1-
Dieu me déteste.Il vient de me le prouver. Il vient de me le dire : PUPUCE, PREND CA EN PLEINE FIGURE ! Et bam, grossesse ! Dieu me déteste ! Mais, bon ! Comme je ne l'aime pas non plus, Il peut me donner tous les enfants qu'il veut. Et puis quoi encore ? Avec toutes les femmes qui pleurent pour avoir un têtard dans leur ventre, c'est à moi qu'Il vient une fois encore infliger cette torture !!!
Il ne m'aime pas cet Être Supérieur qui est dans le ciel. Sinon, il aurait compris qu'en ce moment dans ma vie, j'ai besoin d'autre chose.
Que faire ?
Que dire ?
Qu'attendre d'autre encore de la vie ?
C'est le flou total.
Aucune visibilité devant moi.
Alors, je préfère m'arrêter un instant ?
Ne plus respirer.
Me taire.
Oui, c'est ça !
Me taire.
Comme si c'est possible.
J'ai envie de crier, mais je ne fais rien.
Je n'ai pas envie de me poser des questions et me dire que j'aurais dû...
Bref, j'ai envie de fermer ma tête, l'empêcher de penser. Et dormir. Mais cette nuit encore, je n'ai pas sommeille. Il est 23 h 30.tout est calme dans la maison.
Même les jumelles qui, perturbées par le voyage en bateau, continuent à tirer les nuit en longueur, dorment déjà. C'est le silence complet. Dans les lits superposés à côté du mien, dorment Marine et Alexia. Pour ne pas les déranger avec l'insomnie qui me menace, je sors de la chambre. Prostrée contre un mur du couloir, je me demande quoi faire.
Je me dit que Celui qui est là haut dans le ciel ne m'aime pas beaucoup. Je crois même qu'Il ne connaît pas mon nom. Raison pour laquelle, faisant ma prière là, dans ce couloir, je l'appelle « Eh, toi. »
Et je fais cette prière :
« Je ne sais pas à quoi Tu joues mais je n'aime pas du tout ce jeu. C'est toi qui m'a modelé. Si j'ai été créée à Ton image, c'est que Tu es bien méchant, car moi, je suis loin d'être une perle. Mais, toi et moi nous devons nous entendre à ce stade de la situation. Cet enfant que tu as placé dans mon ventre, à toi de trouver la solution à sa vie. Un point, à la ligne. J'ai prié. Advienne que pourra. »
et le silence devient tellement lourd après cette prière, qu'il me semble qu'une voix me chuchote : TU NE PEUX T'EN PRENDRE QU'A TOI-MEME !
Aux premières heures du jour, je prends mon téléphone pour appeler ma combi Sunita et la mettre au parfum. Sa réaction me surprend au plus au point :
« Dieu t'a fait grâce, Pupuce. N'écoute surtout pas les gens qui te disent que tu as fait un erreur. Les enfants sont une bénédiction. Si Dieu te les donne c'est qu'Il sait ce qu'il fait. », me lance t-elle.
« Heureusement que tu es là pour me remonter le moral. Je n'en peux plus de voir la mine dépitée de tantine Bernadette. J'ai l'impression de lui avoir planté un couteau dans le dos. », lui fais-je.
« Elle changera d'attitude. C'est juste le choc de la nouvelle qu'il lui faut surmonter. Je te dis de rester calme. Pense seulement à tes études. Le reste se fera tout seul.
