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L'héritier au trône

L'héritier au trône

Auteur:: esserig
Genre: Aventure
Un Roi après 10 ans de mariage avec sa femme, n'ont jamais eu d'enfant. Un soir,un miracle c'est produit. Luna la femme du roi est tombé enceinte. Après 9 mois de grossesse et de complication,un bébé vois le jour mais Luna n'a pas survécu à l'accouchement.Marcel " le Roi " tres désemparé s'en alla annoncé une bonne et mauvaise nouvelle à la famille de Luna et à son peuple :"la venue au monde d'un héritiers et la mort de sa femme". Après la triste nouvelle, toute la familles était en deuil . Son meilleur ami,un ami en qui il plaçait une entière confiance en a profité pour retourner son peuple contre lui pour lui arracher son trône et devenir le nouveau Roi . Marcel et toutes sa famille ont été envoyées en exile mais après 1 mois d'exil, Marcel moura laissant derrière lui une famille et un héritiers. Dix-sept ans plus tard Marcus le fils de Marcel revient dans le royaume pour reprendre le trône de son père,un trône qui lui revenait de droit. Une tâche rude attends notre héritier, parviendra-t-il à récupérer son trône ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Le soleil déclinait lentement derrière les collines, teintant le ciel d'orange et de pourpre. Marcus s'entraînait sans relâche, son souffle rauque résonnant dans l'air frais du soir. Son épée s'abattait contre un tronc d'arbre marqué par des dizaines d'entailles, vestiges de ses heures passées à perfectionner ses mouvements. La sueur ruisselait sur son front, et ses bras endoloris protestaient contre l'effort, mais il refusait d'arrêter. Il n'avait pas le droit d'être faible.

« Encore », grogna-t-il entre ses dents serrées.

Il recula de quelques pas, ajusta sa posture, puis se jeta à nouveau sur sa cible imaginaire, exécutant un enchaînement rapide et précis. Elias, son mentor et unique confident, l'observait en silence, les bras croisés. L'homme était plus âgé, marqué par les années et les batailles, mais son regard perçant n'avait rien perdu de sa vivacité.

« Tu as progressé », lâcha-t-il enfin.

Marcus s'arrêta, haletant, et s'essuya le visage du revers de son bras.

« Mais ce n'est pas suffisant, n'est-ce pas ? »

Elias esquissa un sourire amusé.

« Non. Pas encore. »

Un silence s'installa, seulement troublé par le chant des criquets. Marcus se laissa tomber sur une souche, délaissant son épée à côté de lui. Depuis qu'il était enfant, il avait grandi avec une seule idée en tête : devenir plus fort. Plus fort que son père ne l'avait été. Plus fort que ceux qui avaient trahi sa famille. Il n'avait que des fragments de souvenirs de son enfance au palais, des éclats d'images d'un père aimant, d'une mère qu'il n'avait jamais connue, et d'un homme en qui son père avait placé toute sa confiance... et qui l'avait détruit.

« Raconte-moi encore, Elias », demanda-t-il d'une voix plus basse.

Son mentor soupira et s'agenouilla devant lui.

« Marcus... est-ce que cela changera quelque chose ? Tu sais déjà l'essentiel. »

« Mais je veux tout savoir. Je dois comprendre. »

Elias observa son protégé un instant avant d'hocher la tête.

« Très bien. »

Il s'assit en face de lui, et son regard se perdit dans le lointain.

« Marcel était un bon roi. Juste, aimé de son peuple. Il n'avait qu'un seul défaut : il faisait trop confiance. Quand ta mère est morte en te donnant naissance, il a été brisé. Plus fragile que jamais. Et c'est là que l'usurpateur a frappé. »

Marcus serra les poings, les ongles s'enfonçant dans sa paume. Il connaissait déjà ce passage, mais chaque fois qu'il l'entendait, il ressentait une haine brûlante lui nouer le ventre.

« Cet homme... il était censé être le plus fidèle ami de mon père », murmura-t-il.

« Oui. Il a su gagner sa confiance au fil des années. Il a prétendu être un frère. Il était présent à chaque épreuve, à chaque bataille. Mais en secret, il convoitait la couronne. Et lorsque ton père a été affaibli par le deuil, il a retourné le peuple contre lui. Il l'a exilé... toi avec lui. »

Marcus baissa la tête. Il n'avait que quelques souvenirs vagues de ce moment-là : la peur, le froid, le voyage interminable vers l'inconnu. Puis la maladie de son père. Puis la mort.

