Le nouveau travail était un vrai challenge pour Omar. Il avait de nouvelles responsabilités, de nouveau bureau, une nouvelle voiture et surtout un autre salaire. Oui, il se sentait comblée surtout qu'il adorait sa femme qui était son rayon de soleil. Une seule chose lui manquait c'était un enfant. Mais il ne devait pas se presser aussi. Dans deux jours, il fêtait son premier anniversaire de mariage. Et il était aussi amoureux qu'au premier jour. Bien sur, il y a eu de petites disputes, mais qui se terminait toujours sur des consensus. Assy était très douce et tout simplement adorable.
Il sourit en y pensant quand son assistante Fama entra dans son bureau.
- Mr Bocoum, j'ai prévu une petite rencontre avec des partenaires pour une petite mise à niveau dans deux jours. Je sais que c'est un samedi, mais c'est juste la matinée.
Il secoua la tête.
- Non Fama, pas ce samedi. J'ai déjà prévu autre chose.
Il avait déjà réservé pour le weekend avec sa femme et il était hors de question qu'il déprogramme. Surtout pour son anniversaire de mariage.
- mais, Mr Bocoum, c'est pour parler de la...
- Fama...s'il te plait. Le samedi prochain si tu veux ou lundi matin à la première heure. Mais pas samedi. J'ai quelque chose de très important à faire.
Elle sourit. Il remarqua qu'elle avait un joli sourire.
- dans ce cas...
Elle allait partir, avant de rebrousser chemin
- sans vouloir être indiscrète, c'est quoi cette chose importante ? c'est la première fois que je vous vois repousser le boulot.
Il sourit
- c'est mon premier anniversaire de mariage. Et j'ai un programme.
Il remarqua son air...contrarié.
- ah...vous êtes marié ? demanda t-elle sans le regarder
Il se contenta de hocher la tête. Sans rien dire. Elle en demandait trop. Depuis qu'il était là, il avait remarqué qu'il ne la laissait pas indifférent. Mais depuis qu'il était avec Assy il n'était plus intéressé par ce genre de chose. Non. Sa femme lui prenait tout. Il ne se lassait pas de son magnifique corps, de son beau visage, de son beau sourire. Non il n'était pas intéressé par une autre.
Assy regardait son mari avec un petit sourire. Il l'avait amené là ou ils avaient passé leur première lune de miel Cette maison n'était pas pour lui rappeler de bons souvenirs, mais il tenait à y revenir.
- je sais que tu n'as pas de bons souvenirs ici, mais je veux te faire oublier tout cela. Et je veux qu'on ait enfin une lune de miel digne de ce nom mon amour
Elle s'approcha doucement et passa ses bras autour de son cou avant de se hisser et de l'embrasser.
- c'est vrai que je n'ai pas de très bons souvenirs, mais c'est du passé. L'essentiel c'est qu'on soit ensemble
Ils allèrent faire des courses dans la station la plus proche et Omar ne cessait de prendre des pots de chocolat. Quand Assy lui demandait ce qu'il comptait faire avec tout ça, il la regardait avec un air bizarre en lui répondant qu'il allait le manger. Le soir, après un délicieux repas, pris sur le tapis du salon, éclairé par des bougies, Omar prit délicatement sa femme dans ses bras pour l'amener dans la chambre. La chambre ou il y a un an, il l'avait brutalisé. Et qui aujourd'hui devait changer de visage. Mais le décor n'avait pas trop changé et Assy se dirigea vers les toilettes pour prendre une longue douche et revivre rapidement le déroulement de son année de mariage. Elle y pensant en souriant et en se disant qu'elle avait finalement eut beaucoup de chance. Son mari l'aimait à la folie et ne lui refusait aucune faveur. Elle aussi, malgré les appréhensions avait appris à l'aimer. Tendrement.
Quand elle sortit de la salle de bain en peignoir, elle manqua de s'évanouir tellement la chambre avait changé. Elle était éclairée par des petites bougies, une musique douce passait et le must, le lit recouvert d'un drap blanc était parsemé de pétales de roses qu'Omar était encore en train d'arranger essayant de former un cœur.
- mon cœur tu veux que je t'aide ? demanda t-elle étonnée
- Oh merde...dit-il en se levant précipitamment. tu n'étais pas sensée sortir maintenant. Je t'ai dit de prendre ton temps.
Elle s'approcha du lit et il se leva pour la prendre dans ses bras.
- ma chérie, j'ai vécu l'année la plus merveilleuse de ma vie. Tu me comble sur tous les plans et la seule tache noire depuis qu'on est marié c'est cette fameuse lune de miel. Je voudrais l'effacer à jamais et ainsi...faire de toi la femme le plus heureuse de cette terre.
Elle le regarda attendrie.
- mais je le suis Omar. Je suis...
Il ne la laissa pas finir et se mit à l'embrasser avant de dénouer la ceinture du peignoir, la dévoilant en lingerie fine. Il s'écarta un moment pour la regarder
- tu as déjà entendu parler de la femme chocolat ?
Elle le regarda intriguée
- tu sais je sais que tu es complètement fou, mais si tu compte me transformer en chocolat, c'est peine perdue mon chou.
Sans répondre, il défit le peignoir et la bascula sur le lit avant de prendre un pot de chocolat et avec une cuillère étaler une bonne partie sur son ventre, malgré ses cris de protestations
- petit crétin. Tu es complètement fou. Je...
- tais-toi. Je vais te...manger...dit-il en imitant le cri d'un lion.
Elle allait protester, mais ne put continuer car il s'était penché et avait entrepris de lui lécher le chocolat avec une sensualité qui la laissa sans voix. Elle se cambra et gémit sourdement en lui demandant d'arrêter, sans vraiment le penser. Non elle voulait qu'il continue. Les sensations étaient trop délicieuses. Sans l'écouter, il continua, en étalant lentement le chocolat sur ses cuisses, sur ses seins, son cou. Assy se retrouva tremblante d'excitation et de plaisir contenue, juste pressée qu'il en finisse car la tension était à son paroxysme. Mais lui n'était pas pressé même s'il se contenait difficilement. Quand il en une couche sur une partie très sensible, elle poussa un cri strident et voulut s'échapper. Mais il la maintint en rigolant et continua son savant travail. A la fin elle ne tenait plus et lui donnait des coups de pieds et de poing pour qu'il arrête la torture. Au bout d'un temps très long, il la posséda enfin et comme d'habitude, la mit monter à des sommets jamais atteints de plaisir.
Le weekend se passa comme cela entre séance de femme chocolat et d'homme chocolat tout aussi excitant. Elle reçut en cadeau un magnifique portable, dernier cri et elle lui offrit la merveilleuse montre qu'il avait vu en vitrine et qu'il s'apprêtait chaque jour à acheter. A la fin du weekend, au moment de partir, il la prit dans ses bras et lui demanda si elle voulait revenir dans cette maison. Avec un grand sourire, elle lui répondit que oui, car maintenant elle n'y avait que des souvenirs...chocolatés.
A leur retour, elle attendit avec impatience les résultats de ses examens et comme d'habitude, avait des examens à reprendre. Mais elle voulait d'abord aller à St-louis, passer quelques jours avec sa mère avant de se replonger dans ses études. Mais Omar ne voulait pas la laisser partir toute une semaine. Il disait que c'était trop, mais sa belle mère vola à son secours et elle partit rendre visite à sa mère. Elle la trouva en pleine forme et elle passa une semaine de rêve, mais avant la fin de la semaine, Omar vint la chercher et prétexta le mariage d'un de ses amis à laquelle Assy devait assister. Mais quand ils furent seuls, il lui murmura qu'elle lui manquait trop et qu'il n'aimait pas de retrouver seul dans son lit.
