Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > Les contradictions de l'amour
Les contradictions de l'amour

Les contradictions de l'amour

Auteur:: EKOBE
Genre: Romance
Suivez moi pour l'aventure entre amour et haine....

Chapitre 1 Chapitre 01

Chap I

Je m'appelle Maxine, camerounaise et j'ai 22 ans. Enfant naturelle je ne connais pas mon père et je suis l'unique enfant de ma mère, divorcée d'avec mon beau-père qui s'est lassé d'attendre qu'elle lui fasse enfin son enfant. Ma mère m'a conçue alors qu'elle avait seulement 13 ans. Courroucée ma grand-mère a menacé mon père de l'enfermer s'il tentait de la revoir. Mon père devait avoir à l'époque une vingtaine d'année et tout ce que je sais de lui m'a été rapporté soit par ma grand-mère soit par ma mère. Je crois que les menaces lui ont plutôt facilité la vie. Comment s'occuper d'une fille-mère et d'un enfant quand on a pour seul boulot de boire le vin de raphia au village ?

Dès que je suis née, ma mère a repris le chemin de l'école. Elle faisait plus grande que son âge et n'avait vraiment plus la tête à l'école. Ma grand-mère ne lui a pas donné le lait comme on dit aujourd'hui. Après les classes, elle devait s'occuper personnellement de moi : lessive, repas en plus des tâches ménagères dans la petite cabane villageoise. Après avoir eu son BEPC à 18 ans sa mère l'a confiée une sœur du village qui disait avoir une possibilité d'emploi pour elle à Yaoundé. C'est comme ça qu'elle a été embauchée au Ministère de la Santé comme agent de l'Etat. Elle a appris le secrétariat sur le tard.

Quand ma mère est allée en ville, ma grand-mère lui a demandé de me laisser avec elle. Au bout d'un an de travail, elle a pu devenir indépendante et m'a récupérée. Je suis arrivée à Yaoundé, j'ai découvert la modernité et l'école à 6 ans. Ma grand-mère n'avait pas jugé utile de m'y envoyer au village. Faut dire que rien ne l'encourageait, née d'un père alcoolique et du mère nympho, comme elle aimait à le dire ; cela ne servait à rien de gaspiller ses maigres sous. Cependant, elle s'était bien occupée de moi, me gavant de nourriture comme pour combler le manque d'affection dont je souffrais.

Etrangement, ma mère ne semblait plus s'intéresser aux hommes. Cela lui avait servi de leçon de concevoir à 13 ans. J'étais sa priorité. Elle se privait de presque tout pour que je sois toujours propre et bien mise, veillait à ce que je révise mes leçons, chicotte à l'appui ! Compte tenu du retard, j'ai commencé les classes directement à la SIL grâce à une voisine qui était la nièce de la directrice de l'école publique. Notre demeure était modeste, construite en briques de terre mais crépie au ciment. Une seule chambre et des toilettes extérieures et communes à tous les voisins, environ une dizaine de foyers. Ma mère ne voulait pas que je m'y rende. Je continuais à faire mes besoins dans un pot qu'elle allait elle-même vider. Elle me donnait mon bain dans la cours. Ma mère savait prendre soin de moi. Avant d'aller au travail, elle m'accompagnait à l'école et je rentrais seule, l'école était à quelque mètres de la maison. Je l'attendais chez la voisine dont la fille était ma camarade de classe, Juliette. Le soir arrivé, je priais de bien retenir mes leçons par peur de la bastonnade.

Ma mère ne sortait presque pas. Pour arrondir ses fins de mois, elle faisait des tresses aux voisines. Notre quotidien était stéréotypé jusqu'au jour où ma mère a rencontré mon beau-père. Celui que j'allais appeler papa pendant huit ans a fait irruption dans nos vies d'une manière assez romanesque.

Il s'appelait Laurent. C'était le fils du bailleur. Un an après mon arrivé chez ma mère, son bailleur, un vieil homme, fonctionnaire retraité, est décédé d'une cirrhose de foie. Il buvait toute sa pension à longueur de journée. Son fils, Laurent, parti très tôt en Espagne avec sa mère, une espagnole, est venu aux obsèques. Je ne vais pas vous raconter comment lui et ma mère se sont vus pour la première fois ni comment leur relation a évolué, je n'avais que sept ans. Toujours est-il qu'après les obsèques, Laurent est venu pour annoncer qu'il était le nouveau bailleur. La mauvaise nouvelle c'est qu'il voulait détruire les habitations – les maisons étaient vraiment vétustes- pour construire un hôtel. Qu'est-ce-que les voisins n'ont pas dit ? Beaucoup de mots d'oiseaux, les locataires étaient fâchés. Magnanime, il a donné à tout le monde un préavis de quatre mois en leur demandant de ne plus payer jusqu'à leur déménagement. Après moult discussion et devant cette offre, les locataires ont fini par accepter. Ils avaient le choix ?

