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L'héritier de la mafia

L'héritier de la mafia

Auteur:: Smile
Genre: Romance
New York, 2020. Irina, une jeune avocate idéaliste, voit sa vie basculer lorsque son frère disparaît après avoir volé de l'argent à la redoutable famille mafieuse Santoro. Prête à tout pour le sauver, elle se rend au quartier général du clan et affronte Lorenzo Santoro, héritier de l'empire criminel. Intrigué par le courage et la détermination glaciale d'Irina, Lorenzo lui propose un pacte : il retrouvera son frère à condition qu'elle infiltre un réseau d'avocats corrompus liés à un cartel rival et qu'elle feigne d'être sous son emprise. Ce qui devait n'être qu'un marché devient un dangereux jeu de séduction et de manipulation. Entre les frontières floues du bien et du mal, Irina et Lorenzo se découvrent plus semblables qu'ils ne l'auraient imaginé. Tandis que Lorenzo cherche à se racheter des crimes de sa famille, Irina est fascinée par l'humanité qu'il dissimule sous sa façade impassible. Mais dans un monde d'intrigues, de violence, et de loyautés brisées, leur lien interdit pourrait bien leur coûter la vie.

Chapitre 1 Chapitre 1

L'air dans la salle d'audience était lourd, saturé de tension et d'attentes silencieuses. Les bancs de bois usés semblaient gémir sous le poids des spectateurs, tandis que le juge, un homme aux lunettes épaisses et au visage sévère, épluchait calmement les documents devant lui. Irina Novikova se tenait droite à la barre, son tailleur gris impeccable reflétant la discipline qu'elle imposait à sa vie. Ses cheveux blonds, tirés en un chignon strict, ne laissaient aucun doute sur sa détermination.

La mère célibataire qu'elle défendait, une certaine Sofia Petrenko, semblait minuscule à ses côtés. Ses mains tremblaient légèrement alors qu'elle agrippait un mouchoir en papier chiffonné. Ses joues creusées témoignaient de nuits sans sommeil, et ses yeux fatigués cherchaient une lueur d'espoir dans ceux de son avocate.

Irina se racla la gorge, le regard fixé sur le juge.

- Votre Honneur, commença-t-elle, ma cliente n'est pas une criminelle. Elle est une mère. Une femme désespérée qui a pris une décision regrettable dans un moment de besoin extrême.

Elle laissa sa voix s'élever dans la salle, son ton contrôlé, presque glacial, mais teinté d'une chaleur calculée.

- Ce qu'elle a volé, c'est un sac de couches et une boîte de lait en poudre. Rien d'autre. Pas de bijoux, pas d'électronique. Juste de quoi nourrir son enfant.

Un murmure parcourut la salle. Le procureur, un homme maigre et au visage anguleux, fronça les sourcils mais ne l'interrompit pas. Irina savait qu'il n'oserait pas.

- La question que nous devons nous poser, continua-t-elle, est la suivante : devons-nous punir une femme qui tente simplement de subvenir aux besoins de son bébé dans une société qui l'a abandonnée ?

Elle jeta un regard furtif à Sofia, qui avait les yeux embués de larmes. Irina n'avait pas besoin de dire plus. Son éloquence avait fait mouche.

Le juge émit un soupir profond avant de rendre son verdict :

- Après examen des circonstances, le tribunal accorde une dispense de peine. Toutefois, Madame Petrenko, assurez-vous de ne plus vous retrouver dans cette situation.

Un éclat de soulagement illumina le visage de Sofia, tandis qu'Irina la guidait hors de la salle.

- Merci, murmura Sofia, ses mains agrippant celles d'Irina avec une gratitude palpable. Vous n'imaginez pas ce que cela signifie pour moi... pour nous.

Irina se contenta de hocher la tête avec un léger sourire. Elle avait entendu ces mots mille fois. Ce n'était pas la reconnaissance qu'elle recherchait, mais la justice, ou du moins l'illusion d'une justice imparfaite qu'elle pouvait parfois arracher au système.

---

De retour dans son bureau exigu, Irina posa son sac sur son bureau encombré de dossiers. Le néon au plafond clignotait par intermittence, renforçant l'ambiance morose du lieu. Elle attrapa une tasse de café froid, son esprit encore absorbé par l'audience. Mais avant qu'elle ne puisse s'installer pour examiner son prochain dossier, son téléphone vibra.