Le reste de ses vacances se passa entre ses révisions et les séances de discussion avec sa belle famille. Pour les petits déjeuners, elle descendait les prendre en famille et ils s'éternisaient sur la table à manger de la véranda. Il y avait ses beaux parents, Alassane qui avait réussi son bac et aussi Amy qui elle avait réussi tous ses examens et devait enchainer sur un master. Les matins étaient donc très relax et Assy appréciait ses bons moments.
Mais, le temps passait et toujours pas de signe de grossesse. Elle était partie en consultation et avait fait toutes les analyses. Mais tout était normal et la gynécologue lui demandait juste d'être patiente. Omar de son côté ne lui montrait certes aucun signe d'impatience par rapport à une éventuelle grossesse, mais n'empêche, elle voulait tomber enceinte et avoir un bébé. Quand elle avait un retard de quelques heures, elle se retrouvait à faire une dizaine de test de grossesse, qui revenait toujours négatifs. Elle liait cela à la période des vacances ou elle n'avait pas grand choses à faire et passait son temps à y penser. Et aussi à sa belle mère qui à chaque fois qu'elle la saluait priait pour qu'elle ait un enfant. Le faisait-elle exprès en voulant la gêner, ou était ce juste son souhait le plus ardent qu'elle exprimait. Elle n'en savait rien, mais Omar lui disait toujours de ne pas faire attention car ils venaient de se marier et avaient le temps. Malgré tout, elle déprimait parfois et se demandait vraiment pourquoi elle n'arrivait pas à avoir un bébé.
Cette année, elle ne réussit pas à ses examens et devait redoubler, ce qui accentua son état de déprime. Omar voulait l'inscrire dans une école privée, mais n'ayant pas de diplôme, capitalisant les années qu'elle avait déjà fait, elle ne pouvait tout laisser tomber comme cela et tout reprendre à zéro. Non, elle préférait reprendre son année et une fois sa License en poche, peut être, trouver une autre école. Mais n'empêche, elle déprimait. Omar l'ayant comprit, lui permis cette fois d'aller voir sa mère. Elle lui en fut très reconnaissante et cette petite séparation lui fit le plus grand bien et sa mère en profita pour m'amener voir des marabouts qui lui prédirent une nombreuse progéniture et accusèrent sa belle mère qui selon eux la détestait d'être la l'origine de tout cela. Elle refusa d'y croire. Non ces marabouts n'étaient que des charlatans et heureusement qu'une de ses tantes la ramena finalement chez un autre qui balaya toutes ses théories d'un revers de main et disant que sa belle mère et ses belles sœurs l'aimait beaucoup, mais qu'elle devait être patiente car elle avait un « farou rap » qui bloquait ses grossesses. Il lui fit des bains et lui donna des choses à manger pendant quelques jours. Après cela, alors qu'elle s'apprêtait enfin à rentrer sur Dakar car son mari lui manquait terriblement. Il appelait tous les soirs et lui aussi supportait très difficilement la séparation. Donc, malgré sa mère qui la retenait encore, elle rentra s'occuper de son chéri en attendant la reprise des cours.
- mais enfin Amy, je ne l'ai jamais vu ton chéri et tu viens me dire que c'est fini entre vous.
Assy ne comprenait pas Amy. Sa relation avec cet Omar était vraiment tumultueuse. Tantôt c'était l'amour fou, tantôt c'était fini. Et dans ce cas, Amy était dans un état pathétique. Elle aimait vraiment cet homme. Comme elle n'avait jamais aimé quelqu'un disait-elle. Mais il était d'une jalousie maladive, l'accusant de tous les noms d'oiseau si jamais il pensait qu'Amy le trompait. Et cette dernière supportait de moins en moins cette situation
- Assy, je l'aime. Toi tu le sais. Mais imagine, hier mon cousin Seydina m'a appelé et il s'est fâché, me traitant de menteuse et d'hypocrite et disant qu'il savait reconnaitre les femmes qui trompe leur copain. Je ne comprends pas pourquoi il est aussi méfiant.
Assy sourit, compréhensive. Son chéri lui rappelait sur certains points Elhadj. Mais elle préférait se taire sur son passé.
- il a surement du traverser des moments difficiles dans son ancien ménage. Tu sais les divorcés sont parfois un peu traumatisé.
Amy haussa les épaules
- je sais, mais je n'en peux plus. On est ensemble depuis bientôt 6 mois. S'il ne peut toujours pas me faire confiance c'est que ça ne sera plus possible et il vaut mieux arrêter maintenant.
- ne dis pas ça. Discutez et ça ira. Dommage que la dernière fois qu'il est venu on ne s'est pas croisé.
Oui, il est déjà venu une ou deux fois et toujours Assy était sortie avec son mari.
- peut être qu'il sera là pour le tour de famille. Si on se réconcilie entre temps bien sur.
Elles continuèrent à papoter, quand soudain, elle entendit crier
- ASSYYYYY
Elles se regardèrent et éclatèrent de rire. C'était Omar. Il était un peu souffrant ces derniers jours et était convaincu qu'il allait mourir. Sans attendre, elle se dirigea vers la chambre de badiène Oumy ou Omar était couché, à côté de sa mère, la mine complètement défaite.
- oui, mon chéri...tu es réveillé ? demanda t'elle sur un ton condescendant
- Oui, écoute, mon assistante Fama va passer tout à l'heure pour m'amener le courrier. Tu la recevras le temps que je me débarbouille.
- Ok. Tu va mieux ?
- Non.
Elle faillit éclater de rire mais se retint. Il avait juste un rhume, mais la veille, il lui avait énoncé son testament, avoué ses plus grand péchés et lui avait dit et redit à quel point il l'aimait et que même mort, il ne voulait pas qu'Assy aie un autre mari car elle était pour lui seul. Bien entendu, elle lui avait répété qu'il n'avait qu'un rhume et que ce n'était pas si grave, mais il n'en avait cure. Il était malade et un malade est plus proche de Dieu, donc il doit penser à la mort disait-il. Même sa mère s'y était mise et s'était mis à lui asperger de l'eau bénite, disant qu'il fallait de temps en temps prendre des bains pour se protéger. Sur ce point Assy était d'accord avec elle et avait recommandé à Omar de respecter les directives de sa mère.
Plus tard, elle ouvrit la porte à Fama, une belle et élégante jeune femme qui souleva une petite vague de jalousie qu'elle essaya de refréner. Surtout qu'elle la trouva très familier avec son mari. Elle lui montrait le courrier et attendait qu'il en prenne connaissance et signe les nombreuses lettres qui devaient partir. Elle ne sortit pas du salon et assista à cet échange qui se voulait...professionnel. Mais elle remarqua bien les petits coups d'œil qu'elle lui lançait, s'attardant sur ses abdos dévoilé par le débardeur qu'il portait. Avant qu'elle ne parte, il la prit tendrement dans ses bras.
- Fama je te présente mon rayon de soleil. Assy. Assy, c'est Fama.
- Fama enchanté.
