Au cours des années, l'amertume que Anta nourrissait chaque jour un peu plus envers Diarra devenait manifestement d'une grandeur énormément dangereux.
_Anta devines qui me fait la cours ces temps ci ? S'exclama Diarra en entrant dans l'appartement de cette dernière.
_Qui ça encore ? Cligne celle ci des yeux.
_Le beau et ténébreux Samba !
_Qui ça Samba le commandant de l'armée sénégalaise ? Le riche tu veux dire ?
_Oui exactement. Souria Diarra fièrement. Mais le problème c'est qu'avec lui les choses ne se passent pas aussi facilement qu'avec les autres. Il est très intelligent.
_N'oublie pas que c'est un commandant aussi, il est l'incarnation humaine de l'insensibilité et de la dureté. Tu ne le vois pas à la télé quand il parle ? J'ai des frissons. Il me plaît tellement.
_Anta revient sur terre. Il est à moi. La coupa cette dernière.
_Mais tu ne l'aimes pas et tu sais que je l'ai toujours décrit comme mon homme idéal.
_C'est toi qui va me parler de l'amour maintenant ? Rigola Diarra.
_D'accord. J'accepte ma chérie. Façon c'est l'argent qui nous intéresse. Tu as déjà quelques choses de lui ?
_Non. Cet homme est beaucoup trop pieux en plus d'avoir un gros caractère. L'armée a eut un gros impact sur lui et.......
_Diarra épargne moi ton baratin tu veux ? Abrége !
_D'accord. Il m'a demandé ma main. Il ne veut pas d'une relation hors mariage.
_NON ! Cria celle ci stupéfaite. Tu mens ?
_Pas du tout. Souria Diarra fièrement.
_Et tu vas accepter ?
_Oui. Certes je l'aime pas du tout mais je vais me marier avec lui, je vais avoir un enfant avec lui pour que je sois crédible et quand viendra le moment où j'aurais collectionner assez d'argent et que j'aurais marre de voir sa tronche bah je me barre.
-Oui. C'est une très bonne idée. Fit Anta avec une idée derrière la tête.
Deux années après le mariage convenu, Anta voulu passer à l'action. Elle voulait exécuter ce qu'elle a tant concocter pendant ces 24 mois: être la deuxième femme de Samba.
_Ton fils est très beau !
_Oh dis plutôt le fils de Samba car moi vraiment je ne le considére pas. Toi même tu vois que je ne m'occupe jamais de ce petit, c'est seulement quand je vois son père que j'essaie de jouer à la comédie.
_Oui au fait. Je profite de ce moment pour te dire que j'allais tout faire pour séduire Samba. Je veux être sa femme et je l'aime contrairement à toi.
_Ça ne te dérangerait pas de partager le même homme que moi ?
_Pourquoi cela me dérangerait combien de fois on a séduit le même homme afin que la somme augmente ?
_Il s'agit de mariage là c'est différent. Bref fais ce que tu veux, je sais que rien de ce que je peux dire ne pourra te faire changer d'avis.
_Tranquille ! Souria Anta.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Anta était désormais la deuxième femme de Samba sans que ce dernier ne se doute absolument de rien du tout, bien qu'il l'ait déjà vu à son mariage avec Diarra.
Néanmoins même si elle était la deuxième femme de son homme idéal, Samba semblait développait plus d'affection envers sa meilleure amie. En réalité la jalousie ne faisait que s'empirait, elle n'en pouvait plus !
_Certes j'aime beaucoup Diarra mais là elle me bloque, elle n'aime pas Samba alors que celui ci n'a de yeux que pour elle. Ça m'énerve et je ne peux plus le supporter. Apart ça, il y aussi le fait qu'elle ait donné un fils à notre mari qui a toujours voulu en avoir un alors que moi j'ai une fille et pour couronner le tout, je ne peux plus avoir d'enfants.
_Hum.
_D'ailleurs elle m'a elle même avouer mot pour mot qui si elle ne vivait pas dans un luxe pareille avec autant d'argent, elle s'en irait. Alors je lui facilite simplement la tâche.
_Est-ce que vous êtes sûr de ce que vous faîtes ? Une fois que vous dites oui, il n'y aura plus de retour en arrière. Répéta le marabout pour une
deuxième fois.
_Qu'elle.meurt ! Dit Anta sûr d'elle.
_Est-ce qu'une soeur serait-elle capable de commettre des choses aussi dérisoires ?
_Vous m'avez demandé ma réponse n'est-ce pas ?
_En effet ! Affirma le marabout.
_Je veux qu'elle meurt. Je suis prête à tout donner. Votre prix sera le mien.
Une semaine plus tard, Diarra tomba lentement malade.
Une maladie que ni les médecins ni les marabouts ne pouvait soigner. Elle était en réalité condamné, il n'y avait plus d'issus pour elle.
