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Le roi de la mafia.

Le roi de la mafia.

Auteur: Plume de Zidi
Genre: Mafia
Elle devait l'épouser pour sauver sa mère... Elle ne s'attendait pas à tomber dans les bras du parrain le plus redoutable de la mafia. Pour sauver la vie de sa mère, Marabella accepte un mariage qui pourrait bien lui coûter sa liberté : épouser Luca Barello, un homme puissant, impitoyable et craint de tous. Mais derrière le visage froid du parrain se cache un homme que rien n'avait préparé à rencontrer une femme comme Mara. Son courage, sa force et sa détermination bouleversent toutes ses certitudes. Pour la première fois, Luca ne veut pas seulement posséder le pouvoir... il veut conquérir un cœur. Quant à Marabella, elle découvre auprès de cet homme dangereux une liberté qu'elle n'a jamais connue, après une vie de misère et de sacrifices imposée par sa propre mère. Peu à peu, la peur laisse place à une attirance qu'elle ne peut plus ignorer, et ce mariage de raison se transforme en une passion capable de les consumer tous les deux. Mais aimer un parrain de la mafia, c'est aussi devenir une cible. Dans l'ombre, les ennemis de Luca préparent leur chute, prêts à frapper là où cela fera le plus mal : en s'attaquant à la femme qui a réussi à toucher son cœur. Marabella pourra-t-elle aimer l'homme qui l'a sauvée sans se perdre dans son monde de sang et de trahisons ? Et Luca sera-t-il prêt à tout sacrifier pour protéger la seule femme qui lui ait jamais donné une raison de craindre de perdre quelque chose ?
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Chapitre 1 Chapitre 1

À vingt-trois heures précises, le bar sportif de Nick fermait enfin ses portes. Les derniers clients, déjà bien éméchés, quittaient les lieux en titubant, tandis que je ramassais les verres et débarrassais les petites tables. Une fois le travail terminé dans la salle, je me dirigeai vers l'arrière du bar pour déposer la vaisselle dans l'évier. J'en profitai pour tirer sur le bas de mon short, qui remontait encore une fois sur mes cuisses. Cet uniforme était vraiment ridicule.

Je ne comprenais toujours pas comment quelqu'un avait pu imaginer qu'une tenue aussi inconfortable était adaptée à un travail de serveuse.

- Mara, dépêche-toi ! J'ai un rendez-vous ce soir, lança Sean, mon responsable, depuis l'autre côté du comptoir.

- J'ai presque terminé, répondis-je sans lever les yeux.

Je m'appliquai à nettoyer les dernières traces sur le bar, puis j'essuyai rapidement le comptoir avant de ranger le matériel. Quand tout fut enfin en ordre, je pointai ma sortie et rejoignis Sean près de la porte.

- Il était temps ! se moqua-t-il en me voyant arriver.

Je levai les yeux au ciel, sans prendre la peine de répondre, puis je quittai l'établissement pour rentrer chez moi.

Marcher seule dans les rues à une heure pareille ne faisait pas partie de mes activités préférées. Malheureusement, je n'avais pas vraiment d'autre solution. Chez moi, personne ne pouvait venir me chercher. Ma mère, Sherry, et son compagnon, Carl, n'avaient ni voiture ni emploi. Ils n'avaient surtout aucune intention de faire le nécessaire pour améliorer leur situation. Les factures, les courses et les dépenses courantes reposaient donc sur mes épaules. Avec le salaire que je gagnais chez Nick, je devais tout payer, tout en essayant de poursuivre mes études.

Heureusement, il ne me restait qu'un an et demi avant d'obtenir ma licence. Une fois diplômée, je pourrais enfin chercher un travail convenable et abandonner ce poste minable. Je rêvais du jour où je n'aurais plus à compter chaque dollar, ni à me demander comment j'allais réussir à payer les prochaines factures. J'avais déjà suffisamment de problèmes sans devoir constamment réparer les erreurs des autres.

Comme si la soirée avait décidé de me prouver que je n'avais encore rien vu, deux hommes ivres surgirent sur mon chemin. Ils avançaient en titubant, l'équilibre incertain et le sourire franchement désagréable.

- Eh bien, bonsoir, ma jolie ! marmonna le premier en me dévisageant.

Son compagnon ricana avant de se rapprocher.

- Qu'est-ce qu'une petite beauté comme toi fait dehors toute seule à cette heure-ci ?

Je compris immédiatement où ils voulaient en venir lorsqu'ils essayèrent de m'encercler. Je reculai de quelques pas afin de garder une distance suffisante entre eux et moi. Je n'avais aucune envie de discuter avec deux types incapables de marcher droit.

- Je ne cherche pas d'ennuis, répondis-je en levant les mains pour me préparer à me défendre.

- Elle a du caractère, celle-là ! remarqua le premier en riant.

- On devrait peut-être lui apprendre à se montrer plus gentille, suggéra l'autre.

Il s'avança brusquement et m'attrapa le bras. Je réagis sans réfléchir. Mon poing partit directement dans son nez, et il lâcha prise en poussant un cri de douleur.

- Aïe ! Sale garce !

Son ami se jeta aussitôt sur moi. Nous tombâmes tous les deux sur le trottoir, et mon genou ainsi que mon coude heurtèrent violemment le béton. La douleur me traversa les membres, mais je n'eus pas le temps de m'y attarder. L'homme pesait sur moi et tentait de m'immobiliser. Je lui enfonçai le coude dans les côtes, suffisamment fort pour lui faire desserrer son étreinte.

Je profitai de cette ouverture pour me redresser. Cependant, au moment où je tentais de m'éloigner, il saisit le bas de ma chemise et tira dessus avec une telle force que le tissu se déchira. La partie inférieure de mon vêtement resta entre ses mains.

Furieuse, je me retournai et lui assénai un coup de coude en plein visage. Un craquement sinistre retentit dans la rue. L'homme bascula en arrière, se tenant le nez, tandis que je cherchais déjà un moyen de m'échapper.

Je n'avais pourtant pas fait trois pas que son complice me rattrapa et me gifla violemment. Ma tête partit sur le côté. Une brûlure cuisante envahit ma joue, et un goût métallique se répandit dans ma bouche. Je sentis du sang couler sur ma lèvre.

Cette fois, je ne cherchai même plus à discuter. Je frappai son genou d'un coup de pied brutal, puis, lorsqu'il plia sous la douleur, je lui assénai un coup violent à la gorge, au niveau de la pomme d'Adam. Il s'effondra à genoux en portant les mains à son cou, incapable de faire autre chose que de lutter pour reprendre son souffle.

Je profitai de ces quelques secondes pour prendre la fuite.

L'adrénaline circulait dans mes veines à une vitesse folle. Je courais sans me préoccuper de mes blessures, incapable de ressentir autre chose que l'urgence de mettre le plus de distance possible entre ces hommes et moi. Du sang coulait le long de mon bras, de ma jambe et de mon cou. L'air frais de la nuit frappait ma peau échauffée, mais je continuais d'avancer.

Lorsque j'aperçus enfin ma petite maison, j'accélérai encore. Derrière moi, les deux hommes avaient retrouvé suffisamment de forces pour me poursuivre. Le bruit de leurs pas lourds se mêlait à leurs insultes et à leurs menaces.

Je gravis les marches du perron à toute vitesse, poussai la porte d'entrée avec une telle brutalité qu'elle heurta presque le mur, puis la refermai immédiatement derrière moi. Je tournai la clé dans la serrure et m'appuyai contre le battant, la poitrine soulevée par ma respiration saccadée.

- Mara ? appela ma mère d'une voix inquiète.

Je me redressai pour lui répondre, mais les mots moururent dans ma gorge.

Huit hommes occupaient notre salon. Tous portaient des costumes noirs impeccables, et leur apparence soignée contrastait avec l'atmosphère menaçante qui régnait dans la pièce. Deux d'entre eux tenaient leurs armes braquées sur ma mère et Carl. Les autres avaient les mains près de leurs pistolets et me surveillaient avec une attention qui ne laissait aucun doute sur leurs intentions.

Je promenai rapidement mon regard sur ces inconnus avant de m'arrêter sur celui qui était assis au milieu du canapé, face à ma mère.

