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Les Secrets de mon Milliardaire

Les Secrets de mon Milliardaire

Auteur:: Dumas Sipi
Genre: Milliardaire
Léa était une jeune femme éperdument amoureuse. Quand son petit ami, qui avait perdu son emploi, se trouvait dans une situation difficile, elle n'a pas hésité à l'aider financièrement et à le choyer pour qu'il ne sombre pas dans la dépression. Et comment a-t-il réagi à sa générosité ? Il l'a trahie en ayant une liaison avec sa meilleure amie ! Léa était anéantie. Pour se venger de son ex infidèle, elle a décidé de se marier avec un homme qu'elle n'avait jamais rencontré. Jonah , son époux, était un homme traditionnel qui lui a assuré qu'il prendrait en charge toutes les dépenses du foyer, la laissant libre de tout souci. Léa s'est moquée de lui, pensant qu'il faisait partie de ces hommes qui aiment se vanter de leurs capacités. Elle était convaincue que leur vie conjugale serait un véritable cauchemar.

Chapitre 1

Léa avait toujours cru en l'amour, peut-être même trop. Pour elle, aimer signifiait tout donner, sans retenue, sans compter, sans attendre quoi que ce soit en retour. Avec Samuel, son petit ami, elle avait trouvé un équilibre qui la rassurait. Ils étaient ensemble depuis plusieurs années, et malgré les hauts et les bas, elle se plaisait à penser qu'ils étaient faits l'un pour l'autre. Certes, ils n'étaient pas parfaits, mais qui l'était ? Léa fermait les yeux sur les petites failles dans leur relation, convaincue que l'amour finirait toujours par triompher.

Un soir d'hiver, alors que les premières neiges recouvraient les trottoirs de leur quartier, Samuel rentra à la maison avec une mine sombre. Léa , qui préparait le dîner dans leur petite cuisine, ne tarda pas à remarquer son air abattu.

- Qu'est-ce qui ne va pas ? demanda-t-elle doucement en posant la spatule sur le plan de travail.

Samuel, les épaules affaissées, sembla hésiter avant de répondre.

- Je... je suis viré.

Léa s'arrêta net, surprise par cette annonce soudaine. Elle savait que les choses n'allaient pas très bien au travail de Samuel depuis quelque temps, mais elle n'avait jamais imaginé que cela irait jusqu'à une telle extrémité.

- Oh, Sam... murmura-t-elle en s'approchant de lui, une main réconfortante posée sur son bras. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Il haussa les épaules, évitant son regard.

- Rien de spécial. Ils ont fait des coupes, et je faisais partie du lot.

Léa sentit un pincement au cœur en voyant l'expression de défaite sur son visage. Elle n'était pas du genre à paniquer dans ce genre de situation. Après tout, elle avait un bon emploi et ils pouvaient s'en sortir. Elle prit une grande inspiration, déterminée à ne pas le laisser sombrer dans la dépression.

- Ce n'est pas la fin du monde, tu sais. On va s'en sortir. Tu trouveras un autre boulot, je suis sûre. Et puis... on a encore un peu de temps avant que ça devienne vraiment problématique.

Elle tenta de lui sourire, mais il ne sembla pas réagir. Samuel n'avait jamais été très bon pour exprimer ses émotions, et Léa avait appris à vivre avec cette distance émotionnelle qu'il entretenait parfois.

Les jours passèrent et la situation n'évoluait pas. Samuel semblait sombrer dans une sorte d'apathie, passant ses journées sur le canapé, les yeux rivés sur son téléphone ou sur la télévision. Léa essayait de ne pas le juger. Après tout, perdre son emploi pouvait être un choc dévastateur. Elle se disait qu'il avait juste besoin de temps pour se ressaisir. Alors, elle prit en charge toutes les dépenses, convaincue que c'était son rôle de le soutenir dans ces moments difficiles.

- Ne t'en fais pas, je gère, lui disait-elle chaque fois qu'une nouvelle facture arrivait. Tu te remettras bientôt sur pieds.

Elle lui offrait des petites attentions pour qu'il ne se sente pas inutile : de nouveaux vêtements, des sorties au restaurant pour lui changer les idées, tout ce qu'elle pouvait faire pour l'aider à surmonter cette mauvaise passe.

