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Les turpitudes de Sybelle

Les turpitudes de Sybelle

Auteur:: SAPHIR
Genre: Romance
Ne dis-pas t-on qu'il y'a rien de plus fragile et ni de plus éphémère que l'amour ? Que l'amour est comme un feu un jour de pluie ? Tu dois tout le temps le protéger , l'alimenter et en prendre soin sinon il s'éteint ... N'est-il pas mieux de le nourrir par la parole ? Car oui sans elle le plaisir de l'amour diminue...

Chapitre 1 Chapitre 01

PROLOGUE:

"Mademoiselle, pouvez-vous venir s'il vous plait?"

C'était plus un ordre qu'une demande, je me lève à la hâte, j'ajuste ma tenue et je me dirige vers la porte située à ma gauche.

TOC...TOC...TOC...

"Entrez!"

J'entre et me mets devant le bureau, le bloc-notes à la main j'attends les instructions de Mon patron. Il est occupé et 5 mn plus tard, il lève la tête et me regarde sans me voir.

Lui: j'ai un document à vous dicter, j'aimerais que vous me le tapiez, vous me fassiez la mise en page et vous me l'apportiez pour vérification après quoi, vous allez me l'expédiez à la délégation des finances. C'est compris?

Moi: oui monsieur.

Lui: approchez, venez par là

Il me demande du regard de passer derrière le bureau, je le fais tout de suite. Il se met à me dicter le document, j'écoute toutes les explications avec attention. Demander ou lui demander de répéter n'est vraiment pas mon fort donc je mets toujours un point d'honneur à ouvrir grand mes oreilles.

Il a presque terminé, i se tourne et tend la main pour prendre un document dans l'armoire placée à ma droite, il fait rouler son fauteuil et effleure, il fait même plus qu'effleurer mon postérieur au passage. Je sursaute, recule pour lui laisser le champ libre.

Il ne s'excuse même pas, prend le document, referme l'armoire et revient vers la table comme si de rien n'était. Je n'ai qu'une envie, partir au plus vite de son bureau mais la torture a encore duré 15 mn avant qu'il ne daigne me laisser partir.

Je ferme la porte avec empressement et soulagement. Je m'assois à mon bureau et me mets au travail. Le temps passe si vite, je ne me rends pas compte qu'il est déjà 17h45. Je vais terminer demain et me mets à ranger mes affaires lorsque le patron ouvre la porte et passe la tête.

"J'ai un dernier travail pour vous, je vous pie de rester quelques minutes et je vous prends"

Moi: oui monsieur.

Je suis tellement déçue, j'ai une forte envie de pleurer mais je m'exhorte au calme et me rassois mollement sur la chaise. J'ai la tête entre les mains lorsqu'il ressort et me tend une note gribouillée, je dois taper ça et faire la mise en page avant de rentrer.

19 h..

J'ai enfin terminé et vais dans son bureau lui remettre le travail, je lui tends le document travaillée lorsqu'il attrape mon bras et me tire vers lui. Je résiste il se lève, s'avance vers moi, je recule et suis acculée au mur.

Lui: vous êtes une belle femme, vous savez que je peux vous rendre la vie très facile si vous coopérez.

Moi: non, merci monsieur. Puis-je partir?

Lui: je vais vous déposer

Moi: non merci monsieur, je vais me débrouiller.

Je me dégage et me dirige vers la sortie. Je sens son regard sur mon dos, je récupère mes affaires sur ma table et me dirige à grands pas vers la sortie. J'allume mon portable et constate que j'ai 15 appels en absence, 10 de Grâce ma sœurette et 5 de Léandre. Je réussis à sourire et compose d'abord le numéro de Grâce

Moi: c'est comment?

Gra: dis donc, j'essaie de te joindre depuis .Tes journées sont à rallonge maintenant?

Moi: wééé, excuses moi ma belle mais je n'ai pas vu le temps passé.

Gra: hum, toi là, tu es sure que tu étais entrain de bosser ?

Moi: adiééé, Grace tu es folle je te jure. Non, mon boss m'a donné un travail de dernière minute.

Gra: mais lui il ne sait pas que tu habites loin et rentrer seule à cette heure peut s'avérer dangereux?

Moi: tu veux alors que je fasse comment, si je perds le boulot là, on va vivre comment?

Gra: tu seras là dans combien de temps?

Moi: 30 à 4à mn.

Gra: ok

Moi c'est bon là-bas?

Gra: oui, ne t'inquiètes pas, à tout à l'heure.

Je raccroche et compose le numéro de Léandre.

Léa: bonsoir ma puce , ca va?

Moi: oui merci et toi?

Léa: ca va mieux depuis que je t'entends.

Moi: humm, toujours dans les flatteries.

Léa: une femme, doit se faire cajoler tout le temps et tu es a mienne ou je me trompe?

Moi: je sais même?

Léa : maman se plaint déjà, toi-même tu sais.

Moi : Dis lui que je passerais le week-end.

Léa: Ok, tu as fait quoi de ta journée?

Moi: bosser, bosser et bosser.

Léa: cool alors, si tu t'épanouis dans ton job ca va.

J'ai envie de lui parler de mon patron mais à quoi bon? Ca va créer des problèmes dans sa famille car c'est son beau -frère dans la mesure où c'est l'oncle de son beau-frère. J'ai été recruté par ce canal là.

Moi: ne t'inquiètes pas, ca va.

Léa: tu as fini là?

Moi: oui

Léa: tu veux que je passe te chercher?

Moi: non chéri, je vais me débrouiller.

Léa: ok, j'ai eu Grace au téléphone il ya quelques minutes et elle, m'a assuré que tout allait apparemment bien là-bas.

Moi: moi aussi.

Léa: bébé , demain je ne pourrais te voir comme prévu de même pour le week-end.

Moi: pourquoi?

Léa: je vais être assez occupé, des réunions de famille.

Moi: ce n'est pas trop grave, j'espère?

Léa: non, ca va, pas d'inquiétude. C'est juste une assis au village et tu sais que là-bas, il n'y a pas de réseau. C'était juste pour te prévenir au cas où.

Moi: ok, merci de m'a voir prévenu.

Léa: tu me manques ma puce, tu me manques. Il faudrait que nous prenions un week-end pour nous.

Moi: moi aussi je le crois.

Léa:tu as des nouvelles de tes parents?

Moi: oui, ils vont bien même comme papa est un peu malade là et come il ne travaille plus, cela devient difficile pour eux.

Léa: ok, je verrais ce que je peux faire. Tiens le coup amour, je suis là pour toi, Athéna tout le reste de la famille.

Moi: merci

Léa: je vais passer chez papa et maman tout à 'heure, leur laisser un peu d'argent et si j'ai le temps.

Moi: merci Léandre mis ne te sens pas obligé non plus.

Léa: j'y tiens, que ne ferais-je pas pour toi?

Moi: je vais devoir raccrocher, je vais prendre le taxi.

Léa: je te rappelle avant que tu ne t'endormes et Bisous bébé

Moi: ok à tout à l'heure.

