1-
~Mercredi 2 décembre, 21h 15.~
Ma chère Pupuce.
Mon cœur saigne toujours autant.
Comment arrêter cette douleur !?
Big wave m'a tuée en partant si tôt.
Tout semble cassé à l'intérieur de moi.
@@@Lafilledontala.
~Mercredi 2 décembre, 21h 45.~
Ma chère Marc-Élise
Tu n'en as pas marre de pleurer ???
Tournons la page, simplement.
@@@LafilledeMbeng.
~Mercredi 2 décembre, 23h 45.~
J'ai du mal, Pupuce.
C'est si difficile !
@@@Lafilledontala.
~Jeudi 3 décembre, 8h 15.~
La vie continue, Marc-Élise. Tu ne vas pas rester là, prostrée et n plus rien faire !
La vie continue, je te dis.
Big Wave est parti !
Nous sommes toujours en vie.
Il faut laisser les gens partir en paix.
À force de trop ressasser les souvenirs, tu risques de l'empêcher de reposer en paix.
Occupe-toi donc de ce gentil docteur qui te serre dans ses bras toutes les nuits au moment de dormir. C'est avec lui qui tu as décidé d'écrire ton avenir. Laisse Big Wave s'en aller en paix. Je sais que c'est facile à dire, mais toi au moins, tu n'auras pas constamment devant toi, deux visages qui te ramèneront au souvenir de ce type qui nous faisait toutes tomber comme des mouches.
Je te souhaite le bonheur.
Plus que quelques 2 jours et je prends l'avion pour l'Afrique du Sud.
J'ai besoin d'avoir les idées claires en montant dans cet avion ; raison pour laquelle je te demande d'arrêter avec la tristesse et les larmes, sinon, je serai contrainte de ne plus répondre à tes messages.
Dis toi que tout va bien. Ta mère est en vie. Tu as un homme dans ta vie. Tu suis des études supérieures.
LA VIE CONTINUE.
Des bisous.
@@@LafilledeMbeng.
~Jeudi 3 décembre, 8h 45.~
Ma chère Pupuce.
Mon cœur a toujours aussi mal mais je comprends ton point de vue.
J'essaie de toutes mes forces de tourner la page et j'aurais dû le faire depuis. Il me faut du temps.
Yann a remarqué mon air soucieux.
Il a su que j'ai pleuré.
Il comprend que j'ai du chagrin d'avoir perdu un ami.
Je sais, je vais m'appliquer et me focaliser sur mon bonheur avec lui.
Les choses iront bien.
Je t'envie, tu sais. Tu vas découvrir un nouveau pays, te faire de nouveaux amis.
Telle que je te connais, tu vas forcement te faire remarquer par ton intelligence là-bas. Ça t'ouvrira sûrement beaucoup de portes.
En tout cas !
Occupe-toi bien des bébés qui sont dans ton ventre.
Je te souhaite à toi aussi d'être vraiment très heureuse.
J'espère que Sunita n'est pas trop triste que toi, sa grande amie et confidente, tu n'assistes pas à son mariage.
Vraiment, Sunita nous a devancé ! Souhaite-lui beaucoup de bonheur de ma part.
Je veux être au Gabon à Noël. Ce n'est pas encore sûr.
Maman me manque. Je verrai forcement les filles en arrivant. Mais je ne suis pas encore fixée.
Des bisous oh !
Et puis, je te souhaite de tomber amoureuse d'un sudafricain qui va te faire rêver comme si le monde lui appartenait.
Ta sista,
@@@Lafilledontala.
Je ne sais pas combien de messages j'ai échangé avec Marc-Élise depuis l'annonce du décès de Big wave. J'ai dû lui raconter les détails des funérailles comme si j'y étais ; alors que c'est Urielle, Gaëlle et Sunita qui me balançaient les infos.
Elle n'arrête pas de pleurer de se lamenter et de tout ramener à elle.
