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L'euphorie d'un destin scellé. (Officiel)

L'euphorie d'un destin scellé. (Officiel)

Auteur:: Sayana-Rosa
Genre: Autres
Elle rêvée de liberté, mais n'a trouver que le désespoir.. Son but ? Survivre à chaque épreuve de son cruel destin, pour l'honneur des siens. Voici l'histoire d'Astrid Dustel, qui n'a malheureusement pas pu vivre ses rêves.. Prise au piège par un destin scellé.

Chapitre 1 Chapitre 1 : Astrid Dustel

1801..

Le soleil se couche lentement, les sabots des chevaux bercent le silence de la nature, ainsi que la solitude d'une jeune fille, assise dans un beau carrosse. Son regard d'ambre se pose sur l'horizon. Elle regarde à travers la fenêtre du carrosse royale, la course fougueuse d'un troupeau de chevaux sauvages dans les plaines.

Ce qu'elle rêve à cet instant, c'est d'être à la place de ces chevaux et de fuir loin de la réalité. Cette belle robe de mariée la répugne, elle détourne le regard du troupeau puis le baisse en relâchant un soupir de désespoir.

Elle rêve de liberté.. Prise au piège par son destin scellé.

1795, 6 ans plus tôt..

Ostrana est un pays très convoitisé pour ses paysages époustouflants, ses mystères et ses plus beaux trésors. C'est dans ce merveilleux pays qu'a grandit Astrid Dustel, une jeune enfant pleine de joie, souhaitant découvrir le monde et partir à l'aventure. Cela pourrait être un futur accessible, si la demoiselle n'était pas la fille d'un vicomte. Elle doit faire prospérée les terres de son père, accomplir ses devoirs de noble et suivre les règles à la lettre.

La famille Dustel est une famille de nobles réputée du pays, résidant dans une magnifique demeure, un grand manoir à l'écart de la civilisation, dans le comté Sheorisia appartenant au vicomte Edouard Dustel. Cette belle famille est constituée d'Edouard, de sa femme Isabelle, ainsi que de leur deux filles Astrid et Anastasie Dustel. Les Dustel sont aimer et respecter dans tout le pays, par la bienveillance dont ils font part, tous sans la moindre exception.

Mais la plus sage de la famille et la plus têtue bien évidemment, c'est Astrid. Depuis son plus jeune âge, sa tendre mère l'éduque de façon à ce qu'elle soit une noble digne de ce nom. Elle doit devenir une femme exemplaire, d'une beauté sans nom qui doit honoré sa famille, en devenant par l'avenir une bonne épouse.

Mais Astrid n'a que dix ans, elle pense à s'amuser puis à rêvasser sans cesse. Elle n'écoute pas forcément les conseils et leçons de sa mère.

Isabelle: Astrid, redresse toi.

Astrid: Oui mère.

Soupire l'enfant en regardant Isabelle, se redressant sur sa chaise pour écoutée les enseignements de sa mère. Ennuyée.

Isabelle: Une jeune fille de ton rang doit faire preuve de dignité.

Astrid: Je suis assise sur cette chaise depuis plus de trois heures, mon dos me fait atrocement mal.

Isabelle: N'exagère pas ma chère et écoute moi attentivement au lieu de rêvasser. Une noble doit tout savoir sur ses terres, ainsi que sur ses devoirs.

Astrid: Je suis la fille du vicomte Dustel, je ne suis pas une princesse. Pourquoi tant de bonnes manières ? C'est ennuyant.

Isabelle: Tu es hélas bien trop jeune pour comprendre. Mais plus tard, tu comprendras et tu me remercieras. Je te l'ai dit autrefois, un jour, tu seras mariée pour faire prospérer notre famille. Tu dois devenir une bonne épouse, avoir de bonnes manières dès ton plus jeune âge. Tu es dans l'âge de comprendre certaine chose, y compris ton destin.

Astrid: Comme c'est intéressant..

Astrid lève les yeux au ciel et pose ses bras sur le bureau, pour y posée sa tête au creux de ses bras. Bien sûr, le regard strict d'Isabelle la fait réagir, elle s'assoit bien droite sur sa chaise de nouveau en râlant puis en écoutant sa chère mère avec lassitude.

Isabelle: Bien, reprenons. Comme je le disais, notre famille est d'une pure lignée noble depuis des siècles. Notre terre est aussi précieuse que chaque membre de notre famille. Nous devons l'entretenir, aider les habitants qui y résident et aussi..

Mais la porte s'ouvre, c'est un homme trentenaire, bien vêtu qui entre et regarde Isabelle avec nervosité.

?: Puis-je vous parlez un instant ?

Isabelle: J'arrive tout de suite.

Astrid regarde l'homme, confuse. Elle voit Isabelle sortir de la pièce pour le rejoindre, celle-ci regarde sa fille en étant devant la porte grande ouverte, avec un petit sourire.

Isabelle: C'est terminé pour aujourd'hui, tu peux aller t'amuser. Nous reprendrons cette conversation demain.

Astrid: Y-a-t-il un problème ? Père semble si inquiet.

Isabelle: Se sont des histoires de grandes personnes, ne te préoccupe pas de cela. Va t'amuser, mais ne t'éloigne pas de notre manoir. Sois dans la salle à manger pour 18h, avant la tombée de la nuit.

Puis elle part sans dire un mot de plus, nerveuse.

Astrid ne se soucie pas plus de ça, elle quitte la pièce en suivant pour s'aventurer en dehors du manoir.

La brise rafraichissante, elle court en direction des écuries avec joie, voulant passer un peu de temps avec sa monture. Elle s'approche de sa jument, qui est dans son box, elle caresse l'équidé puis ouvre la porte en bois pour la faire sortir.

Une fois le beau frison scellé, elle parvient difficilement à monter sur la selle et quitte au trot l'écurie. Le regard de l'homme d'écurie des Dustel se pose sur Astrid, il semble inquiet pour elle.

?: Mademoiselle Dustel, vous ne devriez pas vous aventurez dans la nature avec cette jument. C'est beaucoup trop dangereux de partir à l'aventure ces temps-ci.

Astrid: Ne vous inquiétez pas pour moi Louis, je vais être prudente comme à chaque fois. Je serais de retour avant 18h !

Il est 17h, Astrid n'a qu'une heure pour s'aventurer sur ses terres en toute prudence. Mais c'est suffisant pour la jeune enfant, elle part au galop loin des écuries ainsi que du manoir, déterminée.

En une petite heure, elle peut faire le tour des plaines, puis de quelques forêts. Elle s'arrête au bord d'une grande falaise pour s'y reposer un court instant avec sa jument, trouvant la vue éblouissante de ce vaste monde.

Astrid: Un jour je partirais à l'aventure, avec toi ma belle Lizzie.

La jument frotte sa tête contre Astrid, qui ricane bêtement en caressant la tête de celle-ci. Mais elle remarque une chose, le soleil se couche déjà, elle est en retard. Il est bientôt 18h.

Affolée, elle se lève brusquement puis grimpe sur la selle de Lizzie.

Astrid: Je suis en retard, mère va être furieuse ! Allons-y Lizzie.

Elle quitte le bord de la falaise au triple galop, espérant rentrer chez elle à temps. Mais ce n'est pas le cas, car la jeune fille arrive dans les écuries à 18h15. Bien sûr, en entrant dans la salle à manger, le regard d'Isabelle en dit long sur ce qu'elle pense à cet instant.

Dans la salle à manger..

Astrid entre brusquement en courant, nerveuse. Elle s'assoit à table, rejoignant les membres de sa famille. Ils mangent silencieusement en regardant l'enfant ébouriffée et essoufflée.

Astrid: Je me suis endormie, contre un arbre. Pardonnez moi pour mon retard.

Isabelle: Tu es encore partie avec Lizzie ?

Astrid: Non.. Absolument pas mère.

Isabelle: Ce n'est pas ce que Louis m'a dit.

Astrid soupire d'ennuie, puis commence à manger sans rien dire de plus. Mais Isabelle n'a pas dit son dernier mot.

Isabelle: Il me semblait t'avoir ordonner de ne plus monter cette jument. Elle est bien trop nerveuse pour une jeune fille de ton âge, puis trop grande.

Astrid: Mais Lizzie est ma jument, les autres chevaux sont beaucoup trop vieux et lents.

Isabelle: De toute évidence, tu es trop jeune pour monter à cheval. Tu devrais plutôt étudier, c'est plus utile.

Astrid: Comme tous les jours..

Edouard: Laissez la donc respirer un peu, très chère. Alors Astrid, qu'a-tu fais en cette heure avec Lizzie ?

Astrid: Eh bien, j'ai fais le tour de notre propriété puis je me suis reposer quelques instants au bord de la falaise. La vue était si magnifique père, cela change des forêts qui entourent le manoir.

Edouard: Oui, ça devait être beau à voir. Mais sois prudente, je n'aimerais pas que ma chère fille se blesse.

Astrid: Oui, père. Je suis toujours prudente. Et toi Anastasie, tu t'es bien amusée aujourd'hui ?

La petite fille de 7 ans sourit à son aînée, en répondant humblement à sa question.

Anastasie: J'ai étudier, puis je me suis amusée dans ma chambre. Mes journées se ressemblent.

Astrid: Au moins je ne suis pas la seule qui s'ennuie ici.

Isabelle: Jeunes filles, beaucoup d'enfants aimeraient être à votre place. Cessez donc de geindre.

Astrid: Oui mère, vous avez raison.

Une domestique entre dans la salle à manger et viens apporter une lettre au vicomte. Celui-ci la remercie et ouvre la lettre, tandis que la domestique sort de la salle à manger en suivant. Les deux sœurs discutent entre elles, pendant qu'Edouard lit la lettre attentivement en étant nerveux. Ce qui interroge sa femme, qui le regarde d'un air inquiet.

Astrid: Demain, nous irons au bord du lac toi et moi. Dès que j'aurais terminée mes leçons avec mère.

Anastasie: C'est vrai Astrid ? Tu me le promets ?

Astrid: Mais oui, nous nous amuserons dans l'eau. Il fait chaud en plus, nous pourrons nous rafraîchir en plus.

Isabelle: Que se passe-t-il Edouard ?

Edouard: C'est..

Hésitant, il regarde ses deux filles. Les questions se posent, tandis que le silence vient bercé le dîner de la famille Dustel.

Edouard soupir donc et pose la lettre sur le côté, cachant sa nervosité devant ses filles.

Edouard: Je suis invité au château de sa majesté, je dois y être demain pour 17h. Un banquet est organisé par le roi Andreas lui-même, il doit parler aux nobles du pays d'une affaire très importante.

Astrid: Le roi Andreas ? Quel honneur pour vous père !

Anastasie: Nous pouvons venir avec vous ? J'aimerais voir le roi en personne !

Edouard: Non, vous resterez ici avec votre mère. C'est une réunion importante, les familles ne sont pas invitées. Maintenant si vous voulez bien m'excuser, je dois prendre l'air quelques instants.

Edouard se lève de sa chaise, bouleversé, il quitte la salle à manger sous les regards de ses filles et de son épouse. Isabelle essuie ses lèvres de sa serviette de table, puis se lève à son tour de sa chaise.

Isabelle: Finissez votre repas et mangez vos légumes, c'est bon pour votre santé.

Astrid: Mais, mère.. ?

Isabelle: Tout va bien, Astrid.

Isabelle sort de la salle à manger en suivant, pressant le pas. Les deux soeurs s'échangent un regard interrogateur, Astrid comprend bien que quelque chose tracasse ses parents. Elle aimerait comprendre ce qu'il se passe, alors elle se lève de sa chaise puis s'approche de la porte rapidement.

Anastasie: Astrid, que fais-tu ? Mère a dit de..

Astrid: Il se passe quelque chose, Anastasie. Je dois comprendre pourquoi nos parents sont si inquiets.

Doucement, l'enfant quitte la salle à manger puis s'approche de la porte menant à l'arrière du manoir. Elle y voit ses parents, ils discutent de choses troublantes sur le balcon. La porte entrouverte permet à Astrid d'écouter la conversation d'Edouard et d'Isabelle.

Isabelle: Alors le pays entre en guerre.. Ce n'est plus une simple rumeur ?

Edouard: Non, le roi Andreas l'a écrit sur cette lettre. Nous devons trouver un moyen de repousser nos ennemis, car si nous échouons, alors nous serons dans l'obligation de fuir Ostrana pour survivre.

Isabelle: C'est lâche venant de notre famille.

Edouard: Mes filles sont plus importantes que mon honneur, je suis prêt à prendre le risque de m'enfuir.

Isabelle: Il y a forcément une autre solution. Les armées du roi Andreas sont puissantes.

Edouard: Mais celles du roi Igor le sont bien plus. L'invasion commence, des villages ont étaient conquis par les armées ennemies, au nord d'Ostrana. C'est un véritable désastre.

