Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Aventure > L'homme qui a choisi son destin
L'homme qui a choisi son destin

L'homme qui a choisi son destin

Auteur:: LAYE
Genre: Aventure
Suivez l'itinéraire de ma vie ......

Chapitre 1 Chapitre 01

Chapitre 1

****Laye****

Il était une fois, un ado qui vivait sa vie paisiblement sans aucun souci du lendemain et un jour son père l'a appelé pour lui dire qu'il a promis à son défunt meilleur ami qui est l'homonyme de l'ado en passant que quand sa fille sera en âge de se marier qu'il se mariera avec elle.

Sa vie étant très liée à celle de son père, l'adolescent à l'âge adulte n'avait point de choix que d'accepter sa vie comme son père le voulait. Il l'a fait et s'est retrouvé marier à la fille de son homonyme. Son objectif du début était de faire regretter à la fille d'accepter ce mariage. Quand l'égoïsme parle, on oublie tout le reste. Malgré des courbatures qui ont fait parler d'eux, notre héros a décidé de passer ses nuits sur un matelas gonflable. Au fur et à mesure du temps, le paramètre qu'il n'a pas pris en compte montra le bout de son nez et il est tombé éperdument amoureux de l'épouse qu'il avait jadis rejetée.

Si c'était un conte de fée à la disney, l'histoire se serait terminée par "ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfant" mais ce n'est pas une histoire à la disney mais ni plus ni moins que ma chienne de vie.

Alors que je pensais vivre heureux avec Alima, Khadija a pointé le bout de nez. Vous voulez savoir qui est Khadija ? Vous connaissez la fille qui obtient toujours ce qu'elle veut quitte à écraser sans ménagement ceux qui sont au tour d'elle. Vous avez le prototype de Khadija.

M'ayant fait un enfant derrière mon dos, Khadija est passée du statut de plan-cul à celui d'épouse. La classe, non ?

A 26 ans je me suis retrouvé polygame. J'en avais deux et mes amis à l'époque n'en avaient même pas une.

Le moins que je puisse dire est que la polygamie n'était pas mon fort. Je devais être impartial et je n'ai pas arrêté de privilégier Alima aux dépens de Khadija.

Cela dit, ma plus grande erreur n'était pas d'avoir impartial mais plutôt d'avoir été infidèle. A ma grande surprise, une de mes aventures passagères a décidé de me le faire payer.

Mes femmes ont été mises au courant et se sont liguées contre moi. Je ne peux même pas vous raconter ce que j'ai ressenti quand je devais rencontrer l'avocate d'Alima et que je retrouve dans mon bureau Khadija.

Le tribunal sanctionnant l'adultère et Khadija me faisant la peau comme pas 2, Alima a eu la moitié de tout ce que j'ai acquis après notre mariage. Mon père ayant mis toutes ses affaires à mon nom, mes ex se sont retrouvées avec énormément d'argent. Alima avait la moitié de tout mais Khadija avait un pourcentage sur ses gains. 30%, je crois.

Si je leur en veux, je dois leur accorder que c'était un coup de maître.

J'ai oublié de vous parler des enfants. 2 avec Alima et un seul avec Khadija. J'ai mes enfants les week-end et la moitié des vacances scolaires.

-Si tu nous as conviés à cette réunion pour être dans les vaps, t'aurais mieux fait de nous en épargner.

Plus casse-couilles qu'Alima, tu meurs. Je l'ignore.

-Avant de mettre un terme à cette réunion. Je tenais à vous dire que l'agence a maintenant deux nouvelles actionnaires. Votre collègue Alimatou Gueye que vous connaissez déjà car faisant partie du service de comptabilité et Ndéye Khady Touré que vous avez dû connaitre en tant que mon ex-femme.

-Donc maintenant on doit rendre compte à trois personnes ??? Demande Dieye, un des architectes.

-Dans la mesure où je suis la seule personne capable de juger vos travaux, je reste la seule personne à qui vos rapports seront adressés. Tout le monde sait que seul l'argent les intéressent alors tant que vous serez capable d'en rapporter, elles ne s'occuperont pas de ce vous faites.

Alima roule des yeux alors que Khadija s'en fout. J'ai raison ou j'ai raison.

-S'il n'y a plus de questions, vous pouvez disposer.

Personne ne dit rien et tout le monde se lève pour regagner leurs bureaux respectifs sauf Khadija. Pfff. Elle peut passer la nuit ici, je m'en fous.

En ce moment je vis ma phase reconstruction. Ça fait encore mal parce ça fait juste quelques jours mais ça va. J'ai recommencé à sortir et à voir mes amis. Je suis un homme de la trentaine, je suis beau, je suis riche. Rien ne doit m'empêcher de vivre heureux.

Après avoir rangé mes affaires, je me lève.

-Laye, je peux te parler ?

-Quoi ?

-Je veux te revendre mes parts.

Je reprends place.

-Pourquoi ?

-Je m'y connais pas et je veux pas assister à toutes vos réunions, j'ai autre chose à faire. Je suis avocate moi. Le monde des entreprises, c'est pas pour moi.

-Combien ?

Sa réponse me surprend, je m'attendais à une somme plus colossale.

Racheter ses parts me donnera 65% des actions. Si j'ai pensé faire couler l'entreprise, je me suis vite écarté cette idée de la tête. Ceci est le travail de toute une vie. Mon père mérite plus que de voir tout ce qu'il a produit tomber en ruine.

-D'accord. Je demanderai à mon avocat de s'occuper de la partie juridique. Il te contactera.

-Je peux le faire.

-Khadija, ai-je la tête d'un mec qui a confiance en toi ?

Je prends mes affaires et je quitte la salle de réunion.

*****

Je rentre chez moi après avoir fini ma journée au boulot.

Je vous ai pas raconté, mon père souffrant d'Alzheimer depuis des mois, me prend maintenant pour son frère. Ça fait rire mais c'est pas drôle. Et j'avoue que ceci est quand même assez pour se remettre en question. Dans cette vie, tout a une fin.

-Bonsoir...Salué-je en entrant dans le salon où se trouvent les parents.

-Bonsoir... Me répond mon père.

-Comment ça va ?

-Je vais bien. Khadija m'a proposé de racheter ses parts.

-C'est qui Khadija ???Demande mon père.

Ne riez pas, c'est pas drôle.

-Une fille avec qui je travaille.

-D'accord.

-Pourquoi elle veut faire ça ??? Demande ma mère.

-Elle dit que ça l'intéresse pas. Mais vu le prix auquel elle propose ses parts, je serais bête de ne pas les prendre.

-Quand verrai-je mes petits enfants???

-Vendredi, j'irai dans mon ancienne maison les récupérer. Que Dieu m'en garde si Alima refuse comme elle l'a fait ces dernières semaines, je promets le pire.

-Laye, je t'ai déjà dit que dome keine douko kheuthio (On ne se dispute pas un enfant).

-Je suis d'accord. Mais c'est à Alima de faire preuve de maturité et me laisser prendre mes enfants avec moi.