« Il l'a tué », dit-il avec amertume.

Elias ne répondit pas immédiatement. Puis, après un moment, il déclara :

« Il n'a peut-être pas porté l'arme, mais il l'a condamné en l'exilant. Ton père était un roi. Un homme habitué aux palais, aux conseils de guerre, aux responsabilités. Il n'était pas fait pour une vie de misère, et son cœur n'a pas supporté. »

Marcus releva les yeux, son regard brûlant de colère.

« Il m'a tout pris. »

« Oui. »

Le silence retomba entre eux, lourd comme un linceul. Puis Marcus inspira profondément et se redressa.

« Alors il est temps que je prenne ce qui me revient. »

Elias le fixa longuement.

« C'est une chose de vouloir récupérer ton trône, Marcus. C'en est une autre de réussir à le faire. »

Le jeune homme esquissa un sourire froid.

« Je ne suis plus un enfant. Je ne suis plus faible. Je suis prêt. »

Elias le considéra un instant avant de se relever.

« Très bien. Mais si tu veux récupérer le trône, tu devras être plus qu'un guerrier. Tu devras être un roi. »

Marcus hocha la tête. Il le savait. Mais il était prêt à tout.La nuit était tombée sur le campement, et le silence ne semblait être troublé que par le crépitement du feu mourant et le bruissement des feuilles agitées par le vent. Marcus fixait l'obscurité devant lui, son sac déjà prêt à ses pieds. Il savait qu'il devait partir seul. Elias ne l'aurait jamais laissé partir sans un plan, sans des renforts. Mais Marcus n'avait plus le temps d'attendre. Chaque jour passé loin du royaume était un jour où l'usurpateur consolidait son pouvoir. Il devait agir, maintenant.

Il ajusta sa cape, prit une profonde inspiration, puis se glissa hors du campement sans un bruit. Il connaissait chaque recoin de cette terre où il avait grandi en exil. Il évita les brindilles, contourna les zones où le sol était trop meuble et marcha droit vers l'est, vers le royaume qui lui appartenait de droit.

Après plusieurs heures de marche sous la lune, il atteignit l'orée de la forêt. C'était un lieu qu'on lui avait toujours appris à éviter. Elias l'avait prévenu à de nombreuses reprises : « Cette forêt est un repaire de bandits et de créatures dont tu ne veux pas croiser le chemin. Si tu dois la traverser un jour, fais-le avec prudence, ou pas du tout. »

Mais il n'avait pas le choix. Contourner la forêt lui ferait perdre plusieurs jours, et il ne pouvait pas se le permettre. Serrant la poignée de son épée, il s'engagea sous l'ombre des arbres tordus.

Dès les premiers pas, il sentit une différence. L'air était plus épais, chargé d'une odeur de mousse humide et de terre. Le silence y était presque surnaturel, comme si la forêt retenait son souffle en attendant que quelque chose arrive. Marcus avança prudemment, l'oreille aux aguets.

Un craquement sur sa gauche. Il s'arrêta net, la main sur la garde de son arme. Son regard fouilla les ténèbres, cherchant une silhouette, un mouvement. Rien. Peut-être un animal.

Il reprit sa marche, cette fois avec encore plus de précaution. Mais à peine eut-il fait quelques pas de plus qu'une ombre surgit derrière lui. Il eut juste le temps de se retourner avant qu'une lame ne fuse vers son torse. Il para l'attaque de justesse, reculant vivement.

« Bien trop lent, gamin », ricana une voix rauque.

Marcus ne répondit pas et se mit en garde. Autour de lui, des silhouettes sortirent lentement des fourrés. Cinq, peut-être six hommes, tous armés, aux vêtements usés et aux visages marqués par la dureté de la vie de hors-la-loi.

« Un voyageur solitaire, et en pleine nuit ? » siffla l'un d'eux en s'approchant. « Tu ne devrais pas être ici, garçon. »

Marcus ne bougea pas. Son cœur battait fort, mais son entraînement prenait le dessus. Il savait qu'ils allaient attaquer dès qu'ils en auraient l'occasion. Il devait frapper le premier.

Sans prévenir, il bondit en avant et frappa le plus proche d'un coup vif à la jambe. L'homme s'effondra avec un cri. Marcus se retourna juste à temps pour bloquer une autre attaque. L'acier rencontra l'acier dans un éclat de lumière fugace.