Finalement, après quelques jours de souffrance incurable, elle rendit son dernier souffle en laissant derrière elle, un fils de 20 ans qu'elle n'a jamais aimé et qu'elle n'aimera jamais.....
Un fils que l'on appelera plus tard : Momo, l'insaisissable......
La question est : Pourquoi le surnomme t'on l'insaisissable ?
Découvrons le ensemble dans cette chronique.
******
Je venais de sortir de ma chambre royale qui ne manquait absolument de rien se trouvant au sous sol, des personnes pouvaient entrer et sortir de la maison sans se douter de mon existence parce que j'habitais le sous sol mais bon c'est Diarra qui a tenu à ce que j'y loge donc je n'ai pas vraiment eut le choix. Plus j'étais loin d'elle, plus ça lui allait.
Diarra était une femme très manipulatrice, mon père qui était absent plus qu'il n'était présent n'a jamais remarqué son jeu mais moi j'y ai vu bien claire. Elle était très belle et elle savait jouer de son atout physique pour avoir ce qu'elle désire. C'est pourquoi elle n'a jamais hésité à tromper son mari maintes fois sous mes yeux, en réalité elle me faisait honte et ne cesser de me donner le plus mauvais image qu'il soit de la femme. Son passe temps favori c'était se maquiller, s'habiller, se faire les ongles et faire du shopping. Elle n'était bien qu'en la beauté physique mais à l'intérieur elle était mauvaise, trop attiré par l'argent, elle en perdait ses valeurs. Pourtant mon père est un riche commandant de l'armée mais comment vous dire qu'à elle rien ne lui suffisait, il lui en fallait toujours plus, oui toujours. Cependant j'étais quelqu'un de très perspicace et de très attentif, rien ne pouvait m'échapper quand je voulais savoir quelque chose venant d'elle car il faut se l'avouer, elle m'a mise au monde même si c'est la seule chose qu'elle ne supportait pas d'entendre.
Jusqu'à mes 16 ans je lui trouvais une excuse valable de son comportement impassible avec moi puis vint le jour où j'ai enfin compris que tout cela n'était que manigance, que je n'étais qu'un pions de plus pour elle :
-Mets toi à table ! Dit Tante Anta alors que je venais de pénétrer la salle à manger.
Je les trouvais tous les 3 assis autour de la table, Tante Anta, Diarra et Salma, ma demie sœur de 9 ans. Mon père, lui, était en mission.
-Non Anta. Ça suffit, c'est un grand garçon maintenant laisse le manger par terre. Il m'énerve, il est con comme son père ! Fit elle en me toisant du regard avant de me donner un morceau de pain sec.
-Merci. Dis je simplement.
-Maintenant assis toi par terre et mange ce pain. Et quand tu auras fini, tu bois de l'eau ensuite tu déguerpis de ma vue.
-Est-ce que je peux avoir un croissant et du lait au chocolat ?
-Tu n'entends pas ? Me gifla celle qui à l'époque j'appelais Maman. Assieds toi par terre et mange ce pain. C'est tout ce que tu auras. Lorsque t'auras de l'argent, là tu pourras manger ce que tu veux mais d'ici-là tu n'auras droit qu'à ce bout de pain.
-J'en veux pas ! Boudais je avant de jeter le pain par terre.
Malheureusement c'était la chose à ne surtout pas faire !
-Mais qu'est-ce qu'il est indiscipliné ce garçon ! Dit Tante Anta en faisant mine d'être choqué.
Diarra se leva d'un bond de sa chaise avant de me tenir par les oreilles. Elle me pinçait tellement fort que je pouvais sentir ses deux ongles se toucher.
-Tu es vraiment un connard ! Je t'ai donné la vie au lieu de me remercier, tu me manques de respect. Et puis tu vas arrêter ces bouderies dont tu es entrain de prendre l'habitude alors ramasse immédiatement ce pain tout de suite ! Hurla t'elle à mon oreille.
Je me baissais docilement pour le ramasser avant de le lui tendre.
-Qu'est-ce que j'en ferais ? Mange le.
-Je veux pas le manger.
-Oh mais je ne te demande pas ton avis. Mange le je te dis !
Sans répondre, je me mis à forcer le pain dans ma bouche avant de l'avaler aussitôt.
-Que ce soit la toute dernière fois que tu me prends la tête. Je ne suis pas dupe avec tes crises d'adolescence moi ok ?
-Oui. Dis je en grimaçant de douleur.
-Allez dehors maintenant hors de ma vue et que je ne te vois plus. Lâcha t'elle enfin mon oreille.
Je ramassais mon sac à dos tombé au sol avant de prendre le chemin de la sortie mais une fois dehors, je ne vis pas le chauffeur qui devait me ramener à l'école. Perplexe, je retournais à la salle à manger pour demander après ce dernier.