Je me suis rendue compte seulement après quelques semaines qu'il y avait un lien particulier entre ma mère et Laurent. Il ne devait plus repartir en Espagne et avait décidé de rester pour s'occuper de sa famille paternelle, de renouer avec elle et de gérer les biens laissés par son père. Ses petit-frères (deux) nés d'un autre père et venus aux obsèques aussi étaient repartis le lendemain. D'abord quand il venait au camp il discutait avec tout le monde dehors dans la cour et puis après il venait maintenant dans notre maison. M'appelait sa petite princesse et avait toujours un cadeau pour moi. Parfois, il nous emmenait dans sa voiture, on mangeait des glaces, je jouais, eux ils causaient et marchaient main dans la main. J'étais impertinente avec les gens mais avec ma mère je tournais la langue sept fois avant de l'ouvrir ; je n'osais donc rien demander ni dire un mot interrogateur. Ce que je devinais s'est avéré réel quand un jour, alors qu'on roulait dans un quartier résidentiel, pas le genre de poto-poto dans lequel on habitait, la voiture s'est arrêtée devant une jolie maison et Laurent de me dire :

-voici ta nouvelle maison ma princesse !

Qui nouvelle maison ?! Moi qui ne connaissais que les quartiers où pour arriver chez toi tu traverses la cuisine d'une voisin puis les toilettes de l'autres ; où quand il pleut on sort tous les récipients de la maison jusqu'aux cuillères pour retenir l'eau suintant de la toiture ; où quand les voisins jouent à papa et maman tu entends tout ?!

Mama ! Après l'ahurissement, j'ai sauté, crié... Laurent qui ne me connaissait pas aussi démonstrative et de peur que je devienne hystérique m'a prise dans ses bras et a tourbillonné avec moi dans les airs. Ma mère nous regardait en riant. La maison était grande et jolie, totalement blanche avac un toit de chaume.

Tout est allé vite, déménagement ; qu'on avait même d'abord quoi ? Seulement nos vêtements et encore ! Maman a partagé ses effets à ses voisines qui nous regardaient partir avec les regards qui plein de joie, qui envieux, qui jaloux. Mes parents, oui j'appelais désormais Laurent Papa, se sont mariés seulement six mois après s'être connus. Nouvelle maison, nouveaux vêtements, nouvelle ma école. Même ma mère ne me battait plus trop. Laurent à chaque fois s'opposait et puis finalement elle était occupée par son nouveau ménage.

Tout était inespéré et nouveau pour moi. Ma mère qui continuait son boulot au Ministère, Laurent l'y avait d'ailleurs encouragé, m'apprenais les bonnes manières. Je suis devenue une fille très distinguée : qui ne parle jamais fort, qui mange avec tous les couverts possibles bref une vraie princesse quoi. J'avais ma chambre à moi, une télé, un mini-dressing. Laurent était un bon père, c'était un homme bon ! Les travaux de construction de l'hôtel avançaient bien et il s'occupait de sa famille paternelle qui avait l'air d'aimer plus son argent que lui mêm ! Il payait les scolarités, les locations des maisons et rationnait même chez ses cousines et tantes. Aujourd'hui je me demande comment, un homme élevé à l'occidentale a pu garder un tel de la famille.

Deux ans plus tard, l'hôtel ouvrait ses portes. Laurent le gérait lui-même. Il avait une formation de chef-cuisinier et avait travaillé en Espagne comme gérant d'un hôtel. Tout semblait allé pour le mieux mais ma mère n'avait toujours conçu et ses belles-sœurs commençaient à jaser. Il y en a qui me considéraient avec haine et condescendance.

Laurent était beau, vraiment, oui j'étais petite fille mais je pouvais quand distinguer un homme beau d'n homme qui l'était moins. Avec son teint métissé, il était grand et prenait plaisir à bien s'habiller. Il plaisait aux femmes et il le savait. Mais ma mère ne semblait pas s'en préoccuper. Elle devait se sentir reconnaissante de l'avoir sortie du trou et de promettre un avenir meilleur pour sa fille.

Moi j'étais dans ma bulle, une vie d'autarcie. Pas très communicative ni à la maison ni à l'école. Les cousines de Laurent me surnommaient la reine d'Angleterre et ma qualifiait d'arrogante. Avec l'adolescence cela ne s'est pas amélioré. J'étais toujours dans ma chambre et même dans le besoin je n'osais pas demandé de l'aide.

Et puis, un jour c'était la fin. JE devais avoir quinze ans et en rentrant de l'école j'ai trouvé une réunion à la maison. Les cousines, tantes de Laurent, Laurent lui-même et une jeune fille d'une vingtaine d'années qui avait l'air enceinte. Quand je suis entrée, personne n'a fait attention à moi. Laurent m'a regardé avec un air désolé. Je cherchai ma mère du regard. Elle n'était pas là je suis montée rapidement dans sa chambre et je l'ai vue entrain de faire ses bagages :

-Ma (je portais le nom de ma grand-mère) va faire tes bagages, on part d'ici.