Mais ils étaient trop nombreux. Un poing s'abattit sur son flanc, lui coupant le souffle. Il vacilla, et une botte l'envoya rouler dans la boue. Il tenta de se relever, mais une lame froide se posa contre sa gorge.

« Impressionnant », fit une nouvelle voix, plus calme, plus mesurée.

Marcus leva les yeux. Un homme venait d'apparaître à travers les arbres. Grand, vêtu d'un manteau sombre, une épée impressionnante pendue à sa ceinture. Mais c'était son regard qui attira immédiatement l'attention de Marcus : perçant, intelligent, comme s'il analysait chaque détail de la scène en un instant.

« Relâchez-le », ordonna l'inconnu.

Les bandits hésitèrent, mais ils obéirent. Marcus se releva lentement, sans quitter l'homme des yeux.

« Qui es-tu ? » demanda-t-il en essuyant le sang qui perlait à sa lèvre.

L'homme haussa un sourcil.

« Un voyageur, comme toi. Mais toi, tu es bien plus intéressant que moi. »

Marcus se tendit.

« Je ne vois pas de quoi tu parles. »

Un sourire énigmatique se dessina sur les lèvres de l'inconnu.

« Oh, je crois que si. Un jeune homme bien entraîné, voyageant seul dans une forêt infestée de bandits, avec une détermination qui transparaît dans chacun de ses gestes... Tu n'es pas un simple voyageur. »

Marcus garda le silence. Il ne pouvait pas révéler qui il était. Pas encore.

L'homme s'approcha d'un pas mesuré.

« Je m'appelle Elias. »

Marcus sentit son souffle se bloquer une fraction de seconde. Elias. Ce nom.

« Pas celui que tu connais », ajouta l'homme en observant sa réaction. « Mais on dirait que tu as déjà entendu mon nom. Intéressant. »

Marcus serra les poings.

« Et que me veux-tu, Elias ? »

L'homme inclina légèrement la tête.

« Je t'offre un choix. Tu peux continuer ta route seul, risquant de mourir avant même d'atteindre ton objectif... ou tu peux accepter mon aide. »

« Pourquoi voudrais-tu m'aider ? »

Un éclat de malice passa dans le regard de l'homme.

« Disons que j'ai un certain intérêt à voir l'ordre rétabli dans ce royaume. »

Marcus le fixa longuement, analysant chacune de ses paroles, chacun de ses gestes. Pouvait-il lui faire confiance ? Il n'en était pas sûr. Mais il savait une chose : il ne pouvait pas réussir seul.

Après un instant, il hocha la tête.

« Très bien. Montre-moi ce que tu sais faire. »

Elias sourit, et sans prévenir, il dégaina son épée et attaqua.La nuit était tombée sur la capitale, drapant la ville d'ombres mouvantes sous la lumière tremblotante des torches accrochées aux murs de pierre. Marcus et Elias s'étaient glissés discrètement entre les ruelles étroites, longeant les bâtisses délabrées qui bordaient l'entrée de la ville. L'odeur âcre de la misère flottait dans l'air, un mélange de fumée, de boue et de quelque chose de plus rance, plus désespéré.

« C'est bien pire que ce que je pensais... » murmura Marcus en observant les visages émaciés des habitants qui se terraient dans l'obscurité.

Des enfants, pieds nus et recroquevillés contre les murs, tendaient des mains maigres vers les rares passants. Des femmes aux traits tirés surveillaient les rues d'un regard méfiant, tenant leurs proches à l'écart du danger invisible qui semblait planer sur la ville.

Elias, à ses côtés, restait silencieux, son expression fermée. Il n'avait pas besoin de parler. Tout ici criait la souffrance d'un peuple oublié.

Chapitre 2 Chapitre 2

Marcus avança plus profondément dans la capitale, prenant soin d'éviter les soldats en patrouille. Ils portaient l'armure du royaume, mais leur posture et leur comportement trahissaient leur véritable nature. Ils n'étaient pas là pour protéger, mais pour surveiller. Pour écraser toute tentative de rébellion avant même qu'elle ne prenne forme.

Soudain, un cri perça la nuit. Un cri de douleur, suivi d'un bruit sourd. Marcus et Elias s'arrêtèrent net, se plaquant contre un mur. Plus loin, près de la place centrale, un groupe de soldats encerclait un vieil homme agenouillé sur les pavés.

« Je vous en supplie ! » s'étrangla l'homme, levant une main tremblante vers ses bourreaux.