« D'accord. C'est vrai que maintenant, il me faut sérieusement penser à ce que je vais faire. Je n'ai même pas le courage de me poser et de réfléchir. Je laisse couler sans savoir où le vent m'emportera. »
« C'est aussi une bonne chose. Laisse venir les plans de tes parents. S'ils veulent te garder à Libreville, reste là, tranquille. S'ils décident de t'envoyer ailleurs, vas-y tranquille. En tous les cas, ne te fâche avec personne, ne pète pas les plombs et surtout, ne te fais pas de reproche. Je vais être tata, oooh ! Vraiment, y a de quoi faire la fête ce soir. »
« Tu es bien enjouée, toi ! Je savais qu'en t'appelant je retrouverai un peu de positiv attitude, mais là, je suis intriguée. Tu es trop positive et heureuse. Ça s'entend dans ta voix. »
« Je suis très heureuse pour toi, voilà tout. J'irais demain à Ste Barbe faire une action de grâce pour toi. »
« Ah ! Tu vas maintenant à Ste Barbe. ? Tu es maintenant de retour dans La Maison de Dieu ? Que s'est-il passé ? »
« Aka ! Je suis allée remercier le Seigneur car il m'a gardé en vie avec cette histoire de ce blanc tordu et pervers. Je suis allée mais vraiment VRAIMENT le remercier. 'ai fait comme me l'avait dit le prêtre de ta tante. J'ai acheté 10 sac de riz parfumé, 10 paquets de spaghetti, 10 boites de cassoulet, 50 boites de sardines, 10 boites de lait, 10 boites de Nescafé, 10 paquets de sucre, 10 paquet de biscuit et j'ai fait le don aux nécessiteux. Depuis que je suis rentrée, je vais à la messe de 6 tous les matins. Je suis en paix. Je ne fais plus ce cauchemar là qui ne voulait plus me quitter. Ça va. La vie est belle. »
« Humm ! Je suis contente pour toi.Au moins toi, ta vie avance. Moi, je sais pas trop...je ... »
« On positive et on avance. Ne t'inquiète de rien d'autre que de ton avenir. Laisse ce bébé là où il est au chaud dans ton ventre et ne va pas l'embêter. »
« Ok, ok. Kiss. »
« On est ensemble ! Kiss, ma belle. »
Je raccroche, rassurée que la copine de mon cœur ne m'aie pas jeté la pierre. Je crois que si seulement elle m'avait fait un reproche et s'était montrée dégoutté de moi, j'aurais pris un cachet pour m'expédier au cimetière. C'est vrai, je fais la strong, mais au fond de moi, je manque prodigieusement d'assurance. La seule chose dont je sois sûre à cet instant, c'est qu'il est hors de question que je prenne 1 gramme avec cette grossesse. Je vais m'appliquer à ne pas grossir. Je déteste la graisse. HORS DE QUESTION QUE JE GROSSISSE. Je suis trop belle, trop fine dans mes beau jean et mes mini robes pour encore prendre 5 kilos de plus. Je tiens à garder mes 48 kilos. Si cela plaît à Tania d'en avoir 55, ce n'est pas le cas pour moi. Il est hors de question que je passe à nouveau le seuil des 50 kilos. Alors, mon petit, toi qui est venu te fourrer dans mon ventre, tu vas suivre mon rythme. Un point, c'est tout.
Je me mets là dans une chaise à la terrasse. Il est tout juste 7 heures du matin. Je prends mon Blackberry Z3 et je tape sur google.fr : aliments vitaux pour ne pas grossir pendant sa grossesse et rester en bonne santé.
~~~Dans l'esprit de Sunita.~~~
Je suis quand même pas mal bouleversée par la nouvelle que vient de m'annoncer Pupuce. Mais, je ne veux pas lui faire de reproche et lui dire qu'elle a prodigieusement gâché sa vie. Dieu lui a donné la chance d'avoir quelqu'un qui s'occupe des jumelles ; elle pouvait donc se consacrer à sa vie et tout remettre sur les rails. Mais, elle tombe de nouveau enceinte ! Ah, on va encore faire comment ? Ça sert même à quoi de lui dire : vraiment comment t'as pu être aussi bête ? Ça sert à rien du tout. Je suis sa sister, pas sa conscience encore moins Dieu. Donc si les gens veulent se fatiguer à la juger et se moquer d'elle, c'est eux-mêmes, eux-mêmes. Moi, j'avance. Les enfants, c'est le bonheur. Alors, on prend le bonheur quand il arrive.
Sinon, je ne voulais pas lui raconter tout ce qui m'arrive en ce moment. Dieu a posée sa main sur moi. Il a aplani mes sentiers. Ma route est tellement éclairée en ce moment, que j'en pleure de joie. Mais, cela, je le raconterai à Pupuce plus tard. Je veux qu'elle se calme et retrouve un esprit plus apaisé.
Elle va faire un autre enfant en l'espace d'un an, et alors ? Si elle est féconde, elle est féconde. Mais j'y pense, si la chance lui donne tous ces enfants, a qui les enlève t-il ?
Non que je veuille faire la mauvaise langue, mais y en a qui doivent commencer à se poser des questions...suivez-mon regard, car il se tourne vers Tania.
