Louis regarde dans le vide pendant de longues minutes. Une dizaine de jours se sont écoulées depuis la scène où il a tué l'homme présumé à l'origine de la disparition de la petite. Joachim est rentré en France. Il a appelé son frère pour l'en informer. Ce dernier semblait à cran également, mais l'a félicité d'avoir aussi rapidement réagit. Aujourd'hui toute la famille se rend à une course pour le don du sang. Il n'a pas particulièrement envie, mais il ne peut pas agir comme s'il ne savait pas. Sa belle-mère les a tous prévenu il y a plusieurs jours de cela.
Il ne sait pas si Anastasia compte venir. Il ne se rappelle plus la dernière fois qu'il l'a vue depuis l'incident. Ils dorment séparément et il vient de rentrer de Paris. Il lui a fait envoyer l'invitation pour la prévenir quand il a reçu les leurs. Il n'a jamais eu de réponse de sa part.
Il finit de s'habiller et s'apprête à rejoindre son frère et sa belle-mère. Il ouvre la porte de sa chambre pour en sortir et tombe sur Anastasia. Elle semblait sur le point de cogner à sa porte. Il est surpris ne s'attendant pas à la voir.
- Tu es enfin prêt ? Ta mère n'attend que nous.
- Tu viens ?
- Je pense que je n'ai pas trop le choix du point de vue de ta mère.
- Ça te fera du bien de ressortir également. Tu ne peux pas rester cacher ici constamment.
- Allons-y...
Anastasia n'est pas cassante, mais elle n'est pas agréable également. Il ne la comprend pas. Ils ne se comprennent plus. Il hallucine en se demandant comment cela aurait été si elle avait appris toute la vérité. Il a du mal à saliver rien qu'en y pensant. Il ne faut jamais que la vérité se sache. Jamais. Il en est plus convaincu que jamais.
Il reprend le contrôle de ses émotions et la suit silencieusement. Ils montent dans la voiture qui les mène tous les quatre à l'événement de la reine. Clovis semble éreinté, sûrement à cause des fêtes à répétition auxquelles il participe actuellement. La presse s'en donne à cœur joie à ce sujet. En dépit de l'insistance de sa mère pour qu'il arrête, il ne semble pas vouloir se ranger. Tout le monde au courant sauf Louis, suppose que c'est sa réaction à son divorce et la mort proche de leur père. Ils lui accordent tous une lassitude, que leur père n'aurait jamais permis en situation normale. Louis est lui-même en pleine gestion de ses problèmes, il n'a pas trop le temps de s'occuper sérieusement de son cadet. Il a dû aller le chercher à un hôtel ce matin où monsieur a passé la nuit ou les nuits dernières avec des inconnues et le ramener de force au palais pour qu'il se douche et s'apprête pour l'événement. En ne le voyant pas hier matin, sa mère biologique a dû demander ce service à Louis. Elle voulait absolument qu'il soit présent donc il l'a réalisé. Par moment, il en a marre de gérer les problèmes des autres, il a envie que quelqu'un en fasse pareil pour lui. Il a envie de pouvoir se reposer sur quelqu'un.
- J'espère que vous êtes prêts, dit la reine brisant le silence dans la voiture depuis le début du trajet.
- Oui, dit Clovis le visage fermé. Son frère lui donne un coup de pied. Il le regarde lui sourire avant de sourire à son tour. Oui mère, ne vous inquiétez pas.
- Parfait alors. Louis je pense que tu sais parfaitement quoi faire donc je n'ai pas besoin de m'inquiéter. Anastasia ?
Anastasia lève le regard vers la reine, qui attend sa confirmation. Elles se fixent en silence pendant de longues minutes. Louis est obligé de serrer fortement sa main discrètement pour la forcer à réagir.
- Oui...
- Parfait.
L'ambiance est encore plus tendue que tout à l'heure. Chacun espère qu'ils arrivent rapidement. Anastasia regarde par la fenêtre. Clovis est sur son téléphone. La reine lit un magazine de mode. Il retire sa main de celle d'Anastasia avant de commencer à travailler.
