Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Histoire > Les Caprices du Destin
Les Caprices du Destin

Les Caprices du Destin

Auteur:: colors
Genre: Histoire
Découvrez Jonathan un unique garçon d'un couple ressemblant trait pour trait à son paternel, tout allait pour le mieux pour lui en famille, à l'université comme avec ses potes. Mais son monde est sur le point s'écrouler, en pleine célébration de son anniversaire, son père Sébastien un marin travaillant pour la marine américaine passa de vie à trépas dans un horrible accident de voiture en allant chercher son frère, l'oncle de Jonathan . Entre sa mère qui a du mal à faire son deuil et voit en son fils son défunt mari, Jonathan qui a du mal à s'adapter à cette nouvelle vie . Savourez cette histoire pleine de rebondissements digne d'un film Hollywoodien

Chapitre 1 Chapitre I: Les Caprices du Destin

Une nouvelle basée sur des faits réels.

Je me nomme Jonathan Ouaka. Mes parents m'avaient prénommé ainsi en souvenir du célèbre tube "Hommage à Jonathan" de feu l'artiste ivoirien Dj Arafat. Ma mère adorait le refrain de ce tube où revenait sans cesse ce prénom. Nous étions originaires de la Centrafrique. J'étais un très bel jeune homme. Je le disais parce que je recevais toujours des compliments sur mon physique. J'étais un accro des salles de gym. Mes efforts avaient payé. J'avais un corps de rêve. Des abdos se dessinaient sur mon ventre. Les filles disaient très souvent des tablettes de chocolat. J'avais pour passion le basketball. J'avais une grande taille. Je mesurais 1,78m. J'avais des yeux bleus dus à une anomalie génétique. Mes amies n'arrêtaient pas de les apprécier. Et pourtant dans l'enfance, à cause de mes yeux, je me trouvais différent des autres. Les enfants et même des adultes curieux m'arrêtaient dans la rue pour me demander si je portais des lentilles de contact.

Nous étions enfin au 31 mars. C'était un jour spécial. Je dirai mieux, ma date d'anniversaire. J'allais souffler mes vingt ans. Je faisais plus mature que mon âge. Très souvent, des amis se disputaient sur mon âge. Ils trouvaient que j'avais falsifé mon extrait de naissance. Je faisais plus un jeune de vingt cinq ans qu'un jeune de dix neuf ans. Les débats sur mon âge me faisaient rire. J'avoue que des fois les commentaires m'offensaient. J'avais dix neuf ans et non vingt cinq ans. J'avais la chance de vivre en famille. Ma mère Jacqueline Ouaka était ma confidente. Il arrivait des fois qu'elle soit ennuyante dans sa protection maternelle. Cependant, j'aimais être en sa compagnie. Mon père Sebastian Ouaka quant à lui était plus qu'un père pour moi. C'était à la fois mon frère, mon ami, mon complice. Nous étions inséparables. La relation qui nous unissait était au delà d'une relation père-fils. En plus, je ressemblais trait pour trait à mon géniteur. Il avait les yeux bleus à cause de la même anomalie génétique. Notre entourage nous confondait très souvent. Les amis de papa des fois dans la rue me saluaient en m'interpelant par son prénom. C'était pareil lorsque je conduisais son véhicule. Mes amis de classe nous confondaient des fois. J'avais la même voix, les mêmes gestes, la même démarche, les mêmes tics que mon père. J'étais parfois surpris de notre ressemblance lorsque je visionnais son album photo.

J'étais le fils unique de mes parents. Nous étions originaires du nord de la Centrafrique. Mes parents étaient du groupe ethnique Zande. Nous étions installés au Ghana. Papa y était en service. Il était marin sur un navire américain. J'avais cette chance d'être bilingue. Je maniais l'anglais comme la langue française. Nous habitions dans l'un des quartiers résidentiels d' Accra, la capitale ghanéenne. Notre vaste demeure duplex était un joyau architectural. Nous étions entourés de plusieurs domestiques qui étaient à nos services. De l'argent mon père en avait. Mes parents avaient peu d'amis. Les voisins les trouvaient très arrogants et peu sociables. J'avoue que mon père était très strict. Il ne participait pas aux activités du quartier. Sa vie se résumait à sa famille. Je l'avais plusieurs fois sollicité afin de participer à des rencontres des jeunes du quartier. Mon père refusait. Maman ajoutait son grain de sel. Elle trouvait les autres femmes du quartier très bavardes. Ses amies étaient selectionnées en fonction du pouvoir économique. C'était rare pour nous d'avoir de la visite. Les membres de notre famille venaient rarement au Ghana.

Certains de mes amis trouvaient mes parents arrogants ou peu sociables. Moi par contre, j'avais assez d'amis qui enviaient ma vie. Je les comprenais. Ma vie faisait rêver. Je pouvais avoir ce que je voulais. Mes désirs étaient des ordres. J'étais un enfant chéri. J'aimais bien une expression ivoirienne. La meilleure amie de maman d'origine ivoirienne en visite chez nous disait : « Tu es un enfant "Pourri" ». Tante Anna des fois en l'absence de mes parents me prévenait de ce qu'aurait été ma vie si je résidais chez elle à Abidjan. J'aurais été sous ses ordres et droit comme un soldat. Malheureusement maman n'acceptait jamais que je parte en vacances chez qui que se soit. Je passais mes vacances en colonie dans les pays européens.

Je me levai de mon lit tout heureux. J'ouvris les fenêtres de ma chambre. Le personnel d'entretien s'affairait sur la propreté de la piscine. Je me dirigeai vers ma douche pour ma toilette. J'en ressortis quelques minutes plus tard tout frais. J'ouvris mon placard. Je ne savais pas quoi me mettre. Je mis au sol d'une grande quantité de mes vêtements. Les domestiques se chargeront des les ranger. Elles étaient payées pour cela. J'avais finalement trouvé un jean Slim et un chemise de la collection ETE de chez Zara. J'enfilai le complet. Je me regardai une dernière fois dans la glace. J'étais niquel. Je pouvais sortir de ma chambre. Mes parents étaient au salon. J'entendais depuis ma chambre leur voix. Je descendis rapidement les marches des escaliers qui menaient au salon.

- Bonjour maman.

- Bonjour mon p'tit prince. Tu as eu une excellente nuitée?

- Oui maman. J'ai très bien dormi. Bonjour papa.

- Salut mon pote. C'est ton jour. Comment tu te sens?

- Rien d'extraordinaire. Je me sens comme tous les jours. Juste que le calendrier nous dit qu'aujourd'hui j'ai un an de plus.

- Joyeux anniversaire mon fiston.

- Merci beaucoup papa.

- Tu désires quoi pour cet anniversaire? Une soirée entre tes potes ou une fête en famille avec tes potes? C'est toi qui décides. Tes désirs du jour seront des ordres.

- Sébastien, qu'est ce que tu racontes, chéri. C'est une fête en famille avec ses potes. J'ai droit aussi à la fête.

- Mais chérie, ce n'est pas notre anniversaire.

- Et alors? C'est un jour de joie. En plus les jeunes tu les connais, une fois seuls trop de dégâts. Je tiens à mon fils Jonathan. Il a à peine 20 ans mais il reste mon bébé.

- Papa, je préfère une fête autour de la famille. J'inviterai mes amis. En plus la maison est grande. Ils adorent venir chez moi surtout pour la piscine. Ils peuvent nager papa?

- Je t'ai déjà dit ceux qui savent nager peuvent entrer dans la piscine. Tes amis qui ne savent pas nager, c'est hors de question.

- J'ai compris papa. J'insisterai dessus.

- Je t'ai déjà pris un rendez dans un institut de beauté.

- C'est pourquoi papa ?

- Pour te RE LA XER. Tu auras droit à un massage et te reposer dans le spa de l'institut. C'est très relaxant. J'ai déjà réglé les frais.

- Je peux inviter des amis?

- Comme si je le savais ! J'ai payé pour trois personnes. Tu peux te rendre là-bas avec trois. J'ai bien dit trois personnes. Je ne veux pas de dépenses supplémentaires. Je te connais, Jonathan. Assemien le chauffeur se rendra dans ton université pour distribuer des cartes d'invitations à tes professeurs et ton Directeur. J'ai déja informé le directeur que tu seras absent au cours cette journée.

- Et les trois autres personnes qui devront me suivre pour l'institut.