Je ne comprenais rien.

-Angèle, je t'ai dit que vous pouvez rester ici aussi longtemps que tu veux. Laurent m'avait suivi.

-On part pourquoi ? J'ai demandé. Le regard que ma mère m'a lancé m'a enlevée toute envie d'avoir une réponse à ma question. Je les ai laissés dans la chambre. Mais j'ai tendu l'oreille.

-Angèle, je suis désolée. Je n'ai pas voulu ça. Tu sais que je t'aime. Laurent semblait à sa voix vraiment affligé.

-S'il te plaît dis quelque chose. Cette fille je ne l'aime pas. Ce n'est arrivé qu'une seule fois. Je ne veux pas l'épouser. C'est toi ma femme.

Ma mère toujours silencieuse

- Et la petite ? Comment allez-vous faire ? Angie...

- ah non monsieur ! Là ma mère venait de décoller !

-Durant huit ans j'ai tout supporté, les railleries de ta famille, tes infidélités. Tu n'as jamais rien dit. Ta famille m'a piétinée. Je sais tu les a connu sur le tard, je me disais. Il ne faut pas lui en vouloir. Et moi dans tout ça ? Je suis qui ? Une pauvre fille avec un enfant bâtard qui ne savait pas vers où la vie allait l'emmener ? Même quand tes maîtresses avaient le toupet de m'appeler pour me menacer et se moquer de moi je n'ai rien dit. Je t'ai surprise dans notre chambre avec une femme sur notre lit. J'ai fermé les yeux. Oui je ne peux pas te faire des enfants ! Refais ta vie et oublie-moi. Maxine c'est ma fille je me suis occupée d'elle avant de te connaitre. Ta famille t'a trouvé une femme fertile ? Epouse là je te rends ta liberté. Dès demain envoie moi les papiers du divorce je te les signe illico pas besoin d'aller courir le risque d'une bigamie.

Mes parents s'étaient mariés sous le régime monogamique.

-Et puis je ne veux pas bavarder. Aujourd'hui là la goutte qui devait faire déborder le vase a coulé.

-Mais où allez-vous vous installer ?

Hum Laurent semblait tout à coup moins enclin à supplier. Comme s'il était soulagé de la tirade de ma mère.

-Je vais chez une amie.

-Je sais que j'ai merdé. Mais s'il te plaît pour la petite restez ici cette nuit et demain vous pourrez partir.

Chapitre 2 Chapitre 02

Chap 2

- Tu ne me laisses pas te raccompagner jusqu'à chez toi ?

C'était la deuxième fois que Farid me posait cette question. Devant son regard tendre et implorant, je tins bon.

- Vaut mieux pas Farid. Maman n'est pas encore couchée et ce ne serait pas présentable. On s'appelle demain ?

- D'accord, mais sache que c'est à contrecœur. Maxine je ne sais pas comment tu veux que je te le dise. Je suis sincère avec toi, je tiens à toi et ta mère n'a rien à craindre de notre relation. Je suis tout ce qu'il y a de sérieux.

- On en reparlera demain. Il se fait tard. Bonne nuit Farid, dis-je en descendant de la voiture de Farid.

Je montai les quelques marches menant à la maison familiale. Arrivée au portail je me retournai pour lui faire un signe d'au revoir de la main. En retour, il m'a longuement regardé avec des airs de chiens battus avant de démarrer sa voiture.

- Hum, c'est maintenant que tu reviens ?

Maman me regardait avec un air sévère ses lunettes de lecture abaissées sur son nez aquilin.

- Ma'a il n'est que 20h. Et puis tu sais bien que j'étais avec Farid.

- Justement ! Ma mère avait brusquement déposé le livre qu'elle lisait à mon arrivée.

Ah ma mère j'ai eu l'impression qu'elle attendait que je prononce ce nom.

- Ton Farid là avec ses faux airs de « gendre idéal » ne me dis rien de bon. Trop gentil, trop poli. Qu'est-ce-qu'il te veut à la fin.

- Maman j'ai déjà répondu à cette question maintes fois. Il a même déjà demandé à te rencontrer mais tu refuses, il est sérieux et...

- Veut-il t'épouser ? me coupa-t-elle

- Ma'a on n'en est pas encore là. Comment épouser quelqu'un que tu ne connais pas encore bien.

Je m'étais affalé sur la moquette, fatiguée de ma journée de cours au campus universitaire et de mon rencart avec Farid.

- Ca fait déjà plusieurs semaines que tu m'en as parlé... En tout cas ton histoire-là hum !, lança-t-elle en se dirigeant vers sa chambre.

Si elle savait que ma rencontre avec Farid remontait bientôt à 10 mois !