C'est bon ! Le moment est venu de couper court à tout cela.
Je suis là devant mon miroir. Je me suis levée tôt comme tous les jours, pourtant, je n'ai rien de particuliers à faire ce matin.
Mes bagages sont prêt.
Samedi, c'est à dire dans 2 jours, je monte dans l'avion à destination de l'Afrique du Sud, en compagnie de papa, Mama Nènè, Angelline, Grâce Beyoncé, Kelly Prunelle, Mary Rose.
Ooops ! Il n'y a plus de Beyoncé, ni de Kelly, ni de Mary. Kaba n'est ni fan des Destiny's Child, ni de Mary J.Blige. Elle a donc décidé qu'il n'y a pas de star dans sa maison et qu'elle n'aime pas les prénoms ridicules. De fait, on dit Grâce, Prunelle et Rose.
Papa arrive avec Mama Nènè et les petites avec le vol Equaflight, de demain soir. J'ai hâte de partir de Libreville. Même si cela veut dire, partir loin de Mamie, de Marine et Alexia, de Tantine, de l'oncle Alexandre, et...de Dimitri.
J'ai longuement discuté hier soir avec Tantine pour savoir ce qu'elle pense de ma relation avec lui. Elle m'a répondu comme toujours que je dois arrêter de me poser des questions. Elle dit que peu importe la distance, si j'y crois et que je le veux fort, tout ira bien entre nous. Elle me l'a redit ce matin avant d'aller au travail :
« Concentre-toi sur l'école et laisse le temps faire le reste. N'essaie pas de tout contrôler. Et s'il te dit qu'il est là pour toi, crois-le sur parole. »
Je me demande ce que je ferai quand je serai loin d'elle et que j'aurai besoin de conseil ! Depuis hier, je me motive et me répète : Tu ne feras pas de gaffe, Pupuce ! Tout ira bien.
C'est avec l'esprit positif que je veux partir de Libreville. C'est avec l'esprit positif que je vais poser le pied à Johannesburg et entamer ma vie à Cape Town.
Qui va me voir, moi Pupuce, là-bas, enceinte et cherchant à créer mon avenir !
Tantine a raison ! Il ne faut pas que je cherche à tout contrôler et surtout, il faut que je continue sur ma lancée : c'est à dire, ne point me comparer aux autres.
Les filles ont leur vie. Chacune se bat comme elle peut pour la réussir. Moi aussi j'ai les mêmes ressources pour y arriver.
Quand je sors enfin de la chambre, mon téléphone vibre. Je viens de recevoir un mail de DHL qui me dit que mon courrier expédier de Paris il y 24h, vient d'arriver à Libreville. Quand je lis l'adresse de l'expéditeur, je suis aux anges car, si tout va bien et que j'arrive à tant au bureau de DL à l'aéroport, j'aurais en mains dans quelques heures, les 5 exemplaires de ce magazine littéraire dans lequel paraît ma nouvelle : JAMAIS JE N'OUBLIERAIS ,L'histoire peu ordinaire Cheryl Alexandrine Ovono.
Ma journée ne peut être plus belle.
Un texto m'arrive. C'est Dimitri.
### Je suis off cet après-midi. Je viens te chercher à 13h. Nous déjeunons ensemble. Je t'embrasse. ###
Ouais ! Avec qui vais-je déjeuner en Afrique du Sud ? Comment fait-on pour déjeuner virtuellement avec quelqu'un que l'on aime et dont on attend chaque jour, le moindre coup de fil ou message !
La technique n'a pas encore été inventée qui pourrait rapprocher les cœurs qui s'aiment mais qui sont géographiquement loin de l'autre. Heureusement pour moi, j'ai encore à me focaliser sur cette grossesse et à la mener à bien. Mon cher Dimitri, une fois que j'aurai accouché, je ne sais pas comment je me retiendrai de te sauter dessus et d'en finir avec toi !
Ooops ! Trop de pensées coquines ces derniers jours. Les hormones me jouent des tours.
