Le jour se levait sur une Trost agonisante. Le district, sauvé de peu, avait été ravagé, au prix de nombreuses vies. Beaucoup avaient perdu leurs camarades, mais plus encore, avaient perdu la foie, l'envie et la rage de vivre. Certains avaient, pour la première fois, expérimenté la peur. Celle de mourir, déchiqueté par les dents acérées d'un titan. Mais d'autres, malheureusement en grand nombre, avaient désormais peur de vivre dans ce monde impitoyable, où les faibles n'ont pas leur place. Où ils sont dévorés.
Et leurs rêves, souvenir, joies, peines, passé et futur sont effacés, d'un coup de mâchoire, par un monstre à la force incommensurable.
Ce genre de séquelles n'étaient pas rares. Au contraire. La plupart des soldats devenaient fous dès leurs premiers combats réels. Certains voyaient leurs camarades morts, à leurs côtés, comme hanté par leurs fantômes. D'autres perdaient complètement la raison, s'infligeant de graves blessures, pour ne pas avoir a retourner sur le champ de bataille. Dans quelques cas non-isolés, les soldats préféraient se suicider. Redoutant tant la mort atroce infligée par les titans, qu'ils ne se donnaient même pas la moindre chance de survie.
Ce genre de soldats faibles aussi bien mentalement que physiquement étaient facilement remplaçables dans l'armée. Mais, ils laissaient souvent de grave traumatismes à leurs camarades, témoins de leurs actes. A vrai dire, leurs vies avaient moins de valeur que celles des monstres qu'incarnaient le bataillon d'exploration. Nous étions, sans doutes possibles, tous un peu fous, pour retourner nous battre constamment dans cet enfer qu'était l'extérieur des murs, sans jamais baisser les bras. Moi le premier.
L'enfer, je l'avais connu toute ma vie durant. D'abords dans les bas-fonds, puis, derrière les murs. La seule différence était la liberté dont je disposais. En temps que soldat, ma vie ne m'appartenais plus. Cependant, j'étais libre. Car, en dehors de cette cage étroite, au milieu de cet enfer, se trouvait la liberté. Et c'était pour cette chose si rare et précieuse, dans ce monde cruel, que moi, Levi, je me battais.
Etant le combattant le plus fort de l'humanité, ce fut à moi qu'Erwin confia Eren Jäger. Mon rôle était simple. Je devais juger s'il était apte à rejoindre nos rangs, dans le bataillon et, si oui, de le récupérer à tous prix. Il se pouvait que ce gosse, vraisemblablement capable de se transformer en titan, soit notre plus grand espoir de victoire, dans cette guerre longue d'un siècle. Et enfin, je le rencontrais, ce fameux titan. Ce n'était réellement qu'un gosse. Pourtant, lorsque je lu la haine envers ces monstres et la soif de liberté dans ses grands yeux verts, mon cœur rata un battement.
"Je te protégerai, Eren Jäger, me promis-je."
Après ma rencontre avec Eren, je me rendis avec Erwin au QG de Trost du bataillon. Sur le chemin, j'en profitai pour lui soutirer des information à propos de la jeune recrue.
-Et bien, commença-t-il. D'après son dossier, Jäger était un bon soldat, durant sa formation. Il a terminé cinquième au classement général, malgré qu'il n'ait rien de réellement exceptionnel. Il est, d'après les rapport, très travailleur et ne ménage pas ses efforts durant l'entraînement. En revanche, quelque chose m'intrigue à son propos... D'après les témoins, ce soldat se serait fait dévorer vivant, durant l'attaque d'hier. Et ce, bien avant de renaître sous la forme d'un titan.
-Il a du survivre à l'intérieur du titan qui l'a bouffé, répondis-je. Y a pas à dire, c'est vraiment immonde... Ce gamin, il a un truc dans le regard... J'ai envie de voir ce qu'il va devenir. Ça promet d'être intéressant.
L'image du mioche ne cessait de passer en boucle dans ma tête. Cela faisait longtemps que je n'avais pas vu quelqu'un d'aussi déterminé que lui. La rage qui bouillait dans ses yeux, cette aura à la foi pure et meurtrière... Ce gamin était définitivement très intéressant!
-Levi..., reprit Erwin. Je crois bien que c'est la première fois, depuis que tu as intégré le bataillon, que tu sembles vouloir prendre une nouvelle recrue sous ton aile... de la liberté...
