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Les Regrets du Milliardaire

Les Regrets du Milliardaire

Auteur:: max htn
Genre: Milliardaire
**Aurélia** est l'héritière d'une famille puissante et était destinée à reprendre l'empire financier de son père, un homme influent et redouté dans le monde des affaires. Tout bascule lorsqu'elle apprend qu'elle est enceinte de **Leonard Wolfe**, un milliardaire tristement célèbre, connu pour ses scandales et son charme dangereux. Mais Leonard nie farouchement être le père et refuse toute implication. Son père, furieux et humilié par cette situation, renie Aurélia, la traitant de honte pour la famille. Rejetée par son propre cercle pour ne pas avoir « résolu » ce qu'ils considéraient comme un problème, Aurélia est dépouillée de ses privilèges et doit fuir avec son enfant. Peut-elle reconstruire une vie dans l'anonymat, loin de ceux qui l'ont trahie ? Des années plus tard, après avoir construit une nouvelle existence en tant que femme indépendante, Aurélia pense être enfin libre des chaînes de son passé. Mais c'est alors que Leonard découvre la vérité : le fils qu'elle élève est le sien. Pourquoi ce milliardaire arrogant et insensible décide-t-il subitement de revendiquer son rôle de père après avoir nié son existence ? Aurait-il des intentions cachées ? Leonard revient dans la vie d'Aurélia avec une détermination troublante, prêt à détruire les barrières qu'elle a soigneusement érigées. Aurélia n'a aucun intérêt à renouer avec un homme qui a nié son fils et l'a abandonnée dans son heure la plus sombre. Mais peut-elle vraiment résister à son pouvoir et à son charme irrésistible ? Alors que Leonard tente de gagner la confiance d'Aurélia et de leur fils, d'anciens ennemis refont surface. Pourquoi cet homme, qui semble tout posséder, est-il si déterminé à récupérer ce qu'il a autrefois rejeté ? Est-ce par culpabilité ou parce qu'il cache un secret encore plus sombre ? Aurélia est confrontée à un choix déchirant : protéger son fils et sa nouvelle vie, ou céder à l'attraction inexplicable qui l'attire vers Leonard. Mais peut-elle vraiment faire confiance à un homme qui a été la source de tant de souffrance ? Et si Leonard jouait un jeu encore plus grand, un jeu où Aurélia et son fils ne seraient que des pions ? Plus le passé refait surface, plus les vérités éclatent : Leonard n'est peut-être pas le seul à cacher des secrets. Quelles autres ombres planent sur leur vie ? Et, surtout, pourra-t-elle échapper à l'influence de cet homme qui pourrait bien tout détruire une nouvelle fois ?

Chapitre 1 Chapitre 1

Aurélia tenait l'examen dans ses mains, les résultats noirs sur blanc qui confirmaient ce qu'elle redoutait tant. Les mots flottaient devant ses yeux, chaque syllabe se gravant dans sa mémoire. *Test de grossesse positif*. Elle cligna des yeux, comme si cela pouvait effacer la réalité qui se déversait lentement en elle, mais ça ne fit qu'aggraver le vide dans son estomac. Il n'y avait pas de retour possible, pas de solution facile à cette situation.

Elle inspira profondément, essayant de maîtriser la panique qui montait en elle. Il était inutile de nier, de tenter de fuir l'inévitable. Cette grossesse changeait tout, remettait en question tout ce qu'elle pensait savoir sur sa vie. Comment était-ce possible, après tout ce qu'elle avait traversé ? Après l'échec d'un mariage qui ne l'avait menée nulle part, après la pression constante de son père, après des années à essayer de maintenir une image de femme forte et indépendante dans le monde des affaires, voilà que son corps lui rappelait sa vulnérabilité d'une manière impitoyable.

Elle fixa le test avec une intensité désespérée, comme si elle espérait qu'il disparaisse. Mais le test ne changerait pas. Le bébé était là, réel, tangible. Il faisait déjà partie d'elle, une nouvelle vie qui la connectait à Leonard Wolfe d'une manière qu'elle n'avait pas anticipée.