Sur le coup, j'ai envie de jouer un petit tour à ma sœur Jileska. Et si je l'appelle pour lui dire que Patrick n'est pas sérieux et qu'il a nier en bloc quand Pupuce l'a appelé pour lui dire qu'ils vont avoir un enfant ?
Huuuuummmm ! Non, c'est pas bon de faire des coups pareils aux gens. Je ne suis plus la même. Sunita a changée. Oui, oooh ! J'ai changé. Et il a fallut un élément important pour me faire comprendre que le soleil aussi au-dessus de ma tête pouvait briller sans forcer. Oui, c'est vrai, avant je forçais trop. Et c'est le diable que je suivais.
Mais tout ce soleil et le tralala, j'en parlerai à Pupuce plus tard. Pour l'instant, je fonce faire le tour des magasins pour bébé en ville. Quand tantine Bernadette reviendra, elle trouvera un nouveau berceau dans sa maison. Oui, je vais le livrer chez elle, parce que je sais, qu'indubitablement, ce bébé qui arrive, va atterrir chez elle. Ce n'est pas Kaba qui ouvrira la porte à ce petit ange...Enfin, ce ne sont pas mes problèmes !
Je reste là encore à penser à la vie et à la tournure qu'elle prend. Quand ma sœur Jileska pense avoir enfin le bonheur et tout et tout, dans les bras de son Patrick, voici que la vie se rappelle à eux d'une manière particulière. En effet, Patrick lui même, en son âme et conscience, sait qu'il a mis ma copine enceinte. Je ne sais pas comment il va gérer tout ça. Mais je serai là pour lui rappeler qu'il était bien content de coucher avec elle avant de subitement tomber amoureux de Jileska. Il doit assumer. Et même si Pupuce me dit qu'elle ne veut pas entendre parler du père ou quelque chose comme ça...je sais que ça ne peut être que cet englishman de Patrick qui l'a enceintée. Maintenant, si elle ne veut pas en parler, c'est peut être par décence vis à vis de Jileska.
L'un dans l'autre, tout va se savoir. Cet enfant qui arrive aura un père. Il est hors de question qu'il n'en soit pas ainsi. Si Peter Malonga est un rigolo auquel on n'aurait pas envie d'attribuer un enfant, Patrick a le travail, la maison, l'argent pour prendre soin d'un enfant. Donc, je ne me fais pas de souci pour le petit qui arrive. Je vais sur Facebook et je poste cette photo que j'ai fait avec mes choupinettes Jade & Ruby avant de quitter Port-Gentil pour Ndjolé. Et en l légende je mets : ce sont mes rayons de soleil
On trouvera bien assez d'amour pour accueillir le prochain.
Mamo, Pupuce, ooo ! Quand la chance tous ces enfants, elle les enlève à qui ?
2-
Nous sommes samedi. Il est 8 heures. J'ai fait la vaisselle et nettoyé la cuisine. Je suis assise à la terrasse devant la maison. Je regarde par le grillage qui sert de barrière, les voisins de cette cité, défiler. Les uns pressés, les autres en amoureux, main dans la main. Je suis ici depuis déjà quelques temps mais je ne m'y suis fait aucune copine. À l'époque, quand je venais en vacances, je rigolais avec Clémence, la voisine. Mais elle est partie en Tunisie pour ses études. Ses sœurs sont là, mais je n'ai pas envie de accoquiner avec elle.
Je pianote sur mon téléphone, toujours occupée à lire des articles intéressants sur les aliments, les régimes et la forme de la femme enceinte. Mon combat contre les calorie a commencé.
Je suis là en train de lire quand je reçois un whatsapp de Tania.
###Hello...
Je me demande bien ce qu'elle me veut. Si elle cherche de quoi alimenter son kongossa avec ses copines, je la zappe vite fait.
###Hello à toi. Nous allons bien. Bye.
Elle insiste
###Cool. T'as des bisous de la part de Miro.
Là, je réponds :
### Y a bien que lui pour penser à moi.
Et je décide d'arrêter là, la conversation. Je n'ai pas envie de discuter avec ma sœur. Pas aujourd'hui. Je veux qu'on m'oublie. Et surtout, je veux qu'on oublie mon ventre comme moi j'ai décidé de l'ignorer.
