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L'Épouse Imprévue

L'Épouse Imprévue

Auteur:: Plume Douce
Genre: Romance
« J'ai désespérément besoin d'argent pour les soins médicaux de ma grand-mère. Je prendrai la place de Maéva en tant qu'épouse de Nathan dès que j'aurai réuni assez d'argent. » Quand sa sœur Maéva s'enfuit la veille de son mariage, Lila est contrainte de prendre sa place et d'épouser Nathan, un homme influent et impitoyable, réputé pour ses nombreuses conquêtes. Ce mariage de substitution ne devait être qu'une façade, le temps pour Lila d'obtenir l'argent dont elle a besoin, avant de réclamer le divorce. Mais au-delà des apparences et du pouvoir, un jeu inattendu d'émotions se tisse entre eux. Et si le cœur se révélait plus imprévisible que prévu ?

Chapitre 1 Chapitre 1

« J'ai désespérément besoin d'argent pour les soins médicaux de ma grand-mère. Je prendrai la place de Maéva en tant qu'épouse de Nathan dès que j'aurai réuni assez d'argent. »

Quand sa sœur Maéva s'enfuit la veille de son mariage, Lila est contrainte de prendre sa place et d'épouser Nathan, un homme influent et impitoyable, réputé pour ses nombreuses conquêtes. Ce mariage de substitution ne devait être qu'une façade, le temps pour Lila d'obtenir l'argent dont elle a besoin, avant de réclamer le divorce. Mais au-delà des apparences et du pouvoir, un jeu inattendu d'émotions se tisse entre eux. Et si le cœur se révélait plus imprévisible que prévu ?

Lila serrait la lettre contre elle, incapable de détacher son regard des mots qui semblaient s'enfoncer profondément dans son cœur. « Opération urgente. Risques élevés. Coût estimé : 45 000 euros. » Ces chiffres dansaient devant ses yeux, devenant flous sous le poids des larmes qu'elle retenait. Assise dans la petite cuisine de l'appartement qu'elle partageait avec sa grand-mère, Lila se sentait piégée. Les murmures de la vieille horloge résonnaient dans le silence, accentuant l'angoisse qui se tordait en elle. Elle inspira profondément, mais l'air semblait trop épais, oppressant.

« Comment vais-je... » murmura-t-elle pour elle-même, cherchant désespérément une solution. Elle savait que sans cette opération, sa grand-mère n'avait aucune chance de survivre.

Elle était sur le point de relire la lettre quand la porte d'entrée s'ouvrit brusquement. Maéva entra en trombe, le souffle court, son visage crispé par une peur palpable.

« Lila, il faut que je te parle, maintenant, » dit Maéva, ses yeux brillant d'une panique qu'elle ne tentait même pas de dissimuler. Elle déposa ses talons hauts sur le sol et croisa les bras, mal à l'aise dans sa robe de soirée trop élaborée.

Lila fronça les sourcils, perplexe devant l'urgence soudaine de sa sœur. « Qu'est-ce qui se passe ? »

Maéva tourna nerveusement autour de la table, ses mains tremblant légèrement. Elle finit par s'arrêter face à Lila, la fixant avec intensité.

« Je ne peux pas... Je ne peux pas me marier avec Nathan demain, » avoua Maéva dans un souffle. Lila resta silencieuse, choquée par cette déclaration.

« Quoi ? Mais... tout est déjà organisé. Demain, c'est le grand jour. Qu'est-ce que tu veux dire par "tu ne peux pas" ? » demanda Lila, son ton oscillant entre la surprise et l'inquiétude.

« J'ai fait une énorme erreur, Lila. » Maéva baissa les yeux, incapable de soutenir le regard de sa sœur. « Je... je ne suis pas prête. Je n'ai jamais voulu de ce mariage. Nathan est un homme froid, calculateur. C'est un mariage arrangé, tu le sais bien. Il ne se soucie pas de moi, et je ne peux pas... Je ne veux pas passer ma vie avec lui. »

Lila sentit son cœur s'accélérer. La pression s'accumulait de toutes parts. Entre la santé de sa grand-mère et les décisions irréfléchies de Maéva, elle sentait que le sol se dérobait sous ses pieds.

