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Les Yeux Que Je Lui Ai Donnés

Les Yeux Que Je Lui Ai Donnés

Auteur:: Amara Clarke
Genre: Romance
La lumière crue de l'hôpital agressait mes yeux tandis que je priais en silence pour Marc, mon amour d'enfance, entre la vie et la mort après un terrible accident. Le médecin est sorti, son visage grave, et après un soulagement fugace, il a lâché la terrible vérité : amnésie post-traumatique sévère et cécité. Mon monde s'est effondré une seconde fois. Je n' ai pas hésité une seconde : j' ai offert mes propres cornées. L'opération fut un succès, mais en me réveillant, j'ai vu la famille Fournier, dédaigneuse, accompagner Chloé Lambert dans la chambre de Marc. Ils leur ont menti, prétendant que Marc et Chloé étaient fiancés, m' effaçant de sa mémoire. Quand j'ai appelé Marc, son regard était froid, étranger. « Et vous, qui êtes-vous ? » Ma fiancée, ai-je supplié, mais sa mère a ri : « Amélie ? Ne soyez pas ridicule. Vous êtes la pâtissière que nous avons engagée pour le mariage. » Chloé a fait semblant de compatir, tandis que Marc, manipulé, a demandé : « Mère, Père, pourquoi cette employée est-elle ici ? Faites-la sortir. » J'ai été traînée hors de la chambre, mes supplications se perdant dans le couloir, tandis que je voyais Chloé embrasser l'homme qui me regardait avec les yeux que je lui avais donnés. Devenue une simple domestique, reléguée aux cuisines, chaque jour était une nouvelle humiliation. Un matin, alors que je pansais ma main brûlée, blessée par Chloé et ignorée par sa mère, Marc est apparu. Son regard, pour la première fois, hésitait. Pourtant, il s'est rangé de leur côté, me traitant comme une employée inutile : « Si vous ne pouvez pas faire votre travail sans causer de problèmes, la porte est grande ouverte. » Puis, il a tendu la main et a essuyé une larme imaginaire sur la joue de Chloé, ce geste qu'il faisait toujours pour moi. Mon cœur s'est brisé. Le Marc que j'avais connu, celui qui m'aimait, n'existait plus. J'ai été jetée hors du manoir, seule, brisée. Mais dans ma détresse, j'ai croisé le chemin de Thomas Fournier, le cousin de Marc, qui m'a offert un refuge inattendu : une alliance, un foyer. « Épouse-moi. » Pendant ce temps, Marc, rongé par une étrange vacuité, a découvert un vieil album photo dans le grenier. Des images de nous, si heureux, son rire, le goût de mes pâtisseries, tout lui est revenu en un flot douloureux. « Amélie... » Son nom, gravé dans son âme, a résonné juste avant qu'il ne s'effondre.

Introduction

La lumière crue de l'hôpital agressait mes yeux tandis que je priais en silence pour Marc, mon amour d'enfance, entre la vie et la mort après un terrible accident.

Le médecin est sorti, son visage grave, et après un soulagement fugace, il a lâché la terrible vérité : amnésie post-traumatique sévère et cécité. Mon monde s'est effondré une seconde fois.

Je n' ai pas hésité une seconde : j' ai offert mes propres cornées. L'opération fut un succès, mais en me réveillant, j'ai vu la famille Fournier, dédaigneuse, accompagner Chloé Lambert dans la chambre de Marc.

Ils leur ont menti, prétendant que Marc et Chloé étaient fiancés, m' effaçant de sa mémoire.

Quand j'ai appelé Marc, son regard était froid, étranger. « Et vous, qui êtes-vous ? » Ma fiancée, ai-je supplié, mais sa mère a ri : « Amélie ? Ne soyez pas ridicule. Vous êtes la pâtissière que nous avons engagée pour le mariage. »

Chloé a fait semblant de compatir, tandis que Marc, manipulé, a demandé : « Mère, Père, pourquoi cette employée est-elle ici ? Faites-la sortir. »

J'ai été traînée hors de la chambre, mes supplications se perdant dans le couloir, tandis que je voyais Chloé embrasser l'homme qui me regardait avec les yeux que je lui avais donnés. Devenue une simple domestique, reléguée aux cuisines, chaque jour était une nouvelle humiliation.

Un matin, alors que je pansais ma main brûlée, blessée par Chloé et ignorée par sa mère, Marc est apparu.

Son regard, pour la première fois, hésitait.

Pourtant, il s'est rangé de leur côté, me traitant comme une employée inutile : « Si vous ne pouvez pas faire votre travail sans causer de problèmes, la porte est grande ouverte. »

Puis, il a tendu la main et a essuyé une larme imaginaire sur la joue de Chloé, ce geste qu'il faisait toujours pour moi. Mon cœur s'est brisé. Le Marc que j'avais connu, celui qui m'aimait, n'existait plus.