-Erwin, ne refais plus jamais ça... Vraiment...
-Au fait, tu vas devoir repousser ta pause thé. Nous allons former une nouvelle escouade, qui sera sous ton commandement, ça va de sois.
-Je suppose que c'est en rapport avec Hélène?
-Il s'appelle Eren. Et, effectivement, ce n'est pas sans lien. Je suppose que tu as déjà compris qu'il faudrait un argument de choc pour convaincre le juge Zacharias de nous laisser sa garde.
-Un truc du genre "s'il fait un pas de travers, je le tuerai et mon équipe sera là pour que j'évite qu'il ne soit plus présentable du tout à ses funérailles"?
-Entre autres choses.
Arrivé à la base, je pris soin d'inspecter les capacités de chacun, afin de trouver les meilleurs. Mon attention se posa tout particulièrement sur quatre soldats avec qui j'avais déjà eu l'occasion de partir en mission: Petra Ralle, Auruo Bossard, Erd Gin et enfin, Günther Schültz. Je les appelai et leur fis un topo sur la situation actuelle.
-Erd!, lançai-je.
-Oui, Caporal-Chef!, répondit-il, immédiatement.
-Je t'ai déjà vu à l'oeuvre a de nombreuses reprises sur le terrain. Tu es un bon leader. En mon absence, tu auras la responsabilité de veiller sur Er... à ce que le travail soit effectué correctement, compris?
-Oui, Caporal-Chef Levi!
-Et détendez-vous, tous autant que vous êtes! Vous me stressez, à être aussi sérieux.
-A vos ordres, répondirent-ils, à l'unisson.
-Tch! On travaillera là-dessus plus tard. Retournez à l'entraînement.
Le lendemain vint avec le procès de Jäger. Voyant toutes les insultes que ces sales bourges qu'étaient les marchants lançaient à la figure d'Eren sans que celui-ci ne puisse se défendre, je perdis mon sang-froid. C'était réellement étrange. Jamais cela n'était arrivé auparavant (hormis avec Farlan et Isabel, mais je préférais ne pas trop y penser).
-Je trouve que tu parles beaucoup pour ne rien dire, gros porc!, lançai-je, sans même y prêter attention. Qu'est-ce qui te dit, que les titans vont attendre bien sagement que vous ayez renforcé les portes?
Mon regard se posa sur Eren et je la vis à nouveau. Cette flamme, qu'il avait dans le regard. Il hurla sur ces foutus religieux, sur ces foutus marchant et sur ces foutus soldats des brigades spéciales. Ce fut un spectacle magnifique, que je dû malheureusement interrompre. Je n'avais clairement pas envie qu'il se fasse disséquer et tuer, alors que je pourrais le côtoyer tous les jours et le forcer à rester constamment près de moi. Je ne savais pas ce qui provoquait en moi cet intérêt envers lui (ses yeux, peut-être?), mais le fait est que je voulais le garder près de moi. Je passai donc discrètement en dessous des barreaux de bois et frappai un grand coup de pied dans la figure du gamin en train de gueuler. Ce qui eu pour effet de lui faire perdre une dent et, certainement, de lui casser la mâchoire. "Faites qu'il puisse se régénérer comme un titan! Faites qu'il puisse se régénérer comme un titan!, espérai-je, tandis que je continuais de frapper."
-Je propose de le surveiller à plein temps... De manière privée!, lançai-je au juge, après avoir mis ma botte sur la figure d'Eren.
-Et qui s'en charger-
-Moi! Complètement et définitivement moi!, répondis-je, sans même lui laisser le temps de finir sa phrase.
Devant les moqueries non-dissimulées de l'autre binoclarde qu'était Hansi, je continuai.
-Après tout, s'il décidait de se transformer en titan et de nous attaquer, avec son intelligence, il serait redoutable. Mais moi, je n'aurai aucun problèmes pour l'arrêter, m'empressai-je d'ajouter. Alors, vous me le laissez?
-Bien, il est à vous, répondit le juge. A condition qu'il soit continuellement sous votre surveillance.
-Ça va de sois!
J'avais réussi. Eren était à moi. J'allais enfin comprendre ce qui m'intriguait autant chez ce gosse.
Le procès s'arrêta là-dessus et je détachai Eren moi-même. Je le soulevai et le soutins par les aisselles, pour l'aider à marcher. Je ne pu m'empêcher de palper ses muscles, sous son t-shirt, faisant mine de replacer correctement ma main. Ils semblaient fins et fermes. Je l'imaginai sans ce haut qui était, à mon humble avis, de trop, et sentis une légère bosse se former dans mon entre-jambes. Je continuai ma route, m'efforçant de cacher mon érection.