- Tout est déjà reglé mon fils. Le chauffeur ira les prendre devant l'université. Je donnerai un coup de fil à ton Directeur avec leurs noms. Il m'avait demandé d'avance les noms. Je ne savais pas tes choix d'amis.

- J'ai déjà en tête mes trois compagnons qui pourront profiter de ma journée. Merci beaucoup papa. Tu es un ange.

- Jonathan, tu vas salir ma veste. Regarde comment tu me serres. Si tu m'étouffes, comment j'aurai la force d'organiser ta belle fête? C'est la moindre des choses. Tu es mon fils chéri. Tous les pères l'auraient fait pour leur héritier.

- Je vous laisse. Je retourne dans ma chambre faire mes sélections d'amis.

Je laisssai mes parents à table dans le salon. Je galopai dans les escaliers inondé de joie. J'ouvris ma porte. Je me jetai en toute liberté dans mon somptueux lit. Je connaissais mes parents. Ils étaient capables d'inviter tous les étudiants de cette université privée. J'étais quand-même Jonathan. Tous les étudiants me connaissaient. Je finis par m'endormir entre mes vagues de pensées. Je fus tirer de mon paisible repos par la voix de ma mère. Il était seize heures. Elle hurlait mon prénom. Je sortis immédiatement de mon lit. Je me dirigeai vers elle. Elle était sur la terrasse près du jardin. J'arrivai tout essoufflé.

- Maman, je suis présent. Qu'est-ce qu'il t'arrive? Qu'est-ce qui te fait crier de la sorte?

- T'ai-je fais peur?

- Oui maman.

- Tu m'excuses ce n'était pas mon intention. J'avais juste besoin de ton aide. Le patissier vient de le livrer.

- Maman, c'est pour le gâteau tu criais ainsi? Tu ne vas pas changer, maman. D'accord, il se trouve où, le gâteau en question?

- Le voici sur la table centrale. Tu fais exprès ou quoi?

- Je ne l'avais pas remarqué. Mais maman, c'est énorme.

- Tu comprends pourquoi je te faisais appel. Je ne peux pas le porter toute seule. En plus, cherche à te rendre beau. La fête sera dans deux heures.

- J'ai compris maman.

J'aidai maman à mettre le gâteau dans le réfrigérateur. Je pris la route de ma chambre.

Quelques heures plus tard

Le bruit des invités se faisait entendre autour de la piscine. La musique était à son comble. Des enfants couraient dans tous les sens. Je m'apprêtai afin de les rejoindre. Les bruits augmentaient mon adrénaline. J'avais hâte de rejoindre mes amis. J'étais heureux lorsque j'étais le centre d'attention. Ma tenue pour l'occasion attirerait tous les regards. C'etait une veste qui sortait des créations d'un grand styliste parisien. Je portais ma cravate quand tout à coup j'entendis un bruit. Une personne toqua à la porte de ma chambre.

- Vous pouvez entrer.

- Tu me vouvoies maintenant, mon chéri ?

- Lyna, je m'attendais pas à toi.

- Comment tu ne t'attendais pas à moi ?

- Non, au fait pas à cette heure.

- Je devrais venir à une heure spéciale le jour de ton anniversaire? Viens dans mes bras mon beau.Tu sens bon, mon chou.

- Ah bon ? Attends que je te parfume de mes baisers si tu veux bien.

- J'en meurs d'envie, chéri.

- Je prendrai tes baisers comme mon premier cadeau d'anniversaire.

- Exactement, c'est pour cela je suis dans ta chambre. Toute à toi mon trésor.

- Vraiment ?

- Trêve de bavardage, achevons nos désirs.

- Lyna, quelqu'un peut entrer dans ma chambre à n'importe quel moment.

- Tu es sûr que tu vas bien?

- Nous pouvons attendre après.

- Qui remet à demain trouve malheur en chemin. Je bats le fer quand il est encore très chaud. Et présentement je suis très chaude.

Lyna me poussa sur mon lit. Elle commença à me donner de langoureux baiser. Je ne tenais plus. J'avais plus la tête sur mon anniversaire. Le désir était au rendez-vous. Mon amie monta sur moi. Elle me retira ma tenue avec délicatesse. En une fraction de seconde, j'étais comme un ver. Nous fîmes copieusement l'amour. Nous étions épuisés lorsque Lyna décida de rejoindre les autres invités. Elle me remit mes vêtements comme si de rien n'était. Lyna me churchuta à l'oreille un joyeux anniveraire. Je lui repondis par un sourire malicieux. J'entrai à nouveau dans la douche. Je venais de founir des efforts qui me firent suer. Je pris une douche marocaine. Je changeai de vêtements. Je regardai à ma montre, il était dix huit heures. Je me regardai une dernière fois dans la grande glace. Je me trouvais séduisant. Je pouvais aller rejoindre les autres.

J'avançai vers la foule comme si j'étais le maitre de la terre. Je franchis le seuil de la terrasse. Mon père m'aperçut. Il était en compagnie de mes invités. Il prit rapidement le micro des mains du Dj. Il incita et invita la foule à chanter l'hymne nationale "Joyeux anniversaire". J'avançai vers la foule pendant qu'il chantait. J'étais inondé d'amis et de connaissances. Je recevais des accolades, des salutations, des cadeaux. Mon père s'approcha de moi. Il me murmura à l'oreille :

- Tu as aimé ton premier cadeau d'anniversaire?

- Lequel, papa?

- Petit cachotier. Je te parle de ton petit cadeau dans la chambre avant que tu ne sortes.

- Comment tu le sais papa?

- On apprend pas la grimace à un vieux singe, fiston.

- J'ai plus qu'aimé papa.Tu ne vas me dire que tu as été le metteur en scène.

- Je te répondrai par l'affirmatif.

- Et comment tu t'y ai pris?

- Mon fils, quelle question? Les gens ne peuvent pas résister à l'argent. Juste quelques billets de banque, elle était motivée. J'aurais bien pu la sauter si je le désirais aussi. Mais c'était ton jour. Tu étais à l'honneur.

- De nombreuses femmes sont sans dignité.

- Comme Lyna, il y en a nombreusement.

- En tous cas je suis satisfait de ton cadeau. Elle a été à la hauteur de mes espérances ; c'est une vraie bête au lit, cette fille.

- Je me réjouis pour toi. J'espère que tu as enfilé un préservatif.

- Bien-sûr, comme toujours. Réjouissons-nous à présent avec les autres. Cette musique de Magic system m'envoûte.

Maman était au four et au moulin. Elle avait tenu à rendre inoubliable cette bougie de plus. Ma mère avait donné quelques jours de repos aux domestiques. Ils pouvaient aller chez eux comme participer à la fête. La majorité avait préféré être en famille. Maman faisait la vaiselle, elle s'occupait attentivement de chaque invité. Il y avait un monde fou. La fatigue se notait sur son visage. Je me rendis dans la douche pour uriner. Les effets de la boisson se faisaient entendre. J'avais l'intention de rejoindre mon cercle d'amis. Je sortis de la douche. J'étais sur le point de me regrouper avec mes amis. Ils étaient pour la majorité ivres. Maman me stoppa dans mon élan. Elle m'interpella. Je m'approchai d'elle. Je tenais à peine sur mes pieds. Cependant j'avais une grande partie de ma lucidité.

- Mon fils pardon de te déranger. Tu peux informer ton papa que ton oncle Kwamé Antwi tente de le joindre. Son téléphone tombe sur la messagerie. En plus ton oncle maitrise pas bien le secteur. Il doit être perdu. Tu sais où peut bien se trouver ton père? Je le cherche dans tous les sens.

- Je ne sais pas où se trouve papa. Mais je pense qu'il ne doit pas être bien loin. Mon oncle t'a donné sa situation géographique?

- Je parie qu'il est dans les parages de l'arret du bus. Tu sais qu'il adore ce moyen de transport.

- C'est vrai de toute façon le quartier n'est pas aussi grand. Je le retrouverai.

- Dépêche toi sinon ils risquent de se diriger dans la mauvaise direction.

- D'accord maman. Laisse-moi retirer mes souliers pour des sandales.

- Pas de soucis. Ton papa ne fait que changer de maison. Chaque année, c'est le même scénario. Nos étrangers se perdent. Il adore les vastes demeures comme si ton grand-père etait architecte. En plus il devrait être normalement près de moi pour m'épauler. Sébastien, il ne changera pas dans ses fausses promesses.

- Ne t'inquiète pas maman. Nous sommes dans un quartier résidentiel. Ils ne pourrons pas aller bien loin. Tu sais que le quartier est gouverné par les forces de l'ordre. Ils sont experts pour détecter le visage des intrus. Ils les ramèneront sur le bon chemin.