« Maéva, tu ne peux pas simplement... t'enfuir comme ça. » Lila se leva, cherchant des mots pour raisonner sa sœur. « Tu sais ce que ça signifierait pour notre famille. Tu sais que sans ce mariage, tout peut s'effondrer. »

Maéva secoua violemment la tête. « Je m'en fiche ! Je ne peux pas épouser un homme que je déteste. Et toi, tu le ferais ? Tu pourrais te lier à quelqu'un pour l'argent et les apparences ? »

Lila détourna le regard, troublée. Le poids des responsabilités commençait à l'écraser. Elle savait que Maéva avait raison. Ce mariage n'était rien de plus qu'un pacte financier entre leur famille et la puissante famille de Nathan. Mais ce pacte était aussi la seule chose qui leur permettrait de survivre.

« Je ne suis pas toi, Maéva, » murmura Lila, sa voix presque cassée. « Je n'ai pas le choix. »

Maéva lui attrapa les mains, son regard devenant suppliant. « S'il te plaît, Lila. Je t'en prie... Couvre-moi. Prends ma place, juste pour demain. Gagne du temps pendant que je trouve une solution. »

Lila recula, comme frappée par la suggestion. « Quoi ? Tu veux que je prenne ta place ? » Elle secoua la tête, abasourdie. « C'est insensé, Maéva. Comment pourrais-je faire ça ? »

Maéva plaqua ses mains contre ses joues, désespérée. « S'il te plaît. Il ne s'en rendra pas compte immédiatement. Je trouverai un moyen de tout arranger après. Mais je ne peux pas le faire, Lila. Je ne peux pas ! »

Lila sentait son estomac se nouer. Elle s'était toujours sentie responsable des choix impulsifs de sa sœur, mais cette fois, la demande était bien trop lourde. Elle regarda autour d'elle, ses yeux tombant à nouveau sur la lettre de l'hôpital. Le montant exorbitant des soins dont sa grand-mère avait besoin semblait graver dans son esprit une route unique, sans échappatoire.

Prendre la place de Maéva... Se marier à Nathan... Obtenir l'argent nécessaire... et ensuite fuir avant que tout ne s'effondre. L'idée était complètement folle, mais c'était peut-être la seule option qui s'offrait à elle.

« C'est pour Mamie, Lila, » murmura Maéva, comme si elle lisait dans ses pensées. « Tu sais que sans cet argent, elle n'aura aucune chance. Et Nathan ne saura rien avant des semaines, tu verras. »

Lila resta silencieuse, luttant intérieurement. Elle savait que sa sœur ne pouvait pas s'échapper de cette situation seule. Mais pouvait-elle réellement prendre cette place ? Devenir une autre, même temporairement ?

Le visage de leur grand-mère lui revint à l'esprit. Sa douceur, sa force, et surtout, la douleur dans ses yeux chaque fois qu'elle devait faire semblant d'aller bien. C'était pour elle. Peut-être que c'était le seul moyen de lui offrir cette chance, ce miracle médical.

« Si je fais ça... » commença Lila, hésitante. « Si je fais ça, tu devras tout arranger rapidement. Je ne peux pas rester mariée à lui. »

Maéva hocha la tête frénétiquement. « Je te le promets. Juste quelques jours, une semaine au plus. Après ça, je reviendrai et tout sera fini. »

Lila serra les poings, ses ongles s'enfonçant dans la paume de ses mains. « Très bien, » dit-elle enfin, sa voix faible mais résolue. « Je vais le faire. »

Maéva soupira de soulagement et prit Lila dans ses bras. « Merci, Lila. Je te revaudrai ça, je te le jure. »

Mais Lila, tandis qu'elle était entourée par les bras de sa sœur, ne ressentit aucune victoire, aucun soulagement. Seulement un gouffre béant qui s'ouvrait sous elle. Ce pacte, cet accord impossible, allait la changer. Elle le savait.