Ils arrivent assez rapidement à la zone de l'événement. Le cortège s'immobilise. On les informe de la démarche à suivre. Anastasia est stressée. Ses battements cardiaques se sont accélérés. Cela fait longtemps qu'elle n'a plus été à un événement public. Clovis sort en premier avec sa mère. Louis sort ensuite, attendant qu'elle sorte à son tour. Il est criblé de flash par les appareils photos des paparazzis. Il y a du monde qui ne semble n'avoir attendu que leur arrivée. La foule est maintenue à distance par les services spéciaux anglais.
Louis patiente pendant quelques instants et ne la voyant toujours pas sortir de la voiture, il retourne à l'intérieur.
- Pourquoi ne sors-tu pas ?
- Je n'ai pas envie d'y aller...
- Anastasia, on nous attend. On est déjà là... Tout le monde nous regarde. Elle se mord les lèvres. Je suis là. Je suis à tes côtés. Je te protègerai...
Il prend son visage entre ses mains et la force à le regarder dans le blanc des yeux.
- Regarde-moi. Elle tremble entre ses mains. Anastasia, s'il te plait...
- Votre altesse, on ne peut pas rester ici, lui dit un des hommes de sa sécurité. Il va falloir vous décider. La reine est déjà passée, nous devons y aller.
Louis réfléchit un instant. Il lâche la main de Anastasia.
- Tu restes dans la voiture. Emmenez-la en sécurité.
Il sort de la voiture et referme la portière. Il sourit et se prête au jeu. Il rejoint les autres membres de la famille sous la réjouissance générale de foule. Elle a des larmes qui coulent sur son visage. Elle a l'impression d'avoir échoué totalement. Elle a perdu son enfant, elle n'arrive plus à rien actuellement. Elle suppose que son mari doit la détester. La voiture se déplace en silence loin de la foule.
Louis est à côté de la reine et de Clovis pour jouer son rôle avant le départ de la course. Il s'approche de certains stands, ciblés et contrôlés par la sécurité, où des gens donnent du sang. Il discute avec eux rapidement, les remercie pour leur volonté à aider leur prochain et se déplace à un autre stand. Il le fait pour encore 4 ou 5 stands et discute avec une dizaine de personnes. C'est une partie de son travail de leur faire passer un bon moment. Mais il ne déteste pas cela. Les personnes à qui il a parlé lui ont demandé d'après Anastasia et lui ont présenté leurs plus sincères condoléances.
Il rejoint par la suite la reine et Clovis. La reine fait un discours avant le départ de la course. Il aurait bien aimé participer, mais il sait que le service de sécurité n'aurait jamais accepté une telle demande. C'est beaucoup de risques, ils auraient dit et c'est beaucoup de préparation. Par moment, il n'a plus envie de faire partie de ce modèle aristocratique. Il n'a pas envie d'attirer autant l'attention, de devoir prendre autant de choses en compte avant de pouvoir faire la moindre chose. Les avantages sont grands, mais les contraintes sont pesantes. Pendant que la course a lieu, ils vont chacun donner du sang sous le regard des médias. Une fois la course terminée, Clovis et lui remettent les prix aux premiers. Il imagine bien que c'est une idée de sa belle-mère. L'événement se déroule très bien jusqu'alors. Anastasia n'a toujours pas décidé de se joindre à eux. Il a bien vu le regard de la reine quand il les a rejoints tout seul.
Il se retrouve seul un moment. La reine et Clovis sont partis discuter avec des membres de vieilles familles anglaises qu'ils connaissent tous très bien. Eux aussi sont venus soutenir le mouvement. Louis suppose que la reine a prévu de recaser Clovis rapidement, maintenant qu'il est libre et divorcé. Il n'a toujours pas vu Mick et Christiane, bien qu'il ait aperçu et salué leurs parents. Il décide de lui passer un coup de fil pour savoir où ils sont.
