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L'Écho du Divorce

L'Écho du Divorce

Auteur:: Smoke
Genre: Romance
Le mot « divorce » venait de résonner dans mon atelier, aussi vide et froid que mon mariage avec Camille. Je suis Pierre Dubois, peintre, et ma vie, c'est la couleur, la passion qu'elle, artiste conceptuelle, méprisait au profit d'une spiritualité glaciale. Pendant des années, j'ai tenté d'escalader ce mur qu'elle avait bâti entre nous, persuadé qu'elle était ma muse, mon obsession. Jusqu'à cette nuit, où, attiré par des gémissements venant du salon, j' ai découvert Camille, les yeux mi-clos, caressant une sculpture phallique et murmurant un nom : Lucas. Lucas, son frère adoptif, l'arrogant musicien dont la présence sous notre toit n'était plus maternelle, mais celle d'une amante, et pour qui j' étais un simple paravent. La révélation de leur passion incestueuse et inavouable, que Camille sublimait dans son art, a fait exploser mon monde, mon amour réduit en cendres. Pourtant, le vrai choc restait à venir : après que Lucas m'ait violemment agressé dans un bar, laissant ma tête ouverte et mon honneur bafoué, Camille, mon épouse, a non seulement protégé son "trésor" de frère, mais a permis qu'on me prélève un lambeau de peau pour réparer sa joue égratignée. Comment cette femme, pour qui j'avais tout sacrifié, du temps, de l' énergie, jusqu' à mon art, pouvait-elle afficher une telle cruauté, une telle abjection devant tous ? J'étais devenu une banque d'organes pour son obsession, une saleté sous le pied de son amant. Non, je ne me battrais plus pour elle, je me battrais pour me sauver de la décomposition que Camille incarnait : ma vie devait commencer, loin d'elle.

Introduction

Le mot « divorce » venait de résonner dans mon atelier, aussi vide et froid que mon mariage avec Camille.

Je suis Pierre Dubois, peintre, et ma vie, c'est la couleur, la passion qu'elle, artiste conceptuelle, méprisait au profit d'une spiritualité glaciale.

Pendant des années, j'ai tenté d'escalader ce mur qu'elle avait bâti entre nous, persuadé qu'elle était ma muse, mon obsession.

Jusqu'à cette nuit, où, attiré par des gémissements venant du salon, j' ai découvert Camille, les yeux mi-clos, caressant une sculpture phallique et murmurant un nom : Lucas.

Lucas, son frère adoptif, l'arrogant musicien dont la présence sous notre toit n'était plus maternelle, mais celle d'une amante, et pour qui j' étais un simple paravent.

La révélation de leur passion incestueuse et inavouable, que Camille sublimait dans son art, a fait exploser mon monde, mon amour réduit en cendres.

Pourtant, le vrai choc restait à venir : après que Lucas m'ait violemment agressé dans un bar, laissant ma tête ouverte et mon honneur bafoué, Camille, mon épouse, a non seulement protégé son "trésor" de frère, mais a permis qu'on me prélève un lambeau de peau pour réparer sa joue égratignée.

Comment cette femme, pour qui j'avais tout sacrifié, du temps, de l' énergie, jusqu' à mon art, pouvait-elle afficher une telle cruauté, une telle abjection devant tous ?

J'étais devenu une banque d'organes pour son obsession, une saleté sous le pied de son amant.

Non, je ne me battrais plus pour elle, je me battrais pour me sauver de la décomposition que Camille incarnait : ma vie devait commencer, loin d'elle.

Chapitre 1

Le mot « divorce » a résonné dans mon atelier, aussi vide et froid que mon mariage. Je l'ai prononcé à voix haute, juste pour voir l'effet que ça faisait. Ça n'a rien fait. Le silence qui a suivi était le même que celui qui habitait ma maison, notre lit, ma vie depuis des années. J'étais marié à Camille, mais j'étais seul.

