« Ça faisait deux heures que j'attendais devant le magasin de jeux vidéo. Je commençais à avoir mal au jambe et la chaleur n'arrangeait rien.
- Vous pouvez pas faire attention ? Dis-je en tentant d'esquiver un coude qui se rapprochait dangereusement de mon visage.
Malheureusement pour moi, je me le prit quand même. Une sensation douloureuse me picotait le nez. Heureusement, rien de cassé. Une demi-heure plus tard, je sortais du magasin, un paquet sous le bras. Je parcourus les cinq cent mètres jusqu'à mon arrêt de bus en deux deux. J'avais qu'une seule hâte, l'essayer. Le bus arriva trois minutes plus tard et je m'empressai de monter dedans.
Alors que je me levais pour laisser ma place à une personne âgée, je sentis une vibration dans ma poche. Je pris mon portable et décrocha.
- Alors vieux, dit la voix au bout du fil, tu as réussi à avoir The last...
Le bus pilla d'un coup devant un feu rouge. Je réussi tant bien que mal à m'accrocher au siège devant moi tout en faisant en sorte de ne pas faire tomber le paquet que j'avais sous le bras mais mon portable m'échappa des mains.
- Est-ce que tout va bien, me demanda un vieil homme en ramassant mon portable.
Nos deux regards se croisèrent. Il avait les yeux noir, une barbe blanche bien taillé et portait un costard noir fait sur mesure.
- Oui, lui répondis-je en prenant mon portable qu'il me tendais, je vous remercie.
Il hocha la tête et se tourna vers le paysage rural que l'on pouvait voir depuis la fenêtre. Je vérifia l'état de mon portable. Heureusement il n'y avait rien et je le remis aussitôt au niveau de mon oreille.
- Désolé, le bus a freiné brusquement et mon portable m'a échappé. Sinon oui, j'ai réussi à l'acheter, en version collector. On se fait une partie quand je rentre ?
- Ouai si tu veux avec plaisir, dit la voix à l'autre bout du fil. Bon, je te laisse, mes pâtes sont sur le feu.
Tandis que je rangeais mon téléphone dans ma poche, je fus intrigué par un cliquetis sur le sol. Je vis le vieil homme barbue descendre du bus ainsi qu'un vieux trousseau de clé au sol.
..........
- Je suis rentré, je monte jouer avec Mathieu toute la soirée. A demain !
- Mathieu est là ? me demandait ma mère depuis la cuisine.
- Non, on va jouer en ligne, lui répondis-je en commençant à grimper l' escalier en bois pour me diriger vers ma chambre. Et bonne soirée de mariage !
- Merci mon chou, me dit ma mère en sortant de la cuisine pour venir à ma rencontre. Et comment va ton dos ? C'était une sacré chute ce matin, j'ai bien cru que...
- Tout va bien, la coupais-je, ne t'inquiètes pas. Tu feras attention, tu as de la confiture sur ton tablier.
Une fois dans ma chambre, je ferma ma porte à clé et commença à déballer le paquets pour en sortir le contenu et le mettre sur mon lit. Je sortis également le vieux trousseau de clé que je mis sur mon bureau en me promettant de retrouver la personne à qui il appartenait. Une fois mon portable posé, je me jetais sur le lit en évitant d'écraser la boîte du jeu et prit ma manette de XBS 5 et alluma la console qui se trouvait sur une petite étagère au-dessus de moi. J'allumai la télé et mis le disque du jeu dans le lecteur. Après cinq minutes de chargement, je lançais le jeu.
..........
- Mon cœur, il est onze heures, me dit ma mère. En me caressant les cheveux. Il va falloir que tu te lèves.
- Mmmm... Il est super tôt maman.
- Si tu veux, A qu'elle heure tu t'es couché hier soir encore ? C'est bien ce que je pensais. Tu sais c'est bien beau de faire des soirées jeux vidéos mais après il faut aussi les assumer. En tout cas, ton père va avoir besoin de toi dans une heure pour ramasser les branches dans le jardin. Et profites en pour ranger ta chambre.