Cependant, plus les semaines passaient, plus Léa sentait que quelque chose n'allait pas. Samuel devenait de plus en plus distant, et ce n'était pas seulement à cause de son chômage. Il semblait constamment ailleurs, s'absentait sans prévenir, revenait tard sans explication. Léa mettait tout cela sur le compte de son mal-être, s'efforçant de ne pas s'inquiéter.

Un soir, alors qu'elle préparait une soirée entre filles avec sa meilleure amie, Zoé, Léa reçut un appel. C'était une amie commune, quelque peu embarrassée.

- Léa ... il faut que je te dise quelque chose. Tu ne vas pas aimer entendre ça, mais... j'ai vu Samuel.

Léa fronça les sourcils. Rien d'anormal jusque-là, elle savait que Samuel sortait parfois.

- Et alors ? Qu'est-ce qu'il faisait ?

- Il... il était avec quelqu'un. Je ne sais pas comment te le dire, mais... il n'était pas seul, Léa . Je les ai vus ensemble dans un bar.

Un poids immense s'installa dans la poitrine de Léa . Tout à coup, le monde semblait s'effondrer autour d'elle.

- Avec qui ?

Le silence à l'autre bout de la ligne semblait pesant.

- Avec Zoé.

Le téléphone glissa presque des mains de Léa . Elle s'assit lentement sur le canapé, la tête tournant. Cela ne pouvait pas être vrai. Pas Zoé. Pas sa meilleure amie. C'était impossible, invraisemblable. Pendant quelques instants, elle refusa d'y croire, cherchant une excuse, une justification à ce qu'elle venait d'entendre.

Elle se leva brusquement, son cœur battant à tout rompre. Elle appela Zoé immédiatement, espérant qu'elle pourrait dissiper ce cauchemar. Mais lorsque Zoé décrocha, il n'y eut pas besoin de mots. Son silence accablé en disait long.

- C'est vrai ? demanda Léa d'une voix tremblante.

Zoé resta silencieuse pendant de longues secondes, puis finit par avouer d'une voix brisée :

- Léa , je suis désolée. Je ne voulais pas que ça se passe comme ça...

Les mots de Zoé étaient comme des poignards dans le cœur de Léa . Elle se souvenait des innombrables confidences qu'elles avaient partagées, des promesses de loyauté, des souvenirs d'enfance gravés dans sa mémoire. Et maintenant, tout cela s'effritait sous le poids de la trahison.

- Comment... comment as-tu pu ? Tu savais ce que Samuel représentait pour moi ! cria Léa , la voix déformée par la douleur.

- Je... je ne sais pas comment ça s'est passé, je te jure ! Ça a commencé après son licenciement. On parlait juste, puis... c'est allé trop loin...

Léa raccrocha brutalement, incapable d'entendre un mot de plus. Elle se sentait trahie, dévastée. Tout ce qu'elle avait construit avec Samuel, tout ce qu'elle croyait avoir avec Zoé, venait de disparaître en un instant.

Les jours qui suivirent furent un véritable cauchemar. Léa se retrouvait seule, abandonnée par l'homme qu'elle aimait et la personne en qui elle avait le plus confiance. Les souvenirs de moments heureux avec Samuel et Zoé revenaient la hanter, transformés en des souvenirs amers et douloureux. Chaque détail de leur relation semblait désormais faux, comme s'il n'avait été qu'une mascarade destinée à la tromper.

Elle se souvenait des journées passées à consoler Samuel, à le soutenir financièrement alors qu'il était sans emploi, à tenter de lui remonter le moral. Et tout ce temps, il l'avait trahie dans son dos, avec sa propre meilleure amie.

Samuel n'essaya même pas de nier les faits lorsqu'elle l'affronta.

- Je suis désolé, Léa , dit-il d'un ton presque résigné. Ça... c'est arrivé, c'est tout.

- C'est arrivé ? s'écria-t-elle, furieuse. C'est tout ce que tu as à dire ? Après tout ce que j'ai fait pour toi ?

- Je n'ai jamais voulu que ça prenne cette ampleur... mais Zoé et moi, on...

- Tais-toi ! Je ne veux plus rien entendre de toi !

Léa sentit une rage profonde monter en elle. La colère remplaçait peu à peu la tristesse, comme un feu brûlant qui consumait tout sur son passage. Elle avait tout sacrifié pour Samuel, elle avait cru en lui, elle avait cru en eux. Et voilà comment il la remerciait.