- Merci beaucoup mon chéri. Allez, dépêche-toi. Je n'aimerais pas que ton oncle arrive à la fin de ton anniversaire.

- J'y vais ma belle.

Je montai directement dans la chambre pour mes sandales. J'entendais des bruits de gémissements dans la chambre des invités. Une voix féminine encourageait mon père : « Vous tenez encore le chemin... Vas-y, Monsieur Sébastien... J'en meurs d'envie... Vos coups de reins sont encore plus féroces que celui de votre fils... Je désire votre semence en moi. ». Je me dirigeai rapidement vers la chambre. Je l'ouvris sans toquer. J'avais mon père en union parfaite avec Lyna. Et pourtant elle venait de faire l'amour avec moi. Je ne pouvais contenir mes émotions. Quel manque de respect pendant mon jour d'anniversaire. Pire dans la chambre des invités. Dans notre propre maison.

- Attends papa je rêve ou quoi? Lyna? Vous êtes sérieux tous les deux?

- Mon chou, attends je vais t'expliquer.

- Ne t'avise même pas à m'appeler ton chou. Je ne le suis pas. Que cela soit clair entre nous.

- Ecoute-moi mon chou.

- Je te dis que tu es une prostituée de haut niveau. Papa, c'est pour cela que tu as laissé maman toute seule avec les invités ? Tu n'as pas honte de toi? C'était cela ton cadeau. Tu es bien marrant. Je vous laisse au risque de vomir.

- Mon fils, tu prends tout à coeur. Nous étions, Lyna et moi en plein jeu. Ce n'est pas ce que tu crois, fiston.

- Bravo papa d'insulter mon intelligence. Je te rappelle que c'est mon anniversaire. J'ai une bougie de plus. Je ne suis plus un gamin.

- Lyna, tu peux s'il te plait me laisser seul avec mon fils?

Chapitre 2 Chapitre II : Les caprices du Destin

Une nouvelle basée sur des faits réels

Lyna s'habilla rapidement. Elle me présenta ses excuses puis prit ses jambes à son cou. J'étais à présent en face à face avec mon père. Il s'habillait.

- Mon fils tu m'excuses. Tu vois, des fois ce sont des tentations. Nous avons besoin de jeunesse pour nous sentir encore viril. Tu ne vas pas m'en vouloir pour cela. En plus, elle m'a dit que vous n'êtes pas véritablement en couple. Elle est encore libre de choisir ses partenaires.

- Mais néanmoins tu sais combien de fois je tiens à elle.

- Je le sais. Je t'ai aussi fait un cadeau non? Elle refusait de s'offrir à toi. J'ai joué de mes relations afin qu'elle t'accorde son intimidité en ce jour d'anniversaire. Tu ne vas pas pour autant le dire à ta mère. Mon pote, stp...

- J'ai compris papa. Que cela soit la première et dernière fois que j'apprends que tu as eu à coucher avec Lyna. Je ne te pardonnerai pas une seconde fois.

- Mon fils, tu es mon complice et confident. Je te promets que cela n'arrivera plus jamais.

- D'accord papa. Changeons de sujet. Au fait, il ya maman qui aimerait que tu partes chercher tonton Kwame. Il est présent avec sa petite famille à l'arrêt du bus. Ils sont perdus.

- Ils sont deja arrivés? J'y vais de ce pas.

- Je pars rejoindre mes invités.

- Il n'y a pas de soucis.

J'abandonnai la mission d'aller récupérer mon oncle. Mon père avait du temps. Je courus rejoindre mon cercle d'amis. La musique était à son comble. Je cherchais dans la foule Lyna. Elle était absente. Mon intuition m'envoyait sur une eventuelle sortie avec mon père. Je guettais son arrivée. Je regardai ma montre. Je notai l'heure à laquelle papa était sorti. Deux longues heures venaient de s'écouler. Notre demeure était en feu. La discothèque du jour distillait les sonorités en vogue tant du Ghana que de la Centrafrique. Mon père n'était toujours pas de retour. J'avais prévenu maman qu'il s'était porté volontaire. Je trouvais cela étrange, l'absence de mon père. Le quartier n'était pas aussi grand. Je me fis une raison qu'il avait bien décidé de prendre un pot dans un maquis. Tonton Kwame et son épouse aimaient bien une boisson locale qui se vendait dans l'un des bistros près du quartier. J'étais conscient que mon père pouvait profiter d'un petit moment d'attention pour courir au plaisir de la chair. Toutes mes tentatives pour le joindre tombaient sur sa messagerie. Je jugeai qu'il était mon père et non un gamin que je devais vigiler. Je l'oubliai pour me consacrer à ma fête. De toute façon, papa était un grand homme. Il n'allait pas se perdre dans son propre quartier.

(Pendant ce temps de l'autre côté du quartier)

- Hélène, tu vois le comportement de mon frère Sébastien?

- Je vais dire quoi Kwame dans vos histoires de famille? Ta belle soeur t'a dit qu'une personne viendra nous chercher. Attendons. Sinon je suis aussi épuisée. Regarde mes talons. C'est fatiguant de marcher avec. En plus, je n'ai pas cuisiné. Je comptais sur la nourriture de l'anniversaire.

- Mon frère ne changera pas. Cela fait plus d'une heure que j'ai eu son épouse. Mon neveu devait venir nous chercher. Nous sommes toujours à l'arrêt du bus. J'ai horreur des foutaises. S'il ne désirait pas de nous à cet événement pourquoi nous inviter? Vraiment l'argent. Je suis son ainé. Un ainé, on le respecte peu importe sa situation financière.

- Kwame, arrête de te plaindre. Toi aussi tu es fautif.

- Quelle est ma faute?

- C'est toujours toi qui te perds en chemin. Ce n'est pas la première fois. Tous les jours, c'est pareil. Les autres aussi ont de quoi à faire. Tu n'es pas un aveugle.

- Hélène, ne me provoque pas s'il te plait.

- Donc en ce moment, arrête de te plaindre.

- Je ne me plains pas, je suis juste inquiet.

- Tu t'inquiète pourquoi? Dis moi?

- Mais attends, tu trouves que cela est normal ? Le numéro de mon frère ne passe pas. Et personne ne se soucit de notre présence.

- Papa, les jumelles et moi sommes fatigués de nous arrêter. Depuis là, le tonton ne vient pas nous chercher. La fête va finir. Nous voulons danser, s'exprima mon premier fils.

- Moi je commence à avoir sommeil, renchérit une des jumelles.

- Papa, promenons-nous de porte en porte pour demander. C'est sûr qu'une personne dans le quartier saura où il habite. Il suffit que nous disons la maison où il y a l'anniversaire. C'est comme cela une fois j'ai fait pour trouver la maison de mon ami Jacques. Il fêtait son anniversaire. Je ne connaissais pas sa maison.

- Tu as raison mon fils. Si nous voulons attendre ton oncle, nous risquons de veiller ici. Je suis fier de toi. Tu as dix ans mais tu réfléchis mieux que des adolescents. Je peux compter sur toi pour veiller sur les jumelles.

- Papa, nous-même sommes aussi intelligentes. Tu ne vois pas que nous sommes toujours premières de notre classe. La maitresse dit que de nombreux enfants de sept ans comme nous sont encore au CP1. Et pourtant nous sommes au CM1.

- Bon en route. Chérie Hélène, prends les mains des fillettes. Je prendrai celle de Teremoto.

- Nous allons nous diriger dans quel sens ?

- Prenons le chemin tout droit sur la grande voie.

- Tu as raison, en plus il y a une foule. Nous pourrons demander aux personnes.

- Tu vois une foule où?

- Je dis Kwame, est-ce que tu n'as pas un problème de vue?

- Pourquoi?

- Mais regarde la question et pourtant plus loin il y a une foule immense. Tu ne vois pas?

- Je n'avais pas fait attention. C'est vrai. Tu sais vous les femmes, vous êtes beaucoup observatrices.

- Ce n'est pas une question d'observatrice. La foule est juste dans notre direction. C'est normal que je la détecte.

- Pour une fois que tu as raison, tu vas abuser.

Mon épouse et mes enfants hâtaient leurs pas. La foule était de plus en plus proche de nous. Elle regardait sûrement un accident. Il avait tellement de mauvais conducteurs parmi les hommes aisés. Je décidai de jeter un coup d'oeil.