Cette dernière la regarda de bas en haut avant d'essayer d'être chaleureuse. Non elle n'aimait pas cette jeune femme, mais n'osait pas en parler. Elle ne voulait pas rentrer dans e cercle paranoïa ou elle se retrouverait à épier les moindre faits et gestes de son époux. Et puis, pour avoir fréquenté un homme marié, elle savait que si vraiment il voulait la tromper, rien ne pourrait l'y empêcher. L'essentiel pour elle c'est essayer au maximum de le satisfaire. Et puis dans son subconscient, sans trop le vouloir, elle ne pouvait s'empêcher d'y penser, de se dire qu'elle l'a fait à une autre, donc, peut être que forcement il y aura un retour de bâton. Mais ça c'était son côté sombre, pessimiste qui le lui soufflait. Mais son mari se montrait toujours aussi attentionné, aussi amoureux et elle n'avait vraiment aucune raison de penser qu'il pensait à une autre femme
Les mois passaient. Le bébé ne venait pas. Et un matin de décembre, elle reçut une mauvaise nouvelle et fébrilement alla prendre sa mère au garage. Mère Souka venait de mourir subitement et la nouvelle affligea Mère Saly au plus haut point. Elle était venue accompagnée de sa sœur et se rendit directement aux parcelles ou son amie devait être enterrée dans l'après midi. Assy passa son temps à surveiller sa mère qui perdit connaissance plusieurs fois, étreint par l'émotion. Nafi aussi n'allait pas bien mais elle était bien entourée par ses copines et autres cousines. Juste après l'enterrement, alors qu'elle était sortit chercher du lait à sa mère, elle aperçut Iba. Derrière des lunettes sombres. Elle ne savait pas s'il l'avait vu. Mais elle l'avait vu. Elle s'éloigna rapidement, mais n'avait pu empêcher un petit malaise l'envahir. Elle n'eut plus l'occasion de le voir et le soir, alors que les gens rentraient, Nafi demanda à Mère Saly de rester passer la nuit avec eux. C'est à ce moment que sa mère lui fit part du divorce de Nafi et d'Ibrahima. Elle lui dit que mère Souka avait tout fait pour que le mariage tienne, mais Ibrahima n'en voulait plus et puisque Nafi avait fait une fausse couche, il avait préféré la libérer une bonne fois pour toute. Elle écouta d'une oreille distraite et fit celle qui n'était pas très intéressé, surtout qu'Omar était venu la prendre.
Le lendemain, elle avait cours et ne s'est rendue la bas qu'à la descente. Après être resté un bon moment, elle a prit congé et est sortie pour aller prendre un taxi, quand elle est tombé sur Ibrahima devant la maison.
Cette fois elle était sure qu'il l'avait vu car il s'est approché lentement. Il n'avait pas trop changé sauf de petit cheveu blanc sur sa moustache. Mais il était toujours aussi beau.
- Salut Assy...
- salut Iba, répondit-elle.
Elle ne l'avait pas revue depuis leur rencontre avant leur mariage. Mais cette fois elle le regarda plus calmement, plus sereinement. Elle ne ressentait plus ce déferlement d'émotions qui l'envahissait à chaque fois qu'elle le voyait. Elle était certes troublée, son cœur s'emballa un moment car tout se qu'ils avaient vécu ne pouvaient s'effacer comme cela. Mais au moins elle était...calme.
- toutes les condoléances Ibrahima. Mère Souka était une personne bien
- tu as raison. C'était une belle mère exemplaire.
Il y eut un silence. Un long silence ou elle gardait la tête baissé, cherchant quoi ajouter. En vain.
Il fronça les sourcils en la regardant.
- tu as l'air en pleine forme Assy. Tu es...magnifique.
- merci...dit-elle en souriant. Toi aussi tu te maintiens.
Il y eut encore un petit moment de silence. Elle aurait du partir. Mais elle ne savait pas pourquoi elle restait planté là, comme si ses jambes ne pouvaient pas la porter.
- je crois que je n'ai pas eu l'occasion de te féliciter après ton mariage.
Assy hocha la tête gênée.
- et je profite aussi pour m'excuser pour tout ce qui s'est passé Assy. Sincèrement. J'ai beaucoup regretté.
- ce n'est rien Iba. Tout est rentré dans l'ordre. Et Sophie ? Je ne l'ai pas vu.
Il soupira.
- Je ne sais pas si tu es au courant, mais c'est fini entre nous. Et j'ai pris Sophie, sa mère refusait de toute façon de la prendre.
Son cœur battit plus fort. Sans vraiment savoir pourquoi. Il était libre maintenant.
- je suis désolée, réussit-elle à dire.
- ce n'est rien voyons. C'était la meilleure chose à faire. Et je pense sérieusement à aller m'installer dans un autre pays. M'ouvrir un peu.
Puis la regardant fixement
- fuir et essayer d'oublier...
Cette fois elle fut vraiment troublée et ne put détacher son regard de lui. Un long moment. Elle chercha ses mots avant de sourire bêtement.
- c'est à cause du divorce ?
Il soupira
- pas vraiment, répondit-il énigmatique
- tu compte amener Sophie et Mohamed ? demanda t'elle
- Sophie oui. Pour Mohamed c'est plus compliqué. Je...tu es heureuse Assy ? demanda t'il brusquement
- Oh oui Iba. Je suis heureuse...répondit-elle doucement
Cette conversation lui sembla soudain...bizarre.
- je le suis, mon mari m'aime et je l'aime aussi. Je....ne veut plus qu'on se revoit.
Il secoua la tête
- je ne ferais jamais cela Assy. je ne reviendrais jamais dans ta vie en te sachant mariée. Je t'aime trop pour ca...
Il fut interrompu par Tima, l'amie de Nafi, celle là même qui les avait vu au restaurant.
- Ibrahima...
Elle regarda Assy un long moment avant de se tourner vers Ibrahima. Assy en profita pour arrêter un taxi et rentrer. Elle trouva Omar en train de regarder un match de foot. Mais elle avait juste envie après cette conversation avec Iba, de se prouver qu'elle n'aimait que son mari. Et le voir uniquement vêtu d'un short lui donna des ailes. Malheureusement Alassane était avec lui au salon. Après avoir pris un bain et fini ses obligations, elle les trouva encore en train de regarder le match. Elle se blotti contre son mari qui ne faisait même pas trop attention, trop concentré sur le match. Mais elle continua son petit manège en lui caressant lentement le bras et en déposant de petits bisous sur son cou. Il lui jetait de temps en temps des coups d'œil, mais un moment, il ne suivit plus le match, et serra Assy plus fort, la regarda intensément. Ils se comprirent et elle le sentit frissonner.
- Boy, pourquoi tu n'irais pas regarder le reste du match en bas ? demanda t-il à son petit frère, d'une voix rauque.
Ce dernier les regarda à tour de rôle, avant de lancer un regard qui se voulait pitoyable à Assy.
- vraiment Assy. Il faut qu'on t'apprenne beaucoup de choses. Les jours de championnats, on ne fait pas ce genre de chose à son mari...
Assy éclata de rire.
- grand, c'est ici qu'il y a un grand écran. Je ne bouge pas. Allez faire vos saletés là dans la chambre. Vous ne me dérangez pas.
Cette fois c'est Omar qui éclata de rire.
- Alassane, on ne t'a rien demandé. Sors d'ici tout de suite. Tu es chez moi.
Sans attendre, il se leva et entreprit de faire sortir son frère en essayant de le soulever. Mais ce dernier fit de la résistance, s'accrochant aux meubles. Omar tira, aidé par Assy qui lui tirait aussi le pantalon, le tout entre éclat de rire et refus ferme d'Alassane de quitter. Le bruit attira Amy qui monta demander ce qui se passait
- c'est ces deux là, qui veulent faire leurs trucs là et me demandent de sortir. Je ne bouge pas. Weuh...