J'ai été jetée hors du manoir, seule, brisée. Mais dans ma détresse, j'ai croisé le chemin de Thomas Fournier, le cousin de Marc, qui m'a offert un refuge inattendu : une alliance, un foyer. « Épouse-moi. »

Pendant ce temps, Marc, rongé par une étrange vacuité, a découvert un vieil album photo dans le grenier. Des images de nous, si heureux, son rire, le goût de mes pâtisseries, tout lui est revenu en un flot douloureux. « Amélie... » Son nom, gravé dans son âme, a résonné juste avant qu'il ne s'effondre.

Chapitre 1

La lumière crue de l'hôpital semblait agressive, presque hostile. Amélie Dubois était assise sur une chaise en plastique inconfortable, les mains jointes sur ses genoux, priant en silence. Chaque bip des machines dans le couloir était une torture.

Cela faisait trois jours. Trois jours que Marc, son amour d'enfance, son fiancé, était entre la vie et la mort après un terrible accident de voiture.

Le médecin est finalement sorti de la chambre, son visage grave.

« Mademoiselle Dubois, Marc est hors de danger. »

Amélie sentit une vague de soulagement la submerger, si intense qu'elle faillit perdre l'équilibre.

« Mais, » ajouta le médecin, et ce simple mot fit renaître la peur. « L'impact a été très violent. Il souffre d'une amnésie post-traumatique sévère. Nous ne savons pas quand, ou si, sa mémoire reviendra. Et... ses yeux ont été gravement touchés. Il est aveugle. »

Le monde d'Amélie s'est effondré une seconde fois. Aveugle. Marc, qui aimait tant admirer les couleurs de ses pâtisseries, les nuances du ciel parisien.

« N'y a-t-il rien à faire ? » sa voix était à peine un murmure.

« Une greffe de cornée est possible, » expliqua le médecin avec prudence. « Mais la liste d'attente est longue. Très longue. »

Amélie n'a pas hésité une seule seconde. Elle a regardé le médecin droit dans les yeux, sa décision déjà prise.

« Prenez les miennes. »

Le médecin la regarda, choqué. « Mademoiselle, c'est une décision... »

« Je le ferai. Pour lui, je ferai n'importe quoi. S'il vous plaît, faites les tests. S'il y a la moindre chance que mes cornées soient compatibles, faites-le. »

Sa détermination était absolue. C'était Marc. L'homme avec qui elle avait grandi, l'homme qui lui avait promis une vie de bonheur.

L'opération fut un succès. Amélie se réveilla dans une chambre, la lumière lui faisant mal aux yeux, un bandeau protégeant celui qui avait été opéré. Mais tout ce qui comptait, c'était que Marc allait pouvoir voir à nouveau.

C'est à ce moment que la famille Fournier est entrée en scène. Les parents de Marc, Édouard et Catherine, n'avaient jamais approuvé leur union. Amélie était une simple pâtissière, talentueuse certes, mais sans nom, sans fortune. Indigne de leur héritier. Ils sont entrés dans la chambre d'hôpital de Marc, accompagnés d'une jeune femme élégante, Chloé Lambert, la fille d'une riche famille de vignerons.

Ils avaient vu l'amnésie de Marc non pas comme une tragédie, mais comme une opportunité.

Catherine Fournier a posé une main douce sur le bras de son fils, qui venait de se réveiller, ses nouveaux yeux clignant sous la lumière.

« Marc, mon chéri. Tu nous as fait si peur. »

Marc regarda sa mère, le visage vide de reconnaissance. « Où suis-je ? Que s'est-il passé ? »

« Tu as eu un accident, » dit doucement son père. « Mais tout va bien maintenant. Ta fiancée, Chloé, est là. Elle ne t'a pas quitté une seule seconde. »

Chloé s'est approchée, un sourire parfaitement orchestré sur les lèvres. « Marc, mon amour. »

Au même moment, Amélie, encore faible, est entrée dans la chambre, le cœur battant d'espoir et d'amour. Elle voulait voir son regard, le premier regard de Marc avec ses yeux.

« Marc ? » appela-t-elle doucement.

Marc tourna la tête vers elle. Son regard était froid, étranger. Il n'y avait aucune reconnaissance, aucune étincelle.

« Et vous, qui êtes-vous ? »

La question la frappa en plein cœur. Elle sentit le sol se dérober sous ses pieds.

« Marc, c'est moi... Amélie. Ta fiancée. »

Catherine Fournier a éclaté d'un rire méprisant. « Amélie ? Ne soyez pas ridicule. Vous êtes la pâtissière que nous avons engagée pour le mariage. Vous avez dû vous attacher un peu trop. »

Chloé a ajouté, sa voix faussement compatissante : « Pauvre fille. Le choc a dû être trop grand pour elle aussi. »

Amélie les regarda, incrédule. Le mensonge était si énorme, si cruel.

« Non ! C'est faux ! Marc, regarde-moi ! C'est moi, Amélie ! »

Elle s'est avancée, voulant le toucher, lui faire se souvenir. Mais Marc, complètement manipulé, le visage durci par la méfiance, a reculé.

« Ne me touchez pas. Mère, Père, pourquoi cette employée est-elle ici ? Faites-la sortir. »

« Employée... » Le mot était un poison.