-Maman où est le chauffeur ?
-Viens ! Me prends t'elle par la chemise pour m'amener dehors afin qu'on soit seul à seul. Pour débuter à partir d'aujourd'hui je veux que tu cesses de m'appeler ''maman'', je t'ai simplement donné la vie mais je ne joue pas le rôle. Est-ce que tu m'entends bien ?
-Oui.
-Oui qui ?
-Oui Diarra !
-Voila mis à part ça, le chauffeur a eut un imprévu. Il n'est pas venu aujourd'hui. D'ailleurs Momo, je sais que tu es très intelligent et que tu gardes un oeil attentif à tout mes entrées et sorties mais je veux que tu saches qui si jamais tu en parles à ton idiot de père, je te tue.
-Quoi ? Demandais je choqué de la façon dont elle était sérieuse.
-Je te tue si jamais tu en parles à ton père j'ai dit, fais pas le sourd.
-Comment peux-tu détester mon père alors que tu es resté autant de temps avec lui ?
-Ça, ça ne te regardes pas !
-Pourquoi tu ne m'aimes pas ?
-T'aimer ? Rigola t'elle. L'amour n'existe que dans la tête, il n'est pas réelle. Souria t'elle. Toi je t'ai conçu exprès pour l'argent, à la base c'est ce pourquoi le mariage avec ton père devait être crédible et grâce à toi, il l'est. En dehors de ça Momo, nous n'avons absolument aucun lien en commun toi et moi. Alors s'il te plaît, facilite toi la tâche, arrêtes de m'appeler Maman et soit un homme, un vrai. Dit elle avec dédain avant de s'éclipser.
Je n'ai jamais autant souffert que ce jour là mais j'ai fait comme elle me l'a demandé : me détacher d'elle et complètement. Si pour elle, être un homme signifier arrêter de l'appeler maman alors j'allais l'être. Ainsi donc, j'ai appris à nourrir les mêmes sentiments qu'elle a eut à mon égard : le dégoût.
Quatres années plus tard, Diarra décéda d'une maladie mystérieuse dont on a jamais pu mettre un mot. Je me rappelle encore de ces derniers instants, ce jour où je l'ai vu pour la toute dernière fois. Ce jour où j'ai vu son corps sans vie étalé sur le lit de l'hôpital.
-Je suis désolé ! Me dit le médecin en recouvrant le corps d'un drap blanc après avoir débranché les multiples fils auxquels elle avait était branché.
-Non. Ça va aller.
-Qui êtes vous ? C'est la première fois que je vous vois à l'hôpital depuis que Madame Ndiaye est là.
-C'est normale. Nous ne sommes pas en bon terme.
-Vous êtes un membre de la famille ?
-Oui. Elle m'a mise au monde. Hochais je la tête.
-Mes condoléances.
-Elle me haïssait. Elle n'aurait pas aimé que vous me présentiez vos condoléances alors éviter avant qu'elle ne vous hante. Dis je ironiquement.
-Quel genre de fils peut être aussi insensible à la mort de sa mère ?
-Le genre de fils conçut exprès pour de l'argent. Haussais je mes sourcils avant de sortir en vitesse de l'hôpital afin de ne pas être en retard à l'examen.
Dire que sa mort n'avait pas eut un impact sur moi serait un mensonge car malgré tout nos différents, j'espérais qu'un jour qu'elle vienne me prendre dans ses bras et qu'elle m'explique pourquoi tant de haine envers moi. J'espérais qu'elle me demande pardon, qu'elle regrette et qu'elle m'aime mais hélas ce ne fut pas vraiment le cas. En réalité, depuis ça, j'ai commencé à vivre une tout autre vie, une vie dont je ne connaissais pas les bases mais grâce au Coran, à la prière et à mes études, j'ai tenu bon.
Surtout mes études ! Qu'est-ce que je n'ai pas fait pour réussir ? Sans doute rien pourtant je me surprends à rire quand je pense que j'ai consacré toute ma vie entière à l'école pour au final en arriver là. J'ai eu mon CFEE, mon Bac, mon Licence professionnel, mon Master 1, mon Master 2 et pour terminer mon Doctorat. Je suis spécialisé et j'ai eu les meilleurs écoles de formation en ma disposition. Aujourd'hui j'ai 28 ans et je chôme depuis 2 ans. Je passe mes journées à chercher du travail mais hélas jamais un seul ne m'a contacté, jamais. Les mots me manquent quand je pense qu'il y en a qui ont seulement eut le BFEM et qui sont actuellement à la tête d'un entreprise. Je ne trouve que deux raisons à cela, soit parce qu'ils ont de la chance soit parce qu'ils ont un bras long dans la société.