- Vous êtes sacrément en retard...
- On sait... Putain nos parents vont nous faire encore des histoires pour rien. On est proche, on arrive dans 15 minutes.
Il raccroche par la suite. Un des gardes l'informe que la reine requière sa présence à ses côtés. Il se déplace accompagné. Il arrive à son niveau. Clovis n'est plus là. Elle discute avec une jeune dame qu'il ne connaît pas ou qui ne lui dit rien. La reine se tourne vers lui en le voyant arriver.
- Louis, justement je t'attendais...
- Me voici. Il se tourne vers l'interlocutrice de la reine. Il lui sourit et baisse légèrement la tête avant de la saluer. Madame...
- Je ne suis pas aussi âgée.
- En effet, elle n'a même pas encore 30 ans, rajoute la reine. Je vais faire les présentations. Louis, voici...
Un des gardes de la reine murmure à son oreille. Elle ouvre grand les yeux avant de s'en aller précipitamment.
- Je suis désolé qu'elle soit partie aussi rapidement. Vous discutiez ensemble.
- Elle doit être extrêmement occupée. Je comprends et cela ne m'offusque pas le moins du monde.
- Puisqu'elle n'a pas pu nous présenter correctement, puis-je connaître votre prénom ?
- Olivia, votre altesse. C'est un véritable honneur.
Louis réagit au prénom. Une sensation de nostalgie s'empare de lui, mais il ne saurait pas expliquer pourquoi. La brune aux cheveux longs le fixe étrangement. Il détaille ses traits, il a l'impression de la connaître, mais il ne se souvient pas...
- Vous venez souvent à ce genre d'événement ?
- Dès que j'en ai l'occasion. Et vous ?
- Je ne vis pas ici. J'ai seulement accompagné mes parents aujourd'hui. En parlant d'eux, les voilà qui arrivent.
Louis se tourne dans la direction que lui indique la jeune femme. Il ouvre grand les yeux quand il voit la Comtesse de Milestone revenir avec la reine. Tout prend subitement sens pour lui à cet instant. Il se retourne surpris vers son interlocutrice.
- Oli ?
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Finalement, j'ai changé d'avis. Le prologue sortira aujourd'hui et les autres chapitres demain. Me revoici pour vous présenter le dernier tome de la série centrée autour des frères Andres et Louis. En espérant que cette histoire vous plaise autant que les dernières.
Bisous A.
- Tu en as mis du temps pour me reconnaître, avoue-t-elle finalement.
- À ma décharge que tu as énormément changée.
- En quoi ?
- Où est passé le garçon manqué avec qui nous jouions Clovis et moi quand nous étions enfants ? Louis n'en revient pas. Il est cloué sur place. Tu es devenue une magnifique jeune femme.
- Merci, dit-elle en rougissant légèrement.
Les mères arrivent à ce moment-là à leur niveau. Louis salue chaleureusement la mère d'Olivia.
- Cela fait bien longtemps que nous ne nous étions revus.
- Très longtemps.
- Dire que nos enfants ont tellement grandi, dit la Comtesse à la reine. Clovis se rapproche d'eux. Vos deux fils sont devenus de séduisants jeunes hommes.
Clovis serre la Comtesse dans ses bras à son tour. Il se tourne vers la fille et le choc le cloue sur place.
- Olivia ?
- Oui...
- Ce n'est pas vrai... Oli ? Il la serre dans ses bras. Cela fait tellement longtemps. Tu es à Londres depuis combien de temps ?
- Depuis 3 jours. Je suis arrivée juste après ma mère et ma sœur.
Les mères s'en vont et laissent leurs enfants discuter entre eux.
- Si j'avais su que tu deviendrais aussi belle, je t'aurais épousée, la taquine Clovis.
- Tu ne sais toujours pas parler aux femmes. Cela m'étonnes point que tu ne sois plus marié.