Il avait croisé nonchalamment une jambe sur l'autre et semblait parfaitement à l'aise dans notre salon délabré. Pourtant, il suffisait de croiser ses yeux gris pour comprendre qu'il n'était pas un homme ordinaire. Son regard était froid, perçant et d'une intensité presque dérangeante.

Il était également d'une beauté à couper le souffle. Sa mâchoire carrée soulignait les traits fermes de son visage, son teint olivâtre contrastait avec ses cheveux noirs, et ses yeux gris attiraient irrésistiblement l'attention. Je ne savais pas qui il était, mais j'avais déjà du mal à détourner les yeux.

Son regard descendit lentement sur moi. Lorsqu'il remarqua mes vêtements déchirés et mon corps couvert de blessures, son expression changea. Ses traits s'assombrirent, et quelque chose de plus dur apparut dans ses yeux.

- Mara, qu'est-ce qui t'est arrivé ? demanda ma mère, paniquée. Pourquoi es-tu dans cet état ?

Je m'arrachai difficilement à la contemplation de l'inconnu et regardai Sherry, puis Carl. Je baissai ensuite les yeux sur mon short sale, ma chemise déchirée et les égratignures qui couvraient mes bras et mes jambes.

Je reportai mon attention sur ma mère, les sourcils froncés.

- Rien. Qu'est-ce qui se passe ici ?

La colère dans ma voix n'était pas dirigée contre les hommes armés qui avaient envahi notre maison. Elle aurait pourtant dû l'être. Non, ce qui m'agaçait le plus, c'était de constater que ma mère et Carl avaient encore réussi à se fourrer dans une situation catastrophique. Et, connaissant mes habitudes, je savais déjà qu'ils comptaient probablement sur moi pour les en sortir.

- Eh bien, tu vois, commença Sherry.

Elle n'eut pas le temps de poursuivre. Des coups violents retentirent soudain contre la porte d'entrée.

Je me retournai d'un mouvement brusque et reculai instinctivement.

Merde. Ce n'était vraiment pas le moment.

- Espèce de petite salope ! Ouvre cette porte ! hurla l'un des hommes de l'autre côté. Tu vas voir ce qui t'attend si tu continues à nous faire courir !

Les coups redoublèrent, faisant trembler le battant.

Derrière moi, Carl se mit à rire. Son rire était si déplacé que j'eus envie de lui envoyer mon poing dans la figure.

- Apparemment, nous ne sommes pas les seuls à avoir des problèmes ce soir. Je savais bien que tu n'étais pas aussi innocente que tu voulais le faire croire, ricana-t-il.

Je tournai vivement la tête vers lui.

- Va te faire foutre. Si je me retrouve dans cette situation, c'est parce que des abrutis comme toi passent leur temps à gâcher la vie des autres !

Je reportai ensuite mon attention sur la porte, où les deux hommes continuaient de hurler.

C'est alors que je remarquai l'un des gardes posté près de l'entrée. Il se tenait tranquillement contre le mur, comme s'il assistait à un spectacle qui ne le concernait pas. Mon regard descendit vers l'arme accrochée à sa ceinture.

Une idée me traversa l'esprit.

Je tendis la main dans sa direction.

- Je peux vous l'emprunter ?

Il haussa les sourcils, manifestement surpris par ma demande. Puis il tourna la tête vers l'homme assis sur le canapé, attendant visiblement son autorisation. Celui-ci ne prononça pas un mot, mais son expression suffit apparemment à donner son accord.

Le garde dégaina son pistolet et me le tendit par la crosse.

- Merci, dis-je poliment.

Je vérifiai aussitôt le chargeur, m'assurai qu'il était correctement approvisionné, puis remis celui-ci en place. Je contrôlai ensuite la chambre et constatai qu'une cartouche était déjà engagée. Une fois certaine que l'arme était prête, je poussai un soupir discret.

Dehors, mes poursuivants ne semblaient pas décidés à abandonner. Ils continuaient de frapper contre la porte en répétant qu'ils allaient me faire payer ce qui s'était passé dans la rue.

Très bien. Puisqu'ils insistaient.

Je déverrouillai la porte et l'ouvris brusquement. Dans le même mouvement, je levai le pistolet et braquai le canon sur le visage du premier homme.

- Alors, dites-moi, quelle leçon comptiez-vous m'apprendre ?

Un sourire provocateur étira mes lèvres.

Du coin de l'œil, je remarquai qu'un autre garde avait sorti son arme et la pointait sur les deux hommes. Je supposai que l'inconnu du canapé avait donné l'ordre de couvrir mes arrières.

Les deux ivrognes s'immobilisèrent. Leur assurance avait disparu aussi vite qu'elle était venue.

- Attendez ! protesta l'un d'eux en levant les mains. Nous ne voulons pas d'ennuis.

Je laissai échapper un rire sans joie.

- C'est dommage. Vous auriez dû y penser avant de m'attaquer. Vous auriez également dû y penser avant de me suivre jusqu'à chez moi. À mon avis, vous avez fait tout ce qu'il fallait pour chercher les ennuis.

Je resserrai les doigts autour de la poignée du pistolet.

- Et puisque c'est moi qui tiens l'arme, c'est mon avis qui compte.

Je savais que mon sourire devait être effrayant. Pourtant, je n'arrivais pas à éprouver la moindre pitié pour eux. Ils avaient essayé de me faire du mal, de me priver de quelque chose que je considérais comme précieux et que je ne pourrais jamais remplacer.

Une voix grave s'éleva derrière moi.

- Est-ce à cause de ces deux hommes que tu es dans cet état ?

Je reconnus immédiatement la voix envoûtante de l'inconnu.

- Oui, répondis-je sans quitter mes agresseurs des yeux.

Un silence bref suivit.

Puis l'homme ordonna d'un ton calme :

- Tuez-les.

Je n'hésitai pas. Mon doigt pressa la détente presque aussitôt, tandis que le garde à mes côtés tirait lui aussi. Les détonations retentirent dans la nuit, assourdissantes dans cet espace réduit. Les deux hommes s'écroulèrent sur le perron, et du sang éclaboussa mon visage ainsi que le pistolet que je tenais encore.

Je restai immobile pendant une seconde, puis je laissai échapper un long souffle.

Je venais de tuer quelqu'un.

Cette pensée aurait dû me faire perdre pied, mais mon esprit semblait incapable de comprendre pleinement ce qui venait de se produire. Tout s'était déroulé si vite. Quelques minutes auparavant, je courais pour échapper à deux types ivres. Maintenant, leurs corps gisaient devant ma maison, et j'avais participé à leur mort sans même prendre le temps de réfléchir.

- Débarrassez-moi de tout ça, ordonna l'homme derrière moi.

Quatre gardes se mirent immédiatement au travail. Deux s'occupèrent des corps tandis que les autres entreprirent de nettoyer le sang sur le perron.

Je baissai les yeux vers l'arme, puis arrachai un morceau de tissu au bas de ma chemise déjà déchirée. J'essuyai soigneusement le sang qui la recouvrait avant de la tendre, poignée en avant, au garde qui me l'avait prêtée.

Il la récupéra avec précaution, mais son expression trahissait sa surprise.

Je ne pouvais pas vraiment lui en vouloir. Moi-même, j'étais bouleversée par mon comportement. Je venais de tirer sur un homme sans hésiter, comme si le geste m'était venu naturellement.

Et tout cela à cause d'une voix.

Cette voix avait quelque chose d'étrange, une autorité qui m'avait poussée à agir sans réfléchir. Elle était à la fois dangereuse et terriblement attirante. Je ne comprenais pas pourquoi ses paroles avaient eu un tel effet sur moi, mais je savais déjà que cet homme représentait un danger bien différent de celui que je venais d'affronter.

Je me retournai enfin vers lui.

Installé au milieu du canapé, il ressemblait à un roi assis sur son trône. Un sourire magnifique éclairait son visage, tandis qu'une lueur d'admiration brillait dans ses yeux gris. Il haussa légèrement un sourcil en croisant mon regard, comme si mon comportement venait de confirmer une impression qu'il avait eue à mon sujet.

Je détournai les yeux à regret et me tournai vers ma mère.

- Tu disais ? demandai-je d'un ton glacial.

Sherry et Carl m'avaient regardée avec horreur quelques instants plus tôt. À présent, seul le visage de ma mère occupait mes pensées. Elle semblait incapable de comprendre ce qui venait de se passer.