Inquiète à son tour, Astrid marmonne à elle-même.

Astrid: Ostrana, entre en guerre.. ?

Puis elle s'éloigne de la porte pour rejoindre la salle à manger, consciente du danger qui menace son pays.

Lors de son retour, Anastasie s'empresse de la questionner, mais l'aînée reste muette pour ne pas inquiéter sa petite sœur et trouve un petit mensonge à lui dire. Gardant le sourire malgré ses craintes.

La soirée se termine dans un silence pesant pour la famille Dustel.

Dans la nuit, dans la chambre d'Astrid..

L'enfant se tourne dans son lit depuis des heures, mais des frappements retentissent à sa porte. Elle s'assoit donc et regarde la porte, elle voit Isabelle entrée dans la chambre avec un chandelier dans sa main, qu'elle pose sur la commode.

Voyant sa fille réveillée, Isabelle s'assoit au bord du lit et lui sourit.

Isabelle: Tu ne trouve pas le sommeil ?

Astrid: Non.

Isabelle: Tu veux que je chante une petite berceuse ?

Astrid: Je suis trop âgée pour les berceuses maintenant.

Dit-elle avec un sourire amusé, sa mère ricane bêtement avant de lui répondre.

Isabelle: Oui, tu grandis.. Bien trop vite.

Astrid: Je.. Est-ce vrai qu'Ostrana est en guerre ?

Isabelle: Qui t'a dit cela ?

Astrid: Je vous ai entendu, père et vous.

Isabelle: C'est.. C'est compliquer Astrid. Mais cela devait arrivé un jour ou l'autre. Notre pays est merveilleux, c'est un pays remplis de trésors que d'autres veulent exploités. Il ne faut pas en vouloir à ces personnes, elles font cela pour survivre.

Astrid: Quand bien même, c'est horrible une guerre. Cela ne donne pas raison à ces personnes de nous envahir, puis de semer le chaos sur leur passage.

Isabelle: Oui, je comprends ce que tu veux dire Astrid. Mais dans tous les cas, nous ne pouvons rien faire pour protéger notre pays. C'est aux hommes de le défendre, aux grands nobles d'Ostrana.

Astrid: Père va donc partir ? Il va se battre, lui aussi ?

Isabelle: Probablement. Nous en serons plus après le banquet du roi, lorsque ton père sera de retour dans la semaine.

Astrid: Il est déjà parti ?

Isabelle: Le royaume est loin de nos terres, alors oui, il est parti depuis plusieurs heures déjà. Mais il va revenir, sois rassurée. Ce n'est qu'une simple réunion.

Astrid: Il ne nous a même pas dit aurevoir..

Isabelle: Tu dois le comprendre, il est inquiet pour nous tous. Ainsi que pour les habitants de Sheorisia, notre comté. Maintenant dors et ne pense plus à cela. Tout finira par s'arranger, je te le promets.

Délicatement, elle embrasse le front de sa fille puis se lève du lit. Isabelle s'approche de la commode et prend le chandelier dans sa main, avant de quitter la chambre d'Astrid.

Isabelle: Passe une bonne nuit, ma chère fille.

Astrid: Merci, vous aussi mère.

Le réconfort de sa mère vient rassurer la petite Astrid, qui arrive à trouver le sommeil au bout de quelques minutes.

Quelques jours plus tard, en fin d'après-midi..

Les deux sœurs jouent devant le manoir, à divers jeux enfantins. Elles profitent du calme pour discuter paisiblement.

Anastasie: J'aimerais tant voir le roi Andreas un jour.

Astrid: Moi aussi, père en a de la chance.

Anastasie: Peut-être que je pourrais me marier avec le prince, lorsque je serais plus grande ?

Astrid: Cela m'étonnerais, nous ne sommes pas des princesses. Seule une princesse peut épousée le prince Elyot.

Anastasie: Elles sont chanceuses ces belles princesses. Tu penses que je pourrais devenir une princesse un jour ?

Astrid: Sois celle que tu es déjà, petite sœur. Puis être princesse ce n'est pas facile, tu sais ? Les princesses ont des lois à respecter, du matin au soir, chaque jour et cela jusqu'à leur dernier souffle.

Anastasie: Quels genre de lois ?

Astrid: Ne pas sortir en dehors du château sans être accompagnée, ne pas être trop bavarde, ne pas avoir le droit de choisir leur futur époux.. Ne pas avoir le droit d'être elles-mêmes. En d'autres thermes.

Anastasie: Oui, ça ne doit pas être amusant.

Astrid: Cela dépend de chacun, la plupart des princesses sont éduquées de la sorte. Elles sont préparées à cela depuis le jour de leur naissance.

Anastasie: Comme toi ?

Astrid: Comme moi. Mais je suis tout de même libre d'être moi-même, c'est l'essentiel. Puis je suis jeune, comme toi petite sœur. J'ai tout le temps de pensée à mes devoirs de futur jeune femme.

Mais le bruit du carrosse se fait entendre, Edouard est de retour au manoir, les deux filles se lèvent du sol puis regardent le beau carrosse avec un grand sourire. Euphoriques, elles courent en direction du carrosse.

Astrid: Père est de retour Anastasie !

Anastasie: Oui, enfin !

Le carrosse s'arrête devant le manoir, Edouard descend donc et s'agenouille pour enlacer ses filles avec le sourire.

Edouard: Mes filles adorées ! Comme vous m'avez manquer toutes les deux.

Elles s'écartent de leur père pour lui poser tout un tas de questions, enjouées.

Astrid: Avez-vous fait un bon voyage, père ?

Anastasie: Le château du roi est toujours aussi beau ? Puis, avez-vous vu le prince Elyot ?

Edouard: Du calme, je vais tout vous racontez en détail lors du dîner. En attendant, je dois aller voir votre mère.

Edouard s'approche de la grande demeure, tandis que les domestiques débarrassent les affaires du vicomte du carrosse. Les deux sœurs gardent le sourire et s'échangent un petit regard joyeux, avant de courir en direction du manoir, aux côtés de leur père.

Pendant le dîner..

Toutes ont le regard braqué sur le vicomte, elles attendent les ragots du royaume. En dinant, Edouard répond aux questions de ses filles avec joie, sous le sourire de leur mère.

Astrid: La route était longue, père ?

Edouard: Assez oui, mais le royaume est d'une beauté époustouflante, comme à chaque fois. Un jour, peut-être que vous rencontreriez le roi Andreas. Il est d'une sagesse remarquable.

Isabelle: Cela ne me surprend pas, notre roi a toujours était juste avec son peuple.

Anastasie: Et le prince Elyot ? Est-il aussi beau que le disent les habitants du comté ?

Edouard: Oui, c'est un beau jeune homme. Il grandit vite, il est bien plus âgé que ta sœur.

Astrid: Quel âge a-t-il ?

Edouard: Il me semble qu'il a eu 15 ans récemment. Donc cinq ans de plus que toi, Astrid.

Anastasie: Il est si vieux ? C'est pas juste.

Edouard: Et pourquoi ça, jeune fille ?

Anastasie: Pour rien..

Astrid: Notre chère Anastasie veut devenir une belle princesse pour pouvoir épousée le prince Elyot. C'est si.. Pathétique.

Isabelle: Ton langage.

Astrid: Mère..

Soupire Astrid, tandis que sa petite sœur la défi du regard, courroucée et gênée.

Anastasie: C'est faux ! Je n'ai jamais dis cela !

Edouard: Dans tous les cas, aucun noble de bas rang comme nous peut épouser le prince Elyot. Une princesse est digne de sa majesté le prince.

Isabelle: D'ailleurs, à cet âge-là il n'est toujours pas marié ? C'est curieux.

Edouard: Chaque chose en son temps, le roi a d'autres priorités.. Comme vous le savez, ma chère.

Isabelle: Oui, malheureusement.

Astrid: Parler de mariage m'ennuie. Parlons plutôt de votre voyage père, comment est le royaume ? Il est grand ?

Edouard: Très grand, oui. Tu aimerais bien Astrid, toi qui rêve de partir à l'aventure. Le royaume est bien différent de notre comté, il est majestueux comme le château du roi Andreas.

Astrid: Un jour, je visiterais le royaume et je partirais faire le tour du monde. Je peux vous le promettre, c'est mon seul rêve !

Edouard: Je n'en doute absolument pas. Mais le destin peut être trompeur parfois, alors n'ai pas trop cette idée en tête si tu ne veux pas être déçue par l'avenir Astrid. Un rêve, n'est qu'un rêve. La réalité nous rattrape bien plus que tu ne le crois.

Astrid: Oui père.

Isabelle: Tu es l'aînée, tu as énormément de responsabilités. Comme je te l'ai expliquer lors de tes leçons. Un jour, ton père et moi ne seront plus là pour veiller sur Sheorisia. Alors ça sera à toi de veillée sur nos terres.

Astrid: Oui, mais c'est ennuyant..

Edouard: Au contraire, c'est passionnant. Et contrairement à ce que tu penses, c'est une belle aventure. Une aventure qui ne s'arrêtera jamais. En attendant, prends le temps de grandir et écoute bien ta mère lors de tes leçons. Tu es l'avenir de notre famille, tâche de ne pas l'oublier Astrid. C'est très important.

Silencieusement, Astrid hoche positivement la tête avec un petit sourire.

Lors de ce dîner, Astrid ne se souciée pas de l'avenir. Elle pense au destin de son pays et à ses propres rêves, elle est pleine d'insouciance, ce qui est compréhensible pour une jeune fille de son âge. Mais les années passent plus vite qu'elle ne l'imaginait..

Astrid grandit dans la grâce et la beauté au fil des années, elle est bien élevée.. Du moins, c'est ce que ses parents espèrent. Isabelle enseigne encore l'histoire de la famille Dustel à sa fille, du lundi au vendredi, durant toute la journée. C'est ennuyant pour Astrid, mais à la fin de la semaine elle peut décompressée et faire ce qu'elle souhaite. Partir à l'aventure, sur ses terres, avec sa belle jument Lizzie.

Sa petite sœur grandit vite aussi, dans la richesse et la joie. Elle est bien plus polie que son aînée, qui se fiche royalement des règles de politesse de la noblesse. Mais c'est ce qui fait de l'aînée ce qu'elle est réellement, une ravissante jeune fille bornée et entêtée, blonde aux reflets d'ambre et au regard étincelant de la couleur de sa longue chevelure ondulée.

C'est ce qu'elle est aujourd'hui, approchant de ses 15 ans. Pleine de vie, de courage et de détermination.

1800, dans la chambre d'Astrid, à l'aube..

Le soleil éclaire la chambre de la jeune fille, elle se redresse sur son lit et s'étire, souriante en regardant la fenêtre. C'est sa journée de liberté, elle compte en profiter jusqu'au coucher du soleil. Alors elle se lève de son lit avec détermination, puis se prépare en vitesse avant de quitter sa chambre dans une belle robe rouge, fine et légère.

Les cheveux attachées avec un ruban rouge, Astrid descend en quatrième vitesse le grand escalier du hall du manoir, croisant sur son chemin sa petite sœur qui n'est pas autant enjouée qu'elle de si bon matin.

Anastasie: Tu es pressée ?

Astrid: Comme chaque samedi !

Anastasie: Comme je souhaiterais avoir ta détermination.

Dit-elle, encore fatiguée en montant l'escalier.

Elle attrape de la brioche dans la grande cuisine, puis quelques provisions pour la journée en regardant autour d'elle d'un œil perplexe.

Isabelle: Qu'est-ce que tu manigances ?

Surprise, Astrid se tourne rapidement pour regarder Isabelle, l'air innocente.

Astrid: Mère ?! Rien.. Je..

Isabelle: Tu dévalises nos réserves pour partir à l'aventure, comme chaque samedi. Enfin Astrid, grandis un peu, tu n'es plus une enfant. Tu vas bientôt avoir 15 ans.

Astrid: 15 ans c'est un jeune âge mère, puis je vais simplement faire le tour de nos terres pour voir si les habitants se portent bien. C'est mon devoir, comme vous dites ?

Isabelle: Ne joue pas avec les mots, puis sois rentrée avant le coucher du soleil. La guerre est loin d'être finie, nous ne sommes plus en sécurité même sur nos terres.

Astrid: Oui, je vais être prudente. Faites moi confiance. Lizzie m'attend, je dois y aller alors.. Bonne journée à vous !

En courant, Astrid quitte la cuisine ainsi que le manoir, sous le regard ennuyé de sa mère.

Edouard: Elle est encore jeune, laissez la donc.

Isabelle: Plus aussi jeune qu'elle ne le pense. Puis une jeune fille de son rang ne devrait pas se comporter de la sorte.

Edouard: Notre fille déborde d'énergie, c'est une très bonne chose.