À cela, Clovis perd son sourire immédiatement. Louis rigole sincèrement. Il a l'impression qu'un poids a été dégagé de ses épaules. Cela lui rappelle leurs discussions quand ils étaient plus jeunes. Olivia et Clovis se disputaient tout le temps. Il jouait souvent le médiateur. Il reconnaît que Clovis n'a pas su dire de manière courtoise ce qu'il voulait dire. Il aurait pu mieux s'y prendre. Il a lui-même été impressionné par la transformation. Il ne va pas mentir sur le fait qu'il a apprécié les formes qui sont apparues sur le corps de l'ancien garçon manqué, qu'ils fréquentaient, qui avait les cheveux tout le temps court et faisait vriller sa mère à l'époque. L'autre élément qui le marque est qu'elle n'a pas perdu sa joie de vivre et son énergie. Olivia avait toujours su égayer et illuminer les endroits où elle se rendait. Elle n'a pas perdu cette capacité.
- Tu restes combien de temps ?
- Je devais faire 1 semaine, donc 4 jours encore.
- Tu vis où actuellement ? Tes parents vivent toujours à Madrid comme ambassadeurs non ?
- Effectivement. J'étudie à Johannesburg en Afrique du Sud. J'ai fini ma thèse et j'ai soutenu il y a deux semaines.
- Incroyable... La petite Oli est devenue docteur... Clovis la félicite. Quel était le domaine ?
- Histoire, je suppose. Louis répond à sa place. Tu voulais devenir professeur d'université si mes souvenirs sont bons.
- J'ai choisi Histoire des civilisations.
- Tu as toujours été curieuse et tu as toujours aimé ce genre de chose.
- Tu t'en souviens...
- Je n'ai pas oublié. Je n'ai rien oublié.
Olivia le fixe silencieusement. Les mères reviennent auprès de leurs enfants. La reine attrape Clovis et l'emmène ailleurs.
- D'ailleurs Louis, Olivia t'a dit pour ses projets ?
- Elle vient de nous en parler. Elle est impressionnante comme toujours.
- Je suis bien d'accord. J'aimerais la convaincre de revenir à Londres et de s'y installer. Notre famille revient dans 2 mois, une fois le mandat de mon mari terminé. J'espère que tu pourras la convaincre des opportunités qui se présentent à elle ici.
- Il serait intéressant d'en parler en effet. Londres aurait besoin de quelqu'un comme toi.
- Maman... Olivia l'arrête toute gênée. Je veux juste profiter des quelques jours pour visiter Londres et me reposer. On en reparlera après.
- Tu devrais laisser Louis te montrer la ville. Je repars avec ta sœur demain à Madrid. Ce sera sûrement plus fun. Ça fait quand même plus de 20 ans que nous sommes partis. Et plus de 10 ans que tu habites en Afrique du Sud. Je suppose que tu n'as pas gardé une tonne de contacts.
- Ce n'est pas faux...
- Alors ce serait parfait n'est-ce pas ?
- Oui bien sûr, je serais enchanté de te servir de guide.
- Parfait alors. Je vous laisse, j'ai l'impression d'avoir reconnu quelqu'un.
La mère s'éloigne à son tour, les laissant seul à seul.
- Désolé encore pour ma mère...
- Pas de problèmes. Je t'aurais sûrement proposé de se faire un dîner pour tenter de rattraper le temps perdu avec les autres. Nous étions très proches à l'époque. Mick et Christiane seront sûrement ravis de te revoir.
- Ce serait un bon plan.
- Surtout que si tu n'as pas changé tant que cela, tu avais en réalité prévu de rester chez tes parents durant ton séjour sans sortir. Tu n'aurais pas non plus demandé de l'aide.
- Grillée... Je n'ai pas tellement changé en vrai. Et toi ?
- J'ai changé, dit-il avec une touche d'amertume dans la voix.
Il espère qu'Olivia n'a rien remarqué. Elle fait mine de rien.
- J'ai hâte de connaître cette nouvelle version de toi.
