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Les 99 Adieux de Juliette

Les 99 Adieux de Juliette

Auteur:: Wren Hollows
Genre: Romance
Cela faisait la 99ème fois qu'Alan Moore me demandait le divorce, un rituel cruel qui marquait notre mariage de trois ans, précédé de quatre années où je l'avais passionnément courtisé. Chaque fois, je pleurais, le suppliais et finissais par céder, mais cette fois, quelque chose avait changé. Devant le tribunal, alors que je pensais en avoir fini avec son indifférence, j'ai chuté, blessée, et il m'a laissée là, ordonnant à ses amis : « Laissez-la. On est en retard pour la soirée sur la péniche. » Puis, cette boîte de cigares cachée a révélé des croquis et des notes, preuve de son amour secret, me laissant croire à une façade protectrice. Mais le drame s'est rejoué, publiquement : face à un danger imminent, il m'a délibérément abandonnée pour protéger Cécilia, sa froideur de retour. J'ai découvert qu'il s'était allié à elle pour anéantir mon dernier rêve, la vigne, prouvant que son amour n'était qu'une prison dorée, sa manipulation sans fin, mon rôle, celui d'un jouet. Comment pouvais-je être à la fois l'objet de son affection secrète et le punching-ball de sa cruauté publique ? Était-ce un jeu tordu, un test, ou un amour si malade qu'il tuait tout espoir ? L'illusion brisée, je ne serai plus sa victime, car l'heure de ma libération a sonné.

Introduction

Cela faisait la 99ème fois qu'Alan Moore me demandait le divorce, un rituel cruel qui marquait notre mariage de trois ans, précédé de quatre années où je l'avais passionnément courtisé.

Chaque fois, je pleurais, le suppliais et finissais par céder, mais cette fois, quelque chose avait changé.

Devant le tribunal, alors que je pensais en avoir fini avec son indifférence, j'ai chuté, blessée, et il m'a laissée là, ordonnant à ses amis : « Laissez-la. On est en retard pour la soirée sur la péniche. »

Puis, cette boîte de cigares cachée a révélé des croquis et des notes, preuve de son amour secret, me laissant croire à une façade protectrice.

Mais le drame s'est rejoué, publiquement : face à un danger imminent, il m'a délibérément abandonnée pour protéger Cécilia, sa froideur de retour.

J'ai découvert qu'il s'était allié à elle pour anéantir mon dernier rêve, la vigne, prouvant que son amour n'était qu'une prison dorée, sa manipulation sans fin, mon rôle, celui d'un jouet.

Comment pouvais-je être à la fois l'objet de son affection secrète et le punching-ball de sa cruauté publique ?

Était-ce un jeu tordu, un test, ou un amour si malade qu'il tuait tout espoir ?

L'illusion brisée, je ne serai plus sa victime, car l'heure de ma libération a sonné.

Chapitre 1

C'était la 99ème fois qu'Alan Moore me demandait de divorcer.

Comme d'habitude, il m'a jeté l'accord de divorce sur la table basse, son visage aussi froid que le marbre du salon.

« Signe-le. »

Sa voix était dénuée de toute émotion, comme si nous parlions du temps qu'il fait et non de la fin de notre mariage de trois ans.

Pendant ces trois années, plus les quatre années où je l'ai courtisé passionnément à l'université, ce cycle s'était répété sans cesse. Pour des raisons futiles, il lançait la procédure, puis attendait, savourant mes supplications désespérées.

Chaque fois, je cédais. Je pleurais, je le suppliais, je faisais tout pour le reconquérir, et à la toute fin du délai de réflexion légal, il acceptait d'annuler.

Mais cette fois, quelque chose avait changé.

Cette fois, je ne le supplierais pas.

Ma décision était prise. Ferme. Définitive. J'allais mettre un terme à ce jeu cruel.

Nous nous sommes retrouvés devant le tribunal de grande instance. Le ciel de Paris était gris, assorti à l'ambiance entre nous. Il n'a pas dit un mot, son profil était dur et impassible.