Isabelle: Elle ignore ce qu'il se passe en dehors de nos terres, cette guerre.. Elle est loin d'être terminée.

Edouard: Non, j'en ai bien peur. Si les troupes ennemis viennent jusqu'à Sheorisia, alors nous devrons fuir.

Isabelle: J'espère que nous n'aurons pas à fuir lâchement, et que nos ennemis seront bientôt vaincus.

Edouard: L'avenir le dira, ma chère. Cessez de vous tracassez avec cela, nos ennemis sont encore loin de nos terres, nous sommes en sécurité ici.

Isabelle: J'espère que vous avez raison, je ne supporterais pas de voir mes filles entre les mains de ces barbares.

Consciente du danger, la vicomtesse ne cesse de s'inquiéter pour sa fille qui s'aventure en dehors du manoir. Mais elle ne peut rien faire contre l'entêtement d'Astrid, elle peut seulement lui faire confiance et s'en tenir aux dires de son époux.

Ils sont en sécurité à Sheorisia, elle n'a pas à être inquiète pour Astrid. Rien ne peut lui arrivée.

D'ailleurs, la jeune blonde saute sur sa jument non scellée puis quitte les écuries au galop, sous le regard nerveux de Louis, l'homme d'écurie, qui s'empresse d'hurler quelque chose à Astrid.

Louis: Soyez prudente mademoiselle Dustel !

Souriante, Astrid s'éloigne de son manoir en tenant la crinière de Lizzie, agile sur sa monture.

Une heure plus tard..

La jeune fille arrive au trot dans un village du comté, elle descend de Lizzie et s'aventure au centre du petit village. Au loin, elle voit deux jeunes filles de son âge assisent sur un vieux banc, elle s'empresse donc de les rejoindre.

Astrid: Ah tiens, vous êtes là mes chères amies !

Inconnue: Astrid ? Vous voilà donc, je pensais que vous n'allez pas venir aujourd'hui.

Inconnue 2: Oui, pourquoi restez vous avec de simples paysannes comme nous deux ? Je veux dire.. Vous êtes la fille du vicomte Dustel.

Astrid: Et donc ? Je ne suis que la fille d'un vicomte, ce n'est pas extraordinaire non plus. Je ne suis pas une reine, ou une princesse. Je suis une fille comme vous deux.

Inconnue: Pas exactement non.

Inconnue 2: La fille d'un noble, c'est différent de nous deux.

Astrid: Peu importe. Qu'avez-vous à me dire d'intéressant ?

Inconnue: Il n'y a aucun changement, tout est calme à Sheorisia.

Inconnue 2: Ah si, des ennemis ont étaient aperçus tout près du comté.

Astrid: Comment ?

Inconnue: Mais tout va bien, ils ont étaient capturés.

Astrid: Ces ennemis, si j'avais le pouvoir de les anéantir je le ferais. Ils détruisent notre pays depuis bientôt cinq longues années, c'est insupportable.

Inconnue 2: Je comprends, mais que pouvons-nous faire ? Nous pouvons simplement attendre que la guerre passe, qu'importe les conséquences.

Astrid: Malheureusement oui. Bon, que faisons-nous ?

Inconnue: Je vais chercher mon cheval, j'aimerais aller à la crique pas vous ?

Inconnue 2: En cette merveilleuse journée, c'est parfait ! Attendez nous ici mademoiselle Dustel, nous revenons avec nos chevaux.

Astrid: Prenez votre temps.

Les deux filles partent, tandis qu'Astrid s'approche de sa jument pour la caresser, patiente en écoutant les ragots des villageois.

Il faut une bonne dizaine de minutes pour que ses amies, Rachel et Susan, reviennent sur le dos de leur monture. Alors Astrid grimpe sur Lizzie, puis quitte le village au galop avec les deux jeunes filles.

Un quart d'heure plus tard, à la crique..

Les jeunes filles s'approche de l'eau, trempant leurs pieds pour se rafraîchir un peu en cet été.

Astrid: Il fait si chaud de si bon matin. Comment se porte ton père Rachel ?

La belle brune au regard marron foncé, ainsi qu'à la peau bronzé, répond avec un petit air attristé à son amie. En regardant ses pieds dans l'eau.

Rachel: La maladie l'atteint, hélas, nous ne pouvons rien faire pour lui. Il doit simplement attendre et peut partir n'importe quand.. Ce n'est pas facile.

Astrid: Je suis vraiment désolé, j'aurais dû me taire..

Rachel: Ne vous excusez pas mademoiselle Dustel, vous faite preuve de bienveillance envers ma famille. Ce n'est pas une mauvaise chose bien au contraire, alors merci.

Astrid: Oui mais la bienveillance ne créée pas des miracles, ça serait beaucoup trop beau durant cette rude époque. Et toi, Susan ?

Souriante malgré la peine qu'elle ressent envers Rachel, la jeune fille aux cheveux d'ébènes, pâle au regard émeraude répond avec un simple sourire à Astrid.

Susan: Mes parents se portent bien. Je ne peux rien espérer de mieux. Quand au vicomte Dustel et son épouse ?

Astrid: Mon père est très inquiet à cause de cette guerre, ma mère est toujours aussi exigeante rien ne change en ce qui la concerne.

Rachel: Et votre sœur ? Va-t-elle nous rejoindre dans la journée ?

Astrid: J'en ai bien peur..

?: Astrid ! Me voilà !

C'est la voix d'Anastasie qui résonne près des jeunes filles, accompagnée des bruits des sabots d'un bel équidé. Toutes la regarde avec le sourire, sauf Astrid qui soupire d'ennuie.

Astrid: La journée va être longue.. Et ennuyante. Si notre mère t'envoie pour me surveiller, tu peux retourner au manoir !

Anastasie: Comment ? Absolument pas ! Je suis partie en discrétion, j'ai dis à Louis de garder le secret. Je voulais rejoindre ma chère sœur adorée ainsi que ses merveilleuses amies.

Anastasie saute de son cheval gris, avant de rejoindre en courant les trois jeunes filles. Puis elle enlace son aînée avec joie, ce qui ennuie cette dernière.

Astrid: Oui, j'espère pour toi que ce n'est pas un mensonge. Je déteste être surveillée, comme tu le sais.

Anastasie: Je te le promet. Comment allez-vous ?

Anastasie questionne Rachel et Susan, toute joyeuse. Une petite discussion entre elles s'impose, tandis qu'Astrid s'avance un peu plus dans l'eau en regardant l'horizon, le vaste océan.

Pensive, elle revient à la réalité lorsqu'elle se fait éclabousser par sa petite sœur. Les deux filles se regardent, avant de s'éclabousser en suivant pour simplement s'amuser. Rachel et Susan prennent part à ce petit jeu, durant quelques minutes.

Astrid tombe dans l'eau avec sa petite sœur en se bousculant, les deux filles se relèvent, trempée de la tête aux pieds en riant de bon cœur. Astrid place sa chevelure en arrière, elle regarde le ciel avec un petit sourire.

Mais..

?: Regardez-moi ça, ces jolies demoiselles s'amusent bien.

??: J'aimerais bien m'amuser, moi aussi.

Ces voix masculines attirent toute l'attention des jeunes filles, aussitôt, Anastasie se cache derrière son aînée. Il y a cinq hommes en uniforme qui s'approchent doucement de la petite bande, sortant des feuillages.

Rachel: Qui sont ces hommes ?

Susan: Je dirais des soldats, en vu de leur accoutrement.

Astrid: Peut-être, mais ce ne sont pas des soldats de la garde royale du roi Andreas..

Astrid dit cela en regardant la rune sur l'uniforme de l'un des soldats, la rune représente un dragon. Seulement, le dragon est ce qui représente les forces ennemis du pays d'Ostrana.

Astrid: Ce sont des soldats du pays Deskor, nos ennemis..

Aussitôt, elles se regroupent et ne quittent pas du regard ces cinq hommes sinistres. Astrid regarde les montures, avec un peu de chance, elles pourraient s'empresser de monter sur leur cheval pour fuir la crique. Mais les hommes encerclent les quatre filles. Elles sont piégées entre l'océan et les soldats ennemis.

L'un d'eux regarde d'ailleurs Astrid d'un œil perplexe, la plus âgée de la petite bande.

?: Ce ne serait pas la fille du vicomte Dustel ?

??: Ainsi que la fille cadette du vicomte.

?: Je me demande combien vaut la vie ces deux jeunes nobles. Nous pourrions les emmenées à notre roi ?

Astrid: De quel droit vous permettez-vous de marcher sur ces terres ? Et par ailleurs, d'insulter les filles du vicomte Dustel, en nous considérant comme de la marchandise ?

Anastasie: Astrid, je t'en prie..

?: Quant à toi, misérable. De quel droit oses-tu parler en présence d'un homme ?

Astrid: J'ai tous les droits à Sheorisia. Quant à vous, je vous conseille vivement de retourner là d'où vous venez avec vos pitoyables armées.

?: J'en ai assez entendu, emmenez-les.

Face à ces hommes, Rachel et Susan ne montrent aucune résistance en sachant bien évidemment qu'elles ne peuvent rien faire contre eux. Mais Astrid ne compte pas se laisser faire aussi facilement, elle compte se battre face à ses ennemis.

Alors, elle attrape le poignard qu'elle planque soigneusement sous sa robe, attaché à sa jambe droite, puis elle plante la lame dans la jugulaire de l'homme qui vient à elle.

Surpris, les quatre soldats restants s'empressent de capturé la jeune blonde, mais elle résiste face à ces barbares avec son poignard, tout en protégeant sa petite sœur qui reste derrière elle. Terrorisée.

Anastasie: Mais que fais-tu avec un poignard ?!

Astrid: Je n'allais pas partir loin du manoir sans arme, en sachant que nos ennemis marchent près de nos terres ! Je ne suis pas aussi stupide.

Rachel: Astrid, attention !

De justesse, elle esquive le poing d'un soldat par l'aide de Rachel. Mais ses deux amies sont emmenées loin de la crique de force, ce qui inquiète Astrid qui perd toute sa concentration et regarde les deux filles au loin, se sentant si inutile à cet instant.

Seulement, ce manque d'attention fait que l'un des soldats attrape Anastasie par le bras pour la tirée violement loin de son aînée. Astrid réagit trop tard pour l'affronter, en courant vers lui, le deuxième soldat l'attrape dans ses bras pour la neutralisée, prenant le poignard des mains de la jeune blonde de force. Il le jette sur le côté, au bord de l'eau.

?: Emmène cette jeune fille avec les autres, je vais m'occuper de cette sauvage.

Anastasie résiste en frappant l'homme, ce qui fait rire ce dernier qui s'amuse de la situation en la tirant de force loin de la crique. Astrid tend son bras vers sa petite sœur, angoissée par le sort de cette dernière en versant une petite larme.

Astrid: Anastasie.. !

Elle entend les pleurs d'Anastasie, le petite fille cri le prénom de son aînée en la regardant. Impuissante, Astrid s'effondre sur le sol, maintenu par le soldat qui la jette sur le sol pour la frapper de son pied, encore et encore.. Sans vouloir s'arrêter.

Après plusieurs coups, il laisse Astrid pour morte au bord de cette plage. Avant de partir pour rejoindre les autres soldats, loin de la crique.

Au coucher du soleil..

Souffrante, Astrid ouvre les yeux et se redresse lentement en gémissant de douleur. Debout au bord de l'eau, elle regarde le soleil se coucher avec confusion. Mais soudain, elle réalise la gravité de la situation et se souvient de chaque détail de la matinée. La balade à cheval, les rires de ses amies et de sa sœur, l'arrivée de ces hommes cruels et surtout.. La capture des trois jeunes filles.

Alors luttant contre la souffrance, Astrid court en direction de Lizzie qui est encore derrière les feuillages. Puis elle grimpe difficilement sur le dos de la jument, avant de quittée au triple galop la crique, en direction du manoir des Dustel.

Un quart d'heure plus tard..

Alors qu'elle se rapproche du village où résident Rachel et Susan, elle voit de loin de la fumée opaque en provenir. Tout semble silencieux autour d'elle, elle se précipite donc vers le village, inquiète.

En arrivant au centre de celui-ci, elle demeure muette en regardant autour d'elle. Le village est en feu, dévasté.. Peuplé de cadavres et recouvert de sang. Face à cette tragédie, une larme coule le long de sa joue, elle ne reste pas ici plus longtemps et reprend son chemin en direction du manoir.

Dans le manoir des Dustel, dans la salle à manger..

Isabelle regarde par la grande fenêtre, anxieuse. Son époux est assit sur sa chaise, il tente de rassuré Isabelle du mieux qu'il le peut.

Edouard: Astrid est toujours en retard, ne soyez pas inquiète. D'une minute à l'autre, elle sera là.

Isabelle: Vous avez sûrement raison, mais j'ai un mauvais pressentiment. Puis que fais Anastasie ?