Mais, c'est semble t-il, peine perdue. Voilà Julien qui s'emmène et qui prend place dans une chaise en face de moi.
« A quoi rêves-tu en ce moment, Pupuce ? », me fait-il.
« A rien du tout. C'est simple, ma tête est vide et il ne se passe rien dans mon cœur. C'est le calme plat. Le vide. »
« Ok. En tout cas...j'espère que ça passera très vite car bientôt ton ventre sera tellement gros, que forcement, tu y verra plus clair. »
« T'es venu me faire la morale, c'est ça !!! De toute manière, tu ne m'as jamais réellement appréciée. Je ne suis pas aussi bien que Tania ; je ne suis pas aussi cool qu'Urielle. Tu penses que je ne t'ai pas entendu dans la nuit, quand tu parlais avec tante Bernadette ? Tu as osé dire que les autres sont plus futée que moi !!! Est-ce que tu sais ce que cela a fait à mon cœur ??? Si Sunita n'était pas là, j'aurais pris un flacon de Lexomil et je e serai suicidée. »
« OH, oh, oh, oh ! Pardon, excuse-moi. Ne parle pas de malheur et s'il te plaît, arrête avec les conneries. Je reconnais que ce n'est pas malin de ma part de te comparer aux deux autres, je te le concède. Mais s'il te plat, ne viens pas me parler de t'ôter la vie. C'est quoi ce truc !!!!! Tu es plus intelligente que ça Pupuce ! Tu te suicide et tes enfants restent avec qui ? »
« Mais avec tante Bernadette, voyons. Elle aime tellement les enfants ! »
« Que t'es bête, Pupuce ! Excuse-moi de te le dire. », insiste Julien.
Là, je baisse la tête car je suis touchée par ses mots. Et les larmes viennent seule.
« T'as jamais eu d'admiration pour moi, de toute manière. Pourquoi les choses changeraient aujourd'hui. Dis-moi que je te dégouttes ! »
Je n'arrive plus à empêcher ce flot de larmes qui se déverse comme un torrent d'eau.
Là, Julien se lève de sa chaise, il m'oblige à me lever. Je le suis comme une enfant. Il ouvre le portail et m'entraîne dans la cité.
« Nous allons marcher un peu. Je ne veux pas que l'oncle Alexandre nous surprenne en pleine discussion.
Nous avançons main dans la main et il me parle.
« Je me dis que de nous tous tu es la plus brillante en classe ; donc, je pensais que tu ferai un sans faute à l'école et dans la vie. Je suis un peu chamboulé. J'ai cru q ue maman me faisait une blague quand elle m'a appris la nouvelle dans la nuit. Pupuce, je m'attendais à tout sauf à ça. »
« Et tu penses que je l'ai fait exprès, n'est ce pas ? Vous pensez tous que j'agis sans réfléchir et que je fais toujours tout pour embêter le monde et attirer l'attention sur moi. Pourtant, là, je ne l'ai pas chercher, ; c'est arrivé comme ça. Je suis tellement déçue par moi-même que cela me fend encore plus le cœur de savoir que tante Bernadette est fâchée contre moi. »
« Elle n'est pas fâchée contre toi. C'est juste que tu lui a envoyé comme une décharge électrique en lui disant que tu as fait l'enfant avec un inconnu. Le mot l'a choquée. »
« Mais, c'est que...je...je ... »
« Ne me dis pas que tu ne sais pas qui est ce jeune homme. », fait Julien.
« Je ne sais pas qui s'est. Je me souviens à peine de son visage. Il était tellement beau que le reste, m'est passé par-dessus la tête et je ne lui ai même pas demandé son prénom. »
« Oh ! Je vois. Tu as couché avec lui sans capote alors que tu ne le connaissais pas. »
« Je t'assure, Julien. Je t'assure qu'on a utilisé une capote. En fait, on en a utilisé 3. Euh...Nous avons fait l'amour...euh...enfin...3 fois. »
« Epargne-moi les détails, veux-tu ! Et dans tout ça, tu ne t'es rendue compte de rien ? »
« Je sais pas, Julien. Tu sais, j'ai pas beaucoup d'expérience. Je sais même pas comment on met une capote. Je... »
là, il s'éloigne de moi et me regarde comme le ferait un médecin qui cherche à percer le secret de la maladie de son patient.