Ma mère sortit de la chambre en laissant la porte entrouverte. J'allais m'asseoir sur mon lit quand je fus pris de vertiges et d'un douloureux mal de crâne. Je me sentais fatigué, ma mère avait raison, faire la fête c'est une chose, l'assumer en est une autre. En plus de mes maux de tête, une atroce douleur dans le dos me secoua. Elle était sûrement due à la chute que j'avais faite hier. Je me levais donc enfin de mon lit avec grande difficulté. Ma chambre ressemblait vraiment à une chambre d'adolescent. Des bouteilles de bières entassées dans un coin, quelques paquets de cigarettes sur l'étagère au-dessus de mon lit, sans oublier ma console de jeux, ainsi que quelques boîtes vides de plat réchauffé. Mon mal de crâne continuait et j'avais un peu de mal à poser un pied devant l'autre.
- Va chier !!!
Au moment où je posais mon pied à terre pour ouvrir ma porte, je sentis une douleur aiguë me parcourir la jambe. Je regardais par terre pour chercher le petit objet qui était la source de mon malheur lorsque je le vis.
Un lego, dis-je en prenant le petit objet en plastique, combien de fois vais-je devoir te dire que je ne veux pas que tu entres dans ma chambre sans ma permission...
Ce petit lego en question appartenait à mon petit frère Jason. Il avait la vilaine manie de venir jouer dans ma chambre malgré mes nombreuses interdictions.
Une fois la porte ouverte, je me tourna afin de scruter la pièce puis referma derrière moi. En m'avançant pour descendre à la cuisine par l'escalier, j'entendis une voix qui tentait de chanter. En tournant la tête vers celle-ci, je vis la porte de la salle de bain entrouverte. C'était probablement ma sœur qui se préparait pour sortir avec ses copines.
La maison était calme, si on ne comptait pas le bruit de la machine à laver et la voix fausse de ma sœur. Je descendis l'escalier et me dirigeai aussitôt vers la cuisine. Ma mère devait probablement être dans le jardin avec mon père. Je jetais un coup d'œil à la tapisserie. Elle était de couleur mauve... Je détestais cette couleur autant que son nom. Une fois ma critique terminée, je vérifia le contenu du frigo. Il était presque vide. Il ne restait que quelques yaourts aux fruits et une bouteille de lait. Je pris cette dernière et rempli la moitié d'un bol avec. Ensuite, je trouvais mon bonheur dans le placard derrière moi, un paquet de céréales au miel. Une fois mon petit déjeuner prêt, je m'assis sur le canapé et alluma la télé. C'était les informations, un flash spécial.
- « En effet Sarah, je suis actuellement à Oekslow. Cette ville paisible de 15 000 habitants à été le théâtre d'atrocité presque surnaturelle. J'ai pu interroger différents témoins sur les événements qui se sont déroulés hier soir et ils m'ont tous donné la même version des faits. De plus, il faut également noter l'incident qui a eu lieu ce matin à l'entreprise Gemini. Cette grande entreprise qui s'est démarquée de ses concurrents grâce au projet Life Born est au cœur d'une histoire sanglante. Ce qu'il faut savoir avant tout, c'est que cette entreprise est un groupe à dimensions internationales ; ainsi cet événement ne touche pas qu'une seule nation. De plus, on peut noter que son chiffre d'affaires dépasse les 12 milliards. Ce groupe devait, cette année, dépasser les 200 milles collaborateurs dans le monde. Enfin, ils comptaient l'année dernière 70 % des jeunes diplômés de la capitale. »
D'un geste lent, j'éteignis la télé et alla poser mon bol dans l'évier avant de remonter dans ma chambre. Une fois arrivé, je pris mon portable sur le bureau non loin de la fenêtre. J'ouvris cette dernière et jeta un coup d'œil discret dehors. C'était un matin d'été, je sentais l'air chaud me caresser le visage et entrer dans ma chambre. Des enfants jouaient dehors au ballon, d'autres à chats. Je m'assis sur la chaise face au bureau et alluma mon portable. J'avais un appel en absence d'un numéro que je reconnu tout de suite, Mathieu, et un message. Je rappellerais Mathieu plus tard. Le numéro du message m'était inconnu et ce dernier était en lui même assez étrange.