Je me mets en bordure de route, je vois des taxis s'approcher. A cette heure, j'ai quand même peur de prendre le taxi mais je prends sur moi tout de même. L'un s'arrête devant moi:

Mo: 600 ! Non glacé !

PIIIIIIING! PIIIIIIING!

Je vis vers le taxi en courant, j'entre, il n'ya que des femmes .Ouffff , il fait déjà nuit noire. Il ya une discussion entre les passagers du taxi, j'écoute d'une oreille distraite. Je suis dans les nuages lorsque je constate que tous les autres passagers me regardent.

Je ne comprends rien et c'est la sonnerie de mon portable qui me rappel à l'ordre.

"La sœur, tu as l'air fatigué hein"

Moi: oui mon frère, le boss là m'a encore fait travailler plus que d'habitude tchiiiiip.

"Assiah, toi au moins tu as le boulot"

Je décroche sans regarder le numéro de l'appelant.

Moi: allo

"Bonsoir, vous êtes Sybel, vous travaillez à la délégation de l'éducation ? "

Moi: oui et vous, vous êtes?

" Vous le saurez assez tôt !"

CLIC...Elle a raccroché...

Partie 1 : Nathalie

Moi : Bonjour maman

Mam : bonjour ca va ma fille ?

Moi : oui et toi ?

Mam : ca va, toi il faut qu'on te force seulement pour que tu viennes nous voir ou laisser Athéna ?

Moi : non maman, tu sais le travail quand je finis je veux juste me reposer. Le week-end, j'en profite pour me reposer.

Mam : humm

J'entends des pas dans le couloir menant au salon, la pièce ou nous sommes.

Mam : Lucien, Sybel et la petite sont là

Luc : j'arrive

Athéna rentre avec Nathalie la petite sœur de Léandre, elles s'entendent super bien. A chaque fois que je viens ici, la petite oublie que je suis là. Elle a maintenant 3 ans et parle déjà bien.

Moi : athie , tu ne viens pas dire bonjour à mamie ?

Athie s'avance vers nous et se jette dans les bras de sa grand-mère qu'elle couvre de bisous et comme par enchantement, je vois des bonbons sortir du caba de mamie pour le plus grand bonheur de Athie. Non mais, cette petite est trop gâtée par des grands-parents, paternels ou maternels, ils vont me la pourrir à ce rythme.

Mam : athie le bébé de mamie ca va ?

Ath : ouiiiii, vuiiiiiii mamie, ca va et toi ?

Mam : mamie va bien

On n'entend plus que Athie qui se tord de rire sous les guilis-guilis de sa mamie. Je vois Papa Lucien qui s'avance vers nous le sourire aux lèvres. Dès qu'Athie le voit, elle saute des jambes de sa mamie et va vers son grand-père qui a déjà les bras ouverts.

Luc : c'est qui la plus belle ?

Ath : c'est moiiiiiiii

Luc : ah oui hein ? Nathalie, c'est comment la petite est là et tu ne lui apportes même pas le jus ?

Nathalie se lève et va à la cuisine, elle revient quelques minutes plus tard avec un Djino pour moi et une petite malta sans alcool pou la petite. C'est le gout de madame, elle a décrété que c'est ce qu'elle prendrait désormais chez ses grands-parents.

Lucien laisse la petite quelques minutes et vient m'embrasser ; on dit chez nous « a ze woubné ma ».

Luc : c'est comment ma fille ? tu nous fuis seulement ?

Moi : nooon papa, je vous fuis que je compte sur quoi ?

Luc : je vais commencer à te tirer les oreilles hein.

Moi : krkrkrr

Luc : comment vont tes parents ?

Moi : papa est toujours malade et maman, ca va mieux.

Luc : tu leur passeras le bonjour et il faudra qu'on lui rende visite un de ces 4 matins. Quand il ya une affaire comme ça, il faut dire hein ma fille. Je sais que tu es très pudique mais il faut dire, ca fait plaisir que l'on rende visite à un malade, il ne se sent pas délaissé.

Moi : oui papa

Mam : et ta mère ?

Moi : ca va

Luc : et ta sœur, elle s'appelle encore comment ?

Moi : Gersi ou Grace si vous voulez.

Luc : elle va bien ?

Moi : oui, papa, elle va bien, merci.

Mam : ca se passe comment avec Bertrand ?

Moi : ca va

Mam : j'espère qu'il ne te surcharge pas trop avec le travail hein ?

Luc : Léandre nous a dit que tu rentres de plus en plus tard. Comment peut-il agir ainsi sachant que tu as un enfant ?

Moi : je ne sais papa, j'ai déjà un boulot, je me dis que ce ne sera pas comme ça tout le temps.

Luc : tu veux que je l'appelle pour lui demander de ralentir le rythme ?

Moi : non papa, ca va aller, il peut aussi mal le prendre.

Une demi-heure plus tard, nous étions toujours en pleine discussion lorsque j'aperçois Nathalie qui me fait signe derrière le rideau. Elle a l'air préoccupé, je fais donc comment pour me libérer sans attirer l'attention de ses parents. ?

Je me lève et fais semblant d'aller aux toilettes et comme je le pensais Nathalie me suit

Nat : je voulais te voir parce que j'ai un problème grave mais je ne peux en

parler ici. On fait alors comment ?

Moi : passes me voir à la maison demain après le culte, ca peut attendre jusque là ?

Nat : oui, ca va aller. Merci Sybel.

Moi : je n' ai encore rien fait et tu me remercies déjà ?

Je suis rentrée retrouver mes beaux-parents au salon, ils jouent avec leur petite-fille. Je me souviens encore du tollé que l'annonce de ma grossesse a provoqué.

J'étais en pleurs à la maison lorsque Léandre est venu me retrouver, j'étais anéantie mais jusque là, je n'avais pas pensé à me faire avorter.

FLASH-BACK......................................

Léandre avait été clair dès le départ, il ne voulait pas d'enfant du moins pas pour l'instant donc la protection variait, c'était soit la capote en période d'ovulation et on allait au corps à corps en période calme.

La pilule me faisait grossir donc j'avais arrêté, je contrôlais et comptais mon cycle avec Léandre. Il revenait donc du travail lorsqu'il m'a trouvé chez moi, j'étais assise à même le sol. J'avais congédié Grace car j'avais besoin de discuter avec lui.

Quand il m'a vu, il s'est précipité vers moi, il m'a aidé à me relever, il m'a fait assoir sur le canapé et est parti me chercher un verre d'eau à la cuisine.

Léa :ma puce , qu'est ce qu'il y a ?

Moi : J'ai quelque chose à te dire, à t'annoncer

Léa : qui est mort ?

Moi : non, il ne s'agit pas de cela, je suis enceinte.

Il a lâché le verre d'eau qu'il tenait. Le verre s'est cassé il s'est brisé en mille en morceaux. Mes pieds ont été aspergés d'eau.

Léa : quoi ?

Il l'a dit en hurlant, je le voyais serrer le poing. Il était manifestement en colère.

