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Les bébés du Milliardaire

Les bébés du Milliardaire

Auteur:: Les écrits de sènan
Genre: Milliardaire
Sophie Martin a épousé Maxime Duval, un milliardaire influent, mais leur mariage n'a duré que trois ans avant de s'effondrer. Leur séparation a fait la une des tabloïds, et Sophie a été perçue comme une femme abandonnée de la haute société. Six ans plus tard, elle est retournée dans sa ville natale avec ses jumeaux et est devenue une entrepreneuse à succès, respectée pour son ingéniosité. Aujourd'hui, de nombreux prétendants affluent vers elle, espérant gagner son cœur et s'attacher à cette femme qui incarne la force et l'élégance. Le premier prétendant s'avance et déclare : « Mlle Martin, vos enfants ont-ils besoin d'un père ? Voyez en moi le milliardaire prêt à les choyer. Si vous le souhaitez, je les traiterai comme les miens. Mais que feriez-vous si leur père revenait ? » Le deuxième prétendant, avec admiration, s'exclame : « Mlle Martin, dès l'instant où je vous ai vue, j'ai été séduit par votre beauté et votre détermination. Je suis prêt à tout pour vous aimer et vous protéger. Maxime ne vous a peut-être pas valorisée, mais je vous promets de ne jamais vous abandonner. Que diriez-vous si je vous faisais une proposition que personne d'autre n'oserait ? » À ce moment-là, une petite fille s'approche, s'accroche à la jambe de Sophie et murmure : « Maman, papa est venu chaque nuit sous la pleine lune, demandant pardon. Il dit qu'il veut te reconquérir et protéger notre famille. Mais comment pourrions-nous lui faire confiance après tout ce qu'il a fait ? » Sophie est face à un choix déchirant : écouter les promesses des nouveaux prétendants ou envisager de redonner une chance à Maxime, le milliardaire qui l'a un jour blessée. Quel chemin choisira-t-elle alors que le passé refait surface ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Chapitre 1

Le train grinça sur les rails dans un dernier soupir avant de s'arrêter. Une valise à la main, Sophie descendit sur le quai avec une assurance feinte. Camille et Lucas, cramponnés à son autre main, jetèrent des regards curieux autour d'eux. Une petite foule s'éparpillait, mais personne ne semblait prêter attention à leur arrivée. Pas de caméras, pas de murmures indiscrets, juste le bruit du moteur du train qui s'éloignait. Elle inspira profondément. Elle était de retour.

- Maman, c'est ici qu'on va vivre maintenant ? demanda Lucas en regardant les pavés poussiéreux de la gare.

- Oui, mon cœur. C'est ici, répondit-elle, un sourire discret sur les lèvres.

Mais elle savait qu'un sourire ne suffirait pas. Six ans. Six longues années qu'elle avait fui cette ville et les regards de pitié qui l'avaient traquée comme des vautours. Tout le monde savait ce qui s'était passé avec Maxime Duval. Tout le monde avait lu les titres scandaleux et s'était repu de la chute de la « belle Sophie ». Mais aujourd'hui, elle revenait en tant que femme différente. Plus forte, plus fière. Et surtout, jamais seule.

Un homme se fraya un chemin jusqu'à eux, bras ouverts, sourire éclatant.

- Sophie ! Oh là là, ça fait combien de temps ? Six ans ? Tu n'as pas changé d'un poil.

Elle ne reconnut pas immédiatement la voix, mais l'enthousiasme la cueillit par surprise.

- Bastien ? Oh mon Dieu, Bastien, c'est toi !

Le rire fusait, nerveux mais sincère. C'était une bouffée d'air dans ce retour chargé d'appréhensions.

- Qui d'autre ? Toujours là à attendre les trains qui ramènent des gens plus intéressants que moi. Alors, qu'est-ce que tu fais ici ? T'as enfin décidé de revenir parmi nous ?

- Oui. J'ai décidé qu'il était temps, répondit-elle simplement.

Il jeta un coup d'œil aux enfants.

- Et eux, c'est... ?

- Camille et Lucas, mes enfants.

- Deux d'un coup ? Pas mal, Sophie. Pas mal du tout.

Lucas fronça les sourcils, vexé.

- On n'est pas des coups. On est des jumeaux !

- Bien dit, petit bonhomme ! Bastien éclata de rire. Tu sais quoi, je sens qu'on va bien s'entendre, toi et moi.