Cette nuit-là, Léa prit une décision qui allait changer le cours de sa vie. Elle ne serait plus jamais cette femme qui donnait tout sans rien attendre en retour. Elle ne serait plus celle qui s'accrochait à des relations toxiques par peur de la solitude. Non. Elle méritait mieux que ça.

Elle décida de partir, de tourner la page une bonne fois pour toutes. Le lendemain, elle fit ses valises et quitta l'appartement qu'elle partageait avec Samuel. Elle laissa tout derrière elle, y compris le cœur brisé qu'elle portait encore en elle.

Ce qui viendrait après, elle ne le savait pas encore. Mais une chose était certaine : elle n'avait plus l'intention de laisser qui que ce soit la trahir ou la rabaisser.

Elle n'avait pas encore idée de la tournure que prendrait sa vie dans les mois à venir, ni de l'homme qu'elle rencontrerait bientôt. Mais une chose était claire : Léa était prête à se reconstruire, à réinventer sa vie, et surtout, à ne plus jamais laisser qui que ce soit la piétiner.

Léa errait dans son appartement comme une âme en peine, les larmes coulant sans relâche sur ses joues. La douleur de la trahison était écrasante, une vague d'amertume qui la submergeait à chaque instant. Elle avait tout donné à Samuel, tout sacrifié pour lui, et voilà comment il l'avait remerciée : en la trompant avec sa meilleure amie. C'était plus qu'une simple trahison ; c'était une destruction totale de tout ce qu'elle croyait être leur relation.

Assise sur le canapé, les yeux rougis, Léa fixait la fenêtre sans vraiment la voir. Chaque respiration semblait plus lourde, chaque pensée plus douloureuse. Elle se remémorait les moments passés avec Samuel, toutes ces petites attentions qu'elle lui avait offertes, les sacrifices qu'elle avait faits pour qu'il ne se sente jamais diminué après la perte de son emploi. Elle avait cru qu'il l'aimait, qu'ils traverseraient ensemble cette tempête. Et tout ce temps, il la trompait.

Elle se 'eva brusquement, la gorge nouée par l'émotion. « Je mérite mieux que ça », murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour qui que ce soit. Son regard se posa sur une photo d'eux deux, posée sur la table basse. Elle la prit dans ses mains, ses doigts tremblants. Dans l'image, Samuel souriait, la tenant par la taille comme s'ils étaient le couple le plus heureux du monde.

- Comment as-tu pu... souffla-t-elle, la voix brisée.

Elle jeta la photo contre le mur avec rage. Le verre se brisa, éclatant en mille morceaux, tout comme son cœur. Elle ne pouvait plus rester là, entourée de souvenirs d'une relation qui n'avait été qu'un mensonge. Elle prit son téléphone et envoya un message sec à Samuel : « On est finis. » Elle n'avait pas besoin de le voir, ni de l'entendre tenter de se justifier. Il n'y avait rien à dire, rien à sauver.

Chapitre 2

La nuit qui suivit fut longue et froide. Léa ne ferma pas l'œil, tournant et retournant dans son lit vide. Elle se sentait seule, trahie, et terriblement en colère. Les heures semblaient s'étirer à l'infini, et dans ce silence oppressant, elle se promit une chose : elle ne laisserait plus jamais quelqu'un la traiter ainsi. Il n'y aurait plus de place pour la naïveté dans sa vie.

Le lendemain matin, fatiguée mais déterminée, Léa prit une décision. Si elle devait survivre à cette douleur, elle devait occuper son esprit. Plutôt que de se morfondre chez elle, elle décida de se plonger dans le travail. Heureusement, son job dans une agence de publicité était prenant, exigeant même. C'était la distraction parfaite.

Dès qu'elle arriva au bureau, elle se plongea dans les projets en cours, se concentrant sur les détails, perfectionnant chaque proposition, chaque visuel. Elle passait des heures supplémentaires à peaufiner des campagnes, à répondre à des clients, à se surpasser dans son domaine. Ses collègues remarquèrent son changement d'attitude, mais personne n'osa vraiment poser de questions. Léa semblait inébranlable, presque mécanique dans sa quête de perfection. Ce travail était son refuge, son moyen de fuir la douleur.

Les jours se transformèrent en semaines, et peu à peu, elle commença à retrouver un semblant de normalité. Les sourires revenaient, timides, parfois forcés, mais présents. La plaie était encore ouverte, bien sûr, mais elle cicatrisait lentement. Elle évitait Samuel et Zoé, bloquant leurs numéros, effaçant toute trace de leur existence dans sa vie. C'était une nouvelle ère pour elle, une ère où elle se recentrait sur ses ambitions, sur elle-même.