-Négocie avec elle. Elle t'en veut encore c'est pour ça mais je sais que sa colère va passer. Et Khadija ?

-Je pense pas avoir ce problème avec elle. Au temps, elle suivait Alima comme un mouton car elle avait peur qu'elle change d'avocat. Mais maintenant qu'elle a sa part du gâteau, elle fera ce qu'elle veut.

-Thieyyy.

-Je te le fais pas dire. Je vais me reposer à l'intérieur.

Je vais dans ma chambre prendre une douche avant de me mettre sur le lit et allumer la télé, attendant que le diner soit servi.

*****

Alima entre dans mon bureau brusquement.

-Fais comme chez toi... Dis-je en la regardant avec mépris.

-Je veux qu'elle soit renvoyée tout de suite.

-Qui ?

-Ta nouvelle secrétaire.

-C'est quoi le problème, elle est incompétente ?

-Elle vient de me manquer de respect.

-Comment ça ?

-Je lui ai donné un rapport à rédiger et elle m'a dit qu'elle ne travaillait pas pour moi.

-Elle a raison.

-Quoi ??? Madame Ndoye faisait toujours ce que je lui demandais sans broncher.

-Elle n'est pas Madame Ndoye. Et sors de mon bureau.

Elle pousse un grognement avant de sortir.

J'appelle ma nouvelle secrétaire pour la féliciter.

Elle entre dans mon bureau.

-Alimatou Gueye vient juste de sortir disant que vous n'avez pas fait un travail qu'elle vous a demandé.

-Oui mais c'est parce que je suis débordée. C'est ma première semaine et j'ai beaucoup de mal à trouver mes empreintes. Je suis désolée, je vais lui dire que je vais le faire.

-Je vous ai pas demandé de le faire.

-Hunnn ??

-En fait au contraire, peu importe ce qu'elle vous demande, refusez.

-D'accord. Ça me fera moins de travail.

-C'est ce que je pensais. Vous êtes contente, je suis content et elle est énervée.

Je pense qu'elle a du mal à comprendre. Mais c'est sûr que mes dieuwkatt d'employés la mettront au parfum.

******

Mon avocat a rencontré Khadija et ils se sont chargés de la paperasse. Dans quelques jours, ce sera officiel.

Je vais voir Alima dans son bureau.

-Tu vis encore avec Khadija ?

-Ça te concerne ?

-Vu que vous êtes les mères de mes enfants, oui ça me concerne.

-C'est l'heure de la pause donc je vais aller au restaurant...Dit-elle en se levant et prenant son sac sans faire allusion à ma question.

Avant qu'elle ne sorte, je prends mon portable. J'appelle Khadija.

-Allo.

-Oui. J'aimerai savoir où est-ce que tu habites ?

-Tu veux venir me voir.

-Non, je veux venir récupérer ma fille.

-D'accord. Je suis encore chez toi. Ou devrais-je dire chez Alima.

-Ok. Je passerai vers 19h et j'espère qu'elle sera prête.

-Ok.

Je coupe la communication avant de remettre mon portable dans ma poche.

-Tu as bien entendu ce que je viens de lui dire. Tu transposes simplement ma fille par ma fille et mon fils et le tour est joué. Ce sera comme si je te parlais.

Elle me fait un tchipp et sort tout en me poussant car j'étais encore devant la porte.

C'est le tribunal qui a décidé. Elle n'a aucun droit de m'empêcher de voir mes enfants.

****

Quelle ironie du sort !!! Maintenant je suis le seul de mes amis à ne pas être marié. Je pensais aller voir quelqu'un pour tuer le temps en attendant 19h mais chez qui ? Ils sont soit encore au boulot ou soit avec madame.

Je décide alors de continuer à bosser jusqu'à 18H30.

****Alima****

Si cet imbécile pense que mes enfants passeront le week-end avec lui, il se trompe lourdement. Mes enfants ne bougeront pas d'ici.

Je mets la voiture dans le garage. J'entends des bruits de dessins animés me montrant que les enfants sont devant la télé.

-Bonsoir...Dis-je en entrant.

-MAMAN...Crie Papi en courant me rejoindre. Mame Faty plus lente marche pour venir. Elle n'a que deux ans, c'est normal.

-Mes chéris...Dis-je en essayant de les porter tous les deux avant de m'asseoir au plus vite. Mauvaise idée avec des talons aussi hauts.

Fatima vient me saluer avec la main.

Je remarque qu'ils sont bien habillés.

Je regarde la femme qui s'occupe de la maison et des enfants.

-Pourquoi ils sont habillés ainsi ?

-Khadija m'a appelé tout à l'heure pour me demander de les préparer car leur père vient les chercher.

-Khadija a fait ça? Mes enfants ne vont nulle part. Change-les à nouveau. Quant à Fatima, laisse-la comme elle est.

Je sors du salon pour prendre une douche et me changer.

Avant de sortir de la chambre, j'entends la voix de Khadija. J'ai deux mots à lui dire.

Je vais dans le salon où je retrouve mes enfants avec leurs vêtements de tous les jours.

-Alima, ça va ?

-Bien et toi ?

-Ça va. En fait, c'est moi qui ait appelé Ndoumbé pour lui demander de préparer les enfants, Laye doit passer les chercher.

-Si toi tu veux que Fatima passe le week-end avec lui, ça te regarde. Mes enfants n'iront nulle part.

-Mais Alima, aurais-tu oublié que c'est le juge qui lui a donné ses week-ends ?

-Je m'en fous.

-Sérieusement, tu ne penses pas qu'il est assez puni ?

-Il te fait pitié ?

-Non, je n'ai pas dit ça mais tu n'as pas le droit de l'empêcher de voir ses enfants.

-On verra ça.

-Bref !!! C'est entre vous deux. Moi je vais pas empêcher Fatima de voir son père.

Quelqu'un sonne à la porte. Ndoumbé se lève, je lui demande de se rasseoir.

Je vais ouvrir.

J'ouvre la porte et comme je le pensais, mon ex-mari était derrière.

-Qu'est-ce que tu fiches ici ?

-A ton avis ?

J'essaie de l'empêcher d'entrer mais étant plus fort que moi, il y arrive.

-Où sont mes enfants ???Demande-t-il en se dirigeant au salon.

-Mes bébés...Dit-il en les prenant.

Je suis en train de bouillir à l'intérieur tellement que je suis énervée.

-Laisse-mes enfants...Dis-je en m'entreposant.

-Tu joues à quoi là ?

-Je ne sais pas pourquoi tu es là mais mes enfants ne vont nulle part.

Note de l'auteur : Ce chapitre est un prétexte pour parler d'un fait qui existe de plus en plus chez nous et que moi je trouve pas normal. Beaucoup d'hommes divorcés sont dans l'incapacité de passer du temps avec leurs enfants simplement parce que la mère est encore en colère et les utilise pour continuer sa vengeance. Quoi qu'il en soit, dome keine douko khagne bayam....

Evidemment je commence assez timidement, les choses seront boostées au fil des chapitres.