Je suis Pierre Dubois, peintre. Ma vie, c'est la couleur, la texture, la passion que je mets sur la toile. Camille, elle, est une artiste conceptuelle. Son monde est fait de lignes pures, d'idées abstraites et d'une spiritualité glaciale qui m'échappe complètement. Elle était ma muse, mon obsession, et le gouffre dans lequel mon cœur tombait chaque jour un peu plus.

Je me suis levé, mes jointures craquant dans le silence. J'ai contourné la toile vierge qui me narguait depuis des semaines et je suis sorti de l'atelier. La maison était impeccable, chaque objet à sa place. C'était l'univers de Camille, un musée où rien ne devait dépasser, surtout pas les émotions. Je l'ai trouvée dans le salon, en train de méditer sur un coussin blanc. Ses yeux étaient fermés, son visage parfaitement serein. Une statue.

« Camille, il faut qu'on parle. »

Elle a ouvert les yeux lentement, sans la moindre surprise. Son regard bleu, si clair, m'a traversé sans s'arrêter. « Je suis occupée, Pierre. »

« Ça fait cinq ans que tu es occupée », j'ai lâché, ma voix plus dure que je ne l'aurais voulu. « Cinq ans que je te désire, que j'essaie de te toucher, de te faire sentir quelque chose. N'importe quoi. Mais il n'y a rien. Nos nuits sont des déserts. »

Un léger froncement de sourcils a été sa seule réaction. « Le désir charnel est une distraction. La vraie connexion est spirituelle. »

C'était sa phrase fétiche. Celle qui justifiait le vide entre nous, le mur qu'elle avait construit et que je passais mon temps à essayer d'escalader en vain. J'ai ri, un rire sans joie. « La spiritualité, c'est ça ton excuse ? Alors que je crève d'amour pour toi ? »

Elle n'a pas répondu. Elle a juste refermé les yeux, retournant à sa paix intérieure, me laissant seul avec ma frustration. J'ai eu envie de crier, de tout casser. Au lieu de ça, je suis monté dans notre chambre. Sa chambre. Mon côté du lit était toujours froid. J'ai appelé ma sœur, Isabelle.

« Allô, Pierre ? Ça ne va pas ? »

Sa voix chaleureuse a été comme un baume. « Isa, je n'en peux plus. Je crois que je vais la quitter. »

Un silence. Puis, sa voix, pleine de soulagement. « Enfin. Ce n'est pas trop tôt. Cette femme est un iceberg, Pierre. Elle va te tuer à petit feu. »

« Mais je l'aime. » Les mots m'ont écorché la gorge.

« Tu aimes une idée, une image que tu t'es faite d'elle. Mais elle, est-ce qu'elle t'aime ? Est-ce qu'elle t'a déjà regardé comme un homme ? »

Les mots d'Isabelle étaient cruels de vérité. Ils ont fait remonter des souvenirs, des images de toutes les fois où j'avais essayé de la séduire. Des dîners aux chandelles qu'elle qualifiait de « bourgeois », des cadeaux qu'elle acceptait avec une politesse distante, des caresses qu'elle repoussait doucement en parlant de « pureté ».

Cette nuit-là, je n'ai pas dormi. Vers trois heures du matin, un bruit m'a tiré de ma torpeur. Un son étouffé, venant du salon. J'ai pensé à un cambrioleur. Je suis descendu sans faire de bruit, le cœur battant. La porte du salon était entrouverte, une faible lueur filtrait. Je me suis approché, retenant mon souffle.

Et je l'ai vue.

Camille était là, à genoux sur le sol. Elle n'était pas en train de méditer. Elle tenait dans ses mains une de ses sculptures, un objet lisse et phallique en marbre blanc. Elle s'en caressait le corps, les yeux mi-clos, les lèvres entrouvertes. Et elle gémissait. Un son que je n'avais jamais entendu. Un son de désir pur, animal. Mon cœur s'est arrêté. J'allais entrer, enfin la voir vivante, passionnée.

Puis elle a murmuré un nom. Un nom qui n'était pas le mien.