Édouard Fournier a fait un signe à un garde de sécurité qui attendait près de la porte.

« Vous avez entendu mon fils. Partez maintenant. »

L'homme s'est approché d'Amélie, grand et impersonnel.

« Non, s'il vous plaît... Marc ! » a-t-elle crié, les larmes coulant enfin sur ses joues.

Le garde l'a saisie fermement par le bras. Elle a essayé de résister, mais elle était trop faible. Il l'a traînée hors de la chambre, ses supplications se perdant dans le couloir. La dernière chose qu'elle a vue avant que la porte ne se referme, c'est le visage de Chloé, triomphante, se penchant pour embrasser Marc. L'homme qui la regardait maintenant avec les yeux qu'elle lui avait donnés.

Chapitre 2

Les semaines qui suivirent furent un cauchemar éveillé. Pour une raison qu'elle ne comprenait pas, les Fournier ne l'avaient pas complètement renvoyée. Ils l'avaient gardée au manoir, mais son statut avait changé. Elle n'était plus la fiancée de l'héritier, mais une simple domestique, reléguée aux cuisines.

Chaque jour était une nouvelle humiliation. Elle devait préparer les repas, nettoyer, et servir Chloé, qui avait emménagé dans la chambre d'amis principale, se comportant déjà comme la maîtresse de maison.

Un matin, alors qu'elle pétrissait la pâte pour des croissants, l'odeur du beurre lui rappela un souvenir. C'était il y a un an, dans ce même manoir. Marc était entré dans la cuisine, l'avait prise par la taille et avait volé un morceau de pâte crue.

« C'est pour ça que je t'aime, » avait-il murmuré en riant. « Tu rends tout délicieux. Même la vie. »

Une larme a roulé sur sa joue et est tombée dans la farine. La douleur de ce souvenir était si vive, si réelle. Le contraste avec sa situation actuelle était insupportable.

« Qu'est-ce que tu fais ? Tu pleurniches sur ton sort ? »

La voix stridente de Chloé la fit sursauter. Elle était entrée dans la cuisine, vêtue d'une robe de soie coûteuse, un air de dédain sur le visage.

« Dépêche-toi, Marc et moi allons prendre le petit-déjeuner sur la terrasse. Et ne mets pas tes larmes dans nos croissants. »

Amélie a essuyé rapidement ses joues avec le dos de sa main, refusant de lui donner la satisfaction de la voir brisée.

« Ils seront bientôt prêts, Mademoiselle Lambert. »

Chloé s'est approchée, regardant le plan de travail. Elle a pris la tasse de café qu'Amélie venait de se préparer.

« Tu ne devrais pas boire ça. C'est pour les maîtres de maison, pas pour le personnel. »

Puis, avec un geste faussement maladroit, elle a renversé le café chaud sur la main d'Amélie qui reposait sur la table.

« Oh, pardon. Quelle maladresse. »

Amélie a étouffé un cri de douleur, retirant sa main brûlante. La peau était déjà rouge vif.

« Vous l'avez fait exprès ! »

« N'importe quoi, » répondit Chloé avec un sourire narquois.

À ce moment-là, Catherine Fournier est entrée. Elle a vu la main d'Amélie, le café renversé.

« Qu'est-ce que c'est que ce désordre ? Amélie, vous êtes d'une incompétence rare ! Non seulement vous êtes lente, mais en plus vous êtes maladroite ! »

« Mais... elle m'a brûlée ! » a tenté de se défendre Amélie.

« Assez ! » coupa Catherine, son visage une grimace de mépris. « Ne rejetez pas la faute sur Chloé. C'est à cause de gens comme vous que tout va de travers. Nettoyez ça immédiatement et finissez ces croissants. Marc a faim. »

La douleur de sa main n'était rien comparée à l'injustice qui lui brûlait la poitrine. Isolée, sans personne pour la croire, elle se sentait piégée.

Épuisée et tremblante, elle a essayé de ramasser les morceaux de la tasse brisée. Sa main tremblait tellement qu'elle se coupa avec un éclat de porcelaine. Le sang se mêla au café sur le sol.

« S'il vous plaît, » murmura-t-elle, s'adressant à Catherine, les larmes aux yeux. « Ma main... j'ai besoin de soins. »

Catherine la regarda de haut. « Ne soyez pas si dramatique pour une petite égratignure. Finissez votre travail. »

Chloé ricana. « C'est ce qui arrive quand on essaie de s'élever au-dessus de sa condition. On finit par tomber. »

Elle a donné un coup de pied dans la main blessée d'Amélie, qui essayait de se relever. La douleur a explosé dans son bras.

C'est alors qu'une voix masculine retentit depuis l'embrasure de la porte.

« Que se passe-t-il ici ? »

Marc se tenait là, le regard fixé sur la scène. Il voyait Amélie à genoux sur le sol, en larmes, du sang sur la main, et Chloé et sa mère se tenant au-dessus d'elle comme des prédatrices. Pour la première fois, une lueur de confusion, presque de doute, traversa ses yeux.

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