Genre Classement
Télécharger l'appli HOT
Accueil > Romance > Le prince des étoiles
Le prince des étoiles

Le prince des étoiles

Auteur:: Diamant Raobelina
Genre: Romance
Avine était une jeune magicienne belle et joyeuse, habitant la planète de Kolod. Sur une brusque impulsion, elle décida de fêter avec des amies son dix-huitième anniversaire dans l'empire maudit de Venèze. Pendant sa visite alors qu'elle suivait une vente aux enchères illicites, des agents de ténèbres la kidnappèrent pour l'emmener à une orgie organisée par leur chef et lequel se tenait sur un immense vaisseau se cachant dans les brumes d'une planète morte. Désespérée et croyant à sa fin, Avine fut heureusement secourue in extremis par un jeune guerrier solitaire et inconnu, aussi puissant qu'imprévisible, dont elle en tomba amoureuse. Mais hélas, pour elle, il la ramena sain et sauf sur Venèzie avant de disparaître. Huit mois plus tard, alors qu'elle était en chemin pour visiter les montagnes sacrées de sa planète, elle fut à nouveau enlevée par des êtres obscurs et horribles, afin de servir de festin à des monstres marins de la planète désolée de Grovius. Mais elle fut sauvée par un groupe de guerriers rebelles possédant aussi des pouvoirs stellaires et dirigé par un jeune prince déchu du nom de Myzon Jervoz – lequel s'avérait être le même que celui qui l'avait jadis secouru. Suite à cette mésaventure, Avine fut transportée sur la planète Cinerga afin d'y être soignée. Mais durant son séjour, elle découvrit que cette planète était en danger de destruction à cause d'une organisation invisible et très puissante du nom de Vardog, lequel voudrait enterrer de terribles secrets. Pour sauver cet empire fabuleux, la jeune magicienne se mit à la recherche du prince Myzon et de ses guerriers rebelles, afin de leur demander de porter secours à Cinerga. Toutefois, elle découvrit bien assez vite qu'ils étaient déjà en train d'élaborer un plan qu'ils espéraient tous être assez ingénieux et sensationnel, pour combattre Vardog et épargner la planète de ce terrible danger.

Chapitre 1 Prologue - La fête de Grovius

La voie lactée – océan infini d'étoiles immortelles qui illuminaient l'espace de leur scintillante lumière. Mais en ce jour très particulier, elles brillèrent plus que de coutume afin de célébrer dans la joie et la magie profonde la grande fête des elfes de l'empire de Grovius.

Les visiteurs, venus d'autres planètes ou d'autres systèmes, même de galaxie lointaine, affichèrent tous des airs radieux et impatients pour la célébration de l'un des plus fantastiques événements qui y ait jamais été produit, et profitèrent même de cette occasion unique pour porter leurs plus beaux atours. Un défilé incroyable de vaisseaux traversa les frontières de la planète, et circula librement partout où le regard se posait, tout cela accompagné du brouhaha des gens heureux et enthousiastes de participer à un phénomène aussi populaire et de si grande envergure. Il est vrai que l'Empire de Grovius était célèbre pour faire parti des quatre plus grands et plus puissants États de la galaxie de Dorgon.

L'empereur Vergal, un être beau, dévoué, exceptionnellement intelligent, et d'un charisme hors du commun dirigeait son monde d'une main ferme et redoutable, mais incroyablement juste, ce qui le faisait aimer de tout son peuple.

Il était particulièrement attaché à la célébration proprement dite du festival des elfes, car il lui donnait, contrairement à certains, l'occasion de passer un peu plus de temps avec son épouse adorée, la sublime Impératrice Krilia.

