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Le veilleur de nuit: Roman

Le veilleur de nuit: Roman

Auteur:: promotion
Genre: Romance
Gare aux clients qui se comportent mal. Veilleur de nuit dans un hôtel et meurtrier sans scrupule, Ange place des caméras dans toutes les chambres. Par un heureux hasard, il fait la connaissance de Suzanne, une jeune sœur qui s'est échappée du couvent, et de Flora, une jeune femme troublée. Malheureusement, cette dernière est à l'origine d'un grand changement dans sa perception du monde. Seulement, ses actes ne sont pas sans conséquence... À PROPOS DE L'AUTEURE L'écriture est pour Lorraine Avazeri une aventure au cours de laquelle elle se sert des mots, de leur tournure et agencement pour redécouvrir les hommes et leurs histoires.

Chapitre 1 No.1

À Léa

On ne naît pas tous égaux, c'est une certitude,

mais nous avons tous soif de justice.

Seulement, ce qui est juste pour les uns

ne l'est pas forcément pour les autres.

Qu'est-ce qui pèse vraiment dans la balance ?

Qui peut vraiment dire ce qui est bon ou mauvais ?

Qui a vraiment la prétention de savoir la différence

entre le bien et le mal ?

La morale est-elle une chose commune

ou propre à chaque individu ?

Juin 1999

Un des nombreux chats de la maison avait déféqué sur le lit et il eut une grosse bouffée de rage.

Il savait que sa mère ne nettoierait pas et que si son père voyait ça, ça allait encore être pour sa pomme parce que c'était son lit à lui.

Idée stupide, certes, mais c'était la mentalité de son père : chacun était responsable de ses affaires.

Ce pauvre type, chômeur de longue durée et alcoolique notoire, était bourré de principes à la con, il passait ses journées à regarder la télévision et à boire des bières.

La famille vivait des allocations qu'elle touchait et il avait depuis longtemps abandonné l'idée de travailler.

Sa femme qui avait la dégaine d'une grosse prostituée sur le déclin était d'une vulgarité crasse et n'accordait son attention qu'aux animaux qui envahissaient les lieux déjà exigus

Chiens, chats, perruches, poissons rouges, une vraie arche de Noé.

Ils avaient six enfants entassés dans deux chambres avec des lits superposés.

Un bordel monstrueux régnait dans l'appartement qui sentait la litière et le chien mouillé

C'est pour ça que le chat roux de la maison avait décidé de prendre le lit comme litière car la caisse débordait, comme d'habitude.

Ange l'avait vu faire au dernier moment et coursa l'animal en l'insultant.

C'est une gifle magistrale qui l'arrêta net.

- Je t'ai déjà dit de laisser le chat tranquille ! hurla sa mère.

Ange se tenait la joue qui était toute rouge et se disait que si elle mettait la même énergie à s'occuper de ses gosses qu'elle mettait pour s'occuper de ses bestioles, ils vivraient comme des rois.

Il avait pris l'habitude de ne pas répondre, pour éviter les coups et les insultes, et fit demi-tour sans mot dire.

Maintenant, il s'agissait d'attraper ce satané félin, discrètement, avant de lui faire sa fête.

Le soir venu, ils étaient tous à table où ils n'avaient ni le droit de bouger ni le droit de parler, toujours sous l'influence des principes paternels

Ayant aperçu le chat dans le couloir, Ange profita d'une énième dispute d'ivrognes entre ses parents dans la petite cuisine. Il chuchota à ses frères et sœurs en se levant :

- Je vais aux toilettes.

Il y avait tant d'adversité dans cette famille et ses parents étaient si violents que c'était le règne de la terreur. Ils étaient solidaires, car celui qui dénonçait était autant susceptible de se prendre une rouste que celui qui était coupable

Les enfants ne bronchèrent pas et continuèrent le repas dans le calme. Il prit donc le chemin des toilettes et embarqua le félin dans la foulée.

Il avait prévu son coup.

Il sortit une ficelle pour les rôtis qu'il avait dérobée à sa mère (comme si elle faisait des rôtis...) et entoura le cou du matou dans les WC où il avait bien veillé à fermer la porte à clef. Il ouvrit la fenêtre, attacha la cordelette au crochet du volet et poussa le matou dehors tout en tirant la chasse d'eau pour couvrir ses cris. Il referma la fenêtre et retourna à table comme si de rien n'était.