Une fois dans une salle plus propice à la discution, je m'excusai auprès d'Eren pour l'avoir autant amoché et il me repondit qu'il comprenait, un sourire légèrement effrayé sur le visage. Hansi nous fit ensuite remarquer que sa dent, tombée lors du procès, avait complètement repoussé. Ses petite plaies et sa mâchoire semblaient, elles aussi, avoir presque entièrement guéri. Je ne pu m'empêcher d'acquiescer un sourire à cette idée... Ce qui sembla effrayer Eren deux fois plus qu'il ne l'était déjà avant.
-Maintenant, gamin, à cheval, on a pas la journée, annonçai-je, bien plus froidement que je l'aurais souhaité.
On se rendit dans un vieux château qui fit, autrefois, office de base. Mais qui fut très vite abandonnée, car n'étant pas à un point stratégique, elle était difficile d'accès. Pourtant, c'est justement ce qui fut autrefois un problème, qui fut cette fois un avantage. Au moins, nous étions sûre qu'Eren ne pourrait pas s'évader et surtout, que personne ne viendrait mettre le feu pour tenter de le tuer.
Je le conduis dans la cave, où nous dormirions tous les deux et commençai le ménage avec lui par cette pièce beaucoup trop crasseuse à mon goût. Il n'y avait, dans cette sombre chambre étroite, qu'un lit simple. Il était déjà nuit, lorsque nous eûmes fini de nettoyer le sous-sols du sol au plafond et nous décidâmes donc de dormir.
-Eren, il n'y a qu'un seul lit, déclarai-je. Tu dors parterre.
Il obéit et se coucha à même le sol, fraîchement lavé, avant de prendre la parole.
-Caporal-Chef Levi, je tenais à vous remercier de m'avoir sauvé la vie, tout-à-l'heure, dit-il.
Je sentis mes joues rosir et répondis, encore une fois trop froidement, que j'avais juste suivi les ordres.
-Eren, j'ai froid, annonçai-je, après m'être couché. Viens ici, c'est un ordre.
Je l'entendis se lever et s'approcher, mais il resta debout devant le lit.
-Reste pas planté là! Couche-toi près de moi, ça me réchauffera!
Il s'exécuta et je posai ma tête contre son torse. La vérité était que je n'avais pas froid, mais plutôt besoin d'une excuse, pour le faire dormir avec moi. Je sentais son cœur battre la chamade, dans sa poitrine. Je pris son bras droit que je passait autour de moi, comme s'il s'agissait d'une couverture. Je ne savais pas si le cœur que j'entendais battre de plus en plus vite était le siens ou le miens, mais je m'en fichais éperdument.
Je commençai à dessiner ses muscles, au travers de son t-shirt et sentis son corps chauffer.
-Qu'est-ce qu'il y a, puceau? Ça te fais de l'effet?
-N...non... J'ai juste un peu chaud! Pardon.
La vérité était que j'espérais un "oui" de sa part. Même si je savais pertinemment qu'il ne dirait jamais un truc pareil, de peur de se faire castrer et tuer.
-Allez gamin, dors.
-B... bonne nuit, Caporal-Chef Levi.
Le lendemain matin, je me réveillai aux côtés d'Eren, toujours endormi. Je me surpris à penser qu'il était vraiment mignon, lorsqu'il était aussi calme. Je caressai doucement sa joue de ma main et il ouvrit lentement les yeux. Je m'empressai d'enlever ma main de son visage et de reprendre mes distances. "Putain! Mais qu'est-ce que je fous?!!, pensai-je".
-Eh gamin!, lançai-je, en me levant.
-Oui?, répondit-il.
-A partir de demain, je veux que tu me réveilles et non l'inverse!
-Bien, répondit-il.
-Et en douceur!, ordonnai-je. Tu passes ta main sur ma joue, tu m'appelles doucement, tu me secoue légèrement, je m'en fous, tu te débrouilles. Mais si tu me réveilles brutalement, tu vas voir à quel point je peux ne pas être du matin, compris morveux?
-Oui, à vos ordres, Caporal-Chef Levi!
-Et va me faire un thé, après t'être préparé. A l'avenir, veille à ce qu'il soit prêt à mon réveil!