Un vendredi soir, alors qu'elle était sur le point de partir du bureau, son patron, Monsieur Alvez, un homme d'une quarantaine d'années, la fit appeler dans son bureau.

- Léa , je voulais te parler d'un projet particulier, dit-il en s'asseyant derrière son grand bureau de verre.

Elle hocha la tête, prête à recevoir un autre défi professionnel. Le travail était devenu sa seule source de satisfaction ces derniers temps.

- J'ai remarqué ton engagement ces dernières semaines. Tu as fait un travail incroyable, et je voulais t'en féliciter.

- Merci, répondit-elle, légèrement gênée par le compliment.

Mais Alvez n'en avait pas fini. Il se pencha en avant, les doigts entrelacés.

- J'ai été approché par un client très particulier, un homme d'affaires influent qui cherche quelqu'un de fiable, avec des compétences uniques... Il a demandé spécifiquement quelqu'un comme toi.

Léa fronça les sourcils. Un client spécifique ? Quel genre de projet pouvait nécessiter ce genre de présentation ?

- Il s'appelle Jonah . Il est... disons, un peu hors du commun, un homme très traditionnel malgré sa jeunesse. Il m'a parlé de toi, et... il a une proposition assez inhabituelle.

Léa sentit une étrange sensation lui parcourir l'échine. Ce nom ne lui disait rien, et pourtant, il y avait quelque chose dans le ton d'Alvez qui la mettait mal à l'aise.

- Une proposition ? demanda-t-elle, incertaine.

- Jonah t'a observée de loin, Léa . Il a suivi ton travail, tes réussites, et il a vu quelque chose en toi qu'il apprécie. Il m'a demandé de te transmettre un message, une proposition de mariage.

Elle éclata de rire, certaine que c'était une plaisanterie. Mais Alvez ne riait pas. Son visage restait sérieux, ses yeux fixés sur elle.

- Attends... quoi ? Un mariage ? Mais... je ne connais même pas cet homme ! s'exclama-t-elle, abasourdie.

Alvez hocha la tête.

- Je sais, ça peut paraître fou. Mais Jonah n'est pas un homme ordinaire. Il a des moyens considérables et... disons qu'il fonctionne différemment. Il croit en des unions arrangées, mais dans lesquelles chaque partie tire un grand avantage.

Léa sentit son cœur battre plus fort. Comment était-ce possible ? Un parfait inconnu voulait l'épouser ? Elle, Léa , une femme qui venait tout juste de sortir d'une relation désastreuse ?

- Tu plaisantes, n'est-ce pas ? C'est ridicule. Qui fait ça de nos jours ?

- Jonah le fait, répondit calmement Alvez. Il est sérieux, Léa . Il pense que vous pourriez former un partenariat puissant. Il te laisse bien sûr le choix, mais il voulait que je te transmette son offre.

- Pourquoi moi ? demanda-t-elle, encore sous le choc.

- Il dit qu'il voit en toi une femme avec du potentiel, une personne qui pourrait l'aider à atteindre ses objectifs, tout en t'aidant à réaliser les tiens.

Léa se passa une main dans les cheveux, complètement dépassée. C'était insensé. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle venait à peine de commencer à se reconstruire après sa rupture avec Samuel, et voilà qu'un étranger lui proposait de se marier, comme si c'était une affaire d'affaires.

- Et si je refuse ?

- Rien ne t'oblige à accepter. Mais Jonah est un homme influent. Un mariage avec lui pourrait t'ouvrir des portes que tu n'as jamais envisagées.

Léa prit une grande inspiration. Tout cela semblait si surréaliste. D'un côté, l'idée même de se remarier, si rapidement, et avec un inconnu, lui paraissait absurde. De l'autre, la promesse d'une vie nouvelle, d'un avenir différent, loin de la douleur et de la trahison, avait quelque chose de tentant. Elle avait été détruite par son amour pour Samuel, mais peut-être qu'une approche plus pragmatique, plus calculée, serait la solution pour elle.

Elle se leva, encore secouée par la conversation.

- Je... je dois y réfléchir, dit-elle finalement.

- Bien sûr, prends ton temps, répondit Alvez. Mais sache que cette opportunité ne se présentera pas deux fois.

