C'était un jour routinier pour Damien et Léna, ils avaient pour habitude de se retrouvés sur leur temps libre. Damien ignorait encore que le rendez-vous avec sa meilleure amie allait changer tous ses plans.
Léna et Damien se connaissaient depuis leur plus tendre enfance, ils fus voisins dans les années 90 quand les parents du petit garçon avaient emménagé à Saint-Malo : Une commune française située en Bretagne. Ces parents s'étaient installés dans cette ville portuaire car l'hiver la commune est endormie en dehors des périodes touristiques. Son père travaillait au musée d'histoire maritime comme agent de sécurité avant de prendre sa retraite et sa mère est assistante maternelle comme elle aimait tant le chuchoter. Officieusement elle était marraine de trois enfants mi-corbillats qu'elle accueillait tous les jours devenus orphelins, le soir venu elle ramenait les enfants à l'orphelinat.
Damien vivait à Rennes, dans un petit appartement situé place des lices. Il envisageait de déménager d'ici puisque ses études d'entraîneur sportif étaient terminées, il faut dire que l'univers universitaire cette place n'était plus adaptée à ses obligations actuelles.
En attendant Léna il s'était assis en terrasse dans un pub réputé pour ses centaines de bières pressions et tout comme lui, Léna adorait en déguster une autour de longs bavardages amicaux.
Le soleil automnal lui chauffait le nez, il observait sa bière ambrée en tournant le verre à pied de gauche à droite. Il mourrait d'envie de lui parler de sa vie nocturne, il dirait à Léna qu'elle n'était pas en sécurité ici ! Il sentait l'inquiétude brûlée dans ses veines, ses instincts de corvidé prendre l'ascendant sur son côté humain, ce n'était pas bon signe du tout. Le souvenir de cette nuit le faisait presque croasser ! Comme l'appel de détresse émit de la corneille Doria essayant de protégée sa sorcière des griffes d'un démon qu'il leur était méconnu.
Effectivement son devoir de corvidé s'effectuait généralement la nuit, son amie Doria l'avait appelé au secours. Le démon en question avait liquidé de sang-froid la sorcière qui était sous la protection de la corneille, Damien avait réussi à contrôler le démon et lui infliger une blessure assez profonde pour l'interroger, le démon s'était efforcé à donner peu d'informations. Damien et Doria ignoraient à ce jour pour qui le démon avait donner allégeance, seulement qu'il était dans leurs monde pour préparer la légende sur l'oiseau de feu. Pour donner suite à cette tragédie le corbeau et la corneille étaient partis à la rencontre de leur supérieur, donnant le démon qu'ils tenaient prisonnier. L'entrevue n'avait pas été concluante aux yeux de Damien, il était sorti du bâtiment avec des pensées encore plus sombres.
En cette après-midi, Damien pressentait qu'il pouvait perdre le contrôle de son état humain ce qui accentuait le mauvais présage que sa mère Lauren lui contait dès son plus jeune âge. La Toussaint approchait à grands pas, ce qui tourmentait ses réflexions.
Il sentit le parfum fleurit de Léna chatouiller son nez, il comptant le nombre de pas qui les séparaient, son cœur battait la chamade comme une douce mélodie qui jouait à l'infini, il en déduisait qu'elle était proche de lui.
En effet il l'apercevait à cinq mètres sur sa droite descendant les escaliers donnant sur l'horloge de la place construite au XVIIIe siècle. Léna croisa son regard et lui fit un grand sourire qu'il lui rendit chaleureusement mais de courte durée. Seulement il remarqua un changement notable et désagréable à l'œil perçant et minutieux du corbeau freux.
L'aura que dégageait Léna habituellement avait changée de couleur et d'aspect ! L'aura naturelle qu'il aimait tant admirer en secret devrait être d'une couleur blanche légèrement poudreuse presque translucide. Damien aimait comparer son aura à une eau de mer paradisiaque et s'il regardait de plus près le blanc poudreux qui émergeait était comparable à du sable fin magnifique à regarder et si agréable aux touché laissant un voile de soie au bout de ses doigts.