La nuit tomba rapidement sur la petite ville, et Lila se retrouva seule, allongée dans son lit, les yeux fixés sur le plafond. Le mariage aurait lieu dans quelques heures à peine. Demain matin, elle deviendrait « Maéva », l'épouse de Nathan, un homme qu'elle ne connaissait qu'à travers les récits terrifiants de sa sœur.

Nathan était réputé pour être aussi impitoyable dans ses affaires que dans ses relations. On disait qu'il traitait les gens comme des pions sur un échiquier, les utilisant jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de valeur pour lui. Comment pouvait-elle s'en sortir indemne ?

Elle tourna sur le côté, la lettre de l'hôpital encore sur sa table de chevet. Elle savait que cet argent pourrait tout changer. Mais à quel prix ?

Ses paupières lourdes finirent par se fermer, mais son sommeil fut troublé par des rêves de visages flous et de promesses brisées. Au petit matin, elle se réveilla avec un sentiment de vertige. Ce jour-là, elle allait signer un pacte avec le diable, et elle n'avait aucune idée des conséquences à venir.

Lila se tenait devant le grand miroir de la chambre de Maéva, vêtue de la robe de mariée que sa sœur aurait dû porter. Le tissu était doux contre sa peau, mais elle se sentait étrangère à l'intérieur de cette parure luxueuse. Ses doigts tremblaient tandis qu'elle ajustait les derniers détails.

« Ça va aller, » murmura-t-elle à elle-même, tentant de se convaincre. Mais au fond d'elle, un pressentiment tenace refusait de disparaître.

Lila s'avança vers la porte. Une fois franchie, elle ne serait plus Lila. Pas aujourd'hui. Pas tant que ce pacte insensé ne serait pas conclu.

Et pour la première fois de sa vie, elle allait affronter le destin avec un mensonge sur les lèvres.

La lumière douce du matin filtrait à travers les rideaux en soie ivoire, illuminant la vaste pièce où Lila se tenait, figée devant le miroir. La robe de mariée qu'elle portait semblait trop grande pour elle, comme si elle essayait de s'imposer dans un rôle qui ne lui appartenait pas. Le tissu satiné glissait délicatement sur sa peau, froid et étranger. Chaque minute qui passait l'oppressait un peu plus. Le cœur battant à tout rompre, Lila se demandait comment elle avait pu se laisser embarquer dans cette mascarade.

Elle serra les poings, essayant de maîtriser le tremblement qui parcourait ses mains. L'image qui lui faisait face la troublait profondément. Le reflet n'était pas celui de Lila, mais celui de Maéva. La maquilleuse avait travaillé avec soin pour reproduire les traits subtils de sa sœur, les mêmes nuances d'ombres sur ses paupières, le même rouge à lèvres sophistiqué. Même ses cheveux avaient été coiffés de manière identique. C'était Maéva qu'elle voyait.

Chapitre 2 Chapitre 2

« Ça va aller, » murmura-t-elle, mais sa voix ne portait pas. À peine un souffle.

La porte s'ouvrit brusquement, interrompant ses pensées. Un homme entra, imposant, vêtu d'un costume impeccablement taillé. C'était l'assistant de Nathan, un homme froid et professionnel, dont les yeux ne trahissaient aucune émotion.

« Mademoiselle Maéva, c'est l'heure, » annonça-t-il d'une voix monotone.

Lila hocha la tête en silence, incapable de parler. Ses jambes semblaient de plomb, mais elle se força à avancer. Chaque pas la rapprochait de l'autel, chaque pas la liait un peu plus à ce mensonge.