Chapitre 2 Chapitre 02

Chapitre 2

****Khadija****

J'avais su qu'Alima était folle mais là, elle me montre qu'elle l'est bien plus que ce que j'avais imaginé. Avant la décision du juge, elle pouvait se permettre de faire ce qu'elle veut pas là elle n'a plus ce droit. Contester une décision judiciaire peut entrainer des poursuites, elle est en train d'offrir une arme fatale à Laye qui peut exiger la garde exclusive.

-Tes enfants...Dit laye en insistant bien sur le « Tes »...J'ai dû manquer quelque chose car j'ai l'impression que ces enfants, tu les as faits toute seule.

-Sors de chez moi.

-Chez toi. Aurais-tu oublié que la moitié de cette baraque m'appartient encore ?

Laye prend Mame Faty dans ses bras et prend place.

Je me demande si de la fumée n'est pas en train de sortir des yeux d'Alima. Quant à Laye, toujours égal à lui-même, il s'en fout.

-Va prendre ton cahier de devoir et montre-le à ton père pour qu'il voit les bonnes notes que tu as eues...Dis-je à ma fille qui est juste à côté de moi.

Alima va trouver Laye sur le fauteuil et essaie de lui prendre la gamine et effectivement, il se défend.

J'aime bien ma place. Il ne me manque que le pop-corn pour profiter pleinement du spectacle. On dirait que je suis au théâtre.

Ndoumbé me regarde avec des yeux disant que je dois m'interposer.

Qui moi ? De quoi je me mêle ?

-Papa, regarde mon cahier...Dis ma fille à son père.

Laye s'intéresse à elle et laisse Alima prendre sa fille.

Laye ouvre son cahier. Je vois qu'il est satisfait par ce qu'il voit. Depuis qu'elle prend des cours particuliers Fatima a fait de réels progrès.

-Je peux l'amener avec moi ??? Demande-t-il en me regardant.

-Oui. Son sac est déjà prêt.

-Va le chercher...Dit-il à Fatima avant qu'elle ne sorte.

Laye prend son portable et appelle son avocat. Evidemment la conversation coule de source. Il veut amener Alima à nouveau devant le juge parce qu'elle veut l'empêcher de voir ses enfants. Je l''entends parler d'une possible garde exclusive. S'il la demande, il peut l'avoir car le juge peut décider de sanctionner Alima et c'est un moyen. Il demande à son avocat de lui trouver un rendez-vous au plus vite pour régler tout ça.

Fatima revient avec son sac. Alors que je n'avais même pas remarqué l'absence de Papi, il est allé se changer et est revenu.

-Maman je vais avec papa...Dit-il à sa mère.

-Non, tu n'y vas pas.

-Je veux aller voir mamie et papi.

Alima ne dit rien.

-Tu te rends compte d'à quel point cette situation est ridicule. Tu es sûre d'avoir envie de te retrouver à nouveau devant un juge...Dit Laye.

Là, je décide d'intervenir.

-Alima, tu as tout à perdre si vous vous retrouvez à nouveau devant un juge.

Avant qu'Alima ne réponde Laye reprend la parole.

-Tu veux me punir, punis-moi, déteste-moi, honnis-moi mais laisse nos enfants en dehors de cette histoire.

Elle sait que Laye a raison mais elle est bien trop fière pour le reconnaître.

Je décide de faire une bonne action car je vois bien qu'elle est sur le point de craquer.

-Alima, viens...Dis-je en allant jusqu'à elle.

Elle pose Mame Faty.

Je prends sa main et on va dans la chambre.

-Laisse-lui les enfants, il les ramènera dimanche.

-Je veux pas qu'il les amène.

-Je sais mais ils sont également les siens. Tu dois accepter cela. Tu as bien entendu Papi, il veut aller voir sa grand-mère et son homonyme. Je sais que tu veux punir Laye mais pense-tu vraiment que tes enfants aussi d'être punis ? Ça fait 2 mois depuis qu'on a quitté la maison familiale. 2 mois que nos enfants n'ont vu leur père que de façon passagère, ils veulent eux aussi passer du temps avec lui. S'il te plait, bou leine khagne seine papa.

Alima commence à pleurer.

-Calme-toi. Je vais demander à Ndoumbé de préparer Mame Faty.

Alima ne dit rien et je comprends que j'ai son accord.

Je vais rejoindre Ndoumbé dans le salon je lui demande de préparer Mame Faty et un sac pour elle et Papi, de quoi passer le week-end avec leur père.

Je m'assois.

-Merci...Me surprend Laye.

Je lui réponds par un sourire avant de me concentrer sur la télé.

Il va falloir que je lui parle mais d'abord je veux retrouver tout l'argent que j'ai gagné dans ce divorce dans mon compte en banque.

*****

Finalement Alima s'est faite une raison et les enfants sont partis avec leur père. Sans eux la maison est complètement déserte. La bonne est rentrée chez elle, sans les enfants il y a pas grand-chose à faire. C'est samedi et je suis dans le salon en train de me farcir un film débile mais y a rien à la télé.

-Si jamais quelque chose arrive à mes enfants à cause de Laye, je le tuerai...Rouspète Alima. Je me demande pourquoi elle se fait du mal.

-Pourquoi crains-tu qu'il leur arrive quelque chose ?

-Je ne sais pas.

-Oui tu ne sais pas. Tu es sûre d'avoir envie de passer tous les prochains week-ends ainsi et là je ne parle même pas de la moitié des vacances scolaires. Tu leur parles au téléphone quand tu veux, c'est suffisant pour savoir qu'ils vont bien.

Elle fait un tchip mais ne répond pas.

-Tu sais quoi ? J'ai une idée...Dis-je en me levant.

-Laquelle ?

-Les enfants ne sont pas là, on va sortir.

-Sortir ?

-Oui.

-Pour aller où ?

-J'ai pensé boîte de nuit.

-Mauvaise idée.

-D'accord. On va au restaurant.

-Je sais pas trop.

Je vais m'asseoir à côté d'elle.

-Cousine, il est temps de sortir et voir du monde. Tu vas pas me dire que tu vas rester divorcée toute ta vie.

-Evidemment que non mais c'est encore trop tôt.

-Dès l'instant que les papiers du divorce sont signés et que tu es légalement libre. Il n'est jamais trop tôt.

-J'y ai pas vraiment pensé.

-Moi j'ai recommencé à sortir si je ne suis pas encore recasée c'est parce que j'ai pas vu un qui en vaille réellement la peine. Si tu en veux autant à Laye c'est parce que tu l'aimes encore.

-N'importe quoi...

-C'est une chose de le virer de ton lit mais c'en est une autre de le virer de ton cœur. Et ça crois-moi sur parole, tu vas pas y arriver en restant entre 4 murs. Déjà que tu travailles avec lui ensuite tu rentres dans une maison qu'il a construit.

-Après ça c'est ma vie.

-Maintenant que j'y pense. Est-ce que tu sais ce qui le tuerait ?

-Quoi ?