- Mara... qu'est-ce que tu as fait ? murmura-t-elle.

Je traversai la pièce et me laissai tomber dans un fauteuil. Une douleur vive me traversa le genou, me faisant grimacer.

- Pour commencer, maman, ce n'est pas de moi que nous devrions parler. J'aimerais plutôt savoir dans quel nouveau désastre tu t'es encore empêtrée.

Je baissai les yeux sur mes blessures. La terre s'était mêlée au sang qui recouvrait ma peau, et mon coude me faisait de plus en plus mal. Je n'avais toujours pas reçu de réponse.

L'homme aux yeux gris prit alors la parole.

- Ils me doivent de l'argent.

Je relevai la tête vers lui, puis secouai lentement la mienne.

- Bien sûr. Il aurait été trop beau que, pour une fois, vous ne soyez pas responsables d'une catastrophe.

Je sortis mon chéquier de mon sac. Je savais qu'il me restait au moins mille cinq cents dollars sur mon compte. Ce n'était pas une fortune, mais j'espérais que cette somme suffirait à régler le problème, ou du moins à obtenir un peu de temps.

- Combien vous doivent-ils ? demandai-je.

- Cinq cent mille dollars.

Je me figeai.

Pendant quelques secondes, je crus avoir mal entendu. Mon cœur se mit à battre si fort que je l'entendais dans mes oreilles. Je levai lentement les yeux vers ma mère, espérant presque qu'elle allait éclater de rire et m'expliquer qu'il s'agissait d'une mauvaise plaisanterie.

Mais son visage pâle me donna immédiatement la réponse.

Je me redressai brusquement.

- Putain !

Ma voix résonna dans le salon. Sherry blêmit davantage, tandis que Carl, au lieu de se sentir coupable, sembla s'indigner de mon ton.

- Ne me parle pas comme ça, petite ingrate ! aboya-t-il.

Je tournai la tête vers lui, incapable de croire qu'il osait encore ouvrir la bouche.

- Ferme-la ! Personne ne t'a demandé ton avis !

Quelques-uns des hommes en costume laissèrent échapper un rire étouffé. Je n'y prêtai aucune attention. J'avais bien d'autres raisons de perdre mon calme.

- Qu'est-ce que vous avez bien pu faire pour accumuler une dette de cinq cent mille dollars ? demandai-je à ma mère, la colère montant en moi à chaque seconde.

Carl ricana.

- Ce que nous faisons ne te regarde pas, petite.

Un grognement m'échappa.

Je tournai alors les yeux vers Luca, l'homme installé sur le canapé. Son regard, jusque-là posé sur Carl, se releva lentement vers moi. La froideur qui y régnait sembla s'atténuer lorsqu'il croisa mes yeux.

Nous restâmes ainsi quelques instants, à nous observer en silence. J'essayais de comprendre qui il était, tandis que j'avais l'impression qu'il cherchait à déterminer jusqu'où il pouvait me pousser.

Un sourire en coin apparut sur mes lèvres.

Je me tournai de nouveau vers Carl.

- Tu as raison. Ce que vous faites ne me regarde pas. Par conséquent, votre dette ne me concerne pas davantage. Débrouillez-vous entre vous. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser, je vais prendre une douche et m'occuper de mes blessures.

Je me levai et traversai le salon, décidée à ne plus perdre une minute avec eux.

- Marabella, attends ! supplia ma mère derrière moi. S'il te plaît, nous avons besoin de toi. Laisse-moi t'expliquer.

Je m'arrêtai à proximité du canapé, juste devant Luca. Je regardai Sherry, qui semblait soudain avoir retrouvé un peu d'espoir.

- Nous avons perdu une grande partie de notre argent aux jeux, avoua-t-elle. Le reste est parti dans la drogue. Je suis désolée, Mara. Mais nous pouvons encore trouver une solution.

Son optimisme soudain me mit immédiatement la puce à l'oreille.

- Laquelle ? demandai-je. Je n'ai certainement pas cinq cent mille dollars à te donner, maman !

Elle esquissa ce sourire forcé que je connaissais trop bien. Celui qui me donnait envie de quitter la pièce avant même qu'elle ouvre la bouche.

- Monsieur Luca cherche une épouse vierge, annonça-t-elle d'une voix suggestive.

J'eus un haut-le-cœur.

Évidemment. Pourquoi aurait-elle simplement demandé pardon et accepté les conséquences de ses actes, quand elle pouvait trouver une autre façon de se servir de moi ?

Je me retournai vers l'homme aux cheveux noirs.

- Vous êtes monsieur Luca ?

Il acquiesça brièvement. Ses yeux gris restèrent fixés sur moi, et je dus faire un effort pour ne pas me laisser de nouveau distraire par leur intensité.

Je reportai mon attention sur ma mère.

- Tu comptes donc me vendre ? demandai-je, incrédule. Tu veux vraiment marchander avec moi comme si j'étais un objet que tu pouvais échanger contre de l'argent ?

Ma voix trembla légèrement malgré tous mes efforts pour rester calme.

- S'il te plaît, Mara, implora-t-elle. Je vais changer. Je te promets que cette fois, tout sera différent. Ne me laisse pas mourir. Je suis ta mère.

Je croisai les bras sur ma poitrine.

Je connaissais ce discours par cœur. Elle me promettait toujours de changer, de se reprendre, de laisser la drogue derrière elle. Chaque fois, je finissais par lui donner une nouvelle chance, et chaque fois, elle trouvait le moyen de me décevoir.

Sherry était toxicomane depuis des années. Elle avait fait passer ses besoins avant les miens, encore et encore. Je savais qu'elle mentait lorsqu'elle prétendait m'aimer suffisamment pour changer. Pourtant, je ne pouvais pas supporter l'idée de la voir mourir.

- Vraiment ? demandai-je en penchant la tête sur le côté.

- Bien sûr que oui. Je t'aime, Mara. C'est simplement la seule solution qui nous reste.

Elle prit un air triste, comme si elle souffrait réellement de me demander un tel sacrifice.

Je savais qu'elle n'en pensait pas un mot.

- Fais-le, bon sang ! cracha Carl. Arrête de nous faire perdre notre temps !

Je lui lançai un regard chargé de haine avant de revenir à Luca.

Il ne m'avait presque jamais quittée des yeux. Pourtant, je ne ressentais pas chez lui la même hostilité que chez Carl. Luca était manifestement dangereux, mais quelque chose dans son regard me donnait l'impression qu'il ne cherchait pas simplement à me faire du mal.

Je ne savais pas ce que je voyais dans ses y

Chapitre 2 Chapitre 2

Quand je découvris Luca assis sur mon lit, je m'arrêtai net. Je ne m'attendais pas à le retrouver dans ma chambre, et sa présence me surprit suffisamment pour me faire sursauter. Il se tenait droit, presque raide, mais son regard était étonnamment tendre. Ses yeux parcoururent mon visage et mon corps, puis s'attardèrent sur mes blessures. Une chaleur étrange m'envahit sous son attention. Dans sa main, il tenait une trousse de premiers secours.

Il se leva et désigna le lit d'un mouvement de tête.

- Assieds-toi, m'ordonna-t-il doucement.

Sa voix grave avait perdu la dureté que je lui avais entendue quelques heures plus tôt. J'obéis sans discuter et m'installai au bord du matelas. Luca s'assit près de moi, ouvrit la trousse et commença à appliquer une pommade sur mes genoux écorchés. Je gardais les yeux baissés, mais les larmes continuaient de couler silencieusement sur mes joues.

Il interrompit son geste et leva les yeux vers moi.

- Est-ce que tu pleures à cause de moi ?

Je secouai immédiatement la tête.

- Parce que si je suis responsable de tes larmes, je te promets que je ferai tout pour prendre soin de toi, ajouta-t-il avec sérieux.

Il semblait sincère, et cette sincérité me déstabilisait davantage que je ne voulais l'admettre. Je n'étais pas habituée à ce qu'on s'inquiète de mon état, encore moins à ce qu'un homme comme lui prenne le temps de me soigner lui-même.

Luca posa la pommade, se redressa et essuya doucement mes joues du bout des doigts.

- Alors, qu'est-ce qui te fait pleurer, ma chérie ?