La nuit venue, il s'assura que tout le monde dormait, récupéra la dépouille, la mit dans son cartable, sans culpabilité aucune, et s'en débarrassa discrètement dans une benne à ordure sur le chemin de l'école.

Ange avait commis son premier meurtre. Il avait à peine dix ans.

Tout le monde chercha le chat désespérément, en particulier sa mère. Même lui s'investit dans cette cause perdue, car, plein de vices, il ne voulait pas éveiller les soupçons.

Dorénavant, il en serait ainsi.

Chaque personne qui le contrarierait plus que de raison subirait ses foudres, mais comme il était intelligent et discret, personne ne le soupçonnait jamais.

Il avait ressenti du soulagement à la suite de cette mauvaise action, comme une soif de vengeance enfin assouvie, il ignorait encore qu'il n'était qu'au début d'une longue série de méfaits...

Chapitre 2 No.2

Novembre 2001

Lorsque Ange avait douze ans, un grand du collège, une espèce de colosse infernal et sans vergogne, qui répondait au nom de Jonas l'avait pris pour sa tête de turc.

Il n'était pas la seule victime de ce petit barbare en culotte courte mais il morflait plus souvent qu'à son tour.

Les croches-pattes, les brimades, les insultes, bref, du harcèlement permanent avec toute la frustration que cela peut déclencher chez sa victime.

Jonas était prétentieux et hautain, un vrai gosse de riche. Son père était le directeur d'une grande usine et il vivait dans l'opulence. Il était gâté pourri et affichait un grand mépris pour tous ceux qui étaient pauvres.

Or, il n'était pas difficile de se rendre compte qu'Ange et sa famille étaient plus que pauvres.

Les vêtements et les chaussures étaient passés d'enfants à enfants à mesure qu'ils grandissaient.

Ange était le quatrième et sa mère n'en avait strictement rien à faire qu'il porte un pull rose à licorne ou autre chose du moment qu'il entrait.

Sa sœur aînée n'était pas mieux servie car quand plus rien ne lui allait, soit elle portait des vêtements trop petits qui lui donnaient l'air ridicule, soit on l'emmenait à Emmaüs ou à la croix rouge pour refaire sa garde-robe.

Ange s'était promis que quand il serait grand, il travaillerait et aurait de la classe.

Fini les pulls roses et les moqueries.

Un beau jour, Jonas poussa le bouchon trop loin.

Il fila une rouste à Ange qui finit à l'infirmerie de l'école avec la lèvre ouverte et un bel œil au beurre noir. On eut beau l'interroger à ce sujet, il ne voulait rien dire. D'autant que la plupart des marques qu'il portait sur le corps venaient se ses propres parents.

Il prétexta une mauvaise chute.

Encore.

Le directeur de l'école et l'infirmière n'étaient pas dupes, mais comment faire quand un enfant applique la loi du silence ?

Était-ce bien raisonnable de prévenir l'assistante sociale ?

L'infirmière insistait auprès du directeur, un certain monsieur Stein :

- Monsieur, ça ne peut plus durer, vous le savez aussi bien que moi.

- N'insistez pas, vous savez très bien ce que je pense du système social et de ses méthodes.

- Monsieur, lui dit-elle d'une voix douce en lui touchant le bras, vous n'êtes pas responsable de ce qui est arrivé à la petite Sophie.

- Solange, je suis responsable de tous ces enfants. Si je m'étais abstenu de faire un signalement, elle n'aurait jamais été retirée à ses parents et elle n'aurait pas fini dans une famille d'accueil où elle a subi... Ce qu'elle a subi. C'est entièrement de ma faute.

- C'était une erreur de jugement, nous pensions que c'était une enfant battue, elle aussi vivait dans la plus grande précarité, vous avez fait ce que vous pensiez être juste. Alors nous allons renoncer à signaler tous les problèmes parce qu'il nous est arrivé cet incident ?

- Vous appelez ça un incident, vous ? Moi j'appelle ça un système pourri. Les foyers sont pleins à craquer et les familles d'accueil ne sont pas fiables. J'ai pris ma décision, je ne prendrai plus jamais la responsabilité de retirer un enfant de son foyer sauf en cas de grand péril, car croyez-moi ou pas, je pense qu'ils sont mieux dans leur famille qu'aux mains de cette bande d'incompétents des services sociaux qui ne sont même pas foutus de les placer correctement.

- Je vous comprends mais...