Edouard: Elle doit être en pleine lecture et n'a pas vu le temps passé. Je vais aller la chercher.

Edouard se lève de sa chaise puis s'apprête à quitter la salle à manger, pensant qu'Anastasie est encore dans sa chambre. Mais la porte d'entrée du manoir se claque brutalement, Isabelle soupire donc d'agacement et regarde la porte grande ouverte de la salle à manger, elle s'apprête à gronder sa fille pour son retard.

Isabelle: Enfin Astrid, tu as vu l'heure ?! Il est très tard ! Pourquoi est-tu si.. ?!

Mais lorsqu'Astrid entre dans la salle à manger, un silence soudain envahi la pièce. Difficilement, elle tente d'expliquer son retard à ses parents, encore sous le choc des événements récents.

Astrid: Père, mère.. Je suis..

La jeune fille tombe à genoux sur le sol, mais elle est rattrapée par les bras de son père qui questionne immédiatement sa fille sur son état catastrophique.

Edouard: Mais enfin, que t'est-il arrivé ?! Qui a osé te faire ça ?!

Isabelle: Astrid, tu dois nous dire ce qu'il s'est passé.

Astrid: Les soldats du roi Igor sont sur nos terres, ils ont emmenés mes amies ainsi.. Qu'Anastasie..

Isabelle: Que dis-tu ?

Astrid: Anastasie est venue me rejoindre à la crique ce matin, ils l'ont capturée avec mes deux amies. J'ai essayer de la protégée, de protéger mes amies.. Mais je n'ai rien pu faire, ils étaient nombreux..

La jeune blonde sanglote dans les bras de son père, chagrinée en pensant à sa petite sœur ainsi qu'à ses amies. Sous les regards inquiets et abasourdis de ses parents, ainsi que des domestiques présents dans la pièce, elle explique son état critique. La gorge nouée par ses sanglots.

Astrid: L'un des soldats m'a battue à mort, j'ignore par quel miracle je me suis réveillée. Je suis partie aussitôt de la crique pour vous prévenir de cette tragédie, j'ai alors découvert que le village de mes amies a était anéantie par les armées ennemies.. Je suis vraiment désolé, père. Je n'ai même pas pu sauvée ma propre sœur..

Edouard: Enfin, ce n'est pas à toi de la protégée. Ne t'excuses pas, je vais la retrouvée fais moi confiance. Je vais la sauvée de ces monstres, comme tes amies. Que l'on prépare mon cheval !

Louis: Oui, sir.

Isabelle: Je vous en prie, soyez prudent.

Edouard: Je vais revenir sain et sauf avec Anastasie, je vous le promet. Maintenant emmenez ma fille dans sa chambre pour qu'elle puisse être soignée, puis préparez lui un bain. Tu dois te reposer Astrid.

Astrid: Mais père ?

Edouard: Reste sagement ici avec ta mère, je ne serais pas long.

Déterminé et furieux, Edouard quitte le manoir avec quelques soldats de sa propre armée. Deux domestiques tiennent Astrid pour la guidée en dehors de la salle à manger, dans sa chambre.

Pendant ce temps, Isabelle s'assoit sur sa chaise, déboussolée en laissant ses sanglots la submergée. Une fois seule, dans cette grande salle à manger.

Une heure plus tard..

Propre et soignée, Astrid est allongée sous sa couverture. Sa propre domestique lui sourit tendrement en remontant comme il faut la couverture sur la jeune fille, chagrinée.

?: Reposez-vous mademoiselle Dustel, tout finira par s'arranger. N'ayez crainte.

Astrid: Vous en êtes sûre, Maria ?

Maria: Nous pouvons compter sur votre père, mais surtout sur le roi Andreas. Cette guerre sera bientôt terminée, j'en suis convaincue. Et nous gagnerons. Maintenant fermez les yeux et ne vous souciez plus de cela.

Avec un petit sourire, Astrid ferme les yeux et respire profondément. Maria sort donc de la chambre en laissant le chandelier sur la commode. La nuit vient de tombée, l'obscurité envahi Sheorisia.. La nuit promet d'être longue pour la jeune Astrid, qui ne parvient pas à trouver le sommeil.

C'est ce qui pousse la jeune fille a se levée de son lit, au bout de plusieurs longues minutes de silence et d'inquiétude. Dans sa propre solitude.

Elle s'approche de la fenêtre de sa chambre, au loin elle voit la lueur étincelante du feu se propageant dans le village, à des kilomètres du manoir. Déterminée, elle se dit qu'elle n'a rien à faire dans cette chambre et qu'elle doit protégée les habitants de son comté. Tel est son devoir. Mais qu'elle doit par dessus-tout aider son père à sauver et retrouver les trois jeunes innocentes.

Alors elle s'habille de sa tenue de cavalière, puis attache sa chevelure d'un ruban pour ensuite quitter la chambre en toute discrétion. Cependant, quelques soldats surveillent la demeure des Dustel par ordre d'Isabelle. Alors quitter le manoir sans se faire repérée est un véritable défi pour Astrid.

La jeune blonde se planque contre un mur, près de l'arche menant au grand salon. Elle entend sa mère discuter avec Louis, de cette tragédie. Et surtout les sanglots de l'homme d'écurie, qui se sent coupable de la disparition d'Anastasie.

Louis: Pardonnez-moi, j'aurais dû vous le dire. Anastasie m'a convaincue de me taire.

Isabelle: Anastasie est très persuasive Louis, ne vous sentez pas coupable de cette tragédie. Ne vous préoccupez pas de cela.

Louis: Madame Dustel, que comptez-vous faire ?

Isabelle: Je vais attendre sagement le retour du vicomte, ainsi que de ma jeune fille. En gardant espoir.

Louis: Voulez-vous que je parte à la recherche de mademoiselle ?

Isabelle: Non, restez ici. J'ai foi en mon époux, il retrouvera Anastasie ainsi que ces pauvres jeunes filles. Allez donc vous reposez.

Louis: Merci beaucoup pour votre gentillesse.

Les pas du jeune homme résonnent dans le grand salon, mais cessent soudain.

Louis: Selon vous, où est-elle ? Où sont ces barbares ?

Isabelle: S'ils étaient dans le village de Camiers, alors ils sont probablement en route pour le village de Choves. Ils y sont sûrement à l'heure qu'il est, j'en ai la certitude.

Louis: Que dieu protège ces innocentes ainsi que les habitants de Choves..

Louis sort donc du salon, sous le regard d'Astrid qui reste silencieuse en sachant désormais où aller pour retrouver ses amies ainsi que sa petite sœur. Elle attend un instant, elle voit Isabelle sortir du salon pour monter le grand escalier, allant probablement dans sa chambre.

Alors la jeune fille entre dans le salon pour regarder les alentours par la fenêtre. C'est très calme, mais quelques gardes se promènent sur la propriété avec leurs torches. Comment quitter le manoir sans attirée l'attention des gardes ? Se demande-t-elle.

Une petite idée lui vient à l'esprit, elle sort sur le porche et ramasse un gros cailloux, après avoir descendue les marches de l'escalier. Discrètement en se cachant derrière un grand pot de fleur, Astrid jette le cailloux au loin, dans les hautes herbes. Celui-ci fait du bruit et attire l'attention des gardes, qui se précipitent dans les hautes herbes avec méfiance en visant la pénombre de leurs fusil.

Ils se questionnent tous, tandis qu'Astrid court silencieusement en direction des écuries, regardant de temps en temps derrière elle. Elle entre dans l'écurie, puis ouvre la porte en bois du box de Lizzie. Astrid caresse son équidé avec tendresse, avant de guidée Lizzie en dehors de l'écurie, à pas de loup.

Doucement mais sûrement, la demoiselle quitte la propriété au pas en guidant Lizzie, sans être aperçue par les gardes. Une fois loin du manoir, elle monte sur le dos de sa jument puis part au triple galop loin du manoir.. Direction Choves.

Astrid: Ne sois pas inquiète petite sœur, je vais venir te sauver de ces monstres.

Dit-elle, pleine d'assurance.

D'une rage fulgurante dans le regard, Astrid s'apprête à braver le danger sans la moindre hésitation.

Mais arrivera-t-elle à temps au village de Choves ?

{...}

Chapitre 2 Chapitre 2 : L'arrogant Major.

Dans la nuit, près du village de Choves..

Agrippée à la crinière de Lizzie, Astrid est loin de son domicile mais près d'un terrible champ de bataille. Au loin, elle voit de la fumée opaque recouvrir le ciel.. Désormais rougeâtre par les flammes. Mais elle ne se laisse pas atteindre par le désespoir, au contraire, elle redouble en vitesse sur sa belle monture. Elle veut à tout prix sauver les trois innocentes d'un terrible destin.

Alors rapidement, elle arrive devant le panneau détruit où est inscrit le nom du village "Choves". Bien évidemment, les deux armées s'affrontent dans ce village, il y a des cris, des pleurs, des cadavres, du sang.. De l'agonie, dans chaque recoin de Choves. Certains habitants sont assassinés sous les yeux de la jeune fille, quant à d'autre ils se cachent, s'enfuient ou résistent face aux assaillants.

En traversant le village sur Lizzie, Astrid arrête soudainement sa jument qui se cabre et hennit nerveusement. Elle rassure Lizzie en caressant l'encolure de celle-ci, mais en regardant le grand chariot où sont prisonnières ses deux amies ainsi que sa petite sœur. Tout droit devant elle.

Les soldats d'Edouard encerclent le chariot et affrontent les barbares depuis un long moment déjà. Edouard se bat hargneusement aux côtés de ses hommes, voulant qu'une seule chose, sauver les trois jeunes filles de ces monstres. Mais les ennemis sont nombreux, et bien entraînés au combat.

Prenant son courage à deux mains, Astrid donne un coup à Lizzie, lui ordonnant ainsi de galoper tout droit en direction d'Edouard et du chariot. Mais soudain, la belle église dévastée par les flammes s'écrasent sur le sol, juste devant elle, rendant ainsi nerveuse Lizzie qui sa cabre en hennissant. Ce geste brusque de l'équidé provoque la chute violente d'Astrid, qui cri de surprise en tombant en arrière. La jeune blonde atterrie brusquement sur le dos pendant que Lizzie s'enfuie au galop, loin du danger et des flammes.

Astrid recule et se lève pour s'éloignée des débris enflammés de l'église, elle regarde à travers les flammes le violent combat qui se déroule au loin, devant elle. Celui de son père ainsi que son armée, affrontant les forces ennemies sans relâche pour secourir Anastasie.

Elle soupire d'agacement en cherchant un autre moyen de le rejoindre, regardant autour d'elle d'un regard vif. Mais soudain, la lame d'une épée frôle le visage d'Astrid, elle saute sur le côté par instinct et regarde la source de cette menace. Mais elle n'a pas le temps de comprendre ce qu'il se passe, elle effectue une roulade sur le côté, esquivant de justesse encore une fois la lame aiguisée de l'épée qui se plante violement dans le sol.

Cette fois, Astrid se relève en quatrième vitesse pour faire face à son assaillant, qui n'est t'autre qu'un soldat ennemi à l'emblème du dragon. Un soldat du pays Deskor. Il semble bien agile, fort et très entraîné, contrairement à Astrid qui n'a jamais maniée une seule épée durant toute son existence, et qui ne possède rien qui puisse l'aider face à la menace qui se tient docile devant elle.

Du coin de l'œil, Astrid voit une épée sur le sol, appartenant à un soldat de son père, étendu à côté de celle-ci dans une mare de sang. Elle court donc en direction du défunt soldat, puis de l'épée, poursuivie par son ravisseur qui souhaite à tout prix la tuée.

Astrid ramasse l'épée puis se tourne pour contrée l'attaque de son ennemi, mais rien ne se passe comme elle le prévoit. En effet, la lourde épée est très dure à manipulée pour la jeune fille, qui perd l'équilibre en levant celle-ci et tombe sur le dos, la lâchant dans un cri de surprise.

Bien sûr, cela fait rire l'assaillant qui se rapproche d'elle en marchant d'un pas lent, amusé de la situation.

?: Une femme maniant une épée, je n'ai jamais rien vu d'aussi grotesque. Tu vois bien que c'est inutile de résister, car dans tous les cas.. Je te tuerais.

Astrid: Allez au diable !

Souriant, l'homme lève son épée pour venir achever la jeune blonde, qui se replie sur elle-même en plaçant son avant-bras devant son visage. Inquiète, elle ferme les yeux et grimace de terreur, de la sueur perle sur son front. Pour elle.. C'est la fin de sa courte vie.

Le désespoir l'atteint dans l'agonie de ce triste village..