Cette simple question suffit à faire céder quelque chose en moi. Je tentai de retenir mes sanglots, mais ma poitrine se contracta et je finis par éclater en larmes. Luca m'attira aussitôt contre lui. Il posa une main derrière ma tête et me serra contre son torse tandis que mes doigts s'accrochaient désespérément à sa chemise.

- Elle ne m'a jamais aimée, sanglotai-je. Pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait de mal pour qu'elle me traite comme ça ?

Luca passa lentement ses doigts dans mes cheveux, essayant de m'apaiser.

- Chut, ma puce. Ce n'est pas ta faute. C'est la drogue. Elle change les gens, elle leur fait perdre la notion de ce qui compte vraiment.

Je voulais le croire. Je voulais croire que ma mère n'était pas simplement incapable de m'aimer, qu'il restait quelque part en elle une personne différente de celle que je connaissais depuis des années. Pourtant, je savais combien ses promesses étaient fragiles et combien de fois elle m'avait déjà déçue.

Luca ne me pressa pas de parler. Il continua simplement à me tenir contre lui, caressant mes cheveux jusqu'à ce que mes sanglots deviennent moins violents. Peu à peu, je parvins à reprendre mon souffle. Mon corps tremblait encore, mais je ne pleurais plus aussi fort.

Il s'écarta légèrement pour regarder mon visage et essuya les dernières larmes sous mes yeux.

- Écoute-moi bien, Marabella. Tu ne dois pas les laisser te voir pleurer. Tu seras leur reine, et une reine ne montre pas ses faiblesses à n'importe qui. Tu ne les montreras qu'à moi. Tu comprends ?

Son ton était calme, mais je percevais dans ses paroles une fermeté qui ne laissait pas beaucoup de place à la discussion.

Je hochai doucement la tête.

- Oui.

- Sage fille.

Il déposa un baiser sur mon front. Ce geste, pourtant simple, me fit ressentir un apaisement auquel je ne m'attendais pas.

Luca reprit ensuite la trousse et s'occupa des blessures sur mes coudes et mes bras. Lorsqu'il nettoya une écorchure avec de l'alcool, une brûlure vive me fit grimacer.

- Je suis désolé, princesse, murmura-t-il en observant ma réaction.

Je lui adressai un petit sourire pour lui montrer que je pouvais supporter la douleur. Il poursuivit ses soins avec précaution, puis se pencha vers ma lèvre fendue.

Son expression changea lorsqu'il aperçut la plaie de près.

- J'aurais aimé pouvoir torturer ces salauds avant de les tuer, souffla-t-il d'une voix basse, chargée de colère.

Je posai ma main sur celle qui tenait le tube de pommade. Il s'immobilisa aussitôt et leva les yeux vers moi. Nos regards se rencontrèrent.

- Ils sont morts, lui rappelai-je doucement. C'est tout ce qui compte.

Son pouce effleura ma joue, avec une délicatesse qui contrastait avec la violence dont il avait fait preuve quelques heures plus tôt.

- Tu as raison. Maintenant, habille-toi. Nous allons bientôt partir.

J'acquiesçai et me dirigeai vers ma commode. Je pris un jean, un haut à manches longues et des sous-vêtements propres, puis retournai dans la salle de bains pour me changer. Une fois prête, je rassemblai les quelques affaires personnelles que je voulais emporter.

Lorsque je revins dans la chambre, Luca était debout près de mon lit et préparait l'une de mes valises. Il avait sorti un livre universitaire et le tenait entre ses doigts, examinant sa couverture.

- Je t'achèterai d'autres vêtements, me dit-il avant de lever un sourcil. Tu étudies à l'université ?

- Oui.

Je déposai mes affaires dans la valise, puis relevai la tête vers lui.

- Est-ce que je pourrai continuer mes études ?

Son regard se fit plus sérieux. Il sembla réfléchir un instant avant de répondre.

- Oui, mais il y aura certaines conditions. Nous en discuterons demain, après que tu auras pu te reposer.

Il posa le livre sur le lit et s'approcha de moi. Puis il repoussa délicatement une mèche de cheveux derrière mon oreille.

- Tu as l'air épuisée.

Je lui adressai un sourire triste. Il n'avait pas tort. J'avais l'impression que toute ma vie venait de basculer en quelques heures, et je n'avais même pas eu le temps de comprendre ce qui m'arrivait.

- Est-ce que tu habites loin d'ici ? demandai-je.

Un sourire un peu mélancolique apparut sur ses lèvres.

- Non. Il nous faudra environ vingt-cinq minutes pour arriver chez moi.

Je hochai la tête, puis avalai difficilement ma salive. Une nouvelle inquiétude me travaillait depuis qu'il avait évoqué les conditions auxquelles je devrais me soumettre.

- Tu me promets que je pourrai continuer à aller en cours ?

Ma voix était faible, et je savais que mes doutes devaient être évidents. Luca prit doucement mon visage entre ses mains pour m'obliger à soutenir son regard.

- Je te le promets. Tu continueras tes études. Et je veux que tu comprennes une chose, Marabella : lorsque je te fais une promesse, je la tiens. Ma parole a de la valeur. Je ne veux pas que tu passes ton temps à douter de moi.

Je baissai les yeux, honteuse de lui avoir posé la question une seconde fois.

- Je suis désolée, murmurai-je en secouant la tête.

- Tu n'as aucune raison de t'excuser. Je comprends que tu aies besoin d'être rassurée. Tu as vécu suffisamment de choses pour avoir du mal à faire confiance aux autres. C'est justement pour cette raison que je préfère être clair avec toi dès maintenant.

Il observa mon visage quelques secondes, comme s'il cherchait à comprendre ce qui se passait dans ma tête.

- Allons-y, princesse.

Il prit ma main dans la sienne et récupéra mon sac de l'autre main. Nous quittâmes la chambre, puis descendîmes ensemble au rez-de-chaussée.

Quatre des hommes qui avaient envahi la maison étaient encore présents. Ma mère, elle, était toujours assise sur le canapé, le visage enfoui dans ses mains. Elle pleurait encore la mort de Carl.

Lorsque nous nous approchâmes, elle releva brusquement la tête. Son regard se posa sur moi, et toute la tristesse que j'y avais aperçue auparavant sembla laisser place à une haine brutale.

- Tout est de ta faute, Mara ! Je te déteste !

Ses paroles me frappèrent en plein cœur.

Je sentis ma gorge se serrer et une douleur aiguë me traverser la poitrine. Les larmes me montèrent aux yeux, prêtes à déborder, mais je me rappelai les conseils de Luca. Je pris une longue inspiration et m'efforçai de rester calme.

- Eh bien, moi, je t'aime, répondis-je doucement. C'est pour cette raison que j'ai fait ce choix. J'espère qu'un jour tu réussiras à te reprendre et que tu pourras me pardonner.

Je ne savais pas si elle m'avait seulement écoutée. Elle continuait de me regarder comme si j'étais responsable de tous ses malheurs.

Je passai devant elle sans attendre de réponse et franchis la porte d'entrée. Un grand véhicule noir était garé devant la maison. Je me dirigeai vers la portière arrière, mais mes jambes me firent soudain défaut. La douleur de mes blessures, la fatigue et le choc de cette soirée commençaient à se faire sentir.

Luca passa immédiatement un bras autour de ma taille pour me soutenir. Il ouvrit la portière et m'aida à m'installer sur la banquette arrière avant de prendre place à côté de moi.

Dès que la porte fut refermée, il m'attira contre lui. Ses bras puissants m'enveloppèrent et sa main se posa sur mes cheveux.

- C'est terminé, ma chérie. Tu as été très courageuse, murmura-t-il près de mon oreille.

Ces quelques mots eurent raison de mes dernières défenses. Les larmes que j'avais retenues devant ma mère se mirent à couler sans que je puisse les arrêter. Je m'accrochai à Luca et enfouis mon visage contre sa poitrine, laissant enfin mes sanglots éclater.

Je n'avais plus la force de faire semblant d'aller bien.