Quand la procédure fut terminée pour la journée, il est parti sans un regard en arrière, montant dans sa DS 9 noire et la faisant démarrer avec un rugissement qui a fait sursauter les passants.

Je suis restée seule sur le trottoir, le cœur vide. C'est alors que c'est arrivé.

Un groupe d'amis d'Alan, sortant bruyamment d'un bar voisin, m'a bousculée. J'ai perdu l'équilibre et je suis tombée lourdement sur le pavé. Une douleur fulgurante a traversé ma cheville.

J'ai vu la DS 9 d'Alan s'arrêter un peu plus loin. La vitre s'est abaissée. J'ai croisé son regard, un instant. J'ai cru voir une lueur d'inquiétude.

Mais sa voix, portée par le vent froid, a anéanti cet espoir.

« Laissez-la. On est en retard pour la soirée sur la péniche. »

Il a donné cet ordre à ses amis, qui m'ont regardée avec un mélange de pitié et d'embarras avant de hausser les épaules et de s'éloigner. La voiture a redémarré, me laissant seule, blessée, sur le trottoir parisien.

La cruauté de cet acte a solidifié ma résolution. C'était fini. Pour de bon.

Je suis rentrée à l'appartement du 16ème arrondissement en boitant, la douleur à la cheville n'étant rien comparée à celle de mon cœur. Une fois à l'intérieur, j'ai commencé à rassembler tous les cadeaux coûteux qu'Alan m'avait offerts au fil des ans. Les sacs de créateurs, les bijoux, les robes de soirée. Je les ai tous jetés dans de grands sacs poubelles. C'était un acte symbolique, une tentative de me débarrasser de son influence, de purifier mon espace.

Alors que je vidais un tiroir, mon cœur s'est serré. Il manquait quelque chose. Le tire-bouchon de mon grand-père. Un simple objet en bois d'olivier, usé par le temps, mon seul héritage, le symbole de ma passion pour le vin.

C'est en fouillant dans un coin oublié de son bureau, cherchant désespérément mon tire-bouchon, que je suis tombée dessus. Une boîte à cigares en bois de cèdre, verrouillée. Je ne l'avais jamais vue auparavant. Poussée par une intuition, j'ai forcé la serrure.

À l'intérieur, il n'y avait pas de cigares. Il y avait des croquis. Des dizaines de croquis architecturaux, tous me représentant. Juliette à la bibliothèque, Juliette endormie sur un livre, Juliette dégustant un verre de vin. Et des notes, des pages et des pages de son écriture serrée, décrivant ses sentiments pour moi depuis nos années à l'École des Beaux-Arts. Il m'aimait. Il m'avait toujours aimée.

Un flashback m'a submergée. Je me suis revue à l'université, le poursuivant avec une persévérance naïve. J'assistais à tous ses cours d'architecture, même si je n'y comprenais rien. Je lui préparais des repas, que souvent il ignorait. J'avais sacrifié une opportunité de stage dans un vignoble prestigieux de Bordeaux juste pour rester à Paris, près de lui. J'avais tout misé sur cet amour.

Et puis, le souvenir des 98 autres demandes de divorce est revenu en force. Une fois parce que j'avais acheté le mauvais café. Une autre fois parce que j'avais ri trop fort à une soirée. Des raisons si triviales, si absurdes.

En relisant ses notes cachées, la vérité m'a frappée. Ce n'était pas de l'indifférence. C'était un jeu. Un jeu sadique pour tester ma loyauté, pour se délecter de ma soumission. Son "amour" était une prison dorée, et il était mon geôlier. La tristesse a laissé place à une colère froide et à une désillusion totale.

Je me suis redressée, les larmes séchées sur mes joues. Ma résolution était plus forte que jamais. Je ne serais plus son jouet.

Le lendemain soir, Alan a organisé une fête dans notre appartement, comme si de rien n'était. La musique était forte, le champagne coulait à flots. J'étais là, présente physiquement, mais mon esprit était ailleurs. J'observais la scène avec un détachement glacial.

Soudain, il y a eu un grand bruit. Un panneau publicitaire sur le toit de l'immeuble d'en face, mal fixé, s'est décroché et tombait droit sur notre balcon. Alan et moi étions juste en dessous.