Mais soudain, une ombre se dresse devant elle. Le bruit de deux lames qui s'entrechoc violement retentit, l'épée de l'assaillant est repoussée par une autre épée brusquement. Ce dernier tombe à la renverse par la puissance de l'inconnu, puis se fait transpercé par l'épée du sauveur d'Astrid, sans avoir le temps de riposter.

Surprise, Astrid ouvre les yeux et baisse son bras pour regarder le sauveur, qui est un homme d'un bel uniforme se tenant debout, ensanglanté de la tête aux pieds, dos à elle devant l'attaquant qui agonise d'une mort lente. Tenant son épée fermement, il tourne son regard couleur noisette pour croisé celui d'Astrid, qui demeure silencieuse face à l'inconnu.

Il s'adresse d'une façon hostile à Astrid, ce qui surprend cette dernière.

Inconnu: Non mais que fait une paysanne dans les parages ? Tu ne vois pas que nous sommes en pleine guerre ?

Un deuxième homme en uniforme s'approche d'Astrid et s'agenouille près d'elle, pour l'aider à se relevée. Celui-ci est bien plus poli que l'homme sinistre.

Inconnu 2: Veuillez l'excuser mademoiselle, il est d'une sale humeur depuis ce matin.

Astrid: Vous parlez à la fille aînée du vicomte Dustel, alors faite preuve d'un peu de respect.

Inconnu: Et alors, qu'est-ce que ça change ? Tu n'es que la fille d'un vicomte. Puis cette noblesse, je m'en moque royalement.

Inconnu 2: Enfin sois plus respectueux envers la demoiselle, cela ne te ferait pas de mal d'être aimable envers une femme, pour une fois.

Inconnu: Qu'importe, allons-y. Ces imbéciles ne vont pas périr tout seul.

Inconnu 2: Oui.. Chef.

Le grand blond au regard sombre s'éloigne d'Astrid, c'est alors que l'autre homme regarde derrière lui, tenant toujours Astrid.

Inconnu 2: Vous avez entendu notre sergent-major ? Avancez !

C'est toute une armée qui suit le blond, tous sont déterminés et confiants. Ils sont là pour secourir les prisonniers, c'est une évidence pour Astrid qui regarde l'autre homme avec un sourire.

Astrid: Merci beaucoup, je vous dois la vie.

Inconnu 2: Détrompez-vous, ce n'est pas moi qui ait arrêté cette épée. Mais ce grincheux, là-bas. Même si j'aurais aimé avoir eu cet honneur de vous sauvez la vie. Dites moi, que fais une si jolie jeune fille entre les flammes de cet enfer ?

Astrid: Eh bien, je..

Inconnu: Nikolaï, cesse donc de courtisé cette femme ! Nous ne sommes pas dans un pub ! Maintenant viens ici.

Nikolaï: Je ne fais qu'être intéressé par le courage de cette femme ! Comme vous le constatez, je suis attendu autre part mademoiselle. Prenez soin de vous, peut-être que nous nous reverrons un autre jour, dans de meilleures conditions.

Souriant d'un parfait clin d'œil, le dénommé Nikolaï rejoint les troupes alliées pour se battre courageusement. Astrid reste ici un court instant, avant de partir à la recherche de Lizzie qui doit encore être dans les parages, en sécurité.

Elle doit retrouvée Lizzie, avant de rejoindre son père. La situation semble être sous contrôle, étrangement, elle a confiance en ces mystérieux arrivants.

Quelques minutes plus tard..

Lizzie est enfin retrouvée par sa cavalière, Astrid calme sa monture qui semble très agitée. Elle guide la jument loin des flammes, dans un endroit plus tranquille et désertique.

Astrid: S'il-te-plaît ma belle, calme toi. J'ai besoin de toi, nous devons rejoindre mon père. Je n'y arriverais pas seule, je ne suis pas assez rapide alors aide-moi.

Doucement, la jument est apaisée par Astrid qui monte sur son dos en suivant. Elle guide Lizzie vers Edouard, dans l'espoir de pouvoir lui venir en aide pour sauver les innocentes. Autour d'elle dans sa course, elle voit des soldats se battre entre eux avec acharnements, mais elle se concentre sur ce qu'elle voit face à elle malgré sa propre peine.. Face à tant de cruauté.

Derrière elle dans le ciel, un boulet de canon se précipite dans sa direction précipitamment. Par chance pour Astrid, elle s'en aperçoit et s'en éloigne aussitôt, tout de même inquiète. L'onde de choc de l'explosion la propulse en avant avec Lizzie, mais ce n'est rien de grave pour la jument ainsi que la jeune fille. Astrid ne perd pas une seconde de plus, si près du chariot, elle court dans sa direction en se faufilant discrètement parmi les hommes qui s'entretuent.

Puis avec plus de chance sans être aperçue, Astrid arrive devant le chariot. Dans la cage en fer, ces deux amies l'observent avec surprise dans leur propre tristesse, quant à sa petite sœur, elle pleure de joie et sourit en agrippant les barreaux de ses mains. La main d'Astrid se pose sur celle de sa sœur, l'aînée verse une larme de joie en voyant Anastasie saine et sauve pour l'heure.

Anastasie: Tu es venue me chercher..

Astrid: Je n'allais quand même pas abandonner ma petite sœur adorée, ainsi que mes seules amies. C'est lâche de ma part.

Anastasie: Merci Astrid.. Merci.

Astrid: Tu me remercieras quand tu seras enfin en dehors de cette cage. Laisse moi réfléchir un instant.

Rachel: Soyez prudente mademoiselle Dustel.

Susan: Ces brutes sont partout.

Regardant autour d'elle d'un œil perplexe, Astrid ne voit que l'acharnement des armées et la terrible violence d'une guerre. Mais elle attrape un poignard sur l'un des hommes des troupes ennemies, qui est étendu sur le sol près du chariot, mort dans d'atroces souffrances.

Avec le bout de la lame du poignard, elle se concentre et tente en vain de forcée le cadenas de la grande cage du chariot de prisonnier. Mais soudain, un des hommes de l'armée ennemie saute sur Astrid, plaquant violement la jeune fille sur le sol. Gémissante de douleur par le choc, Astrid ne se laisse pas faire et se débat tout de même, dans l'espoir de le repousser.

Mais la brute est coriace, de son propre poignard, il tente de transpercé la jugulaire d'Astrid. Heureusement pour elle, un homme de l'armée de son père éloigne l'ennemi d'Astrid puis l'achève de son fusil. Le soldat regarde Astrid avec surprise, ne comprenant pas ce qu'elle fait ici.

?: Mademoiselle Dustel, que faites vous ici enfin ?

Astrid: Ne vous occupez pas de moi, occupez vous plutôt de ces brutes !

?: Oui.. Vous avez raison. Mais je dois vous protégez, c'est mon devoir en tant que membre de l'armée de votre père.

Astrid: Soit. Je dois libérée ma sœur et mes amies, protégez moi si vous le souhaitez.

Mais soudain, l'homme est transpercé par une épée en plein cœur et tombe sur le sol. Sous le regard horrifié d'Astrid, qui recule sous la menace d'un autre ennemi. Cet homme enjambe le pauvre soldat, pour avoir l'honneur de tuer la fille aînée du vicomte Dustel de sa propre lame. Avec un sourire glaçant sur son rictus.

Il se précipite sur Astrid, qui ne peut qu'esquiver en étant désarmée. Mais elle esquive trop tard une autre attaque de l'assaillant.. La pointe de l'épée tranche la peau d'Astrid brusquement, d'un geste vif. La jeune blonde pousse un cri de souffrance déchirant.. Du sang coule le long de sa clavicule, elle gémit de douleur en reculant et en posant sa main sur la profonde plaie.

Le dos d'Astrid rencontre le chariot, elle est prise au piège et n'a plus la force d'esquiver. Elle regarde cet ennemi courir vers elle avec hargne, mais l'ombre masculine d'un homme passe devant elle furtivement. L'ennemi cesse de courir et tombe sur le ventre, la gorge tranchée, sous la surprise et l'incompréhension d'Astrid.

Sur sa gauche, elle voit l'homme qui vient de lui sauvé la vie.. Encore une fois. Il n'a pas l'air ravi de la voir ici et soupir d'agacement, en regardant la demoiselle.

Inconnu: Encore toi ?

Astrid: Encore vous ? Je commence à me lasser de vous voir, vous et votre hostilité.

Inconnu: Sans moi, tu serais morte à l'heure qu'il est. Depuis longtemps.

Astrid: Je ne vous ai jamais dit de me sauver la vie, vous le faite vous-même.

Inconnu: Mon devoir est de protéger les habitants d'Ostrana, puis surtout de gagner cette guerre qui ne fait que trop durée.

Astrid: Si vous le dites. Dans ce cas, libérez ma sœur ainsi que mes amies de cette cage, en tant que bon soldat au service du peuple.

Inconnu: C'est exactement pour cette raison que je suis juste devant toi, maintenant écarte-toi de mon chemin. Misérable.

Irrespectueux, il pousse Astrid sur le côté pour libérer les jeunes filles. Sa lame tranchante brise le cadenas, la grille s'ouvre et les jeunes filles descendent enfin du chariot. Soulagées.

Anastasie court dans les bras de sa grande sœur, avec ses deux amies Rachel et Susan. Autour d'eux, les forces ennemies perdent face aux hommes du grand blond, qui se regroupent autour du chariot en attendant l'ordre de leur chef.

C'est alors que le dénommé Nikolaï réapparaît parmi les hommes en armure, souriant en s'approchant d'Astrid.

Nikolaï: Eh bien, le destin nous réunis ma jolie. Comme c'est surprenant.

Inconnu: Concentre-toi sur notre quête, pas sur cette fillette.

Astrid: Fillette ? Je vous ordonne de me respecter !

Anastasie: Sois gentille avec lui, il vient de nous sauver la vie Astrid. Il est simplement grossier, comme la plupart des soldats.

Astrid: Tu as raison, mais cela ne m'empêche pas de le détester. Personne n'a osé me parler de la sorte depuis que je suis née, je suis la fille du vicomte Dustel, pas une simple roturière.

Rachel: Ah.. C'est agréable à entendre, mademoiselle..

Susan: Elle dit cela sur le coup de la colère, ne l'écoute pas Rachel. Astrid est notre amie, elle n'est pas comme les autres nobles de notre pays.

Nikolaï: Qu'elle soit une noble ou bien une simple paysanne, sa beauté reste époustouflante à m'en couper le souffle. Maintenant que le calme est enfin revenu, permettez-moi de me présenter, charmante demoiselle.

Avec élégance, Nikolaï vient tenir la main d'Astrid, s'inclinant pour embrassé la main de celle-ci délicatement. Il la regarde dans les yeux, avec un charmant sourire pouvant faire fondre les cœurs.

Son visage aux traits fins, brun au regard émeraude.

Nikolaï: Caporal-chef Nikolaï Vlasova, pour vous servir. Sous les ordres de notre sergent-major.

Astrid: Sergent-major ?

Elle regarde le grand blond d'un œil perplexe. Un sergent-major ? Il semble si jeune pourtant.. Cela surprend Astrid qui le questionne du regard. Le major détourne le regard de la jeune fille, agacé.

Inconnu: Assez. Notre quête est loin d'être terminée, nous devons continuer d'avancer au sud.

Nikolaï: Tu as raison. Mais qu'allons nous faire de ces jeunes filles ?

Inconnu: Elles sont assez grandes pour se débrouiller toutes seules. Ma mission consiste à sauver Ostrana, pas à surveiller et protéger ces roturières. Avançons !

Soldats: Oui sergent-major !

Les soldats s'éloignent des jeunes filles, comme le major. Nikolaï soupir donc et suit le mouvement par ordre de son chef.

Nikolaï: Trouvez un endroit où vous abriter mesdemoiselles, la guerre n'est pas encore terminée.

?: Attendez !

Edouard vient en courant vers eux, avec quelques soldats de sa petite armée. Les survivants du massacre..

Quand il voit Astrid, sa colère se manifeste dans sa propre inquiétude. Il enlace Anastasie avec soulagement, tout en foudroyant du regard l'aînée.

Edouard: Enfin Astrid, que fais-tu ici ?!

Astrid: Je voulais simplement vous aidez père, ce n'est pas dramatique.

Edouard: Si, bien au contraire ! Nous sommes en pleine guerre, cesse de faire l'enfant et sois plus obéissante ! Tu n'as rien à faire sur le champ de bataille, ta place n'est pas ici !

Astrid: Alors que devais-je faire ? Attendre patiemment dans ma chambre comme une bonne fille, pendant que ma sœur vit un terrible enfer ?!

Edouard: Je t'interdis d'hausser le ton ! Ce n'est pas l'une de tes petites aventures, mais la réalité Astrid ! Tu aurais pu mourir !

Astrid: J'ai simplement essayer de faire ce qui était juste, et ce que je n'ai pas su faire plus tôt dans la matinée.. Sauver ma petite sœur ainsi que mes amies. Pardonnez-moi si je déçois vos attentes père, mais si c'était à refaire, je le referais sans la moindre hésitation.