-C'est de voir un autre homme habité dans cette maison.

-De toute façon si je me remarie c'est mon mari qui se déplacera car je n'ai aucune envie de faire déménager les enfants à nouveau.

-Oui mais n'oublie pas de payer à Laye.

-Ça je le fais lundi. Je veux pas qu'il se pointe ici à nouveau en disant que cette maison nous appartient à tous les deux.

-Bonne idée.

Je me lève et je la tire pour qu'elle se lève.

-Debout. On va aller en ville. C'est samedi, il y a pas mieux pour voir du monde.

-D'accord, je me lève. Ça me fera moins penser aux enfants.

-Exactement.

Nous sortons pour aller nous préparer.

Je vais dans la salle de bains de ma chambre pour être sûre qu'Alima ne m'entende pas car si elle s'avait ce que j'ai envie de faire.

Je cherche le numéro d'un de mes collègues. Alima lui avait tapé dans l'œil la dernière fois qu'elle était venue me voir au cabinet.

-Allo... Répond-il.

-Oui allo. Devine qui j'ai convaincu de m'accompagner au restaurant.

-Je ne sais pas.

-Ma cousine.

-Ta cousine ?

-Oui Alima, teint marron, taille fine pas très grande.

-Ah oui. Je me souviens.

-Comment as-tu pu l'oublier ?

-Non je ne l'ai pas oublié sauf que tu ne m'as pas présenté une seule de tes cousines.

-Peu importe. J'espère que t'as rien de prévu.

-J'avais un truc mais je peux décommander.

-Tu fais bien. Moi je vous vois super bien ensemble. En ce moment, elle n'a qu'un objectif et c'est d'oublier son ex.

-C'est pas le type que vous vous partagiez ?

-Oui mais on parle pas de lui là.

-Si car je pense que tu veux me caser avec ta cousine afin d'avoir le champ libre.

-Mes motivations me regardent, je veux savoir si je peux compter sur toi ?

-Bien sûr ta cousine est sexy.

-D'accord. Je t'envoie les détails par texto et toi tu viens nous rejoindre là-bas en disant que c'est le hasard et que tu devais voir un ami qui a eu un imprévu.

-Ça marche. A plus.

-A plus....Dis-je avant de raccrocher.

Il faut que je me dépêche car j'ai passé pas mal de temps au téléphone. J'espère que le résultat en vaudra la peine. En tout cas je sais de lui qu'il sait bien parler aux femmes mais Alima n'est pas le genre de filles qu'on peut pécho avec de belles paroles.

******

Comme je le pensais, Alima a fini il y a un moment alors que je m'apprêtais. J'ai prétexté que j'avais dû mal à me décider sur la robe que je voulais mettre. Heureusement qu'elle m'a cru.

Nous sortons. Nous prenons ma voiture. Après qu'on se soit mis d'accord sur un lieu, j'envoie un mess pour donner les détails. J'espère qu'il se fera pas attendre.

*******

Nous sommes arrivés au restaurant et nous prenons place. Nous scrutons les cartes. Alima veut commander mais j'essaie de gagner du temps en feignant l'hésitation sur ce que je veux prendre alors que mon choix est déjà porté.

Peu de temps après je sens une main sur mon épaule, je tourne la tête pour voir Médoune sans oublier que je dois faire semblant d'être surprise.

-Médoune, que fais-tu ici ??? Dis-je en me levant pour lui faire la bise.

-Je devais voir Kader mais on dirait qu'il m'a lâché.

-Il a dû avoir un imprévu. Tu te souviens de ma cousine Alima ?

-Oui, elle est venue au cabinet.

-Alima, c'est Medoune un collègue avocat.

-Bonsoir...Dit Alima en lui faisant la bise à son tour.

-Enchantée...Lui dit Médoune.

-Pareillement.

-Tu peux te joindre à nous si tu veux.

-Je veux pas m'incruster.

-Non tu ne t'incrustes pas d'autant plus que si on est là c'est pour voir du monde. N'est-ce pas Ali ?

-Oui je confirme. Assis-moi.

-Je vais pas me faire désirer...Plaisante Médoune alors que nous prenons place.

Le serveur lui amène une carte.

*******

Je me réveille sur son lit. Le diner a été. En fait bof !!! Je sais pas si le courant est bien passé entre Alima et Médoune. Je sentais Alima parfois loin. Peut-être qu'elle a besoin d'avoir du temps pour se refaire mais moi du temps j'en ai pas. Il faut que Médoune m'aide et là, il doit être sûr que si je dois lui mettre la pression pour avoir ce que je veux, il peut compter sur moi.

Ils ont échangé leurs numéros. S'il ne téléphone pas à Alima aujourd'hui, je l'appellerai pour lui demander de le faire.

Je vais prendre une douche.

N'ayant pas envie de passer la journée dans cette maison, je vais voir ma copine Aïcha. Elle est l'épouse de Malick, l'ami de Laye.

Aïcha m'a dit que Malick passe la journée chez Laye alors on pourra passer la journée tranquillement et papoter ensemble. Ils ont une fille, Malick lui a donné le nom de sa sœur, Sophie.

*******

Je prends mon petit déjeuner avant de dire à Alima que je vais chez Aïcha et que je serais de retour avant les enfants.

J'entre dans ma voiture, je mets la musique, mes lunettes de soleil. Je regarde mon reflet dans le miroir, c'est vrai que j'en jette !!!

J'arrive chez Aïcha et juste devant la porte, j'entends pleurer. Cette gamine est impolie, elle a passé l'âge des pleurnicheries.

J'entre dans la maison et je vois Aïcha qui comme toujours rend cette enfant aussi mal élevé que possible.

-Elle est juste en manque de bonnes paires de gifles.

-Eduque ta fille et laisse la mienne...Se défend-elle alors que je prends place.

-Je ne fais que dire la vérité...Dis-je pendant que Sophie descend de sa mère pour aller jouer.

-Je t'ai vu sur snap hier.

-Oui j'étais avec Alima et Médoune.

-Malgré ton état, daguay faranetou (tu flirtes).

-Sokhnaci bayil dima sossal (arrête de diffamer). Médoune est un collègue que je voulais présenter à Alima.

-C'est ça ta nouvelle stratégie ?

-De quoi tu parles ?

-Du fait que tu présentes un de tes collègues à Alima.

-Je ne fais que rendre service. Elle ne veut plus de Laye.

-D'accord, penses ça. Si ça peut t'aider à avoir bonne conscience.

-En passant, quand comptes-tu dire à Laye que tu es enceinte ?

-Pour l'heure j'attends d'avoir l'argent des actions sur mon compte.

-Tu crois qu'il reviendra ?

-Après tout le mal qu'il s'est donné pour que je lui pardonne. Cette grossesse sera pour lui une aubaine.

-Khadija tu rigoles ou quoi ???Sourit Aïcha.

-Quoi ?

-Yow déjà tu as quitté ton mari en sachant que tu étais enceinte.

-Je savais que j'étais enceinte mais j'étais pas encore allée voir le gynéco pour la confirmation.