-Tout de suite! Mais, Caporal-Chef...
-T'as quelque chose à redire à mes ordres, peut-être, gamin?
-Euh... Eh bien... C'est-à-dire que... Euh..., commença-t-il, paniqué.
-Sujet, verbe, complément, ordonnai-je. MAINTENANT!
-Eh bien, si on ne peut pas dormir dans des chambres séparées, est-ce qu'aller seul à l'autre bout du château est vraiment autorisé?
En réalité, je n'avais pas à dormir ici. J'avais même une chambre bien à moi, au deuxième étage. Mais, pour une raison inconnue, j'avais envie de dormir ici. Le problème était que si Eren l'apprenait, il ne voudrait sans doute jamais me revoir. Et ça, c'était inconcevable. Déjà parce que j'avais pour ordre de le surveiller et surtout et par dessus tout, parce que je l'avais décidé et puis c'est tout!
Eren se rendit dans la pièce voisine pour se changer. Je le suivis, prétextant que je devais constamment le surveiller, même lorsqu'il se changeait. En réalité, c'était surtout l'occasion parfaite pour contempler ses abdos, dont j'avais rêvé toute la nuit durant. Je me demandais un peu pourquoi ce gosse hantait mes pensées, comme ça. Mais la vérité était que je m'en foutais royalement.
Jäger me fit dos et commença à se déshabiller. Il avait un dos parfait: des muscles finement ciselés, un léger creux au niveau de la colonne et une peau pâle et sans le moindre défaut.
-Eren, tourne-toi et fais-moi face, ordonnai-je.
-P... pourquoi?, demanda-t-il, tournant légèrement la tête vers moi, laissant entrevoir des joues rosies.
-Fais ce que je te dis, c'est tout. Ce... C'est l'autre folle d'Hansi qui m'a demandé de vérifier si tu avais encore toutes tes... caractéristiques humaines et si ton corps s'était complètement régénéré.
J'aurais pu m'en vouloir d'utiliser l'autre binoclarde comme excuse, mais il n'en était rien. Je voulais VRAIMENT voir ces abdos. De plus, cette espèce de garce avait déjà réussi à salir le château (ce qu'elle avait d'ailleurs fait en un temps record). Je n'avais donc plus aucun scrupules.
-M... mes "caractéristiques humaines"?, répéta-t-il.
-Oui, pour vérifier que ton corps est ENTIÈREMENT celui d'un humain, confirmai-je. Tu sais, qu'il manque pas des trucs par endroits.
Il se tourna, rouge pivoine. Il était vraiment adorable, quand il était gêné. Le spectacle qui s'offrait à mes yeux dépassa toutes mes attentes. Son corps était juste parfait: des abdominaux finement et nettement tracés, une peau blanche sans boutons ou marques de bronzage, des épaules ni trop large, ni trop étroite et des bras tout aussi parfaits.
Tandis que j'étais en pleine contemplation, il décrocha sa ceinture et baissa pantalon et caleçon, se retrouvant complètement nu, en face de moi. Je me demandais pourquoi un tel geste, lorsque je compris. Il pensait que je faisais référence à ça, lorsque je parlais de ses "caractéristiques humaines". Enfin, ce n'était pas pour me déplaire, bien au contraire.
Mon regard se posa instantanément sur la partie inférieure de son corps, elle aussi, parfaite. Il n'y avait pas d'autres mots pour la décrire. Ses jambes, à la fois fines et musclées, sa peau, aussi impeccable que sur sa partie supérieure, mais surtout, la meilleure partie restait... son entre-jambes. Il avait une belle couleur, une belle forme et était énorme, colossal, tita... oui bon, j'arrête. Sans même y réfléchir, Je m'approchai d'Eren et pris son sexe dans ma main. Je sentis mon érection, déjà forte, se durcir. A mon grand étonnement, le membre du gamin, dans ma main, fit de même. Je fis glisser ma main doucement, caressant sa queue et arrachant un léger gémissement de plaisir au gamin.
-Ca... Caporal-Chef Levi? Qu'est-ce que vous fait-Aah!?, la respiration de plus en plus saccadée.
-Vérification, me contentai-je de marmonner.
Je fis aller ma main de plus en plus vite et de plus en plus fort, jamais lassé d'entendre Eren gémir de plaisir. Il s'accrocha à mon torse, tremblant.