« Ah ! ok. Tu ne t'es rendue compte de rien. T'avais un beau mec là dans tes filets ; le reste c'était pas ton problème. Qu'est ce que tu ne me dis pas ? »
« Il ne m'a pas violée. C'était pas un viol. J'étais consentante. Je voulais faire l'amour. Je voulais oublié Patrick. Je voulais être désirée et désirable. Je voulais... »
« C'est bon ! J'ai compris ! », fait-il en me prenant à nouveau la main pour m'entraîner plus loin.
Nous arrivons bientôt dans un petit terrain vague. Il me fait asseoir au pied d'un manguier et s'assoie à coté de moi.
« Bon, ça me dérange cette histoire d'inconnu. Si tu fais un effort, tu retrouveras forcement des éléments qui nous permettrons de mettre un nom sur ce type. Tu l'as rencontré à la fête de l'anniversaire de la belle-mère de Tania. Nous allons donc regardé les photos des 180 invités qu'il y avait à cette fête. »
« Pas la peine ! Ce sera une torture pour moi. Je te dis que je ne me souviens pas de son visage. Tout ce que je sais c'est qu'il est beau. On s'est dit tous les deux, que c'est juste l'histoire d'une nuit et pas d'attache. Je n'allais donc pas m'attarder sur son visage alors que c'était son corps qui m'intéressait. »
« Qu'est ce qui ne va pas chez toi, Pupuce ? Tu n'as aucune pudeur ? Tu décides comme ça de couché sans état d'âme ! Garde cette histoire pour toi, ok. Je n'ai pas envie d'en entendre plus. », me fait Julien, exaspéré.
« Ça te dérange de savoir qu'on couche. Tes sœurs le font aussi, Julien. Tu dois t'habituer. », lui fais-je.
« Ne me provoque pas, Pupuce. Parle-moi plutôt de tes intentions. Maintenant qu'on sait que dans 8 mois il y aura un nouveau membre dans cette famille, comment vois-tu les choses ? Que compte-tu faire ? »
« Arrête de jouer au grand frère, Julien. Je te signale que j'ai 4 ans de plus que toi et que je ne suis pas une imbécile ! Arrête de me traité comme une bêtasse. Je suis enceinte, j'en assume les conséquences. Pas besoin de venir me moraliser et me prendre la tête. »
« Je suis obligé de te prendre la tête parce que ma chère, tu peux jouer la grand sœur autant que tu veux, tes petites c'est moi qui m'en occupe la nuit quand maman est trop fatiguée et que je veux qu'elle se repose. Nous sommes tous embarqués dans ton histoire ; parce que, au cas où tu ne l'aurais pas encore compris, on ne jette pas sa sœur dans une poubelle parce qu'elle est trop féconde et qu'on aimerait qu'elle garde ses jambes fermées. »
« Mais, je...je...Je voulais simplement m'amuser, passer du bon temps. C'était juste un délire, tu comprend. », fais-je, incapable de retenir mes larmes.
« Pardon, arrête de pleurer. On va arrêter de se disputer car je n'aime pas ça. Tout ce que je te demande Pupuce, c'est de faire les choses correctement. Comporte-toi en adulte. Arrête de faire culpabiliser les autres, compris ! Le fait que je trouve Tania plus raisonnable que toi n'a en rien motivée ton envie de te jeter dans les bras d'un inconnu. Et ce n'est la faute à personne si tu es tombée enceinte la première fois. Ce n'est encore la faute à personne d'autre que toi, si tu es enceinte aujourd'hui. Je veux que tu assume tout ce que tu as fait. Arrête de jeter la pierre sur les autres. », mon fait Julien.
Là, je consens à me taire. J'y vois flou. Je ne sais plus ni que penser, ni que dire. Silence.
« Je vais en parler à l'oncle Alexandre. Je pense qu'il vaut mieux le mettre au courant. Je ne suis pas d'accord avec l'idée de tantine qui pense qu'il vaut mieux attendre que tu sois partie. Il pétera 10 fois plus les plombs s'il le découvre une fois que tu seras loin. Et ça pourrait faire l'effet d'une bombe. »
« Tu crois ? Je pense que je vais préparer mon cercueil ; parce qu'une fois que tu lui auras tout d'y, il prendra son calibre 12 et me tirera dessus comme sur un lapin. La mort, quoi ! »
« Il n'en fera rien. Il faut avoir confiance. Et pour ton inconnu, essaie de te rafraîchir la mémoire et te rappeler de détails qui pourraient nous aider à l'identifier. »
~~~Dans l'esprit de Julien~~~
Dieu est là pour nous rappeler qu'il est le maître de nos vie. Il a beaucoup d'humour, je pense. D'une simple idylle d'un soir, il a crée un petit être que nous devons accueillir avec le sourire.