Ainsi, tout devait être merveilleux. Malheureusement, malgré sa bonne humeur et son enthousiasme pour le présent et l'avenir, une chose le dérangeait dangereusement, et cette chose était son fils, son seul enfant, très brillant, très talentueux, très intelligent. Trop peut-être si on acceptait de voir et sonder la réalité comme elle était, et avec une parfaite impartialité. Un vrai prodige capable de choses inimaginables. Il aurait donc pu représenter l'héritier idéal et incontestable que tout père et toute Nation auraient rêvé d'avoir, héritier adoré de tout l'empire de Grovius, si ce n'était malheureusement sa nature aussi terrible et complexe que sa magie. Il était totalement incontrôlable et imprévisible, un véritable mystère, froid distant, et étrange, et le plus préoccupantétait le fait qu'il arrivait à dissimuler ce côté si obscur au monde par un verni aussi éblouissant que trompeur. Le couple impérial souffrait de cette nature indomptable ignorant toute concession de leur enfant bien-aimé, se demandant constamment si, en tant qu'enfant unique, ils ne l'avaient pas trop gâté, ou ne lui avaient pas donné trop de liberté, au point qu'il n'avait plus aucune conscience des limites, et croyait avoir le droit de faire tout ce qu'il voulait, ne se souciant pas une minute des conséquences.

D'ailleurs au moment où tout le peuple attendait avec impatience leur apparition, leurs cœurs unis dans un même plaisir, les yeux rivés au balcon du palais bleu, ce fils si préoccupant n'était toujours pas revenu. En fait, ils n'avaient aucune idée de l'endroit où il pouvait bien se trouver, et cela, depuis la veille, et juste après qu'ils lui avaient expréssement demandé, pour ne pas dire supplié de rester au palais afin d'être aussi prêt que possible pour la grande fête planétaire.

Le pire, c'est que les autres, à part son fidèle serviteur Kolez, semblaient totalement ignorer sa sauvagerie. Il est vrai que s'ils ne le connaissaient pas dans son intimité et s'ils n'avaient pas parfois accès à ses pensées sombres et profondes, même eux n'auraient jamais deviné ce qu'il était, et il est vrai qu'à l'extérieur, à la vue des gens, il portait toujours et avec perfection un masque d'un d'une sublimité aveuglante et d'une fascination inexprimable, et qui en paradoxe, captivait tous les peuples, entièrement, irrémédiablement, inspirait tout autant à sa famille une peur effrayante et indéracinable.

Le couple impérial se souvenait encore d'une des femmes nobles d'une grande famille illustre qui semblait totalement flamboyante et innocente aux yeux du monde, mais qui, derrière les rideaux, envoyait les enfants en maison de correction par pur sadisme et trafic d'influence. Alors il lui rendit sa cruauté en faisait tout simplement pire que cette femme élégante et habile, au visage faussement naïve ne pourrait jamais achever, il endommagea la moitié de son corps, laissant les autres voir ce qu'elle était réellement – de la laideur, puis, ce qu'elle était devenue, avant de la traduire en justice, et tout cela, dans l'invisibilité la plus totale. Personne, sauf la famille impériale, n'a jamais compris ce qui s'est passé, et probablement personne ne le saura jamais. Et sans doute cela valait-il mieux. Mais ça ne s'est pas arrêté là !

Sans doute, pensa le couple, torturé de doutes, qu'il aurait dû avoir le courage et la conviction de l'arrêter, au moins de le raisonner, ou mieux encore de l'enfermer loin de toute lumière, avant que le pire ne se produisit. Cependant, à cause de leur amour infini, inconditionnel pour cet enfant que tout le monde semblait affectionner autant, ils n'ont rien fait. Et d'ailleurs l'objet de toutes leur pensées et de leur inquiétude faisait son entrée grandiose dans la grande chambre de réunion.

- Père, mère, me voici! Et vous n'avez aucune inquiétude à avoir, je suis déjà prêt pour être vu et admiré par notre peuple bien-aimé et nos innombrables visiteurs aussi divers et habituellement vifs, que vous !

Il s'était exprimait avec une joie un peu trop trompeuse mais tout à fait désinvolte ce qui fit secouer la tête de ses parents.