- waw dagno sokhla sougnou bope (on a besoin de se retrouver) dit Omar d'un air buté qui fit rire tout le monde
- ki mounoko diékhal (tu ne peux pas la finir). On reste tous ici, répliqua Awa qui était aussi venue aux nouvelles. Yakou ngène torope. (pervertis)
Amy éclata de rire et aida son jeune frère à réintégrer le salon et tous ensemble, ils s'installèrent fermement, malgré les protestations de leur grand frère. Omar attendit que tout le monde soit installé pour éteindre la télé et confisquer la télécommande, créant un boucan terrible qui fit même monter maman Oumy. Quane dernière sut l'origine de tout ce bruit, elle s'installa à son tour en menaçant Omar de ramener Assy chez sa mère. Tout ce beau monde resta jusque tard le soir et toute cette bonne ambiance lui évita de penser à sa rencontre avec Iba et surtout lui fit se rendre compte de la chance qu'elle avait de s'être mariée à son cousin. Plus tard, quand tout le monde fut partit, elle était tout d'un coup fatiguée et voulut dormir. Mais Omar ne la laissa pas, lui disant qu'elle avait réveillé la bête et devait continuer le travail commencé. Et elle ne se fit pas prier
Mère Saly rentra après la cérémonie de 7ème jour. Assy voulut la retenir chez elle mais en vain. Elle la laissa partir en désespoir de cause et lui promit de lui rendre visite le plus rapidement possible. Elle promit également à Nafi de venir lui rendre visite le plus souvent possible. Les fêtes de fin d'année se passèrent super bien et Omar l'amena à Saly pour Noel et elle passa le réveillon dans un cadre paradisiaque, avec l'homme qu'elle aimait. Elle appela Amy pour lui souhaiter de bonne fête et elle lui dit qu'elle était au restaurant avec son chéri. Assy n'était pas au courant de la réconciliation, et la félicita. Un moment elle voulut la lui passer au téléphone, mais Omar avait pris le téléphone par force pour lui dire de rentrer rapidement à la maison.
Amy raccrocha souriante.
- c'était ma belle sœur, dit-elle en regardant amoureusement son compagnon.
- c'est cool.
- écoute Omar, je crois qu'il commence à faire tard. Il est temps de rentrer.
- je sais Amy. Mais écoute-moi. Cette fois je reconnais mon erreur. Je suis désolé pour tout. Je sais que je suis jaloux, mais j'ai eu un passé assez difficile. Les filles me trompaient et me mentaient. Ce n'est plus facile de faire confiance après cela. Mais sache que je t'aime. Sinon, je ne serais pas encore là. Donne-moi juste un peu de temps que je règle le problème de divorce au tribunal. Et après on se marie.
Amy soupira.
- c'est toujours ce que tu me dis avant de me créer des problèmes et de disparaitre. Mais je te jure Omar que je ne t'attendrais pas toute ma vie. Et ça tu dois le savoir.
- je sais bébé.
Ils se levèrent à il la déposa devant chez elle. Ils s'attardèrent dans la voiture à s'embrasser tendrement et à se faire des promesses quand Amy reçut un message. Omar se crispa.
- qui t'envoie un message à cet heure Amy. Tu vois c'est pourquoi je me fache.
Amy regarda son téléphone et sourit.
- regarde toi-même. C'est encore ma belle sœur qui me taquine.
Il prit le téléphone et faillit s'évanouir en voyant le nom affiché. « Assy chéri Omar ». Assy n'était pas un nom très commun
- comment s'appelle ta belle sœur ? demanda t-il figé
- Assy. Assyatou Kane. Pourquoi ?
Il ne dit rien et continua à regarder la photo jusqu'à ce que l'écran s'éteigne.
- tu la connais Omar? demanda Amy inquiète par le changement de comportement
Il lui rendit tranquillement le téléphone et se forçat à sourire
- Non. Mais tu me parle tellement d'elle et je viens de me rendre compte que je ne connais pas son nom.
- c'est vrai. Elle s'appelle Assy et son mari s'appelle Omar. Comme toi. Dit-elle en souriant
- il faut que je vienne chez toi pour que tu me la présente. A chaque fois que je viens, je ne la trouve pas et tu me parles toujours d'elle
Elle sourit
- elle est tellement gentille. Elle aussi demande souvent à te voir. Mais puisqu'on s'était disputé. La prochaine fois sans faute.
Il regarda ailleurs, l'air perdu
- tu as sa photo ?
Cette fois Amy le regarda étonné. Mais sans rien ajouter, elle fouilla dans son téléphone et sortit une belle photo d'Assy avec Omar.
- c'est elle. Et mon frère. C'est presqu'impossible d'avoir une photo individuelle d'elle. Mon frère est toujours collé.
Cette fois, il se sentit mal. Et regarda encore longtemps ce visage familier, faisant remonter tellement de souvenir.
- Omar...ca va ? demanda Amy
Il sourit en lui rendant le téléphone
- je t'ai dit que tu es presque la seule à m'appeler Omar.
- je sais. Tout le monde t'appelle Elhadj. Mais mon frère s'appelle Omar, donc Elhadj Omar Tall, pour moi ça sera Omar, dit-elle en se pencha pour l'embrasser.
El hadj rentra chez lui encore sous le choc. Assy. Sa Assy. Son amour. Le Bon Dieu la mettait encore sur son chemin. C'était peut être un signe. Signe du destin. Il n'avait jamais réussi à l'oublier. Malgré la trahison, malgré la déception, malgré la rancœur, il n'était pas arrivé à le sortir de son cœur. il s'était finalement marié à sa cousine. Mais cette dernière, une fois installée à Dakar a commencé à entretenir une relation avec un de ses ex copain, créant un scandale sans précédent dans la famille. Mais il avait été content de s'en débarrasser car ils n'avaient pas le même niveau, elle ne parlait pas un mot de français, était d'un niveau très...limité. La découverte de son infidélité, l'avait laissé de marbre et il s'en était vite débarrassé sous la bénédiction de sa mère. Et depuis, il ne voulait plus s'engager. Jusqu'à ce qu'il rencontre Amy. Elle avait des airs de ressemblance avec Assy. Assy qu'il recherchait partout. Quand il a apprit qu'elle s'était mariée, il a failli devenir fou. Comme lorsqu'elle lui avait annoncé qu'elle avait couché avec un autre. Le coup de colère passé, il avait regretté. Mais Assy ne voulait plus lui parler. Et pourtant, il était prêt à faire fi de tout cela. L'essentiel était qu'il soit à nouveau avec son amour.
La chance, le hasard, le destin...il ne savait pas trop comment prendre le fait qu'Assy soit à nouveau sur son chemin. Et il se rendit compte qu'il n'aimait pas Amy, mais juste l'image d'Assy qu'elle lui rappelait. Il fallait être subtil maintenant pour espérer récupérer sa Assy ou à défaut, la détruire comme elle avait réussit à le faire pour lui. Depuis sa séparation avec elle, il ne vivait que par son souvenir. Ça devait cesser maintenant.
Le tour de famille se déroulait à merveille. Presque tout le monde était présent et Assy s'occupait de servir tout le monde. Depuis qu'elle était marié à Omar, elle était plus familière avec ses cousins et cousines. Pour les cousins c'était plus simple, mais les cousines étaient plus...distantes. Amy lui expliqua qu'en fait la plupart d'entre elles avaient des vue sur Omar avant leur mariage. A ces dernières, Assy se montra plus...gentilles, arrachant parfois regards meurtriers qui la faisaient rire. Surtout quand Omar l'enlaçait et essayait de l'embrasser devant tout le monde. Il se foutait pas mal du monde, disant qu'elle était sa femme. Tout se passait bien et un moment, Amy vint lui souffler à l'oreille
- Assy, Omar m'a dit qu'il vient tout à l'heure. Comme cela vous pourrez vous rencontrer.
Assy sourit
- ces temps ci j'ai remarqué qu'il y avait une réconciliation dans l'air. Mais s'il te plait Amy, demande lui de faire vite avant qu'il y aie encore des problèmes.
- j'espère. Ça fais deux mois qu'on s'est réconcilié et je dois t'avouer que depuis, il est...tellement gentil
- ohh...regardez moi cette amoureuse. Je suis contente pour toi.
Elles restèrent à papoter et Omar l'appela un moment et elle monta. Elle en profita pour se changer, câliner son chéri qui se plaignait qu'elle ne l'avait pas regardé de toute la journée et enfin redescendre car Amy ne cessait de la biper. Cete dernière la captura au bas des escaliers et lui prit la main, excitée.
- viens, il est là.
Assy rigola et la suivit vers le salon, maintenant désert car presque tout le monde était parti. Ce dernier se leva. Plus Assy avançait, plus elle avait l'impression d'être dans un film ou les choses se passaient au ralenti. Elle venait de le reconnaitre et elle sentit son sang couler de son cerveau à la plante de ses pieds. Ses mains étaient moite d'un coup et son visage se décomposa.