Il lui sourit sincèrement. Il voit arriver Mick et Christiane. Il leur fait signe de la main. Mick lui répond, mais lui montre leurs parents un peu plus loin du doigt. Il comprend facilement qu'ils vont s'arrêter là-bas en premier et une fois ceci fait, ils viendront vers eux.
Un des hommes de sa sécurité l'informe qu'ils devraient s'isoler et se réfugier sous une tente utilisée pour les prélèvements de sang. Ils seraient tranquilles et cela ne risque pas d'ameuter la presse de le voir parler avec Olivia depuis aussi longtemps et seul à seul. Il ne veut pas qu'elle devienne la cible de rumeurs et des paparazzis. Elle est venue pour se reposer pas pour subir ce genre de chose. Il lui demande de le suivre pour être à l'abri. Elle accepte et se déplace avec lui rapidement. Une fois arrivés sous la tente, ils s'asseyent et se mettent à discuter. Louis envoie un message à Mick pour lui donner leur localisation.
- ... Et, tu te rappelles le jour où vous vous êtes battus pour savoir lequel d'entre vous allait m'épouser. Quand elle prononce ce mot, Louis se tend légèrement. Pendant tout ce temps, il a oublié Anastasia, oublié le poids de leur situation, oublié ses ennuis. Il commence à se sentir coupable. Tu ne t'es pas beaucoup battu ce jour-là. Tu l'as laissé gagner.
- Clovis voulait énormément gagner. Je savais que ce n'était pas notre petite bataille qui allait décider de quoi que ce soit.
- Tu le protégeais, tu as toujours eu à cœur ton rôle de grand frère. Tu l'as toujours à ce que je vois.
- Qu'est-ce qui te fait dire cela ?
- Une intuition. Tu n'as pas tant changé que cela Louis. Intérieurement, tu es toujours le même garçon qui ne montre rien de ses émotions et sentiments aux gens, mais qui a toujours à cœur les intérêts des siens et qui est toujours attentif aux gens qu'il aime.
Il ne répond rien, mais un fin sourire se dessine sur son visage. Il se sent cerné en partie. Il est vraiment content à cet instant. Cela fait longtemps qu'il n'avait pas ressenti une telle paix intérieure.
Mick et Christiane arrivent à ce moment sous la tente. Christiane, en le voyant discuter aussi amicalement avec une jeune femme qu'elle ne connaît absolument pas, s'énerve facilement.
- Bonjour, votre altesse. Son ton est dur et cynique. Où est votre femme, la princesse ? Je ne l'ai toujours pas vue et je la cherche.
Louis se tourne vers Christiane, avant de se tourner vers Olivia. Olivia n'a vraiment pas changé sur certains points. Elle est toujours aussi facilement lisible. Elle semble à cet instant sous le choc d'apprendre cela. Elle regarde sa main gauche rapidement et doit avoir remarqué l'anneau à son doigt. Elle rougit fortement quelque instants.
- Elle n'a pas pu descendre. Je vais l'appeler...
Il lance l'appel devant le regard mitrailleur de Christiane. Il entend la sonnerie résonner a proximité. Tous se tourne vers la source du bruit. Le garde s'approche et révèle Anastasia qui est derrière un des pans de la tente. Elle apparaît à la vue de tous, générant de la gêne.
- Tu as pu descendre ? Elle secoue positivement la tête. Elle fixe Olivia, qui ne sait pas où se mettre. Tu es là depuis un moment ?
- Je viens d'arriver. J'ai vu Christiane et Mick entrer. Les gardes m'ont dit où tu étais.
- Laissez-moi faire les présentations correctement. Mick, Christiane je suppose que vous ne l'avez pas reconnue. Il s'agit de Olivia.
- Olivia ? Christiane la fixe, la reconnaissant finalement. Oli ?
- Oui...
Elle la prend dans ses bras toute contente.
- Ma petite Oli ? Tu es devenue si jolie...
- Tu m'étouffes Christiane.