Edouard: Tu es bien courageuse ma fille, mais la réalité n'est pas une belle aventure comme tu l'imagines depuis ton enfance. En rentrant, nous discuterons de ta punition ta mère et moi.

Astrid: Père.. ?

Edouard: Assez ! Ce n'est n'y l'endroit, n'y le moment pour cela ! Pardonnez nous pour les enfantillages de ma fille, sergent-major. Je ne saurais comment vous remerciez pour ce que vous avez fait, sans vous, nous aurions perdu face aux soldats du roi Igor. Ils étaient plus nombreux que ce que j'avais imaginer.. Quant à mes filles, je vous suis reconnaissant de les avoir sauvées.

Le capitaine se tient docile devant Edouard, le regard glacial. Nikolaï reste très poli et s'incline face à la noblesse, respectueux envers Edouard. Il donne par ailleurs un petit coup à son chef, nerveux en voyant que ce dernier ne s'incline pas.

Nikolaï: Sois respectueux, c'est le vicomte Edouard Dustel.

Inconnu: Je le sais. Ne me remerciez pas, je n'ai fais que mon devoir.

Edouard: J'espère avoir un jour l'occasion et l'honneur de vous remercier comme il se doit. Vous souhaitez une belle propriété dans notre comté ? Des domestiques ?

Inconnu: Je souhaite gagner cette guerre avec mes soldats, rien d'autre. Par ailleurs, je vous conseille de retourner dans votre demeure, là où vous serez en sécurité. Bientôt.. La guerre sera terminée.

Edouard: Comment en avez-vous la certitude ? Je peux peut-être vous aidez avec mes soldats ?

Inconnu: Mes soldats suffiront, en route Nikolaï.

L'air impassible, le capitaine monte sur un beau cheval blanc, un Lusitanien, puis mène ses soldats au sud du village détruit sans rien ajouter de plus. Nikolaï présente ses salutations aux trois nobles et aux deux jeunes filles, gardant son sourire chaleureux envers Astrid, puis il monte sur son cheval tacheté, Appaloosa.

Nikolaï: Faites bonne route et soyez prudents.

Il rejoint au trot le major, se plaçant à ses côtés.

Plus tard, à l'aube, devant le manoir des Dustel..

Par la fenêtre, Isabelle voit son époux revenir avec peu de soldats ainsi que ses deux filles. Soulagée, elle sort du manoir précipitamment puis prend Anastasie dans ses bras avec un fin sourire. Mais en voyant Astrid, elle fronce les sourcils et la gronde aussitôt.

Isabelle: Tu es allée rejoindre ton père ?! As-tu perdu la raison ?!

Astrid: Je suis fatiguée.. Je vais me reposer.

Ennuyée, Astrid se dirige vers l'écurie en guidant Lizzie. Malgré les paroles de sa mère, qui compte bien la sermonnée.

Isabelle: Pas si vite jeune fille !

Edouard: Laissez la, nous discuterons de tout cela un peu plus tard. La nuit a était longue pour nous tous, nous devrions nous reposer un peu.

Anastasie: Père a raison, mère. Puis.. Astrid voulait simplement me sauvée la vie. Pourquoi est-ce si mal ?

Isabelle: Car sa place n'est pas sur un champ de bataille. Plus tard, tu comprendras Anastasie. Elle aurait pu se faire tuée.. Je ne l'aurais pas supporter.

Edouard: Nous sommes simplement inquiets pour elle. Maintenant va dans ta chambre, je vais demander à tes domestiques de te préparée un bon bain puis de te soigner.

Anastasie: Je vais bien, ne vous en faite pas pour moi. Merci d'être venu me chercher, père.

Edouard: Enfin, tu es ma fille. C'est mon rôle de te protéger, quoi qu'il puisse m'arriver. Il en est de même pour ta sœur, même si elle ne semble pas le comprendre.

Un peu plus tard, dans l'écurie..

Astrid nourrit sa jument en étant pensive, elle reçoit alors la visite de l'homme d'écurie, Louis. Il vient simplement pour travailler.

Louis: Anastasie est saine et sauve, c'est une bonne nouvelle. Seulement, vous n'avez pas l'air aussi rétablie que votre petite sœur, de cette tragédie. Mentalement comme physiquement.

Il dit cela en regardant la plaie tachetée de sang d'Astrid, sur sa clavicule droite. Elle soupire en touchant la blessure de sa main, agacée.

Astrid: Ce "sergent-major" avait raison. Sans lui.. Je serais morte à l'heure qu'il est. C'est tellement pitoyable, je n'ai même pas su me défendre face à ces barbares.

Louis: Vous êtes encore jeune et vous n'êtes pas entraîner au combat, mademoiselle. Alors ne culpabilisez pas, vous êtes en vie, c'est l'essentiel.

Astrid: Peut-être, oui.. Quoi qu'il en soit, cette petite mésaventure m'a épuisée. Je devrais peut-être aller me coucher.

Louis: Faites donc cela, je vais m'occuper soigneusement de Lizzie. Elle a besoin de soin.

Astrid: Merci Louis.

Astrid quitte l'écurie en souriant à Louis, reconnaissante.

Elle doit se reposée quelques temps, dans quelques heures, elle va avoir une longue conversation avec ses parents. Elle n'est pas encore prête pour cela.. D'autant plus qu'elle sait déjà qu'une sévère punition sera imposée pour la jeune fille, à cause de son entêtement et de sa désobéissance.

En début d'après-midi, dans la chambre d'Astrid..

La jeune blonde se regarde dans le miroir, déçue en voyant la cicatrice sur sa clavicule. Après une petite sieste, un petit bain chaud et des soins, elle est en pleine forme physiquement. Mentalement c'est autre chose, en sachant d'ores et déjà que ses parents l'attendent dans le salon.

Vêtue d'une simple robe légère, elle relâche un soupir de désespoir avant de quittée sa chambre pour rejoindre le salon. En arrivant devant l'arche du salon, elle voit ses parents en pleine discussion. Elle profite de l'inattention de ses parents pour se faufiler en toute discrétion vers la porte de sortie, dans l'espoir de fuir une agaçante discussion.

Isabelle: Où vas-tu Astrid ?

Edouard: Tu n'échapperas pas à ta punition aussi facilement.

Astrid: En quoi est-ce mal d'avoir essayer de sauver ma petite sœur ? C'est ridicule.

Elle soupire d'ennui avant de rejoindre ses parents, puis de s'assoir sur le fauteuil face à eux. Assis l'un à côté de l'autre sur un autre fauteuil, Edouard et Isabelle fusillent leur fille d'un regard sévère.

Isabelle: Ce que tu as fais étais vraiment inconscient. Te rends-tu compte de l'imprudence de tes actes ?

Astrid: Oui mère, j'en ai pris conscience en quittant le manoir dans la nuit. Mais ça en valait la peine.

Edouard: La vie n'est pas une joyeuse petite aventure, Astrid. Le monde est envahi de personnes cruelles comme les soldats du roi Igor, nos ennemis. Un jour ou l'autre, tu tomberas entre les mains de l'un de ces barbares, mais cette fois-ci tu n'auras pas la chance d'être sauvée. Penses-y.

Astrid: Oui.

Isabelle: Tu es l'aînée, c'est à toi de montrer l'exemple et d'être responsable, même à ton jeune âge. Tu vas bientôt avoir 15 ans, tâche de te comporter en adulte et sois plus obéissante.

Astrid: Je vais faire l'effort d'être plus obéissante, même si je trouve que je le suis assez..

Edouard: Bien. En vu de ton imprudence et du danger qui rôde sur nos terres, ta mère et moi avons décidés de t'interdire de t'éloigné de notre propriété.

Astrid: Pardon ?!

Isabelle: Maintenant, tu pourras te promenée sur notre propriété. Là où tu es en sécurité.

Astrid: C'est inutile, faites moi confiance ! J'ai besoin de voir mes amies de temps à autre !

Edouard: Astrid, la discussion est close. Maintenant tâche de te reposer, je dois aller à Camiers pour régler quelques problèmes à cause de ces brutes.

Edouard quitte le salon ainsi que sa propriété, tandis qu'Astrid supplie sa mère de lui laisser le peu de liberté qu'elle possédait.

Astrid: Je vous en prie, mère, ne me privez pas de cette liberté !

Isabelle: Ton père applique les lois de cette demeure, et je suis parfaitement d'accord avec cette condition. Ici, tu seras plus en sécurité. Puis vois le bon côté des choses, tu pourras te consacrer un peu plus à tes leçons.

Agacée, Astrid tente de répliquée. Mais sa mère met un therme à cette petite discussion en quittant à son tour le salon. Seule dans cette grande pièce, Astrid monte dans sa chambre rapidement et ferme brutalement la porte pour s'y réfugiée.

Dans le couloir, Anastasie la regarde d'un œil perplexe. Mais en voyant sa grande sœur aussi furieuse, elle décide de ne pas l'interpellée et retourne à ses occupations.

Trois semaines plus tard, un jour avant l'anniversaire d'Astrid..

C'est une belle journée ensoleillée pour la famille Dustel. En trois semaines, Astrid n'a fait qu'étudier dans sa chambre, ses devoirs et ses leçons. Elle a perdu peu à peu le sourire et sa propre liberté. Mais elle sait que ce n'est pas pour une mauvaise raison qu'elle doit restée tout près de son manoir, mais car le danger rode derrière chaque brindille à Sheorisia.

La garde du vicomte s'est renforcée et redouble de vigilance, le manoir est surveillé en permanence tout comme les petits villages du comté. Mais pour l'heure, Astrid ne se préoccupe pas de cela, elle pense plutôt à son anniversaire qui approche à grand pas. Demain, la jeune fille aura 15 ans.

D'ailleurs, elle s'impatiente et joue avec sa petite sœur dans la chambre d'Anastasie. Les deux filles se chamaillent, avant de se laisser tomber sur le grand lit pour souffler un peu.

Anastasie: Tu es plus forte que moi, ce n'est pas juste.

Astrid: Je suis la plus âgée, cela ne m'étonne pas.

Anastasie: Astrid, je suis vraiment désolé..

Confuse, Astrid regarde sa petite sœur qui semble préoccupée par quelque chose, chagrinée.

Astrid: Pourquoi ?

Anastasie: Si tu es privé de liberté, c'est à cause de moi. J'aurais du être plus forte, comme ça, tu ne serais pas parti à ma recherche.

Astrid: Non, ne dis pas ça. Ce que j'ai fais, je l'ai fait pour toi mais aussi pour mes amies. Puis c'était mon choix, je ne regrette absolument rien.

Anastasie: Tu penses que père et mère vont bientôt lever ta punition ?

Astrid: Mais oui, je n'en ai aucun doute ! Maintenant soucis toi plutôt de ça.

Joueuse, Astrid chatouille sa petite sœur qui se met à rire aux éclats. Puis elle cesse, s'asseyant sur le lit avec le sourire. Anastasie s'assoit donc à son tour, regardant sa sœur avec admiration.

Anastasie: Tu sais ? Je suis heureuse que tu sois ici, avec moi. Avant tu étais toujours avec Rachel et Susan, le samedi et le dimanche. Puis la semaine tu es occupée avec mère à chaque instant. Maintenant, je peux jouer avec ma grande sœur et être un peu plus avec elle.

Astrid: Pardonne moi si je ne suis pas toujours près de toi, c'est juste que.. J'ai énormément de choses à faire, puis à apprendre. Alors quand je peux, je prends le temps de respirer un peu en allant voir mes amies. Du moins.. Lorsque je n'étais pas punie.

Anastasie: Oui, je te comprend. Dis-moi, tu seras toujours ma grande sœur ?

Astrid: Pourquoi dis-tu cela ?

Anastasie: Peut-être qu'un jour tu devras partir loin du manoir, et que tu m'oublieras..

Astrid: Non, jamais. Même si je pars à l'aventure, tu seras toujours ma petite sœur adorée. Je ne t'oublierais jamais, je t'en fais la promesse Anastasie.

Anastasie: Vraiment ? Tu es sincère ?

Astrid: Plus que je ne l'ai jamais était.

Elles s'échangent un doux sourire, avant d'entendre des frappements à la porte de la chambre. Les deux filles se tournent et regarde la porte, permettant à la personne d'entrer dans la chambre. C'est Maria, la domestique d'Astrid qui s'annonce aux deux filles.

Maria: Vos parents vous attendent pour le déjeuner.

Astrid: Bien, nous venons tout de suite. Merci Maria.

Maria referme la porte et s'éloigne de la chambre, les deux filles s'échangent un regard joueur, avant de sortir de la chambre pour rejoindre la grande salle à manger.

Un peu plus tard..