Arrivée à la porte du salon où la cérémonie avait lieu, elle inspira profondément, tentant de calmer les battements erratiques de son cœur. Le moment était venu. Il n'y avait plus de retour en arrière. Lila savait que la suite allait sceller son destin, mais elle ne pouvait plus reculer. La santé de sa grand-mère dépendait de cet accord, et elle ne pouvait pas échouer.

Quand la porte s'ouvrit, une vague d'émotions la submergea. Les invités chuchotaient doucement, tous vêtus de tenues élégantes, leurs regards braqués sur elle. Un silence lourd s'installa lorsqu'elle apparut, traversant la pièce en direction de l'autel. Nathan l'attendait au bout de l'allée, droit comme un piquet, sa silhouette imposante se découpant nettement dans l'ambiance feutrée de la salle.

Nathan Valencian. Cet homme, dont elle ne connaissait que la réputation, se tenait là, froid et distant, ses yeux sombres scrutant chacun de ses mouvements. Il dégageait une aura glaciale, un mélange d'autorité et de menace sous une apparence impeccable. Lila sentit son estomac se tordre sous la tension. Son visage impassible ne laissait rien transparaître de ses pensées, mais elle savait qu'il n'était pas dupe. Nathan n'était pas le genre d'homme à être facilement trompé.

« Maéva, » murmura-t-il en prenant sa main avec une douceur surprenante.

Lila faillit sursauter en entendant ce nom. Pour la première fois, quelqu'un l'appelait ainsi. Son cœur se serra, mais elle se força à sourire légèrement, hochant la tête pour maintenir la façade. Les mots du prêtre résonnaient à peine dans son esprit. Tout était flou, irréel, comme si elle assistait à une scène en dehors de son propre corps. Le « oui » qu'elle prononça sembla résonner comme un écho lointain dans sa propre tête.

« Vous pouvez embrasser la mariée, » annonça le prêtre, sa voix grave brisant le silence solennel.

Nathan s'approcha doucement, ses lèvres effleurant à peine les siennes. Ce contact la glaça, pourtant elle n'eut pas d'autre choix que de répondre à cet acte purement symbolique. Tout n'était que mensonge, tout n'était que façade. Nathan recula aussitôt, sa main toujours posée légèrement sur son bras, la guidant hors de l'autel sous les applaudissements polis des invités.

Le reste de la cérémonie se déroula en accéléré dans l'esprit de Lila. Les félicitations, les regards, les sourires feints. Elle hocha la tête, murmura des remerciements, sans vraiment être présente. Elle n'était plus Lila, mais une version altérée de sa sœur, prise au piège dans ce jeu de dupes. Tout ce qu'elle voulait, c'était fuir.

La réception s'éternisait, les invités semblaient ne jamais vouloir partir. Les rires et les conversations se mélangeaient en un bruit de fond assourdissant. Lila était assise à côté de Nathan, les doigts crispés autour de sa coupe de champagne qu'elle n'avait pas touchée. Chaque mouvement, chaque regard échangé avec Nathan était une épreuve de contrôle. Elle sentait son regard peser sur elle, comme s'il essayait de lire au-delà du masque qu'elle portait.

« Tu as l'air tendue, Maéva, » dit-il soudainement, son ton étrangement doux, mais chargé de sous-entendus.

Lila leva les yeux vers lui, cherchant une réponse. « Je... je suis juste un peu fatiguée, » répondit-elle maladroitement. Elle tenta un sourire, mais ses lèvres tremblèrent légèrement.

Nathan ne répondit pas, mais un léger froncement de sourcils apparut sur son visage, avant de disparaître aussi vite qu'il était apparu. Lila détourna le regard, se concentrant sur les autres convives, cherchant une échappatoire. Le dîner était bientôt terminé, et elle avait un plan. Elle savait qu'elle ne pourrait pas rester plus longtemps.

Cette nuit devait être sa dernière dans cet enfer.