Je souris intérieurement.
Je sais que l'inconnu de Pupuce est Georgio.
Jamais au grand jamais je ne lui dirai que je le connais.
Ce n'est pas moi qui vais allumé la dynamite qui va tous nous faire sauter la cervelle.
Je vais laisser cette affaire d'inconnu comme cela. Il y aura bien quelqu'un, entre Tania, Miro et je ne sais qui pour trouver solution à tout ça.
Pourquoi prendrai-je, moi, la responsabilité l'appelez Miro et de lui dire : mec, voilà de quoi ton cousin est capable?!
Que les choses restent comme elles sont, pour le moment. Cela permettra de mettre un peu de plomb dans la cervelle de Pupuce. Elle n'à qu'a bien réaliser ce qui se passe. Et j'espère que cela la fera grandir un peu. Elle est beaucoup trop insouciante pour une maman et une futur maman.
Si la petite Jade est apparue dans le rêve de Tania c'est bien pour rappeler à la jeune fille qui les a mis au monde, sa jumelle et elle, que peu importe l'âge, on est maman dès que l'on a un petite être dans le ventre.
3-
Julien et moi sommes rentrés depuis dix minutes lorsque je vois l'oncle Alexandre qui sort de sa chambre. Il est vêtu d'un jean et d'un polo gris. Il sourit à Julien lui disant :
« Chef, les autres nous attendent pour cette partie de pêche. »
Julien et lui partent pour une journée de pêche au Cap Esterias. Je vais rester là, à la maison avec tantine et tante Bernadette ainsi que les filles. Je fais semblant de m'intéresser aux jumelles, comme me l'a demandé Julien. Je vais dans la chambre où elles dorment avec tante Bernadette. Je cogne avant d'entrer et je viens m'asoir sur le lit. Tante Bernadette a fait prendre leur bain aux petite, toujours secondé par Marine, Alexia et Angelline. Ces petites là aiment tellement les bébés que s'en est troublant. Moi j'ai vu Kaba mettre au monde les 7 enfant qu'elle a donné à Papa Jimmy. Jamais elle ne m'a fait participer eu rituel du bain. Jamais elle ne m'a imposée ou demandé de donner le biberon au petits. Jamais. Alors, voir ces trois là, actives derrière tante Bernadette pour habiller les petite ou leur donner le biberon, m'épatent toujours.
« Oh, ya Pupuce. T'as vu comment Jade a grossi. Et Ruby a maintenant 4 dents. Elle pressée de manger, celle-là », me fait la petite Alexia.
Je n'arrive pas à être émue. Je ne sais pas à quel âge les bébés sont supposés avoir leurs premières dents...donc, cela me laisse insensible.
Je touche les petites mains des jumelles. Je les trouve jolie. Leur peau à la couleur du caramel, comme souvent le sont les filles de 'ethnie de leur père. Bref, sortons cet imbécile de ma ma tête. Je les admire. Elles sont vêtues de jolie petite jupes que leur a acheté Urielle. Elles portent les jolies chaussures que leur a offert Tania. En somme, tout ce qu'elles ont sur le corps vient d'autres personnes que moi.
Je suis troublée. Elles sont sorites de mon corps, mais je ne ressens rien de ce qui devrait normalement m'attacher à elles.
« On a faire un tour dans la cité. On va les promener. », lance Marine.
Il est hors de question que j'aille où que ce soit avec elle. Il manquerait plus que quelqu'un s'arrête pour admirer les jumelles et que les petites vendent la mèche en disant à tout le monde dans la cité qu'elles sont de moi. Non ! Je ne sors pas avec elle.
« Tu y vas avec elles ? », me demande tante Bernadette .
« Non, je n'ai pas fini le ménage. », fais-je en sortant de la chambre.
Dix minutes plus tard, je vois tante Bernadette sortir de la maison en portant la petite jade alors que Ruby est soigneusement installée dans la vieille poussette d'Alexia. Elles partent faire un tour dans la cité. Tantine leur fait des bisous et vient me rejoindre dans la cuisine.