Mon père est une personne très influente dans cette ville étant un commandant de l'armée sénégalaise mais élevé à la dur, il s'est toujours débrouillé tout seul et c'est ce qu'il veut exactement pour moi : que je vole de mes propres ails sans toucher à son argent. En même temps je comprends sa position, à 28 ans c'est toujours lui qui m'entretient alors que ma demi sœur de 21 ans travaille en tant qu'analiste financière dans une banque réputé de la place. Désormais c'est elle qui entretient la maison bon pas complétement parce que c'est mon père qui donne l'argent pour les dépenses mais elle se charge quand même de payer les factures d'eau et d'électricité sans oublier de débourser chaque mois une très grande somme à ma belle mère et aussi à mon père, me faisant rabaisser par la même occasion.
J'ai de la peine à me faire respecter et encore moins à avoir la paix mais les choses commencent à peser trop lourd sur mes épaules entre les humiliations de Salma, les insultes de Tante Anta et les reproches de mon père. C'est difficile !
Mon seule échappatoire actuellement c'est la salle de sport qui se trouve bien évidemment dans la maison, j'ai délaissé ma prière je ne sais pas pourquoi et je ne me vois vraiment plus être un bon croyant. Malheureusement ma baisse de foi a fait que je trouve autre refuge que chez mon Seigneur et à vrai dire ça ne me dérange pas tant que ça. Soubkhanallah !
J'avais mes écouteurs dans mes oreilles tout en faisant mon entrainement quotidien pendant que Kala, mon perroquet était sagement entrain de grignoter des arachides dans sa cage à oiseau lorsque l'on me donna une tappe sur mon épaule. Je me retourne et vis ma tante !
-Réponds à ton père ! Tchiiiiip manque de vergogne, les hommes de ton âge sont dans leur bureau et toi tu passes ton temps à t'entrainer. Les muscles et les gros bras ça sert rien hein si tu n'as pas grand chose dans les poches mon grand. Diarra ne te l'a pas dit ?
-Et à toi Diarra ne t'a pas dit qu'un mariage pouvait être bien meilleur quand on a un fils ?
-Je ne te permets pas de .......
Je stoppais son bras au moment même où elle voulu me gifler.
-Ne commence pas un jeu que tu ne pourras pas terminer ma tante, c'est dangereux pour toi car tu prends de l'âge tu sais.
-Lache ma main chômeur va. Se débat t'elle. Regarde toi, tu fais pitié. Tu as passé toute ta vie sur les bancs pour ça ?
-C'est sûrement parce que je ne vends pas mon corps pour de la gloire comme ta fille.
-Je vais te......
-Tu vas arrêter de vouloir lever la main sur moi oui ? Je ne suis plus ce Momo d'avant qui se laissait faire par toi. Sache le.
-Je vais me débarrasser de toi ! Crois moi. J'aurais dû me douter que Diarra ne pouvait pas avoir un bon enfant. J'aurais du m'en doutais.
-Ouais tu aurais dû t'en douter. Souris je avant de sortir après avoir décrocher la cage de Kala pour la mettre dans la cours. Ensuite je me dirigeais au salon.
Je le trouvais assis à son canapé d'angle convertible, comme toujours le visage froid et impassible, habillé de sa tenu de commandant car il venait justement d'arrivé de sa mission. Ça fait déjà trois mois qu'il a été absent à la maison. Ça me fait plaisir de le voir mais bon je ne peux pas lui dire qu'il m'avait manqué, avec lui les choses ne se passent pas comme ça. Quand il me vit, il se mit debout pour venir me faire face. Bien qu'il soit âgé, mon père était bien plus grand et bien plus costaud que moi.
-Comment passes tu tes journées ? Me dit il d'un ton sec.
-Je...je... comprends pas.
-Bombe le torse, relève ta tête et tient toi correctement. Me donne t'il une tappe au niveau de la poitrine. Arrêtes de bégayer, je n'aime pas ça. Sois un homme !
-Je suis un homme ! Répondis je du tic au tac touché dans mon égo.
Il me donnait un coup de poing fondamentale qui me mit K.O. au sol.
-Relève toi ! M'ordonne t'il.
Je me levais aussitôt en l'affrontant du regard comme il aime si bien que je le fasse.
-Quand je parle, tu ne me réponds pas aussi insolemment. Je ne suis pas ton pote est-ce que c'est clair ?
-Oui pa !
-Je t'ai dit qu'aussi longtemps que tu vivras sous mon toit, tu m'appeleras Chef !
-Oui chef. Hochais je la tête.
-Comment passes tu tes journées ? Questionne t'il plus froidement.
Je suis sûr d'une chose, si je lui avoue que je passe mes journées dans la salle de sport, c'est sûr il m'envoi à l'hôpital illico presto et je ne peux pas lui mentir sinon ça risque de rendre pire mon cas actuelle.
-J'ai déposé dans tout....
-Qu'est-ce que tu fais de tes journées ? J'espère que je ne me ferais pas répété une nouvelle fois. Me coupa t'il.