La chambre était vaste, décorée avec une élégance froide qui ne reflétait aucune chaleur. Lila se tenait devant la grande baie vitrée, observant la nuit tomber sur la ville. Les lumières scintillantes au loin lui donnaient un faux sentiment de liberté, comme si le monde à l'extérieur était accessible, alors qu'elle était prisonnière de cette mascarade. Nathan entra dans la pièce derrière elle, silencieux. Elle pouvait sentir sa présence imposante même sans se retourner.

« Ce fut une longue journée, » dit-il d'une voix grave, brisant le silence.

Lila hocha simplement la tête, incapable de trouver les mots. Elle se tenait droite, tendue, espérant qu'il la laisserait tranquille. Mais Nathan n'était pas du genre à ignorer les détails.

« Est-ce que tout va bien, Maéva ? » demanda-t-il en s'approchant d'elle.

Elle tourna légèrement la tête, croisant son regard perçant dans le reflet de la fenêtre. « Oui, tout va bien, » mentit-elle.

Mais Nathan ne semblait pas convaincu. Il fit quelques pas vers elle, réduisant la distance qui les séparait. « Tu sais, » commença-t-il lentement, « ce mariage n'est pas une simple formalité. Tu as accepté d'être ma femme, Maéva. J'espère que tu comprends ce que cela signifie. »

Le ton dans sa voix la fit frissonner. Lila se mordit l'intérieur de la joue, luttant contre la panique qui montait en elle. « Oui, je comprends, » dit-elle, sa voix plus faible qu'elle ne l'aurait voulu.

Nathan inclina la tête légèrement, l'observant avec une intensité qui la mit mal à l'aise. Puis, sans un mot de plus, il se détourna et se dirigea vers la porte de la chambre. « Je vais dans le bureau. Nous parlerons demain, » déclara-t-il simplement avant de quitter la pièce.

Lila resta immobile, ses jambes presque incapables de la porter. C'était maintenant ou jamais. Nathan serait occupé, concentré sur ses affaires. Elle avait prévu ce moment. Elle devait fuir avant que tout ne devienne irréversible. Mais alors qu'elle commençait à se diriger vers la porte, elle entendit un clic distinct. Elle courut pour vérifier la poignée. Verrouillée.

La panique monta en elle alors qu'elle réalisait que Nathan avait pris soin de la piéger. Elle ne pourrait pas sortir de cette chambre. Le plan qu'elle avait soigneusement élaboré s'effondrait, la laissant seule, piégée dans cette prison dorée.

Elle se laissa glisser le long de la porte, la respiration haletante, ses pensées tourbillonnant dans un chaos sans fin. Ses espoirs de fuite s'étaient envolés en même temps que la porte s'était refermée derrière Nathan.

Il savait. Peut-être pas toute la vérité, mais il savait que quelque chose clochait. Et Lila réalisa à cet instant qu'elle ne pourrait pas tromper un homme comme Nathan Valencian aussi facilement qu'elle l'avait cru.

La nuit serait longue, et la partie ne faisait que commencer.

Le silence de la pièce était pesant, seulement rompu par les respirations calmes et régulières de Nathan, assis dans son fauteuil près de la fenêtre. Ses yeux sombres se perdaient dans la vue de la ville illuminée en contrebas. Il avait passé la majeure partie de la nuit dans son bureau, feuilletant des dossiers, mais son esprit était ailleurs, fixé sur une seule chose : Maéva, ou plutôt, ce qu'elle semblait être devenue. Quelque chose clochait, il en était certain.

Depuis leur mariage, elle agissait différemment, comme si un voile de distance s'était subtilement installé entre eux. Il avait appris à déchiffrer les gens, à lire entre les lignes de leurs sourires et de leurs silences. Et cette « Maéva » qui partageait maintenant son quotidien n'était pas celle qu'il connaissait. Cette pensée le laissait perplexe, mais aussi curieusement fasciné.