« Tout d'abord, il est inutile de tenter de rappeler ce numéro, vous n'aurez personne et ce serait une immense perte de temps pour vous. Ce temps même est précieux ; aussi précieux que nos choix que nous avons à faire dans la vie. Certains de ses choix sont plus importants et ont plus de conséquence tels un papillon battant des ailes provoquant une bourrasque à un autre endroit. »
Le message était signé « G ». Je pris une profonde respiration avant de venir m'allonger sur mon lit et de contempler mon plafond blanc. Tout en fermant les yeux, je repensais à la signification du message avant de me résoudre à penser que c'était un faux numéro. Sûrement une mauvaise blague. »
D'un geste lent, il pose le stylo à côté de lui et relut ce qu'il venait d'écrire... Une larme coule le long de sa joue qu'il s'empresse d'essuyer.
Il se leve de son matelas gonflable en saisissant sa lampe torche et se dirige vers la petite fenêtre en face de lui. Il aperçoit un bâtiment en feu ; il n'y avait personne dans les rues mais on pouvait entendre des coups de feu. Il jete un coup d'œil à sa montre, dans 1h l'aube allait se lever. Il jete un dernier regard au bâtiment avant de se retourner vers sa « chambre ».
Il prend son sac et rangea toutes ses affaires à l'intérieur. Il se résigne à emporter le matelas et ouvre la porte de l'appartement.
Il s'arrête un moment pour regarder le ciel. Cela faisait maintenant 1 mois que la société était tombée. 1 mois qu'il devait survivre par ses propres moyens. Les communications avec l'armée avaient été coupées 1 semaine plus tôt. Il n'y avait plus d'électricité, plus d'eau et la nourriture commençait à se faire rare. Il avait lu quelque part que les grandes villes seraient les premières à tomber et que les gens se précipiteraient sur la nourriture égoïstement. L'eau n'était plus potable et il fallait trouver un moyen pour la faire chauffer.
Il se remit en route, inspectant les quelques magasins et boulangeries qu'il trouvait sur la route, il réussit à trouver 2 conserves de haricots. Son but était de sortir de la ville mais il avait besoin de plus de réserves et il ne souhaitait pas le faire seul, il savait qu'il y avait des survivants... Il voulait y croire. Il s'arrête brusquement devant un panneau d'affichage. Il tombe alors à genoux devant ce dernier. Il y avait donc encore de l'espoir...
Il laisse le panneau derrière lui et s'engage dans une petite ruelle. C'était le chemin le plus rapide pour aller à Atlante.
Il mit un certain temps à se rappeler où il était. Il se leve de son lit et se dirigea vers le lavabo. Il se regarde un instant dans le miroir lorsqu'il entendit quelqu'un frapper à la porte.
- Mathieu, c'est l'heure de la réunion. Tu as 2 minutes pour te préparer.
Il saisit la serviette à sa gauche ainsi que la petite bouteille d'eau. Le bouchon de cette dernière était troué, cela permettait de ne pas la gaspiller. Il verse quelque goutte sur le visage et se séche avec la serviette . Il attrape quelques vêtements pour se changer et sortit de l'infirmerie.
-Eh bien, tu en as mis du temps...
Mathieu se retourne vers la voix tout en refermant la porte menant à l'aile Est du bâtiment.
- Théo... Tu ne participes pas à la réunion ? Demanda Mathieu tout en remettant le col de sa chemise.
- Na, Ils veulent que je surveille la porte d'entrée... Pourquoi c'est toujours moi qui dois m'occuper des tâches ingrates ?
- Je ne sais pas, peut-être parce que tu es le plus doué pour ça... Bon, je dois y aller sinon je vais encore me prendre un savon.
Mathieu salue Théo et descendit dans la partie basse de l'atrium. Comme d'habitude, il était bondé. Une Vingtaine de personnes étaient assises sur l'estrade au centre et saluèrent Mathieu tandis qu'il empruntait les escaliers pour se rendre à l'étage.
10 minutes plus tard, il se trouvait devant une porte rose. Il toque trois fois et entra.