La glace était brisée. Bastien les aida à charger les valises dans une voiture qui semblait avoir connu des jours meilleurs, et ils prirent la route.

- Alors, raconte. C'est quoi l'histoire ? Tu reviens pour rester ou juste pour le folklore ?

Sophie haussa les épaules, évitant le regard trop insistant qu'il lançait dans le rétroviseur.

- Pour rester.

- Intéressant. Et le père des petits, il est dans l'équation ?

Le silence s'installa. Camille et Lucas, habitués à ce genre de questions, gardèrent la tête baissée. Sophie inspira doucement.

- Non. Pas dans l'équation.

Bastien comprit qu'il valait mieux ne pas insister et changea de sujet en un clin d'œil.

- Eh bien, prépare-toi, ma vieille. Les Martins sont de retour et ça va jaser !

Il ne plaisantait pas. À peine arrivée chez ses parents, Sophie fut accueillie par un torrent d'émotions. Sa mère pleurait en les serrant contre elle, son père, plus réservé, les observait avec des yeux pleins de fierté.

- Tu es rentrée, dit-il simplement. C'est tout ce qui compte.

Mais la sérénité du moment fut de courte durée. À peine installée dans sa chambre d'enfance – que sa mère avait méticuleusement préservée – Sophie alluma son téléphone. Une notification attira son attention : *« Sophie Martin, l'ex-femme du milliardaire Maxime Duval, fait un retour discret dans sa ville natale avec ses jumeaux. Une revanche discrète ou une retraite anticipée ? »*

Elle sentit la colère monter. Même ici, dans ce refuge qu'elle avait espéré intact, les rumeurs la suivaient. Elle posa son téléphone, inspira profondément et se força à redescendre.

Le lendemain, la tempête médiatique n'avait pas encore atteint les rues tranquilles de la ville. Pourtant, les regards intrigués et les murmures se faisaient déjà sentir. Sophie emmenait les jumeaux à l'école locale, consciente que leur arrivée serait un sujet de conversation pendant des semaines.

- Pourquoi ils nous regardent comme ça ? demanda Camille en se serrant contre elle.

- Parce qu'ils sont curieux. Mais ne t'inquiète pas, ma chérie. Ça passera.

Elle leur sourit, mais ses mots sonnaient creux. Elle savait que les gens ici avaient la mémoire longue et un goût prononcé pour les scandales.

Plus tard dans la journée, Sophie reçut un appel inattendu. Une voix féminine, presque trop enthousiaste.

- Sophie ! C'est moi, Lise ! Tu te souviens de moi, n'est-ce pas ?

Elle se souvenait. Lise, l'amie d'enfance qui avait toujours eu un flair pour les ragots.

- Lise, bien sûr. Comment tu vas ?

- Mieux maintenant que tu es là. Écoute, on doit absolument se voir. J'organise une petite soirée ce week-end. Rien de trop grand, juste des visages familiers. Ça te dit ?

Sophie hésita. Elle n'avait pas encore décidé si elle voulait se replonger dans ce cercle social qu'elle avait quitté avec tant de fracas.

- Je ne sais pas...

- Oh, allez. Tout le monde est tellement curieux de te revoir. Et puis, ça te fera du bien.

Curieux. Le mot lui fit froncer les sourcils, mais elle céda.

- D'accord. Juste pour un moment.

Le week-end arriva rapidement, et avec lui, la soirée de Lise. Sophie s'habilla sobrement, évitant les bijoux ostentatoires ou les tenues trop élégantes. Elle voulait passer inaperçue, mais ce fut peine perdue. Dès son entrée, tous les regards se tournèrent vers elle.

Les conversations reprirent rapidement, mais elle sentait les chuchotements derrière son dos. Les questions. Les jugements.

- Sophie, quelle surprise ! Une femme d'affaires accomplie parmi nous, lança un homme qu'elle ne reconnut pas immédiatement.

Elle sourit poliment.

- Je fais de mon mieux.

- Et les affaires, ça marche toujours aussi bien ? Pas trop difficile de tout gérer seule ?

- J'ai appris à m'adapter, répondit-elle calmement, refusant de mordre à l'hameçon.

Lise, fidèle à elle-même, intervint avec un sourire éclatant.

- Vous savez, Sophie est une inspiration pour toutes les femmes ici. Repartir de zéro, élever deux enfants et devenir une entrepreneuse de renom. Bravo, ma chère !