Damien devait se rendre à l'évidence l'aura qu'il perçue à cet instant n'était plus l'identité de sa meilleure amie ! Pétrifié par la nouvelle aura, il sentait la panique coulée dans son corps, il sentait les picotements sur son épiderme signe de son plumage naissant, il avait envie de crier de douleur car il ne contrôlait aucunement sa mutation. Ceci arrivait aux corbillats non aux corbeaux adultes ! Des vaisseaux sanguins éclatèrent par la colère qui arrivait à son apogée, deux solutions s'offraient à lui, il fallait qu'il réagisse immédiatement ! Soit il s'enfuyait comme un fugitif, soit il se contrôlait comme un sportif de haut niveau ! Il apprenait qu'à bout de force aux bords de l'abandon il trouvait toujours des ressources pour ne pas déclarer forfait !
Damien fixait de nouveau son verre à pied, il observait sa main droite tenant le pied possédé de spasmes. Le verre tremblait légèrement, il vit la bière agitée de manière régulière comme un tremblement de terre. Il imaginait sa colère irradiée dans sa paume longée ses longs doigts fins énergiques.
Soudain il fermait les yeux un instant et imaginait le visage de Léna avec ses cheveux qui tombaient harmonieusement sur ses épaules sous un rayon de soleil qui lui faisait ressortir son beau châtain foncé aux reflets auburn, elle le regardait de ses yeux marron noisettes en formes d'amandes, il approchait sa main touchait sa peau si douce, il parcourrait l'arrête de son petit nez en forme de cœur, il descendit son majeur sur ses lèvres légèrement rosées, il aimait tant ses fines lèvres. Damien remontait sa main vers sa nuque pour qu'il puisse caresser avec son pouce la pommette ornée de quelques taches de rousseurs. Ainsi de manière évidente, la haine laissait place à la tendresse. Les spasmes disparaissaient petit à petit, les picotements devenaient une douleur assourdie.
Le soleil automnal était éblouissant. Il avait réussi a contrôlé sa mutation juste à temps. Lorsqu'il sorti de son imagination pour revenir à la réalité.
Léna s'installait sur la chaise en face de Damien, en prenant le temps de le fixé. Elle fut étonnée du comportement inhabituel de son ami.
- Je suis désolée de mon retard, ce n'est pas une raison de faire cette expression de mécontentement. Informa-t-elle légèrement enclin à la culpabilité.
Damien restait figé dans l'incapacité de réagir au monde extérieur.
- Allé dam, je trouve ta réaction excessive. Insista-t-elle calmement.
- Qu'est-ce qui t'arrive Damien ? Demanda-t-elle inquiète par le mutisme de Damien.
- Excuse-moi Léna, je suis parti dans mes réflexions. Répondit-il d'une froideur impressionnante, il continua avec ses questions déferlantes
- Tu vas bien ? Demanda Damien.
- Oui, super d'ailleurs ! Répondit-elle joyeusement. Léna souhaitait lui informer une bonne nouvelle la concernant.
Damien avait du mal à quitter sa bulle de tourments, il lui demandait encore.
- Pas de situations atypiques aujourd'hui ? Demanda-t-il à nouveau.
- Non. Répondit-elle instantanément le fixant droit dans les yeux. Damien se résignait pour l'instant.
- Très bien dit-il d'un sentiment de frustration.
Damien sentait au plus profond de lui que Léna était liée de loin ou de près à la légende de l'élue un frisson glaçant parcourait sa colonne vertébrale il ne voulait pas écouter la détresse qui l'animait alors qu'il chuchotait à Léna.
- J'écoute ta nouvelle. Répondit Damien.
Elle remarquait que le regard de Damien s'attendrissait, il continuait en chuchotant le sourire en coin.
- Ta bière arrive. Informa-t-il sans détourner le regard vers le serveur arrivant à leur table.
Effectivement Léna constatait que le serveur arrivait à leur table apportant sa bière blanche qu'elle venait de commander. Elle secoua la tête amusée elle lui répondait :
- Tu me surprends toujours avec tes yeux derrière la tête. Annonça-t-elle.