- Mes bouts d'chou, soyez sages. Papa part voir ce qui se passe. Un instant, je reviens. Hélène, veille sur eux. Je vais aller voir ce qui se passe.

- Tu es obligé d'aller voir? Tu es médecin? Nous sommes ici pour un but. Déjà que ton frère tarde. C'est maintenant tu juges opportun de te jouer les médecins. Tu sais énerver.

- Chérie, on ne sait jamais. Laisse-moi aller voir. C'est une question de seconde.

- Papa, ne dure pas là-bas s'il te plait.

- J'ai compris. Je reviens de suite.

- D'accord papa. Nous t'attendons.

Je laissai ma femme et mes enfants. Ils étaient à quelques mètres. La foule faisait assez de bruit. La désolation se lisait sur les différents visages. Je remarquai un vehicule Volvo XC60 semblable à celui de mon petit frère Sébastien. Je doutai un instant. La voiture pour le choc de l'accident était dans un état catastrophique. En plus des Volvo XC60 comme celui de mon frère, il y en avait des centaines. Mon coeur battait avec cadence. Je tremblais sur moi. Je me frayais un chemin au milieu de la foule. J'hurlai de toute mes forces. J'étais en larmes. Mon frère était couché, méconnaisable devant mes yeux. L'accident l'avait complètement défiguré.

Tous ses os étaient broyés. J'avais l'impression d'être en face d'une personne qui fut avalée par un anaconda. Une colère s'empara de mon être face à la foule qui filmait. Je trouvais irrespecteux de tels agissements. Cela servirait à quoi de se promener avec la vidéo d'un cadavre dans son téléphone?

- Sebastieeeeeeeeeennnnnnn. Vous êtes là à le regarder sans rien faire? Mais dans quel monde sommes nous. Vous préférez filmer que de chercher des secours à la personne en détresse? Mon frère Sébastien, réponds-moi. Je deviendrai quoi sans toi ? Ô mon Dieu, je t'en supplie, ne me prends pas mon frère maintenant. Sébastien, réponds-moi. Doux Jésus, j'ai besoin de votre puissance.

Je coulais des larmes. Je ne savais pas si Sébastien était encore en vie ou juste dans un coma. J'étais dépassé par les événements. Je venais à un événement joyeux et non à la célébration d'un funéraille.

Je n'étais plus maître de mes émotions. Je sentis une main sur mon épaule. Je me retournai dans la direction. J'aperçus un viellard.

- Mon fils, ne vous affollez pas si vite. Gardez votre calme.

- Papa, comment je peux garder mon calme? C'est mon espoir qui est au sol en ce moment.

- Mon fils, je vous comprends. J'ai des enfants de votre génération. En plus, l'accident a eu lieu en ma présence. C'est une citerne qui par inattention s'est heurtée à son vehicule. Le chauffeur était en pleine communication. L'impact du choc fut tellement mortel que ton frère resta pris entre les parois de sa voiture. C'est avec l'aide des jeunes du quartier que nous avons pu le faire sortir de la voiture. Malheureusement, c'était déja trop tard. J'ai touché son corps. J'ai constaté que c'était déjà trop tard. Ton frère est malheureusement mort sur le coup. Je suis vraiment désolé. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas jugé bon de joindre une ambulance. C'est une chance que vous soyez là. Les jeunes cherchaient un moyen pour entrer en contact avec sa famille.

J'étais abasourdi. Je n'arrivais pas encore à assimiler la mort brusque de mon petit-frère. Pire, lorsque je pensais qu'il venait à ma rencontre. Je me sentais coupable. J'étais responsable de la mort de mon petit-frère. Nous étions tous les deux au Ghana loin de notre famille. Ma mère n'arrêtait pas de me conseiller de veiller sur lui. Que dirais-je à nos parents ? Pourquoi la mort frappait maintenant dans de telles conditions? Comment annoncer une telle nouvelle à mon neveu Jonathan? Son épouse? Mes enfants? J'avais envie d'uriner. Je ne ressentais plus mes membres. J'étais mort vivant. J'étais à genoux. Le corps de mon frère baignait dans son sang. Je le tenais tout contre moi. Mes vêtements étaient rougeâtre. Je pleurais chaudement.

La sirène de la police annonça l'arrivée de ceux-ci. Je revins à moi. La foule prise de peur se dispersa. Chacun regagnait sa maison avec une partie de la scène en mémoire ou dans son smartphone. Le vieil homme resta à mes cotés. Il relata les faits tels qu'il me les avait cités aux forces de l'ordre. La police avait immédiatemeent besoin de son épouse pour un constat. Quelques agents restaient sur place pour veiller sur la voiture de mon frère. Une ambulance envoya le corps de mon frère à la morgue. Je remplis quelques formulaires après présentation de ma pièce d'identité. Il me fallait joindre Jacqueline au téléphone. Comment annoncer une telle nouvelle au téléphone? Les événements s'enchaînaient dans ma tête.

Je retournai vers ma famille. Mon épouse comprit dans mon regard ce qui se passait. Hélène était très intelligente. Les enfants dormaient enroulés à ses pieds. Je lui signe de ne pas hurler. Mon apparence n'était pas une image que je voulais laisser à mes enfants en ce jour. Mes larmes coulaient silencieusement. Je m'écartais de quelques pas de ma femme pour joindre Jacqueline, l'épouse de mon frère. Je lançais tout tremblant son numéro. Je ne savais pas comment lui parler. Son numéro se mit à sonner. Ma belle-soeur décrocha mon appel. La forte musique m'empêchait de l'entendre convenablement. J'entendis des rires. L'atmosphère de joie qui régnait dans la maison de mon frère me fendait le cœur.

- Allô, bonsoir ma belle.

- Mais Kwamé, vous avez quel soucis? Depuis que vous m'avez annoncé votre arrivée, je ne vous vois pas. La fête pour laquelle vous venez tire à sa fin. Tu es encore dans les bistrots avec ton petit frère, non? Vos causeries qui ne finissent pas. Tu peux pas venir déposer ma belle-soeur avec mes enfants ? Les hommes, vous ne changerez jamais. Je suis sûre que ma belle-soeur Hélène et les enfants sont épuisés. Ce soir que vous le voulez ou pas, vous allez dormir chez nous. Ai-je été claire?

- Ma belle, calme-toi et écoute-moi.

- Un instant mon beau. Jonathan, vas me prendre du champagne dans la caverne, cela manque sur les tables. Regarde dans notre chambre sur la table de papa. Tu verras la clé de la caverne. Mon beau, pardonne-moi, je suis à toi. Je t'écoute maintenant. Je suis au four et au moulin avec l'anniversaire de ton fils. Les servantes en congés.

- En fait, je ne sais pas par où commencer.

- Tu me racontes quoi même, mon beau ? Je suis fatiguée. Kwame, passe à la maison vite, c'est le show. D'ailleurs, passe-moi Sébastien. Je vais le charger d'une course.

- Il n'est pas à mes cotés.

- Comment, il n'est pas à tes cotés ? Cela fait des heures qu'il est sortir à votre rencontre. En plus, il est vehiculé. Sébastien ira où à cette heure? Il est dix neuf heures. Il ne sort jamais du quartier à partir de cette heure. Votre complicité me surprend toujours. Le grand-frère protecteur. C'est bien. Passe-le-moi à present, mon beau. Je vais pas lui faire palabre.

- Ma belle, mon frère n'est pas à mes côtés. Je suis au serieux. Nous me sommes pas loin de l'arrêt du bus.

- Depuis là? Tu parles au sérieux? Mais qu'est-ce qui se passe au juste? Parce que ton frère reste injoignable. Sébastien, toujours ses portables sont déchargés. C'est ainsi il commence quand il veut reprendre ses conquêtes avec les jeunes filles. En plus, le jour de l'anniversaire de notre fils. Sébastien me trouvera à la maison. Je l'aime mais il doit changer ses habitudes. Il prend de l'âge. Notre fils à aujourd'hui vingt ans. Nous ne sommes plus des jeunes.

- Tu as raison ma belle. Mais calme-toi et écoute-moi un instant ,je dois te parler.

- Me parler de quoi ? Mon beau vient à la maison nous allons discuter.

- Je suis sérieux, ma belle. Je dois te parler.

- Mon beau, tu vas commencer à m'énerver. Soit tu me dis ce que tu as à me dire, soit tu passes à la maison. C'est aussi simple. D'habitude, tu prends une audience pour me parler ? Depuis des minutes, nous tournons en rond. Je suis épuisée. J'ai tellement d'invités.