- Assy je te présente Omar. Omar, voici Assy. ma belle sœur et cousine. Dit Amy, toute souriante.
Celle-ci regarda « Omar », comme si elle venait de voir un extraterrestre. Elle ne pouvait même pas ordonner toutes les pensées qui lui traversèrent l'esprit. Elle eut envie de s'évanouir en espérant se réveiller et qu'on lui dise que tout ceci était un mauvais rêve. Mais rien ne se passa. Elle regarda la main tendue et machinalement la prit.
- Omar...
- Assy ça va ? demanda Amy, inquiète par le manque d'enthousiasme de cette dernière.
Elle essaya de sourire
- oui, je crois que je commence à ressentir les contre coup de la journée.
- tu as raison. Tu as passée la journée à servir les gens. C'est normal que tu sois fatiguée.
- Assy c'est un vrai plaisir de te rencontrer. Amy me dit beaucoup de bien sur toi.
Elle le regarda un moment
- moi aussi Amy me dit beaucoup de bien de toi. Je suis contente qu'enfin on se rencontre, répondit-elle en essayant d'être naturelle.
- j'aurais aimé rester avec vous, mais tu connais Omar. Il veut que je sois à ses côtés. Donc j'y vais, dit-elle en regardant Amy
- c'est à cause de « ton » Omar qu'Amy m'appelle comme lui. Mais en fait, les gens m'appelle plus par mon autre prénom...Elhadj, rajouta ce dernier.
Assy ne répliqua pas et sortit presque précipitamment du salon...troublée.
Elhadj se tourna vers Amy.
- tu as raison ta belle sœur est très gentille.
- oui, elle doit être fatiguée aujourd'hui, mais sinon elle serait restée.
- et en plus elle est très belle.
Amy rigola
- si mon frère t'entend, tu va passer un sale quart d'heure. Sa femme personne n'y touche.
Il se força à sourire. Oui Assy était encore plus belle que dans ses souvenirs. La vie devait être plus simple pour elle maintenant. Il ne put s'empêcher de songer à ses beaux yeux, ce teint clair, ses belles formes. Et surtout il ne put empêcher cet émoi, ce frisson ce sentiment fou l'envahir quand il l'avait revu. Oui, il aimait encore Assy...même s'il la savait mariée.
- Assy...
Elle sursauta et regarda son mari.
- que t'arrive t-il ces temps ci ? Tu sembles tellement pensive.
Elle se ressaisit et revint sur terre. Elle était effectivement ailleurs. Comme cela lui arrivait très souvent ces derniers temps. Depuis qu'elle avait su que le petit ami d'Amy n'était personne d'autre qu'Elhadj. Deux mois s'étaient écoulés depuis. Mais elle était toujours sur ses gardes. Il ne venait plus à la maison mais elle savait par Amy qu'il était allé à une formation en Europe pour 3 mois. Mais malgré la distance, elle savait qu'Amy était à fond dans la relation. Elle remettait toujours au lendemain la discussion qu'elle voulait avoir avec elle. Toujours. Et aujourd'hui Amy était toute joyeuse car son chéri allait revenir. Depuis elle était...désespéré. En 3 mois, elle n'a pas été capable de dire à Amy qu'elle connaissait Elhadj et que ce n'était pas un homme pour elle. Et jusqu'à présent elle ne s'en sentait pas la force. Espérant, croyant, priant qu'il ne revienne plus jamais, qui se fasse tuer dans les sombres rue de Paris, qu'il trouve là bas l'amour fou et arrête tout ce cinéma. Mais Non, chaque jour elle voyait l'échéance arriver et Amy être toujours aussi amoureuse. Tout en sachant que tôt ou tard, il faudra revenir à la réalité. Et dire la vérité.
- Assy...répéta Omar...
Il s'était levé et l'avait rejoins sur le canapé sur lequel elle s'était installé pour regarder la télé. Elle lui sourit et se leva aussi pour s'assoir sur ses genoux.
- ce n'est rien. Je crois que je m'ennuie un peu.
Elle avait finalement décroché sa licence et cette fois sans être obligé de reprendre des matières. Oui, elle avait assuré comme disait son chéri.
- tu veux que je prenne des jours de congé et on va se poser dans notre petit nid d'amour ?
Il parlait de la petite maison à Saly. Elle sourit. Cette idée ne lui déplaisait pas du tout. et ça serait peut être l'endroit idéal pour lui parler d'Elhadj.
- Oui, je veux bien, dit'elle avec un sourire crispé.
- montre un peu plus d'enthousiasme et je te croirais.
Elle sourit et effleura tendrement ses lèvres avant de le regarder un long moment.
- je t'aime tellement Omar.
- moi aussi. Mais ces temps ci je ne te sens pas trop mon cœur. Tu n'es pas malheureuse avec moi ?
Elle secoua la tête vigoureusement
- tu es sure ? J'espère que ce n'est pas à cause du bébé qui tarde à venir.
Elle haussa tristement les épaules.
- mon cœur arrête de t'en faire voyons. Je t'aime. C'est juste que le moment n'est pas encore venu.
- ta mère m'a appelé la dernière fois pour me demander si je prenais quelque chose pour empêcher la grossesse. C'était...embarrassant
- ne fais pas attention à ma mère voyons. C'est entre toi et moi...
Elle le regarda un moment et elle lut dans ses yeux une pointe de tristesse. Malheureusement. Et elle s'en voulut. De ne pas pouvoir lui donner cet enfant qu'il désirait tant, de ne pas lui permettre de gouter aux délices de tenir son sang entre ses bras. Et c'était plus difficile que ses amis qui s'étaient marié après lui avaient des enfants.
- et si je ne peux pas en avoir Omar ? demanda t-elle doucement, la tête baissée
Il lui prit le menton et l'obligea à le regarder.
- ne dis pas de sottises. On en aura ma chérie. Une bonne dizaine. Tu me crois non ? T'ais je déjà menti ?
Elle sourit et secoua la tête. Non, il ne lui avait jamais menti. Mais elle depuis quelques jours, cachait quelque chose à son mari, à sa belle sœur et aussi à toute sa belle famille. Elhadj.
Assy sortait de la maison pour aller à la boutique d'à côté quand elle entendit appeler son nom. En se retournant, elle resta figea. C'était Elhadj qui se dirigeait vers elle, un sourire aux lèvres, l'air satisfait
- Assy, attend mois. Je voudrais te parler.
Il vint la rejoindre et elle la regarda, le regard froid et dur
- qu'est ce que tu me veux Elhadj ?
- je vais bien Assy. Oui, mon voyage s'est bien passé. Je suppose qu'Amy t'a dit que j'avais voyagé. Je suis passé la dernière fois on m'a dit que tu étais en weekend avec ton mari.
Elle garda le silence, l'air pressé et pas du tout disposé à rester là pour discuter
- écoute Assy, il faut qu'on parle. Dans un endroit tranquille.
Elle sourit nerveusement
- tu peux toujours rêver. Si tu as quelque chose à me dire, dis-le tout de suite. Je n'ai pas de temps à perdre. Je dois y aller.
Elhadj émit un rire sarcastique
- dis moi ton « mari » sait-il que tu es sortie avec le petit copain actuel de sa sœur chéri ? Ça risque de te couter cher si ça venait par se savoir ?
- et toi Amy sait-elle que tu as tenté de me violer.
- c'est du passé...tu ne m'as jamais laissé le temps de m'excuser, de te demander pardon de te dire que j'étais désolé.
Elle avait juste envie de lui donner une gifle mais se retint. Elle soupira sourdement et le regarda
- c'est bon. Et après ? Que veux-tu ?
- toi...
- pardon ?