Il percevait une étincelle dans les yeux de son amie, il pouvait entendre ses battements de cœur qui s'affolaient alors il s'approchait au plus près d'elle pour écouter la joyeuse confidence.
Léna lâchait enfin la bombe,
- J'ai obtenu mon CDD au musée d'Anne de Bretagne ! Rougissait-elle de fierté.
- Alors levons nos verres à ta nouvelle vie ! Répondit Damien content pour elle.
Le mot vie faisait échos dans son esprit avec l'expression la plus enjouée qu'il avait en magasin de ses piètres talents d'acteur mais il insista.
- Trinquons !
- Merci dam ! Répondit Léna souriant légèrement gênée.
Elle réalisait l'importance de l'approbation de son ami, Léna avait un passé difficile ainsi elle avait décidé de passer ses études en premier plan, elle n'avait jamais ressenti le besoin d'avoir une relation sérieuse avec un homme. Damien avait toujours été là pour elle et vice versa, ils étaient des amis fidèles malgré leurs parcours et vécus différents. Elle se demandait secrètement quand est-ce qu'il allait lui présenter une femme, Léna souhaitait un jour voir Damien amoureux. Car aussi loin que ses souvenirs pouvaient la conduire, jamais Damien n'avait évoquer des sentiments sérieux pour une femme, pourtant il méritait le bonheur c'était un homme qui portait son cœur sur la main. En tout cas depuis les années qu'ils se fréquentaient c'était un ami exceptionnel.
Damien la fixait de son regard si autoritaire, il savait que Léna était une femme forte, indépendante et surtout lucide. Léna était orpheline depuis l'âge de ses 16 ans, même si elle était compréhensive sur pleins de sujets, il ne voulait pas l'apeurée avec les légendes qui pourraient être réelles que les humains caractérisaient de ludique. Il avait décidé de faire le guet devant l'immeuble de son amie le temps d'y voir plus clair sur le changement d'aura de Léna.
- Qu'est-ce qu'il y a Damien ? Demanda Léna qui devenait réellement inquiète, réalisant qu'il était réellement différent.
- Ne t'en fais pas, je crois que j'ai attrapé un coup de froid. Répondit-il avec un sourire peu naturel.
- Cela doit être la période. Répondit-elle.
- Pourquoi ? Demanda Damien insistant.
- Ma nuit a été agitée avec des rêves farfelus et ce matin j'ai remarqué que j'avais eu de la fièvre. Informait Léna.
- C'est la première fois que tu passes une nuit agitée ? Demanda-t-il avec un grand sérieux.
- Non, c'est temps si c'est régulier. Avoua Léna.
- Tu as d'autres symptômes ? Demanda-t-il à nouveau.
- Oui et non, je me laisse facilement disperser dans mes tâches quotidiennes. Termina-t-elle.
- Tu devrais aller voir un médecin. Suggéra Damien.
- Non ça devrait aller Damien. Répondit-elle simplement.
- Tu me disait que tu faisais des rêves farfelus ? Demanda-t-il.
- Oui comme tout le monde j'imagine. Répondit Léna étonnée de l'intérêt que portait Damien à ses rêves.
- Tes rêves ressemblaient à quels genres ? Insista Damien.
- Je rêves de corbeaux et phénix, je reconnais que c'est plutôt amusant. Avouait-elle.
- De corbeaux ? S'écria-t-il de manière incontrôlée.
- Oui Damien, rien de bien inquiétant. Tu n'as jamais rêvé d'animaux dans tes songes ? Demanda-t-elle légèrement déstabilisée par la réaction excessive de son ami.
- Ce n'est pas la question, je devrais te ramenée chez toi. Ordonna Damien.
Léna le stoppait dans ses suggestions.
- Attends ! Tu te comportes de manière troublante cette après-midi ! Tu pourrais me dire ce qu'il se passe ? Demanda-t-elle agacée.
- Si tu insistes, mais il va falloir avoir l'esprit ouvert à condition que je te ramène chez toi. Ordonna Damien
Il avait conscience qu'il n'était pas explicite. Il ne savait pas comment il devait confesser un secret de toute une vie.
- Très bien mais j'attends une explication. Renchérit-elle sceptique au sérieux de Damien.