- C'est-à-dire que...

- C'est à dire que quoi, Kwame?

- Au fait, Sébastien a fait...

- Mais tu pleures au téléphone pourquoi? Je ne te comprends pas ce soir. Nous sommes en joie. Ou bien tu pleures de joie?

- Je pleure parce que Sébastien a eu un grave accident. Il vient de nous quitter.

- Quoiiiiiiiiiiiii? Sébastien vient de quoiiii ?

- Allô Jacqueline tu es là? Allô ?

(La scène du côté de Johnatan)

La fête continuait. Notre Dj du jour avait baissé le volume de la musique. Cependant elle résonnait dans la résidence. Je courais dans tous les sens avec mes amis. Nous étions sur le point d'organiser une piscine partie. Les hurlements de maman depuis le salon attirèrent l'attention. Elle y était avec ses amies de la haute société. Je me hâtais dans le salon. Ma mère était au sol. Elle avait perdu la raison. Son téléphone était sous sa chaise. Je m'avançai vers elle, la peur au ventre. Ses amies essayaient de la ranimer.

- Maman, qu'est-ce qui se passe? Ouvre les yeux, maman. c'est moi, Jonathan. Qui peut bien m'expliquer ce qui se passe au juste ?

- Ta maman était au téléphone. Elle causait puis soudainement le cri. Elle s'est effondrée. Nous ne comprenons rien, répondit la meilleure amie de maman.

Je pris le téléphone de maman. J'étais bien curieux de savoir la personne avec laquelle elle échangeait. C'est très étrange de voir maman ainsi. Il devait y avoir un truc d'anormal. Je constatai que l'appel était toujours en marche. Le nom du frère de mon père s'affichait sur l'écran.

- Bonsoir Tonton.

- Mon fils, tu vas bien?

- Oui, je vais bien. Mais qu'est-ce qui se passe, tonton?

- Mon fils, franchement je suis très peiné par les événements.

- Tonton, tu me parles de quels événements au juste ? Jusqu'à preuve du contraire, c'est mon anniversaire. Je ne suis pas faché de ton retard.

- Ta mère ne t'a pas encore informé ?

- De quoi devrait elle m'informer? En ce moment, elle est dans les fauteuils.

Ses amies tentent de la ramener parmis nous. J'ai l'impression qu'elle a perdu la raison.

- Tu peux te rendre à l'arrêt du bus?

- Mais depuis tonton vous êtes encore à l'arrêt du bus? Papa devait aller vous chercher.

- On en reparlera. Viens vite nous prendre. Tes cousins sont endormis debout depuis quelques minutes. Ils ont si mal aux pieds.

- J'ai compris. Donne-moi quelques minutes. J'arrive de suite

Chapitre 3 Chapitre III : Les caprices du Destin

Une nouvelle basée sur des faits réel

Je trouvai la voix de mon oncle étrange. Il était de ces hommes remplis d'humour. Oncle Kwame profitait de chaque instant pour plaisanter. Depuis que je le connaissais, c'était pour la première fois que je notais de la tristesse dans sa voix. Je rapprochai son appel avec l'effondrement de maman. Une peur s'empara de moi sans que je ne sache la raison. J'avais cette intuition qui vous inonde tout d'un coup, un mauvais présage s'annonce. Maman était toujours au salon. Elle avait les yeux figés dans le vide. Elle ne parlait pas. Je la laissai entre les mains de ses amis. J'essayai de joindre mon père. Il était toujours sur sa messagerie. Je lançai le numéro de Lyna. Elle décrocha. Mon amie me jura qu'elle n'était pas avec mon père. Je pris la direction du garage. Je pris ma voiture. Je sortis en vitesse vers l'arrêt du bus.

(De l'autre coté à l'arrêt du bus)

J'étais debout à quelques mètre de l'arrêt du bus. J'avais peur que mon neveu ne sache l'information en cours de route. Les nouvelles couraient les rues à Accra. Mon coeur battait plus sur l'état de la voiture de mon frère. Elle attirait le regard de tous les passants qui empruntaient la voix. Je trouvais l'image de la scène impactante pour Jonathan. Pire en un jour si important pour lui. Des dates qui marquent à vie. Je priais Dieu afin qu'il me trouve à l'arrêt sans savoir l'information. C'était mon neveu. Je savais les mots justes pour apaiser sa douleur. Le mal était ardent certes mais les mots pouvaient apaiser un temps soit peu. Un décès mal annoncé pouvait occasionner des pertes en vies humaines. Le cas aurait été différent avec un étranger. Les personnes n'avaient pas conscience de l'impact de l'annonce d'un décès sur autrui. Il fallait de l'art pour annoncer un décès surtout d'un proche. Les réseaux sociaux empiraient la situation. Et si Jonathan avait appris le décès de mon frère par Facebook? J'étais abattu.

Je n'arrêtais pas de consulter ma montre. Je guettais chaque recoin de la rue. Je n'apercevais pas le véhicule de mon neveu. Quarante minutes étaient passées, toujours pas un signal de mon neveu. Je décidai de m'adosser à un arbre. J'avais mal au pieds à force d'être debout. J'aperçus la voiture de mon neveu. Je lui fis signe du bras gauche. Jonathan chercha un endroit pour stationner. Il descendit tout souriant en se hâtant vers moi. Je sais que l'état dans lequel j'étais serait un signal. Je ressentais déjà sa peine. Jonathan arriva à mon niveau. Il affichait comme toujours son plus beau sourire.

- Mon oncle, comment tu vas?

- Je vais bien.

- Mais pourquoi tu affiches une mine si triste? D'ailleurs où est le vieux? Cela fait un bon bout de temps qu'il est sorti de la maison à ta rencontre.

- Rentrons à la maison, les enfants sont épuisés.

- Ah j'ai failli oublier les enfants. Ils sont où?

- De l'autre côte de la route.

- Mais tonton, tu as été braqué ou quoi?

- Pourquoi mon fils?

- Mais regarde, ta chemise est tâchetée de sang.

- J'ai eu un petit souci avec un malade dans le bus.

- Tu vois ? Quand je te dis n'emprunte pas le bus, c'est pour éviter ces situations. Tu n'allais de même pas entrer à la maison avec une mine pareille. Allons prendre les enfants, nous rentrons à la maison.

Je montai à la suite de Jonathan. Nous rejoignimes mon épouse Hélène. Son apparence était l'expression de la tristesse. La joie qu'éprouvait mon neveu lui fit signe qu'il n'avait pas encore appris la nouvelle. Je restai silencieux tout au long du trajet. Mon neveu était en colère contre son père. Il lui reprochait de nous avoir laissés dans le froid pour une destination inconnue. Nous arrivâmes au domicile de mon frère. La maison gardait encore ses décorations. Il n'y avait plus personne. Je remarquai ma belle assise dans le jardin. Une dame essayait de la consoler. Je priai ma femme d'envoyer les enfants directement dans la chambre des invités. Mon épouse le fit immédiatement. Elle vint me rejoindre. Nous prîmes la trajectoire de ma belle-soeur.

(La scène du côté de Jonathan)

J'observai les faits et gestes d'oncle Kwame. L'expression de son visage m'intrigua. Ses yeux étaient très rougeâtres comme s'ils avaient été battu. Il me répondait de manière étrange. Non, ce n'était pas les habitudes de mon oncle. Il était ainsi lorsqu'il était en guerre contre mon père. C'était possible. Il arrivait des moments où les deux se querellaient. Les jours qui suivaient, ils reprenaient comme si de rien n'était leur fraternité. C'était une des raisons pour laquelle maman évitait de fourrer son nez dans leurs histoires de famille. Oncle Kwame et papa, c'était l'arbre et son écorce. Je tentai une dernière fois le numéro de papa pour lui faire part de la situation de maman. Son portable cette fois-ci ne tomba plus sur la messagerie. Le numéro ne passait pas tout simplement. Ma mère était toujours dans un état de léger coma. Son état m'inquiétait. Je ne savais pas quoi faire. J'hésitais entre l'envoyer dans une clinique privée ou joindre avant le médecin de la famille. Maman avait horreur des centres de santé. Elle ne s'y rendait jamais, même pour une visite à un membre de sa famille hospitalisé.