- On n'attendais que toi pour commencer, dis une jeune fille brune en voyant Mathieu entrer. Prends place, on va pouvoir commencer.
Mathieu saisit une chaise contre le mur et s'installe dans le cercle à côté d'un garçon mince aux cheveux bruns.
- Bien, commençe, la fille brune, la dernière récupération de nourriture s'est plutôt bien passée. On devrait, d'après les calculs de Frantz, avoir de la nourriture pour 5 jours. Ensuite, les barricades de l'aile Sud ont été installées ainsi que celle des portes de sortie. Personne ne pourra rentrer dans ce bâtiment sans que nous ne soyons pas au courant. C'était pour les bonnes nouvelles.
- Alors, dit le garçon à côté de Mathieu d'une voix tremblante, on n'a toujours pas de nouvelles de Silvia ? Mais Claire, c'est impossible...
- Et pourtant ça l'ai, dit Claire tout en enlevant ses lunettes pour se frotter les yeux. Ça fait 5 jours que nous n'avons pas de nouvelles d'elle. Elle est sûrement parti, nous savons qu 'elle ne se trouve pas dans le bâtiment. La raison de son départ reste encore un mystère...
- Et qu'en est-il de la zone sûr que l'armée avait mise en place ? Demanda Mathieu.
Les 4 autres jeunes le regardèrent un instant avant de baisser les yeux.
- Les communications avec l'armée semblent s'être interrompues. La radio n'émet aucune fréquence depuis ce matin, prononçe une jeune fille en face de Mathieu.
- Je vois... dis Mathieu l'air sombre.
- Bien, enchaîne Claire, en se levant de sa chaise, c'est tout pour cette réunion... A moins qu'un de vous ait quelque chose à rajouter...
..........
- Toujours pas de nouvelles de Silvia ? Demande Théo en apercevant Mathieu s'avançait vers lui.
-Non, lui répond Mathieu en venant s'asseoir à côté de lui. Toujours aucune nouvelle d'elle...
Mathieu jete un coup d'œil autour de lui. Le réfectoire était quasiment vide.
- La plupart des gens sont occupés au deuxième étage. Stephan donne des cours de biologie d'après ce que j'ai compris...
Mathieu hoche la tête et regarde l'assiette de brocolis qu'il avait devant lui. Même s'il savait que ces derniers avaient un goût fade, c'était toujours mieux que la soupe industrielle.
- Quand aura lieu la prochaine récupération de nourriture ? Demande Mathieu en piquant avec sa fourchette un brocolis.
- Che chais pas trop, lui répond Théo la bouche pleine.
Mathieu esquisse un sourire en se rappelant le goinfre qu'était Théo... Aucune nourriture au monde ne pouvait entacher son enthousiasme.
-Je viendrais avec toi, lui dit Théo en manquant de s'étouffer.
- Tu vois à force de parler la bouche pleine, tu finis par t'étouffer.... lançe Mathieu à Théo tout en se relevant. Je vais aller voir Frantz pour qu'on fixe une date et une équipe. Et ne te prive pas de finir mon assiette de brocolis.
Mathieu sort du réfectoire, laissant Théo derrière lui et se dirige vers les bureaux administratifs.
- Ha Mathieu, je te cherchais !
Ce dernier se retourne et aperçut un homme d'âge mur vêtue du chemise blanche et d'un pantalon noir s'avançait vers lui.
- Qui a t'il Jonas ? Lui demande Mathieu
- C'est à propos de Silvia. On a retrouvé ses affaires dans la salle B 240... Toutes ses affaires... Je pense que...
Mathieu lui fit signe de la main de se taire et continua sa route vers les bureaux
- Tout le monde fait semblant mais il y a bien un problème...lui lançe Jonas. Mathieu... Même toi tu le sais....
..........
- Frantz ? Dis Mathieu en entrant dans le bureau du principal.
Un jeune garçon pas plus âgé que lui se retourne et le fixe de ses yeux bleus.
-Qu'y a t'il Mathieu ? Lui répond ce dernier avec son accent Allemand.