- Non, Solange, vous ne comprenez pas. Il désigna son cœur sur sa poitrine avec son doigt, la culpabilité de cet incident comme vous dites, c'est moi qui la porte chaque jour. Alors, que ça vous convienne ou pas, je ne ferai pas de signalement. Du moins pas cette fois.

L'infirmière comprit qu'il ne lâcherait pas l'affaire et partit déçue.

La situation était inextricable.

Ces enfants étaient en danger quoi qu'il arrive, qu'on le signale... ou pas.

Le directeur retourna à son bureau et s'assit.

Il repensa à ce qu'il avait fait, cette terrible erreur qu'il ne se pardonnerait jamais.

Mais comment aurait-il pu imaginer qu'il était dans le faux ?

Effectivement les parents de la petite Sophie, sept ans à l'époque, n'étaient ni riche, ni très instruits.

Comme beaucoup de gens dans la région, son père était au chômage et sa mère cumulait les petits boulots pour arrondir les fins de mois.

Mais cette fillette collectionnait les fractures.

Quand ça n'était pas les bras, c'étaient les côtes et quand ça n'était pas les côtes, c'étaient les jambes.

Sur les conseils de Solange, monsieur Stein fit un signalement aux services sociaux qui, au vu de toutes ces blessures, décidèrent de retirer Sophie de son domicile et la placèrent dans une famille d'accueil. Des gens soi-disant très bien.

Seulement, et bien qu'ils soient aisés, ces personnes se comportèrent comme des monstres avec elle.

Oh, bien sûr, elle avait de beaux vêtements pour venir à l'école, mais elle se mit à perdre du poids rapidement et avait la mine la plus triste qu'il soit.

En fait, ces pourris la nourrissaient à peine et l'utilisaient comme une domestique.

Elle devait accomplir toutes sortes de tâches à la maison et essuyait brimades et reproches en permanence.

Elle qui était si heureuse avec ses parents.

Ils étaient pauvres, certes, mais s'occupaient très bien d'elle.

Malgré son placement, elle continua à se casser des membres.

La famille d'accueil se justifia en disant qu'ils ne la frappaient pas et c'était vrai car ils la terrorisaient tellement qu'elle mettait tout en œuvre pour ne jamais les décevoir.

De vrais Thénardier.

Les menaces suffisaient amplement pour effrayer cette petite gamine timide et sensible.

En revanche, après enquête, on s'aperçut de deux choses horribles :

La première étant que le père de la famille d'accueil abusait sexuellement de la petite Sophie, qui était très traumatisée, la seconde, qu'elle était victime de la maladie des os de verre qui est caractérisée par une fragilité osseuse excessive et que c'était pour ça qu'elle se faisait toujours mal.

On l'amena à l'hôpital pour lui faire des examens quand elle osa enfin dire la vérité au sujet de ses conditions de vie dans sa nouvelle famille et ce fut un vieux médecin qui diagnostiqua cette terrible pathologie.

Ensuite, on la plaça en foyer, ce qui empira l'état de la petite qui souffrait littéralement de dépression et les parents mirent un temps considérable à convaincre la justice de leur rendre leur fille.

Ce fut un grand combat et à l'époque, le directeur leur avait proposé de les aider car il se sentait responsable de cette situation.

Il voulait leur remplir les papiers nécessaires et leur fournir un avocat.

Si au début ils refusèrent tout net car ils étaient en colère contre lui, ils durent se résoudre à accepter tant leur situation était difficile.

Sans argent ni instruction, pas évident de lutter contre une lourde machine comme l'administration.

Ils avaient réussi.

Sophie avait retrouvé sa famille pauvre, certes, mais pleine d'amour pour elle.

Mais si on avait retiré une adorable petite fille de sept ans à ses parents, ceux-ci récupérèrent une jeune délinquante de dix ans.

Une rebelle dévergondée qui n'en faisait plus qu'à sa tête

Ils se donnèrent beaucoup de peine pour la remettre dans le droit chemin. Sans succès.

Les séquelles des abus subis étaient irréversibles et ça, Monsieur Stein le savait très bien.

Le directeur prit la photo de sa femme qui était devant lui sur le bureau et l'observa longuement.

Depuis des années, ils s'obstinaient à avoir un enfant, en vain.

Parfois, il se disait que cette fameuse histoire avec la petite Sophie en était la cause.

Il n'avait pas été à la hauteur et était puni de ses actions.