Je pris la peine de joindre le docteur de famille. Je lui expliquai la situation. Il me conseilla de mouiller une petite serviette dans de l'eau glacée. Je devais la mettre sur le visage de maman. Il me rassura que les symptômes que je lui avais expliqués ne démontraient rien de d'alarmant sur la santé de maman. Maman allait revenir à elle dans quelques minutes. Je remerciai Tante pascaline, la meilleure amie de maman. Elle était assise à même le sol près de maman. Elle somnolait. Je la comprenais. Il se faisait tard. Elle n'avait pas prévu passer la nuit dans notre demeure. Je sortis tout énervé mon téléphone de ma poche. Mon oncle s'approcha de moi tout doucement. Il me parla avec froideur.

- Jonathan, tu essayes de joindre qui?

- Mon père. Regarde l'heure qu'il fait. Maman en plus est souffrante. Je parie qu'il est encore derrière ses nombreuses amantes. En plus, le jour de mon anniversaire.

- N'essaye pas de le joindre.

- Pourquoi?

- Je te dis de raccrocher. Évite de me poser des questions.

- Tonton, tu as un soucis particulier ce soir?

- Mon petit, écoute-moi bien. Mon frère. Ton papa Ouaka Sébastien.

- Oui effectivement, ce sont les nom et prénom de mon père.

- Ton père est...

- Mais oncle, tu pleures pourquoi? Dis-moi, qu'est-ce qui est arrivé à papa? Tu me caches quoi au juste, oncle Kwame?

- Ton père a fait un accident de circulation.

- Tu sais la nouvelle depuis quand, mon oncle?

- Pas plus de deux heures.

- Et tu ne me dis rien? Tu es sérieux? Je comprends pourquoi maman a piqué sa crise lorsqu'elle te parlait. Il est dans quelle clinique de la ville? Dépêche-toi, nous allons le rejoindre. Ô mon Dieu, j'espère qu'il n'y a rien de grave. Ne pleure pas mon oncle. Un accident n'est pas synomyme de la mort. Tout ira bien. Essuie tes larmes, cela peut attirer le malheur. Papa est un homme robuste. Mais allons dans la clinique maintenant, mon oncle.

- Notre présence ne servira à rien dans une clinique mon fils.

- Attends mon oncle, ne confirme pas ce que ma tête m'impose.

- Tu devras désormais t'armer de courage mon fils.

- Tu veux dire que papa est ....... Que mon père est morrrrrt?

- Oui mon fils, ton papa nous a fait cela. Ton papa nous a quitté dans un accident.

- Dis-moi que je rêve mon oncle, non c'est impossible. Papa ne peut pas nous quitter maintenant. Nous avons tellement de projet ensemble. Si c'est une plaisanterie de votre part pour gâcher mon anniversaire, sachez qu'elle est de mauvais goût.

- Et pourtant c'est une réalité. C'est la raison qui explique l'état de ta mère.

- Je ne te crois pas, mon oncle.

- Dis-moi le lieu de l'accident.

- Je ne peux pas, mon fils.

- Pourquoi tu ne peux pas? où se trouve son corps?

- À la morgue centrale.

- J'y vais.

- Non mon fils. De toute façon, les agents ne te laisseront pas le voir. Calme-toi.

- Noooonnnnn.

- Jonathan, reviens. Où tu vas. S'il te plaît, John.

Je sortis en vitesse de la demeure. J'avais les pieds nus. J'ouvris le portail. Je hurlai de toutes mes forces. Je me lamentais. Les voisins, toute la cité était dehors. La nouvelle se répandit aussitôt dans la ville. Les voisins essayaient de me consoler. Je me débattais dans les flaques d'eau que la pluie de la veille avait formées. Que vais je devenir sans toi, papa? Ma vie n'a plus de sens ici bas.

Mon papa pourquoi? Pourquoi maintenant?

(Scène du côté d'oncle Kwame)

J'étais dans la désolation. Je sortis voir dans la rue si mon neveu y était. Je ne l'avais pas rencontré. Je revins dans la demeure de mon frère. Jacqueline était toujours inconsciente. Soudain ses mains se mirent à faire des mouvements. Je courus vers elle.

- Jaqueline tu m'entends? C'est Kwame. Tu m'écoutes?

(Scène du côté de Jacqueline)

Je sortis de mon inconscience. J'apercevais le monde qui m'entourait. Je ne savais pas la raison pour laquelle il était à mes côtés. Je voyais Kwame courir vers moi. Je me rappellai à cet instant précis de sa voix. Le fil des événements entrait dans ma mémoire comme un flash. J'hurlai comme une lionne en rage. Les enfants de mon beau-frère sortirent de la chambre tout effrayés. Je pleurais à chaudes larmes. Kwame et son épouse trouvaient des mots justes pour apaiser ma douleur. C'était impossible de me calmer. Les enfants perçurent immédiatement le message. Ils commencèrent à pleurer. Mon mari Ouaka Sébastien était ma raison de vivre. Il fut le premier homme de ma vie.

Ma vie se résumait à lui. Je l'aimais à la folie. Ouaka Sébastien était un frivole. J'aurais pu demander le divorce. Cependant je restai avec mon mari. Je ne comptais pas le remettre facilement dans la main d'une autre. De la Centrafrique notre terre natale au Ghana, nous avions balayé des moments de peine et de joie. L'idée de penser que ma vie serait desormais sans sa présence me tuait. Le paradis sur terre s'achevait avec la mort de mon époux. Je refusais de croire à cette mort. Je refusais d'être desormais pointée du doigt comme la veuve de Monsieur Ouaka. Je pleurais de plus belle.

(Scène du côté de Jonathan)

J'étais assis seul dans un jardin. Je pensais aux moments de folie entre mon père et moi. Son absence était un grand vide. J'eus l'envie de me suicider. Je pensai à la phrase de tonton Kwame : « Tu devras être fort pour ta maman ». Que serait la vie de maman si je me donnais la mort? Je devais être fort pour elle. Maman avait besoin de ma présence plus que jamais. Je me levai. J'essuyai mes larmes. Je marchai en direction de la maison. Je rentrai tout épuisé. Je n'avais plus de force pour pleurer. Je me dirigeai au salon. La petite famille y était. Quelques voisins étaient présents pour soutenir maman. La meilleure amie de maman demanda la permission pour rentrer chez elle. Elle désirait récupérer ses affaires. Maman avait repris ses esprits.

Cependant, elle restait toujours en pleurs. Il était 4 heures du matin. Nous étions tous réunis au salon. L'atmosphère était lourde. Les événements s'étaient vite succedés que je n'arrivais pas encore à m'en remettre. Je me croyais dans un film. Seul dans les films des scènes pareilles étaient possibles. Nous étions passés subitement d'un événement heureux à un événement douleureux.

- Oncle, j'essaye de calmer maman mais elle continue de pleurer. Tu devrais tenter. Elle a besoin de se reposer juste un peu. Elle risque de se faire du mal.

- Prépare-lui une tisane. Cela lui fera du bien. J'ai déjà averti mon pasteur.

- Pourquoi?

- Pour l'enterrement de ton père.

- Mais mon oncle pourquoi si vite? Il vient à peine de mourir. Tu devrais prendre la décision avec maman.

- Mon fils, le corps de ton père est dans un état méconnaissable. La morgue m'informa que le plus tôt serait le mieux.

- Mais et nos parents en Centrafrique?

- Nous irons après les funerailles ici faire un autre au pays. Nos parents au pays ont jugés bon que nous l'enterrions dans ce pays. En plus c'est le premier fils de notre maman qui meurt.

- Où est le rapport?

- Dans notre coutume le premier enfant qui meurt, il faut vite l'enterrer au risque d'enterrer plusieurs. Cela porte malheur.

- J'ai compris. Demain nous allons l'enterrer en toute discrétion.

- Oui mon fils et après nous organiserons de grande funerailles.

- Non, il est hors de question, mon oncle. Je ne veux pas de grands funérailles.

- Mais mon fils, ici nous ne demandons pas ton avis. Je te dis ce qui se fera. Ton père, ce n'est pas n'importe qui pour lui donner des funérailles d'un minable.

- Je pars faire une tisane à maman.

Je pris la direction de la cuisine.