Quand il arrive me chercher à 13 heures, je regarde bien autour de moi pour être sûre que mamie ne nous épie pas. Puis, je lui saute au cou et le bécote comme s'il s'agissait d'un gâteau à la crème.
2-
~Intermède entre Sharonna et Kenneth~
« Comment vas-tu ce matin, Sharonna ? »
C'est Kenneth qui me pose la question. Ce type est tellement gentil et prévenant qu'il réussit à chaque fois à me faire oublier mes soucis.
« Je vais bien. Enfin, la journée a bien commencé. »
Il est 10 heures. Comme les salaires de fin de mois sont encore présents dans les comptes en banque, les clientes défilent dans le magasin. Ce matin, je m'occupe d'une maman très prévoyante, qui est là pour acheter les tenues de baptême pour ses deux enfants, de 2 et 4 ans. Les petits seront baptisés à Noël ; elle s'y rend tôt pour éviter le rush en fin décembre.
Bientôt Noël, donc, bientôt nous seront tous réunis pour le mariage de Sunita. Au moins, cela fait un évènement heureux qui me permettra d'oublier, ne serait-ce que le temps d'un week-end, la tristesse dans laquelle j'ai été plongée pendant la période des obsèques de Big Wave. Ma mère m'a utilisé comme courroie de transmission, s'attendant à chaque fois que je lui fasse le compte rendu de tout ce qui se disait ici. Le corps est arrivé accompagné par l'entraineur du club de basket de notre cher ami. L'entraineur en question m'a remis une valise très grande, envoyée par ma mère. Il y avait beaucoup d'affaires à l'intérieur. Il a fallu que ce type meurt pour que sa dignité de père soit quelque peu restaurer. Dans la valise, il y avait des robes, des poupées, des nounours. Sur chaque robe, chaque poupée, chaque nounours, était écrit un prénom. J'ai dû faire appel à la perspicacité de Jileska pour tout comprendre. Big Wave avait pensé au Noël de ses enfants, rien que des filles, et leur avait acheté tout cela en espérant les leur apporter pendant un séjour ici, au mois de janvier. La mort l'en aura empêché. Une lettre accompagnait les affaires. Elle venait de ma mère. C'est en la lisant que nous avons enfin pu mettre de la lumière là où il n'y avait que du flou : le basketteur chéri de POG avait au total, le jour où Dieu l'a rappelé à lui, 9 enfants, sans compter les filles de Pupuce. Donc, avec les jumelles et mon petit frère qui sera là début mars, cela donne : 12. Bref, de quoi avoir mal à la tête ! De plus, aucun de ses enfants ne porte son nom. Vraiment dommage. C'est donc avec l'enfant qu'attend ma mère que sa vie de papa allait commencer. Jileska et moi avons fait des paquets pour les envoyer sur Port-Gentil. Nous les avons remis dans la valise et envoyé à Sunita, par l'entremise de Kenneth qui allait à Pog pour le week-end. Ce qui s'est passé là-bas, ce sont les échos de Sunita qui nous l'a raconté. Des voix ce sont levées pour demander pourquoi la femme fang qui a envouté Big Wave jusqu'à le tuer, n'est pas venue d'Espagne pour l'enterrement. Quand les gens ne savent pas quoi inventer, ils racontent n'importe quoi. Et mon pauvre papa a encore été éclaboussé par le scandale. La vie est difficile. Le mort est parti mais les vivants restent là avec l'amour qu'il ressentait pour lui, avec le regret de ne pas tout lui avoir dit... et la rumeur qui se demande comment la dame de Shell qui a abandonné son époux pour aller suivre le jeune basketteur à Malaga, va accoucher de son enfant.
« Mon père me demande de ne pas trop me mêler des histoires de ma mère. Il me dit de prendre des distances. Comment dois-je agir ? », fais-je à Kenneth.