La femme de mon oncle Alexandre est particulière. Au début, je la trouvais dure car elle n'a pas hésité à me dressée pour que je comprenne certaines choses. Là, je trouve son attitude plutôt cool. Je pensais qu'elle irait directement me trahir à mon oncle en apprenant ma grossesse, histoire de lui faire voir que je suis un déchet contrairement à sa fille Urielle qui est récupérable.
Au lieu de ça, elle a fait profil bas.
Elle me regarde et me lance :
« Fais semblant de t'occuper de ces petites là ; sinon, tu les perdras irrémédiablement. Comment conçois-tu qu'Urielle et Tania appelle au moins deux fois dans la journée rien que pour demander de leurs nouvelles et toi tu ne fais pas cas ? »
« Je suppose qu'elles appliques l'adage qui dit chez nous : l'enfant de t-a sœur est ton enfant. »
« Sois pas sotte. Si tu rates le coche avec ces deux là, tu feras la même chose avec celui qui arrive. »
« Ah, bon ! », fais-je, juste pour lui donner l'impression que ce qu'elle dit m'intéresse.
« Pupuce, qu'est ce qui ne va pas. Nous sommes là toutes les deux, parle-moi ! Je sais que ta mère Agnès est difficile à vivre, mais je sais aussi que lorsqu'on lui parle, elle écoute. Qu'est ce qui fait qu'elle et toi êtes fâchées aujourd'hui ? Je veux bien comprendre qu'elle ait été déroutée par ta grossesse précoce, mais, c'est ta mère ? »
« Je ne comprends pas ce que tu veux que je te dis, tantine. Je ne comprends pas le sens de ta question. »
« Pupuce, j'ai toujours été très dure avec ta sœur Urielle, elle peut te le dire. Sa liberté, elle l'a eu un fois le bac décroché. Mais cela n'empêche que lorsqu'elle a un souci, elle m'appelle pour en parler. Quand elle sait que je vais craquer avec elle, elle appelle son père. Elle a fait les 400 coups au Ghana, j'en étais à m'arracher les cheveux ici, parce qu'elle m'envoyais des messages pour tout me raconter, histoire, comme elle disait, que je ne sois pas surprise en apprenant ses frasques. Peu importe ce qu'elle peut inventer comme bêtises pour me faire hérisser les cheveux sur la tête, c'est mon enfant et elle sait que je l'aime. Comment ce fait-il qu'Agnès et toi, vous n'arrivez même plus à vous dire autre chose au-delà de bonjour. »
« Qu'est ce que j'en sais, tantine. C'est toi qui la connais depuis plus longtemps que moi. J'ai vécu 17 ans avec elle et je ne sais toujours pas comment elle fonctionne. Je ne suis même pas sûre qu'elle m'aime. En fait, je ne suis pas sûre qu'elle soit capable d'amour. »
« Si elle n'est pas capable d'amour, toi tu prends la même direction qu'elle. »
« Pourquoi dis-tu cela, tantine ? »
« Vois comment tu te comportes avec tes filles. Tu reproduis le même schéma que tu as connu avec Agnès. »
« JAMAIS ! Je ne ressemble pas à cette dingue ! JAMAIS ! »
« Arrête de crier. Ma belle-sœur n'est pas dingue. Un peu plus de respect pour ta mère. Je suis sûre que tu me caches des choses. Si tu ne veux pas que j'appelle ta mère tout de suite pour lui dire ce qui t'arrive, tu as intérêt à cracher le morceau. Qu'est ce qui ne va pas entre vous. »
« Rien, tantine. Rien. Elle est froide comme un glaçon. Je me demande comment son mari arrive à la supporter. Je me demande même comment il arrive à lui faire des enfants. Je... »
« Je t'écoute. Parle ! »
« Je ne sais pas moi ! Elle s'y prend mal avec moi depuis le début. Elle était pas faite pour avoir des enfants, c'est tout ! La preuve en est que la petite Angelline a fuis la maison pour venir rester chez tante Bernadette. »
« Elle est venue chez Bernadette, non pour fuir sa mère, mais pour suivre les bébés. Dis-moi ce qui se passe entre Agnès et toi. Et dis-le moi maintenat. »
« Oyooo ! Qu'est ce que tu veux entendre ! Tout ce que je peux te dire c'est que depuis le début, en fait depuis que je comprends les choses, elle m'a toujours prise pour une rivale parce que papa Jimmy a toujours tout fait pour que je ne man,que de rien. »
« Y a rien d'autre ? »
« Ah, tantine. Toi même tu sais que maman est une dingue. C'est dans son tempérament de s'emporter. »
« Pupuce, les chiens ne font pas de chats. Si tu ne répare pas ta relation avec Agnès, ma chère, tu verras de toutes les couleurs avec tes filles. Elles t'infligeront un véritable calvaire car elles seront plus attachées à tes sœurs qu'à toi. Tu n'auras que tes yeux pour pleurer.3
« Pourquoi dis-tu ça, tantine ? », lui fais ahurie.