-Laisse moi te dire ce que fait ton chère fils de ses journées, sur qui tu as dépensé des millions pour ses études ! Se réjouit Salma en entrant dans le salon.
Oh merde ! Me dis je à moi même.
-Est-ce que c'est à toi que j'ai posé la question ? Lui demande mon père.
-Non...je.....
-Dehors et que ce soit la dernière fois que tu t'immisces dans mes discussions ! Le coupa ce dernier.
Sans broncher, elle prit ses jambes à son cou.
-Tu es mon unique fils Momo, celui sur qui je veux laisser des traces mais pour l'instant tu prends un chemin que je n'aime pas du tout et c'est celui de la fainéance. Me dit mon père.
-Je cherche du travail mais tu ne m'aides pas, il aurait suffit que tu lèves le petit doigt pour que je sois embauché. Pourquoi ne le fais-tu donc pas ?
-Parce que moi quand j'en avais besoin, personne n'a levé le petit doigt et mon père en premier.
-Je vois. Soupirais je.
-Tu ne me parles pas comme ça ! Me tient t'il par le cou.
-Excuse moi.
-Je te donne 2 jours pour trouver un travail, n'importe laquelle tant que c'est licite ça me va.
-Je refuse de faire un petit métier avec tout mon cursus scolaire, j'ai toujours été le meilleur de ma classe ainsi que de promotion. Tentais je d'expliquer.
-Passé ce temps-là tu devras te charger de tous les travaux de la maison ainsi qu'être au service de tout le monde. Et toi et moi savons très bien que mes décisions sont toujours tenues.
-Pourquoi tu me fais ça ?
-Pour que tu sois celui que je veux. Un combattant ! Fit il avant de s'éclipser me laissant seul devant le néant.
C'est en traînant les pieds que je rejoignis ma chambre. Trouver un travail n'importe lequel ? Qu'est-ce que c'est pathétique et insensé de me dire ça à moi qui suit un réel complexé car travailler en tant que boulanger, serveur, maçon ou livreur à domicile n'est pas à mes yeux, une option même si ce sont actuellement les seuls métiers qui s'offrent à moi.
Je refuse catégoriquement de finir livreur de pizza avec tout mes diplômes en main pendant que de l'autre côté je vois mes anciens camarades de classe dans une voiture ou à la tête d'un projet. Je le refuse. Même si je dois y laisser ma peau, je ne le ferais pas.
Et si vraiment, mon père croit que je vais accepter de travailler dans ces genres de domaines, c'est qu'au fond, il ne me connait pas, alors là vraiment pas du tout.
L'idée ne m'a jamais effleuré l'esprit de faire quelque chose qui ne pourrait pas me faire acheter ma propre maison. Mon indépendance, voilà ce que je veux. J'ai 28 ans bordel, 28 ans. Quand j'étais plus petit, je me voyais marié et père de magnifiques beaux enfants à cet âge hélas ce n'en fut pas ainsi et ça ne l'est toujours pas. Maintenant, j'en ai ras le bol, il faut que ça change. Peu importe comment, moi je m'en fiche tant que mon quotidien évolue ça me va. De toute façon, Diarra ne cessait de dire que la fin justifie les moyens à tous les coups. Et malheureusement, chaque jour je me rends compte des choses que l'on a en commun malgré le fait que je ne veuilles pas l'accepter. Je n'y peux rien, c'est l'ADN. En même temps c'est presque une évidence, je ne suis pas bien né, quand toutes les mamans voyaient en leurs enfants de futur président etc..... La mienne, elle voyait en moi, un moyen pour obtenir plus d'argent. C'est malheureux pour elle parce que finalement, elle y a laissé sa vie. J'espère qu'il en sera pas de même pour moi.
En réalité, mon père est entrain de me faire basculer sur le mauvais côté de la pente avec mes pensées négatifs sans s'en rendre compte. Je sais qu'au fond de moi, il faudrait juste que je sois humble pour avoir la solution à tout mes maux mais je ne peux pas, je n'y arrive pas et je ne veux pas. C'est beaucoup trop me demander.
Je soufflais de lassitude en regardant à tour de rôle mes nombreuses diplômes et tableaux d'honneurs accrochés au mur.
-À quoi me servez-vous hein dites moi ? À quoi ? Posais je la question comme s'ils m'entendaient. Vous étiez censé assuré mon avenir et voilà qu'aujourd'hui je me retrouve à chômer. J'ai toujours été le meilleur peu importe la matière et peu importe le domaine, j'ai passé des nuits blanches à réviser malgré ça je me retrouve quand même sur la scellette comme un con. C'est bizarre. C'est bizarre parce que quand je vous regarde, au lieu de la fierté, c'est de la douleur, du mépris et du regret que je ressens. J'aurais dû profiter de ma jeunesse comme l'ont fait la plupart, j'aurais dû m'amuser, sécher les cours, faire du n'importe quoi et avoir pleins de beaux souvenirs et de fous rires. Peut être que si j'avais fait comme ça j'aurais eu moins de regret à ce jour. Oui beaucoup moins. Rajoutais en hochant la tête. À mon âge, c'est mon père et ma demi sœur qui m'entretient, quelle honte ! Quelle honte ! Terminais je en pénétrant ma salle de bain.