Ce jour-là je sortais du campus universitaire à Soa, situé à quelques kilomètres de Yaoundé. C'était la veille de la fin des examens du second semestre de ma dernière année de licence. Je n'avais pas attendu mes inséparables potes Benjamin, Raphaëlle et Guillaume ; tellement j'étais mentalement sonnée. J'avais décidé de prendre le car pour Yaoundé. Arrivée à destination je me suis rendue compte, après avoir retourné mon sac que j'avais égaré mon porte-feuille. Le motor-boy qui avait tout au long du trajet essayé d'engager la conversation avec moi avait sauté sur l'occasion pour me chahuté.

-Donc tu crâne comme ça alors que tu es une « voleuse de car » ?

- C'est pas la peine de me traiter de voleuse. Je ne retrouve pas mon porte-feuille.

J'essayais de garder mon calme parce qu'à la « Camair » lieu de stationnement des cars, la foule n'attendait que ce genre d'occasion pour se divertir...

- Tu n'es pas voleuse ? Donne-moi donc mes 200 !

Il le disait avec un mauvais sourire qui n'annonçait rien de bon. Je voyais déjà venir un chantage. Le chauffeur du car ne nous gérait pas. J'ai eu l'impression que cela l'amusait plutôt. J'ai cherché dans les alentours du lieu de stationnement si je rencontrai un visage familier. J'ai cru apercevoir un camarade. En voulant courir vers lui, le gars m'attrape par le bras et fais se répandre sur le sol tous mes effets.

- Mon ami tu n'as pas besoin d'être aussi grossier et brutal !

Le motor-boy et moi nous sommes retournés pour voir qui parlait. C'était un jeune homme. Je n'arrivais pas à bien voir son visage à cause du soleil couchant qui était derrière lui. Pendant que je me baissais pour ramasser mes effets je l'ai vu remettre quelques pièces au motor-boy qui est parti sans demander son reste. Ensuite, il s'est courbé et a fini de ramasser mes stylos.

- Ca va ? me demanda mon « sauveur ».

- Oui ça va. Merci beaucoup ! Je ne savais pas quoi dire d'autre.

Maintenant je pouvais bien distinguer son visage. Il avait les traits fins et un teint noir ciré. J'ai compris à sa physionomie et à son accent que c'était un ressortissant du nord. Sans me demander mon avis, il me prit légèrement par le coude et nous traversâmes la route vers une voiture garée devant la Camair. Craintive, je me dis qu'il ne fallait pas sortir d'un trou pour retomber sur un autre.

- Non vraiment ce n'est pas nécessaire je vais prendre un taxi.

- Je ne vous veux aucun mal. C'est juste qu'il sera bientôt 18h et vous venez d'avoir une altercation avec un jeune homme douteux et le coin n'est pas très sûr. Si vous voulez je vais vous déposer où vous pourrez prendre le taxi en toute sécurité. Aller montez.

Il tenait ouverte la portière du côté passager et me regardait avec un regard très sérieux. Je suis montée, il a fait le tour de la voiture et s'est à son tour assis derrière le volant. Sa voiture était propre et sentait la lavande. Après avoir démarré, il s'est tourné vers moi.

-Vous êtes étudiante à Soa ? Il était toujours très sérieux.

-Oui.

- Quelle fac, droit je présume ?

- Oui.

- Vous habitez quel quartier ?

- Laissez-moi à Camtel je vais me débrouiller.

Il ne dit plus rien. Il semblait passablement énervé par mon mutisme. Après le rond-point de la poste centrale il a pris soin de bien se garer derrière Camtel et s'est encre retourné vers moi.

- Ecoutez, je comprends que vous ne me fassiez pas confiance. Mais si je voulais du mal on n'en serait pas là. Moi c'est Farid me dit-il en me tendant la main.

Sans me rendre compte j'avais gardé mes mains sur mon classeur agrippé à ma poitrine. Devant son air toujours sérieux, je lui tendis aussi la main.

- Maxine. Excusez-moi si j'ai été impolie. Mais avec tout ce qui passe là dehors on n'est jamais trop prudent. Merci pour votre aide, je ne sais pas comment j'aurai fait avec le motor-boy.

En disant cela je me suis rendue compte que même pour le taxi je ne savais pas comment j'allais payer.

- Pas de quoi, me dit-il. Bonne soirée alors, ajouta-t-il alors que j'hésitais de descendre de sa voiture. Il avait un sourire moqueur et je compris qu'il s'était rendu compte de mon dilemme.

- Heu ... Est-ce-que vous pouvez de me donner quelques pièces pour le taxi, bégayai-je en prenant comme on dit mon courage à deux mains.

- Ainsi vous faites plus confiance à mes sous qu'à moi ? Malheureusement je n'ai pas de petite monnaie. Je vous donnerai bien 10 000f mais vous allez certainement refuser.

Cette fois j'ai vu qu'il se retenait de rire aux éclats.

- Alors que faisons-nous continua-t-il ? 10 000 ou je vous dépose ?

Et là il partit d'un grand rire.