Dans une fraction de seconde, j'ai vu son regard paniqué. Il a fait un pas vers moi, son bras tendu.

Puis il a vu Cécilia.

Chapitre 2

Cécilia Larson. Belle, élégante, galeriste d'art et amie d'enfance d'Alan. Elle est apparue à ce moment précis, sortant sur le balcon avec une coupe de champagne à la main.

Son arrivée a tout changé.

L'attention d'Alan s'est détournée de moi. Le panneau tombait. Dans ce moment de vie ou de mort, il a fait un choix.

Il a pivoté et s'est jeté sur Cécilia, la protégeant de son corps.

Le panneau s'est écrasé à quelques centimètres de moi avec un bruit assourdissant de métal et de verre brisé.

La déclaration qu'il venait de faire était plus claire que n'importe quel mot. Son geste éclipsait toutes les preuves d'amour que j'avais trouvées dans cette boîte. Il préférait me laisser en danger plutôt que de révéler ses véritables sentiments en me protégeant. Cécilia était son bouclier, l'outil parfait pour maintenir sa façade de froideur envers moi.

J'ai regardé Cécilia se blottir contre lui, feignant la peur. J'avais toujours toléré leur proximité, cette intimité qu'il lui accordait et me refusait. Elle ajustait sa cravate, lui murmurait à l'oreille, des gestes que j'avais vus mille fois et qui me faisaient mal à chaque fois. C'était une douleur sourde, une résignation que j'avais appris à accepter.

Plus tard dans la soirée, alors que le chaos s'était calmé, je l'ai confronté, non pas à propos de l'accident, mais à propos de mon tire-bouchon.

« Alan, où est le tire-bouchon de mon grand-père ? Il n'est plus dans le tiroir. »

Il m'a regardée avec une indifférence calculée. « Je ne sais pas. Demande à Cécilia. »

Je me suis tournée vers elle. Cécilia a souri, un sourire triomphant.

« Oh, ça ? Alan me l'a donné. Il a dit que tu n'en avais plus besoin. Malheureusement, je crois que je l'ai perdu lors d'un vernissage. Dommage. »

La colère m'a envahie. C'était mon seul lien avec mon passé, avec ma famille. C'était une partie de moi. Et il l'avait donné.

« Ce n'est qu'un tire-bouchon, Juliette, » a dit Alan, sa voix dédaigneuse. « Je t'en achèterai un autre. Un Laguiole en or si tu veux. »

Il ne comprenait pas. Il ne voulait pas comprendre. La valeur sentimentale de cet objet lui était complètement étrangère.

« Tu ne comprends rien ! » ai-je crié, ma voix se brisant. « C'était le seul souvenir de mon grand-père ! »

Il a haussé les épaules, insensible. « Ne sois pas si dramatique. »

Je ne pouvais plus supporter son indifférence. Je me suis retournée et j'ai quitté la pièce, quitté la fête, pour m'enfermer dans ma chambre. J'avais besoin de m'échapper de cette situation insupportable.

L'accident, cependant, avait eu des conséquences. Le choc m'avait affaiblie. Le lendemain, je me suis effondrée. Je me suis réveillée à l'hôpital.

Une infirmière m'a expliqué ce qui s'était passé. Alan avait veillé à ce que je reçoive les meilleurs soins, une chambre privée, les meilleurs médecins. Mais il n'était jamais venu me voir. Pas une seule fois. C'était sa façon de continuer le jeu, de maintenir sa façade.

En apprenant les circonstances de mon "sauvetage", une ironie amère m'a envahie. Il m'avait sauvée, oui, mais seulement après avoir protégé Cécilia. Il m'avait sauvée pour ne pas avoir ma mort sur la conscience, pas par amour.

Dans mon monologue intérieur, j'ai tout compris. Sa manipulation était complexe, tordue. Chaque acte de gentillesse apparent était un calcul, chaque mot une arme. Il ne me laisserait jamais partir, mais il ne m'aimerait jamais ouvertement.

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