- Quand a lieu la prochaine récupération de nourriture ? Je veux monter une équipe avec Théo...
Frantz se tourne vers le mur derrière lui ou était affiché une carte de la ville, il passe quatre minutes à la regarder avant de désigner la zone Ouest marquée en vert.
- Elle se fera dans la Zone Verte, dans 5 jours. lui répond Frantz sans se détacher de la carte. Vous devriez y trouver quelques magasins...
Mathieu acquiesçe et s'apprêtait à sortir lorsqu'il se remémore les paroles de Jonas.
- Les autres commencent à poser des questions sur la disparition de Silvia. On devrait mener une expédition afin...
-C'est inutile, répond sèchement Frantz en se retournant vers Mathieu. Ce serait une perte de temps.
- N'oublie pas qui elle était pour toi... Dis calmement Mathieu en ouvrant la porte du bureau.
- Je sais très bien ce qu'elle représentait pour moi... Mais elle a fait un choix...
..........
- On part en récupération dans 5 jours, dit Mathieu en s'approchant de Théo qui gardait la porte principale.
-Bien, il nous faut 4 personnes en plus et on sera au complet... Tu penses vraiment que l'on pourrait trouver de la nourriture Mathieu ?
-Ce n'est pas de la nourriture que je cherche... répond Mathieu en regardant son reflet dans la vitre de la porte.
- Je m'en doutais un peu, lui répond Théo en lui donnant une tape dans le dos. C'est vrai que tous les deux vous étiez comme des jumeaux... Mais tu le connais non... Nick est certainement encore en vie et peut-être même en route pour ici qui sais...
Mathieu hoche la tête et se retourne vers l'atrium.
- Dire que l'on ne sait pas ce qu'il se passe dehors... murmure Mathieu.
- C'est quand même bizarre, lui dit Théo en s'approchant de lui, l'armée à parlé d'une épidémie mondiale... Mais sur la centaine de personnes ici, aucune n'a eu de symptômes... Enfin je veux dire, d'après les probabilités... Au moins 10 d'entre nous auraient dû être infectés...
Il pose délicatement son doigt sur sa langue et le pointe en l'air. Le vent chaud venait du Sud. Il remit son carquois sur son dos et prit son arc posait au sol. Il jete un coup d'œil aux alentours puis se remit en marche.
Après cinq minutes à faire le chemin inverse dans les bois, il reconnut l'arbre ou il avait caché les deux écureuils qu'il avait chassé. Il s'agenouille au bord du tronc et déblaye les feuilles jusqu'à ce qu'il aperçoive de la fourrure. Il prit sa maigre chasse et profite quelques instants de ce vent chaud puis se remit en marche.
Il sort de la forêt 30 minutes plus tard. Il s'arrête pour regarder le triste paysage. En face de lui se trouvait Atlante ; depuis plus de 3 semaines, c'était devenue une ville fantôme. Les haut building du Quartier des Affaires qui était, d'habitude éclairé et animé se trouvait sans vie. De même pour ce bâtiment en chantier qu'il avait l'habitude d'explorer la nuit.
Il se retourne vers la forêt et lui adressa un léger signe de la main puis longe le petit chemin de terre qui le conduirait en ville.
Le ciel était bleu, sans nuage mais avec un petit vent léger. Il se laisse tranquillement descendre le long du chemin puis arriva au vieil entrepôt. Il dépose son arc et son carquois et sort une rose fanée de sa poche. Il s'approche alors de la porte de l'entrepôt et dépose la rose à côté de plusieurs autres fleurs. Il partit avant que l'odeur infecte que dégageait le lieu ne le fasse vomir.
Il laisse alors l'entrepôt derrière lui et arrive au abord d'Atlante 30 minutes plus tard.
-Tu as mis du temps, dit une voix derrière lui.
Il se retourne et se retrouve face à une fille assez maigres, ses cernes sous ses yeux marron trahissaient un manque de sommeil. Elle avait les cheveux coloré. La partie droite était noir et la gauche rose.
- Désolé Rose, lui dit-il en souriant, j'ai pourchassé un cerf pendant 2 h avant de perdre sa trace. Mais je ne rentre pas les mains vides.