-Arrête ça. Après une première grossesse, quand on est enceinte on sait qu'on l'est.

-Quand Alima est venue me voir, je pensais être enceinte mais j'étais trop occupée ces jours-là pour aller voir un gynéco. Ça compte pas.

-J'ai quand même une question. Sans cette grossesse t'aurait quitté laye ?

-Ta question est mal posée. La véritable question est si j'aurais quitté Laye s'il ne m'avait pas fait signé ce contrat prénuptial qui m'oblige de renoncer à tout si on divorce. J'ai pas quitté Laye parce qu'il a été infidèle. Je sais qu'il l'est depuis longtemps. Mais la proposition d'Alima était tellement alléchante que je pouvais pas refuser. Elle voulait lui faire payer et moi j'avais de l'argent à gagner.

-J'espère que tu ne vas pas le regretter.

-Ma chérie on parle de plusieurs millions, beaucoup d'argent qui vont dormir dans mon compte en banque la semaine prochaine. Comment pourrais-je avoir des regrets ?

-Laye peut bien ne pas te reprendre. Khadija tu l'as quitté malgré le fait que tu savais que tu pouvais pas le faire et tu as manipulé Alima. Que dis-je ? Tu as manipulé tout le monde. C'est sûre que ta relation avec ta cousine va en pâtir quand elle saura pour ta grossesse.

-Ma relation avec Alima est morte dès l'instant que j'ai su qu'elle était la promise de Laye. De toute façon si j'étais pas enceinte et que je ne pensais pas retourner chez Laye, je serais trouvé un appart avec ma fille depuis longtemps.

-En tout cas, tu me tiens au parfum quand tu diras à Laye que tu es enceinte. J'aimerai être une mouche juste pour voir sa réaction.

-Tout se passera bien.

-Si tu le dis.

******Quelques jours plus tard*****

******Laye******

Mon entreprise a acquis de nouveaux terrains et effectivement il faut les transformer en bâtiment. Puis que c'est à Saly, j'ai décidé de caser une semaine de mon emploi du temps avec les collègues pour faire l'essentiel et éviter les allers-retours.

Je passe mon séjour dans un des hôtels de l'entreprise et en ce moment dans ma chambre avec mon collègue Yannick qui essaie de me convaincre de descendre parce que nous sommes à Saly et qu'on ne doit pas se concentrer juste sur le travail.

Finalement nous descendons ensemble dans le restaurant de l'hôtel. Yannick n'arrêtait pas de parler quand une fille au bar a attiré mon attention.

Je me détache de lui sans rien dire et je m'approche de la fille. Je stoppe net mon action quand je remarquais qu'elle tenait une cigarette d'une main et un verre d'alcool de l'autre. J'ai cru voir une connaissance mais c'est pas elle.

-Oui...Dit-elle. J'avais pas remarqué mon regard insistant sur elle. Ça a dû l'alerter. En passant, elle porte une robe noire très décolletée et une fente très haute.

-Ne vous gênez surtout pas...Dit-elle sans doute parce que je reluquais ses seins. Ça fait 2 mois que je n'ai rien fait. 2 putains de mois !!! Pour quelqu'un avec une vie sexuelle d'habitude active, vous pouvez imaginer mon mal.

-En fait, je vous avais pris pour quelqu'un mais c'était une erreur.

-Vous en êtes sûre ?

-La fille avec laquelle je vous ai confondu ne fume et ne boit pas.

-Si vous le dîtes.

Je m'assois sur le tabouret à côté d'elle qui vient de se libérer.

-Vous attendez quelqu'un ?

-Ça vous dérangerait de me tutoyer ?

-Tu attends quelqu'un ?

-Je devais voir quelqu'un ici mais là je sais qu'il viendra pas. Alors j'attends que quelqu'un vienne me voir pour me proposer de passer la nuit avec lui afin que mon voyage Dakar-Saly ne soit pas nul.

Ne me dîtes pas que vous êtes choqués... Je pense bien avoir donné la description d'une prostituée. J'ai jamais payé pour baiser et je suis pas très sûr d'avoir envie de le faire.

Elle écrase son mégot dans le cendrier avant de vider son verre.

-Au lieu que ton regard passe alternativement 5 secondes sur mes seins et 5 secondes sur mes cuisses, pourquoi ne pas m'inviter dans votre chambre ? Là tu pourras explorer mon corps dans sa totalité. Je sais qui tu es et je sais que tu as la capacité de payer mon tarif. Alors on y va ou on y va...Dit-elle en se levant. Pendant ce temps, moi j'avoue être fasciné !!!

Chapitre 3 Chapitre 03

Chapitre 3

****Laye****

Je regardais la superbe créature qui était en face de moi. Si elle était habillée assez sexy, je dois avouer que je ne voyais aucune vulgarité. Tout était bien dosé, une distinction naturelle impressionnante. J'ai une fois entendu parler des prostituées de luxe, je pense ou plutôt j'en suis sûr qu'elle en est une.

J'ai tiqué pendant quelques secondes mais pourquoi nier l'évidence, bien sûr que je vais l'amener dans ma suite.

Je me lève à mon tour et je lui tends la main.

Elle prend avec sa petite veste qui était posée à côté et nous passons entre les tables pour sortir du restaurant de l'hôtel.

Nous sommes passés devant Yannick mais puisque c'est un ndandité, il m'a juste souri et ne s'est pas imposé.

Je ne sais pas si mademoiselle est une habituée de l'hôtel mais vu comment les employés m'ont regardé accompagné d'elle, j'ai ma petite idée.

J'ouvre la porte et je l'invite à entrer.

Nous nous asseyons sur le divan.

-Je t'offre à boire...Proposé-je.

-Qu'est-ce que tu as ?

-Rien qui soit alcoolisé.

-Je suis pas alcolo.

-Quand on te voit dans un bar avec un verre rempli de boisson alcoolisée on a du mal à t'imaginer boire autre chose.

-Brefff !!! Je ne suis pas là pour parler boisson. J'ai dérogé la règle la plus importante.

-Laquelle ?

-On doit d'abord se mettre d'accord sur mon prix.

-Evidemment. Combien dois-je payer pour avoir le droit de monter ces montagnes russes ???Dis-je en pointant les jumelles.

Quoi ? C'est une prostituée, je vais mettre les gants pour lui parler. Elle sourit.

-Déjà, tu dois savoir que je suis pas le genre de femmes qui font le tapin.

-Les prostituées ???

-Je suis pas une prostituée.

-QUOI ??? M'étranglé-je.

-Prostituée est un terme trop vulgaire.

-Mais tu couches en échange d'argent et je pense que c'est la définition qui est donnée au terme « prostituée » dans le dico.

Elle ignore ma remarque.

-D'habitude avec mes clients on ne discute pas. Ce sont toujours des habitués. Quand ils ont besoin de moi, ils m'appellent et me donnent rendez-vous.

-Donc tu es une call-girl ?

-Je vois que tu t'y connais mais non pas spécialement.

-Je suis curieux. Combien je dois te payer ?