C'est comme si je le voyais pour la première fois. Quand il riait il avait les yeux qui brillaient d'un bel éclat et ses dents étaient d'une blancheur qui contrastait avec son teint. Il m'apparaissait sous un nouveau jour et je le trouvai à l'instant très beau. Oui Farid était beau, et même d'une beauté éclatante.

Je pris ma mine boudeuse ne sachant quoi dire. Mais je ne bougeai toujours pas. Alors il redémarra la voiture.

- On va de quel côté ?

- Cité-verte.

- C'est drôle les filles. Toutes les mêmes !

C'est le commentaire de trop que j'ai pas pu supporter.

- Laisser moi ici ! Dis-je en ouvrant la portière alors qu'il venait d'amorcer la légère pente allant vers les nouveaux restos de Tsimi, en contre-bas du Ministère des Finances.

- Hein mais... ?! Il gara de justesse.

Sans attendre, je suis descendue et j'ai commencé à marcher le long du trottoir pavé. J'entendis derrière moi une portière qui claquait et la voiture de Farid qui démarrait. Il est passé devant moi. Alors que je pensais m'être débarrassée de lui je l'ai vu garer 10 mètres devant. Il est sorti de la voiture, furieux et s'est avancé vers moi.

- Non mais ça ne va pas ? Tu aurais pu te faire mal !

Mais pour qui il se prenait à me parler sur ce ton et c'était quoi d'abord ce tutoiement ?

- Laissez-moi passer s'il vous plait. Je vous remercie de m'avoir sortie du pétrin avec le motor-boy. Mais je ne veux plus rien de vous. Farid était à quelques centimètres devant moi. Il me dépassait d'une tête mais je soutenais son regard.

Il me prit par les épaules. J'étais apeurée. Le coin était sombre et les voitures passaient en toute vitesse. Il n'y avait personne d'autre que nous dans l'allée.

- Tu crois vraiment que je vais te laisser ici toute seule ? continua-t-il.

Sans me laisser le temps il m'empoigna par le coude et me ramena vers sa voiture. Après avoir violement fermer la portière, il a pris place sur le côté chauffeur en démarrant en trombe.

J'osai à peine le regarder et gardant fixement les yeux sur la vitre. Il avait commencé à pleuvoir. Farid était silencieux. Je crois m'être assouplie car j'ai juste entendue la voix lointaine de Farid. Il avait garé juste à l'entrée de la cité-verte et me regardait intensément.

- Je te dépose où finalement.

- Vous allez prendre sur votre droite juste après la pente je vais descendre.

Il pleuvait toujours. Cette fois, j'osai regarder Farid. Il avait l'air d'humeur égale. Quand il a garé sa voiture à l'endroit indiqué, je me suis senti mal à l'aise avec celui qui jusque-là n'avait fait que m'aider.

- Je voudrai m'excuser. Je suis de nature méfiante et je n'ai pas l'habitude de monter dans les véhicules des inconnus. Je ne voulais pas vous blesser et je suis reconnaissante parce que sans vous je ne sais pas où je serai en ce moment...

- Si tu tiens vraiment à t'excuser accepte une invitation de ma part. Où et quand tu veux je te laisse ce choix-là !

Le gars me prenait de cours et avait retrouvé son air sérieux. Sans réfléchir je dis,

- D'accord ! demain c'est samedi et dans l'après-midi je n'ai rien de prévu.

- Ok ça me va. Mais dis-donc t'es une rapide toi, continua-t-il avec un sourire un moqueur.

- Plus vite j'accepterai votre invitation plus vite cette page sera tournée, lui lançai-je et là son sourire s'effaça.

Sans lui laisser le temps de répliquer je sortis sous la pluie en lui disant : « passez me prendre demain à 15h. Bonne nuit ! »

Je me sentais fière d'avoir ainsi rabattu son caquet à ce Farid. Mais c'était sans compter sur sa ténacité car à ce rendez-vous avaient succédés pleins d'autres ; d'abord de manière sporadique et puis toutes les semaines. Depuis quelques temps, il avait pris l'habitude de venir me chercher à Soa et de me ramener à la maison non sans m'avoir emmenée manger quelque part en ville ou à la briqueterie. Tout était cordial. Il se tentait rien : quelques bises amicales et de légères caresses sur la main, pas plus. D'ailleurs, je ne l'encourageai pas !

Chapitre 3 Chapitre 03

Chap 3

- J'ai l'impression que vous avez dévalisé les magasins, dit Farid en arrivant à notre hauteur. Il fit d'abord la bise à Rafa avant de revenir vers moi et de me déposer un baiser chaste sur la joue.

- Eh oui, c'est le péché mignon des filles, le shopping, répondit Rafa. Bon je ne vais pas vous retenir longtemps vous avez certainement beaucoup de choses à faire. continua-t-elle en me faisant un clin d'œil.

- Non mais je ne te chasse pas Raphaëlle, se défendit Farid

- Non ce n'est pas grave, je dois y aller parce que ma mère m'attends on doit aller saluer une tante en convalescence. Au téléphone non Maxi, bonne soirée Farid et à la prochaine.