Léa : qu'est ce que je t'avais dit ? je t'avais dit que je ne voulais pas d'enfant non ?

Moi : Léandre, je n'ai pas fait exprès.

Léa : tu n'as pas fait exprès quoi ? tu me fais un enfant dans le dos et tu me dis que tu n'as pas fait exprès ? Tu crois vraiment que c'est de cette façon que tu me retiendras ?

Moi : mais on a compté mon cycle tous les deux, comment peux-tu m'accuser de t'avoir fait un enfant dans le dos.

Léa : je ne suis pas prêt à être père ; je ne veux pas de cet enfant.

Il s'est levé, il a ramassé sa veste et ses clés de voiture.

Léa : c'est ce bébé ou moi ! Appelles moi quand tu auras retrouvé toute ta

raison pour que je te donne l'argent pour un curetage.

Moi : quoi ? Mais tu sais que je suis chrétienne et je ne peux pas avorter.

Léa : tu vas donc te débrouiller seule avec cet enfant et puis tu es même sure que cet enfant est de moi ?

J'étais abasourdie par ce que je venais d'entendre, eh Dieu, qu'est ce que j'ai fait pour mériter cela ? Je suis là sans travail, la maison c'est Léandre qui paie pour que ma sœur et moi puissions être à l'aise.

J'ai rencontré Léandre, il était étudiant et moi je faisais première à l'époque, cela fait bien 6 ans que nous sommes ensemble. Nous sommes tous issus de familles modestes. Mon père ayant travaillé comme douanier, a recommandé Léandre à un de ses amis pour un concours de la fonction publique. C'est comme ça qu'il a pu avoir le concours et ensuite a trouvé du boulot. Aujourd'hui, il gagne bien sa vie.

Il essaie tant bien que mal de gérer ma famille entière malgré le refus que lui oppose mon père et je le comprends bien. Papa toujours été quelqu'un d'honnête, il a toujours eu peur à la fois de Dieu et de la loi. Il n'est jamais parti mettre ses mains dans la mangeoire, il a toujours gagné son salaire à la sueur de son front. En plus de faire vivre son foyer, il s'est occupé de sa famille, les enfants de ses frères et sœurs. Quant il était encore en fonction, notre maison grouillait de monde mais une fois qu'il a été à la retraite, nous ne voyons plus quelqu'un. La famille ne survit qu'avec la maigre pension de papa.

Un an après que Léandre ait commencé à travailler, il a proposé à ma sœur et moi de nous louer un studio. Mes parents ne souhaitaient pas que nous habitions ensemble, lui non plus d'ailleurs. Il souhaitait encore rester avec ses parents.

Etant très souvent en mission, il a trouvé que c'est mieux pour nous de vivre ainsi. A l'époque, j'avais 19 ans, je n'étais pas mature.

Revenons donc à la grossesse, Léandre a disparu de la circulation pendant 5 mois et c'est un jour en allant à MOKOLO à la friperie ou au moutoki que nous nous sommes revus. Il était dans sa belle voiture climatisée, le téléphone vissé aux oreilles. Je l'ai vu et j'ai traversé devant la voiture sans un mot. J'étais entrain d'entrer dans le marché lorsque je me sens agrippée par derrière.

Je me retourne et je vois Léandre, je fais mine de partir mais il me serre la main et me demande de le suivre. J'avais des « sans confiance » aux pieds et comme il avait plu la veille, vous-même connaissez la boue rouge de Yaoundé. Mes pieds enflés étaient rouges et le derrière de ma robe, n'en parlons plus. A chaque fois que je marchais, j'en rajoutais une couche sur le caba que je portais. Je serrais dans ma main, les 50 000fcfa que j'avais pour la layette, les 50 000fcfa que j'avais réussi à économiser à force de privation.

Grace et moi, avions déménagé, nous habitions désormais dans une maison en carabotte , si vous voulez en planches. J'étais montée à Yaoundé car une de mes tantes voulait me voir. C'est elle qui m'avait donné cet argent, j'avais donc décidé de me fournir au marché avec les vêtements à 100 francs : Pièce. Pour venir à Yaoundé, me payer le biller aller et retour, j'avais du dépenser 5 000fcfa dans les « OPEP » ou « rouler à tombeau ouvert »; les voitures personnelles qui chargent hommes, animaux et bagage sans distinction, je m'étais forcée malgré mon gros ventre. La honte, je ne connaissais plus, je survivais.

Léandre m'a emmené dans sa voiture, je ne disais, je ne le regardai même pas. J'étais comme morte de l'intérieur, il s'est arrêté à un endroit du marché Mokolo, je n'ai pas fait attention. Il a acheté un truc qu'il a jeté sur la banquette arrière. Nous sommes arrivés chez lui, il m'a emmené de force sans mot dire dans la salle de bain, il m'a donné tout le matériel de bain qu'il fallait. Pour la première fois depuis des mois, je prenais à nouveau, un bain d'eau chaude, c'était un luxe que je ne pouvais me payer. J'ai mis environs 1 heure avant de sortir de la salle de bain. Je m'étais enroulée avec, je marchais sur le carrelage froid. Je suis arrivée dans la chambre, j'ai trouvé du lait de toilette Mixa et un caba, une robe en pagne sur le lit. Je me suis habillée et suis allée le rejoindre au salon.

Sur la table, il y avait une omelette garnie, du pain, du jus et des pêches. Humm, je me suis régalée, je crois que mon bébé a aimé puisqu'il s'est mis à donner des coups. Quand j'ai terminé, il a débarrassé et m'a intimé l'ordre d'aller me coucher ; nous causerions à mon réveil.

Ce jour là, j'ai dormi 5 heures d'affilée, je me suis réveillée le jour déclinait déjà. Il était au salon entrain de suivre un song d'Aretha Franklin .Je me suis assise et il a éteint la radio.

Lui : Sybel, écoutes je ne cherche pas à me trouver des excuses, je sais que quoique je dise, cela n'excusera pas mon comportement. J'ai tout simplement été lâche et quand je suis revenu pour m'excuser, vous n'habitiez plus là-bas. J'avais honte de m'être conduit de la sorte, je n'avais non plus le courage d'aller voir tes parents. Je te demande juste de m'excuser, tu portes mon enfant et je tiens à prendre soin de vous. Je sais que j'ai du te blesser, pardon.

J'ai écouté toute sa diatribe sans mot dire, à la fin je me suis levée et j'ai cherché mes vêtements.

Moi : ou sont passés mes vêtements ?

Léa : je les ai mis à la poubelle.

Moi : Pourquoi ? Ils étaient encore en bon état, c'est la seule robe de grossesse présentable que j'ai, elle m'a couté une fortune à Nkololoun( un marche de friperie de Douala). Elle m'a couté 1500, il a fallu que je discute et je supplie avant qu'il n'accepte me la donner à 1500 au lieu de 2000.

Les larmes ruisselaient sur mes joues, j'avais la gorge nouée, le bébé s'est mis à me donner des coups de pieds. Je me suis assise et je pleurais en silence. Il s'est levé pour me consoler mais j'ai eu un mouvement de recul et il est rentré s'assoir.