Leonard... Son cœur se serra à l'idée de lui annoncer. Ils avaient eu une aventure, une de ces rencontres éphémères qui auraient dû rester sans conséquences, comme toutes les autres avant lui. Mais avec lui, ça avait été différent. Elle se rappela encore de la chaleur de ses bras, de la passion qu'il avait suscitée en elle, de cette énergie incontrôlable. Il l'avait troublée d'une manière qu'elle n'avait jamais vécue auparavant, mais elle n'avait jamais imaginé que cela pourrait avoir des répercussions. Leonard Wolfe. Charismatique, arrogant, impulsif, mais surtout, dangereux. Ce n'était pas le genre d'homme avec qui on faisait des projets à long terme. C'était l'homme qui ne croyait pas aux attaches, qui laissait une traînée de cœur brisé derrière lui, un homme plus intéressé par ses affaires et son image que par une quelconque responsabilité.

Elle n'avait jamais pensé que cela pourrait finir ainsi. Une grossesse. Une situation qui risquait de bouleverser non seulement sa vie, mais aussi celle de son père, de son empire.

Elle savait que son père réagirait mal. Il avait des principes stricts, des attentes bien définies pour ses enfants. Aurélia devait être parfaite, une héritière digne de son nom, un modèle de réussite dans le monde des affaires. Et une grossesse hors mariage, avec un homme comme Leonard Wolfe en plus de cela, risquait de détruire tout ce qu'elle avait construit jusqu'à présent. Elle pouvait presque entendre la voix glacée de son père, la déception évidente dans ses mots.

Elle savait qu'il fallait qu'elle prenne une décision rapidement. Mais comment annoncer cela à Leonard ? Comment lui parler de quelque chose qu'il n'avait même pas voulu admettre après leur rencontre ? Après tout, il avait refusé de reconnaître son implication. Il l'avait rejetée d'un simple geste, un déni brut et impitoyable.

Elle s'assit sur le canapé, le regard perdu dans le vide, se demandant si cela pourrait être un mauvais rêve. Mais chaque seconde qui passait la ramenait à la dure réalité. Il n'y avait qu'une chose à faire, une chose qu'elle ne pouvait pas éviter : parler à Leonard.

Le lendemain, elle se rendit à son bureau, nerveuse, sa main tremblant légèrement alors qu'elle écrivait un message à Leonard. Il ne répondait jamais immédiatement, toujours occupé par des affaires, des négociations qui l'éloignaient de tout le reste. Mais elle n'attendait pas de réponse rapide. Elle n'attendait rien de plus que la confrontation qui s'annonçait. Elle avait déjà une idée de sa réaction.

Elle prit un moment avant d'appeler son chauffeur, se préparant à la rencontre avec Leonard. Elle savait qu'il allait nier. Il allait s'échapper de la situation d'un simple « Ce n'est pas mon problème ». Mais elle ne pouvait pas fuir plus longtemps.

Lorsqu'elle arriva dans son appartement, il était là, toujours aussi implacable. Son regard se posa sur elle, froid, distant, comme s'il se préparait déjà à sa défense.

"Aurélia, que fais-tu ici ?" demanda Leonard, sa voix déjà teintée de mépris. « Tu sais que je n'ai pas le temps pour ça. »

Elle se figea, luttant contre l'angoisse qui s'empara de son corps. Chaque mot semblait lui demander un effort herculéen. Elle se força à le regarder droit dans les yeux, à ne pas flancher. Pas cette fois.

"Je suis enceinte, Leonard." Elle posa le test sur la table devant lui. Le silence s'installa dans la pièce, lourd et oppressant. Leonard ne bougea pas, ses yeux se fixant sur le test avec une intensité glacée. Un rictus traversa brièvement ses traits avant qu'il ne se redresse et se tourne vers elle.

"C'est impossible", dit-il d'un ton sec, presque irrité. "Je t'ai dit que ce n'était pas possible. C'est une erreur, Aurélia. Je ne suis pas le père."

Elle sentit une vague de colère monter en elle. Elle s'était attendue à cette réaction, mais le rejet brutal restait toujours aussi douloureux. "Tu te moques de moi, Leonard ? Tu sais très bien ce qui s'est passé. Il n'y a pas de place pour le doute ici."

Leonard haussait les épaules, un air de défi dans ses yeux. « Tu as fait ton choix, Aurélia. Tu as voulu te lier à moi, maintenant c'est à toi de gérer cette situation. »

Elle serra les poings, sentant la chaleur de la frustration monter en elle. "Et toi, tu penses vraiment que tu peux te dégager de ça comme si c'était rien ? C'est ton enfant, Leonard ! C'est ton fils ! Il mérite d'être reconnu par son père !"