Les applaudissements polis suivirent, mais Sophie sentit l'ironie dans certains regards. Elle savait que ce genre d'admiration était souvent teinté d'envie ou de condescendance.

Alors qu'elle s'apprêtait à partir, une dernière question retentit, glaciale.

- Et Maxime Duval, dans tout ça ?

Le silence tomba. Tous attendaient sa réponse. Sophie sourit, imperturbable.

- Maxime ? Il fait ce qu'il fait de mieux : vivre sa vie. Quant à moi, je vis la mienne.

Elle tourna les talons, laissant derrière elle une salle pleine de regards ahuris.

De retour chez ses parents, elle retrouva Camille et Lucas profondément endormis. Elle s'assit près d'eux, caressant doucement leurs cheveux.

- Vous êtes ma force, murmura-t-elle. Rien ni personne ne pourra changer ça.

Pour la première fois depuis longtemps, elle sentit une étincelle de paix. Elle était prête à affronter tout ce que ce retour pourrait apporter.

Chapitre 2 Chapitre 2

Chapitre 2

L'invitation était là, posée sur la table, un morceau de carton glacé aux lettres dorées. Sophie la tourna dans ses mains, hésitante. Un gala. Une soirée luxueuse où les hommes riches et puissants se pavanaient en quête d'attention.

Elle n'avait pas envie d'y aller. Mais l'invitation n'était pas anodine. C'était une opportunité déguisée, un moyen de rétablir son image et de montrer à tous qu'elle n'était plus cette femme brisée. Alors elle accepta.

Camille et Lucas jouaient dans le salon pendant qu'elle se préparait. Des rires éclatèrent, suivis d'un cri de protestation.

- Arrête de me jeter ça ! se plaignit Lucas, visiblement agacé.

- C'est pas moi, c'est l'homme sous la lune, répondit Camille, presque sérieuse.

Sophie fronça les sourcils, captant la réponse sans intervenir. Elle en avait entendu parler, de cet « homme sous la pleine lune ». Camille en faisait mention depuis quelques jours. Mais elle n'avait jamais pris cela au sérieux. Les rêves des enfants, rien de plus. Pourtant, ce ton grave dans la voix de sa fille l'interpella.

- Camille, c'est qui cet homme ? demanda-t-elle en s'approchant doucement.

- Il vient dans mes rêves. Il dit qu'il te connaît.

Sophie sentit un frisson lui parcourir la nuque.

- Et qu'est-ce qu'il te dit ?

- Il dit qu'il a fait des erreurs et qu'il veut te protéger maintenant.

Lucas roula des yeux.

- C'est n'importe quoi, maman. Camille invente des trucs encore.

Sophie leur sourit pour les rassurer, mais cette histoire la troublait plus qu'elle ne voulait l'admettre.

Le soir du gala, elle entra dans la salle comme une tempête silencieuse. Une robe noire simple mais élégante, des talons qui claquaient sur le sol, un visage impassible. Les regards se tournaient vers elle, certains admiratifs, d'autres intrigués. Elle détestait cette sensation d'être scrutée, mais elle savait jouer le jeu.

Elle ne reconnut pas immédiatement Marc, mais il fut le premier à l'approcher. Grand, brun, sûr de lui. Une coupe de champagne à la main, il s'avança avec ce sourire qui semblait avoir été répété devant un miroir.

- Sophie Martin, la femme que tout le monde veut rencontrer.

Elle leva un sourcil, peu impressionnée.

- On dirait que tout le monde veut rencontrer quelqu'un ce soir.

Il rit, une fraction de seconde trop tard.

- Touché. Mais je ne parle pas de n'importe qui. Vous êtes un phénomène, vous savez ? Réussir à reconstruire votre vie après... eh bien, tout ce qui s'est passé. C'est admirable.

Elle garda son calme, mais intérieurement, elle sentit la colère monter. Ce genre de phrases, enrobées de fausse admiration, l'insupportait.

- Merci, répondit-elle sèchement.

Marc sembla déstabilisé, mais pas découragé.

- Je voulais dire que si jamais vous avez besoin d'un partenaire, dans les affaires ou... autre chose, je suis là.

Elle le laissa en plan, son verre toujours à la main, et se dirigea vers une table de hors-d'œuvre. Elle n'avait pas fait trois pas qu'un autre homme se posta devant elle. Étienne. Blond, raffiné, et clairement habitué à obtenir ce qu'il voulait.

- Sophie, quel plaisir de vous voir ici.