Léa quitta le bureau, le cœur lourd et l'esprit tourmenté. Alors qu'elle marchait dans les rues de la ville, les pensées tourbillonnaient dans sa tête. Jonah , cet homme mystérieux, lui offrait une chance de repartir à zéro. Mais était-elle prête à sauter dans l'inconnu, à épouser un homme qu'elle n'avait jamais rencontré ?

En rentrant chez elle, elle s'affala sur le canapé, ses yeux se posant à nouveau sur l'endroit où la photo de Samuel et elle avait été. Le cadre brisé avait été jeté, tout comme l'homme qui l'avait trahie. Peut-être que ce mariage n'était pas une si mauvaise idée après tout. Peut-être qu'il était temps pour elle d'adopter une approche différente de la vie, de cesser de se laisser guider par ses émotions et de commencer à penser à son avenir, à ses ambitions.

Cette nuit-là, Léa ferma les yeux avec un sentiment mêlé d'excitation et de crainte. Jonah restait un mystère, mais une partie d'elle était prête à prendre ce risque. Après tout, elle n'avait plus rien à perdre.

Léa était assise sur son canapé, le regard perdu dans le vide. Depuis la proposition d'Jonah , elle n'avait cessé d'y penser. Tout cela semblait si absurde, presque irréel, mais en même temps, terriblement tentant. La trahison de Samuel était encore trop fraîche dans son esprit, chaque pensée à son égard lui donnait l'impression d'être poignardée à nouveau. Elle avait tout fait pour lui, tout sacrifié, et comment l'avait-il remerciée ? En la trompant avec sa meilleure amie. Cette blessure béante dans son cœur n'allait pas se refermer de sitôt. Alors, quand l'offre de mariage inattendue était arrivée, cela avait résonné comme une sorte de revanche.

C'était peut-être insensé, mais c'était une opportunité. Une façon de reprendre le contrôle, de se détourner de cette douleur, de prouver à Samuel qu'elle n'avait pas besoin de lui, qu'elle pouvait vivre sans lui, et mieux encore, qu'elle pouvait réussir. D'une certaine manière, dire oui à Jonah était son moyen de dire non à Samuel et à tout ce qu'il représentait : la trahison, la faiblesse, la dépendance. Léa prit une profonde inspiration et saisit son téléphone. Elle ouvrit l'application de messagerie et tapa un simple message à Jonah : « J'accepte. »

Elle resta là, quelques secondes, le doigt suspendu au-dessus du bouton « envoyer ». Avait-elle vraiment envie de faire ça ? Se marier à un homme qu'elle ne connaissait pas, simplement par colère, par vengeance ? Elle ferma les yeux, repensant à Samuel et à la façon dont il l'avait trahie. Elle sentit une vague de rage monter en elle. **Envoyer.**

Quelques heures plus tard, son téléphone sonna. C'était un appel d'Jonah . Elle hésita un instant avant de décrocher, son cœur battant plus vite qu'elle ne l'aurait voulu.

- Léa ? dit-il d'une voix posée.

- Oui, c'est moi, répondit-elle en se redressant sur son canapé.

- Je suis ravi que tu aies accepté. Je veux que tu saches que tu n'auras à te soucier de rien. Je prendrai soin de tout. Financièrement, tu n'auras plus à lever le petit doigt. Tu pourras te concentrer sur ce qui te rend heureuse, sur ta carrière, ou sur ce que tu veux vraiment faire de ta vie.

Chapitre 3

Léa fronça les sourcils. **Il prendra soin de tout ?** Voilà qui était bien pratique. Trop pratique. Elle n'aimait pas cette idée. Cela lui rappelait Samuel, ses beaux discours sur comment il se sentait diminué après avoir perdu son emploi, et comment elle avait dû tout gérer, tout payer. Non, cette fois, ce ne serait pas comme ça.

- C'est gentil, Jonah , mais je n'ai pas besoin qu'on me prenne en charge. J'ai toujours su me débrouiller seule, dit-elle, sa voix un peu plus froide qu'elle ne l'aurait voulu.

Jonah resta silencieux quelques secondes avant de répondre.

- Je comprends. Mais je tiens à ce que tu saches que ce n'est pas une question de contrôle ou de domination. Je veux simplement que tu te sentes libre de choisir ce que tu veux faire. Ce mariage ne sera pas une cage pour toi, Léa . Je veux que tu aies la liberté de t'épanouir, sans les contraintes matérielles.