Un ricanement s'échappa de ses lèvres. "Tu veux que je te dise quelque chose ? J'ai d'autres préoccupations que de jouer à être le père d'un enfant dont je ne veux même pas entendre parler."

Les mots frappèrent Aurélia comme un coup de poing. Elle baissa la tête, se sentant comme une étrangère dans cette pièce qui autrefois était remplie de souvenirs de leur courte mais intense liaison.

"Ne te fais pas d'illusions", dit-il, se dirigeant vers la porte. "Je ne serai jamais ce genre d'homme. Tu devras trouver une autre solution."

Et il disparut dans la pièce adjacente, la laissant seule, le cœur battant dans sa poitrine, ses pensées en tourmente.

Elle était seule. Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle savait que son propre père allait la rejeter de la même manière. Elle pouvait déjà entendre sa voix perçante, emplie de déception.

Au fur et à mesure que le soir tombait, une vague d'incertitude la submergea. Elle s'assit dans l'obscurité, le visage entre ses mains, pleurant en silence. La douleur du rejet, de l'abandon, n'avait jamais été aussi forte. Mais elle n'avait pas le luxe de se laisser sombrer. Elle avait une décision à prendre, et cette fois, il n'y avait pas de retour possible.

Le lendemain matin, lorsqu'elle appela son père, sa voix était glacée. « Aurélia, c'est une honte, tu le sais. Je t'ai toujours dit de faire attention avec les hommes. Et maintenant, cette situation... c'est une catastrophe. »

La conversation fut brève, cruelle, et Aurélia comprit qu'elle venait de perdre non seulement Leonard, mais aussi l'approbation de son père. Elle n'avait plus de place dans le monde qu'elle avait connu. Son avenir était désormais incertain.

Elle s'éteignit progressivement, mais en silence, elle se jura de protéger cet enfant. Quel que soit le prix à payer.

Chapitre 2 Chapitre 2

Aurélia se tenait dans le grand hall de la maison familiale, l'air froid de la pièce la frappant comme une gifle. Chaque détail de la pièce lui semblait irriter ses sens. Les portraits de ses ancêtres accrochés aux murs, les meubles antiques, le parquet parfaitement poli... Tout ce qui avait toujours été un symbole de réussite, de grandeur, de respectabilité. Mais aujourd'hui, tout cela ne signifiait plus rien. Chaque coin de cette maison était devenu un rappel douloureux de ce qu'elle avait perdu.

Elle serra les poings, essayant de contenir l'ouragan de rage et de tristesse qui dévastait son cœur. Après la conversation avec Leonard, elle avait pris la décision de confronter son père. Il n'y avait pas d'autre choix. Elle ne pouvait plus rester dans l'ombre, à attendre qu'il prenne une décision pour elle. Elle devait savoir où elle en était, d'autant plus maintenant que sa situation était devenue... compliquée. Le rejet de Leonard ne faisait que s'ajouter à l'incompréhension et à la déception qu'elle avait eues en voyant son père réagir ainsi. Mais ce matin-là, c'était une autre épreuve qui l'attendait.

Elle monta les escaliers, s'arrêtant un instant devant la porte du bureau de son père. L'air lourd de l'odeur du bois, le parfum de l'ambition qui avait imprégné cet endroit, tout cela la rendait malade. Elle frappa doucement, mais suffisamment fort pour qu'il l'entende. La voix de son père, profonde et autoritaire, résonna de l'autre côté de la porte.

« Entre, Aurélia. »

Elle prit une inspiration et tourna la poignée. Le bureau de son père était un lieu imposant, grand, froid. Il était assis derrière son immense bureau, les mains jointes, le regard fixe. Lorsqu'il la vit entrer, il ne se leva même pas. Il ne la regarda même pas immédiatement. Il attendait sans doute qu'elle parle en premier, qu'elle se justifie. Mais elle ne pouvait plus se taire. Elle s'avança, chaque pas lourd de ce qu'elle portait en elle, et se plaça devant lui.

« Papa... » Sa voix tremblait, mais elle n'allait pas flancher. « Je t'ai parlé hier de ma grossesse. Tu as dû entendre ce que j'ai dit. Leonard me renie. Et maintenant... »

Elle s'interrompit un instant, tentant de rassembler ses pensées, de ne pas craquer en face de lui. Elle avait besoin de réponses, de comprendre comment il réagirait. Mais il la coupa avant qu'elle n'ait pu finir.