Chapitre IV: Les caprices du destin

Une nouvelle basée sur des faits réels

Je fis une tisane à maman. J'ajoutai à l'intérieur son somnifère. Je la tranquillisai . Maman but quelques gorgées de la tisane. Les minutes qui suivirent elle était endormie. Je la transportai dans sa chambre à l'aide de mon oncle. Je sortis de sa chambre le coeur peiné. Je decidai de prendre un peu d'air. Je m'installai sur la terrasse du jardin. Je n'arrivai pas à avoir le sommeil. Je sortis de ma poche un paquet de cigarette. C'était un cadeau que m'avait offert l'un de mes amis. Il désirait que je fume pour immortaliser mon anniversaire. J'avais pris le paquet sans immortaliser quoi que ce soit. Je décidai à cet instant d'en fumer une. J'avais une raison de fumer ce soir. J'allumai la cigarette. Je fumai. Je commençai immédiatement à tousser. J'avais mal à la poitrine. Je fumai toute les cigarettes qui étaient à l'intérieur de ce paquet. J'avais à mes côtés une petite bouteille de Whisky. De temps en temps, entre deux cigarettes, je prenais quelques gorgées. Je passai la nuit sur la terrasse.

Les piaillements des oiseaux signalaient la présence du lever du jour. Je me rendis compte à mon reveil que j'avais dormi dans un tas de déchets. J'avais les yeux enflés. Je me tins debout avec peine. Je pris la direction de ma chambre. Il me fallait un bain. J'avais si mal à la tête. Je ressentais des brulures à la gorge. J'avais toujours mon mal en moi. Pire, je devais aller enterrer mon père. C'était comme dans un rêve. Hier ma fête, aujourd'hui un enterrement. Je n'arrivais pas à assimiler la rapidité des événements. Ah, la vie ne tenait vraiment qu'à un fil. Tout pouvait basculer du jour au lendemain, en une fraction de seconde. Ma vie venait d'être chamboulée. Je ne serai plus le même sans mon père. Il était malgré ses imperfections mon meilleur ami.

Je restai longuement assis dans ma douche. L'eau du robinet coulait à flot sur mon être. Je sortis apaisé mais le cœur meurtri. Il était dix heures du matin. Je rejoignis ma mère et mon oncle. Ils étaient tout comme moi vêtus de noirs. Mon oncle donna quelques consignes aux employés. Ses enfants resteraient à la maison. Les domestiques étaient tous affligés. Les différents repas qu'ils avaient préparés étaient sur la table. Personne n'avait l'appétit. Nous prîmes la route du chemin de l'église évangélique de mon oncle.

L'église était à son comble. Je ne m'y attendais pas. Papa n'était pas chrétien. Je dirai que mes parents ne croyaient pas en Dieu. Je sus à cet instant l'importance qu'occupait mon oncle Kwame et son épouse au sein de l'église. Les fidèles étaient venus pour les soutenir. Je reconnus quelques amis de mon père dans la foule. Les patrons de mon père étaient présents. Ma mère était inconsolable. Chacun des personnages présents nous tenait dans les bras. Ils essayaient avec des mots de nous apaiser. J'étais triste de ne pas voir ma famille rester du côté de la Centrafrique. J'avais de la peine pour maman. Nous étions seuls avec mon oncle Kwame qui représentait la famille de mon père. Maman n'avait aucun membre de sa famille à ses cotés.

Elle avait coupé les ponts avec sa famille. Mes grands parents maternelles étaient contre le mariage de ma mère. Elle se maria contre leur gré. Depuis ce jour, les barrières s'étaient installées entre elle et sa famille. Papa était son unique famille. Elle avait voué sa vie à mon père. Ses lamentations me déchiraient. C'était triste de voir sa mère dans la désolation. Je me demandais comment j'allais l'aider dans cette étape de la vie.

Le pasteur fit son culte. Il nous prodigea quelques conseils. La foule fut invitée à prendre la direction du cimetière. L'enterrement se fit dans la discrétion pour éviter les caméras. Une fine pluie s'annonca. Les invités regagnèrent precipitamment leurs domiciles à l'annonce de la pluie. Je restai assis sous cette pluie pendant de longues heures. Je faisais face au tombeau de mon geniteur. Ma mère, tante Hélène et mon oncle étaient à mes côtés. Mon oncle n'arrêtait pas de prier silencieusement pour mon père. Je décidai de regagner le domicile sous l'insistance de mon oncle. Ma mère refusait de se séparer de mon père. Finalement malgré elle nous regagnâmes notre demeure. Nous arrivâmes à la maison dans l'après-midi. C'était fini. Papa reposait désormais au cimetière principal d'Accra. Son absence remplissait chaque recoin de la maison. J'observai longuement son grand portrait qui était au salon. Je fondis en larmes. Je montai en courant les marches des escaliers qui menait à ma chambre. Je me sentais seul. Je m'allongeai sur mon lit. J'etais present mais absent. Mes idees plannaient dans l'espace. Je me levai dans la soirée pour vérifier si maman allait bien. Elle était entrée directement dans sa chambre après l'enterrement. J'avais peur qu'elle fasse une bêtise. J'ouvris lentement la porte de sa chambre.

(Scène du côté de Jacqueline)

J'étais étendu en larmes sur mon lit. Je me sentais devastée. Je repassais en mémoire chaque instant auprès de mon époux. Je regrettais de m'être mariée sans le consentement de mes parents. Je cherchais des causes au décès tragique de mon époux. Et pourtant nous etions marié depuis des lustres. J'étais loin dans mes pensées. Jonathan entra dans ma chambre. Il s'approcha vers moi.

- Maman, tu vas bien?

- Je ne vais pas bien, mon fils.

- Maman, ce n'est pas facile. Je le sais. Je souffre énormément mais tu dois te reprendre. Je suis sûr que papa depuis les cieux aimerait que tu fasses des efforts. En plus, vous avez des projets en commun. Comment poursuivre ses projets si tu te laisses abattre ?

- Mon fils, tu ne peux pas comprendre. En plus cette tragédie est trop tôt pour oublier. La plaie est récente. J'ai besoin de temps pour assimiler ce qui m'arrive. Je ne serai plus la même sans mon Sébastien. Je me sens tellement vide sans mon époux.

- Désormais je prendrai soin de toi maman. Je te le promets. Tu ne seras plus seule.

- Tu peux me tenir compagnie ?

- Bien-sûr, maman. Cela ne me dérange pas.

Mon fils me prit dans ses bras. Il me serra fort tout contre lui. Je me sentais si bien dans ses bras. Il ressemblait tellement à mon Sébastien. J'avais l'impression d'être prise par mon défunt époux. Leurs gestes étaient identiques. Johnatan avait le même regard intense de son père. Il affichait la même mine de tristesse de son père. Sa voix était celle de son père quand il désirait me réconforter. Mon Jonathan représentait mon ciel désormais. Je n'avais aucune famille après mon fils. Je restai entrelacée à mon fils. Je retrouvai mon calme. Mon fils et moi nous nous endormîmes paisiblement.

(Scène du côté de Jonathan)

J'avais passé la nuit dans la chambre de ma mère. Je me réveillais sous l'effet des éclats du soleil. Je restai dans le lit. J'avais du mal à me lever. J'avais pris une mauvaise posture. Je constatai que ma mère était absente. Je regardai l'heure ; il était sept heures du matin. Je me dépêchai d'aller prendre ma douche. Je tenais à reprendre les cours. J'avais besoin de m'évader. Je pouvais rester à la maison, cela aurait servir à quoi? J'avais en plus une composition. Je pouvais avoir les notes que je désirais pendant la présence de papa. Désormais, il me fallait étudier comme tous les autres étudiants. Je pris ma douche. Je mis mon uniforme. Je descendis les escaliers. Le petit déjeuner était servi. Je n'avais pas l'intention de le prendre.

Je m'assis dans la chaise du salon. Un de mes lacets était mal noué. J'étais entrain de le nouer. J'entendis des pas dans le salon. Je relevai la tête. Mes yeux croisèrent ma mère. Elle était à moitié dénudée. Elle prenait une cigarette dans la cuisine. Une bouteille de liqueur était à ses côtés. Je me dirigeai vers elle avec un pagne. Je couvris son corps.

- Maman, tu as quel soucis? Qu'est-ce que tu fais ainsi? Depuis quand tu touches à la boisson?

- Je bois heuuu je je...

Maman était sous l'effet de l'alcool. Mon oncle et son épouse avaient regagné leur domicile. Je rangeai la bouteille de liqueur. J'arrachai entre les mains de maman le paquet de cigarette. Je décidai de joindre mon professeur principal. Je ne pouvais pas me rendre au cours. Maman n'était pas dans un état stable. Il me fit savoir que je pouvais rester chez moi. Je portai entre mes bras ma mère jusqu'à sa chambre. Elle dormait profondément depuis quelques minutes. Je demarrai ma voiture. Je décidai de me rendre au cimetière. Je ressentais le besoin de me recueillir sur la tombe de mon père.