Louis sourit quand il voit Christiane apaisée. Il s'approche d'Anastasia. Il attrape sa hanche et la colle à lui.
- Ça va ? Elle reste silencieuse. C'est une amie d'enfance. Cela fait plus de 20 ans que nous nous sommes plus revus.
- Je ne t'ai rien demandé...
- Je sais, je voulais te le dire.
- Pour t'excuser ? Tu as fait quelque chose qui te trouble ?
- Anastasia, s'il te plait. Pas ici...
Elle détourne le regard et s'éloigne de lui. Il souffle d'exaspération, mais la lâche. Elle s'approche du groupe. Christiane en la voyant arriver, se détache d'Olivia. Elles se retrouvent face à face.
- Je suis enchantée de vous rencontrer, votre altesse.
Olivia prend les devants. Anastasia la regarde silencieusement. Elle la détaille toujours dans ce silence, ne répondant pas tout de suite et mettant les autres tous mal à l'aise.
- De même...
- Nos parents à Olivia, les garçons et moi sont très proches, explique Christiane à Anastasia. Je jouais souvent avec elle à l'époque quand nous n'avions qu'une dizaine d'années. Elle jouait aussi avec Clovis et Louis quand ils étaient plus jeunes. Elle se tourne vers Olivia. Je suis désolée de ne pas t'avoir reconnue plus vite. J'ai été désagréable avec toi.
- Pas de soucis.
- Je suis tellement contente de te revoir. Il faut qu'on sorte tous boire un verre et se remémorer le passé.
Mick lance un regard de sollicitude à Louis. Il a observé toute la scène. Il voit bien la situation dans laquelle se trouve son ami et il le plaint. Il se rapproche de lui et lui propose d'aller boire un verre ce soir ensemble.
Clovis et la reine étant rentrés en premier et Christiane et Mick ayant décidés de ramener Olivia, Louis rentre seul avec Anastasia. Elle regarde par la fenêtre dans un silence dérangeant.
- Si tu as des choses à me dire, tu peux t'exprimer...
- Je n'ai rien à te dire...
- Donc cela ne te fait strictement rien ?
- Cela devrait me faire quelque chose ? Elle se tourne vers lui brusquement. Tu aurais aimé que je pète un câble pendant que tu te laissais draguer par cette fille ?
- Oui j'aurais aimé que tu me montres que tu tiens à moi. En plus Olivia ne me drague pas, elle et moi étions juste en train de discuter ensemble.
- Alors pourquoi elle s'est sentie gênée à mon arrivée ? Pourquoi Christiane a ressenti le besoin de parler de moi ?
- Je ne sais pas. Tu lui demanderas. Mais tu m'étonnes qu'elle ait été mal à l'aise, vu la manière dont tu as refroidi l'ambiance en arrivant. Aucun mot, aucune douceur.
- Excuse-moi de ne pas m'être agenouillée devant elle. Elle lui répond cyniquement. La prochaine fois, je me rattraperai.
- Arrête avec tes gamineries. J'en ai marre... Il serait peut-être temps que nous nous séparions définitivement.
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De l'autre côté de l'Atlantique, des semaines plus tôt.
- Où est-il ?
Natalia demande désespérément à Lorenzo.
- Je ne peux pas te le dire. Il me l'a interdit.
La personne que recherche actuellement Natalia n'est personne d'autre que son propre époux. Andres a disparu de la maison depuis maintenant 2 semaines. Il n'a pas quitté le pays, Lorenzo a pu le lui confirmer au moins. Depuis la capture de son agresseur, son mari n'est plus le même. Comme s'il avait perdu tout contact avec la vie, avec le monde réel. Elle lui en veut de ne rien lui dire et d'avoir disparu de la sorte sans la prévenir. D'aussi peu compter sur elle, de lui faire aussi peu confiance. Elle n'a plus de nouvelles de lui depuis plus de 2 semaines, strictement rien. Le passé ne lâche personne, cette phrase convient mieux que jamais pour parler de leur situation actuelle. Le passé de Andres a fait son retour sous une forme effroyable, emportant leur chef et son époux dans la tourmente. Personne ne sait s'ils arriveront à remonter la pente. Personne, encore moins elle, qui n'a presque aucune idée de ce qui se passe.