Ange, lui, était étendu sur le lit de l'infirmerie avec une poche de glace sur le visage et se reposait tranquillement quand Solange lui dit qu'elle devait le quitter quelques instants.

Il profita de son absence pour fouiller dans les tiroirs et trouver les dossiers des élèves

C'est ainsi qu'il découvrit que Jonas était allergique à l'aspirine et que cela pouvait déclencher chez lui des œdèmes de Quincke donc il ne fallait en aucun cas lui en administrer.

Bingo !

De l'aspirine, il en avait à revendre avec les pseudo migraines de sa mère.

Ce qu'elle appelait des maux de tête était plutôt dû à la surconsommation d'alcool qu'elle s'infligeait tous les jours

Lorsqu'il rentra de l'école, il alla en toute discrétion se servir dans l'armoire à pharmacie.

Ange pila les cachets et remplit un petit flacon.

Il dut faire preuve de patience.

Jusqu'au jour où enfin, à la cantine, il détourna l'attention de Jonas en le bousculant à ses risques et périls et lui versa une belle dose d'aspirine dans son assiette.

À la fin du repas, Jonas se mit à respirer difficilement, il se rendit dans la cour comme d'habitude, mais il ne se sentait pas bien, quand la cloche sonna, il se mit en rang et tout à coup il tomba comme une masse

On l'amena d'abord à l'infirmerie, mais quand Solange s'aperçut qu'il avait de la peine à s'exprimer parce que sa langue était gonflée, elle appela immédiatement les pompiers.

À l'hôpital, on le mit sous oxygène et on lui envoya de l'adrénaline pour que son cœur ne lâche pas.

C'étaient des gens compétents, certes, mais ils avaient amené le petit trop tard.

Jonas perdit la vie à treize ans.

Les enfants de l'école lui chantèrent une belle chanson à son enterrement.

Ange braillait à pleins poumons, lui qui avait horreur de chanter s'en donna à cœur joie.

C'était un bel hommage et il se dit que le malheur des uns faisait le bonheur des autres.

Monsieur Stein, lui, renonça à son poste de directeur et partit s'installer à la campagne car il ne supportait plus la pression infligée par son poste et devint instituteur à l'école du village.

Sa femme, urgentiste à la ville, ouvrit un petit cabinet médical.

Ils ne gagnèrent plus les mêmes salaires, c'est sûr, mais ils se sentaient bien.

Tellement bien qu'elle tomba enceinte au bout d'un an.

Quelques années plus tard...

Chapitre 3 No.3

Un veilleur malveillant

Ange était veilleur de nuit à l'Hôtel du Lion d'Or, un superbe établissement étoilé.

Ce passionné de nouvelles technologies avait placé des mini caméras sans fil avec vision nocturne et détection de mouvements dans chaque chambre et observait ses contemporains pour se distraire.

Mais il ne se contentait pas de les surveiller.

Il se faisait une opinion sur leur comportement et agissait en conséquence.

Un peu comme un vengeur masqué qui errait dans les couloirs et châtiait à sa guise ceux qui allaient devenir ses victimes.

La dernière en date était une petite bourgeoise désagréable et méprisante qui exigea de lui de la servir au bar vers une heure du matin.

Elle avait une queue de cheval et des lunettes à grosse monture qui lui donnaient un air sévère et buvait des vodkas orange.

C'était une bête de travail qui ne lâchait pas son ordinateur portable et qui ne pensait qu'à sa carrière.

De petite taille, un peu rondelette, elle avait l'air bon chic, bon genre, mais cachait une personnalité hautaine qu'elle exprimait volontiers avec le « petit personnel ».

Pour elle, les gens qui n'étaient pas de sa condition étaient des ratés et ils ne méritaient pas même un regard de sa part.

Elle était très exigeante avec elle-même et surtout avec les autres.

C'est ainsi qu'elle pourrissait au téléphone ses collaborateurs jour et nuit et même devant Ange, cela ne la gênait pas de malmener son interlocuteur avec des mots choisis en le traitant d'incapable et de tire-au-flanc.

Au bout de trois verres, elle avait entrepris de fermer son ordinateur retiré sa queue de cheval, enlevé ses lunettes et se prit la tête dans ses mains, avec un grand soupir.

Elle était sur un très gros contrat et devait voir des clients le lendemain.