« Il s'inquiète pour toi. C'est normal. Il aimerait peut-être que tu penses plus à toi, à ton départ prochain. Au lieu de te focalisé corps et énergie sur ce que vit ta mère. Combien de temps as-tu passé avec elle au téléphone ces derniers jours ? Je parie qu'ensuite, tu as du mal à dormir ! »
« Oui ! t'as raison. Mais je ne sais pas comment faire pour comme il dit prendre mes distances ! J'ai peur qu'elle se sente isolée et rejetée. »
« C'est une grande fille ! Je pense que tout ira bien pour elle, même si ce n'est pas évident, je pense, de perdre la personne que l'on aime alors qu'on et enceinte. »
« Il m'arrive encore la nuit, de me réveiller et de me dire que tout cela est un mauvais rêve et que ma famille n'a pas éclaté à cause de cette histoire. Mais bon...le temps se chargera de remettre de l'ordre dans tout ça ! »
« Et toi, tu ferais mieux de te trouver quelqu'un dont tu pourras t'occuper. Je veux dire, quelqu'un à aimer, si tu vois de quoi je parle ! »
« Monsieur Kenneth, ne me dis pas que tu vas jouer au marieur comme mes copines ! Si c'est ça ton intention, je préfère te le dire : j'ai déjà 3 copines qui me prennent la tête parce qu'elles en ont marre de me voir toute seule. Je pense que la pression, je l'ai déjà. Donc, monsieur, prière de me parler d'autre chose/ »
« Pourtant, c'est bien de cela dont je veux te parler. Si tu avais un amoureux, tu te laisserais moins bouffer par tout ce stress ambiant. Et tu aurais une épaule sur laquelle reposer ta tête. »
« C'est quand même marrant ! C'est monsieur je ne suis pas prêt à me remarier qui me donne des conseils ! Cher monsieur, je pourrais attendre de toi aussi, que tu appliques ce conseil ! »
« Touché ! Tu m'as eu. Mais, c'est de toi dont on parle, ma chère Sharonna. Ne renverse pas la situation. Puis-je savoir pourquoi tu as autant de mal à te mettre en couple, alors que toutes tes copines sont macquées ? Je veux savoir ? »
Aïe ! Je le regarde sans trop savoir quoi dire. C'est vrai que maintenant, ça devient un peu problématique. Les filles ont toutes leurs vies, leurs petits rituels amoureux. J'ai de la chance car leurs chéris sont loin. Mais je sais qu'à Noël, quand Patrick et Alec seront là, je vais devoir tenir la chandelle ou me retrouver toute seule. Mais bon...
Je ne sais pas. Gaëlle dit que je chasse les prétendants rien qu'avec mon regard. Pourtant, je n'ai pas l'impression d'être méchante quand un garçon 'approche. Je n'ai simplement pas envie qu'un rigolo m'approche. Et puis, je n'ai tellement pas envie de me faire embrouiller par l'amour juste au moment où je vais commencer mes études, que là, franchement, je ne sais pas quoi penser. Je ne suis pas pressée et je ne veux pas que le fait de voir les autres TELLEMENT HEUREUSES, me pousse à choisir n'importe qui. Bref ! Je sais. Ma mère Tania viendra encore me faire la leçon en me disant que je suis trop difficile et que je dois me montrer plus souple. Je compte les jours jusqu'à son arrivée ici. Et je prépare mes arguments pour pouvoir lui répondre quand elle viendra encore me tanner avec toutes ses questions. J'ai hâte que nous nous retrouvions toutes et que nous fassions la fête.
« Je ne veux pas te foutre la pression, ma chère Sharonna, mais moi, je serai accompagné le soir de Noël ! »
« Tu nous cache des choses, Kenneth ! Raconte. Qui est cette fameuse personne qui t'accompagnera le soir de Noël ! »
Là, il sourit et me répond :
« Un splendide sénégalaise, aux jambes longues, fines, interminable ; à la peau ébène satinée et bien sûr, à la conversation très intéressante ! »
« Hum ! Tout pour nous donner des complexes, je suppose. J'aimerais bien voir cette fille. Je parie que tu l'as rencontré pendant ton séjour à Dakar. »
Il sourit.