Lila, quant à elle, se tenait au pied du lit, tournant nerveusement une petite bague autour de son doigt. Chaque seconde dans cette maison la rapprochait un peu plus de la panique. Elle avait échafaudé mille plans dans sa tête pour s'échapper, pour reprendre le contrôle de sa vie, mais Nathan était beaucoup plus intelligent et prévoyant qu'elle ne l'avait anticipé.

« Il va falloir que je trouve un moyen de le convaincre de m'aider... sans qu'il ne se doute de rien, » murmura-t-elle à elle-même en jetant un coup d'œil rapide vers la porte, comme si elle s'attendait à ce que Nathan réapparaisse à tout moment.

La poignée tourna doucement, et son cœur se serra. Il était là, de retour. Nathan entra dans la chambre, sa silhouette imposante coupant l'obscurité. Il se dirigea calmement vers le coin du salon de la suite, une tasse de café fumante à la main, et s'adossa au mur en silence, observant Lila avec cette lueur indéchiffrable dans les yeux.

« Tu n'as pas l'air bien reposée, » remarqua-t-il doucement.

Lila se força à sourire. « La nuit a été... longue, » répondit-elle, jouant nerveusement avec un bracelet à son poignet. Elle n'avait pas dormi du tout, passant des heures à envisager comment échapper à cette situation. Pourtant, maintenant qu'il était face à elle, toute sa stratégie s'éparpillait en morceaux.

Nathan posa la tasse sur une table basse, croisant les bras, son regard toujours rivé sur elle. « Je peux comprendre que les derniers jours aient été éprouvants, mais tu sembles... différente. »

Chapitre 3 Chapitre 3

Lila sentit son estomac se nouer sous la pression. Il la scrutait, cherchant des réponses. Elle prit une grande inspiration, sachant qu'il était temps d'agir avant que les choses ne se compliquent davantage.

« Nathan... » commença-t-elle doucement, sa voix vacillante. « J'ai une demande à te faire. »

Un sourcil se leva sur le visage impassible de Nathan. « Je t'écoute. »

Elle inspira profondément, tentant de trouver les mots justes. « Ma grand-mère... elle a besoin de soins médicaux urgents. Les frais sont exorbitants et... je n'ai pas les moyens. » Sa voix se brisa légèrement à la fin de sa phrase, et elle détourna les yeux, incapable de soutenir son regard intense.

Nathan ne répondit pas immédiatement. Le silence qui suivit fut lourd de tension. Ses yeux restaient fixés sur elle, mais son expression ne trahissait aucune de ses pensées.

« Je vois. » Il prit une pause, réfléchissant, ses doigts tapotant doucement sur l'accoudoir. « Et tu veux que je t'aide financièrement, c'est ça ? »

Lila hocha lentement la tête. Elle aurait voulu tout lui dire, lui expliquer la vérité, que ce mariage n'était qu'un mensonge, qu'elle n'était pas Maéva. Mais elle ne pouvait pas risquer de trahir sa sœur, ni de perdre la chance d'aider sa grand-mère.

« J'ai juste besoin d'une avance, » précisa-t-elle. « Pour que je puisse couvrir ses soins. Après ça, je jouerai mon rôle d'épouse, comme tu le souhaites. »

Cette dernière phrase la fit frémir intérieurement. L'idée de jouer à la femme modèle pour un homme comme Nathan la terrorisait. Mais si c'était le prix à payer pour obtenir son aide, elle n'avait pas d'autre choix. Nathan resta silencieux, ses yeux plissés légèrement, comme s'il pesait ses options.

« Une avance pour les soins de ta grand-mère, » répéta-t-il lentement, laissant la phrase en suspens. « Et en échange, tu t'engages à remplir tes... obligations d'épouse. » Il croisa les bras, l'observant attentivement.

Lila sentit une vague de chaleur monter dans sa gorge. Elle n'aimait pas ce terme, « obligations », mais elle acquiesça doucement, son regard baissé vers le sol.