Léa ne savait pas trop comment interpréter ces mots. Était-il sincère ou simplement un autre homme vantard qui aimait se montrer généreux pour ensuite réclamer quelque chose en retour ? Elle avait vu ce genre d'attitude auparavant, chez des hommes qui se croyaient supérieurs simplement parce qu'ils avaient les moyens financiers de s'imposer. Elle soupira discrètement, essayant de cacher son agacement.

- D'accord, répondit-elle finalement. On verra bien comment ça se passe.

- Je t'enverrai les détails du mariage. Ce sera simple, rien de pompeux. Je préfère que nous commencions cette nouvelle étape de manière modeste, plutôt qu'avec un grand éclat.

Sur ces mots, Jonah raccrocha, laissant Léa avec un sentiment étrange. Ce mariage, cette proposition, tout cela semblait si irréel, et pourtant, elle était sur le point de sauter le pas. Pourquoi avait-elle dit oui ? La question ne cessait de revenir en boucle dans son esprit. Avait-elle vraiment accepté pour se venger de Samuel ? Ou cherchait-elle quelque chose de plus, peut-être une stabilité qu'elle n'avait jamais réellement eue ?

Le jour du mariage arriva plus vite qu'elle ne l'aurait pensé. Pas de grande cérémonie, pas de robe de princesse, seulement quelques papiers signés au tribunal et une petite réception avec leurs témoins respectifs. C'était d'une simplicité déconcertante, surtout pour quelqu'un comme Léa , qui avait toujours rêvé d'un mariage de conte de fées. Mais cette fois, elle n'avait plus la tête aux contes. Elle voulait seulement passer à autre chose, tourner la page de Samuel et de la trahison.

Après la cérémonie, Jonah l'emmena dans leur nouvelle maison, une belle propriété située dans un quartier calme, un peu à l'écart de la ville. La maison était spacieuse, lumineuse, avec de grandes baies vitrées qui donnaient sur un jardin parfaitement entretenu. Tout était si... parfait, presque trop parfait pour être vrai.

- Voilà notre chez-nous, dit Jonah en ouvrant la porte d'entrée et en lui faisant signe d'entrer.

Léa resta un moment immobile sur le seuil, regardant l'intérieur impeccablement décoré. Elle avait du mal à croire que c'était désormais sa vie. Cette maison, cet homme... tout semblait si différent de ce qu'elle avait imaginé pour elle-même.

- Tu aimes ? demanda Jonah en la regardant attentivement.

- C'est... grand, répondit-elle en faisant un effort pour sourire.

Jonah lui sourit en retour et lui tendit une clé.

- Tout ce que tu veux changer ici, tu es libre de le faire. Cette maison est aussi la tienne.

Léa prit la clé, mais au fond d'elle, elle ne pouvait s'empêcher de se méfier. Tout cela semblait si... facile. Trop facile. Elle ne connaissait pas cet homme, pas vraiment, et pourtant elle venait de l'épouser. Que savait-elle réellement de lui ? Il était charmant, poli, généreux, mais cela ne voulait rien dire. Samuel avait aussi été charmant, poli, et généreux... jusqu'à ce qu'il la trahisse. Peut-être qu'Jonah cachait aussi quelque chose. Peut-être qu'elle était tombée dans un piège.

Elle se retrouva seule dans la grande maison, alors qu'Jonah était parti pour régler des affaires. L'immensité de la pièce la faisait se sentir petite, presque insignifiante. Elle se promena dans les différentes pièces, touchant les meubles du bout des doigts, se demandant comment elle allait s'adapter à cette nouvelle vie.

« Ce mariage va être un échec, » murmura-t-elle pour elle-même, en s'asseyant sur le canapé moelleux du salon. Tout cela semblait voué à l'échec. Elle n'était pas prête pour une nouvelle relation, et encore moins pour un mariage. Elle ne connaissait pas cet homme, elle n'était pas amoureuse de lui, et malgré toute sa bonne volonté, elle sentait que quelque chose n'allait pas. C'était une erreur. Une énorme erreur.

Le soir venu, Jonah rentra à la maison, toujours aussi calme et posé. Il la rejoignit dans le salon, s'asseyant à côté d'elle, l'air détendu.

- Comment s'est passée ta journée ? demanda-t-il.

Léa haussa les épaules.