Sans dire un mot Farid m'a pris par la taille et on a cheminé vers Mahima. Ce n'est que lorsque nous sommes entrés à l'intérieur que je lui ai demandé :

- Que veux-tu manger ce soir ?

- Rien de spécial, ta présence me suffit.

- Mais tu m'as-tu dit que tu voulais quelque chose de chaud, lui demandai-je surprise.

- Certainement... il venait de me le murmurer à l'oreille alors que je poussais le charriot. Le contact de ses lèvres et le souffle chaud de sa bouche m'ont fait l'effet d'une onde de choc.

Jusqu'à présent Farid et moi on n'était pas encore allé plus loin que le baiser et les caresses plutôt chastes. Je me disais que compte tenu de sa religion il pouvait comprendre qu'on aille si lentement mais je ne pouvais m'empêcher de me demander combien d'hommes auraient pu attendre aussi longtemps. Notre relation était devenue régulière depuis cinq mois et il ne m'avait jamais forcé à rien attendant certainement que je fasse le premier pas.

Qui ? Une peureuse comme moi !!!

On fit les courses. Lui me donnant son avis sur tout. C'est un homme qui avait appris à vivre seul depuis dix ans aujourd'hui. Il était venu s'installé à Soa puis à Yaoundé quand il est entré à L'ENAM. Alors il savait tenir une maison et même il faisait souvent la cuisine. Cette image contrastait avec celle que renvoie habituellement les nordistes qui passent pour être des machos et despotes avec les femmes. Farid était tendre, rieur et surtout moqueur. C'est vrai que très souvent il était sérieux mais il savait passer du ton sérieux au ton rieur.

Les courses achevées nous sommes sortis du magasin, il tenait les courses en main, moi j'en avais une partie. Lorsque nous avons pris la direction de son appartement au quartier omnisport, je me suis rendu compte que je n'avais rien pris comme habits de rechange. Je lui fit la remarque.

- C'est pas grave tu trouveras quelques chose à mettre dans mes effets.

On a discuté. Il a voulu m'aider à la cuisine mais j'ai refusé. Il n'a pas insisté. Je le soupçonnais de n'en avoir pas vraiment envie. Il est allé s'installer devant un match du championnat français. J'ai achevé la cuisine une heure plus tard .J'avais fait quelques de chose de simple : un émincé de viande avec du riz parfumé et des frites de pommes. Je lui ai préparé une entrée à base d'avocat. Comme dessert, on avait une salade de fruits à base d'ananas, de papaye et de pomme de France. Après avoir mis les assiettes et les couverts sur la table je suis allée me doucher dans la salle de bain attenant à sa chambre. Il était toujours scotché à son match.

JE suis restée sous la douche une dizaine de minute. La sensation de l'eau sur mon coprs était tellement plaisante que c'est à contrecœur que je suis sortie de la salle de bain. C'est à ce moment que Farid a fait irruption dans la chambre en m'appelant. Il avait l'air inquiet.

- Maxine ? Ah t'es là. Je ne t'ai pas vu à la cuisine et...

Le reste de la phrase est restée en travers de sa gorge. J'étais toute nue et je ne savais pas quoi faire avec la serviette que j'avais en main.

Mon cerveau me commandait de fuir vers la salle de bain mais mes pieds ne voulaient pas bougés. Vous avez dit « tétanisée ?! ». Le genre-ci on fait comment ? Et puis à quoi aurait-il servi de s'enfuir ? Le gar avait déjà tout vu.

Comme hypnotisé, Farid s'est avancé vers moi le regard en feu. Tout à coup plus rien n'existait. J'étais subjugué par son regard si intense. Il a pris la serviette entre les mains. Et alors que je m'attendais à ce qu'il la jette au sol ou sur le lit... Bref qu'il me prenne dans ses bras, il a commencé a essuyé mon corps avec cette serviette. D'abord les épaules, le visage, le dos, la poitrine. Quand il s'est baissé pour essuyer mes cuisses, j'ai arrêté ma respiration. Ses gestes étaient doux, lents, très lents... Son regard plongé dans le mien. Je ne sais combien de minutes cela a duré. Quand il s'est relevé, j'ai fermé les yeux attendant son baiser. Je l'ai entendu dire :

- Xixi, rhabille-toi (il murmurait presque). Tu trouveras un t-shirt dans l'armoire de gauche. Je vais aussi prendre une douche je reviens. Il me déposa un baiser sur le front.

Farid pris soin de bien nouer la serviette sur ma poitrine avant de rentrer dans la douche. Je suis restée pantoise jusqu'au moment où j'ai entendu le robinet couler. A quoi joue-t-il me suis-je demandé ? Il dit qu'il veut qu'on progresse dans notre relation et quand l'occasion se présente il ne la saisit pas ? J'étais étourdie et perplexe, je me sentais en feu. Mais quel feu ? Je me suis dirigée vers sa penderie et j'ai pris un t-shirt au hasard. J'ai cherché un short que j'ai porté en dessous. Ensuite, je suis retournée à la cuisine pour finir de dresser la table.