Une fois dedans je remarquais qu'il n'y avait pas d'eau, c'est bizarre parce que je suis sûr d'avoir vu ma sœur payer la facture d'eau ce matin. J'enroulais ma serviette autour de ma taille avant de monter les escaliers voir s'il n'y avait pas un problème.
-Pourquoi l'eau de ma salle de bain a été coupé ? Demandais je à ma tante qui était assise au salon avec ma sœur entrain de suivre la télé.
-Ah tu n'arrives pas à avoir de l'eau ! Rigole Salma.
-Oui. C'est exactement ce que je viens de dire. Hochais je la tête.
-Tu as de la chance que je n'ai pas aussi couper le courant de ta chambre. Répond Tante Anta.
-Je ne comprends pas.
-À force de gérer ton insolence, j'ai fini par en avoir marre. C'en est assez maintenant !
-C'est toi qui me traite de tous les noms et c'est moi qui suis insolent ? Clignais je des yeux.
-Voila ce que je disais. Apprends à te taire si tu veux avoir de l'eau et de l'électricité.
-Si je comprends bien où tu veux en venir, c'est que je dois faire tout ce que tu me dis à la lettre sans broncher au risque de ne plus avoir de l'eau et de l'électricité dans ma chambre ?
-Tout à fait. Complète Salma.
-Vu que c'est grâce à nous que tu as ça, tu devras être très poli et soumis à notre égard. Voilà le dilemme parce que vraiment tu commences à prendre une grande confiance et je n'aime pas cela. Alors tu vas faire ton choix ? Souria Diarra.
-Tu sais Momo, il est difficile de vivre sans l'eau surtout quand tu passes ton temps à t'entrainer pour après faire ta douche. Rigola Salma.
Je bouillonais de rage en moi mais il fallait que je me contrôle pour pas faire de bêtises. Elles me tiennent par le bout du nez, il y a pas de doute là dessus. Et c'est bien vrai que je ne peux pas vivre sans l'eau, l'électricité c'est gérable mais vraiment ma salle de bain c'est toute ma vie, j'adore la propreté et qui dit propreté dit eau.
-Tu réfléchis beaucoup trop pour une question aussi simple Momo. Dit mon père me faisant sortir de ma rêverie.
-Alors tu es de leur côté toi ?
-Change de ton. Je suis pas ton égal Momo. En plus elles ont raison, c'est elles qui t'entretiennent. Tu ne dois pas manquer de respect à une personne qui te comble les vivres. Rends toi à l'évidence. Répond t'il en sortant du salon.
-D'accord. Leur dis je en serrant les poings.
-Bien ! Retourne à ta salle de bain alors pendant que je remets l'eau au sous sol. Dit Salma après avoir fait une tappe à sa mère.
Sans répondre, je me rendis à nouveau dans ma salle de bain, après quelques minutes, l'eau revint enfin et je m'empressais d'aller prendre ma douche.
Deux semaines plus tard, j'avais complétement mais alors complètement viré sur le mauvais côté de l'impasse.
J'ai cherché du travail, j'ai déposé mes CV partout où je pouvais mais toujours rien. Pendant ma recherche du travail, j'ai fait la connaissance d'un certain Mark Olivier, je ne sais pas comment ni à quel moment mais il m'a fait trouvé refuge auprès de la cigarette et de l'alcool. Ce n'est pas un bon ami je le sais mais en réalité sa compagnie, ne me dérangeait aucunement pas. Cependant j'avais un peu pris les devants et je lui ai lit un stop en réalisant tous les conséquences que j'encourais. Ainsi j'ai finalement coupé les ponts avec lui bien qu'à l'heure d'aujourd'hui je me cache encore pour fumer de temps à autre, au moins j'ai délaissé l'alcool alors je me dis que c'est déjà ça.
Parfois je fais des choses que je regrette à l'instant même où je l'ai fait mais ça ne m'empêche pas de recommencer.
-Je dois surement être possédé. Me dis je à chaque fois que je fais une erreur.
À cela s'ajoute que je suis devenu comme me l'avait dit mon père, le moins que rien de la maison. Jamais personne ne ratait une occasion de me rappeler la position de locataire que j'occupais même pas les employés.