« Lucas... Oh, Lucas... »

Le sol s'est dérobé sous mes pieds. Lucas. Son frère adoptif. Ce jeune musicien charismatique et arrogant que ses parents avaient recueilli adolescent. Ce gamin qui vivait sous notre toit, que Camille couvait comme une mère, ou plutôt... comme une amante. L'objet dans ses mains, ce n'était pas juste une sculpture. C'était un substitut. Et le nom sur ses lèvres était un poison qui venait de tuer la dernière parcelle d'espoir en moi.

Le choc était si violent que j'ai dû m'appuyer contre le mur pour ne pas tomber. Tout s'est éclairci d'un coup. Son obsession pour la pureté, son rejet de mon corps, sa distance... Ce n'était pas de la spiritualité. C'était de la répression. Une passion incestueuse et inavouable qu'elle redirigeait vers son art et qu'elle assouvissait en secret, en pensant à un autre. Et cet autre, c'était son propre frère.

Les souvenirs ont défilé dans ma tête, cruels et limpides. Notre première rencontre, dans une galerie. Elle était si belle, si inaccessible. J'ai passé des années à la courtiser, à essayer de percer son armure. Je lui peignais des toiles, je lui écrivais des poèmes, j'apprenais à aimer son art abstrait que je ne comprenais pas, juste pour avoir une parcelle de son attention. J'étais un chien à ses pieds.

Et puis, un jour, contre toute attente, elle avait dit oui. Elle avait accepté de m'épouser. J'étais l'homme le plus heureux du monde. J'ai cru que j'avais enfin réussi, que mon amour avait triomphé de sa froideur. J'étais fou de joie. Quel idiot. Je comprenais maintenant. Le mariage avec moi n'était qu'un paravent, une façade respectable pour cacher son secret inavouable. J'étais le mari de service, le décor de sa vie bien rangée.

Je suis retourné dans la chambre, le cœur en miettes. J'ai regardé mon reflet dans le miroir. Le visage d'un homme anéanti. La découverte de cette nuit n'était pas seulement une trahison, c'était une négation de tout ce que j'étais, de tout l'amour que j'avais donné. Il n'y avait plus rien à sauver. L'amour que je portais à Camille venait de mourir, assassiné par le nom de son frère.

Chapitre 2

Le lendemain matin, j'ai agi. La douleur de la nuit s'était transformée en une froide détermination. Pendant que Camille et Lucas prenaient leur petit-déjeuner dans un silence que je savais maintenant chargé de sous-entendus, j'étais au téléphone dans mon atelier.

« Oui, Maître Dubois. Pierre Dubois. Je veux entamer une procédure de divorce. »

La voix de l'avocat était neutre, professionnelle. Il m'a posé des questions, j'ai répondu par des phrases courtes. Communauté de biens, pas d'enfants. Simple, sur le papier. Un carnage, dans la réalité.

Après avoir raccroché, j'ai ouvert mon ordinateur portable. Berlin. La ville m'appelait. Une scène artistique vibrante, brute, à mille lieues du monde aseptisé de Camille. J'ai commencé à chercher des appartements, des ateliers. Chaque clic était un pas de plus loin d'elle, un pas de plus vers moi-même.

Je me suis regardé dans l'écran noir de l'ordinateur. J'avais changé pour elle. J'avais abandonné mes portraits, mes nus, tout ce qui était trop « charnel » à son goût. J'avais essayé de peindre des formes, des lignes, des concepts. Mon art s'était vidé de sa substance, comme moi. Pour lui plaire, j'avais renié qui j'étais. J'avais cessé de voir mes amis, jugés trop bruyants, trop vivants. Je m'étais isolé, emmuré avec elle dans sa prison dorée. La rage a commencé à monter, une rage saine, libératrice.

Le soir même, j'ai fait quelque chose que je n'avais pas fait depuis des années. J'ai appelé un vieil ami, Marc.