-Tu te doutes bien que si j'ai fait le voyage Dakar-Mbour ce n'est pas pour prendre des miettes.

Je vais sur internet et je fais une recherche pour avoir une petite idée des tarifs. Mais putain, soit la presse ment ou soit il y a des prostituées qui valent très chères.

-Tu fais quoi sur ton portable ?

-Je me renseigne.

-Et qu'est-ce que tu as vu ?

-Je vais être franc. En ce moment je n'ai que 200.000frs avec moi. J'ai vu que vous pouvez être payée plus mais si tu veux être payée avant l'acte, c'est tout ce que j'ai.

-Ça fera l'affaire....Dit-elle avant de me montrer la paume de sa main.

Si elle utilisait des mots elle m'aurait dit « debout et va chercher mon argent ». J'obéis à son ordre silencieux et je reviens avec 2 liasses de 100.

Elle fait le compte avant de le ranger dans sa pochette.

-Dis-moi ce que tu aimes ??? Dit-elle en s'accroupissant juste devant moi.

-Ce que j'aime ?

-Oui ce que tu aimes. Si tu n'as pas ce qu'il faut c'est pas grave. Je suis toujours bien armée.

Elle se lève, prend sa pochette et en sort des préservatifs de toutes les couleurs et les met sur la table.

-Fais ton choix. Celle-ci a un goût mentholé et celle-là brille dans le noir.

J'éclate de rire.

-On a toute la nuit devant nous pourquoi se presser ?

-Vous les hommes, j'ai du mal à vous comprendre. Vous payez pour coucher et au lieu de passer à l'acte, vous voulez discuter... Dit-elle avant de s'asseoir.

-Dou lakh bagne koy djiro aussi !!!!

Fier que ma blague lui arrache un sourire.

-A quel moment tu me dis ton nom ?

-Mami...Dit-elle du tic-tac.

-Pourquoi je sens que c'est pas ton vrai nom ?

-Parce que ça l'est pas. Mami est mon surnom. Tu n'as pas besoin de connaitre mon vrai nom.

-Si tu le dis. Moi c'est Laye.

-Je sais.

Là, j'ai tiqué. Si je l'ai approché c'est parce que j'avais l'impression de la connaitre.

-Comment ça tu sais ?

-Le barman me l'a dit.

Pourquoi ça me surprend ? Mes employés se mêlent toujours de ce qui ne les regarde pas. J'ai envie de poser une question indiscrète mais je me retiens.

-Parle-moi de toi.

-Que veux-tu savoir ?

-D'abord ton âge pour être sûr de ne pas être un pédophile.

-Quand tu me regardes, tu vois une mineure ?

-Non mais on est jamais sûr.

-22 ans. Satisfait ?

-Oui. C'est la première fois que tu viens dans cet hôtel ??? Je connais déjà la réponse mais notre champ de conversation est assez limité.

-Non, je suis venue quelques fois ici. Le client que je devais rencontrer est un habitué des lieux.

-Je vois.

-Je vais pas te poser la même question, je sais déjà qu'il est à toi.

-Les employés ne sont pas très discrets. D'ailleurs quand on passait devant eux tout à l'heure. Ils nous jetaient des regards inquisiteurs. J'ai compris qu'ils te connaissaient toi et ta profession.

-Ça a beau choqué parfois, ça reste le plus vieux métier au monde. Mon corps m'appartient et j'en fais ce que je veux. Ce n'est pas les « qu'en dira-t-on » qui rempliront mon compte bancaire.

Que puis-je bien dire après ça ? Elle a bien raison. Chacun peut bien faire ce qu'il veut.

-J'ai envie de danser...Dit-elle en prenant son portable.

Alors que la voix de Rihanna raisonnait dans la pièce, elle commençait à se déhancher lentement.

En dansant tranquillement au milieu de la pièce, elle dénoue l'attache de sa robe dos. Ne portant pas de soutien-gorge, ses seins aux pointes brunes apparaissent devant moi.

-Ça te plait ? Tu n'as encore rien vu.

Je sais bien faire la différence entre le moment où il faut parler et le moment où il faut se taire et là nous sommes arrivés au moment où il faut se taire alors je ne dis rien.

Elle enleva lentement le reste de tissus de la robe avant de se dévoiler en simple string. Si je commençais à être à l'étroit dans ce pantalon, je le suis davantage.

C'est la chose la plus sexy que je n'ai jamais vue. Peut-être que c'est sa profession qui la rend si particulière.

D'un pas lent mais sûr elle vient jusqu'à moi.

-Tu peux me l'enlever si tu veux.

Il faut pas me le dire 2 fois. Je m'empare du petit triangle de tissu qui reste et l'enlève lentement.

Putain de merde !!!!

Elle est rasée de près, j'approche mon nez pour humecter son odeur. Simplement enivrante !!!!

-Fasciné ???Demande-t-elle parce que ma bouche constitue un « o ».

-Depuis que j'ai posé mon regard sur toi...Dis-je avant de me lever.

D'un geste rapide j'enlève ma chemise, je me suis même arraché des boutons mais Ciel que je m'en fous !

Ses seins contre ma poitrine nue je la tire pour l'embrasser. J'enroule mes bras autour d'elle et je soulève ses pieds du sol. J'embrasse le bas de son visage et je suce son cou. J'adore son cou, et à en juger par les sons qu'elle émet, elle adore ce que je lui fais. J'avais entendu dire que les prostituées ne ressentaient rien durant l'acte. Ses gémissements me montraient déjà qu'elle n'était pas comme les autres. Je me rassieds sur le canapé, je la prends contre moi, ses jambes serrées entre mes genoux écartés. Je penche la tête pour atteindre un mamelon durci avec ma langue. Je le prends dans ma bouche, je le suce, je roule ma langue dessus. Elle attire mes lèvres vers les siennes pour un dernier baiser avant de se lever et de reculer.

Elle se tient devant moi et me regarde d'une telle façon. Avais-je dit qu'elle avait encore ses escarpins ? Mon Dieu, les mots me manquent et je vous promets que ça c'est quelque chose. J'ai toujours quelque chose à dire.

Je prends un des préservatifs dans le tas sans même me soucier de sa particularité pour le mettre à côté de moi.

Elle se met à genoux entre mes jambes et déboutonne mon pantalon, ses yeux fixant les miens. Je me lève et elle enlève mon boxer et mon pantalon. Mon sexe se dresse, fier et dur et surtout prêt. Elle baisse les yeux et elle me regarde. Je la laisse faire jusqu'au moment où un sourire pervers s'affiche sur son visage. Je l'attrape et la tire vers ma bouche. Je n'ai rien contre une bonne pipe mais ma priorité en ce moment c'est d'être en elle.

Je la soulève par la taille et ses genoux reposent de chaque côté de moi. Je plonge deux doigts en elle. Elle est aussi prête comme moi. Je glisse mes doigts et ils vont et viennent en elle.