Elle hésita avant de décrocher en voyant le nom de Nikita s'afficher. Cela faisait des mois qu'ils n'avaient pas parlé, et ses appels n'étaient jamais anodins.

- Nikita, dit-elle d'une voix ferme, à quoi je dois cet honneur ?

- Irina, c'est bon de t'entendre, répondit une voix un peu rauque, marquée par la fatigue ou peut-être autre chose. Écoute, j'ai besoin de ton aide.

Elle s'appuya contre le bord de son bureau, croisant les bras.

- Et pourquoi est-ce que je sens que ça implique de l'argent ?

Il y eut un silence à l'autre bout de la ligne. Puis Nikita soupira.

- Je suis dans une mauvaise passe, d'accord ? J'ai juste besoin de quoi tenir le coup... rien de dramatique.

Irina sentit la colère monter.

- Rien de dramatique ? Tu disparais pendant des mois, tu ignores mes messages, et maintenant tu réapparais pour me demander de l'argent ?

- Ce n'est pas ce que tu crois, protesta-t-il. Je vais rembourser, promis. C'est juste temporaire.

Elle ferma les yeux, une main sur son front. Nikita avait toujours été comme ça, oscillant entre promesses vides et excuses pathétiques. Mais malgré tout, il restait son frère, le dernier lien vivant avec leur famille éclatée.

- Combien ? demanda-t-elle finalement, sa voix teintée d'exaspération.

- Mille dollars, dit-il après une brève hésitation.

- Mille ? Tu plaisantes, j'espère.

- Irina, s'il te plaît...

Elle pinça l'arête de son nez, cherchant à calmer la frustration qui grondait en elle.

- Je vais voir ce que je peux faire, finit-elle par dire. Mais c'est la dernière fois, Nikita. Je ne peux pas continuer à te sortir de tes ennuis.

- Merci, murmura-t-il, avant que la ligne ne se coupe abruptement.

---

Ce n'est que bien plus tard, en rentrant chez elle, qu'Irina commença à ressentir une étrange oppression. Sa conversation avec Nikita lui laissait un goût amer, un mélange de culpabilité et de méfiance. Elle monta les marches de son immeuble en jetant un regard autour d'elle, comme si elle pressentait une menace invisible.

Son appartement, petit mais fonctionnel, était plongé dans une semi-obscurité. Elle alluma la lampe du salon et posa son sac sur le canapé. Mais alors qu'elle se dirigeait vers la cuisine, quelque chose attira son attention.

Une enveloppe blanche, glissée sous la porte, reposait sur le tapis.

Irina fronça les sourcils et se pencha pour la ramasser. Il n'y avait ni adresse, ni nom. Juste un pli net et anonyme. Elle l'ouvrit avec précaution, son cœur battant un peu plus vite.

À l'intérieur, un simple morceau de papier portait un message écrit à la main :

**« Remboursez ce qui est dû ou il paiera. Vous avez 72 heures. »**

Ses doigts se crispèrent autour du papier. Ses pensées s'emballèrent. Nikita.

Un frisson glacé lui parcourut l'échine alors qu'elle relisait les mots encore et encore, cherchant désespérément une logique à cette menace.

- Nikita, murmura-t-elle, comme si prononcer son nom à voix haute pouvait apporter une réponse.

Son instinct lui disait que son frère était en grand danger. Et, comme toujours, c'était à elle de réparer les dégâts.

Chapitre 2 Chapitre 2

Le matin suivant, Irina se réveilla avec une sensation d'oppression qui refusait de s'estomper. Les mots de la veille, écrits sur ce papier froissé, dansaient encore dans son esprit comme une mélodie macabre. « Remboursez ce qui est dû ou il paiera. » Elle s'assit au bord de son lit, fixant le vide. Le soleil, timide derrière les rideaux tirés, projetait une lumière terne sur les murs défraîchis de sa chambre.

Elle savait qu'elle ne pouvait pas ignorer ce message. Nikita était dans de sales draps, et comme toujours, c'était à elle de gérer. Encore.

Après une douche rapide et un café noir avalé à la hâte, elle enfila son manteau et attrapa son sac. Sa première idée était de trouver Alexeï, un vieil ami de Nikita, qui traînait souvent dans un bar miteux du quartier. Il était peut-être la clé pour comprendre ce dans quoi son frère avait mis les pieds cette fois.