« Très bien, » finit-il par dire d'un ton neutre. « Je vais m'occuper de ça. Mais, Maéva, il y a une chose que tu dois comprendre. » Il s'approcha, se penchant légèrement pour la forcer à lever les yeux vers lui. « Dans ce mariage, rien n'est gratuit. »

Le cœur de Lila se serra. Nathan s'éloigna à nouveau, reprenant sa tasse de café. « Je m'occuperai des frais pour ta grand-mère. Mais en retour, tu dois être irréprochable à mes yeux. Est-ce que c'est clair ? »

Elle hocha la tête. « Oui... c'est clair. »

Le marché était scellé, même si aucun document n'avait été signé. Lila venait d'accepter un pacte tacite avec cet homme. En échange de sa bienveillance financière, elle devait se comporter en épouse parfaite, jouer le rôle de la femme idéale sans laisser transparaître la moindre faille. Mais au fond d'elle, elle savait que cette situation ne pouvait pas durer éternellement.

Elle devait rester sur ses gardes, car Nathan n'était pas un homme à prendre à la légère. Chaque regard, chaque geste de sa part était calculé, et elle savait qu'il attendait qu'elle fasse un faux pas. Ce marché tacite la liait à lui de manière invisible, mais oppressante.

Les jours suivants furent marqués par une routine froide et calculée. Lila jouait son rôle à la perfection, en apparence du moins. Elle assistait aux dîners mondains, tenait les conversations qu'il fallait avec les invités de Nathan, souriait aux moments appropriés, tout en cachant son véritable malaise. Nathan semblait satisfait de son comportement, mais elle sentait que quelque chose se préparait dans l'ombre, qu'il l'observait, scrutant chaque détail.

Une après-midi, alors qu'ils prenaient un café dans le salon, Nathan brisa le silence d'un ton détaché : « Comment va ta grand-mère ? »

La question prit Lila par surprise. Elle se força à sourire. « Les médecins sont optimistes. Grâce à ton aide, elle a reçu les soins nécessaires. Je te remercie encore. »

Nathan hocha la tête, sans grand enthousiasme. « Je suis content de l'entendre. » Il la regarda un instant, puis ajouta, un brin plus sérieux : « Mais n'oublie pas ce que tu m'as promis, Maéva. »

Ce rappel était lourd de sens. Il n'était pas dupe. Elle le savait. Mais pour l'instant, tant qu'elle jouait bien son rôle, il n'avait aucune raison de remettre en question son engagement. Pourtant, Lila sentait que cette trêve tacite n'était que temporaire, qu'un jour ou l'autre, Nathan exigerait bien plus d'elle. Mais pour l'instant, elle devait tenir bon, maintenir ce fragile équilibre entre mensonge et vérité.

Les semaines s'écoulaient ainsi, dans une tension constante. Lila attendait, guettant le moment où tout s'effondrerait, où Nathan découvrirait enfin la vérité qu'elle s'efforçait désespérément de dissimuler.

Le pacte qu'elle avait scellé avec lui n'était qu'un répit temporaire. Et dans ce jeu dangereux, elle savait qu'il n'y aurait qu'un seul gagnant.

Lila observait son reflet dans le miroir, une silhouette figée dans une robe de soie noire, parfaitement coupée. Le satin glissait délicatement sur sa peau, épousant ses courbes avec une élégance froide et distante. Ses cheveux, relevés en un chignon sophistiqué, dévoilaient son cou gracile, laissant paraître un semblant de sérénité qu'elle ne ressentait pas. Chaque détail de sa tenue avait été choisi avec soin par l'assistante de Nathan, comme si tout cela faisait partie d'une chorégraphie préétablie à laquelle elle devait se soumettre sans jamais vaciller.