Le plus grand des soldats le frappa d'un revers de main, le jetant au sol comme un animal.

« Les taxes ont augmenté, vieillard. Si tu ne peux pas payer, tu sauras ce qui t'attend. »

Le vieil homme se recroquevilla sur lui-même, serrant contre sa poitrine un morceau de tissu élimé. Derrière lui, une jeune fille, peut-être sa fille ou sa petite-fille, le regardait avec des yeux écarquillés de terreur.

Marcus sentit la colère monter en lui comme une vague brûlante. Ses doigts se crispèrent sur le manche de son épée, et il fit un pas en avant, prêt à intervenir.

Une main ferme se referma sur son bras.

« Pas maintenant », souffla Elias.

« Ils vont le tuer », répliqua Marcus entre ses dents.

« Et si tu interviens, c'est toi qui mourras. »

Marcus serra les poings, chaque muscle de son corps tendu par la frustration. Il avait passé des années à rêver de revenir ici, à imaginer comment il sauverait son peuple, comment il renverserait l'usurpateur. Mais il n'avait jamais envisagé l'impuissance, la nécessité d'attendre, de se cacher pendant que son peuple souffrait.

Il détourna le regard juste au moment où l'un des soldats asséna un dernier coup au vieil homme avant de s'éloigner en riant avec ses compagnons.

Dès qu'ils furent hors de vue, Marcus s'approcha rapidement.

« Ça va ? » demanda-t-il en s'agenouillant près du vieil homme.

Celui-ci leva des yeux fatigués vers lui, méfiant.

« Qui... qui êtes-vous ? »

« Juste un voyageur. »

Le vieil homme toussa et cracha un peu de sang avant de secouer la tête.

« Un voyageur ? Alors partez. Ce royaume est un tombeau pour ceux qui osent y rester. »

Marcus échangea un regard avec Elias avant de reporter son attention sur l'homme.

« Dites-moi... que s'est-il passé ici ? »

Le vieil homme lâcha un ricanement amer.

« Ce qu'il s'est passé ? Un roi est mort, un autre a pris sa place, et nous sommes devenus des fantômes dans notre propre ville. »

La jeune fille à ses côtés baissa les yeux, serrant les pans de sa robe entre ses doigts.

« Chaque mois, les taxes augmentent », murmura-t-elle. « Ceux qui ne peuvent pas payer... disparaissent. »

Marcus sentit son sang se glacer.

« Disparaissent ? »

Le vieil homme hocha lentement la tête.

« Ils viennent la nuit. Des hommes en capes noires. Ils emmènent ceux qui n'ont plus rien à donner. On ne les revoit jamais. »

Marcus sentit un frisson lui parcourir l'échine. Ce n'était pas qu'une simple tyrannie. C'était un règne de peur, une oppression méthodique, calculée.

Il serra les poings, sa décision se gravant plus profondément dans son cœur.

« Je vais arrêter ça », murmura-t-il.

Le vieil homme eut un rire sans joie.

« Un seul homme ne peut pas combattre un monstre. »

Marcus le regarda droit dans les yeux.

« Je ne suis pas un simple homme. Je suis Marcus. Fils du roi Marcel. L'héritier légitime du trône. »

Un silence de plomb s'abattit sur la ruelle.

La jeune fille recula d'un pas, les yeux écarquillés. Le vieil homme le fixa, incrédule, avant de secouer lentement la tête.

« Non... ce n'est pas possible... »

Marcus posa une main sur son épaule.

« Je suis bien vivant. Et je jure sur mon nom, sur mon sang, que je rendrai à ce royaume la justice qu'il mérite. »

Le vieil homme le regarda un instant, puis, lentement, il s'agenouilla devant lui, la tête baissée.

« Alors peut-être... qu'il y a encore de l'espoir. »

Elias, resté silencieux jusqu'alors, posa une main sur l'épaule de Marcus et murmura :

« Maintenant, nous devons trouver comment rallier ce peuple à ta cause. »

Marcus hocha la tête. Il n'était plus seulement un prince en exil. Il était un roi en devenir. Et il était temps de se battre.Les murs du palais n'étaient plus que des vestiges rongés par le temps et l'abandon. Là où jadis s'élevaient des tours imposantes, il ne restait que des pans de pierre effondrés, des colonnes brisées, des escaliers menant vers le vide. Marcus s'arrêta devant les grandes portes éventrées, son cœur battant à un rythme douloureux. C'était ici qu'il avait grandi. Ici que son père avait régné. Et maintenant, il ne restait qu'un champ de ruines, un tombeau silencieux de ce qu'avait été sa famille.