-Hum ça sent bon Xixi, je vais me régaler. Farid venait d'entrer dans le salon il avait revêtu un t-shirt léger et une culotte qui laissait voir ses jambes. Je m'amusais souvent à le taquiner sur ses jambes en le qualifiant de petits-pieds.

- J'espère que ça va te plaire. Tu prends du pain ou des biscottes pour ton entrée ?

J'avais décidé de ne rien laisser transparaître de ma déception, et lui semblait avoir déjà oublié cet épisode.

- Du pain ça va aller.

On a mangé en discutant de tout et de rien. Lui me questionnant sur ce que je voulais faire après ma Maîtrise. Je lui répondais que j'allais peut-être faire le prochain concours de la magistrature. Il m'a encouragé en me promettant de me chercher les anciennes épreuves corrigées dudit concours. On a fini de manger dans la bonne humeur. Il ma taquinait au sujet de mes cheveux qui après la douche d'étaient dressés sur mon crâne. J'ai fait la vaisselle, lui avait repris sa place devant la télévision cette fois-ci il regardait une série policière. Je suis venue m'installer sur le canapé en face de lui et j'ai pris une profonde inspiration. Je voulais qu'on discute plus sérieusement.

- Farid, il faut qu'on parle.

- Il y a un problème ? Il me regardait maintenant l'air inquiet.

- C'est à propos de ma mère. Elle ne veut rien entendre à propos de nous et tu sais que je ne veux pas la décevoir. C'est quasiment ma seule famille et elle a tellement trimé pour moi que je ne veux pas être une source de soucis pour elle. Elle m'a encore fait un sermon hier. Elle m'a demandé qu'elles étaient tes intentions. Je lui ai dit que c'était trop tôt pour qu'on en parle.

- Mais je ne demande qu'à la rassurer. Je ne suis pas un adolescent en quête d'amourette Maxine. Je suis sérieux dans ce que je veux construire avec toi. Je ne sais pas encore où ça nous mènera mais ce que je sais c'est que je ne prends pas notre histoire à la légère crois-moi.

Farid s'était levé pour fermer la porte et tirer les rideaux. Ensuite, il est venu s'assoir près de moi.

- Je veux rencontrer ta mère pour lui faire part de mes intentions.

- Elle n'est pas prête pour cela.

- Mais c'est contradictoire Maxine. (Farid revenait toujours à mon prénom quand on discutait sérieusement.) Elle me juge sans me connaître et ne me donne pas la possibilité de lui prouver qu'elle a tort de se méfier de moi.

- Vous les gars du Nord vous avez pour habitude de vous amuser avec les filles du Sud et de rentrer chercher vos sœurs quand vous voulez vous marier.

Je reprenais là l'un des arguments favoris de ma mère. Qui n'avait d'ailleurs pas tort tellement les exemples étaient nombreux.

- Ah bon ? Tu en sais autant sur nous, avait-il répliqué moqueur. Plus sérieusement, mon cœur, je n'ai jamais fait une telle déclaration à une fille mais je crois que ce que je ressens pour toi est très fort. Oui Xixi je crois que je t'aime.

- Ne me manipule pas Farid...

- Tu crois que je te manipule ? Si je te manipulais je t'aurais fait l'amour là tout à l'heure dans la chambre. J'ai très bien vu que tu en avais autant envie que moi. Mais je ne l'ai pas fait parce que je veux que tu sois vraiment prête et sûre de toi. Je ne veux pas passer pour celui qui veut juste jouer avec toi. Je ne sais pas qu'elles sont tes expériences passées mais Xixi, je ne veux pas seulement être un homme dans ta vie je veux être l'homme de ta vie.

En écoutant Farid, je me suis rappelé que je ne lui avais jamais dit qu'il était le premier pour tout. Je n'avais pas eu de petit ami avant lui quelques flirts mais je ne m'étais jamais engagé dans une relation avant lui. Je ne voulais pas lui montrer à quel point j'étais novice et je le laissais croire qu'il y avait eu d'autres avant lui.

- Je ne te demande pas de me dire que tu m'aimes aussi. Je ne veux pas te bousculer. Prends ton temps pour savoir ce que tu ressens pour moi. Moi je sais déjà ce que je ressens pour toi. Je crois que c'est parce que toi même tu ne sais pas où t'en es que tu n'arrives pas à trouver les mots pour convaincre ta mère.

Là il n'avait pas tort et je me sentis coupable.

- Farid... Je sais que je te donne l'impression de ne pas faire beaucoup d'effort pour nous deux. Mais crois-moi, je sais que ce que je ressens pour toi est particulier. Ce que je fais avec toi, je ne l'ai jamais fait avec quiconque d'autre. Aller chez quelqu'un, lui faire la cuisine, je n'ai jamais découché et pourtant je suis chez toi à présent. Et puis Farid... t'es le premier...