Alors qu'elle gémit et halète, je ne peux plus attendre. Je prends le préservatif et je l'ouvre avec mes dents. Elle se lève tandis que je commence à le dérouler. Puis elle éloigne mes mains et l'enfile pour moi. Putain de merde.

Lentement, elle descend sur moi. Pendant un instant, aucun de nous ne bouge. On dirait que le temps s'est arrêté autour de nous.

Mes mains saisissent ses hanches, l'aident à monter mon sexe avec des coups réguliers. Nos bouches sont à nouveau ouvertes l'une sur l'autre, nous nous embrassons, haletants.

Je prends appui sur le sol et je m'enfonce plus profond en elle, j'appuie sur ses hanches. C'est le bonheur. Une ivresse intense et je ne veux pas que cela s'arrête.

Et puis elle contracte tout autour de moi. Ses jambes contre mes cuisses, ses mains sur mes épaules. Tout est serré, tendu et rigide.

Je pousse encore et encore. Et je jouis, longtemps.

Putain, c'était quelque chose !!!!

Je rappelle que ça fait 2 mois que je n'ai rien fait, deux putains de mois.

Pendant que nous reprenons nos esprits et que nos cœurs ont à nouveau regagné leur rythme normal, « Mami », j'espère arriver à lui faire dire son véritable non avant la fin de cette semaine, pousse un petit cri. Je me lève et la porte pour nous amener jusqu'au grand lit. Je la pose avant de me débarrasser du préservatif usé.

Je m'approche d'elle et l'embrasse longuement, je me sens déjà d'attaque pour recommencer et c'est effectivement ce je fais. J'ai payé, je dois en avoir pour mon argent !!!

*******

Le bruit de la chasse d'eau me réveille.

Putain, quelle heure est-il ?

Je prends mon portable pour voir qu'il est 7h.

Reprenant mes esprits, je compris que c'est elle qui est en train de prendre une douche. Elle va rentrer mais moi je ne veux pas qu'elle rentre.

Une idée me traverse la tête. Si je la paye en conséquence peut-être lui donnerai-je envie de rester ?

Quoi qu'il en soit je ne perds rien d'essayer...

Elle sort de la salle de bain avec deux serviettes : une autour de sa taille et une autre sur ses cheveux.

-Bonjour.

-Bonjour...Répond-elle en me rendant mon sourire.

-Bien dormi ?

-Autant qu'on peut le faire dans un luxueux hôtel et à côté du proprio.

-Je prends ça pour un oui. Tu vas rentrer ?

-Mon coco, les 200 que tu m'as donné étaient pour la nuit alors je n'ai plus rien à faire ici.

-Tu sais quoi ? On va faire un truc ?

-Quoi ?

-Je suis ici pour une semaine et je pense avoir besoin de compagnie après une journée à manger de la poussière.

-Si tu veux me prendre pour toute la semaine, ça va te coûter beaucoup d'argent et en plus j'ai pas de fringues.

-2 millions fera l'affaire ?

-2 millions ?

-Un maintenant et un quand on va rentrer à Dakar. C'est assez pour t'acheter des habits. Alors on a un deal ?

-Deal...Dit-elle en me tendant la main que je lui serre.... Mais d'abord, je dois passer un coup de fil pour qu'on ne s'inquiète pas.

Elle prend son portable dans son sac avant de s'éloigner. Sans doute une conversation que je dois pas écouter. J'en profite pour me lever à mon tour, je mets un survêt avant d' aller prendre mon chéquier.

Elle est de retour.

Je lui fais son chèque et je le lui donne.

-J'espère qu'il n'est pas en bois. D'habitude je suis payée en liquide.

-D'habitude je n'ai pas un million en liquide avec moi. Tu pourras aller à la banque plus tard pour l'encaisser.

-Je peux pas aller à la banque dans cette robe...Dit-elle en me la montrant. C'est vrai qu'elle est très sexy.

Je hausse les épaules. Qu'est-ce que je peux faire ?

-A part des vêtements de mec, je n'ai rien.

-Je trouverai une solution.

Je la regarde mettre le chèque dans sa pochette.

Ce qui s'annonce à moi est une semaine bien remplie.

******

Depuis ce matin, j'ai Yannick qui me tympanise car il veut avoir des détails sur ma soirée d'hier et sur la fille qui m'accompagnait. Je vous dis une chose, avec Yannick on a pas une relation patron-employé, on a conservé la relation collègues qu'on avait pendant que mon père était encore à la tête de la boite.

-A force de parler, tu vas fausser les calculs. Je promets de te tuer si tu te trompes...Menacé-je. Or ce gars s'en fout royalement.

-Tu comptes pas me raconter. C'est comme ça qu'on traite les frères maintenant ? Quand je pense que j'ai insisté pour te faire descendre. Sans moi tu aurais passé ta soirée seul et devant la télé.

-Que veux-tu savoir ?

Je finis par lâcher les armes car je connais ce type et il est encore plus têtu que moi.

-D'abord, qui est-elle ?

-Tu as bien su que c'était une professionnelle, non ?

-Je m'en doutais. Tu vas la revoir ?

-Dans la mesure où j'ai décidé de la payer pour la semaine, il y a des chances.

-Pour la semaine...Dit un Yannick surpris.

-On est ici pour toute la semaine, je préfère rejoindre une femme que je pourrai me faire sans problème et sans qu'il ait quelqu'un à côté pour me juger.

-Je te conseille juste de ne pas t'attacher.

-Quand tu me regardes, tu vois quelqu'un qui s'attache. J'en finirai avec elle dès qu'on sera de retour à Dakar. Et tu imagines un peu ce que mes ex diraient s'ils apprenaient que j'ai payé les services d'une prostituée. Ce sera vraiment la cata.

-En parlant de tes ex, tu penses reprendre avec elles ?

-C'est fini dès que le tribunal a tranché. Je ne les en veux pas de m'avoir quitté. Si on inversait les rôles j'en aurais fait autant. Mais Alima m'a quitté et s'est vengée. Ma fortune a été divisée en deux et m'a interdit de voir mes enfants pendant un bon moment. Si j'ai aimé Alima, elle s'est arrangée pour tuer toute petite partie d'amour que j'ai pu ressentir pour elle. Quant à Khadija et bien c'est Khadija, à part l'argent rien ne l'intéresse. Tant que j'aurai le droit de voir mes enfants, toutes les deux peuvent faire de leurs vies ce qu'elles veulent ça m'est égal.

-Donc c'est fini ?

-Je dois penser à l'après Alima et Khadija. La femme qu'Abdoulaye Fall va choisir pour lui. Mon père m'a forcé à épouser Alima et ma mère m'a forcé à épouser Khadija. Je jure sur ce que j'ai de plus sacré que la troisième fois que je serai dans une mairie ce sera par amour et pas pour une autre foutue raison.

-Bonne chance...Me nargue Yannick avant de s'éloigner avec les plans qui étaient dans sa main. Quant à moi je vais voir les ouvriers pour leur donner quelques directives.