Elias s'arrêta à ses côtés, observant les lieux en silence.

- Le traître a fait en sorte d'effacer jusqu'à ton souvenir, murmura-t-il.

Marcus avança lentement à travers les débris, effleurant du bout des doigts une colonne gravée où subsistaient encore des symboles du royaume. Il se souvenait à peine de cet endroit, mais en fermant les yeux, il pouvait presque entendre l'écho des rires, le bruit des pas résonnant sur le marbre poli, la voix grave de son père qui le portait sur ses épaules.

Un craquement le fit sursauter. Instinctivement, il porta la main à son épée et se tourna vers l'origine du bruit.

Une silhouette émergea de l'ombre d'un mur effondré. Un homme, voûté par les années, la barbe grise et la peau marquée par le temps. Ses vêtements étaient en lambeaux, mais ses yeux brillaient d'une intelligence vive.

Marcus sentit une étrange reconnaissance le traverser.

- Vous...

L'homme s'arrêta net en l'observant. Son souffle se coupa, et un tremblement agita ses lèvres.

- Par tous les dieux...

Il fit un pas en avant, comme s'il n'osait pas croire à ce qu'il voyait.

- Ces yeux... Vous avez les mêmes que votre père.

Marcus sentit sa gorge se serrer.

- Vous me connaissiez ?

L'homme hocha la tête, et soudain, il tomba à genoux devant lui, les épaules secouées par l'émotion.

- Je vous croyais mort, mon prince...

Marcus se précipita pour l'aider à se relever.

- Relevez-vous. Dites-moi qui vous êtes.

L'homme se redressa lentement, scrutant son visage comme pour s'assurer qu'il ne s'agissait pas d'un rêve.

- Je suis Orlan, autrefois intendant du palais. J'ai servi votre père jusqu'à la fin... jusqu'à ce que...

Sa voix se brisa, et il détourna le regard, incapable de prononcer les mots.

- Jusqu'à ce qu'il soit trahi, acheva Marcus d'une voix dure.

Orlan hocha la tête.

- Après votre exil, le nouveau roi a fait brûler ce palais. Il voulait effacer toute trace de votre famille. Moi... J'ai survécu en me cachant parmi les ruines. Depuis toutes ces années, j'attends le jour où la justice sera rendue.

Marcus sentit un mélange de douleur et de rage monter en lui.

- Ce jour est venu.

Orlan le fixa, ses yeux brillants d'un espoir qu'il semblait avoir perdu depuis longtemps.

- Vous comptez reprendre votre trône ?

- Pas seulement reprendre mon trône. Je compte libérer ce royaume.

Un silence s'installa. Puis Orlan baissa la voix, regardant autour de lui comme s'il craignait d'être entendu.

- Vous n'êtes pas seul.

Marcus et Elias échangèrent un regard.

- Que voulez-vous dire ? demanda Elias.

Orlan inspira profondément.

- Depuis des années, la colère gronde. Les gens souffrent sous le règne du tyran. Il y a ceux qui se résignent... et ceux qui résistent. Un groupe de fidèles, cachés dans l'ombre, attendent une occasion de se soulever. Mais ils manquent d'un leader.

Marcus sentit son cœur accélérer.

- Où sont-ils ?

- Suivez-moi.

Orlan les guida à travers les décombres du palais, passant par un passage caché dont Marcus ignorait l'existence. Ils descendirent des escaliers sombres jusqu'à une crypte souterraine, où des torches vacillantes éclairaient des silhouettes rassemblées autour d'une table de pierre.

Lorsqu'ils entrèrent, le silence tomba. Tous les regards se tournèrent vers Marcus. Des visages marqués par les épreuves, mais dont les yeux brillaient d'une lueur de détermination.

Orlan s'avança et, d'une voix forte, déclara :

- Voici Marcus. L'héritier légitime du trône. Notre roi.

Un murmure parcourut l'assemblée. Certains semblaient incrédules, d'autres laissaient l'émotion envahir leurs traits.

Marcus inspira profondément et fit un pas en avant.

- Je suis revenu pour reprendre ce qui nous appartient. Pour mettre fin à la tyrannie. Mais je ne peux pas y arriver seul.

Il balaya la salle du regard, son cœur battant à tout rompre.

- Qui est prêt à se battre avec moi ?

Un instant de silence. Puis un homme se leva.