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De retour en Angleterre, au temps actuel.
Louis est parti faire du sport pour expulser la frustration qu'il ressent à l'égard de sa situation avec Anastasia. Au moins sa dernière réplique a suffi à lui clouer le bec et à la faire sursauter légèrement. Il ne voulait pas la blesser, il était juste à bout et avait lâché cela, sous le coup de l'impulsion. Elle ne s'en fout peut-être pas totalement tout compte fait ? Mais elle ne dit rien, elle ne montre rien. Que doit-il faire ? Il ne va pas se battre pour une relation que l'autre ne semble pas vouloir poursuivre. Il a sa fierté et trouve avoir assez prouvé sa motivation à arranger les choses entre eux. Il souhaite qu'elle en fasse de même. Il reçoit un message de la part de Mick quand il quitte la salle. Il lui propose un bar pour boire un verre avec lui ce soir. Il accepte et part s'apprêter.
Une heure plus tard, les voilà dans le bar en question sirotant un verre de cognac. Avec glaçon pour son ami, sec pour lui. Mick regarde avec attention son ami descendre son premier verre et en redemander un second. Il comprend que la situation est plus grave qu'il ne le pense.
- C'est si mauvais que cela ?
- Non le whisky est bon...
- Je ne te parle pas de cela. Je te parle de ta situation avec Anastasia.
- Je pense qu'on va bientôt divorcer. Cela vaudrait peut-être mieux pour tout le monde.
- Tu ne peux pas faire une telle chose. Tu es amoureux d'elle.
- À quoi cela sert-il ? Elle n'en a plus rien à faire ? Elle ne veut plus se battre...
- Avec la réaction qu'elle a eu devant Olivia ?
Mick est vachement surpris des propos de son ami. Anastasia n'a certes pas réagi, mais son regard en disait long sur ce qu'elle pensait de la proximité entre leur amie et son mari.
- J'aurais aimé qu'elle me montre qu'elle tient encore assez à moi pour être jalouse.
Louis fait tourner le liquide dans son verre, le regard lointain. Il commence à sentir les effets de la boisson ou c'est juste qu'il souhaite tout oublier à cet instant. Oublier la peine qu'il ressent depuis des semaines. La douleur qu'il ressent depuis qu'elle ne lui accorde plus son attention. Il réalise de plus en plus à quel point il est amoureux d'elle. Il s'en veut de ne pas pouvoir freiner ses sentiments, d'être tombé bêtement amoureux d'une femme qui aujourd'hui le fait tant souffrir et de ne même pas pouvoir s'en débarrasser.
- Louis... Elle est passée par des choses difficiles...
- Je sais... Je sais putain... J'étais là. J'ai essayé d'être patient, mais jusqu'à quand ? Sans aucun signe d'espoir ?
- Louis, c'est ta faute cette situation. Soit un peu plus patient, donne lui du temps. Elle reviendra quand le temps sera venu...
- Et si cela n'arrive pas ? Louis le fixe énervé. Vas-y, dis-moi Mick comme tu sembles avoir réponse à tout. Son ami ne peut pas répondre à cette question. Même sa femme Christiane ne sait pas quand l'électrochoc se produira. Je vais être franc avec toi. Avec la santé de mon père qui se détériore de plus en plus, j'ai pris conscience de mon envie de fonder un foyer et d'avoir une personne loyale, qui m'aime dans ma vie. Une personne qui sera là pour moi dans les épreuves de la vie. Je ne sais plus si Anastasia peut être cette personne pour moi. Et si ce n'est pas le cas, c'est mieux pour tout le monde que l'on se sépare. Elle ira trouver quelqu'un qui la rendra heureuse et moi de même.
- Comme Olivia ?