La vie avait repris son cours normal. Nous étions revenus de notre séjour en Centrafrique. Nous avions assisté aux funérailles de mon père en pays Zande. Maman était plus apaisée. Elle recevait les différentes condoléances avec tranquilité. Ses parents n'avaient pas mis les pieds aux funérailles. Mamam appartenait désormais à la famille de mon père qui la traitait comme l'une des leurs. Ma grande mère maternelle contrairement à nos attentes confiait le deces tragique de mon geniteur au père celeste. Mémé Dounda était très croyante. C'était une fervante catholique. Elle n'avait que « Dieu seul sait ce qu'il fait » dans sa bouche. Ma grande mère nous donna la force de reprendre notre vie sans papa. Elle nous incita à demander des messes pour le repos de son ame. Mon père n'avait jamais mis pieds dans une église. Il ne croyait même pas en l'existance de Dieu. Je sentais dans le regard de ma mère au quotidien un grand vide.

J'oubliais la mort de papa lorsque j'étais à l'université. Mon mal me rattrapait chaque fois que je retournais chez moi. Maman m'attendait tous les soirs pour que l'on mange. Elle prenait plus soin de moi qu'avant. Maman n'arrêtait pas de me complimenter sur ma manière de manger. Tous mes faits et gestes lui rappelaient un fait de mon père. Je trouvais qu'elle exagérait un peu. C'était normal notre ressemblance. Cependant je trouvais qu'il y avait des gestes qui nous distinguaient. Un dimanche dans l'après midi maman décida de sortir de la maison. Elle désirait rendre visite à une de ses amies. Je l'encourageai. Je trouvais qu'elle restait trop cloîtrer dans sa chambre. Elle devait sortir prendre de l'air.

(Scène du côté de Jacqueline)

Je venais de sortir de la demeure de ma meilleure amie. Je tenais à la remercier. Pascaline me fut d'un grand soutien lors des obsèques de mon mari. Elle m'avait même accompagné en Centrafrique. C'était une véritable amie. D'ailleurs c'était l'unique avec qui j'étais complice. Je pris la direction de ma résidence. Je ne désirais pas que mon fils s'inquiète de mon absence. En plus J'avais hâte de retrouver mon Jonathan. Le gardien m'ouvrit la porte. Je stationnai dans le garage. J'aperçus la voiture de mon fils. C'était une preuve qu'il était à la maison. Jonathan ne sortait jamais sans sa mercedes. Je rentrai dans notre vaste salon, toute joviale.

- Mon doudou de fils.

- Maman, s'il te plait. J'ai vingt ans à présent. J'aime plus trop ces surnoms de bébé.

- Tu es marrant, mon fils. D'accord, je t'appellerai désormais chef.

- C'est encore mieux. Je suis le chef de la maison.

- Tu as déjà dîné?

- Pas encore.

- Bon, je me change et nous passons à table.

- Pas de soucis.

- Je pars dans la cave prendre une bouteille de sucrerie.

- Mieux, prends le champagne.

- Je suppose le champagne pour toi.

- Nous deux, mon fils.

- Je préfère un soda pour moi.

- Tu vas jouer aux saints à mes yeux? Ne t'inquiète pas. Tu peux prendre le champagne pour ce soir.

- D'accord maman.

J'observai mon fils pendant qu'il prenait la direction de la cave. Je voyais mon époux. Je me rendais compte de son évolution. Jonathan n'était plus un enfant. Il avait vraiment grandi. C'était un homme dans tous les sens. Tous ses faits et gestes dessinaient l'image de son défunt père. J'étais plongée dans mes pensées. Je montai dans ma chambre. Je me changeai rapidement. J'étais enfin prête pour le dîner. Jonathan m'interpellait pour manger. Nous prîmes le repas en toute convivialité. Mon fils s'assit dans le salon après le dîner. Il zappa quelques chaines avant de se décider à regagner sa chambre. J'étais assise sur la terrasse. Il vint vers moi.

- Maman je pars me coucher. Demain j'ai quelques courses à faire. Passe une excellente nuitée. Ne reste pas trop longtemps dans ta chaise à penser. Demain, je te rappelle que tu as du boulot. Je t'aime maman.

- Tu dors très tôt ces temps-ci tu es sûr que tu vas bien?

- Oui je vais très bien. Ne t'inquiète pas pour moi. Tu as l'air si pensive. Dis-moi, qu'est ce qui te tracasse? Encore l'absence de papa?

- Non pas vraiment, Jonathan.

- Mais quoi, dis-moi, maman. Tu sais que je suis là pour toi.

- J'ai peur quand je suis seule dans ma chambre.

- Ce n'est pas un soucis. Ce soir, je resterai dans ta chambre. Je regagnerai la mienne lorsque tu seras endormie. Cela te convient maman?

- Cela me convient mais j'aimerais que tu restes jusqu'au levée du jour. Imagine si je me reveille au beau milieu de la nuit.

- C'est vrai, tu as raison. Mais j'aime plus dormir dans ma chambre. Je suis adulte maintenant.

- Je le sais mais fais-le pour moi ce soir.

- Okay juste ce soir, maman. D'accord?

- D'accord, marché conclut.

- Donc allons dormir parce que j'ai sommeil.

- À vos ordres, chef. Je te suis.

- Je pars me changer. Je te rejoins dans ta chambre.

Mon fils revint dans ma chambre. Il était dans une petite culotte. Il n'avait pas sa chemise. Son corps était robuste. Je ne regrettais pas de lui avoir payé ses classes de sport. Mon fils me donna une folle envie. Je retirai cette idée malsaine de ma tête. C'était mon fils. Et pourtant c'était clair, je désirais mon fils. Je reviens à moi lorsqu'il me donna une tape au dos. J'étais dans un monde imaginaire.

(Scène côté Jonathan)

Je donnai une tape à ma maman. Je la sentais présente mais absente. Elle me fixai longuement.

- Maman, tu dois voir un médecin. Tu as toujours l'air ailleurs. Cela n'est pas un bon signe.

- Je vais bien. Juste que je pense assez.

- Tu ne devrais pas trop penser.

- Je n'y peux rien. Bon, allons au lit.

J'étais épuisé.Je me mis au lit. Ma mère alla dans sa douche enfiler sa robe de nuit.

(Scène côté Jacqueline)

Je savais que Jonathan était déjà dans le lit. Je choisis l'une de mes nuisettes les plus sexy. Je ne savais pas trop pourquoi. Je ressentais énormément l'absence de mon Sébastien. Je regagnai la chambre. Mon fils était en pleine concentration sur son téléphone. Il n'avait pas remarqué ma présence.

- Jonathan tu fais quoi encore concentré à cette heure sur ton téléphone?

Mon fils jeta son regard vers ma personne. Je sentis dans son regard de la gêne.

- Je recherchais des informations sur un sujet de science.

- Eteins-moi ton téléphone, mon ange. Je n'aimerais pas être dérangée par tes messages.

- C'est compris. Passe une excellente nuit, maman.

- C'est ainsi que tu vas souhaiter une bonne nuit à ta maman?

Mon fils s'approcha de moi pour me serrer tout contre lui. Je le serrai fort dans mes bras. Je lui donnai des caresses.

- Maman, mais qu'est-ce que tu fais?

- Ne parle pas s'il te plait, laisse-toi faire.

J'embrassai farouchement mon fils. Jonathan me repoussa immédiatement. Il me fixa droit dans les yeux. Mon Jonathan coulait des larmes. Il me parla, furieux.

- Qu'est-ce qui te passe par la tête?

- Tu baisses le ton quand tu t'adresses à moi. Jusqu'à preuve du contraire, je suis ta mère.

- Ecoute, je me casse. Je pars dans ma chambre.

- Attends, Jonathan s'il te plait.

Mon fils ferma énergetiquement la porte de ma chambre. J'avais mal que mon plan ait échoué. C'était ma faute s'il ressemblait à son père? Je ne contrôlais pas mes pulsions. Je crois que je n'étais pas prête à le voir avec une autre fille. J'étais amoureuse de lui. Jonathan avait déclenché ma passion lorsqu'il me prit dans ses bras. J'avais ressenti les bras de son père. Vous me direz que j'étais sous l'emprise de la folie. Non, je n'étais pas folle. Les sentiments ne se contrôlaient pas. Je n'étais pas l'unique femme dans ce cas. Je m'endormis en pensant encore au corps de mon fils.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022