Point de vue de Luca

Je gardais Marabella contre moi tandis que son corps était secoué par les sanglots. Je passais lentement les doigts dans ses cheveux, puis caressais son dos dans l'espoir de l'apaiser. Je savais que Cal, mon bras droit, pouvait entendre ses pleurs depuis le siège avant. Cela ne me dérangeait pas particulièrement, mais il savait parfaitement que s'il répétait à qui que ce soit ce qui se passait à l'arrière de cette voiture, je n'hésiterais pas à le tuer moi-même.

Je n'avais aucune envie que mes hommes apprennent à quel point cette femme était déjà capable de m'atteindre.

J'étais fier d'elle. Elle avait réussi à tenir bon jusqu'à ce que nous quittions sa maison, malgré les paroles cruelles de sa mère. J'avais pourtant craint qu'elle ne s'effondre dès que Sherry lui dirait qu'elle la détestait. Ces mots m'avaient moi-même blessé, alors que je n'étais qu'un témoin de leur relation.

Je resserrai mon étreinte autour de Marabella.

- Chut, je suis là, ma chérie. Tout va bien maintenant, lui murmurai-je.

Je repensais à la première fois où je l'avais vue entrer dans le salon. Elle était blessée, ses vêtements étaient déchirés et son visage portait les marques d'une violente altercation. Pourtant, elle n'avait pas reculé devant mes hommes. Elle avait observé la situation, demandé une arme et affronté les deux hommes qui l'avaient suivie jusqu'à chez elle.

Lorsque je lui avais ordonné de les tuer, je m'adressais à mes hommes. Je ne m'attendais absolument pas à ce qu'elle appuie elle-même sur la détente. Pourtant, elle l'avait fait sans hésiter.

À cet instant, j'avais compris que je voulais cette femme à mes côtés.

J'avais déjà pensé au mariage et envisagé de trouver une épouse. Je ne m'attendais toutefois pas à ce que Sherry me propose aussi facilement sa propre fille, comme si elle négociait la vente d'un objet. Plus étonnant encore, Marabella avait accepté.

Je me demandais toujours pourquoi. Avait-elle fait ce choix pour sauver sa mère, malgré tout ce que celle-ci lui avait fait subir ? Ou cherchait-elle surtout à échapper à la vie qu'elle menait sous son toit ?

Je n'avais pas encore les réponses, mais une chose était certaine : je ne permettrais à personne de la traiter comme sa mère l'avait fait.

Marabella serait ma femme, et je veillerais à ce qu'elle soit respectée comme une reine. Mes hommes devraient la traiter avec la même considération qu'ils me témoignaient. Je lui offrirais la sécurité, la loyauté et l'attention qu'elle méritait depuis longtemps.

Cette jeune femme avait déjà un effet étrange sur moi. Sa beauté m'avait frappé dès notre première rencontre, mais ce n'était pas uniquement son apparence qui m'attirait. Il y avait aussi son caractère, sa façon de répondre sans trembler, son courage et cette douleur qu'elle essayait de cacher derrière une attitude dure.

Sa proximité suffisait à accélérer les battements de mon cœur. Son parfum me troublait, et le moindre contact de sa peau provoquait en moi une réaction inhabituelle.

Je n'avais jamais ressenti cela auparavant.

Sa condition concernant Carl m'avait également surpris. J'avais accepté de le tuer sans prendre le temps de réfléchir. D'habitude, je laissais mes hommes s'occuper de ce genre de choses, sauf lorsque les circonstances exigeaient mon intervention personnelle, notamment quand quelqu'un s'en prenait à ma famille.

Pourtant, lorsque Marabella m'avait demandé de faire disparaître Carl, j'avais ressenti une colère comparable à celle que j'éprouvais lorsque mes proches étaient menacés. C'était même plus intense. Je n'avais pas eu besoin de chercher à comprendre ses raisons ni de me demander si sa demande était justifiée. Je voulais simplement qu'elle sache que je pouvais agir pour elle.

J'avais voulu être celui qui mettrait fin aux souffrances qu'elle subissait.

Peu à peu, les sanglots de Marabella s'espacèrent. Sa respiration devint plus régulière, et son corps se détendit contre le mien. Je baissai les yeux et découvris qu'elle s'était endormie.

Mon cœur se serra.

Elle avait pleuré jusqu'à épuisement lors de notre première nuit ensemble. Même si je n'étais pas responsable de la douleur que lui causait sa mère, la voir dans cet état me faisait mal.

Je dégageai doucement quelques mèches de son visage. Une ecchymose commençait à apparaître sur sa joue, et je passai mon pouce dessus avec précaution. Ses yeux étaient gonflés et rougis par les larmes. Quant à sa lèvre, elle était enflée, et la coupure restait bien visible.

Je savais qu'elle s'était battue pour se défendre. J'avais vu l'état des deux hommes lorsqu'elle avait ouvert la porte. Le premier avait le nez cassé et ensanglanté. Le second boitait à cause de sa rotule fracturée, et son visage portait lui aussi les marques des coups qu'elle lui avait assénés.

Je n'avais pas besoin de connaître tous les détails de leur attaque pour comprendre ce qu'ils avaient voulu lui faire. Leur comportement dans la rue, leurs menaces et l'état dans lequel elle était rentrée suffisaient à me donner une idée de leurs intentions.

La pensée qu'ils aient pu la toucher davantage me rendait furieux.

Je ne comprenais pas encore pourquoi cette femme me faisait un tel effet. Je savais seulement que je l'avais désirée dès que je l'avais vue, et cela ne m'était jamais arrivé. Pas avec les femmes que j'avais fréquentées, pas même avec celles qui avaient essayé de retenir mon attention pendant des années.

- Patron, nous sommes arrivés.

La voix de Cal me tira de mes pensées.

Il descendit du véhicule et vint ouvrir ma portière. Je glissai un bras sous les genoux de Marabella et l'autre derrière son dos, puis je la soulevai avec précaution.

En sortant, je levai les yeux vers la villa. Il était tard, et la maison était plongée dans le calme. La plupart des occupants dormaient déjà. Seuls mes hommes et les gardes chargés de surveiller les lieux étaient encore éveillés.

Cal s'approcha et tendit les bras vers Marabella.

- Je peux la porter pour vous, patron.

Je me détournai aussitôt afin de l'empêcher de la toucher.

- Tu ne la toucheras jamais sans mon autorisation.

Cal leva les mains en signe de reddition et recula d'un pas.

- Bien compris, patron.

Je désignai le véhicule du menton.

- Prends sa valise et apporte-la dans ma chambre.

Il acquiesça avant de se diriger vers le coffre.

Dans mes bras, Marabella remua légèrement. Elle passa ses bras autour de mes épaules, enfouit son visage dans mon cou et laissa échapper un petit fredonnement ensommeillé.

Je ne pus retenir un sourire.

Elle était adorable, même lorsqu'elle ne savait plus vraiment où elle se trouvait.

Je me dirigeai vers l'entrée de la villa et tombai sur mon frère cadet, Sergio, qui était également mon bras droit.

- Frère ! Te voilà enfin ! s'exclama-t-il en ouvrant les bras.

Son enthousiasme retomba dès qu'il aperçut la femme endormie contre moi. Il fronça les sourcils et la dévisagea avec perplexité.

- Qui est-ce ?

Je baissai les yeux vers Marabella avant de répondre à voix basse :

- Ta future belle-sœur. Parle moins fort, elle dort.

Sergio resta bouche bée. Ses lèvres s'entrouvrirent, et son expression passa de la surprise à une incrédulité totale.

Je ne lui laissai pas le temps de me poser davantage de questions.

- Pour le moment, je sais seulement qu'elle s'appelle Marabella, qu'elle étudie à l'université de la région et que sa mère se nomme Sherry Marcio. Je veux que tu rassembles le maximum d'informations à leur sujet.

Je commençai à monter les escaliers, puis me retournai vers lui.

- Et prépare les documents nécessaires pour notre mariage. Je veux que la cérémonie ait lieu demain soir.

Je poursuivis mon chemin avant qu'il puisse protester ou me demander des explications.

Dans mes bras, Marabella bougea de nouveau.

- Hum... Qu'est-ce qui se passe ? marmonna-t-elle d'une voix endormie.

Je baissai la tête vers elle.

- Chut, rendors-toi. Nous sommes arrivés.

Elle émit un petit son indistinct, puis se blottit davantage contre moi. Son corps se détendit, et elle sombra de nouveau dans le sommeil.