- Je suis avec vous.

Une femme, à ses côtés, hocha la tête.

- Moi aussi.

Bientôt, une vague d'approbation parcourut la salle. Des poings se levèrent, des voix s'élevèrent.

Et Marcus sut qu'il n'était plus seul. La rébellion venait de commencer.Le feu crépitait dans l'âtre, projetant des ombres dans la grande salle souterraine où s'était réunie la résistance. Marcus, debout au centre, sentait les regards peser sur lui. Certains rebelles l'observaient avec espoir, d'autres avec méfiance. Il comprenait leur hésitation. Après tout, il était un prince déchu, un héritier qu'ils avaient cru mort depuis dix-sept ans. Pourquoi lui feraient-ils confiance aussi facilement ?

Orlan posa une main sur son épaule avant de s'adresser au groupe.

- J'ai servi son père, et je peux vous assurer que ce jeune homme porte en lui le même feu. Il est l'héritier légitime de ce royaume !

Un murmure parcourut l'assemblée, mais un homme se leva brusquement, les bras croisés.

- Héritier légitime ou non, cela ne fait pas de lui un chef.

Marcus soutint son regard. L'homme était robuste, avec une barbe sombre et des yeux durs.

- Vous avez raison, répondit Marcus d'une voix calme. Je ne vous demande pas de me suivre par simple respect pour mon sang. Mais je suis prêt à me battre à vos côtés. À risquer ma vie, comme chacun d'entre vous.

L'homme haussa un sourcil.

- Prouve-le.

Un silence s'abattit sur la salle.

- Comment ? demanda Marcus.

Le rebelle jeta un regard aux autres avant de revenir vers lui.

- Un convoi de ravitaillement destiné aux troupes du roi traverse la route du nord cette nuit. Si tu veux gagner notre confiance, viens avec nous et participe au raid.

Marcus hocha la tête sans hésiter.

- J'en serai.

Elias posa une main sur le pommeau de son épée, un léger sourire en coin.

- Ça devient intéressant.

Chapitre 3 Chapitre 3

La nuit était froide et silencieuse. Cachés dans les bois bordant la route du nord, Marcus et les rebelles attendaient dans l'obscurité. Devant eux, le sentier serpentait entre les arbres, éclairé seulement par la lueur des torches accrochées aux chariots du convoi.

Le chef des rebelles, un homme nommé Darek, fit un signe discret.

- Trois chariots, six gardes par véhicule. Si on les prend de vitesse, ils n'auront pas le temps de réagir.

Marcus sentit l'adrénaline monter en lui. Son cœur battait fort, mais il n'avait pas peur. Il savait ce qu'il devait faire.

Le premier chariot approchait. Au moment où il passa devant leur position, Darek leva le poing.

- Maintenant !

Les rebelles surgirent des ombres. Marcus, l'épée en main, se jeta sur le premier garde. L'homme eut à peine le temps de lever son arme avant que Marcus ne pare son coup et ne l'assomme d'un revers brutal. Autour de lui, le combat éclata dans un chaos de cris et d'acier.

Un soldat chargea vers lui, une lance pointée droit sur son torse. Marcus esquiva de justesse et attrapa la hampe de l'arme avant de tirer son adversaire vers lui. Un coup bien placé le mit hors d'état de nuire.

Les rebelles prenaient l'avantage. Un à un, les soldats du roi tombaient sous leurs assauts. En quelques minutes, tout était fini. Le dernier garde gisait inconscient, et les rebelles s'emparaient déjà du contenu des chariots.

Darek s'approcha de Marcus, essoufflé mais souriant.

- Pas mal, prince.

Marcus rengaina son épée.

- J'ai appris des meilleurs.

Darek lui donna une tape sur l'épaule avant de se tourner vers Orlan.

- Tu avais raison. Il a du sang royal, mais il sait aussi se battre comme un vrai guerrier.

Un éclat de fierté traversa Marcus. Pour la première fois, il sentait qu'il faisait réellement partie de cette rébellion.

Mais alors qu'ils chargeaient les vivres dans leurs propres chariots, un des rebelles revint en courant, le visage blême.

- Marcus... Tu dois voir ça.

Intrigué, il suivit l'homme jusqu'au dernier chariot. Lorsqu'il ouvrit la bâche, son souffle se coupa.

À l'intérieur, enfermés dans une cage de fer, des hommes et des femmes au visage marqué par la fatigue et la peur se recroquevillaient les uns contre les autres.