En cet instant le ciel bleu parsemé de nuage grisâtre se mélangeait à une couleur plus verdâtre.
Léna chuchotait si bas que cela en devenait inaudible.
- Tu vois ce que je vois ?
Damien se sentait privé de souffle il manquait de réponses. Le ciel était devenu rouge sang et orange sanguine, une pluie de plumes flamboyantes tombait sur le sol Rennais.
- L'oiseau de feu ! L'oiseau de feu ! La légende ! S'écria-t-il intérieurement.
Damien attirait Léna vers lui, il voulait la protégée au mieux.
Il allait exécuter sa mission avec bravoure, il était prêt à donner sa vie pour pouvoir accomplir le futur destin de Léna.
A cet instant, Damien fit persuadé à Léna était l'élue de la légende.
L'apocalypse fut évidente aux yeux des deux amis, Léna s'interrogea en observant les gens qu'elle croisait sur la terrasse du pub.
Elle ne remarquait aucune terreur dans les yeux des inconnus l'ambiance autour d'elle était conviviale, elle pouvait entendre des éclats de rire juste à la table derrière elle, alors que le ciel était devenu rouge bordeaux depuis la pluie de plumes.
Elle s'imagina qu'il y avait comme un monde parallèle puisque personnes semblait dans l'urgence. Pourtant elle essayait de se ressaisir par un raisonnement plausible, car en cet instant elle se sentis simplement terrifiée. Sans réfléchir elle prenait la main de Damien dans la sienne. Il pouvait sentir le petit corps tremblant de Léna, sa respiration était saccadée.
- Veux tu que nous attendions quelques minutes, pour que tu reprennes tes esprits ? Demandait Damien à Léna. Elle lui bredouilla simplement :
- Je ne pense pas que ce soit la solution adéquate. Dit-elle simplement.
Enclin à de la culpabilité, il commençait à lui expliquer qu'ils allaient prendre la fuite et qu'ils allaient se rendre au jardin du thabor, là-bas ils seront en sécurités en attendant les parents de Damien.
Léna examina les yeux de Damien, ils étaient entrain de s'assombrirent. Le joli vert émeraude devenait presque d'un noir intense à cette constatation elle écarquillait ses yeux en étant éprise de panique.
Cependant elle continua à étudier son ami, elle pouvait reconnaitre comme des poils ressemblant à des plumes et elle ne pouvait plus garder l'assurance qu'elle affichait, elle émettait un cri de stupeur.
Damien comprit qu'il ne pouvait plus cacher indéfiniment ce qu'il était réellement.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? Cria Léna.
- Qui est tu ? Continua-t-elle
- Je te promets de tout t'expliquer quand nous serons arrivés au jardin. Répondit-il d'un ton autoritaire et légèrement sur qui-vive
Léna acquiesçait car elle percevait toute la sincérité qui émergeait de Damien, même si elle savait qu'elle ne le connaissait pas autant qu'elle l'imaginait jusqu'à présent. C'est ainsi qu'ils partaient du pub en direction du thabor.
Depuis leurs départ, Damien pouvait entendre les corneilles qui criaillaient annonçant le commencement de la légende de L'oiseau et L'oiselle de feu. Le criaillement des corneilles étaient mêlés aux croassements des corbeaux. Damien pouvait voir de ses yeux aiguisés des faisceaux de fumées blanches apparaitre et disparaitre, c'était sorcières et sorciers invoquaient des sorts de protections perpétuellement depuis l'apocalypse.
Léna ne disait pas un mot, elle restait dans son mutisme. Elle marchait au côté de Damien, elle observait les changements qu'elle n'avait pas encore remarqué jusqu'ici.
Dans ce désordre elle s'étonna de ce semblant de tranquillité mais de courte durée. Elle sentit une chaleur diffuse la parcourir, elle commençait à se gratter l'extrémité de ses doigts, une sensation de pic-coti faisaient irruption. Elle vu venir le malaise se propager, ainsi des bruits méconnaissables aux bourdonnements dans ses oreilles la faisait trébucher.