En plein repas, les discussions varient pour la petite famille. Mais une lettre apportée par une domestique vient chamboulée chaque membre de la famille. Edouard ouvre la lettre en silence, pendant que sa femme discute avec ses filles de l'anniversaire d'Astrid.

Isabelle: Demain tu auras 15 ans, tu grandis si vite.

Astrid: Oui mère, j'ai hâte de devenir une belle jeune femme comme vous !

Isabelle: Merci Astrid, tu le deviendras. J'en ai la certitude.

Anastasie: Et moi ? Je serais une belle femme, mère ?

Isabelle: Oh oui, comme ta chère sœur. La beauté est héréditaire dans notre famille, depuis des générations.

Souriante, elle regarde ses filles qui ricanent bêtement. Edouard redresse la tête, abasourdi.

Edouard: La guerre est terminée.

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Chapitre 3 Chapitre 3 : L'arrogant Major. (Partie 2)

Isabelle: Que dites-vous ?

Edouard: La guerre.. Tout est fini.

Pendant de longues secondes, ils se regardent tous sans réagir. Mais Isabelle compte bien questionner son époux sur cette surprenante nouvelle.

Isabelle: Il y a seulement quelques jours, nous étions en mauvaise posture.

Edouard: Selon ce qui est écrit, nous avons remporter la guerre. Nous sommes d'ailleurs invités demain, au château du roi Andreas, pour un banquet en l'honneur de notre victoire.

Dit-il avec le sourire, tandis que ses filles sautent presque au plafond en apprenant cette merveilleuse nouvelle. Isabelle tente de contenir sa joie, mais elle garde un sourire sincère sur son rictus en regardant ses filles qui sont si épanouies.

Astrid: Ce cauchemar prend fin, c'est merveilleux !

Anastasie: Je vais pouvoir voir le prince Elyot en personne, j'ai tellement hâte ! Partons dès maintenant !

Astrid: J'ai hâte de voir à quoi ressemble le royaume de notre cher roi.

Anastasie: Et le prince Elyot.

Isabelle: Du calme, mes filles. Nous partirons lorsque votre père l'aura décidé.

Edouard: Demain, à l'aube. Nous arriverons en avance pour le banquet de sa majesté le roi.

Cette guerre est enfin terminée, c'est un soulagement pour les membres de la famille Dustel, mais aussi pour le pays d'Ostrana qui en a énormément souffert.

En effet, durant ces cinq longues années de souffrance. Plusieurs comtés ont péris dans la pauvreté à cause des brutes ennemies qui ont pillées plusieurs villages, tuées énormément d'innocents, détruits de nombreuses habitations.. C'est un fardeau pour certains nobles qui payent le prix au centuple pour reconstruire les villages et restaurer les richesses de leurs terres.

Le vicomte Dustel a était énormément affecté par cette tragédie, bien qu'il soit silencieux auprès de ses filles, sa femme connaît le terrible secret de la famille Dustel. Les Dustel s'approchent peu à peu de la pauvreté, ils n'ont plus les moyens d'entretenir Sheorisia et d'aider les habitants de leur comté.

Mais il n'a rien dit à ses filles, car il veut simplement qu'elles soient heureuses sans connaître cette triste vérité. Alors il sourit simplement face à l'excitation de ses filles, en se souciant de l'avenir de sa famille ainsi que de Sheorisia.

Le lendemain, à l'aube, dans la chambre d'Astrid..

Surexcitée, Astrid se coiffe devant son miroir, assise devant sa belle coiffeuse. Elle ne peut s'empêcher de penser au royaume du roi Andreas, qu'elle va découvrir dans la journée, c'est le début d'une belle petite aventure pour la demoiselle. Mais surtout, elle pourra enfin sortir de son grand manoir pour voir d'autres paysages, après ces trois semaines d'isolement.

Une petite furie entre dans sa chambre, si bien vêtue d'une magnifique robe rose que l'on pourrait portée à un bal. Mais bon, le banquet du roi ce n'est pas une simple petite fête paysanne. Anastasie tourne sur elle-même en étant près de sa grande sœur, toute souriante.

Anastasie: Alors, suis-je assez jolie pour sa majesté le prince Elyot ?

Astrid: Tu es plus ravissante que la plus belle princesse de notre monde, ma chère petite sœur. Mais ne sois pas si enthousiaste, le prince Elyot est bien pus âgé que toi et probablement promit à une charmante princesse. Ce qui finalement, n'est pas si étonnant que cela.

Anastasie: Oui, je le sais bien. Mais j'ai envie d'être jolie parmi tous ces nobles, puis les amis de nos parents.

Astrid: Tu l'es, même au naturel Anastasie.

Anastasie: Merci grande sœur, mais entre nous deux c'est toi la plus jolie. De plus, c'est ton anniversaire aujourd'hui, tu viens d'avoir 15 ans. C'est une fête d'anniversaire unique pour toi, la visite du royaume et du château du roi Andreas.

Astrid: J'en suis très honoré, ce jour sera le plus beau de toute ma vie. C'est une certitude.

Anastasie: Oui, après celui de ton fabuleux mariage avec un beau noble de notre pays.

Dit la petite fille, en sachant pertinemment que sa grande sœur redoute ce jour plus que tout au monde. Pour Astrid, se marier c'est has been et si ennuyant. Pourquoi se marier ? C'est ridicule et complétement inutile.

En réponse, elle fait une grimace à sa petite sœur, joueuse et ennuyée de ses mots. Puis elle se lève, enfin prête pour le royaume du roi Andreas.

Astrid: Je refuse d'écouter tes sottises plus longtemps, allons rejoindre nos parents. Ils sont sûrement en train de nous attendre.

Anastasie: Oui, tu as raison. Je suis si impatiente !

Anastasie sort de la chambre en courant, toute joyeuse. Astrid sourit face à la joie de sa petite sœur, puis la suit en pressant le pas, impatiente également.

Devant le manoir..

Anastasie monte dans le beau carrosse avec Astrid, Isabelle regarde son époux avec nervosité, le voyant agité alors qu'il est en pleine discussion avec un domestique. Finalement, il s'approche du carrosse puis monte à l'intérieur avec son épouse, les parents sont assis devant leurs filles, le carrosse quitte le manoir peu à peu sous la joie des demoiselles.

Edouard: La route sera longue, alors reposez-vous.

Anastasie: Je ne suis pas fatiguée, ça ira.

Astrid: Moi non plus, père. Puis j'aimerais voir tous ces beaux paysages durant ces quelques heures.

Edouard: Comme vous le souhaitez. Vous allez voir, le royaume est magnifique, sans parler du château de notre roi.

Astrid: J'ai hâte de voir cela de mes propres yeux.

Anastasie: Et le prince Elyot surtout, il a l'air d'être un charmant garçon.

Isabelle: Ne sois pas si impatiente de voir le prince Elyot, peut-être qu'il ne sera pas présent au banquet de notre roi. Le prince est un jeune homme très discret, très solitaire.

Anastasie: Oui mère.

Pendant que ses parents discutent avec sa petite sœur, Astrid regarde par la fenêtre du carrosse, pensive et souriante. Elle imagine déjà la beauté des nouveaux paysages dans son esprit, en attendant de quitter Sheorisia avec impatience.

En fin d'après-midi..

Anastasie discute avec ses parents paisiblement, tandis qu'Astrid s'endort en regardant par la fenêtre. La route est très longue, mais la voix de son père la sort de son court sommeil.

Edouard: Nous y sommes. Regarde Astrid, nous arrivons devant un grand pont en pierre, au dessus de l'océan. De l'autre côté, sur la grande île, c'est le royaume du roi Andreas. Meotis.

Concentrée, Astrid observe l'horizon par la petite fenêtre du carrosse. Elle y découvre le fameux pont en pierre, ainsi que la grande île au loin. Sur cette île se trouve le royaume de Meotis, peuplé de plusieurs habitations. En hauteur sur l'île, il y a un grand et majestueux château qui surplombe le royaume, il s'agit du château du roi Andreas. Un château qui ne passe pas inaperçu de sa taille , mais aussi son architecture époustouflante.. Merveilleuse.

Astrid regarde avec étonnement et admiration le royaume de Meotis, comme sa petite sœur qui dépasse sa tête de la fenêtre du carrosse, époustouflée. Isabelle aussi admire la beauté du royaume, elle qui n'y est jamais allée auparavant. Mais comme à son habitude, elle contient toute sa joie et sourit simplement face à ce beau paysage.

Anastasie regarde derrière elle, elle y voit plusieurs beaux carrosses suivre celui de son père, probablement les autres nobles de divers comtés qui sont également invités au banquet du roi. Elle est euphorique et s'exprime en toute joie, tout en se penchant un peu plus en avant.

Anastasie: Il y a d'autres carrosses derrière nous ! Ils sont magnifiques !

Isabelle: Anastasie, sois digne d'être la fille d'un vicomte. Assied-toi correctement.

Anastasie: Pardonnez-moi mère, c'est irrespectueux.. Vous avez raison.

La petite fille s'assoit correctement, intimidée en croisant le regard sévère de sa mère. Edouard sourit à Anastasie, compatissant, pendant qu'Astrid ne quitte pas du regard la beauté qui se dresse sous ses yeux.

Le carrosse passe le grand et long pont en pierre, au dessus de l'océan, ce qui a de quoi couper le souffle de la jeune blonde. Elle regarde le vaste océan, cette vue impressionnante, elle y voit le soleil se couché lentement sur l'océan.

Une belle lueur rosâtre éclaire le ciel, au loin..

Quelques minutes plus tard, dans le royaume de Meotis..

La venue des merveilleux carrosses attire la curiosité des habitants du royaume, bien que Meotis soit en fête selon les rires, les chants, la musique et la fête paysanne qui l'anime actuellement. Dans chaque recoin du royaume.

Astrid regarde les grandes habitations, les marchands, les petits commerces ainsi que les grands avec le sourire. Cela change de la vue de sa chambre, mais aussi des forêts infinies de son comté, et des petits villages de celui-ci. Ici, c'est chic et illuminé de toute part.

Le carrosse monte une grande allée en compagnie des autres carrosses, se dirigeant tranquillement vers le magnifique château du roi Andreas, tout en hauteur. Astrid prend une inspiration et détourne le regard de la fenêtre, impatiente d'arrivée devant le château et de découvrir de nouvelles choses durant cette grande fête royale. Pendant ce temps, Anastasie exprime sa joie et son impatience, elle veut voir le prince Elyot à tout prix, ce qui fait rire ses parents.

Finalement, le carrosse s'arrête devant le château. Edouard descend et aide sa femme à descendre en suivant, ainsi que ses deux filles. Son cocher repart en écoutant l'ordre d'Edouard, laissant la place aux autres carrosses qui attendent patiemment juste derrière.

Edouard guide sa famille dignement vers les grandes portes du château, pour y faire la rencontre du roi qui attend ses convives avec la reine à ses côtés. Surexcitée, Anastasie tente de bien se tenir en questionnant ses parents, se rapprochant petit à petit des deux grands souverains d'Ostrana.

Anastasie: Est-ce le roi Andreas ainsi que la reine ?

Edouard: C'est exact. Il s'agit bien du roi Andreas et de son épouse, la reine Helena.

Isabelle: La reine est d'une beauté remarquable.

Edouard: Vous l'êtes bien plus à mes yeux, ma chère épouse.

Isabelle: Comme c'est charmant, je vous remercie mon cher époux.

Astrid: C'est.. Je préfère ne rien dire.

Voir cet amour, c'est d'un ennui sans nom pour Astrid. Mais elle est encore trop jeune pour comprendre ce qu'est l'amour, elle pense à une seule chose, son avenir et sa soif d'aventure. Elle se tient bien droite, digne de la noblesse dans sa démarche, tout comme sa petite sœur.

La famille Dustel arrive enfin devant le roi Andreas ainsi que la reine Helena, aussitôt, ils s'inclinent en guise de respect. Les parents d'Astrid saluent distinctement le roi et la reine, fiers d'être ici.

Edouard: C'est un honneur pour nous d'être invités à votre banquet, majesté.

Andreas: L'honneur est pour moi, Edouard. Vous avez était d'une grande aide durant la guerre.

Edouard: Oh vous savez, je n'ai pas tant aider que cela. Mais merci pour votre honneur, sincèrement.

Andreas: Bien, alors. Il s'agit donc de vos deux filles ? Elles semblent merveilleuses et bien élevées, ce qui ne me surprend pas venant de votre famille. Les Dustel ont toujours fait preuve de bonté, d'élégance et d'honneur.

Edouard: Ma femme a était d'une grande utilité, c'est elle qui a éduquée nos deux filles. L'honneur lui revient.

Isabelle: Vous en faite beaucoup trop, Edouard. Je n'ai fais que mon devoir.

Edouard: Certes, mais d'une perfection que je n'arrive pas à décrire. Je suis fier de vous, et de nos deux filles.