Je secouais la tête pour éloigner mes nombreuses pensées puis je fis ma toilette pour une deuxième fois de la journée avant de m'habiller d'un jean noir et d'un t-shirt gris avec mes vans gris. Vu la chaleur qu'il faisait dehors je mis ma casquette avant de prendre mon éternelle sac à dos pour y mettre mes nombreuses CV que j'avais rédigé ensuite je sortis enfin de ma chambre espérant avoir un poste stable.
-Le repas n'est pas encore prêt ? Demandais je à la bonne.
-........
Je sais qu'elle m'avait entendu mais elle jouait la sourde oreille.
-C'est à toi que je parle non ? Demandais je cette fois ci en le prenant par le bras.
-Lâche moi immédiatement. Me gifle t'elle. Que ce soit la première fois qu'une pourriture comme toi me touche. Me pointe t'elle ensuite du doigt.
Trop c'est trop, je lui rends en double la gifle qu'elle m'avait donné. Et aussitôt, elle se mit à hurler.
-Ose encore lever la main sur moi et tu recevras plus qu'une gifle en retour espèce d'insolente va.
J'allais sortir de la cuisine quand je vis ma tante accourir suivit de près par mon père.
-Qu'est-ce qui se passe par ici ? Demande ma tante.
-Je lui demande si le repas est près ou pas et elle me gifle parce que je lui ai touché le bras car elle ne m'a pas répondu. Expliquais je.
-C'est pas vrai. Ami ne ferait jamais ça. N'est-ce pas ?
-Non patronne. Il...il...m'a fait des avances et j'ai refusé en le repoussant.... c'est pourquoi...il...il...m'a giflé. C'est...lui... qui m'a giflé. Répond t'elle en pleurant à chaudes larmes.
Elle avait tellement l'air de dire la vérité que sur le coup moi même je me demandais si ce n'était pas moi qui avait menti. J'ouvrais grand les yeux de choc et c'est quand je vis le sourire au coin de ma tante que je compris que c'était un plan qu'elle avait mise en place avec la bonne.
Quel idiot j'ai été de riposter moi aussi, j'aurais dû comprendre qu'il y avait quelque chose de louche. Oui, j'aurais dû.
-Quoi ? Fit ma tante en faisant mine d'être choqué tout en consolant la bonne.
-Soubkhanallah ! S'exclama mon père de surprise. Mais Momo comment as tu pu faire ça ?
-Papa je.....
-N'ose pas démentir parce que la gifle je l'ai entendu et une bonne n'a sûrement pas le culot de lever la main sur toi. Chéri regarde, il y a la marque de sa main. Ami n'a pas menti.
Mon père regarda sur la joue de la bonne et quand il vit la marque de mes doigts sur sa joue, il me regarda droit dans les yeux avant de s'éclipser.
-Qu'est-ce que.....
-Tais toi Momo, tais toi. Tu n'as rien à dire. Tu me déçois. Me coupa ma tante en sortant de la cuisine.
J'étais tellement estomaqué que je n'arrivais pas à détacher mes yeux de la bonne. J'hésitais et je me contenais surtout entre la tuer ou simplement mettre en pratique ce de quoi elle vient de m'accuser. Les deux cas sont optionnels.
-Je suis désolée...je suis désolée. Continue t'elle de pleurer derrière ses mains.
-Pourquoi as-tu fait ça ?
-Elle m'avait menacé de ne pas payer les frais d'hôpitaux de ma mère si je ne le faisais pas. Je...je... suis... sincèrement... désolée...Pardonnez moi, je vous en supplie...pardonnez moi. Se confond t'elle en excuse en s'agenouillant à mes pieds.
Je degageais mes pieds de ses mains en reculant.
-Te pardonner mais comment te pardonner ? Tu viens de me faire passer pour un salaud devant mon père et tu me demandes pardon ?
-Je...suis... désolée.
-Tu me dégoûtes ! Pestais je en sortant de la cuisine.
J'étais sur le point de sortir de la maison quand je me fis interpeller par Salma.
-Je veux que tu sortes les poubelles !
-Les poubelles ?
-Oui Momo, les poubelles ! Rétorque t'elle.
-D'accord.
Par réflexe je posais mon sac sur l'un des fauteuils puis je fis le contour de la maison pour prendre la poubelle avant de sortir pour les mettre au coin de la rue afin que le camion à ordure se charge du reste.
-Hey alors comme ça, l'éternel intello finit par sortir les poubelles. Rigola Issa, celui qui a toujours été mon rivale dans tout domaine en sortant de sa luxueuse voiture.
Je lui répondis pas et saisissant les deux grandes corbeilles pour retourner à la maison.
-Au final ton rival a prit le dessus n'est-ce pas ? Qui c'est qui a acheté une maison à ses parents, qui vit dans un appartement avec sa sœur, qui paie les études de cette dernière et qui conduit une voiture hein dis moi ?