Mon Dieu, cette femme était en train de me rendre fou.

J'entrai dans ma chambre et la déposai doucement sur le lit. Cal avait déjà laissé sa valise près de la porte. Comme je n'avais aucune envie de fouiller dans ses affaires pendant qu'elle dormait, je la rangeai simplement dans le placard et sortis un de mes tee-shirts propres.

Je retournai ensuite auprès d'elle pour lui retirer ses chaussures et ses chaussettes. Je déboutonnai son jean et le lui enlevai avec précaution, en veillant à ne pas réveiller la jeune femme.

Lorsque je découvris sa culotte noire, je laissai échapper un grognement.

Les marques de bronzage visibles sur le haut de ses cuisses indiquaient qu'elle portait souvent des shorts ou des maillots de bain. Je détournai brièvement les yeux pour reprendre mes esprits, puis remarquai un tatouage sur sa hanche lorsque je lui retirai son haut. Il représentait les différentes phases de la lune.

Putain, c'était séduisant.

Je dus lutter contre l'envie de laisser mes doigts parcourir sa peau. Elle était allongée sur mon lit, vêtue uniquement de ses sous-vêtements, et je n'avais jamais eu autant de mal à garder mes distances avec une femme.

Je lui enfilai mon tee-shirt avec précaution, puis tirai doucement la couverture sur elle. En observant ses jambes, je remarquai quelques vergetures sur ses cuisses. Je me mordis la lèvre, incapable de détourner complètement mon attention de son corps.

Je finis par me pencher pour déposer un baiser sur son front.

- Bonne nuit, bambina, murmurai-je.

Puis je gagnai la salle de bains attenante à ma chambre. J'avais besoin d'une douche froide pour calmer mes pensées et retrouver un peu de contrôle sur moi-même.

Je me sentais comme un adolescent incapable de maîtriser ses hormones. La simple image de Marabella suffisait à me troubler, et je savais que je devais prendre de la distance avant de faire quelque chose que je pourrais regretter.

Je laissai l'eau froide couler sur mon corps, espérant retrouver mon calme. Pourtant, son visage continuait de s'imposer à mon esprit : ses cheveux bruns, ses yeux bleus, ses lèvres pleines et cette expression à la fois courageuse et vulnérable qui m'avait frappé dès notre rencontre.

Je finis par céder à la tension accumulée, puis restai quelques instants sous l'eau pour reprendre mon souffle.

Après m'être séché, j'enfilai un pantalon de jogging et retournai dans la chambre. Marabella dormait toujours profondément. Je me glissai à côté d'elle et passai un bras autour de sa taille pour l'attirer contre moi.

Elle émit un petit fredonnement et se rapprocha instinctivement de ma poitrine nue.

Un sourire se dessina sur mes lèvres.

Je ne m'étais jamais senti aussi bien en présence d'une femme. Son parfum de vanille et de fraise m'enveloppait. Il avait quelque chose d'enivrant, mais aussi d'étonnamment apaisant.

Pour la première fois depuis longtemps, je m'endormis avec le sentiment que quelque chose de précieux venait d'entrer dans m

Chapitre 3 Chapitre 3

Je remarquais bien que Mara était tendue, même si elle faisait de son mieux pour ne rien laisser paraître. En sortant de la chambre, elle prit le temps d'observer les environs, visiblement impressionnée par la villa. La demeure était construite dans un style espagnol, avec une décoration dominée par des nuances de jaune et de vert.

- Waouh ! souffla-t-elle en tournant la tête de tous les côtés pour ne rien manquer.

Je souris en la voyant aussi émerveillée.

- Alors, qu'est-ce que tu en penses ? Tu aimes ?

Marabella hocha doucement la tête.

- Oui, c'est magnifique, répondit-elle d'une voix presque timide.

Je me penchai légèrement vers elle pour capter son regard.

- C'est vrai. Mais tu es encore plus belle.

Ses joues prirent aussitôt une jolie teinte rose. Elle détourna les yeux, incapable de soutenir mon regard plus longtemps. Cette réaction me plut tellement que je dus retenir un sourire amusé.

- Attends un peu de découvrir les jardins et les vignes, ajoutai-je sur le ton de la plaisanterie.

Elle se retourna brusquement vers moi, les yeux écarquillés.

- Vous avez vraiment un vignoble ?

- Bien sûr. Notre famille possède sa propre entreprise viticole, répondis-je avec une certaine fierté.

- Waouh ! C'est incroyable !

Son enthousiasme me fit sourire davantage. Nous poursuivîmes notre chemin jusqu'à la salle à manger, où je découvris ma mère et mes frères installés autour de la table de la cuisine. Ils n'étaient cependant pas seuls. Une personne que je n'avais absolument pas envie de voir se trouvait parmi eux : Zera, la fille de mon directeur de thèse.

Qu'est-ce qu'elle fichait ici, bon sang ?

À peine avions-nous franchi le seuil que je remarquai la tension qui régnait dans la pièce. Ma famille semblait attendre notre arrivée avec une certaine nervosité. Ma mère fut la première à réagir. Elle se leva précipitamment et se dirigea vers Mara pour la prendre dans ses bras, sans même lui laisser le temps de comprendre ce qui lui arrivait.

- Oh, Mara ! Je suis tellement heureuse de te rencontrer enfin ! Est-ce que je peux t'appeler Mara ? Tu es absolument ravissante ! Mon fils va te rendre très heureuse, tu verras. Et surtout, appelle-moi maman !

Elle avait débité tout cela à une vitesse impressionnante, comme si elle avait peur de ne pas pouvoir lui dire tout ce qu'elle avait sur le cœur.

- Maman ! intervins-je d'un ton sec.

Elle se tourna vers moi, prise sur le fait, avant de me lancer un regard embarrassé.

- Pardon, mon chéri. Je suis simplement tellement heureuse !

Je secouai la tête, amusé malgré moi par son comportement.

- Luca ! s'exclama soudain Zera d'une voix aiguë. Ça me fait tellement plaisir de te voir !

Elle s'approcha aussitôt et passa ses bras autour de moi pour m'étreindre. Je ne lui rendis pas son geste. Au contraire, lorsque je sentis Mara tenter de retirer sa main de la mienne, je resserrai mes doigts autour des siens pour lui faire comprendre que je ne comptais pas la lâcher.

- Ne me touche pas, Zera. Depuis quand crois-tu avoir le droit de poser tes mains sur moi ? lançai-je en la repoussant.

Elle recula légèrement, manifestement surprise par mon accueil.

- Oh ! fit-elle avec un petit rire forcé.

Son regard glissa alors vers Mara. En quelques secondes, son expression changea complètement. La surprise céda la place à une colère mêlée de jalousie, et je compris immédiatement ce qui la dérangeait.

- Mais elle, elle peut te toucher ! protesta-t-elle en désignant Marabella.

Je resserrai mon bras autour de la taille de ma future épouse et l'attirai contre moi.

- C'est ma femme. Elle a parfaitement le droit de me toucher quand elle le souhaite.

Mara me regarda un instant avant de reporter son attention sur notre invitée. Malgré la tension, elle conserva sa politesse.

- Enchantée, Zera. Je m'appelle Marabella.

La jeune femme serra les dents. Son sourire était si crispé qu'il en devenait presque ridicule.

- Enchantée, répondit-elle d'une voix tendue.

Je décidai qu'il était inutile de prolonger cet échange.

- Parfait ! Maintenant, tout le monde s'assoit. Ma femme a faim et j'ai l'intention de veiller à ce qu'elle mange correctement.

Je savais depuis longtemps que Zera avait un faible pour moi. Une sorte de béguin d'adolescente qui n'avait jamais été réciproque. Elle était trop prétentieuse, trop centrée sur elle-même, et semblait croire que l'argent et une jolie apparence suffisaient à obtenir tout ce qu'elle désirait. Je n'avais jamais été attiré par ce genre de femme, et sa présence ne faisait que renforcer mon aversion.

Je conduisis Mara jusqu'à la chaise placée à côté de la mienne, puis je la tirai pour lui permettre de s'installer confortablement. Elle parut surprise par cette attention, mais son visage s'éclaira rapidement d'un sourire radieux.

- Merci, murmura-t-elle.

Je pris place près d'elle, me penchai vers son oreille et lui répondis à voix basse :

- Je t'en prie, ma chérie.