Andreas: Ceci est merveilleux. Alors profitez de cette grande fête, vous méritez ce banquet. Entrez donc.

Edouard: Merci, votre majesté.

Honorés, les parents d'Astrid entrent dans le grand château avec Anastasie et la jeune demoiselle. Astrid pourrait perdre sa mâchoire en regardant autour d'elle, chaque détail de l'architecture du majestueux château. Il est aussi beau à l'intérieur, qu'à l'extérieur.

Anastasie est aussi impressionnée en suivant ses parents et sa grande sœur, pour elle c'est décidé, elle veut devenir une princesse et pouvoir vivre dans un château aussi resplendissant pour le restant de ses jours. Même si ce n'est qu'un rêve d'enfant, pour l'heure.

La famille Dustel est guidée dans la salle de bal, où se déroulera le banquet durant toute la nuit. C'est immense et encore une fois magnifique, le décor est époustouflant, c'est comme.. Magique.

Edouard regarde les nobles présents dans la grande salle de bal, il présente donc une famille aux siens, discrètement.

Edouard: Regardez, près des musiciens il y a Lord William et Lady Mary Hunston, ainsi que leurs deux enfants James et Ingrid Hunston.

Curieuses, elles regardent discrètement la petite famille près des musiciens. Astrid regarde la jeune fille nommée Ingrid, elle peut décrire facilement la fille du Lord. Elle doit avoir son âge à peu près, petite de taille aux formes moyennes de fine corpulence, elle est brune aux cheveux mi-long assez lisses et aux yeux bleu foncé. Actuellement, Ingrid semble plongée dans ses pensées. Elle ne prête pas vraiment attention aux nobles présents autour d'elle.

Ce qui n'est pas le cas de son frère, James Hunston, qui doit avoir le même âge qu'Astrid. Il est concentré sur la prestation des musiciens, avec le grand sourire, un verre dans sa main droite en buvant quelques petites gorgées. Le garçon est plutôt charmant physiquement, grand et assez musclé de corpulence normale, brun aux cheveux plutôt court et aux yeux bleu foncé. D'ailleurs, la petite Anastasie semble curieuse et le regarde avec un petit sourire.

Bien sûr, les parents de James et d'Ingrid ressemblent aux enfants, ce qui est banal bien que les traits de leur visage soient vieillit par le temps. C'est une petite famille ordinaire, comme les Dustel, mais bien plus haut placée dans la noblesse d'Ostrana.

Edouard: Ce sont des charmantes personnes. J'aime beaucoup avoir l'occasion de discuter avec eux. Leurs enfants sont respectueux, comme vous deux. Que diriez-vous d'aller faire la rencontre de James et Ingrid Hunston ?

Les deux sœurs se regardent un court instant, hésitantes. Mais finalement, elles s'avancent vers la famille Hunston en toute confiance, en écoutant leur père.

Astrid: Avec plaisir, père. Viens Anastasie.

Edouard: Restez près de nous, le château est très grand. Je ne veux pas vous perdre de vue.

Anastasie: Oui père.

Voir les deux jeunes filles venir à eux, intrigue la noble famille Hunston. En particulier James et Ingrid, qui observent d'un œil perplexe les deux sœurs. En étant à seulement quelques mètres du frère et de la sœur, Anastasie marche sur sa robe maladroitement et tombe en avant dans un cri de surprise, sous les regards de tous.

Heureusement pour elle, James l'attrape dans ses bras, ce qui lui évite une pénible chute. Bien sûr, Isabelle râle de cette bêtise maladroite et Edouard semble gêné de la situation en soupirant dans son coin, détournant le regard de ses deux filles. Astrid n'a pas eu le temps de réagir, elle regarde sa petite sœur avec surprise.

Les regards d'Anastasie et de James se croisent un court instant, dans un silence assez pesant. Astrid met fin à cet échange visuel en attrapant Anastasie pour la remettre sur pied, gênée en saluant dignement James.

Astrid: Veuillez pardonnez ma petite sœur, elle est très maladroite. Je suis confuse..

James: Ne vous excusez pas, cela peut arriver à tout moment. Ma chère sœur ici présente est tombée plus d'une fois en marchant sur sa robe.

Ingrid: Je t'en prie James, c'est assez gênant. Présente moi d'une autre façon à ces charmantes filles.

Ingrid s'incline en toute élégance face aux deux sœurs, souriante.

Ingrid: Ingrid Hunston, fille de Lord et Lady Hunston. C'est un honneur pour moi de rencontrer les filles du vicomte Dustel. Et voici mon frère aîné, James Hunston.

Astrid: L'honneur est pour nous. Alors comme ça, vous savez qui nous sommes ?

Ingrid: Je vous ai vu avec le vicomte, lorsque vous êtes entrées dans la salle de bal de sa majesté le roi. Tous les nobles de notre pays savent que le vicomte Dustel a deux charmantes filles.

Astrid: Vous êtes perspicace.

Ingrid: C'est dans ma nature, pas comme mon idiot de grand frère. Il n'a pas hérité cela de nos parents. Ce qui le passionne c'est la musique et rien d'autre.

Astrid: J'ai cru comprendre cela, en effet.

James: Alors comme ça, vous êtes la fille du vicomte Dustel ?

Il questionne Anastasie, qui semble confuse en regardant James.

Anastasie: Moi ? Euh.. Oui. Oui je suis la fille cadette du vicomte Dustel.

James: Alors les rumeurs sont fondées. Les filles du vicomte Dustel sont absolument ravissantes.

Anastasie: Oh.. Merci, c'est adorable. Ma sœur est le joyau de notre pays, c'est ce que disent mes parents.

Astrid: N'exagérons pas, je ne suis pas non plus la plus belle fille du monde entier. Chaque enfant est le plus beau aux yeux de ses parents.

Ingrid: Je dois reconnaître que votre petite sœur a entièrement raison, vous êtes éblouissante mademoiselle Dustel. Enfin, que diriez-vous de rester en notre compagnie pour cette nuit ?

James: Voyons Ingrid, les demoiselles ont probablement une chose plus importante à faire que de rester avec nous.

Anastasie: En ce qui me concerne, je veux bien rester avec vous pour cette nuit. Et toi Astrid ?

Astrid: Je ne connais personne ici, alors ça sera un immense honneur de partager ce banquet en votre compagnie. Mais permettez-moi d'aller saluer vos parents, c'est la moindre des choses.

Ingrid: Bien sûr, nous allons vous présentez toutes les deux à nos parents. Venez donc.

Les présentations étaient courtes mais agréables pour les deux sœurs. Lord et Lady Hunston sont des nobles vraiment respectueux et charmants, comme l'a dit Edouard récemment. C'est un plaisir de discuter avec eux.

Mais les quatre jeunes nobles décident de s'éloigner de leurs parents pour passer la nuit ensembles. Peu à peu, des liens se crées entre eux. Une amitié entre Astrid et Ingrid, puis une autre entre James et Anastasie. C'est un bonheur pour les deux sœurs.

Les heures défilent, le roi fait son apparition sur le grand balcon intérieur surplombant la salle de bal, en hauteur devant les trois sièges royales. Tous s'inclinent en guise de respect, les voix s'estompent, toute l'attention des convives est sur le roi Andreas, ainsi que la reine Helena qui demeure silencieuse aux côtés de son époux.

De sa voix autoritaire quotidienne, le roi s'adresse aux nobles présents dans cette grande salle de bal, souriant.

Andreas: Je vous remercie tous pour votre présence, c'est un honneur. Comme vous le savez tous désormais, la guerre est enfin terminée. Vous avez tous étaient d'une très grande aide durant ces cinq longues années de souffrance, vous pouvez vous applaudir pour cela.

Quelques applaudissement retentissent parmi chacun, tous se regardent avec reconnaissance. Le roi retrouve l'attention de ses invités.

Andreas: Mais la victoire revient à deux hommes en particulier, et je vous demande de les accueillir comme il se doit. Le sergent-major Alaric Straud ainsi que le caporal-chef, Nikolaï Vlasova !

Les deux hommes s'avance sur le balcon, le major Alaric Straud se tient docile à côté du roi, tandis que Nikolaï Vlasova se tient à côté de la reine. Ils restent silencieux face aux invités qui les acclament dignement, avec honneur.

Astrid regarde les deux hommes d'un œil interrogateur, comme Anastasie. Les deux sœurs se questionnent donc, abasourdies.

Anastasie: Mais c'est le major qui m'a sauvée de cette cage, avec Rachel et Susan ?

Astrid: Oui, et aussi le caporal un peu trop bavard. Ils ont donc sauvés notre monde de la tyrannie ?

Anastasie: Comme c'est impressionnant.

Les deux filles recentrent leur attention sur les deux hommes. Les invités se calment donc, en écoutant le roi encore une fois.

Andreas: Le sergent-major Straud et son second le caporal Vlasova ont sauvés Ostrana de la tyrannie, à eux seuls. La victoire de cette guerre revient donc à ces courageux hommes, alors je vais vous récompenser comme il se doit. Alaric Straud, je sais que vous êtes originaire du comté d'Eacitria, je vous nomme donc comte et vous donne la permission de faire ce que bon vous semble d'Eacitria. Ces terres sont désormais les vôtres.

Alaric: En êtes-vous sûr, majesté ? Je n'ai fais que mon devoir de soldat.

Andreas: J'en suis certain, vous méritez de faire parti de la noblesse d'Ostrana. Comme vous, Nikolaï Vlasova. Voilà donc pourquoi je vous nomme comte d'Ustiogar, faites-en ce que vous souhaitez.

Nikolaï: C'est beaucoup trop d'honneur, votre altesse. Je suis sincèrement honoré par votre générosité.

Andreas: C'est une récompense très juste pour vous deux, braves soldats d'Ostrana. Je vous demande maintenant d'accueillir comme il se doit les deux nouveaux membres de la noblesse de notre pays. Le comte Alaric Straud, ainsi que le comte Nikolaï Vlasova !

Tous sont honorés et applaudissent les nouveaux nobles avec joie. Même les deux sœurs qui sont bien plus confuses, en inclinant leur tête sur le côté légèrement, leur regard figé sur les deux grands hommes.

Les applaudissements prennent fin, le roi annonce alors la venue de son fils unique. Le prince Elyot, qui finalement, va se joindre à cette grande fête royale.

Andreas: Maintenant, veuillez accueillir mon cher fils unique, ma plus grande fierté. Le prince Elyot !

Anastasie est folle de joie et sautille presque sur place, sous le regard interloqué de James. Le prince fait son apparition aux côtés de son père, silencieux comme à son habitude en gardant un air strict. Les nobles s'inclinent donc pour le saluer distinctement, comme Alaric et Nikolaï.

Le roi permet à tous de se redresser puis annonce une surprenante nouvelle à ses invités.

Andreas: Même si nous avons remporter la victoire, j'ai décidé de signer un traité avec le roi Igor. Pour conclure ce traité, nous avons donc convenu d'unir nos deux pays. Voilà pourquoi je vous annonce que la princesse Irina, la fille unique du roi Igor, épousera dans seulement une semaine mon cher fils. Ainsi, nos deux pays seront unis, il n'y aura plus aucune guerre entre Ostrana et Deskor.

Bien que tous soient ravis de cette nouvelle, Astrid ne semble pas partager cette joie comme Anastasie. Les deux filles s'échangent un petit regard, puis regarde ensuite le jeune prince qui semble chagriné, même s'il le cache derrière ce regard strict.

Lui-même n'est pas ravi de ses propres fiançailles avec la princesse Irina, Astrid compati en ne quittant pas de son regard Elyot, qui finit par croisé le regard d'ambre de la jeune blonde. Il le détourne aussitôt en soupirant, toujours aussi silencieux..

Anastasie: C'est injuste.. Pourquoi il doit épousé la princesse Irina alors qu'il ne l'a connaît pas ? De plus, elle était notre ennemie.

Astrid: Je ne comprendrais jamais cette loi. Mais de toute évidence, il n'a pas le choix pour protéger son peuple.. Ainsi que pour l'honneur de sa famille.

Avec nervosité, Astrid regarde son père qui discute avec un noble autour d'un verre de vin. Elle-même se demande si un jour, son père osera l'unir à un parfait inconnu uniquement pour l'honneur des siens. Elle regrette ceci depuis sa tendre enfance..

Mais elle chasse cette pensée négative et regarde la famille royale en hauteur, surtout un homme présent sur ce balcon, le comte Alaric Straud. La jeune noble et le comte se croisent du regard. Astrid ressent une terrible aura négative qui émane du grand soldat, elle se pose d'ailleurs une petite question.

Comment cet homme a pu mettre un therme à cette guerre avec son second, en l'espace de seulement trois semaines ?

Alaric Straud intrigue la demoiselle bien plus qu'elle ne le croit.

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