient de perdre son travail. C'est toi ! Tu utilises ton influence pour nous détruire ! »
C'est un mensonge. Je n'ai rien fait.
Mais Julien, aveuglé par sa rage et son complexe d'infériorité, y croit.
« Monstre ! » hurle-t-il.
Un majordome passe, portant un lourd catalogue d'art. Julien l'arrache de ses mains et le jette violemment dans ma direction.
Le coin du livre heurte mon front. La douleur est vive. Je sens un liquide chaud couler sur ma tempe.
Le sang.
Autour de nous, c'est le silence, puis des halètements choqués. Camille a un petit sourire satisfait. Julien me regarde, le souffle court, mais sans aucun remords.
Je touche mon front, mes doigts reviennent rouges.
Mes parents se précipitent vers moi, leurs visages pâles d'inquiétude.
« Élodie ! Mon Dieu ! »
Mon père me serre dans ses bras. Je me laisse faire, sentant une vague de soulagement m'envahir. Cette fois, ils sont là. Cette fois, je ne suis pas seule.
Cette fois, j'ai fait le bon choix.