Mais à l'intérieur, elle bouillonnait. Le pacte tacite qu'elle avait passé avec Nathan quelques semaines auparavant pesait de plus en plus lourd sur ses épaules. Jouer le rôle de l'épouse parfaite, sourire aux invités, tenir des conversations banales sur des sujets qu'elle ne maîtrisait pas... tout cela devenait un fardeau insupportable. Plus elle se fondait dans ce rôle, plus elle sentait qu'elle perdait une partie d'elle-même.

Le son lourd des pas de Nathan résonna dans le couloir. La porte s'ouvrit doucement et il entra, vêtu d'un smoking noir impeccable, le visage aussi impénétrable que toujours. Ses yeux glissèrent sur elle, scrutant chaque détail de sa tenue comme s'il évaluait une marchandise.

« Tu es parfaite, » dit-il finalement, d'une voix basse et contrôlée.

Lila hocha la tête sans répondre. Elle se doutait que ce compliment n'était qu'une formalité, une partie du rôle qu'il lui avait assigné. Mais ce soir, quelque chose en elle se rebellait contre cette façade. La soirée qui s'annonçait allait la mettre à l'épreuve plus que jamais.

« Le dîner commence dans une heure, » ajouta-t-il en vérifiant sa montre. « N'oublie pas... reste à mes côtés. Ne dis rien d'inapproprié. »

Lila sentit son cœur se serrer à ces mots. Chaque événement mondain auquel elle avait participé jusqu'à présent n'avait été qu'un test de plus pour Nathan, un moyen de voir jusqu'où elle pouvait aller sans se trahir. Mais ce soir, elle savait que quelque chose serait différent.

« Nathan, » commença-t-elle, hésitant un instant avant de poursuivre. « Ce dîner... qui seront les invités exactement ? »

Un léger sourire effleura ses lèvres, presque imperceptible. « Des investisseurs, des partenaires d'affaires. Certains sont... très influents. Il est important que tu restes à ta place. »

Lila hocha à nouveau la tête, mais une question restait suspendue sur ses lèvres. Depuis qu'elle avait emménagé dans cette immense maison avec Nathan, elle avait été plongée dans un monde d'apparences et de non-dits. Elle savait qu'il y avait des choses qu'il lui cachait, des aspects de sa vie qu'elle n'avait pas encore découverts. Mais peu à peu, des indices commençaient à émerger.

« Et... ces affaires ? » osa-t-elle demander. « Que font ces investisseurs exactement ? »

Nathan s'immobilisa un instant, son regard devenant glacial. Il s'approcha lentement d'elle, ses yeux plantés dans les siens. « Ce ne sont pas tes affaires, Maéva. Reste concentrée sur ton rôle, et tout se passera bien. »

Un frisson parcourut le corps de Lila à ces mots. Il n'avait jamais été aussi direct. Elle détourna les yeux, feignant une soumission qu'elle n'éprouvait pas.

Nathan se redressa et, sans ajouter un mot de plus, quitta la pièce. Lila resta un moment immobile, son esprit tourbillonnant de questions. Qui étaient vraiment ces hommes avec qui Nathan travaillait ? Pourquoi ce secret constant autour de ses affaires ? Elle avait l'impression de vivre avec un étranger, un homme dont la véritable nature lui échappait encore.

Elle soupira et se força à respirer calmement. Il était trop tard pour reculer maintenant. Elle devait affronter cette soirée, quoi qu'il en coûte.

Le manoir brillait de mille feux, ses lustres imposants illuminant chaque recoin de la salle de réception. Des hommes et des femmes en tenue de soirée discutaient avec animation, des coupes de champagne à la main, leurs rires et leurs murmures se fondant dans une mélodie discrète de violons. Lila se tenait aux côtés de Nathan, souriant mécaniquement aux invités qui venaient les saluer, répondant poliment aux compliments sur sa beauté ou sa tenue. Chaque sourire lui coûtait un peu plus d'énergie.

« Maéva, ma chère, » s'exclama soudain une voix féminine derrière elle.

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