Elle rougit aussitôt. La voir réagir ainsi à mes paroles me procurait une satisfaction difficile à expliquer. Je n'avais qu'une envie : continuer à lui arracher ces petites réactions qui me donnaient l'impression d'être le seul homme capable de la troubler.

En face de nous, mes frères nous observaient avec une curiosité à peine dissimulée. Le plus jeune, Marco, finit par prendre la parole.

- Alors, grand frère, tu comptes nous présenter ou nous devons deviner qui est cette jolie femme ?

Je levai les yeux vers lui.

- Bien sûr. Mara, voici mes frères : Sergio, Carlo et Marco. Les garçons, je vous présente Marabella, votre belle-sœur.

- Je suis ravie de faire votre connaissance, dit-elle doucement.

Elle semblait encore un peu nerveuse, mais elle s'efforçait de le cacher.

Carlo lui adressa un sourire chaleureux.

- Nous sommes également heureux de te rencontrer. Tu dois simplement nous pardonner notre réaction. Luca n'a jamais ramené de femme à la maison auparavant. C'est donc assez inhabituel pour nous.

Mara laissa échapper un petit rire.

Je tournai immédiatement la tête vers elle.

C'était la première fois que je l'entendais rire. Son rire était doux, mélodieux, et il eut sur moi un effet inattendu. Une pointe de jalousie me traversa, sans que je sache vraiment pourquoi. Peut-être parce que je réalisais que je ne connaissais encore qu'une infime partie de cette femme. Pourtant, malgré cette sensation étrange, j'étais heureux de l'avoir entendue rire.

La conversation reprit autour de la table. Pendant que ma famille discutait, je m'occupai de remplir l'assiette de Mara avec un peu de tout : des fruits, des biscuits, de la viande, de la sauce et des œufs. Je voulais qu'elle mange suffisamment après tout ce qu'elle avait traversé.

Soudain, sa main effleura ma cuisse.

Mon souffle se bloqua dans ma poitrine.

Je fermai brièvement les yeux pour retrouver mon calme, puis tournai lentement la tête vers elle. Elle me regardait avec une expression hésitante.

- Luca, je ne pourrai jamais manger tout ça, murmura-t-elle, les joues déjà rosies.

- Alors mange simplement ce que tu peux, amore, répondis-je avec douceur.

Je repoussai une mèche de cheveux qui lui tombait sur le front afin de mieux voir son visage. Elle rougit davantage sous mon geste, et cette réaction me combla de bonheur.

Nous étions toujours à table lorsque Zera décida de gâcher l'atmosphère.

- Au fait, qu'est-ce qui t'est arrivé au visage ?

Sa voix nasillarde était chargée d'un dégoût qu'elle ne cherchait même pas à dissimuler.

Je lui lançai un regard glacial avant de me tourner vers Mara. Celle-ci observait Zera comme si elle essayait de comprendre ce qu'elle cherchait réellement à obtenir avec cette question. Je connaissais assez bien ce genre de comportement pour savoir qu'il ne présageait rien de bon.

Je me penchai légèrement vers ma femme.

- Tu n'es pas obligée de lui répondre, amore, lui murmurai-je.

Mara fronça les sourcils en me regardant, puis m'adressa un petit sourire rassurant.

- Ce n'est pas grave, Luca. J'ai été agressée en rentrant du travail. J'ai réussi à me défendre et à m'enfuir, heureusement.

Elle répondit simplement, sans chercher à s'attarder sur les détails, tout en maintenant son regard sur Zera.

Ma mère porta aussitôt une main à sa bouche.

- Mon Dieu, ma chérie ! C'est horrible ! s'exclama-t-elle, bouleversée.

Mais Zera n'avait visiblement pas fini.

- Et qu'est-il arrivé aux hommes qui t'ont attaquée ? demanda-t-elle avec une innocence si mal jouée que j'aurais presque pu en rire.

Je sentis Mara se raidir contre moi. Elle tourna lentement la tête vers Zera et lui adressa un regard glacial.

- Je n'en sais rien, répondit-elle sèchement. Et, pour être honnête, je m'en fiche complètement.

J'adorais cette facette de sa personnalité.

Sa voix avait pris une dureté qui me surprit autant qu'elle me plut. Une réaction physique immédiate me traversa, et je dus me rappeler que nous étions en pleine réunion familiale. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi ? Même lorsqu'elle se montrait froide et cassante, cette femme parvenait à éveiller en moi un désir démesuré.

- Toi non plus, tu n'as pas à t'en préoccuper, bambina, ajoutai-je en coupant court à la discussion.

Zera pâlit. Elle venait de comprendre qu'elle ne parviendrait pas à manipuler Mara aussi facilement qu'elle l'avait imaginé.

Quelle idiote.

Je posai ma main sur la cuisse de Mara. Je remarquai aussitôt qu'elle demeurait tendue. Elle tressaillit légèrement lorsque je la touchai, puis recouvrit ma main de la sienne. Ce simple geste sembla la rassurer, car ses épaules se détendirent peu à peu.

- Luca, il faudrait que je te parle après le petit-déjeuner, intervint Sergio pour attirer mon attention.

Je hochai la tête afin de lui faire comprendre que j'avais entendu.

Pendant ce temps, Mara se mit à tracer de petits cercles sur le dos de ma main tout en mangeant. Je ne savais pas si elle faisait cela pour se calmer, mais l'effet sur moi fut immédiat. Sa douceur semblait apaiser la tension qui m'habitait depuis notre arrivée dans la pièce. Je décidai donc de lui rendre la pareille, dessinant lentement des cercles sur sa cuisse.

Quelques minutes plus tard, elle reposa sa fourchette alors que son assiette était encore à moitié pleine.

- Tu n'as plus faim ? lui demandai-je avec douceur.

Je venais moi-même de terminer mon repas.

- Non, répondit-elle en hochant légèrement la tête.

- Très bien.

Je lui souris, puis effleurai sa lèvre inférieure avec mon pouce. Elle se figea un instant, les joues rougissantes, et je dus lutter contre l'envie de l'embrasser devant tout le monde.

- J'ai quelque chose à régler rapidement. Cela ne devrait pas me prendre plus de trente minutes. Est-ce que tu peux rester avec maman pendant ce temps ?

Je savais que ma famille pouvait entendre chacune de mes paroles, mais, à cet instant, je ne prêtais attention qu'à Mara. Le reste de la pièce avait cessé d'exister à mes yeux.

- Oui, bien sûr. Va faire ce que tu as à faire. Tout ira bien, me répondit-elle de sa voix douce.

Elle leva ensuite la main pour caresser délicatement mon avant-bras. Ce geste me toucha davantage que je ne voulais l'admettre.

Je me penchai vers elle et déposai un baiser sur son front. Puis, à l'abri des oreilles indiscrètes, je lui murmurai :

- Je te ferai visiter le domaine dès mon retour. Je te le promets.

Je déposai ensuite un tendre baiser sur sa joue avant de me redresser.

Sergio se leva à son tour.

- Bon, les garçons, il serait temps de vous remettre au travail, lançai-je en direction de mes deux plus jeunes frères.

- Oui, chef ! répondirent-ils d'un ton sarcastique.

Je tournai lentement la tête vers eux et leur adressai mon regard le plus noir. Leur amusement disparut aussitôt. Ils se levèrent précipitamment et quittèrent la table presque en courant.

Mara éclata de rire. Ma mère l'imita, visiblement ravie de la voir aussi détendue. Lorsque Mara leva les yeux vers moi, son rire redoubla, comme si mon expression sévère avait rendu la scène encore plus drôle.

Je finis par sourire à mon tour.

Sans réfléchir davantage, je me penchai et l'embrassai passionnément. Son rire s'interrompit aussitôt. Elle porta une main à mon poignet, celui que j'avais placé près de son visage, et resta contre moi pendant que je profitais de ce baiser.

Lorsque je m'écartai enfin, ses joues avaient pris une couleur rouge vif.

Je laissai apparaître un sourire satisfait.

- Ton rire est absolument adorable, amore, lui soufflai-je.

Elle rougit encore davantage, ce qui ne fit qu'élargir mon sourire.