Damien s'élançait vers elle, la rattrapant de justesse avant qu'elle ne tombe de tout son corps. Il examina son état, en posant sa main sur le front de Léna il pouvait sentir qu'elle avait une forte fièvre, elle suait à grosse gouttes et ses lèvres étaient déjà entrain de s'asséchées. Il savait que c'étaient les premiers symptômes d'une métamorphose.
Damien remarqua qu'il n'avait pas d'eau sur lui et qu'elle risquait la déshydratation, ils n'étaient plus très loin du jardin, mais trop loin pour qu'elle puisse marcher sans continuer à s'épuiser.
Au lieu de la portée, il décidait de s'envoler directement. Il observait Léna, elle était à demi consciente. Damien prenait les bras de son amie pour les mettre autour de son cou, il se sentait prêt pour le premier envole en compagnie de Léna.
Léna fit spectatrice de la mutation de Damien, elle restait en semi-conscience. Elle mit son hallucination sur le compte de sa forte fièvre, malgré cette logique imparable, elle fit en admiration par ce spectacle magnifique digne d'un film fantastique.
Léna était ébahie par la beauté du corbeau au plumage noir velours, elle y remarqua de magnifiques reflets bleuâtres sur la pointe des plumes. Ensuite elle glissait son regard sur les énormes pattes qui la gardait en sécurité, elle constata qu'il avait de majestueuse ailes, si grandioses et si pointues.
En toute discrétion, elle longea son regard amoureux vers ce qui était le visage de Damien, elle pouvait y voir son grand bec grisâtre en forme de poignard légèrement recourbé, elle s'arrêtait net, hypnotisée par des yeux noirs si intense et magnifiquement brillant.
Elle se disait chanceuse de l'avoir rencontré, s'endormant enfin sa tête posée dans le cou aux plumes ébouriffées.
Damien savait que Léna avait le vertige, lui qui adorait faire des figures de haute voltige, il savait que pour cette fois il devait rester en vol plané.
Il perçu le jardin, il cherchait un endroit où il y avait peu d'arbres, en deux, trois coups de battement d'ailes raides et vives et il atterrissait plein de grâce, il n'avait rien à envier au Quetzal, le plus bel oiseau du monde, sacré des Mayas et vedette national du Guatemala.
Une fois d'apparence humaine, il guida Léna sous de majestueux tilleuls. En s'installant sur un banc bleu ciel légèrement usé par le temps, il informa Léna qu'il allait aller au café que possédait le parc pour lui apporter de l'eau. Mais elle resta silencieuse, laissant Damien mené la danse et acquiesçait aux informations de son ami.
Pendant la courte absence de celui-ci, elle se permettra d'admirer le paysage. La fontaine blanche ornait une dune de cailloux portant des poissons qui jaillissaient de l'eau par leurs bouches.
Dans ce moment de quiétude, elle regarda les passants souriants la dépassée, des enfants jouer dans l'herbes même s'il est interdit de marcher dessus. Elle levait les yeux au ciel, constatant qu'il était encore rouge bordeaux mais le soleil y était présent elle imagina parfaitement que la fin d'après-midi aurait été ensoleillée.
Léna aperçue Damien revenant avec une bouteille d'eau à la main, elle remarquait que le vol avait ébouriffé ses cheveux noirs sa coupe courte n'avait plus aucune allure digne de ce nom, si elle en avait eu la force, elle aurait pu taquiner Damien. À cette distance elle remarqua à quel point il était grand, peut-être 1m80 si ces souvenirs étaient bons, son polo marine mettait sa carrure svelte et musclée en valeur.
La distance entre eux diminuait, elle pouvait enfin admirer son visage pâle, ses yeux vert émeraude un peu trop sérieux à son goût. Elle s'attarda sur la bouche charnue et bien dessiné, mais ce qu'elle trouvait le plus sexy chez lui c'était sa fossette sur son menton. Arrivé à sa hauteur il faisait un sourire qu'elle lui rendait poliment. Léna acceptait la bouteille que Damien lui tendait.
L'esprit clair elle engageait la conversation.
- J'ai eu une hallucination, je t'ai vu te transformer en un corbeau. Suis-je folle ? Demanda-t-elle à Damien.