« Pierre ? Putain, ça fait un bail ! Tu sors de ta grotte ? »

« Je sors de ma grotte, Marc. Il y a une soirée quelque part ce soir ? »

« Toujours, mon pote ! Viens au "Corbeau Électrique". C'est la fête, la vraie. »

Le "Corbeau Électrique" était un bar underground, bruyant, plein de fumée et de musique assourdissante. C'était tout ce que Camille détestait. C'était parfait. Je me suis habillé avec mes vieux vêtements, un jean usé, un t-shirt noir. J'ai retrouvé des gestes oubliés. J'étais en vie.

L'alcool, la musique, la foule... Tout m'a envahi. J'ai bu, j'ai dansé, j'ai parlé à des inconnus. Je me sentais rouillé, mais libre. C'est là, au milieu de la piste de danse, que je l'ai vue. Léa. Une amie d'enfance que j'avais perdue de vue. Elle était encore plus belle, son sourire illuminait la pénombre du bar.

« Pierre Dubois ! Je n'en crois pas mes yeux ! »

Elle m'a pris dans ses bras. Son étreinte était chaude, réelle. On a parlé pendant des heures, criant pour couvrir la musique. On a ri. J'ai retrouvé une complicité que je croyais perdue à jamais. Pour la première fois depuis des lustres, je ne pensais plus à Camille.

Et c'est à ce moment précis qu'elle est apparue.

Camille se tenait à l'entrée du bar, un verre d'eau à la main, son manteau beige impeccable contrastant avec le chaos ambiant. Elle me fixait. Son visage était un masque d'indifférence, mais je la connaissais. Elle n'était pas venue pour moi.

Son regard a balayé la foule et s'est posé sur un coin plus sombre du bar. Lucas était là, assis sur les genoux d'une fille, riant aux éclats. Le visage de Camille s'est durci. Une lueur de possessivité que je n'avais jamais vue pour moi a brillé dans ses yeux. C'était laid, c'était cru. La jalousie. Pas pour son mari qui dansait avec une autre femme, mais pour son frère adoptif qui s'amusait sans elle.

Elle s'est dirigée vers eux, ignorant totalement ma présence. Elle a dit quelque chose à Lucas, sa voix inaudible dans le vacarme. Il a haussé les épaules, l'air agacé. La fille sur ses genoux lui a jeté un regard noir. La tension était palpable.

J'ai senti un malaise. J'ai dit à Léa que je devais partir. Elle m'a souri. « Appelle-moi, Pierre. Vraiment. »

J'ai hoché la tête, reconnaissant. En me dirigeant vers la sortie, je suis passé près du trio. Lucas m'a vu. Un sourire mauvais s'est dessiné sur ses lèvres. Il s'est levé d'un coup, bousculant la fille.

« Tiens, tiens, le mari modèle prend du bon temps. »

Sa voix était pleine de mépris. J'ai serré les poings. « Laisse-moi tranquille, Lucas. »

« Tranquille ? Tu crois que tu peux te pointer ici, faire la fête, et repartir comme si de rien n'était ? Tu nous fais honte. »

« "Nous" ? », j'ai répété, le regardant droit dans les yeux. « Il n'y a pas de "nous". Il n'y a que toi et ta sœur. »

J'avais touché un point sensible. Son visage s'est crispé. Camille, à côté, n'a pas bougé. Elle regardait la scène comme si elle regardait une de ses installations d'art. Froide. Distante.

Lucas a fait un pas vers moi. « Répète un peu ça. »

« Tu as très bien entendu. Maintenant, pousse-toi. »

Je l'ai bousculé pour passer. C'était une erreur. Il m'a attrapé par le col et m'a projeté contre le mur. Ma tête a heurté la brique avec un bruit sourd. La douleur a explosé dans mon crâne. J'ai glissé au sol, le monde tournoyant autour de moi. Avant de perdre connaissance, la dernière chose que j'ai vue, c'était le visage de Lucas, triomphant, et celui de Camille, impassible. Elle n'a pas esquissé le moindre geste pour m'aider. Rien.

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