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Le bar était exactement comme elle se souvenait : sombre, collant, et imprégné d'une odeur tenace de bière éventée et de tabac froid. Les murs, recouverts de graffitis fatigués, semblaient refléter l'état d'esprit des habitués : usés, fatigués, à la limite de l'abandon.

Alexeï était là, assis au fond, une cigarette pendant mollement entre ses lèvres, une bouteille presque vide devant lui.

- Irina ! s'exclama-t-il en la voyant approcher. Ça fait longtemps.

Elle s'installa en face de lui sans répondre, ses yeux fixant les siens avec une froide détermination.

- Alexeï, je vais aller droit au but. Nikita a encore fait une connerie, et je veux savoir quoi.

Il haussa les sourcils, esquissant un sourire nerveux avant de tirer une longue bouffée de sa cigarette.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Ne joue pas à ça avec moi. Hier soir, j'ai reçu un message me menaçant à cause de lui. Alors, parle.

Le ton d'Irina avait changé, dur et tranchant, comme une lame prête à percer les défenses d'Alexeï. Il détourna les yeux, jouant distraitement avec le bord de sa bouteille.

- Écoute, Irina... Je voulais pas m'en mêler, mais ton frère... il a fait quelque chose de stupide.

- Stupide comment ?

- Il a... volé de l'argent.

Elle resta silencieuse, attendant qu'il continue.

- Une grosse somme, ajouta-t-il. À des types qu'il aurait jamais dû chercher à entuber.

- Quels types ? demanda-t-elle, le cœur serré.

- Les Santoro.

Le nom tomba comme un couperet. Même si elle ne connaissait pas en détail le fonctionnement du crime organisé, ce nom-là était suffisamment célèbre dans les rues de New York pour donner des frissons.

- Dis-moi que tu plaisantes.

Alexeï secoua la tête, visiblement mal à l'aise.

- J'aimerais bien. Mais Nikita est malin... enfin, c'est ce qu'il croit. Il pensait pouvoir jouer avec eux, mais maintenant ils veulent leur argent, et ils sont pas du genre à laisser passer.

Irina sentit une boule se former dans son estomac.

- Et où est-il maintenant ?

Alexeï haussa les épaules.

- Je sais pas. Il s'est tiré y a deux jours, et il m'a rien dit. J'ai juste entendu dire que les Santoro avaient envoyé quelqu'un pour le trouver.

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Pendant ce temps, dans un bureau somptueusement décoré, Lorenzo Santoro était assis derrière un large bureau en acajou. La pièce, un mélange d'élégance et de froideur, reflétait sa personnalité. Les murs étaient ornés de tableaux discrets mais coûteux, et une bibliothèque regorgeait de volumes anciens impeccablement alignés.

Face à lui, un homme en sueur se tordait les mains, visiblement mal à l'aise sous le regard perçant de Lorenzo.

- Tu sais pourquoi tu es ici, n'est-ce pas ? demanda Lorenzo d'une voix calme mais glaciale.

L'homme hocha la tête, incapable de croiser son regard.

- Alors explique-moi, reprit Lorenzo, pourquoi je devrais te laisser partir après une telle erreur ?

- Monsieur Santoro, je... je peux expliquer...

- Non, coupa Lorenzo en se levant. Tu as eu ta chance de parler. Maintenant, c'est à moi.

Il fit lentement le tour de son bureau, chaque pas résonnant comme une sentence. L'homme recula instinctivement, ses mains moites s'agrippant aux accoudoirs de sa chaise.

- Tu vois, dans ce business, la confiance est tout, continua Lorenzo. Et toi, tu as choisi de trahir cette confiance.

Il s'arrêta devant l'homme, son regard sombre et perçant comme celui d'un prédateur.

- Je ne peux pas tolérer ça, conclut-il simplement.

L'homme tenta de balbutier une défense, mais Lorenzo leva une main pour le faire taire.

- Emil, prends-le.

Un colosse en costume noir, posté près de la porte, s'avança et attrapa l'homme par le col. Lorenzo observa la scène avec une expression neutre, presque indifférente.

- Fais en sorte qu'il comprenne, ajouta-t-il avant de se rasseoir.

Une fois seul, Lorenzo ouvrit un dossier posé sur son bureau. Le nom de Nikita Novikova était imprimé en haut, accompagné d'une photo.

- Il a pris un peu trop de liberté, murmura-t-il pour lui-même.

Il se tourna vers Emil, qui était revenu.