« Tu n'as pas réfléchi, Aurélia. C'est une catastrophe. Tu as agi sur un coup de tête. Avec lui. » Il leva les yeux sur elle, son regard empli d'une colère froide. « Tu sais ce que cet homme représente. Tu as mis en péril l'avenir de cette famille, et tu veux que je me réjouisse de cette nouvelle ? »

Aurélia sentit ses yeux se remplir de larmes qu'elle n'arrivait pas à retenir. Le rejet était brutal, plus que ce qu'elle avait imaginé. Elle avait toujours cru qu'il l'aimait, qu'il serait là pour elle, mais elle était naïve. Elle avait cru que son père, ce pilier de son existence, aurait été capable de la soutenir dans ce moment difficile. Mais non. Elle était seule.

« Papa, c'est un être humain, il a droit à une chance. Je suis enceinte, et ce n'est pas une erreur que je vais cacher. J'ai besoin de toi. »

Son père se leva enfin, son visage durci par des années d'autorité et de contrôle. Il se plaça devant elle, imposant, menaçant presque. « Non, Aurélia. Ce que tu fais est une erreur. Une erreur qui va ternir le nom de notre famille. Et je ne vais pas accepter que tu ruines tout ce que j'ai construit. »

Elle se recula d'un pas, choquée par la dureté de ses mots. « Tu me renies ? Après tout ce que j'ai fait pour toi, tout ce que j'ai sacrifié ? »

Il la regarda avec dédain, comme si elle ne méritait même pas sa pitié. « Tu as agi comme une adolescente impulsive, et maintenant tu veux qu'on te donne une médaille pour ça. Tu veux que je me réjouisse de cette honte ? Je suis désolé, mais tu vas devoir assumer seule. »

Elle ferma les yeux un instant, le choc de ses paroles l'envahissant. Elle avait cru que, même si son père n'approuvait pas la situation, il finirait par comprendre qu'il était de son devoir de la soutenir, de la protéger. Mais non. Il l'avait rejetée sans hésitation, la condamnant à une solitude plus grande encore. Elle sentit ses jambes fléchir sous le poids de la douleur, mais elle se redressa aussitôt. « Très bien. Si tu ne veux pas de moi, je n'ai pas besoin de ton approbation. »

Elle se tourna, prête à partir. Mais il la retint d'un geste sec. « Tu fais une grave erreur, Aurélia. Il n'est pas trop tard pour revenir sur ta décision. Tu peux éviter que tout cela ne devienne public. Mais si tu choisis d'assumer cette grossesse et cette situation, sache que tu n'es plus ma fille. Ce nom, tu l'as perdu. »

Elle s'arrêta, mais ne se retourna pas. Elle ne pouvait plus supporter de l'entendre. Le rejet était bien plus cruel qu'elle ne l'avait imaginé. Elle s'éteignait sous ses mots. Mais elle savait une chose : elle ne reviendrait pas en arrière. Elle ne reviendrait pas dans ce monde qui la rejetait déjà.

En sortant du bureau, les larmes qu'elle avait retenues jusque-là commencèrent à couler librement. Elle se précipita dans le jardin, là où elle savait que personne ne pourrait la voir. C'était là, parmi les fleurs qu'elle avait plantées elle-même dans son enfance, qu'elle laissa sa douleur l'envahir. Elle avait perdu son père. Elle avait perdu son monde. Elle n'avait plus de place ici.

Elle se sentait brisée, mais elle savait qu'elle ne pouvait pas rester là, dans cet endroit, sous ce toit, dans cette cage dorée. Elle était prête à tout quitter pour fuir cette honte, ce rejet, cette vie qui ne voulait plus d'elle. Elle devait partir. Mais une voix douce la fit sursauter.

« C'est mon erreur aussi... »

Elle se tourna précipitamment, et vit sa mère, qui se tenait derrière elle, les mains jointes, une lueur de tristesse dans les yeux. Sa mère, toujours douce, toujours compréhensive, mais qui semblait impuissante face à la violence de son mari. Elle s'approcha d'Aurélia, son visage marqué par la détresse.