Je quittai ensuite la table avec Sergio et le conduisis jusqu'à mon bureau. Alors que nous approchions de la porte, il m'observa avec un air amusé.

- Vous avez l'air de vous être déjà beaucoup rapprochés, tous les deux.

Un sourire discret étira mes lèvres.

- Elle est incroyable, murmurai-je en secouant la tête.

Je ne savais pas ce qu'elle avait de si particulier. Je ne parvenais pas à expliquer pourquoi sa présence m'attirait autant, ni pourquoi j'avais déjà l'impression qu'elle occupait une place importante dans ma vie. Tout ce que je savais, c'était que je ne voulais pas la laisser s'éloigner de moi.

- Ah oui ? répondit Sergio en haussant un sourcil, son sourire en coin toujours présent.

- Oui. Maintenant, dis-moi ce que tu as à me raconter.

Je m'installai derrière mon bureau tandis que mon frère refermait la porte. Il s'approcha ensuite et sortit une enveloppe.

- Son nom de famille est Calsut, commença-t-il.

Je levai les yeux au ciel.

- Je le sais déjà. Et le certificat de mariage ?

- Du calme, monsieur l'impatient. Voici ton certificat, ainsi que tout ce que j'ai pu trouver sur elle.

Il posa l'enveloppe devant moi.

- C'est une fille bien, poursuivit-il en s'asseyant. Elle n'a aucun antécédent judiciaire. Elle a commencé à travailler à seize ans au bar sportif de Nick. Au début, elle faisait la plonge et débarrassait les tables. À dix-huit ans, elle a commencé à travailler en cuisine. Elle n'est devenue barmaid que récemment, à vingt et un ans. Elle est en deuxième année d'université et suit deux cursus : l'agriculture et l'architecture.

Je relevai les sourcils, surpris.

Elle étudiait donc deux disciplines à la fois tout en travaillant pour subvenir à ses besoins.

- Ses deux premières années ont été financées grâce à une bourse obtenue en raison de ses excellents résultats, ajouta Sergio. Elle a utilisé ses économies pour acheter ses livres. Mais cette année, elle a dû demander une aide financière. Elle rembourse ses frais de scolarité chaque mois.

Je baissai les yeux vers les documents que je commençais à parcourir.

- Paie ses frais de scolarité. Ceux de l'année prochaine aussi, ordonnai-je sans hésiter.

Sergio me regarda comme si je venais de lui annoncer une nouvelle absurde.

- Quoi ? Tu es sérieux, Luca ?

- Absolument. Et elle aura besoin d'un garde du corps pour l'accompagner à l'université.

- Luca, tu ne crois pas que...

- Je lui ai fait une promesse, l'interrompis-je. Je compte la tenir.

Mon frère soupira, comprenant qu'il ne me ferait pas changer d'avis.

- Très bien, patron.

Je poursuivis la lecture du dossier, jusqu'à tomber sur une page qui me glaça le sang. Il s'agissait de son dossier médical. Les informations inscrites dessus me donnèrent aussitôt envie de réduire en cendres tout ce qui m'entourait.

Cinq hospitalisations en une seule année.

Des coupures, des brûlures, des côtes cassées et même une fracture du fémur.

Carl.

Ce fils de pute.

Les paroles de Mara me revinrent en mémoire. Elle m'avait dit que cet homme était un poison pour sa mère. Mais il avait également été un véritable poison pour elle. Les blessures consignées dans ce dossier prouvaient qu'il l'avait maltraitée avec une brutalité inimaginable, probablement pendant des années.

Je me demandai ce qu'il avait encore pu lui faire subir. Je connaissais sa cruauté, mais découvrir l'étendue de ce qu'elle avait enduré me rendait fou de rage.

Pour la première fois depuis que je l'avais tué, je regrettai presque de lui avoir accordé une mort aussi rapide. Il aurait mérité de souffrir bien davantage.

- Alors, où en sont les préparatifs du mariage ? demanda Sergio, interrompant le fil de mes pensées.

Je relevai la tête et m'efforçai de me concentrer sur sa question.

- Je vais lui acheter une belle robe, ainsi qu'une bague qui s'accordera avec les alliances de nos parents. Pour la cérémonie, nous pouvons la célébrer ici, au bureau, avec maman, toi et les garçons. Ce sera probablement la meilleure solution.

Sergio haussa un sourcil, manifestement intrigué.

- Pourquoi vouloir faire ça ici ?

- Parce que je veux la protéger aussi longtemps que possible. Elle tient à terminer ses études, et je ne compte pas la laisser abandonner ses projets à cause de moi.

Je marquai une pause avant de poursuivre.

- Et il y a aussi la question de sa sécurité.

Le visage de Sergio devint plus sérieux.

- À ce propos, comptes-tu lui parler de Franky ? Je veux dire, lui révéler ce qui se passe réellement ?

- Oui, répondis-je sans hésiter.

Il sembla surpris par ma réponse.

- Tu es certain que c'est une bonne idée ? La vérité risque de l'effrayer. Elle pourrait devenir paranoïaque, se méfier de tout le monde, voire chercher à s'enfuir. Tu n'as pas peur que cela arrive ?

Un sourire en coin se dessina sur mon visage.

- Non, mon frère. Je préfère qu'elle sache à quoi s'attendre plutôt que de la maintenir dans l'ignorance. Si elle connaît les risques, elle pourra être plus attentive à ce qui l'entoure et se protéger plus efficacement.

Je lui fis signe de la main.

- Va interroger mes hommes sur les événements de la nuit dernière. Tu as mon autorisation.

Sergio me dévisagea, la mâchoire crispée.

- Tu as l'air étonnamment détendu pour quelqu'un qui vient de se marier avec une femme dont il ne sait presque rien.

- Je serai encore plus détendu quand tu auras fait ce que je t'ai demandé. Ma future épouse est une putain de reine. Tu comprendras bientôt ce que je veux dire.

Il resta silencieux, visiblement incapable de trouver une réponse.

Je décidai de changer de sujet.

- Et du côté de Franky ? Des nouvelles ?

L'expression de Sergio s'assombrit.

- Rien de nouveau. Il ne donne plus aucun signe de vie. Et, à mon avis, ce silence signifie qu'il prépare quelque chose d'important.

Je réfléchis quelques secondes.

- Alors, nous allons découvrir ce qu'il mijote. Quand aura lieu la prochaine exportation ?

- Vendredi. Tout est déjà organisé.

- Parfait. Renforcez la sécurité au cas où il tenterait quelque chose.

Je me levai, prêt à quitter le bureau.

Sergio me regarda avec étonnement.

- Où vas-tu maintenant ?

- Retrouver ma belle épouse. Je dois lui faire visiter le domaine et apprendre à mieux la connaître. Tu sais, faire quelque chose de plus intéressant que de rester enfermé ici à parler de problèmes.

Je désignai le bureau d'un geste désinvolte avant de passer devant lui.

Derrière moi, Sergio poussa un soupir exaspéré. Je n'y prêtai aucune attention. J'avais mieux à faire que de rester enfermé à discuter avec mon frère.

Je descendis jusqu'à la cuisine, où j'avais laissé Mara en compagnie de ma mère. Dès que j'entrai, je la repérai près du comptoir. Elle aidait maman à laver des fruits tout en écoutant ses histoires sur mon enfance et les difficultés qu'elle avait rencontrées pour m'élever.

Mara gloussait de temps à autre, visiblement amusée par les anecdotes de ma mère.

Je m'approchai discrètement derrière elle. De l'autre côté de la pièce, Zera était assise, occupée à fusiller ma femme du regard.

Bon sang, je ne pouvais vraiment pas la supporter. J'espérais qu'elle finirait par comprendre qu'elle n'avait aucune chance avec moi.

Je passai mes bras autour de la taille de Mara et l'attirai contre mon torse, enfouissant mon visage dans son cou.

Elle sursauta violemment.

- Oh, Luca ! Tu m'as fait une peur bleue ! s'exclama-t-elle en portant une main à sa poitrine.

Son autre main vint se poser sur la mienne, toujours placée sur son ventre.

- Pardon, amore, murmurai-je.

Je déposai un baiser lent sur sa nuque. Elle inclina légèrement la tête, m'offrant davantage d'accès à sa peau.

- Es-tu prête pour la visite, bambina ? soufflai-je en laissant mes lèvres

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