Elle ne se souvenait pas de l'avoir rencontré, mais il agissait comme s'ils étaient de vieux amis.

- Le plaisir est pour vous, je suppose, rétorqua-t-elle, un sourire en coin.

Il ne se démonta pas.

- Vous avez toujours été aussi piquante, ou est-ce une nouvelle facette ?

- Peut-être un peu des deux.

Étienne rit doucement, mais son regard était sérieux.

- Je vais être direct. Je vous trouve fascinante. Et je crois que nous pourrions accomplir de grandes choses ensemble.

- Accomplir quoi, exactement ?

- Ce que vous voulez, répondit-il, énigmatique.

Sophie était fatiguée de ces jeux. Tout ce qu'elle voyait, c'étaient des hommes qui la regardaient comme un trophée, une opportunité à saisir. Ils ne voyaient pas la mère, l'entrepreneuse, la femme qui avait survécu à tant de choses.

Elle quitta la conversation rapidement, prétextant une urgence, et se réfugia dans un coin plus calme de la salle. Les lumières tamisées, les rires, le cliquetis des verres, tout cela lui donnait la nausée.

Soudain, son téléphone vibra dans son sac. Un message. Pas de numéro, juste quelques mots : *« Je n'ai jamais cessé de penser à toi. Sous la pleine lune, je serai là. »*

Elle sentit son cœur s'accélérer. Qui aurait pu envoyer ça ? Et pourquoi cette référence étrange à la pleine lune ? Une coïncidence avec les rêves de Camille ?

Un bruit derrière elle la fit sursauter. Marc, encore lui, réapparut avec un sourire charmeur.

- Tout va bien ?

- Oui, merci, répondit-elle rapidement en rangeant son téléphone.

- Vous avez l'air troublée. Je peux faire quelque chose ?

Elle le regarda, hésitante. Était-il possible qu'il ait envoyé ce message ?

- Non, ça ira.

Mais elle savait que rien n'irait. Pas tant qu'elle ne comprendrait pas ce qui se passait.

Le reste de la soirée fut flou, une succession de conversations superficielles et de regards intéressés. Quand elle rentra chez elle, elle trouva Camille endormie dans le canapé, une couverture à moitié tombée. Lucas dormait paisiblement dans sa chambre.

Elle s'assit à côté de sa fille, caressant doucement ses cheveux.

- Camille, murmura-t-elle doucement. Cet homme dans tes rêves... Tu peux m'en parler encore ?

Camille ouvrit les yeux, somnolente mais lucide.

- Il est triste, maman. Il dit qu'il a fait une grosse bêtise.

- Une bêtise ?

- Oui. Il dit qu'il veut réparer.

Sophie sentit une boule se former dans sa gorge.

- Est-ce qu'il te dit autre chose ?

Camille secoua la tête avant de se rendormir. Sophie resta là, perdue dans ses pensées.

La pleine lune baignait la pièce d'une lumière froide, et pour la première fois depuis longtemps, elle sentit une peur irrationnelle s'insinuer en elle.

Chapitre 3 Chapitre 3

Chapitre 3

L'invitation d'Étienne était arrivée tôt le lendemain, un message concis et précis : déjeuner à midi, dans un restaurant dont le nom évoquait des choses chères et raffinées. Sophie hésita. Ce n'était pas dans ses habitudes de répondre à ce genre d'invitations, encore moins quand elle savait que des intentions flottaient dans l'air. Mais Étienne n'avait pas l'air d'un homme qui acceptait facilement un « non ». Et, peut-être, ce déjeuner serait simplement une conversation professionnelle.

À midi pile, elle entra dans le restaurant. Étienne était déjà là, installé à une table près des grandes baies vitrées. Il se leva en la voyant, un sourire parfaitement calibré sur les lèvres.

- Sophie, je suis ravi que vous ayez accepté.

- Je suis curieuse de savoir ce que vous avez à me dire, répondit-elle, coupant court aux politesses.

Ils s'assirent, et il commanda pour eux sans même demander son avis, une attitude qui aurait pu l'irriter si elle n'était pas déjà habituée à ce genre de comportements chez les hommes comme lui. Il maîtrisait l'espace, chaque geste et chaque mot soigneusement dosés, comme s'il plaidait un cas devant un tribunal.

- Je voulais parler affaires, commença-t-il après un court silence.

Elle haussa un sourcil, sceptique.

- Des affaires ? Je ne suis pas certaine que notre domaine d'expertise soit le même.

