Camille Lemaire s'est annoncée fiancée sur Instagram, me rabaissant publiquement comme «sans le sou».
Elle ignorait que j'étais Élodie Dubois, la secrète Gardienne de la Cuvée, la véritable pouvoir derrière le Domaine de Valois.
Trois jours plus tard, elle a fait une entrée fracassante au château.
En pleine cuisine, elle m'a violemment giflée, m'accusant d'être une "voleuse".
Ses amies m'ont jetée au sol.
Camille a brutalement tordu le cou de mon chat Truffe devant mes yeux horrifiés, jetant son corps sans vie.
Elles m'ont brisé les mains sous leurs talons.
Puis, elle a versé une réduction de vin rouge bouillante sur mes jambes.
Agonisante et à moitié nue, j'ai été enfermée dans la cave glaciale.
Mon corps défiguré fut découvert, les aînés du Valois me reconnurent : la légendaire Gardienne.
Pourtant, l'héritier Antoine vacilla, prêt à me trahir pour les mensonges de Camille et son gain personnel.
Comment ma propre famille pouvait-elle me livrer, moi, leur protectrice silencieuse ?
C'est alors qu'Alexandre de Montaigne a débarqué, brisant le silence.
Il a révélé à tous que j'étais la stratège secrète du Valois, et lui, mon exécutant.
Aujourd'hui, mes cicatrices guérissent.
Je suis la maîtresse incontestée du Valois, mariée à Alexandre, tandis qu'Antoine mendie à mes portes.
Mon triomphe est absolu.
Le fil d'actualité Instagram a affiché une nouvelle publication. C'était Camille Lemaire. Sur la photo, elle se tenait devant le grand château du Domaine de Valois, blottie contre Antoine de Valois. La légende était simple : « Officiellement fiancée. On se voit à la fête des vendanges. »
Mon téléphone a vibré à nouveau. Une notification d'un groupe de discussion de l'école d'art.
Le message de Camille est apparu, arrogant et clair.
« Tout le monde est le bienvenu à la fête. Sauf Élodie Dubois, bien sûr. »
Quelqu'un a demandé pourquoi.
« Une jalouse sans le sou comme elle pourrait gâcher l'ambiance. Elle essaie de séduire Antoine depuis deux ans. »
Une vieille photo a été postée juste après. Elle datait d'une dégustation privée. Sur la photo, je chuchotais à l'oreille d'Antoine. Camille avait interprété ce geste comme une tentative de séduction.
La vérité était bien plus simple.
Je lui disais simplement que la cuvée de cette année-là était médiocre et qu'il devait en informer son grand-père.
Je n'ai pas répondu. J'ai posé mon téléphone. Leurs paroles ne m'atteignaient pas.
Leurs opinions n'avaient aucune importance.
J'avais des choses bien plus importantes à faire. La fête des vendanges de Camille n'était qu'un détail insignifiant.
Ma propre fête des vendanges, celle que je supervisais en tant que "Gardienne de la Cuvée", était la seule qui comptait.
C'était une obligation. Un héritage.
Camille pensait qu'elle allait épouser l'héritier du Domaine de Valois.
Elle ignorait que le véritable pouvoir n'était pas entre les mains d'Antoine, ni même de son grand-père.
Il était entre les miennes.
Je suis arrivée au Domaine de Valois trois jours avant la fête. Le trajet depuis Paris était calme. Le paysage de la Champagne se déroulait, familier et apaisant.
Les employés du domaine m'ont saluée avec un respect discret. Pour eux, j'étais Mademoiselle Élodie, une parente éloignée et discrète de la famille, rien de plus. C'était le rôle que j'avais choisi de jouer.
Mon chat, Truffe, un Maine Coon au pelage épais, s'est frotté contre mes jambes dès que je suis entrée dans mes appartements privés. C'était un cadeau de mon grand-père, le précédent Gardien. Il était mon seul lien tangible avec mon passé.
J'ai passé la journée dans les vignes, puis dans les caves, vérifiant chaque détail. Le toucher de mes doigts sur les raisins, l'odeur du moût en fermentation, c'était là que je me sentais vivante.
Le soir, mon téléphone a sonné. C'était un numéro privé.
« Ma gardienne, » a dit une voix profonde et chaude.
« Mon lion, » ai-je répondu, un sourire se dessinant sur mes lèvres.
Alexandre de Montaigne. Le monde le connaissait comme un financier redoutable, un roi sans couronne du luxe européen. Pour moi, il était juste Alexandre.
« Tout se passe bien en Champagne ? » a-t-il demandé.
« Tout est sous contrôle. Truffe te passe le bonjour. »
Je l'ai entendu rire doucement. « Embrasse-le pour moi. Fais attention à toi, Élodie. Ces gens sont des requins. »
« Je sais me défendre, Alexandre. »
« Je sais. C'est pour ça que je t'admire. Mais n'oublie pas que je suis là. Toujours. »
Nous avons parlé un peu plus longtemps. De vin, d'art, de tout et de rien. Il était le seul à connaître ma double vie. Il ne voyait pas une étudiante modeste ou une Gardienne puissante. Il voyait juste moi.
Et il m'aimait pour ça.
Cette conversation m'a apaisée. Je me sentais prête à affronter la cérémonie, Camille et tout le reste.
J'ignorais que la confrontation viendrait bien plus tôt que prévu.
Et qu'elle serait bien plus brutale que tout ce que j'aurais pu imaginer.