- Non sûrement pas Léna. Répondit-il enclin de culpabilité.
- Peux-tu expliquer ce que j'ai vu ? Demanda-t-elle à demi-mots.
- Bien sûr mais je ne veux pas que tu me craignes par la suite, je veux que tu saches que je suis toujours celui que tu as connu. Répondit-il inquiet.
Elle acquiesçait timidement, cependant Damien décida de commencer son récit :
- Je suis un homme corbeau, mes parents et moi sommes venus au monde dotée d'une mission trouver et protéger l'élue. Les corbeaux de notre génération, nous sommes les descendants de L'oiseau et L'oiselle de feu. Commença-t-il doucement.
- Je vais t'expliquer une légende que ma mère m'a conté depuis mon plus jeune âge. L'oiseau de feu était décrit comme un grand oiseau dont le plumage majestueux irradiait une lumière rouge, orange et jaune. Ses plumes rougeoyaient de manière incessante, il possède un bec courbé mais plus petit que celui du corbeau contrairement à celui-ci les yeux de l'oiseau de feu est d'un rouge rubis.
- La raison de la mission des corvidés nous amène en 1542, L'oiseau et L'oiselle vivait paisiblement dans leurs habitats paradisiaques considéré comme le bien à l'abri du monde infernal considéré comme le mal. Continua Damien absorber par son récit.
- La reine Lamashtu régnait au côté de son roi Pazuzu moins puissant qu'elle. Elle était juchée sur un âne, elle avait une tête de lionne, des serres en guise de pieds et un serpent dans chaque main. Continua Damien.
- Pazuzu avait une apparence à peu près humaine avec quatre ailes dans le dos, son visage humain mais aux traits félins et des yeux globuleux. Il était de taille humaine mais avec un tronc d'apparence canine et sa peau était faites d'écailles de serpent et ses pieds des serres. Les deux mondes cohabitaient tant bien que mal grâce à un pacte signé : le couple ne devait en aucun cas venir semer la terreur sur terre. Continuait-il encore dans son monologue.
- Une nuit de Toussaint le couple infernal profitèrent de venir dans le monde paradisiaque, ainsi la reine étant stérile était venue tuer des femmes enceintes en les vidant de leurs sangs ainsi elle volait leurs progénitures. Quant au roi il voulait détruire l'oiseau de feu alors une bataille entre mâles a éclaté, ils se confrontaient jusqu'à ce que la mort s'ensuive pour l'un des deux. L'oiseau de feu survivait malheureusement la haine de Lamashtu à la mort de son roi l'amenait à tuer L'oiselle de feu. Le chagrin du roi fût de telle que l'oiseau demandait aux sorcières de l'aider à sauver le monde paradisiaque car sans sa femme, il ne pouvait plus avoir de descendance pour continuer à prospérer pour la paix. L'oiseau de feu donnait aux sorcières sa seule plume de couleur or en comparaison pour l'humain ce serait la moitié de son cœur, il pouvait continuer à vivre mais plus aussi longtemps mais assez avec l'aide d'un sortilège.
- Grâce à cette plume et un sortilège cela permettait aux sorcières de féconder d'ultimes œufs, le temps de trouver l'élue en qui l'oiselle de feu pouvait renaître de ses cendres. Seulement cela pouvait prendre des décennies ce n'était pas une science exacte mais la naissance se fera une nuit de Toussaint dans l'être féminin au cœur pur. Les œufs donnaient naissances aux corneilles qui avaient pour mission de protéger les sorcières de Lamashtu, les naissances de corbeaux avaient pour mission de protéger les corneilles, guider les sorcières mortes aux combats pour l'au-delà et en parallèles chercher et protéger l'élue de Lamashtu car si elle la trouvait avant les corbeaux la fin du monde paradisiaque serait assigné pour toujours. Damien termina timidement, il regardait Léna attendant une réaction de sa part.
Léna fut absorbée par le récit de Damien, malgré l'histoire irrationnelle.
- Si je comprends je suis l'élue ?
- Je pense que oui. Répondit Damien inquiet de la réaction de Léna.
- Je vois quelque chose de très bizarre autour de toi ! S'écria-t-elle