- Peut-être pas directement, mais j'ai une certaine expérience dans la gestion et l'expansion d'entreprises. J'ai lu tout ce qu'il y avait à lire sur votre marque. Votre concept est brillant, mais limité par vos ressources. Je peux vous aider à atteindre le niveau international.

Il parlait avec l'assurance d'un homme habitué à conclure des deals en un claquement de doigts. Sophie l'écoutait, les bras croisés, méfiante.

- Et pourquoi cette proposition, maintenant ? Qu'est-ce que vous y gagnez ?

Il prit une gorgée de vin avant de répondre, un éclat de malice dans les yeux.

- Peut-être que je veux simplement voir une femme talentueuse réussir.

- Vous croyez que je vais avaler ça ?

- Pas vraiment, admit-il, un sourire effleurant ses lèvres. Mais je ne suis pas un menteur. Bien sûr que j'ai un intérêt. Je crois en vous, Sophie, et je pense que nous pouvons bâtir quelque chose ensemble. Vous avez du talent, et moi, des connexions.

- Vous ne savez rien de moi.

- Je sais que vous avez réussi à tenir tête à un mariage chaotique, que vous avez élevé seule deux enfants tout en montant une entreprise qui fait déjà parler d'elle.

Elle serra les mâchoires.

- Vous parlez comme si ma vie était un tableau public que tout le monde pouvait critiquer et analyser.

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, répondit-il rapidement. Mais il est difficile d'ignorer votre histoire. Vous êtes fascinante, Sophie. Et je ne parle pas uniquement d'affaires.

Elle posa sa fourchette et planta ses yeux dans les siens.

- Alors parlons franchement. Vous m'invitez ici pour quoi exactement ?

Il s'adossa à sa chaise, prenant le temps de répondre.

- Pour vous connaître, d'abord. Ensuite, pour voir si nous pouvons travailler ensemble. Et enfin... peut-être parce que je trouve votre présence agréable.

Elle se mordit l'intérieur de la joue, partagée entre l'envie de le renvoyer balader et celle d'en savoir plus sur cet homme qui jouait à la fois la carte du professionnel et du charmeur.

- Si je vous dis que je n'ai pas besoin d'aide pour mon entreprise ?

- Alors je vous croirai, répondit-il, le ton léger. Mais je continuerai à penser que vous pourriez bénéficier d'un peu de soutien stratégique.

- Et si je vous dis que je ne suis pas intéressée par autre chose que des affaires ?

- Alors je me contenterai de ça, dit-il en souriant. Mais je doute que ce soit tout ce que vous voulez dans la vie.

Elle resta silencieuse, perturbée par cette remarque. Il semblait lire en elle avec une facilité déconcertante, et ça l'agaçait.

Le déjeuner continua, ponctué de discussions sur les possibilités d'expansion, des idées qu'Étienne lançait avec une aisance qui trahissait son expertise. Pourtant, derrière chaque mot, Sophie sentait autre chose, une tension sous-jacente qui rendait leur échange électrique.

Quand le repas toucha à sa fin, il posa ses couverts et la fixa, sérieux.

- Réfléchissez-y, Sophie. Je ne suis pas pressé. Mais je suis certain que nous pouvons accomplir quelque chose d'important ensemble.

- Et si je dis non ?

- Alors je respecterai votre décision. Mais je doute que vous disiez non.

Elle se leva, prenant son sac.

- Vous me sous-estimez, Étienne.

Il rit doucement, sans se lever.

- Je crois au contraire que je commence à peine à vous comprendre.

Elle quitta le restaurant sans se retourner, mais ses pensées tourbillonnaient. Étienne jouait un jeu dangereux, et elle n'était pas certaine de vouloir y participer. Mais une partie d'elle, celle qui cherchait toujours à prouver qu'elle pouvait tout accomplir seule, était tentée.

De retour chez elle, Camille était assise sur le canapé, dessinant sur une feuille de papier.

- Maman, il est revenu.

Sophie s'arrêta net.

- Qui ça ?

- L'homme sous la pleine lune.

Elle sentit son cœur s'accélérer.

- Et qu'est-ce qu'il t'a dit cette fois ?

Camille leva les yeux, son regard sérieux.

- Qu'il te protégerait, quoi qu'il arrive.

Sophie resta silencieuse, une boule d'angoisse grandissant dans sa poitrine. Tout cela devenait bien trop étrange.

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