C'était très important pour son avenir dans la boîte et elle était partie de loin, elle avait travaillé comme une forcenée, fait de brillantes études et convoitait un poste à responsabilité.

Il s'agissait surtout de ne pas décevoir son père.

Déjà, il aurait voulu un garçon, c'est ainsi qu'elle se retrouva avec le prénom de Frédérique.

Sa mère était morte en couche et il ne s'était jamais remarié.

En revanche, il avait tout misé sur sa fille.

Quand elle n'était pas première de classe, elle morflait.

Quand elle ne brillait pas en équitation, elle morflait.

Quand elle loupait son coup à la chasse, elle morflait.

Bref, il en avait fait une machine de guerre, dénuée d'empathie et pleine de rage.

Lorsque Ange la vit se détendre un peu, il tenta de lui adresser la parole.

- Dure journée ? demanda-t-il en essuyant les verres.

- J'ai la tête de quelqu'un qui a envie de faire la conversation ? rétorqua-t-elle d'un air agacé.

Il ne se démonta pas. Au contraire.

Il servit la jeune mégère avec courtoisie.

L'occasion était trop belle, car quelque temps plus tôt, un vieil allemand très désagréable lui aussi, avait séjourné à l'hôtel.

Il mangeait comme un ogre et appelait systématiquement Ange pour boire ou se restaurer durant la nuit.

En cuisine, on lui laissait une mise en place pour satisfaire d'éventuels petits creux nocturnes et il devait aussi s'occuper de la partie bar, mais en principe il n'y avait pas trop de demandes.

Un beau jour où l'Allemand était parti se promener, Ange en profita pour faire une descente punitive dans sa chambre.

Il possédait un sac rempli de médicaments et Ange lui en déroba quelques boîtes qu'il conservait précieusement à portée de main.

C'est ainsi qu'il se retrouva en possession de puissants somnifères.

Il en pila quelques-uns et les mis dans les cocktails de la demoiselle.

Il ne lui en fallut pas plus de deux pour qu'elle perde tous ses moyens et tienne péniblement sur son tabouret.

Elle en descendit en titubant. Ange lui proposa de la ramener dans sa chambre.

Elle tenta de refuser tout en s'écroulant et il la rattrapa de justesse.

Ils gravirent non sans peine les deux étages et il ouvrit la porte tout en portant la malheureuse jusqu'à son lit.

Là, il la lâcha à plat ventre, lui tira les jambes et la mis en position genoux au sol.

Il monta sa jupe, descendit sa petite culotte, abaissa son propre pantalon et la pénétra sans ménagement.

La jeune femme couina et tenta de s'extraire de son étreinte, mais Ange lui saisit solidement les mains dans son dos et défoula sa colère.

Soudain, il se dit qu'il pouvait profiter de la situation jusqu'au bout, c'est ainsi que, très excité, il la sodomisa et jouit entre ses fesses avec non seulement du plaisir, mais aussi un étrange sentiment de devoir accompli.

Lorsqu'il eut terminé, elle s'écroula au sol en gémissant.

Ange la souleva, l'assit au bord du lit en la tenant, la déshabilla intégralement et la plaça dans le lit en prenant soin de ranger ses affaires sur la chaise.

Il allait partir, puis se ravisa, revint sur ses pas et joua au petit Poucet : il mit d'abord son chemisier devant la porte, puis son soutien-gorge dans le couloir de la chambre, enfin sa jupe au fond du lit et sa culotte à la hauteur de ses chaussures.

Cette petite pétasse ne se rappellera pas sa soirée et se posera bien des questions en se réveillant.

Tant mieux, ça lui apprendra.

Ange possédait beaucoup de vidéos similaires. Il aimait les regarder régulièrement. Cela lui conférait un sentiment de toute-puissance.

Tantôt, il se masturbait, tantôt il admirait juste son œuvre en se félicitant de ses actions.

Le lendemain matin, la jeune femme, le regard vide et le pas mal assuré, vint payer sa chambre.

Elle n'avait aucun souvenir de sa soirée et pour une raison qui lui échappait elle se sentait très mal. Maux de tête, envie de vomir, elle cachait ses yeux derrière de grandes lunettes de soleil.

Honteuse de cette situation, elle était incapable de savoir avec qui elle avait couché car elle avait couché, elle en était sûre.

Elle partit sans demander son reste.

Ange ne se contentait pas de violer les gens qui l'exaspéraient. Il débordait d'imagination pour punir ses semblables.

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