- c'est toi que je veux Assy. C'est pourtant simple ce que je dis.
Elle hésita entre rigoler et pleurer. Avait-il pris quelque chose ?
- tu va bien toi ? je te rappelle que je suis mariée.
- je sais. Mais je veux que tu divorces. Je t'aime toujours Assy. Tu ne peux pas oublier toutes les années qu'on a vécu ensemble. Je suis prêt à t'épouser.
Cette fois elle ne se retint pas et éclata de rire. Un rire nerveux.
- je croyais qu'avec le temps tu t'améliorerais. Mais tu es pire. Vas te faire foutre.
Elle tourna les talons, prête à partir, mais il la retint par le bras.
- si tu ne fais pas ce que je te dis, je te jure que je parle de tout à Amy. Je vais lui dire qu'on a été amant et que tu as été le meilleur coup que j'ai eu. Si ton mari apprend cela, je crois que tu ne feras plus long feu dans cette maison.
Elle le regarda ébahie.
- Elhadj, tu n'es qu'un salaud. Ne te donne pas cette peine. Je parlerais moi-même à Amy. Je me chargerais de lui dire le genre de personnage que tu es. Imbécile.
Au lieu de rentrer, elle appela Rama et lui dit qu'elle passait à son lieu de travail. Celle-ci était déjà inquiète par le ton d'Assy et lui demanda ce qui se passait. Elle se mit à tout lui raconter. Comme elle s'y attendait, Rama s'énerva
- le salaud ? Tu vois. Tu aurais du me laisser porter plainte contre lui. il serait à ce moment en prison.
Même Rama sembla un moment dépassé par tout cela et se demandait ce qu'il fallait faire.
- Rama, Amy est tellement amoureuse. Mais je sais qu'Elhadj ne fait que s'amuser avec elle. Je ne peux pas le laisser faire.
- parle avec Omar.
Assy écarquilla les yeux.
- il va me tuer. Il est tellement jaloux.
- tu n'as pas trop le choix. Elhadj le fera tôt ou tard. Si tu veux je peux toujours lui parler...
Elle le regarda. Qu'est ce qu'elle ferait sans elle. Elle a toujours été là pour elle. Mais cette fois, elle devait prendre ses responsabilités.
- Non, Rama. Je vais lui en parler.
- ne t'inquiète pas. Ton mari t'aime à la folie. Il comprendra et mettra fin à tout cela.
- lui oui, il pourra me pardonner. Mais Amy....
Le soir même, Omar rentra très tard du boulot et était tellement fatigué qu'elle préféra laisser tomber. Elle descendit dans la chambre d'Amy et elles discutèrent un moment avant de revenir sur le seul sujet qui lui tenait à cœur.
- Assy, j'avoue que ces derniers temps je ne te comprenais plus. Tu ne voulais plus me parler de mon chéri. Quand j'abordais le sujet avec toi tu me parlais d'autres choses.
Elle sourit. L'air gêné.
- je ne sais pas pourquoi Amy. Mais il ne m'inspire pas trop confiance.
Cette dernière parut choquée.
- pourquoi tu dis cela Assy ?
Elle ne sut quoi dire et secoua la tête.
- Non, ne prend pas mal ce que je vais dire. Mais c'est juste une impression. Je...heuu...je ne sais pas Amy.
Amy garda le silence, ne voulant pas trop s'étendre et se leva, faisant mine de chercher quelque chose dans ses affaires. Toujours gênée, Assy se leva et prit congé. Non, il fallait vraiment qu'elle parle à Omar. Avant que les choses n'aillent trop loin.
Elle ne savait pas par ou commencer, comment s'y prendre et décida de l'inviter au restaurant, en terrain « neutre » pour lui parler de tout cela. Pour le moment, elle se glissa nu sous les draps et se blotti contre lui. Ces temps ci elle avait tellement peur. Peur que cette vie paisible à laquelle elle était habituée se brise, comme un miroir. Non elle ne voulait pas cela. Omar, comme elle s'y attendait réagit à la chaleur de son corps et malgré son sommeil, se retourna et la prit dans ses bras avant de s'embraser et de lui faire l'amour Comme aux premiers jours. Passionnément.
Le jour du diner, après s'être habillée, nerveuse et elle descendit rejoindre Omar qui l'avait devancé en bas. Mais en arrivant au salon, elle trouva Badiène Oumy et tonton Amadou en grande conversation avec Elhadj. Elle faillit s'évanouir. Amy arriva par derrière et la poussa avec un grand sourire.
- Assy, viens donc saluer Elhadj Omar, dit chaleureusement Badiène Oumy
Assy n'eut d'autre choix que de s'avancer et d'afficher un sourire forcé. Elle ne voulait pas regarder Elhadj. Elle ne le supportait pas. Au bout de quelques minutes, elle se leva brusquement et fit un signe à Omar pour qu'ils y aillent. Mais ce dernier était en grande conversation avec Elhadj et lui désigna le siège vide à côté de lui pour qu'elle se joigne à la conversation. A son plus grand dam, surtout qu'elle avait l'impression de voir se dérouler un film d'horreur. Cette fois, elle regarda Elhadj qui lui aussi ne le quittait pas des yeux. Une fraction de seconde. Elle vit de la satisfaction. Et elle prit peur. Il avait vraiment l'intention de briser son ménage. Et ne savait pas jusqu'ou il comptait aller pour atteindre ses fins. Mais elle ne comptait pas se laisser faire. finalement, trop mal à l'aise, elle se leva, le cœur battant et la pièce, laissant Elhadj essayer de faire plus ample connaissance avec son mari. Funeste rencontre. Plus tard Omar l'appela et ils se rendirent à leur restaurant, écoutant son mari lui dire qu'il appréciait bien ce Omar et qu'il avait apparemment des intentions sérieuses. Assy préféra garder le silence, préférant attendre qu'ils arrivent au restaurant.
Ils étaient assis à la table du restaurant et Assy était encore crispé. Il avait essayé en vain de la faire parler mais elle ne voulait rien dire dans la maison et lui assurait que ce n'était pas grave.
- maintenant dis moi Assy. Je te jure que je commence vraiment à paniquer.
Elle sourit, crispée.
- Ok mais vas y ma chérie. Je ne tiens plus.
Elle soupira pour se donner une contenance. Le cœur battant, les mains tremblantes
- Assy, tu trembles. Ca va ?
- Non, ça ne vas pas mon cœur. Je voulais t'en parler depuis quelques temps. Avant qu'on ne se mette ensemble, je t'ai une fois parlé de mon ex qui avait essayé de...de...
- celui qui voulait te violer ? continua t-il
- oui, souffla t-elle et étant de plus en plus nerveuse
- qu'est ce qu'il y a ? Tu l'a revue ? Il est revenue t'embêter ?
Elle garda le silence, ne sachant quoi dire.
- dis- moi s'il a osé t'approcher je te jure que je lui casse...
- Ecoute-moi. C'est difficile d'en parler. Je...c'est homme est revenu dans ma vie. il m'a menacé de tout te raconter si je n'acceptais pas de revenir avec lui.
- mais...dis moi juste ou le trouver Assy. je ne vois vraiment pas ou est le problème. dis moi ou le trouver et je te jure que je règle le problème rapidement et on en parle plus.
Elle sourit
- c'est Elhadj...
Il fronça les sourcils, ne comprenant pas.
- Elhadj ?
- Omar, le copain d'Amy.
Il la regarda interdit, les yeux grands ouverts
- Amy ma sœur ?
Elle hocha la tête et Omar garda le silence un moment. un long moment ou Assy eut peur qu'il ne laisse éclater sa colère, qu'il le prenne mal. Mais il gardait le silence.
- Omar ? demanda t-elle finalement
- qu'est ce qu'il ta dit ?
Elle lui expliqua rapidement ce qu'il lui avait dit la dernière fois et la réponse qu'elle lui avait donné.