Moi : Ou sont les 50 000fcfa que j'ai posé sr la table avant d'aller à la douche ?

Léa: ils sont là dit-il en me montrant ou ils étaient.

Je me suis précipitée pour les prendre, je me dirigeais vers la sortie lorsqu'il m'arrête.

Léa : tu vas ou comme ça ?

Moi : je vais dormir chez tata, elle sait que je suis allée au marché acheter les vêtements du bébé et je rentre dès que j'ai terminé. C'est elle qui m'a donné cet argent.

Léa : tu restes là, tu dors ici. Il se fait déjà tard et tu parais fatiguée, si tu veux, je te ramène demain à Douala.

Moi : non ! J'ai déjà l'habitude de me débrouiller seule.

Il a tellement insisté que j'ai fini par passer la nuit là et non chez ma tante avec ses deux filles dans un même lit malgré mon gros ventre.

Cela faisait longtemps que je n'avais dormi sur un lit si moelleux, douillet. Dans la nuit Léandre s'est levé et m'a fait à manger ; il était aux petits soins.

Le matin, il s'est fait porter malade et insisté pour que nous allions en ville faire toute la layette du bébé. Nous nous arrêtions de temps à autre afin que je puisse souffler. Il a dépensé près de 400 000fcfa ce jour là.

Après un bon repas, nous avons pris la route de Douala, il a tenu à ce que nous faisions un tour chez mes parents .Il a présenté des excuses à ma mère car mon père s'est levé dès son entrée, il est parti dans sa chambre. Nous avons fait moins d'une demi-heure et il m'a déposé chez moi.

Tout le quartier était en ébullition car c'était la première foi qu'une voiture de luxe venait me déposer. Il a vu l'état dans lequel était la masure ou nous vivions. Un matelas à même le sol pour Grace et moi.

Il nous a emmené au restaurant et a tenu à passer la nuit avec nous. Il a dormi sur le canapé, le vieux canapé. Nous avions à l'époque, une télé à tubes, Grace ne lui adressait pas la parole.

A mon réveil, il n'était plus là et Grace s'activait pour aller chercher l'eau lorsqu'il est revenu, il nous a demandé de faire nos bagages. Il m'a tendu un contrat de bail de 8 mois en mon nom. Il a demandé s'il n'y avait pas quelqu'un qui voulait nos effets. C'est comme ça que nous avons intégré le domicile ou nous vivons actuellement Grace et moi. Lu travaillant à Yaoundé, il descendait presque tous les week-ends .Il a été plus que présent jusqu'à la naissance du bébé.

La naissance de Athena nous a à nouveau rapproché et j'ai décidé de lui donner une seconde chance. Ayant eu un BTS en Secrétariat et avec le piston, j'ai pu me trouver du travail.

REVENONS A NOS JOURS...............................................

Il est 14 heures, la petite dort, je suis couchée en attendant que Nathalie arrive. Je suis bien curieuse de savoir ce qu'elle a à me dire.

15 mn plus tard, j'entends sonner et une discussion entre Grace et Nathalie s'en suit. Humm, encore ces deux là..

On toque à ma porte, Nathalie entre, m'embrasse et s'assoit sur le lit. Après les salutations d'usage, je m'attends à ce qu'elle me parle, me dise enfin le pourquoi de sa visite mais son regard est fuyant.

Moi : Nath, qu'est ce qu'il y a ?

Nat : si je te dis, tu promets de ne rien dire à mon frère ?

Moi : je ne sais pas, ça dépend de ce que tu me diras.

Nat : promets s'il te plait

Moi : promis.

Nat : j'ai été enceinte !

Moi : quoi ?

Nat : pardon, ne cries pas dit-elle les larmes dans la voix

Moi : mais tu n'as que 16 ans.

Nat : j'ai tellement peur de mes parents, ils vont me tuer s'ils apprennent ça.

Moi : avec raison !

Nat : j'ai bu quelque chose depuis deux jours et je perds du sang, je suis allée au dispensaire et il m'a fait le curetage. Je n'ai pas d'argent pour les antibiotiques, c'est pour cela que je voulais te voir.

Chapitre 2 Chapitre 02

Partie 2 : La délivrance.

Moi : tu t'es fait faire le curetage quand ?

Nat : vendredi soir

Moi : kiéééé Nathalie, jusque là tu n'as toujours pas pris de médicaments ?

Nat : non

Moi : ok , tu as mal ?

Nat : oui un peu

Moi : comme les hôpitaux ne sont pas ouverts maintenant là, on va attendre demain d'accord ?

Nat : oui

Moi : mais avant, il faudrait que tu le dises au moins à ton frère

Nat : Léandre va me dénoncer aux parents

Moi : tu préfères que ce soit tes parents qui l'apprennent ?

Nat : je suis venue à toi parce que je voulais que cela reste un secret

Moi : Nathalie, je te remercie pour la confiance que tu me témoignes mais je ne peux m'engager comme ça dans cette histoire.

Nat : sniff...snif...sniff

Moi : Imagines que le curetage ait été mal fait et que tu ais une infection, que tu sois stérile plus tard. Tu ne veux pas avoir d'enfant ?

Nat : sniff...si si si..

Moi : voilà ! Il faudrait que nous en parlions avec ton frère

Nat : Il va me tuer Léandre, il m'avait dit qu'il ne veut pas entendre parler de garçons avant mes 21 ans.

Moi : Tu as 16 ans et maintenant que c'est fait, il faut vivre avec. Nous ne pouvons plus rien y changer.

Nat : sniff...sniff...sniff

Moi : Nath, dis-je en la tirant vers moi.

Elle a posé sa tête sur ma poitrine et a pleuré tout son saoul. Il fallait bien que je le fasse, la réaction qu'avait eu mon père le jour ou Léande était venu s'excuser était plus qu'explicite : un père ne peut être content de voir sa fille souffrir. Qui suis-je pour infliger ça à Nathalie ?

Après qu'elle ait pleuré un bon coup, je lui ai proposé d'appeler sn frère séance tenante, elle a d'abord refusé et il a fallu que je la menace pour qu'elle accepte de me laisser faire.

Moi : bonjour Léandre

Léa : bonjour ma puce ca va ?

Moi : Bien merci et toi ?

Léa : ca va, comment vont mes femmes ? Je vous vois quand ? Quand aurais-je la chance de vous serrer dans mes bras ? Être bien au chaud dans les bras de ma femme me manque déjà.

Moi : euh...Léandre, nous ne sommes pas seuls, ta sœur est là avec moi.

Léa :Oh, il fallait le dire dès le départ. Nathalie ca va ?

Nat : oui grand frère et toi ?

Léa : mais, on s'est eu au téléphone vendredi non, il y a encore eu quoi. Je t'ai envoyé ton argent de poche comme promis. Maman ne te l'a pas remis ?

Nat : si si merci

Léa : il y a encore quoi là-bas ?