- Le premier ?

- Oui Farid, t'es le premier homme avec qui je sors.

Farid a subitement relâché ma main qu'il tenait jusque-là comme si elle l'avait brûlé.

- Le premier ? Mais Maxine, j'ai toujours cru que... Oh mon Dieu, et moi qui te mets la pression. Pourquoi m'as-tu laissé croire le contraire ?

- Je ne sais pas. A 22 ans ça peut paraître bizarre.

- Bien sûr que non c'est plutôt rare. Contrairement à ce que tu peux croire les filles chez nous ne se marient pas toujours vierges.

Farid était retourné s'assoir sur l'autre canapé. Et me regardait fixement. Je me sentis mal. Pourquoi me fuyait-il ?

- Farid ne me rejette pas s'il te plaît.

- Je ne te rejette pas. Maintenant je comprends les réticences de ta mère.

- Elle est persuadé qu'on a déjà couché ensemble. Farid ne me regarde pas comme ça !

Il a détourné son regard de moi pour se concentrer sur sa série. J'étais dépitée. Je suis allée me rafraîchir à la douche. Quand je suis entrée dans la chambre, Farid retirait une paire de drap dans son armoire.

- Tu peux dormir ici, moi je vais dans la chambre d'amis. Si tu as besoin de quelque chose fait comme chez toi. Bonne nuit Xixi.

- Mais je ne me couche pas encore Farid. Je vais te tenir compagnie. Ou bien ma vue t'horripile à ce point !

- Ne dis pas des bêtises. Allez viens. Farid me pris par la taille et je pouvais sentir son parfum. Il ne sentait pas fort. Il était doux et me faisait penser à la mer.

On s'est installé dans le canapé. Il m'a pris dans ses bras. Nous étions couchés lui derrière moi et son bras gauche autour de ma taille, le droit sous ma tête. Je n'ai pas regardé la télé pendant 10 minutes et je me suis endormie.

Plus tard, j'ai été réveillée par Farid. Il me portait jusque dans la chambre. J'ai ouvert les yeux et je l'ai vu au-dessus de moi. Instinctivement je l'ai enlacé au cou en l'attirant vers moi. La maison était calme.

- Tu as pu me porter jusqu'ici Farid ?

On était dans sa chambre, moi sur le lit.

- Merci de me prendre pour une poule mouillée Xixi.

- Hum... Tu es mon chevalier servant...

Nos visages se sont rapprochés puis il m'a embrassé. D'abord doucement et de façon pudique. J'en voulais plus. Alors je me suis relevée et j'ai collé ma poitrine contre lui. Répondant à mon signe il m'a à son tour enlacé. Je le sentais se retenir, presque frustré. Le baiser est devenu fougueux, les barrières semblaient tomber. C'était la première fois qu'on s'embrassait aussi sensuellement. C'était tendre, on y mettait toute notre énergie. Nos langues et nos salives s'entremêlaient. En même temps Farid me caressait les cheveux, le dos, les cuisses. Je sentais qu'il n'osait pas aller plus loin. Moi je n'osais pas le toucher. Mes sentiments étaient partagés : le désir inconnu, la peur, la timidité...

- Mon Dieu comme j'ai envie de toi, me murmura Farid.

Je ne dis rien. Je ne voulais pas briser la magie. Puis, il s'est détaché de moi.

- Xixi, je ne peux pas faire ça.

- Pourquoi, je le veux, je t'assure. Moi aussi j'en envie de toi ; enfin je crois.

- Tu vois c'est justement ça. Tu ne sais pas si ce que tu ressens c'est de la curiosité ou du désir.

- Farid ! Je ne suis pas une enfant !

- Peut-être mais t'es mon bb à moi et je ne veux pas te heurter, me dit-il en me prenant dans ses bras.

- Tu ne disais pas la même chose il y a quelques jours encore

Je l'ai repoussé.

- Je ne savais pas que tu étais encore vierge. Ecoute Xixi, je veux que ce moment soit magique et que tu ne regrettes rien. Nous avons tout le temps pour ça crois-moi.

En disant cela Farid m'avais forcé à me recoucher et a tiré les draps sur moi.

- Bonne nuit mon cœur.

A nouveau il me déposa un baiser chaste au front. Je le regardai sortir et refermer la porte. Je commençais vraiment à avoir mare de cette chasteté. Je regrettais maintenant de lui avoir avoué ma virginité. J'étais triste mais le sommeil m'emporta.

- Xixi, ton téléphone sonne. Réveille-toi.

Farid se tenait au-dessus de moi l'œil moqueur.

- Prends le téléphone c'est ta mère.

- Mince, il est quelle heure ?

- 8h 30. Aller prend le !

- Allô Ma'a.

- Où es-tu ? Je suis rentrée depuis 6h et la bonne dame n'as pas dormi à la maison ! Tu as 5 minutes pour être ici.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022