- je vais parler à ce petit crétin. Ne t'inquiète pas. dit-il d'une voix éteinte.
Il se leva brusquement le visage crispé et lui demanda de partir. Le retour se fit en silence et Omar regardait fixement la route. Plus tard dans leur chambre, il se coucha de son côté, toujours sans piper mot, laissant Assy dans le doute le plus total.
Omar regardait Assy dormir. Elle semblait tellement paisible. Depuis quelques jours il avait remarqué son trouble, mais ne pouvait se douter que c'était son ex qui la menaçait et qui plus est ce même homme sortait avec sa sœur. Non, il lui fallait régler ce problème. Sauf que son père l'avait appelé pour lui dire que le copain d'Amy voulait l'épouser. Amy avait reçu l'ordre de n'en parler à personne et la veille, c'est lui qui lui avait demandé de lui amener ce monsieur pour qu'il puisse lui parler. Et maintenant Assy venait lui dire cela. Il était habité par une vague de jalousie et de colère qu'il essayait de refréner. Pourquoi fallait-il que les choses se compliquent ainsi. il aimait Assy, mais cette histoire n'était vraiment pas pour lui plaire. Il continuait à la regarder quand elle bougea et ouvrit les yeux. ils se regardèrent un moment et il vit de la tristesse dans son regard. Il fut touché
- Tu ne dors pas ? demanda t'elle.
Il secoua la tête et ils continuèrent à se regarder. Longuement. Assy avança sa main et la posa délicatement sur sa joue. En une petite caresse.
- je suis désolée, souffla t-elle
Il sourit.
- ne t'en fait pas. Tout se passera bien. Je t'aime mon cœur.
Il la prit dans ses bras. Essayant de la rassurer. Mais lui-même était septique. Il n'aimait pas tout cela.
Le lendemain tombait un dimanche. Omar partit au sport de bonne heure. A son retour, Assy était encore au lit, comme malade. Il commençait à s'inquiéter, mais elle le rassura en disant qu'elle était juste fatiguée. Après son bain, il vint se blottir contre elle. De fil en aiguille, ils firent l'amour tendrement. Plus tard, ils descendirent prendre le déjeuner en famille et juste après, Omar demanda à Amy de lui passer le numéro de son petit ami. Mine de rien. Celle-ci le lui donna avec joie et il sortit pour appeler. Il ne décrocha pas et Omar lui laissa un message en se présentant et lui demandant de le rappeler. Il le fit quelques minutes plus tard.
- c'est Elhadj. Je viens de voir ton message. Tu voulais me parler ?
Omar sans vraiment le faire exprès ressentit une bouffée de colère l'envahir. Il essaya quand même de rester calme
- oui, je voulais qu'on parle.
- c'est à propos de...
Cette fois, il lui a fallut souffler pour se retenir.
- à propos d'Amy...on peut se retrouver tout à l'heure sur la corniche. C'est important.
Plus tard, il était debout face à la mer quand il a entendu appeler son nom. Il se retourna et fit face à Elhadj. Il réprima ce sentiment de rage qui l'animait et le salua tranquillement
- merci d'être venu. Dit-il simplement
Avant qu'il ne réplique, il avait enchainé
- Assy m'a tout dit. À propos de vous, à propos de ce que vous...enfin. Je ne comprends pas. Je ne parle même pas d'Assy, mais que veux-tu à ma sœur ?
- j'ai déjà parlé à ton père. Je vais l'épouser. On s'aime.
Omar garda le silence un moment pensif
- dans ce cas, pourquoi aller dire à Assy que tu voulais qu'elle divorce.
Elhadj rigola.
- Assy, Assy. Elle t'a dit tout cela. Elle a surement du aussi te dire qu'on est sorti ensemble 5 ans et j'étais sur le point de l'épouser.
Omar le regarda sans répondre.
- Oui, elle a du te dire tout ça.
- écoute Elhadj, je n'ai pas de temps à perdre. J'ai juste l'impression que tu cherches à t'amuser avec ma sœur et ça je ne l'accepterais pas. Je passe beaucoup de choses qu'Assy m'a rapporté pour qu'on se quitte en bons termes. Je ne veux plus te voir à la maison. Je ne veux plus te voir tourner autour de ma sœur. Les gens comme toi, je sais m'en occuper. Ne me tente pas...
- c'est une menace ? demanda t-il l'air arrogant
- prend le comme tu veux.
Sans attendre la fin, il tourna les talons et se dirigea vers la voiture. Ne voyant pas Elhadj prendre son téléphone et appeler Amy.
Amy écoutait Elhadj, ébahi, sans voix, choquée par ce qu'il venait de lui dire. Non, elle ne pouvait croire à tout ce qu'il venait de lui dire. Mais un mensonge ne pouvait pas être si gros. Et puis, il ne pouvait mentir en disant qu'Omar venait de le menacer. Tout ça à cause d'Assy. Assy l'innocente, la douce était en fait une vraie garce. Comme le lui avait expliqué Elhadj. Ils sont sortis ensemble et ont failli se marier. Mais il s'est rendu compte plus tard que tout ceci était un plan pour lui soutirer de l'argent. Elle en était allé jusqu'à vouloir l'accuser de viol. Alors qu'elle était consentante. Ils couchaient ensemble. Assy.
- quand tu as vu Assy pourquoi tu ne m'a rien dit, demanda t-elle tremblante
- parce que j'avais peur de te perdre. Je ne savais pas comment faire. Et tous les jours j'avais peur qu'elle ne parle, qu'elle ne dise des mensonges à mon propos. Jusqu'à ce que ton frère vienne me menacer.
Amy gardait encore le silence. Toujours sous le choc
- Amy, je t'aime. Je ne veux pas te perdre mon amour. Assy c'est du passé. Ma mère n'a jamais accepté notre relation, car dès qu'elle l'a vu elle a su que c'était une fille facile et légère.
- je n'arrive pas à y croire. Mon dieu. Mais ne t'inquiète pas. On va se marier. Omar n'est pas mon père. Il n'avait aucun droit de te dire de ne plus mettre les pieds dans la maison.
Elle raccrocha encore sous le choc et se leva pour aller parler à sa mère.
Assy était au salon en bas en train d'écouter les délires d'Alassane quand Amy entra dans la pièce. Pour en ressortir dès que leur regards se sont croisés. Comme d'habitude depuis une semaine, elle ne lui adressa pas la parole. Omar lui avait dit qu'il avait parlé à Elhadj. Elle ne savait pas trop quelle avait été la réaction d'Elhadj. Mais presque toute la maisonnée lui faisait la tête. Amy, Awa, sa belle mère et même la bonne Fatou lui répondait à peine. Heureusement qu'Alassane était là. Elle vivait dans une peur perpétuelle que tout cela n'éclate, que sa belle-mère ou Amy l'appelle pour lui demander des explications. Mais c'était le calme avant la tempête. Elle était allée vers Amy pour essayer de lui parler, mais cette dernière est sortie de la chambre, l'y laissant encore plus perdue. Elle a aussi essayé de l'appelé mais elle ne prenait pas. Elle se savait menacée et préférait rester dans son coin, espérant se faire oublier. Même Omar était un peu distant. Ou alors c'était elle qui se faisait des idées. Il était toujours aussi câlin, aussi gentil avec elle, mais elle avait l'impression qu'il était quand même distant. Elle aurait voulu qu'ils parlent du problème, qu'elle puisse lui dire ce qu'elle ressentait, lui dire que ses sœurs et sa mère ne lui parlent plus. Mais non ? Omar évitait soigneusement le sujet. Et quand elle a osé aborder le point, il a juste répliqué que c'était réglé. Sans plus. La laissant encore plus désemparé. Rama avait un décès et était obligé d'aller en Casamance pour présenter ses condoléances. Donc elle se retrouvait vraiment seule.