Moi : Léandre, doucement avec la petite, ce que nous avons à te dire est important donc doucement.

Léa : ok, je vous écoute

Moi : voilà, la petite est venue se confier à moi pour un problème grave et j'ai jugé que c'est plus intelligent de te tenir informer avant de prendre une quelconque mesure. Je ne te demande pas de crier, hurler après elle, nous avons déjà discuté et elle est consciente de la situation. Elle aurait pu ne rien dire, elle aurait pu se confier à une personne qui lui aurait donné de mauvais conseils mais elle est venue me voir et là nous t'en parlons. Elle a demandé que l'aide à t'en parler.

Léa : humm

Moi : elle a si peur de toi, qu'elle m'a demandé main forte.

Léa : ok, j'ai compris, qu'est ce qui se passe encore ?

Moi : Voilà, il s'agit de grossesse

Léa : quoi ? Nathalie, je t'avais dit quoi ? Je t'avais dit que je ne voulais pas en entendre parler jusqu'à tes 21 ans non ?

Nat : oui..sniff...oui

Léa : quand je vais te voir, non seulement je vais te corriger mais je vais aussi corriger celui qui t'a enceinté. Au lieu de faire l'école, toi tu vas suivre les hommes.

Nath : snifff....sniff..

Léa : il fait quoi dans la vie celui-là ?

Nat : il est élève comme moi, il fréquente au lycée Joss en terminale.

Léa : il dit quoi de ta grossesse ?

Nat : il n'avait pas d'argent

Léa : il ne pensait pas à ça quand il te montait dessus n'est ce pas.Nga me nga kom wo kat ? ( n'est ce pas je t'avais dit ?).

Nat : owéé (Oui)

Léa : tu as dit aux parents ?

Nat : non

Léa : tu croyais que c'est en venant voir Sybel que tu pouvais cacher cette grossesse ?

Nat : Non..sniff...sniff

Moi : Euh...Léandre, Léandre c'est là ou il y a un hic...

Léa : quoi encore ?

Moi : tu n'as pas besoin de me crier dessus hein.

Léa : excuses moi chérie

Moi : humm, elle n'est plus enceinte !

Léa : tu as dit qu'il s'agissait de grossesse !

Moi : oui, mais elle-même va t'expliquer.

Nath était entrain de se tordre les mains là, elle cherchait quoi dire. J'ai posé ma main sur les siennes pour lui donner du courage, pour l'exhorter à parler.

Nat : en fait, les sous que tu m'as envoyés vendredi, ont servi au curetage.

Léa :.......................

Moi : Léandre, tu es là ?

Léa :.......................

Moi : chéri ? chéri ?

Léa : oui, je suis là, j'avais besoin d'un peu de temps pour encaisser.

Moi : ok

Léa : tu essaies de me dire que tu as avorté ?

Nat : oui

Léa : ou ?

Nat : dans un dispensaire de quartier

Léa : je n'ai même pas le courage de crier, je réglerais ton cas le week-end prochain, je viendrais même en marchant.

Nath a juste éclaté en sanglots, je la serrais juste dans mes bras pendant que son frère était entrain de tempêter au téléphone.

Léa : tu es irresponsable, tu va avorter, tu ne sais pas que c'est un acte criminel ? Tu ne sais pas que tu as tué un enfant ? Tu as tué une vie ! C'est ça que l'on vous apprnd à la catéchèse ?

Nat :sniff..sniff ...

Léa : réponds moi Nathalie !

Nat : snifff...sniff

Léa : tu me fais honte, tu viens parler des choses comme ça à Sybel, tu n'as pas honte ? Si tu as une infection maintenant et que demain tu ne puisses plus concevoir, tu vas accuser qui ?

Nat :................................................

Léa : si tu mourrais sur cette table là, tu as pensé à la peine que tu nous ferrais ? Tu as pensé à ta famille ?

A ce moment là, je pense à moi. Je pense à ce qui m'était arrivé quelques années plus tôt au moment ou je lui ai annoncé ma grossesse. Ces hommes ont aussi le cœur ? Ils ont aussi des sentiments ? C'est facile de dire à une fille, une femme d'aller se faire avorter. Ils oublient souvent que nous sommes aussi les enfants de quelqu'un, nous sommes aussi le frère et la sœur de quelqu'un d'autre.

Si ce jour là, j'avais pris Léandre au mot, ou serais-je maintenant ? Ou seraient mes parents en ce moment ? Serais-je toujours vivante ?Humm...

Léa : c'est un docteur qui s'est occupé de toi ?

Nat : non, un infirmier de quartier

Léa : il est diplômé celui-là ?

Nat : je ne sais pas

Léa : Nathalie !

Moi : calmes toi Léandre, pardon calmes toi chéri. Elle l'a déjà fait et elle voulait des sous pour les médicaments. Je souhaitais t'en parler avant.

Léa :.................................

Moi : tu es encore là ?

Léa : ok, j'ai compris.

Moi : on t'écoute

Léa : Nathalie, laisses moi avec Sybel !

Moi : tu peux sortir 5mn je te rappelle ok ? C'est bon, c'est fini ma belle.

Elle est sortie

Moi : ok, je t'écoute

Léa : si tu as le temps, entre midi et 14 heures, vas ave elle voir un médecin. Il faut qu'on l'examine et tu achètes les médicaments. N'oublies pas de me tenir au courant. Je vais te rembourser tout ça.

Moi : ok, il n'y a pas de problème.

Léa : merci chérie

Moi : De rien, il fallait que tu saches. J'ai aussi quelque chose à t'avouer.

Léa : c'est la journée aujourd'hui, vas-y parles !

Moi : tu n'as pas besoin de me crie dessus Léandre !

Léa : excuses moi

Moi : cela a trait à mon boulot

Léa : humm, je t'écoute.

Moi : je sais que mon patron est l'oncle de to beau-frère, ce n'est pas un élément négligeable mais il y a longtemps que je garde ça pour moi.

Léa : tu as couché avec ?

J'étais choquée, je suis restée sans voix pendant un moment. C'était donc si facile d'accuser une personne d'infidélité ?

Moi : merci pour ta confiance !

Léa : tu voulais que je te dise quoi ? Puisque tu as tant de mal à en parler.

Moi : mon patron me fait des avances, il me fait travailler tard parce qu'il veut avoir une occasion de me faire des attouchements. Voilà, c'est dit ! Bonne journée !

J'ai raccroché sans plus de cérémonie, j'étais en boule. Je suis allée retrouver les filles au salon. Nathalie avait l'air de s'être calmée, j'ai demandé à ce qu'on se retire et je lui parlé de ce son frère avait décidé. Une fois de plus, il a fallu que je lui explique pourquoi il fallait que son frère soit à tout prix au courant.

Le vendredi suivant,

« C'était un coupé qui s'est transformé en amour, me nga ke coupé, j'ai donné gratuit »

Certains ont reconnu un extrait la Coco, la go argentée, j'en ai fait la sonnerie de mon portable. Je décroche,

Moi : allo

« Sybel, si Nathalie passe chez toi, préviens nous »

Moi : comment ça, si elle passe ?