« Je suis désolée, ma chérie. Je t'aime, tu le sais, mais ton père... Il est inflexible. Je ne peux rien faire contre lui. »

Auréla serra les dents. « Ne t'excuse pas, maman. Tu n'es pas responsable. C'est lui. C'est lui qui m'a rejetée. Je n'ai plus rien ici. »

Sa mère s'approcha d'elle, la prenant dans ses bras, et Aurélia se laissa aller à sa douceur, à son amour. « Je vais t'aider, je vais tout faire pour t'aider. Mais tu dois savoir que je ne peux pas défier ton père. »

Elle se recula, un léger sourire triste aux lèvres. « Je n'ai besoin de personne, maman. Je n'ai plus de famille, il est temps que je m'en aille. »

Sa mère tenta de la retenir, mais Aurélia se dégagea, déterminée. « Tu ne peux rien faire. Je dois partir. Je dois quitter cette maison et tout ce qu'elle représente. »

Sans un mot de plus, elle se tourna, s'éloignant vers la porte, prête à prendre la décision la plus difficile de sa vie. Ce n'était pas un au revoir, c'était une fuite. Mais c'était ce qu'elle devait faire pour ne pas se perdre davantage. Elle ne voulait plus être une ombre, un reflet de ce qu'elle avait été. Elle voulait être libre, enfin. Libérée du poids de la famille, du regard de son père, de la douleur d'un rejet qu'elle n'avait pas mérité.

Elle s'éloigna dans la nuit, sans se retourner.

Chapitre 3 Chapitre 3

Aurélia marchait sans but précis, les rues se transformant en un labyrinthe flou sous ses pas. Les bâtiments de la ville semblaient s'élever comme des murs autour d'elle, la coupant du reste du monde, la piégeant dans un univers où elle n'avait plus sa place. Elle n'avait pas pris de décision claire quant à sa destination, elle s'était juste laissée emporter par l'urgence de fuir. Il n'y avait plus de retour en arrière. Son père l'avait définitivement reniée, et avec lui, tout ce qu'elle avait connu.

Le monde qu'elle avait appris à apprécier s'était effondré d'un seul coup, comme une chape de plomb qui l'écrasait.

Elle s'arrêta un instant, la fatigue l'envahissant alors qu'elle observait les passants autour d'elle, inconscients de la tornade qui dévastait sa vie. Elle ne savait même pas où elle allait. Ni où elle pourrait aller. Le seul sentiment qu'elle ressentait à ce moment précis était celui de l'abandon. La maison familiale était derrière elle, tout comme son ancienne vie. Rien ne l'ancrait ici. Elle avait l'impression d'être un fantôme, errant sans but dans une ville qui ne lui offrait aucune compassion.

Elle fouilla dans son sac, cherchant son téléphone pour contacter quelqu'un, n'importe qui. Peut-être sa mère, mais elle savait au fond d'elle qu'il n'y avait rien que sa mère puisse faire. Elle chercha aussi ses cartes bancaires, ses moyens de paiement. Mais à peine eut-elle le temps de les sortir qu'une pensée la frappa, un pressentiment glacé. Ses doigts tremblants ouvrirent l'application bancaire sur son téléphone. Elle avait besoin d'être sûre, de voir si la situation était aussi grave qu'elle le craignait.

Lorsqu'elle consulta son solde, une vague de panique la saisit. Zéro. Rien. Aucun argent, aucun fond disponible. Son cœur rata un battement, une nausée l'envahissant. Elle avait imaginé que la situation serait difficile, qu'elle devrait peut-être se débrouiller autrement, mais pas cela. Pas ce vide absolu. C'était comme si tout ce qu'elle avait, tout ce qu'elle croyait être, venait de lui être arraché en un instant.

Elle appuya sur l'écran, vérifiant les transactions récentes, mais la réponse ne tarda pas à apparaître. Ses comptes étaient bloqués. Elle tenta de joindre la banque, espérant qu'il s'agissait d'une erreur, mais à chaque appel, la même réponse froide et distante. Aucun moyen de récupérer l'accès à ses fonds. Elle comprenait maintenant. Son père avait pris des mesures drastiques pour l'empêcher d'avoir un accès quelconque à l'argent qu'elle avait hérité. Tout était fini. Elle n'avait plus rien. Ni son père, ni ses biens.

Auréla se sentit soudainement vulnérable, exposée à la cruauté du monde. Sans ressources, sans toit, sans famille. Elle se sentait comme une étrangère sur cette Terre, noyée dans une mer d'incertitudes. Les larmes qu'elle retenait depuis si longtemps commencèrent à couler sans qu'elle puisse les arrêter. Elle se laissa glisser contre un mur, les genoux repliés sous elle. Le froid de la pierre contre sa peau ne la réconfortait même pas. Elle ferma les yeux, laissant les bruits de la ville se fondre en un brouhaha lointain.