- Ce ne sont pas des prisonniers ordinaires, souffla le rebelle. Ce sont des exilés.

Le cœur de Marcus rata un battement.

- Des exilés ?

Il s'accroupit près de la cage, ses yeux parcourant les visages, cherchant...

Jusqu'à ce qu'il tombe sur un regard familier.

Une femme, plus âgée qu'il ne l'aurait imaginée, mais dont les traits lui rappelaient son enfance.

Ses lèvres tremblèrent.

- Tante...

L'expression de la femme changea, passant de la peur à l'incrédulité.

- Marcus ?

Il sentit un nœud se former dans sa gorge.

- C'est moi...

Des larmes roulèrent sur les joues de la femme alors qu'elle tendait une main à travers les barreaux. Marcus l'attrapa, serrant sa paume avec force.

- Nous pensions que tu étais mort...

- Moi aussi, murmura-t-il. Mais je suis là. Et je vais nous ramener chez nous.

Elias s'approcha, observant la scène avec sérieux.

- On doit les sortir de là avant que d'autres soldats n'arrivent.

Marcus hocha la tête, essuyant rapidement ses yeux.

- Brisez cette cage. Emmenons-les avec nous.

Les rebelles s'activèrent, libérant les prisonniers. Marcus aida sa tante à descendre du chariot, la tenant fermement.

Alors qu'ils prenaient la route du retour vers leur cachette, il jeta un dernier regard au ciel étoilé.

Il était sur la bonne voie. Son peuple l'acceptait. Sa famille était encore en vie.

Et bientôt, il reprendrait ce qui lui revenait de droit.Les torches illuminaient la grande salle du palais, projetant des ombres menaçantes sur les murs de pierre froide. Assis sur un trône d'or volé, le roi usurpateur, Aldric, écoutait le rapport d'un de ses espions. Son visage, marqué par les années de règne sans pitié, se tordit de colère à mesure qu'il assimilait les nouvelles.

- Répète.

Le messager, un homme maigre à la peau tannée par la vie de l'ombre, baissa la tête en signe de soumission.

- Marcus est vivant, mon roi. Il s'est allié à la rébellion et a participé à l'attaque du convoi hier soir.

Aldric serra les poings sur les accoudoirs de son trône.

- Impossible...

Le messager hocha la tête.

- Nous avons des témoins. Il a été vu en train de combattre aux côtés des rebelles. Et pire encore... Il a retrouvé certains membres de sa famille parmi les prisonniers.

Aldric sentit un frisson de rage lui parcourir l'échine. Marcus n'était qu'un enfant quand il l'avait fait exiler. Il aurait dû mourir en terre étrangère, disparaître comme un fantôme du passé. Et maintenant, il osait revenir, chercher à reprendre ce qui lui avait été arraché ?

Il frappa du poing sur la table, faisant sursauter les conseillers silencieux autour de lui.

- Si cette vermine pense pouvoir me défier, il est plus stupide que je ne le croyais.

Il se tourna vers un homme en armure sombre, debout dans un coin de la salle.

- Envoie les Fils du Fer.

Un murmure parcourut la pièce. Les Fils du Fer étaient les plus impitoyables des mercenaires du royaume, des chasseurs de sang qui ne laissaient jamais une cible en vie.

L'homme s'inclina légèrement.

- Ils partiront à l'aube, mon roi.

Aldric sourit, mais ce n'était qu'un rictus cruel.

- Alors d'ici la prochaine lune, Marcus ne sera plus qu'un cadavre oublié.

***

La fraîcheur du matin enveloppait encore la cachette de la résistance. Dans la grotte où ils s'étaient établis, Marcus observait sa tante endormie près du feu. La veille avait été éprouvante pour elle et les autres exilés libérés. Mais maintenant qu'ils étaient ici, en sécurité, un semblant de sérénité semblait avoir gagné leurs traits fatigués.

Elias, assis à quelques pas de lui, affûtait son épée d'un geste mécanique.

- Tu ne dors pas ? demanda-t-il sans lever les yeux.

Marcus haussa les épaules.

- Trop de choses en tête.

- Je comprends. Mais tu vas avoir besoin de toutes tes forces si tu veux continuer ce combat.

Marcus esquissa un léger sourire. Elias avait toujours ce ton pragmatique, mais derrière son masque de guerrier, Marcus savait qu'il se souciait de lui.

Il s'apprêtait à répondre quand un cri résonna à l'entrée de la grotte.