« En fait, il s'agit d'une amie. Je l'ai invitée à passer quelques jours ici car elle vient de se voir souffler son époux. Une histoire compliquée ! »
« Et c'est à moi que tu fais la leçon, Kenneth ! je pense que bientôt, Shanelle va commencer un casting pour te trouver une copine. Je crois que nous sommes tous les deux dans la même barque. »
Le type se contente de sourire. Il est tellement beau quand il sourit, que y a de quoi se demander pourquoi aucune femme ici ne l'a encore pris dans ses filets. Mais, en même temps, il est tellement fin et maniaque dans ses relation aux autres, qu'il sera bien difficile à une gabonaise de lui passer la corde au cou en usant d'autre chose que ses charmes.
Je me retourne vers lui et lui demande :
« Tu seras là demain, à la petite fête que l'on organise pour dire au revoir à Pupuce ! Je compte sur toi. »
« Je suis obligé d'y être. Urielle arrive demain. Monsieur mon frère me charge de la chaperonner pendant ce week-end. Il est bloqué à Port-Gentil pour une réunion de travail toute la journée samedi. »
« Cool !
3-
~~~ Un air de bonheur pour Miro et Tania. ~~~
« C'est bête, tu me diras. Mais je continue de me pincer chaque fois que le bonheur m'envahit. J'ai toujours l'impression de flotter. Tout me semble irréel. Et le fait que tu sois là, à mes côtés, rend tous ces moments tellement féeriques, que parfois je me dis que je vais me réveiller ! »
« Ce n'est pas un rêve, chérie. Tu pourras te pincer autant de fois que tu voudras mais tu arrêteras très vite en te rendant compte que tu es dans la réalité et que se pincer, ça peut faire très mal ! », me fait Miro en m'embrassant dans le cou. Il me lâche la main et se dirige vers la salle de bains.
Je le regarde partir et les battements de mon cœur me rappellent que j'aime le type le plus génial de la terre. La nuit est tombée depuis bien longtemps. Il est 1 heure du matin. Je n'ai pas sommeil même s'il va falloir dormir pour être en forme aux cours à 9 heures. L'école est heureusement à 2 rues de l'appartement. Notre logement est sur deux niveaux. Miro et moi occupons l'appartement du haut alors que Delanna et Allegra, une autre de mes belles sœurs, sont en bas. Nous pouvons descendre de chez nous et sortir tranquillement sans les déranger. Mais comme je suis tout le temps fourrée chez elles, quand je rentre des cours et que Miro travaille encore...
Nous avons assisté Delanna, Allegra Miro et moi à la cérémonie de l'illumination du sapin de Noël du Rockfeller Center, en compagnie de quelques amis. L'homme de ma vie m'a fait la surprise d'arriver alors que je ne m'y attendais pas. Il travaille tellement que parfois, je boude pour qu'il rentre plus tôt. Et là, il me répond qu'il apprend tellement de chose qu'il se laisse facilement absorber par ce qu'il fait, sans voir le temps passé.
Nous étions dans les bras l'un de l'autre, entourés d'une foule impressionnante. C'est une tradition ici. Il faut tout de même payer pour y assister. Et comme j'ai le type le plus chouette pour amoureux, mes yeux étincelaient de bonheur en voyant toute cette féerie.
Je suis loin de tout ici. Il y a tellement de traditions qui marquent chaque instant de vie, ici, que je m'adapte à la situation essayant de garder en mémoire les plus belles images. C'est tellement immense New York, que parfois, je ne sais pas expliquer aux gens qui me posent des questions, comment est le pays d'où je viens. Tout est 5 fois plus grand ici : les steaks au restaurant, les hamburgers au McDonalds, la pizza. Inutile de parler des centres commerciaux ! Je ne prends jamais le risque de sortir toute seule, même si Delanna me dit qu'il n'y a pas de souci à se faire. La ville qui ne dort jamais porte très bien son nom. Pas le temps de s'ennuyer. Il y a toujours quelque chose à faire.