« Elle a fuit la maison »

Moi : ekiééé, mais qu'est ce qui s'est encore passé ?

« Léandre est rentré tout à l'heure, il a tapé mon enfant. Il a voulu me tuer l'enfant »

Moi : wèèèèè

« Il fallait voir mon enfant ooo, on a essayé d'arrêter Léandre mais c'est comme s'il n'était plus lui-même. Anti mouanwam ane vé ? (Seigneur, mon enfant est ou ?)»

Moi : Calmes toi maman

« Léandre veut me tuer l'enfant parce qu'elle est partie porter une grossesse ? Elle est dehors à deux heures du matin comme ça, on sait qu'elle est partie ou ? »

Moi : ca fait combien de temps déjà ?

« Une heure »

Moi : ok et ou est Léandre ?

« Il a prit son portable et est sortie pour aller recharger dans une station, il va appeler ses copines »

Moi : ok maman, je vais ouvrir l'œil mais ca va aller, Dieu va aider.

« OK »

J'ai raccroché, je me lève et vais vers le salon, en passant devant la chambre de Grace, je vois un filet de lumière. D'habitude, elle ne supporte pas la lumière quand il faut dormir. Je tourne le poignet de la porte pour entrer et éteindre, c'est fermé, tiens, tiens, c'est nouveau ça.

TOC...TOC...TOC...

Je sens qu'il y a des mouvements qui se font dans la chambre puisqu'il y a du bruit et Grace vient ouvrir. Elle se tient à l'embrasure de la porte, elle ne veut clairement pas que j'entre.

Gra : c'est comment la big ? Tu n'arrives pas à trouver le sommeil ?

Moi : Tu sais que Nat a fugué ?

Elle détourne les yeux et ça fait tilt dans ma tête.

Moi : Elle est là ?

Elle ne me répond pas et recule. J'entre et trouve Nat recroquevillée dans un coin de la pièce. Elle a le visage boursoufflé, les lèvres et les oreilles sont enflées. Son corps est couvert de bleus. La petite n'arrive même pas à me regarder.

J'ai seulement les larmes aux yeux, je veux approcher mais elle a un mouvement de recul, elle est craintive.

Moi : Seigneur, c'est quoi ça ? Léandre, qu'est ce tu as encore fait ?

Au même moment, j'entends toquer

Léa : Sybel, ouvres c'est moi ! Sybel, ouvres c'est moi !

Gra : Pardon la big, n'ouvre pas, pardon, il va la tuer.

Nat a replié les jambes sur elle se couvrait le visage avec sa main, prête à parer aux coups.

Chapitre 3 Chapitre 03

Partie 3 : La colère...

Gra : s'il te plait la big, ne le laisses pas entrer.

Moi : je ne peux faire autrement mais vous, restez dans la chambre et ne faites surtout pas de bruit. Grace, tu fermes à clé après moi; vous ne sortirez que si je vous en donne l'ordre. Compris ?

Je me tourne vers Nathalie, je n'essaie même pas de l'approcher car je sais qu'elle doit encore être en état de choc vue la position qu'elle a en ce moment.

Moi : ton frère, il ne te touchera plus.

Je sors de la chambre et ne quitte la porte seulement au son de la clé dans la serrure, Grace ferme à double tour. Je vais vers la porte d'entrée.

Moi : oui, j'arrive Léandre

J'ouvre la porte et il entre, il me regarde à peine. Il regarde de gauche à droite comme s'il cherchait quelque chose ou quelqu'un. Je le laisse tout simplement faire; je m'assois sur le canapé et lorsqu'il a terminé, il revient vers moi les mains aux hanches. Il a l'air soucieux.

Léa : tu n'aurais pas par hasard vu Nathalie ?

Moi : qu'est ce qui s'est passé ?

Il ne me répond pas, il fait les 100 pas et tourne en rond.

Moi : assois-toi, tu me donnes le tournis

Léa : Sybel , avant d'arriver à Douala, je lui demandé de me dire ou état situé le dispensaire de quartier, tu sais ou il est ?

Moi : non !

Léa : à Village, tu sais le quartier je crois à la sortie de la ville là, le dispensaire est fait de planches. C'est une planche, vieille et moisie qui sert d'écriteau, humm. Devant le dispensaire, se trouve une rigole ou plutôt une rivière d'eaux nauséabondes. Je ne sais si cette eau là provient des WC des maisons voisines mais l'odeur qui s'en dégage est irrespirable, je ne sais d'ailleurs pas comment font ceux qui vivent dans ce coin là.

J'ai demandé à voir le médecin, on m'a présenté un monsieur à qui j'ai demandé si c'était lui qui s'était occupé du curetage, il m'a dit oui.

Il s'est arrêté pendant 5 mn , l'air de réfléchir, l'air de chercher ses mots. On sentait qu'il avait été choqué, je ne pouvais qu'attendre la suite.

Léa : Je lui ai demandé de me montrer la salle ou avait été fait le curetage, la salle, la fameuse salle !

Moi : calmes toi Léandre s'il te plait

Léa : au sol, on sentait le ciment venait d'être posé, la table est un lit en fer avec des draps qui furent blancs malgré le fait qu'ils soient propres, si je peux le dire. A coté de la table, une petite table en fer forgé ou reposent les compresses et autres. Il n'y avait pas d'objet pour faire l'aspiration, non rien !

J'ai senti mon sang bouillir et mon cœur se serrer, comment ma sœur a-t-elle pu se mettre aussi en danger ? Je lui ai demandé tout gentiment, comment il avait procédé. Il m'a dit qu'il a donné un comprimé à ma sœur à mettre dans le vagin 3 jours avant et dès qu'elle avait des douleurs ou une perte de sang, qu'elle revienne le voir.

Avait-elle fait des échographies ? Non ! Effectivement le jeudi soir dans la nuit, elle s'est mise à saigner et elle est rentrée le voir. Elle a tout simplement écarté les pieds et il s'est mis à travailler manuellement avec des forceps, sans anesthésie. Sybel, imagines la douleur, imagines ! Il a travaillé pendant une demi-heure sur elle, elle était toute seule là-bas. Imagines si quelque chose lui arrivait, si elle s'évanouissait et avait besoin de soins. Il a fini et lui a donné deux comprimés de paracétamol avec une ordonnance. Lui a-t-il demandé son âge ? Non ! Lui a-t-il demandé si ses parents étaient d'accord ? Non !

Maman m'avait dit qu'elle était blanche comme un linge lorsqu'elle est rentrée de l'école mais j'ai demandé à ma mère de se calmer, qu'elle se faisait surement des idées parce que ce n'est qu'une enfant. Humm.

J'ai demandé au médecin s'il stérilisait ses instruments, il m'a dit à l'eau chaude simplement. Il y avait un coin cuisine avec une petite marmite, il fait bouillir les forceps, je crois que c'est comme ça qu'il appelle ça et les quelques autres instruments. Dès que c'est fait, il les ressort et les pose sur la table en fer dont je t'ai parlé. Voilà, c'est dans cet endroit que ma sœur est allée se faire charcuter, si je puis dire. Tu veux connaitre la meilleure Sybel ?