- À couvert !

Le sol trembla sous les pas précipités des rebelles. Un sifflement fendit l'air. Marcus eut juste le temps de tirer Elias en arrière avant qu'une flèche ne se fiche dans la pierre à l'endroit où il se tenait une seconde plus tôt.

- À l'attaque ! hurla une voix rauque.

Des silhouettes en armure noire déferlèrent dans la grotte comme des ombres meurtrières. Les Fils du Fer.

L'épée de Marcus sortit de son fourreau dans un claquement sec. Il para un premier coup et riposta aussitôt, transperçant l'assaillant devant lui. Autour de lui, le combat faisait rage.

Elias s'élança à ses côtés, sa lame dansant sous la lueur des torches.

- On est tombés dans un piège !

Marcus enfonça son épaule dans un mercenaire, le repoussant avant de lui asséner un coup fatal.

- On doit sortir d'ici !

Les rebelles se regroupaient autour de lui, repoussant l'ennemi avec l'énergie du désespoir. Mais les mercenaires étaient bien entraînés, et leur nombre semblait illimité.

Un hurlement déchira l'air. Marcus tourna la tête juste à temps pour voir Darek, le chef rebelle, tomber sous la lame d'un Fils du Fer.

- Non !

Il se précipita, mais un bras l'attrapa violemment et le tira en arrière. Elias.

- On ne peut pas sauver tout le monde !

Marcus voulut protester, mais il savait qu'il avait raison.

Orlan apparut près d'eux, le visage couvert de sueur.

- Il y a un tunnel de sortie, derrière la grotte !

- Guide-les ! Je vais couvrir la retraite ! cria Marcus.

Elias hésita une seconde, mais acquiesça.

- Ne meurs pas, gamin.

Puis il disparut avec Orlan et les survivants, tandis que Marcus se retournait pour faire face à l'ennemi.

Les mercenaires avancèrent en cercle autour de lui, lames dégainées. Leur chef, un colosse au crâne rasé, sourit d'un air carnassier.

- L'héritier en personne. Tu as survécu longtemps... mais c'est fini.

Marcus serra les dents.

- Venez me chercher.

Le colosse attaqua le premier, rapide malgré sa carrure. Marcus para le coup de justesse, reculant d'un pas. Un deuxième mercenaire se jeta sur lui. Il esquiva, pivota, et planta sa lame dans la jointure de son armure. L'homme s'effondra en poussant un râle.

Mais ils étaient trop nombreux.

Un coup violent lui fit perdre l'équilibre. Il sentit un choc contre sa tête et sa vision se brouilla.

Il allait mourir ici.

Non.

Pas maintenant.

Dans un dernier effort, il roula sur le côté, évitant une lame qui s'abattait sur lui. Puis il vit une ouverture.

Un pan de la grotte s'ouvrait sur un précipice. Une chute abrupte, mais une chance de s'en sortir.

Il n'avait pas le choix.

Avec une ultime impulsion, il se jeta dans le vide.

Le vent hurlait à ses oreilles alors qu'il tombait.

Puis, soudain, l'eau glacée le happa.

Tout devint noir.L'eau glacée engouffra Marcus dans ses abysses, enveloppant son corps d'un froid mordant. Le courant, puissant, le tira violemment vers l'aval. Il lutta pour garder la tête hors de l'eau, mais la rivière était traîtresse, parsemée de rochers tranchants qui menaçaient de l'écraser à chaque instant. Son souffle se fit court, ses muscles crièrent grâce. Puis, soudain, il sentit le sol sous lui.

Le choc fut brutal. Il roula sur la rive boueuse, crachant de l'eau et haletant, les poumons en feu. Pendant un instant, il ne bougea pas. Tout son corps était endolori, mais il était vivant.

Un bruissement dans les fourrés le fit sursauter. Il attrapa son poignard, prêt à se défendre, mais une silhouette émergea lentement de l'ombre des arbres.

Une femme.

Elle était drapée dans une cape de voyage brodée de fils d'argent, son capuchon relevé cachant en partie son visage. Mais lorsqu'elle s'approcha, la lune éclaira son regard : perçant, intelligent, et étrangement familier.

- Vous devriez éviter de vous jeter des falaises, murmura-t-elle d'une voix calme.

Marcus la fixa, méfiant.

- Qui êtes-vous ?

Elle abaissa légèrement son capuchon, révélant des traits fins et aristocratiques.

- Je suis la princesse Elena de Valoria.

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