-Caporal... aah... Caporal-Chef... a... arrêtez... je vais finir par éjaculer... si vous continuez... aah...
-Si t'as envie de juter, fais-le, répondis-je. Je me changerai.
Il finit par éjaculer entièrement sur ma chemise, que je m'empressai d'enlever. Eren sembla figé un instant devant mon torse, mais ce fut certainement une impression.
-C'est bon, mes vérification sont faites, déclarai-je, en enfilant une chemise propre. Mini-énorme-Jäger a encore des sensations et de quoi faire des gosses. Pas de doutes possibles, tu es bien humain, Eren.
-"M... mini-énorme-Jäger"?!, répéta-t-il, perdant complètement ses moyens.
-T'as mal entendu!, m'empressai-je de répondre.
Voilà que je faisais du harcèlement sexuel sur une nouvelle recrue... C'était nouveau, ça. A vrai dire, ce mioche me faisait tellement bander que ça en devenait très inquiétant. Pourtant, je décidai de ne pas m'en préoccuper.
Je regardai Eren finir de se changer et l'envoyai faire du thé. Une fois dans la cuisine, je lui fournis quelques explications rapides sur la préparation d'un thé digne de ce nom et le regardai faire. Il apprenait tellement vite que ça faisait presque peur. Il se mit aux fourneaux et entama la préparation d'un petit-déjeuner complet, en plus du thé.
Discrètement, je me levai du siège sur lequel je m'étais installé pour rejoindre Eren qui cuisinait, à quelques pas de moi. Je passai mes bras autour de son ventre chaud et posai mon menton sur son épaule.
-C... Caporal-Chef? Qu'est-ce que vous faites?, demanda-t-il, rougissant.
-C'est évident, non?, répondis-je. Je vérifie que tu ne foutes pas le feu et que tu ne te blesses pas. Ce serait con qu'il soit mit sur ta tombe: "Eren Jäger ~ Mort après s'être transformé en titan, parce qu'il a réussi à se blesser en faisant des œufs brouillés, ce fragile". C'est pour toi, si je fais ça.
-D'accord... Même si c'est un peu méchant... Mais... Pourquoi sur mon épaule?
-Je vois mieux d'ici.
-Et pourquoi avez-vous vos bras enroulés autour de ma taille?
-Ça fait beaucoup de questions, gamin. Mais t'avais qu'à être moins grand! J'aurais pas eu à me soulever pour voir au dessus de ton épaule.
Evidemment, c'était faux. Mes pieds étaient étonnement bien à plat au sol. Je voulais simplement l'enlacer, allez savoir pourquoi. Ça ne m'était pourtant jamais arrivé, avant. Bizarrement, je me sentais vraiment bien, au creux de l'épaule de ce gosse. Mais ça, je ne pouvais pas lui dire. Il risquerait de me regarder avec dégoût ou même de ne plus me regarder du tout. Il perdrait toute estime pour moi, ne me voyant plus que comme un vieux pervers. Aucunes chances que je laisse cela arriver!
Il continua de préparer le petit déjeuner, qui sentait rudement bon et une fois mit à tables, tout le monde nous rejoignit et commença à manger.
-Ta cuisine est pas si mauvaise, pour un gamin, lançai-je.
-C'est vrai que c'est délicieux, Eren!, renchérit Petra, un sourire aux lèvres.
Toute l'équipe commença à complimenter la cuisine d'Eren (excepté Auruo qui répéta plus ou moins ce que j'avais dit... ce qui avait le don de royalement me les briser) et pour cause: elle était vraiment délicieuse.
Après le repas, on se rendit sur le terrain d'entraînement, où je pus observer les capacités du mioche. Effectivement, il était doué. Très doué, même.
Et c'est ainsi que débuta notre quotidien. Tous les jours, Eren venait inlassablement me réveiller en m'appelant doucement et en me secouant légèrement. Et je le regardais inlassablement se changer (en même temps, comment pourrais-je me lasser de son corps si parfait ?). Il préparait le petit-déjeuner. Ce faisant, je l'enlaçais, prétextant le surveiller. Nous mangions et nous entraînions. Jusqu'au jour où Erwin me traîna à un gala ou je ne sais quel truc de bourges, organisé par un de ces gros porcs qui me séparaient de mon Eren. Si le Major m'avait forcé à y aller, c'était pour récolter des fonds pour la prochaine expédition. Je devais tout faire pour y parvenir et pouvoir rentrer au plus vite pour... surveiller... Eren.