Sur ces mots, il souleve les deux écureuils triomphants.
- Tu veux vraiment que je mange des écureuils ?! Lui demande Rose en touchant du bout des doigts le corps des deux animaux inertes.
- Tu veux aller chasser ? Lui demande le garçon en enlevant la capuche de sa veste noir.
- Sans façon... murmure doucement Rose. Tu fais ça très bien Kagu...
Kagu se retourne vers la route qui s'étendait devant lui.
- C'est quand même bizarre cette histoire d'épidémie non? lui demande Rose.
Kagu acquiesce et s'engage sur la route, regardant du coin de l'œil si Rose le suivait. Il avait peur pour elle, bien qu'il savait qu'elle pourrait se débrouiller seule .Mais c'était quand même sa petite sœur...
- Regarde, lui dit Rose en lui montrant du doigt un oiseau qui volait haut dans le ciel. Il ont l'air tellement paisible non ?
Kagu jete un rapide coup d'œil à l'oiseau. C'est vrai que depuis que les villes étaient devenues désertes, la nature reprenait de plus en plus ses droit.
- On arrive au cimetière, lui lançe Kagu en apercevant deux voitures au milieu de la route.
- Je déteste cet endroit, dit Rose mélancoliquement.
Lui aussi détestait cet endroit. Ça lui rappelait leurs défunts parents. D'un geste rapide, il chasse cette pensée comme une mouche et accélére le pas. Il voulait rentrer avant la nuit.
- Kagu, ralentis...
Ce dernier se retourne vers Rose et lui sourit puis continua de marcher. Ils avaient encore 30 min de marche à faire pour rentrer « chez eux ».
..........
- J'ai super mal aux jambes... dit Rose tout en se massant les pieds. Elle était allongée sur le canapé dans le petit appartement qu'y leurs servait de refuge pour l'instant.
-On a marché que 30 min Rose, lui répondit gentiment Kagu en entrant dans le salon, deux assiettes dans chaque main.
Il en dépose une sur la petite table devant Rose et s'assoie en tailleur devant cette dernière.
- Ou a tu trouvé ces pommes de terre ? Lui demande Rose en tâtant cette dernière du bout des doigts.
- Dans un petit magasin hier quand je suis partis chercher de la nourriture.
Il pique une pomme de terre et l'enfourne dans sa bouche. Elle était tiède et fade mais le curry qu'il avait mis dedans permettait de faire abstraction de ce goût.
- C'est pas dégueu... lui dit Rose qui avait déjà fini son assiette.
- Tu aurais pu au moins faire l'effort de savourer ma cuisine, lui dit Kagu en faisant une mine triste. Tu es une vraie goinfre...
Une fois leur maigre repas avalé, Rose partit se coucher tandis que Kagu alla faire la vaisselle.
- Tu crois que les autres ville sont comme nous ? Lui demande Rose depuis le salon. Ça se trouve, c'est une sorte de caméra cachée pour nous tester...
- Oui, tu as raison et des millions de personnes peuvent te regarder sous la douche, lui répond calmement Kagu.
Il entend alors Rose rouspétait et esquisse un sourire.
Une fois la vaisselle terminée, il met de côté les trois bouteilles d'eau qu'il avait utilisées puis va rejoindre Rose dans le salon. Elle était déjà couchée dans le canapé. Il se dirige alors vers l'armoire au fond de la pièce et y sortit un matelas gonflable qu'il déposa à canapé du canapé. 10 Min plus tard, il se coucha sur le dos et réduisit la luminosité de la lampe à huile qu'il avait trouvé il y a maintenant 2 semaines.
-Kagu... Commençe Rose. Tu penses qu'il y en a d'autres... Des survivants ?
- Oui, répond ce dernier. Mais ils doivent se cacher...
- Tu te rappelles ce que disait Maman quand elle nous voyait escalader le toit de la maison ?
- Que même les vieux singes seraient jaloux de notre talent, répond-il doucement.
- Ça me manque, de courir sur les toits, de sauter au-dessus du vide...
- Ça me manque aussi Rose... On pourra y aller dans la semaine si tu veux...