Ce samedi après midi, malgré que presque tout le monde lui faisait la tête, après le déjeuner, elle a préféré rester à discuter avec Alassane et quelques cousins qui étaient de passage. Omar s'est plus tard joint à la discussion car son ami jean était passé le voir. Pour une fois l'ambiance était bonne quand tout à coup Amy est entrée dans le salon avec Elhadj. Assy les regardait. Pétrifié. Se demandant si son cœur continuait à battre toujours. Amy lui avait pris la main et ils venaient directement vers leur groupe. Elle regarda Omar et vit son visage être déformé par la colère. Elle le vit ensuite se lever et aller à leur rencontre. Elle avait juste envie de se lever et de le retenir. Mais ses jambes ne la portaient plus.
- qu'est ce que tu fais là toi ? Je n'ai pas été clair avec toi la dernière fois ? demanda t-il sur un ton nerveux.
Elhadj rigola et haussa les épaules
- si, mais c'est Amy qui a insisté pour que je vienne. Donc je suis là.
- Omar arrête. Cette maison ne t'appartient pas. Il viendra comme il le voudra, intervint Amy, sur un ton hautain
- toi je ne t'ai rien demandé. J'ai dit qu'il ne mettra plus les pieds ici, il ne le fera pas. Sortez...
- mais pourquoi ? s'écria Amy ? À cause d'elle.
Elle parlait en désignant Assy du doigt. Tous les regards se tournèrent vers elle. Et il y eut un moment un silence. Un blanc, un clap. Assy espérait que ca soit une fin de scène et qu'on allait passer à autre chose. Mais ça serait trop beau.
- Amy, ne m'énerve pas, répliqua Omar sur un ton qu'il voulait calme
Elhadj éclata de rire.
- il a raison de défendre sa femme. Assy est...ce qu'on appelle un bon coup. N'est ce pas. Ça en vaut la peine
Le coup de poing partit sans que personne ne puisse intervenir. Puis un autre. L'instant de surprise passé, tout le monde était accouru pour les séparer et on entendait les cris d'Amy qui proférait des insultes contre son frère. Assy aussi s'était levé, mais était restée figée sur place. Incapable du moindre mouvement. Badiène Oumy était sortie de la chambre pour voir ce qui se passait et Amy s'était mise à crier.
- maman, c'est Omar qui a frappé Elhadj parce qu'il lui a dit de ne pas entrer dans cette maison ; mais cette maison ne lui appartient pas et ce n'est pas Assy qui va interdire l'accès à qui que ca soit.
Sa mère se tourna vers Omar que Jean retenait toujours par le bras et essayait de calmer
- Omar, tu n'as pas le droit de faire ceci. Toute la semaine je voulais te parler de cette histoire. Tu n'as pas à prendre des décisions comme ça.
Omar était tellement énervé qu'il n'arrivait pas à en placer une. Et Amy continuait
- Je sais tout Omar. Elhadj m'a tout expliqué. Nous n'allons pas payer tout simplement parce que ta femme n'a pas su fermer ses cuisses...
Assy poussa un gémissement sourd et faillit s'écrouler. Sonnée. Omar s'était échappé des bras de Jean qui ébahi par tout cela et avait donné une gifle retentissante à sa sœur qui cria comme une forcenée voulant se venger. Sa mère s'en est mêlée et il s'en ai suivi un désordre indescriptible. Assy observait tout cela, sans vraiment être là. Elle avait l'impression que c'était juste son corps qui était là, mais qu'elle était morte. De honte. Un moment elle regarda au loin la porte d'entrée en se demandant si elle pouvait sortir et partir à jamais sans qu'on ne la remarque. Mais elle ne put continuer sa pensée. Elle a sentit qu'on lui tirait le bras et qu'on l'entrainait vers ses appartements. Elle marchait comme un zombie, incapable du moindre mouvement coordonné. Elle n'a jamais su qui l'avait ramené. Quelques minutes plus tard Omar est aussi entré et a fermé la porte à double tour. Elle était debout devant la porte. Sans aucune réaction. Omar l'a observé un moment avant de s'approcher doucement
- je suis désolée ma chérie. Ne t'inquiète pas. Je vais tout arranger. Viens.
Elle le suivit machinalement dans la chambre et se coucha sur le bord du lit. Elle ne saurait dire combien de temps. Omar s'était lavé et était ressorti rapidement. La laissant perdue. Même dans le pire des cas, elle n'aurait imaginé vivre pareille humiliation. Elle n'arrivait pas à pleurer, car pour cela, il fallait éprouver un sentiment. Non, elle avait l'impression d'être vidée, complètement éteinte. Elle réfléchissait à un geste, mais son corps ne suivait pas. Sur le coup, elle ouvrit le tiroir et vit au fond une boite de cachet de médicament. Elle le prit et versa tout le contenu dans la paume de sa main....
Omar regardait sa mère sangloter. Voir sa mère pleurer lui était tout simplement insupportable.
- Maman je t'en prie calme-toi.
Elle se retourna et essaya de parler. Mais les sanglots dans la voix l'en empêchèrent.
- je viens de tout t'expliquer. Cet Elhadj voulait faire chanter Assy en lui demandant de divorcer. Il n'a jamais eu l'intention d'épouser Amy. C'est un...
Il ne trouvait pas de mot adéquat pour le qualifier.
Sa mère se calma petit à petit.
- jamais ce genre de chose ne s'est passé dans ma maison. Il a fallu qu'Assy entre dans nos vies pour que tout ceci arrive. Je veux mourir....
Elle avait crié la dernière phrase sur un ton tellement pathétique qu'il faillit pleurer. il ne trouvait rien d'autre à dire et patienta un moment. Quand elle se calma, encore, il lui tendit un verre d'eau, qu'elle but lentement en essuyant ses larmes.
- heureusement que ton père n'est pas là. Mais à son retour, je vais tout lui dire.
- maman, écoute-moi. J'essayais de protéger Amy. Tu penses qu'après être sorti avec Assy, cet homme pensait vraiment épouser Amy. C'est un faux type. Et je n'ose pas tout te dire.
Il essaya encore de lui parler pour lui faire comprendre le bien fondé de son histoire.
- moi je n'ai pas cette version Omar. Amy a dit que certes ils sont sortis ensemble. Mais qu'Assy n'en avait qu'après son argent. Elle sortait avec plusieurs personnes à la fois. Et quand il a décidé de mettre un terme à tout cela, elle est venue le provoquer chez lui pour ensuite crier au viol. Comme il venait de commencer un nouveau travail, il ne voulait pas de scandale. Et il a du lui verser beaucoup d'argent à elle et sa copine Rama. Celle qui vient souvent ici.
Il prit un air exaspéré.
- mais c'est totalement faux maman. Et puis Amy comment peut-elle croire tout ça. C'est archi-faux.
- c'est tout ce que tu peux dire car c'est ta femme. Mais Amy aime cet homme.
- donc malgré tout elle veut quand même se marier avec lui.
- Non Elhadj l'a appelé tout à l'heure pour lui dire que c'était fini entre eux.
Sa mère éclata encore en sanglot. Commençant à l'exaspérer. Il ne voulait pas aller parler à Amy. La façon dont elle l'avait insulté l'avait fortement déplu. Il ne la savait pas si impoli. Lui qui faisait tout pour elle. C'est lui qui payait ses études, et chaque mois, lui donnait de l'argent de poche pour ses autres besoins. Sans compter les petits extra à chaque fois qu'elle voulait de nouvelles chaussures ou autres habits à la mode. Non Amy n'avait pas le droit de l'insulter. Surtout pour un homme.
- personne ne saura ou se situe la vérité. Toi et Assy vous êtes partis seuls en lune de miel. Tu m'as certes appelé pour me dire que tu es fier de ta femme. Mais nous on reste dans le doute. Quand je t'ai parlé de pagne, tu m'as dit que ce n'était pas important.