Je ne me rends pas compte que Miro est sorti de la salle de bains. Je simplement ses bras qui viennent m'emprisonner alors que je suis toujours en train de rêver devant la fenêtre de la chambre.
« Ti amo il mio tesoro »
« Ti amo il moi amore ! », lui fais-je en me retournant pour l'embrasser.
« Ma journée va être longue au bureau. Je vais surement rentrer tard. Mais, avant que tu ne commences à te plaindre, je ferai tout pour être là à 20h. Et nous aurons tout le week-end à nous tous seuls ! »
« Comment ça tout seuls ! »
« Pas de famille, pas d'amis. Rien que toi et moi. Dans un hôtel que j'ai déjà choisi. J'ai besoin d'un peu d'intimité, si tu vois ce que je veux dire. »
« Oh ! j'ai l'impression qu'il y en un qui a des idées coquines dans la tête ! »
« Oui, et pourquoi pas !
Ça nous fera du bien d'être loin de tout le monde. Il y a tellement de monde autour de nous que jamais nous ne sommes vraiment seuls ! sauf quand nous fermons la porte de notre chambres. Les amis d'enfance et les cousins de Miro sont toujours là. Nous mangeons ensemble, allons au cinéma ensemble, nous allons au karting...partout. Je me suis fait une amie. Elle se prénomme Lena, elle est française de père et sa mère est afro-américaine. C'est la fiancé de Tino, l'un des ami d'enfance de Miro. Elle et moi trainons ensemble car nous suivons les mêmes cours d'italien.
« Lena veut venir avec moi au Gabon, pour Noël. Qu'en dis-tu ? »
« Tu n'y seras pas seule et cela lui permettra de voir autre chose. Elle n'est jamais allée en Afrique. »
« Je penserai que tu changerais d'avis et que tu me dirais que tu viens avec moi, finalement. »
« Non ! Je ne crois pas pouvoir venir avec toi. Je suis désolé. Le boulot avant tout. Je te promets qu'à ton retour, j'essaierai d'être plus libre. Pour l'instant, j'ai tellement de choses à apprendre, que je préfère m'y consacrer corps et âme. »
« Ok, chef ! On fera la fête sans toi. Ce sera cool. J'imagine que je vais devoir me trouver un cavalier pour la soirée. »
« C'est déjà tout trouvé ! J'ai demandé à Tito de me remplacer en tant que témoin. C'est lui qui te servira de cavalier. Il est hors de question que quelqu'un d'autre joue ce rôle ! Désolé pour celui que tu avais en tête, mais je ne vais surement pas laisser ma fiancée aux bons soins d'un inconnu. »
« Euh ! Mon chéri, tu auras la tête qui tourne cette nuit-là car nous allons faire la fête, mes copines et moi ! »
« Vu qu'il y aura des yeux pour te surveiller, peu m'importe le reste. », me fait-il en souriant.
« Tu as réponse à tout, n'est-ce pas ? »
« Toujours. Surtout quand il s'agit de toi. », me fait-il en me serrant dans ses bras. « As-tu réfléchis à ce que je t'ai demandé ? »
« Pas encore. J'ai besoin d'un peu de temps, encore. »
« Ok. Viens, c'est l'heure de dormir. »
Dans les bras l'un de l'autre, nous nous endormons. Et je pense à la réponse que je ne lui ai pas encore donné. Nous avons discuté il y a une semaine sur l'endroit où nous allons poser nos valises et créer notre petit nid pour nos études supérieures. Je me focalise sur mes cours de langue, mais avant de rentrer au Gabon pour Noël, il va falloir que je donne une réponse à Miro.