J'ai demandé au médecin de me montrer son diplôme de médecin, docteur ou d'infirmièr et il m'a dit qu'il a juste fait une formation d'aide-soignant. UNE FORMATION !!! Sybel, une formation d'aide-soignant !!! ha ha ha ha ha ha ha Sybel, un aide-soignant !

Il s'est frénétiquement mis à rire, je crois que c'est ce que l'on appelle généralement un rire nerveux. Il était si énervé qu'il ne se contrôlait plus, il ne contrôlait plus ses émotions. Il a du en engranger beaucoup en quelques heures.

Quand il eut fini, il s'est tourné vers moi,

Léa : maman t'a surement appelé n'est ce pas ?

Moi : oui, elle était affolée et disait que tu voulais tuer sa fille. Léandre, comment as-tu pu la battre jusqu'à la faire fuir de la maison ? Ce n'est qu'une enfant bon sang !

Léa : une enfant qui connait déjà l'homme, elle sait déjà ce que c'est qu'un homme et toi-même tu sais que lorsqu'une petite fille s'engage dans cette voie, il est difficile de la remettre sur le droit chemin. J'ai voulu lui enlever l'envie de penser au sexe, le refaire.

Moi : Crois-tu que ce soit la bonne solution ? Ne crois-tu pas que le fond du problème, le véritable problème se trouve ailleurs ? Léandre, ta sœur te craint !

Léa : une sœur doit parfaitement craindre son grand-frère, je ne suis pas son petit copain non plus. S'il arrive que les parents trépassent, c'est moi qui vais m'occuper d'elle.

Moi : j'ai l'impression que tu ne m'écoutes pas, ta sœur n'a pas peur de toi, elle te craint ! Je ne sais pas si elle te respecte mais elle te craint, il y a une nuance. Elle devrait avoir peur de toi mais en cas de besoin avoir la certitude de pouvoir se confier à son grand-frère, ce qui n'est malheureusement pas le cas ici. Elle a eu un problème grave, elle n'a pas eu le courage de t'appeler, elle est venue me voir deux jour après avoir fait le curetage, elle n'avait jusque là pas pris d'antibiotiques. C'est grave !

Dieu merci lorsque nous sommes allées voir le gynécologue, il a fait un contrôle, il n'y avait plus d'enfant, pas d'infection mais son vagin présentait juste un traumatisme sévère. Il a prescrit des antibiotiques et demandé du repos à ta sœur. Nous pouvons dire merci au Seigneur pour cela, elle aurait pu avoir une infection, cela aurait pu être mal fait et elle serait stérile à tout jamais. Nous avons pu causer avec elle et elle lui a appris comment faire sa toilette intime. Elle lui a prescrit une pilule et qu'en cas de rapports non protégés, elle devrait à tout prix prendre la pilule du lendemain. Nous sommes allées à la pharmacie, j'ai veillé à, ce qu'elle mange et prenne des médicaments tout de suite, ce qu'elle a fait sans discuter.

Nous sommes ensuite allées au centre de planning familial, nous avons rencontré un médecin qui a écouté avec beaucoup d'attention. C'était une dame, ce qui a encore mit ta sœur en confiance. Elle lui a posé des questions sur sa sexualité et la sexualité en générale. Résultat des courses ? Elle a appris sur le tas. Ta sœur n'a aucune éducation sexuelle mais alors aucune !

Léa : nous sommes en Afrique ici Sybel, pourquoi voudrais-tu que l'on apprenne à nos jeunes filles comment faire l'amour ? Tu veux aussi que l'on vote une loi permettant l'avortement. On a quand même nos valeurs Sybel.

Moi : je n'ai jamais dit qu'il fallait une loi encourageant l'avortement, je parlais plutôt d'éducation sexuelle. Oses nier qu'avec la vulgarisation du sexe, que ce soit à la télé ou partout ailleurs, les enfants sont de plus en plus précoces. Les jeunes ont leur premier rapport entre 15 et 17 ans. On ne va pas s'en cacher non plus, c'est un secret de polichinelle. Que faudrait-il faire ? Que l'on continue à faire semblant de rien voir ? Si elle avait eu à parler du sexe à la maison avec maman peut-être cela lui aurait évité de faire cette bêtise.

Léa : c'est maintenant la faute de ma mère si elle a couché avec son petit-copain ? Sybel, je crois que tu dépasses les bornes !Tu oses insinuer que ma mère a raté son éducation ?

Moi : non mais elle a fauté dans le sens ou c'est elle qui devait lui en parler, c'est elle qui devait lui parler des règles, des menstrues de la vie d'une femme. C'était à elle de faire ce travail, d'instaurer une relation de confiance avec elle de façon à ce qu'elle soit toujours sa mère mais aussi sa confidente.

Si ta mère était au courant de certains détails, elle aurait pu lui demander de ne pas ci ou ça. Je crois qu'il y a eu un manque de communication alors que c'est la clé de tout. Ta sœur a été obligé d'apprendre avec ses copines, elle était novice en la matière et c'était en plus son premier rapport sexuel.

Léa : quoi ?

Moi : oui Léandre, elle n'a eu des rapports qu'une seule fois et pour elle, cela a été la fois de trop. Je ne te juge pas Léandre mais tu es son grand-frère et il aurait été mieux qu'elle puisse venir vers toi en cas de pépins mais le constat est là, il est amer. Je remercie Dieu que ce soit moi, qu'elle ait choisie. Elle aurait pu tomber sur quelqu'un d'autre qui lui aurait donné des conseils douteux ou aurait profité de sa naïveté.

Nous avions déjà fait le travail en amont au centre de planning familial, parler de tous moyens contraceptifs : le préservatifs, la pilule et aussi savoir compter son cycle. Ce qu'il te restait à faire, ce n'était non pas de la féliciter mais de gronder, d'instaurer un dialogue profond avec elle pour qu'elle ait une certaine confiance en toi, qu'elle puisse venir vers toi en cas de problème. Et si c'était difficile ou trop te demander, il fallait en parler à ta mère à tête reposée mais tu as agi comme un ...je préfère taire le mot auquel je pense. Tu as agi comme un imbécile, voilà !

Léa : mais il s'agit de ma sœur, c'est de ma sœur dont tu parles. Comment puis-je cautionner que ma sœur puise se faire avorter ?

Moi : et moi ?