- Tu sais ce qu'il faut faire. Trouve sa sœur. Elle nous mènera à lui.

---

Irina, de son côté, marchait dans les rues de New York, le vent froid mordant ses joues. Ses pensées tourbillonnaient. Les révélations d'Alexeï avaient confirmé ses pires craintes. Nikita était dans une situation désespérée, et elle n'avait aucune idée de comment s'en sortir.

Elle se demanda brièvement ce qu'elle pouvait faire. Appeler la police ? Non, ils ne feraient rien contre une famille comme les Santoro. Partir chercher Nikita elle-même ? Mais où ?

Ses réflexions furent interrompues par une sensation étrange. Elle avait l'impression d'être observée. Elle s'arrêta, regardant autour d'elle, mais les passants semblaient vaquer à leurs occupations habituelles. Pourtant, ce sentiment d'être suivie persistait.

Elle accéléra le pas, son cœur battant un peu plus vite. Les ombres des immeubles semblaient plus menaçantes qu'à l'accoutumée, et chaque bruit de pas derrière elle la faisait sursauter.

Arrivée devant son immeuble, elle se retourna une dernière fois. Rien. Juste la rue vide et lointaine, où les lumières des lampadaires projetaient des halos tremblotants.

Mais au moment où elle insérait la clé dans la serrure, une silhouette sombre, immobile de l'autre côté de la rue, attira son attention.

Irina resta figée, son instinct lui criant de ne pas détourner le regard. Mais avant qu'elle ne puisse réagir, la silhouette disparut dans la pénombre, comme si elle n'avait jamais été là.

Chapitre 3 Chapitre 3

La nuit enveloppait la ville dans un silence brisé par des bribes de conversations lointaines et le grondement sourd des voitures. Irina, assise sur le canapé de son modeste appartement, fixait son téléphone posé sur la table basse. Les dernières heures avaient été un mélange de tension et de confusion. L'idée d'être suivie plus tôt dans la journée l'obsédait, et malgré ses tentatives pour se convaincre que ce n'était qu'une paranoïa passagère, un frisson désagréable continuait de parcourir son échine.

Son regard se perdit un instant sur la vieille horloge accrochée au mur. Elle allait bientôt sonner minuit, et l'épuisement, combiné à l'angoisse, commençait à peser lourd. C'est alors que son téléphone vibra violemment, brisant le fragile calme de la pièce.

Elle le saisit avec précipitation. Un appel entrant. Le nom de Nikita s'affichait sur l'écran.

- Nikita ? s'écria-t-elle en décrochant, sa voix trahissant l'urgence.

- Irina... souffle une voix rauque à l'autre bout de la ligne. C'est moi.

- Où es-tu ? Qu'est-ce que tu as fait ? Pourquoi est-ce que ces gens me menacent à cause de toi ?

Il y eut un silence, suivi d'une toux étouffée.

- J'ai pas beaucoup de temps. Je... je suis blessé. J'ai besoin que tu viennes.

- Blessé ? Où ça ?

- Dans une ruelle, près de la 9ème avenue... près du vieux cinéma fermé. S'il te plaît... viens vite.

Avant qu'elle ne puisse poser d'autres questions, la ligne se coupa.

Irina resta immobile un instant, le téléphone toujours pressé contre son oreille, puis bondit de son canapé. Elle enfila rapidement son manteau et sortit en trombe.

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Les rues de New York semblaient encore plus froides sous le manteau de la nuit. Les lumières vacillantes des lampadaires projetaient des ombres longues et déformées sur les façades des immeubles délabrés. Irina marchait rapidement, le cœur battant à tout rompre. Chaque pas résonnait contre les murs étroits des ruelles, amplifiant sa nervosité.

Elle arriva bientôt à l'endroit indiqué par Nikita. La ruelle était sombre, presque désertée, à l'exception de quelques poubelles renversées et d'un néon clignotant à moitié cassé, suspendu au-dessus d'une porte.

- Nikita ? appela-t-elle d'une voix tremblante.

Seul le silence lui répondit. Elle avança prudemment, ses yeux scrutant chaque recoin de l'obscurité. Puis, son regard fut attiré par quelque chose sur le sol : une traînée sombre qui se prolongeait jusqu'à l'angle de la ruelle.

Du sang.

Elle s'accroupit, effleurant la substance poisseuse avec ses doigts. La panique monta en elle, mais avant qu'elle ne puisse réfléchir à sa prochaine action, un bruit derrière elle la fit sursauter.