C'est vrai que pendant chaque devoir, composition ou examen, lui et moi on se faisait des pari pour voir qui est le meilleur et c'est moi qui l'ait toujours été. Après nos diplômes, c'était au tour de voir qui sera le plus friqués et maintenant c'est lui qui se trouve en haut de gamme.
Comme je l'ignorais, il finit par me titiller en me touchant à l'épaule, sur le moment j'ai vu rouge et je me suis retourné pour lui foutre un coup de poing. Il était très bagarreur aussi donc il ne sait pas laissé faire et ce fut ainsi le début d'une très rude bagarre.
Peu s'en suivit avant que l'on ne nous sépare, je saignais de la lèvre inférieure pendant que lui n'avait même pas une seule égratignure ce qui me metta le plus en colère car j'étais sûr qu'il n'était pas plus fort que moi mais je ne sais par quel moyen, il est arrivé à me faire saigner. J'en déduis que c'est pas parce qu'on est plus fort que son adversaire qu'on ne peut pas saigner. Mis à part ça tout le quartier en était témoin et en plus de ça, il y avait aussi ma sœur, Salma. Non mais c'est pas possible ! Si mon père apprends qu'au lieu de travailler je me bagarre, c'est évident, je suis un homme mort, enterré et oublié.
Tandis que j'avais du mal à contrôler ma ma fierté d'homme et le fait de recevoir un coup dans mon égo, c'est avec un sourire moqueur que Issa rejoint sa voiture après m'avoir jetté un mouchoir comme pour dire ''Soigne toi.'' sans oublier de me dire que la cigarette ça fait perdre de la force.
-Ton problème c'est pas les études, c'est pas non plus le travail mais c'est ton égo, ton complexe et ta fierté. Parole de Issa. Rigola t'il en démarrant.
Aucun mot ne pourrait qualifier la honte qui habite. Aucun.
-Hey mec calme toi ! Me disent Moussa et Khalil mes deux meilleurs amis.
-Lâchez moi ! Sortis je de leur emprise. Qu'est-ce que vous regardez ? Questionnais je aux spectateurs avant de m'eclipser laissant les corbeilles au beau milieu de la rue.
La rage que j'avais en moi allait me tuer si je n'essayais pas d'extérioriser ma colère. En entrant dans la maison, ma tante me demanda où sont les corbeilles mais je l'ignorais royalement cette pimbêche.
Je pris mon sac avant de me changer en une autre tenue pour aller dans la salle de sport question de m'apaiser un peu. J'y suis resté au moins pendant plus ou moins une heure.
-De gros bras, de gros biceps, un corps d'athlète, une beauté sans égale, un sourire angélique c'est tout ce dont rêve les femmes mais à quoi bon tout ça si c'est toi qui perd quand tu te bats ? Me demande Salma en pénétrant dans la pièce.
-Je n'ai pas perdu.
-Tu as saigné de la lèvre.
-Et alors ?
-Si papa apprends que tu t'es battu je.....
-Qui c'est qui c'est battu ? Demande ce dernier.
-Momo s'est battu avec Issa et ce dernier l'a fait saigné. Expliqua aussitôt Salma.
-À 28 ans Momo, 28 ans tu te bats au lieu de trouver du travail ? En plus de ça, tu te bats avec un homme et c'est toi qui saigne. Non mais je rêve ? Où est passé ta virilité ? Me questionna mon père. Tu n'as donc pas honte ? Ensuite tu te permets de jouer le bonhomme à la maison alors qu'en dehors tu te fais massacré.
-Il m'a poussé à bout, je n'avais pas le choix.
-Tu me déçois vraiment beaucoup Momo. Dit mon père. Que tu passes tes journées dans la salle de sport, que tu passes tes soirées avec tes copains le samedi sur le pas de la porte à faire du thé, que tu chômes après que tu aies reçu les meilleurs enseignements, que tu manques de respect sans cesse à ta tante.....tout ça je l'accepte, c'est gérable. Cependant quand tu te bagarres à la rue comme un enfant sans éducation comment veux-tu que les gens me respectent ? Comment ? Je donne les meilleurs éducation à mes soldats mais à quoi bon si mon propre fils n'est même pas capable de me respecter. Je les interdit tout ce que je t'interdis et je leur donne les mêmes ordres que toi et ils le font. Si aujourd'hui ils apprennent ce que tu viens de faire en plus de ta dépendance à la cigarette, tu penses à ce qu'ils vont dire hein ? ''Le commandant il est très dur avec nous pourtant son fils fait ce qu'il veut alors qu'il nous fait paraître le contraire.'' voilà ce qu'ils vont dire. Jusqu'à aujourd'hui, je ne leur ai jamais donné une occasion de me manquer de respect mais désormais ils le peuvent car si je ne suis même pas capable de former mon propre fils comment puis je les former eux ? Penses tu un peu à ma réputation Momo ?