Léa : toi quoi ? je ne comprend pas

Moi : tu as oublié ? Tu as oublié que tu m'as demandé d'avorter le jour ou je t'ai annoncé que j'étais enceinte ? Tu as oublié ? Je suis aussi la sœur de quelqu'un, je suis aussi la fille de quelqu'un au cas où tu l'aurais oublié. J'ai aussi une famille qui m'aime, une famille qui peut me pleurer au cas où quelque chose m'arriverait. C'est facile pour un homme de dire à une femme, va te faire avorter ! C'est facile puisque ce n'est pas votre vie que vous mettez en jeu, c'est facile car vous ne vivez pas avec la crainte de ne pouvoir procréer plus tard. C'est facile car ce n'est pas vous qui supportez la douleur physique de l'acte comme a supporté ta sœur sans anesthésie pendant ce curetage. C'est facile car vous ne supportez pas la douleur physique ou psychologique. Vous ne vivez pas dans l'angoisse de chercher l'argent pour aller vous faire avorter, vous ne vivez pas dans l'angoisse de savoir ce que vont penser les parents.

Sniff....Tu es parti du jour au lendemain parce que je t'avais dit que j'étais enceinte, tu voulais seulement que je te rappelle au cas où je m'étais décidée à faire un curetage. Tu sais ce que j'ai du subir de mes parents ? Les insultes, les brimades, j'ai tout subi, heureusement qu'ils ne m'ont pas violentés. Ils ne m'ont pas demandé d'avorter, ils ne m'ont rien imposé. J'aurais pu faire comme ta sœur penser à l'avortement, j'aurais pu faire comme elle, collecter des sous en douce pour me faire avorter.

Tu connais la situation de mes parents, tu sais comment nous vivons, ou crois-tu que je serais allée si je n'avais pas été forte mentalement ? Je serais allée dans un dispensaire comme l'a fait ta sœur ? Elle y est allée car elle ne pouvait supporter, les rires, les quolibets à l'école, la colère des parents, la crainte de son grand-frère et surtout la déception d'avoir été lâché par son petit copain. Oui, son petit-copain s'est exactement conduit comme toi à l'époque.

Alors, qui es-tu pour t'arroger le droit de la battre comme tu l'as fait ? Qui es-tu pour décider, pour avoir le droit de vie ou de mort sur elle ? Qui es-tu pour décider de sa vie ? Tu n'es pas un ange Léandre ! Tu n'es pas un cadeau tombé du ciel non plus ! Tu veux la tuer ? Tu as voulu la tuer ? A qui, à quoi pensais-tu exactement en lui donnant des coups comme si elle était un morceau de bois ? Tu étais content en lui donnant des coups de pieds dans les cotes ? Sniffff....Tu te sentais plus viril ?..snifff...ta mission de grand-frère est elle accomplie ? ...sniff...tu te sens mieux ? ...snifff...ton honneur est-il lavé ?

Le fait qu'elle se soit enfuie de la maison à 1h du matin ne t'interpelle t'il pas ? Si elle se faisait agresser et violer par des bandits. Serais-tu en paix avec ta conscience ? Tes parents te l'auraient-ils pardonné ? Crois-tu avoir su gérer tes émotions ? Nos émotions nous informent certes de nos besoins mais aussi de nos limites. Sur ce coup, laisses moi te dire SUPER LEANDRE, tu as m***é ! Je suis déçue par ce que je vois, je croyais que l'épisode de ma grossesse t'avait servi de leçons mais je vois que non !

Sais-tu qu'elle s'auto-flagelle déjà ? Elle culpabilise d'avoir tué un enfant, un être humain. Elle n'a que 16 ans, elle doit déjà vivre avec cela sur la conscience. L'avortement a des répercussions qui ne sont pas que physiques mais aussi psychologiques. Elle est traumatisée et là, elle est juste un animal blessé.

Pendant tout le temps qu' a mis mon monologue, il avait la tête baissée. Il se tordait les mains, il écoutait mais là il a levé la tête et s'est tourné vers moi.

Léa : elle est là ? Je t'en prie dis-moi que ma sœur est là ?

Moi : oui, elle est là mais elle est mal en point.

Léa : je peux la voir ?

Moi : je vais essayer mais tu devrais appeler tes parents pour leur demander de ne plus s'inquiéter.

Léa : merci Sybel, je fais ça et pardon encore pour l'épisode d'il y a quelques années. Je n'avais pas conscience de tout ceci.

Il s'est levé et a pris son portable pour appeler ses parents. Je me lève à mon tour et vais vers la chambre de Grace. Je toque,

Moi : Grace, c'est moi. Tu peux ouvrir, c'est bon !

Gra : tu es sure la big ?

Moi : oui, ne t'inquiètes pas ouvres !

J'entends la clé tourner dans la serrure, j'entre et regarde sur le lit croyant trouver Nathalie mais elle n'y est pas. Elle est tout bonnement restée dans le coin et dans la position ou je l'ai laissée plutôt. Mon Dieu, c'est horrible, elle doit avoir ma partout. Je me suis approchée d'elle, pas de réaction ! Je la touche, pas de réaction, peut-être dort-elle ? Je la bouscule un peu et elle tombe comme un sac du coté droit.

Moi : tu as essayé de la lever ?

Gra : oui, mais elle a refusé et elle ne voulait même pas parler.

Moi : appelle son grand-frère, vite !

Léandre arrive quelques secondes plus tard, il porte sa sœur et nous allons dans la voiture. Direction, Laquintinie après que j'eus donné des instructions à Grace, elle devait rester avec Athie et fermer toutes les portes à clés.

Dans la voiture, je priais seulement qu'elle ne décède pas, elle était salement amochée. Sa tête était posée sur mes cuisses car j'étais assise sur la banquette arrière et Léandre conduisait comme un fou brulant tous les feux qu'il y avait sur le chemin.

Nous sommes arrivés à l'hôpital et avons directement été s en charge par le médecin de garde. Nous avons essayé de suivre la civière ou était couchée Nathalie mais arrivés devant une porte, on nous a gentiment demandé d'aller à la salle d'attente.

Léandre avait les yeux vitreux, le dos affaissé comme un vieillard, il ne parlait pas et se contenait à grande peine de pleurer. J'aurais aimé vous dire que j'avais pitié de lui mais je n'y arrivais pas, non, je n'arrivais pas à lui témoigner de la compassion. Nathalie, c'était tout simplement moi il y a quelques années.

Il faudra que je cause avec Grace à mon retour, que nous ayons la fameuse discussion ou que je l'emmène aussi au centre de planning familiale. J'étais dans mes pensées depuis je ne sais combien de temps lorsque le médecin ressort de la chambre. Il a l'air grave, il n'a pas l'air content du tout.

Doc : C'est vous les parents de la jeune fille que nous je viens d'examiner ?

Nous : oui

Doc : Non seulement elle a des cotes fêlées, elle a des hématomes, un visage tuméfié, des contusions, elle perd du sang, je veux dire, elle saigne .Elle a apparemment eu un traumatisme vaginal récemment.

Nous baissons juste la tête, il n'y a rien d'autre à faire, je crois. Que dire ?

Moi : oui, elle a fait un curetage, il y a environs une semaine, un curetage pas très réussi.

Il nous a regardé tour à tour, nul besoin d'avoir un diplôme de psychologue ou un doctorat pour connaitre le fond de sa pensée.

Doc : Elle a eu une sévère correction et elle a une hémorragie interne ! Elle est inconsciente depuis longtemps n'est ce pas ?

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