Elle se retourna brusquement pour faire face à plusieurs silhouettes qui s'avançaient lentement.

- Vous êtes Irina Novikova, déclara une voix profonde et assurée.

Elle recula instinctivement, son dos heurtant le mur froid de la ruelle.

L'homme qui venait de parler se détacha du groupe. Il portait un costume parfaitement taillé, et malgré l'obscurité, ses yeux brillaient d'une intensité glaçante. C'était Lorenzo Santoro, et sa simple présence semblait aspirer tout l'air autour d'elle.

- Je vois que nous nous rencontrons enfin, poursuivit-il avec un sourire mince.

- Qui êtes-vous ? demanda Irina, tentant de masquer sa peur.

- Disons que je suis quelqu'un qui s'intéresse beaucoup à votre frère.

Elle sentit sa gorge se nouer.

- Où est Nikita ?

Lorenzo fit un pas de plus vers elle, réduisant l'espace entre eux.

- Ça, c'est ce que je comptais vous demander, dit-il calmement.

- Je ne sais pas où il est, répondit-elle, sa voix se brisant légèrement.

Il la regarda un instant, ses traits parfaitement impassibles, puis esquissa un sourire amusé.

- Irina, ne jouez pas à ce jeu avec moi. Je suis patient, mais seulement jusqu'à un certain point.

Elle serra les poings, luttant contre l'envie de céder à la panique.

- Je vous dis la vérité ! Je ne sais pas où il est. Il m'a appelée, il m'a demandé de venir ici, mais il était déjà parti quand je suis arrivée.

Lorenzo sembla peser ses mots, scrutant son visage avec une précision presque chirurgicale.

- Très bien, finit-il par dire. Alors, nous avons un problème commun.

- Quel genre de problème ?

Il pencha légèrement la tête, un éclat dangereux dans le regard.

- Votre frère a quelque chose qui m'appartient. Et si nous ne le retrouvons pas rapidement, il risque de ne plus être un problème du tout.

Le poids de ses paroles s'abattit sur Irina comme un coup de massue.

- Vous voulez dire qu'il pourrait être...

- Mort ? Oui, c'est une possibilité, répondit Lorenzo sans la moindre trace d'émotion.

Irina sentit un mélange de colère et de désespoir monter en elle.

- Vous ne pouvez pas faire ça ! C'est mon frère !

- Oh, je peux, croyez-moi, répliqua Lorenzo avec une froideur tranchante. Mais je suis disposé à être... raisonnable.

Elle le fixa, hésitant entre la rage et la peur.

- Qu'est-ce que vous voulez ?

Il s'approcha encore, si près qu'elle pouvait sentir la légère odeur de son parfum, un mélange subtil de bois et d'agrumes.

- Votre coopération, répondit-il doucement. Aidez-moi à le retrouver, et je veillerai à ce qu'il reste en vie... si cela est encore possible.

- Et si je refuse ? demanda-t-elle, bien qu'elle connaisse déjà la réponse.

Lorenzo esquissa un sourire presque compatissant.

- Vous n'êtes pas en position de refuser.

Un silence tendu s'installa. Irina savait qu'elle n'avait pas le choix.

- D'accord, finit-elle par dire. Mais si vous lui faites du mal, je...

- Vous quoi ? l'interrompit Lorenzo avec un sourire moqueur. Croyez-moi, Irina, je suis votre meilleure chance pour le sauver.

Il fit un signe de tête à l'un de ses hommes, qui tendit un téléphone à Irina.

- Vous allez utiliser ce téléphone pour me tenir informé, dit Lorenzo. Et ne pensez même pas à essayer de vous en débarrasser.

Irina saisit l'appareil avec hésitation.

- Bonne nuit, Irina, conclut Lorenzo avant de se tourner et de disparaître dans l'ombre avec ses hommes.

Elle resta là, immobile, le téléphone serré dans sa main, son esprit tourbillonnant de questions et de peur. Lorenzo avait laissé entendre que Nikita était peut-être déjà mort, et pourtant, il semblait convaincu qu'il pouvait encore le retrouver.

Mais pourquoi avait-il besoin d'elle ? Pourquoi ne pas simplement la forcer à parler ou à agir ? Cette ambiguïté, mêlée à la froide détermination de Lorenzo, était plus terrifiante que tout ce qu'elle aurait pu imaginer.

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