« Je le dis car aujourd'hui, au moment où je te parle, Agnès est entrain de pleurer. Et tu sais pourquoi ? »
« Oh ! Elle pleure. Bof ! Je n'ai pas envie de savoir pourquoi. En fait, je n'ai plus envie de parler d'elle. Elle me fout les boules. »
« Ma fille, tout ce que tu ne sais pas encore, la vie se chargera de te l'apprendre. », fait tantine.
« Oh ! Pourquoi dis-tu cela ? »
« Je le dis parce que à chaque fois que je te parles, j'ai l'impression que tu fermes intérieurement tes oreilles. Sinon, ce n'est pas possible que les conseils tu les entends mais ne les appliques jamais. »
« Quel conseil m'as-tu donné, tantine ? Quel conseil n'ai-je pas appliqué ? », lui fais-je.
« Je t'ai dit dès le premier jour où tu es arrivée ici, que tu devais changer ton comportement vis à vis de ta mère. Je t'ai dit de prendre la peine de l'appeler tous les jours pour prendre de ses nouvelles et lui parler de la pluie et du beau temps. Mais tu ne le fais pas. Comment veux-tu rétablir un lien entre vous. »
« Euh ! Je l'ai appelée 2 fois. À chaque fois elle est sèche au téléphone. Je préfère utiliser mes unités pour ppeler des gens qui me mettent de bonne humeur, c'est tout. »
« Ok ! Dis-moi, si Bernadette se retrouve là dans l'incapacité de garder les jumelles, qui s'en occupera ? »
« Grand-mère est là. Elle s'en occupera. »
« Tu as réponse à tout. N'est ce pas Pupuce ! »
« Euh ! Je...Bon, je sais que j'ai de la chance que tante Bernadette soit là. Mais bon, en même temps, maman et elle s'est le jour et la nuit. Comme j'ai peur la nuit, je préfère rester du coté du jour. Raison pour laquelle, je m'accroche à tante Bernadette, même si elle ne me supporte pas en ce moment. »
« Pupuce, tu ne connais vraiment pas le père de ton futur bébé ? »
« Non, tantine. Je...je ...Je suis désolée de vous causer autant de soucis. Si je pouvais, je me ferai avorter pour ne pas être un fardeau pour quiconque. »
« Arrête de dire des bêtises ! On ne parle pas d'avortement dans ma maison. Mais dis-moi, pourquoi as-tu arrêté la pilule qui t'a été prescrite après ton accouchement ? »
« J'avais peur de grossir. J'ai lu quelque part que la pilule contraceptive fait grossir. Je me suis tellement battue pour rester fine et perdre les kilos après ma grossesse. Il était hors de question que je prenne un gramme à cause d'une pilule. »
« Tu es tellement obnubilée par ton poids ! Voilà comment Dieu va te rappelle que l'apparence physique ne fait pas la femme. Tu est vraiment une enfant, Pupuce. Tu joue la grande fille, mais tu reste une enfant. »
« Oh ! Euh... ». Je ne trouve rien à rétorqué à ce qu'elle vient de dire.
« Ta mère a appelé ce matin à 6h. Elle pleurait au téléphone. », me fait tantine.
« Oh ! Elle sait pleurer, celle-là ! Ah, oui, je vois. C'était des larmes de crocodile. », fais-je avant de sortir de la cuisine pour ne pas entendre parler de Kaba et de ses humeurs.
Je ne sais pas comment font les autres avec leur mère, mais celle-là, je la changerais volontiers.