******

J'accède à ma suite après une longue journée de dur labeur. Elle était longue parce que toutes mes pensées étaient dirigées vers la déesse grecque qui m'attendait je l'espère. Je sais qu'elle a encaissé le chèque. Mon conseiller m'a appelé pour m'en aviser.

J'ouvre la porte et je la vois assise sur le canapé en face de la télé, elle regarde un film.

A ma vue, elle se lève pour m'accueillir avec un baiser.

-Comment ça va ?

-Bien et toi.

-Ça va. Je t'ai pris un t-shirt, j'espère que ça ne te dérange pas.

-Pas pour le moins du monde. Mais si je dois donner mon avis, t'es bien plus belle sans.

-Comme ça...Dit-elle avant d'enlever et me dévoiler un joli petit ensemble rouge-noir, soutien-gorge et boxeur.

Je vois que son soutif s'ouvre devant. Je ne sais pas qui a créé les soutiens gorges qui s'ouvrent devant mais cette personne a toute mon admiration. Ces choses-là me fascinent.

Quand je rentrais, j'avais un petit creux mais en ce moment j'ai envie de manger autre chose que de la nourriture.

Je suis passée à la pharmacie pour me payer une boîte de capote car je sais que cette semaine risque d'être mouvementée.

******

Les jours se passent mais se ressemblent. Je passe la journée au chantier et la nuit avec « Mami ». Je ne peux mettre un chiffre sur le nombre de fois qu'on l'a fait ces derniers jours. Ça compense largement les deux mois de diète.

En fait, à part de la lingerie elle ne s'est rien achetée. Elle m'a dit qu'elle ne comptait aller nulle part. Quand j'ai voulu qu'on aille au restaurant elle m'a demandé l'argent de la robe.

On se partage le peu de fringues que j'ai amené. Je voyage toujours léger et pour une semaine j'allais pas en faire des caisses.

Hélas toutes les bonnes choses ont une fin. Nous passons notre dernière nuit ensemble.

Nous avons commandé et nous allons diner avant de passer aux choses sérieuses.

Peu de temps après, nous sommes servis. Je mange tout en la regardant dévorer son assiette. Aucune gêne, aucune tenue, rien de sexy mais elle reste attirante et tout ce que je vois c'est une gonzesse qui n'a pas un bâton dans le cul. Je reste impressionné encore même plus que le premier soir. Elle n'est tout simplement pas le genre de fille à manger une simple salade juste parce qu'elle est en face d'un mec. Je ne sais pas pourquoi les filles se sont mises en tête que manger peu les rendait attirante. Quand vous êtes devant un garçon et que vous picorez votre assiette, la seule chose à laquelle il va penser est la maigrichonne que vous restez toute votre vie. Croyez-moi sur parole, aucun gars n'a envie de baiser avec un squelette. Depuis le premier jour elle ne commande que des assiettes bien garnies. Qu'elle mange peu ou beaucoup tout ce qu'on retient d'elle c'est qu'elle a un cul splendide.

******

Si elle a accepté de faire le voyage Saly-Dakar avec moi, elle a refusé que je la dépose chez elle. Je l'ai laissé au croisement Camberéne. Elle m'a donné son numéro et m'a demandé de lui téléphoner la prochaine fois que j'aurai envie de la voir.

Quand elle est descendue de la voiture, j'ai supprimé son numéro. Je pouvais pas me laisser tenter à nouveau. Ce qui s'est passé à Saly doit rester à Saly. C'était un petit écart de conduite et c'est fini maintenant. C'est une chose que je ne peux plus me permettre.

Putain de merde, j'ai une érection rien qu'en pensant à elle.

****** Quelques jours plus tard*****

Yannick n'est pas arrivé à avoir de ma bouche la somme que j'ai payée. J'ai pas envie que ce type me fasse la morale et je suis sûr que c'est ce qui m'attend s'il sait que j'ai autant dépensé.

Quand il m'a demandé si je pensais la revoir, j'ai répondu très sérieusement par un non. Même si je voulais j'ai supprimé le seul moyen de la recontacter.

Par contre je crains avoir fait une erreur, il ne se passe un moment sans que je ne pense à elle. Bordel, qu'est-ce qui m'arrive ?

Aujourd'hui, je vais prendre mes enfants. Peut-être qu'en voyant ce que je risque de perdre si ma relation avec la prostituée s'ébruitait, j'arrêterai cette folie.

Je suis arrivé chez Alima. Oui chez elle, elle m'a donné ce qu'elle me devait.

J'entre et je la vois.

-Enfin...Soupire-t-elle.

Quoi, elle m'attendait ?

-Bonsoir...Salué-je avant de me prendre un énorme vent.

Je vais au salon où je trouve Khadija en train de parler avec un mec. Connais pas.

C'est Khadija, je suis même sûr qu'elle s'est trouvée un amant avant que notre divorce ne soit prononcé.

-Bonsoir...Dis-je.

-Bonsoir...Dit Khadija en se levant...Laye tu te souviens de Médoune ?

-Pas vraiment...Répondis-je très franchement.

-Nous travaillons ensemble au cabinet.

-D'accord. Fatima est prête ?

-Oui. Je vais la chercher.

Alima revient avec les enfants et leurs sacs.

Elle me donne le tout. J'avais pas remarqué qu'elle s'était apprêtée. Elle sort ?

Elle va voir le gars pour lui dire qu'ils pouvaient y aller.

Ça m'a quand même bouché un coin au point que je n'ai même pas pu répondre au « au revoir » qui m'a été dit par le gars avant de sortir. J'aurais pu jurer qu'il était là pour Khadija.

-Ah Alima est partie...Sourit Khadija en me sortant de mes pensées...Laye j'espère que tu ne le prends pas mal.

Je sais qu'elle est en train de se foutre de ma gueule mais je préfère l'ignorer.

-Les enfants, on y va.

-Non attends...M'interrompt Khadija...Je veux te parler d'abord.

-De quoi ?

-Pas ici.

Je la suis jusqu'à sa chambre.

Elle s'assoit mais je reste debout.

-En fait j'ai quelque chose à te dire mais je ne sais pas comment tu vas le prendre.

-Si c'est pour me dire que tu vas te remarier, tu as tous mes vœux de bonheur...Dis-je assez sarcastiquement. Qu'est-ce qu'elle veut encore ? Elle a eu son argent, non ?

-Non c'est pas ça.

-C'est quoi ?

-Je ne sais pas comment le dire.

-Khadija te fout pas de moi. Quoi que t'aies à dire, dis-le moi et qu'on en finisse.

-Je suis enceinte.

Je pense que mes oreilles ont sifflé et que j'ai pas bien entendu.

-Tu es quoi ?

-Enceinte.

Un sourire nait sur mon visage. C'est Khadija. Je suis sûr qu'elle était au courant de cette grossesse quand elle me quittait. Si Khadija pense qu'elle peut jouer avec les gens et en sortir toujours impunément, elle se trompe lourdement.

Celle qui sera contente d'apprendre cette nouvelle, c'est Alima. Résultat, je regagne le salon et je prends place. Je l'attends patiemment.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022