C'est alors qu'elle sentit une main se poser doucement sur son épaule. Elle sursauta, surprise, avant de tourner la tête pour voir une silhouette familière. Clara. Une vieille amie de l'université, qu'elle n'avait pas vue depuis des années. Clara se tenait là, avec un air de préoccupation sur le visage. « Aurélia ? » dit-elle doucement. « Qu'est-ce que tu fais ici ? »

Auréla se redressa péniblement, les yeux rouges de larmes. « Je... Je ne sais pas où aller, Clara. Je n'ai plus rien. Plus de famille, plus d'argent. Mon père m'a reniée, et Leonard m'a laissée seule. » Elle prit une inspiration, mais la douleur de ses mots la fit à nouveau se laisser tomber contre le mur. « Je suis perdue. »

Clara la regarda un instant, une expression de tristesse se peignant sur ses traits. Elle s'accroupit devant elle et posa une main rassurante sur son bras. « Tu sais que tu peux compter sur moi, n'est-ce pas ? Je ne sais pas ce qui se passe, mais il est évident que tu traverses quelque chose d'immense. Tu n'as pas à le faire seule. »

Les mots de Clara étaient comme une bouffée d'air frais dans une pièce trop étouffante. Aurélia leva les yeux vers elle, et un mince sourire de gratitude se dessina sur son visage. « Merci. Mais je... Je ne sais même pas où aller. Je ne peux pas rester ici, pas après ce que j'ai fait. Pas après... »

Clara secoua la tête. « Ne parle pas de ce genre de choses, Aurélia. Viens avec moi. Je t'emmène. On va trouver un endroit où tu pourras te poser, reprendre tes forces. Tu as droit à un peu de répit. »

Auréla hésita un instant, mais l'épuisement mental et physique pesait trop lourdement sur elle pour qu'elle puisse refuser. Clara la soutint pour l'aider à se lever, et ensemble, elles partirent en silence.

Clara l'emmena dans un petit appartement en périphérie de la ville, un endroit modeste mais tranquille, à l'écart des regards curieux. C'était un appartement qu'elle partageait avec un colocataire, un jeune homme que Clara connaissait depuis peu, et qui n'avait aucune objection à ce qu'Auréla y trouve un refuge temporaire. La porte s'ouvrit sur une pièce chaleureuse, avec des meubles simples et une lumière tamisée qui donnait l'impression d'une quiétude retrouvée.

« Installe-toi, repose-toi. Tu n'as rien à craindre ici, » dit Clara en lui offrant un verre d'eau. « Je vais m'occuper de tout. Tu n'as plus à t'inquiéter de ton passé, on va trouver une solution. »

Auréla s'effondra sur le canapé, épuisée, mais en même temps, un étrange soulagement l'envahit. Ce petit coin de tranquillité, loin du tumulte de sa vie actuelle, était exactement ce dont elle avait besoin. Elle s'était habituée à la perfection du monde qu'elle avait connu, un monde où chaque détail était contrôlé, chaque mouvement calculé. Mais là, elle n'avait pas à jouer ce rôle. Elle pouvait juste être elle-même, sans masque.

Clara s'assit à côté d'elle, et elles restèrent là, à parler doucement, jusqu'à ce qu'Auréla se sente un peu plus apaisée. La situation n'avait pas changé, et elle savait que les problèmes étaient loin d'être résolus. Mais au moins, pour l'instant, elle n'était plus seule. Elle avait un toit, un abri temporaire, et une amie prête à l'aider.

Au fil des heures, elle se sentait peu à peu reprendre le contrôle sur ses émotions. Elle se dit qu'elle devait être forte. Elle ne pourrait pas compter sur ses parents, sur Leonard, sur personne d'autre. Mais elle avait Clara, et cela signifiait plus qu'elle n'aurait pu l'imaginer. Elle se redressa sur le canapé, son regard se fixant dans le vide.

« Merci, Clara. Je... je ne sais même pas ce que j'aurais fait sans toi. »

Clara sourit doucement. « Tu n'as pas à me remercier. Je suis là pour toi, Aurélia. Tu n'as pas à affronter tout cela seule. »

La jeune femme ferma les yeux, un poids s'allégeant en elle. C'était peut-être le début d'un nouveau chapitre, mais pour la première fois depuis des semaines, elle sentait une lueur d'espoir.

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