- Je me suis promenée dans la maison. Elle est... belle, mais je ne sais pas si je vais m'y faire.

Jonah lui lança un regard compréhensif.

- Je sais que tout ça est un grand changement pour toi. On n'est pas obligés de tout précipiter. Prends le temps dont tu as besoin pour t'adapter. Je veux que tu te sentes bien ici, avec moi.

Ces mots étaient censés la rassurer, mais au lieu de cela, ils renforçaient son sentiment de malaise. Elle regarda Jonah , cet homme si parfait en apparence, et se demanda ce qu'il cachait réellement derrière cette façade impeccable. Elle ne pouvait s'empêcher de penser qu'il y avait autre chose, quelque chose qu'elle ne voyait pas encore. Mais pour l'instant, elle n'avait pas d'autre choix que de faire semblant. Faire semblant d'être à l'aise, faire semblant d'être d'accord avec tout ça.

- Merci, dit-elle simplement.

Ils restèrent assis là, côte à côte, dans un silence pesant, chacun perdu dans ses pensées. Léa savait que ce mariage ne serait pas facile. Mais elle avait accepté de jouer le jeu, et maintenant, elle devait en assumer les conséquences.

Le mariage avait été bien différent de ce qu'elle avait toujours imaginé. Il n'y avait pas de grande cérémonie, pas de robe somptueuse, ni d'amis et de famille rassemblés dans une église décorée de fleurs. Non, c'était bien plus simple, presque fonctionnel. Tout s'était déroulé dans un petit bureau de la mairie, avec un juge sévère qui avait à peine levé les yeux du dossier devant lui. Léa avait enfilé une robe blanche qu'elle avait achetée à la dernière minute, plus par principe que par réel désir de marquer l'occasion. Jonah , lui, portait un costume gris sombre, bien taillé, mais tout aussi sobre que le reste de la journée. Ils avaient signé les papiers, échangé des vœux laconiques, puis s'étaient retrouvés mari et femme avant même que Léa ne puisse vraiment comprendre ce qu'il se passait.

Elle se rappelait avoir regardé l »am durant toute la cérémonie, ses yeux cherchant quelque chose, une faille peut-être, ou simplement un indice sur ce qu'il ressentait. Mais son visage était resté impassible, ses gestes précis, calculés. Il était tout ce que Samuel n'avait jamais été : posé, stable, et pourtant, cette stabilité la rendait mal à l'aise. Elle se sentait comme une étrangère dans ce rôle de nouvelle épouse. D'ailleurs, est-ce qu'elle était vraiment une épouse ? Tout cela n'avait rien à voir avec l'idée qu'elle se faisait du mariage.

Quand ils étaient sortis du bureau, Jonah lui avait tendu la main pour la conduire à la voiture. Elle l'avait prise, plus par automatisme que par envie, et il l'avait conduite jusqu'à leur nouvelle maison, une grande demeure dont l'immensité ne faisait que renforcer son sentiment d'isolement. La maison était magnifique, il fallait l'admettre. Les murs étaient d'un blanc immaculé, les meubles modernes et élégants, tout donnait une impression de luxe discret. Mais Léa n'arrivait pas à s'y sentir à l'aise. Tout lui semblait étranger, froid. Chaque pièce, chaque meuble lui rappelait qu'elle venait d'entrer dans une vie qu'elle ne reconnaissait pas comme la sienne.

Les premiers jours de leur mariage furent calmes, presque silencieux. Jonah travaillait beaucoup, ce qui laissait Léa seule à la maison la plupart du temps. Il n'avait pas insisté pour qu'elle change ses habitudes ou abandonne son travail, bien au contraire. Il semblait même heureux qu'elle puisse continuer sa carrière. Mais malgré cette apparente liberté, Léa ne pouvait s'empêcher de ressentir une certaine distance, une sorte de barrière invisible entre eux. Jonah était courtois, toujours attentif à ses besoins matériels, mais sur le plan émotionnel, il restait un mystère.

Elle passait ses journées à errer dans cette maison, à explorer les moindres recoins, à examiner chaque objet, comme pour essayer de trouver un indice sur la vie d'Jonah avant elle. Ses livres étaient soigneusement rangés dans la bibliothèque du salon, ses dossiers de travail toujours classés de manière méticuleuse. Rien n'était laissé au hasard. Chaque détail de sa vie semblait sous contrôle. Léa ne savait pas si cela devait la rassurer ou l'inquiéter davantage.

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