- Quoi ? demanda le prince, en les regardant d'un air impassible et mystérieux.

- Rien, si on exempte, bien sûr votre retard et votre incroyable indifférence, qui vous a sans doute poussé à ne pas nous parler de votre sortie d'hier soir et encore moins de l'endroit où vous vous étiez rendu, et cela, malgré notre supplique de ne pas le faire, tout va parfaitement bien !

Leur fils sourit, croisant les mains en s'approchant d'eux avec une nonchalance naturelle.

- Cher Père, je ne peux tout de même pas vous informer de mes moindres faits et gestes, et cela concernant surtout mes affaires privées, ce serait trop embarrassant.

- Une fille ?

- Bien sûr, une fille ! confirma l'héritier avec des gestes éloquents et une expression faussement déconcerté.

- Je ne pense pas qu'il n'y en ait jamais eu qu'une.

- Et pour ma part, je ne vois pas la différence.

Son expression moqueuse et sadique était effrayante à voir. Sa mère, la souveraine Krilia se mordit les lèvres, désespérée, et répondit en se dressant majestueusement devant son fils, le fixant droit dans les yeux.

- Avec une telle vanité, je ne suis pas surprise.

Le prince haussa les épaules, insensible, en soutenant aisément le regard hanté de sa mère.

- Pourquoi se fâcher, maman, tant que ces filles sont prêtes à aller là où elle désire aller avec leur propre volonté, bien qu'en dessous de la mienne cela va sans dire, le problème ne se figure pas.

L'impératrice considéra son enfant bien-aimé avec des yeux conscients. Comme son père, il portait un somptueux costume impérial, portant sur son côté gauche, là où se trouvait le cœur, les armoiries de leur famille, avec un long manteau royal strié de fil d'or. Sa magnifique chevelure noire cendrée peignée vers l'arrière dégageait son mince visage identique à celui de son père, avec des traits fascinants et des yeux aussi clairs que du cristal, mais dans lesquels on ne pouvait rien lire, si ce n'est son amour de la vie et sa certitude totale de n'être gêné par rien. En tant que mère, elle ne le craignait pas vraiment et, de ce fait, elle savait qu'il ne lui ferait jamais de mal. De plus, la seule personne qui pouvait apprivoiser cette terrible créature était son père, mais ce dernier était, malgré sa crainte et ses sentiments déchirés, si fier des talents prodigieux et de la beauté de son fils qu'il finissait toujours par pardonner, et même oublier toutes ses actions et ses caprices. L'impératrice esquissa un sourire désabusé, mais inévitablement tendre.

- C'est vous le problème, mon amour.

L'être aimé fronça les sourcils un bref instant.

- Moi, mais pourquoi ?

- Je pourrais vous citer beaucoup de raisons. Mais je pense, ou plutôt je suis sûr que rien de tout cela ne trouvera jamais sa place dans votre conscience.

Sa mère, la belle impératrice de Grovius, parlait d'une manière singulièrement rigide et presque inquiétante. Elle portait avec une élégance exceptionnelle une magnifique robe longue drapée de mousseline ivoire et dorée, ornée de divers motifs mis en valeur par des pierres rares et de la magie, et serrée à la taille par une large ceinture, un ruban et de la dentelle magnifiquement tissée. Des gants blancs et des bijoux classiques couvraient ses mains délicates, et un somptueux diadème ornant son fier front complétait cette image impériale.

Et comme d'habitude, même si son fils la respectait, il se moquait de ces conseils qui le laissaient totalement indifférents et qu'au fond, il n'en avait jamais vraiment compris l'importance.

- Tu as raison, maman, je ne le ferai probablement jamais. Admit-il d'ailleurs avec un geste révélant bien son total manque d'intérêt et que sa mère avait peine à supporter. En fait, continua-t-il en changeant de sujet, j'ai rencontré un animal merveilleux dans les bois de Jeriok, vraiment parfait. J'aimerais l'avoir pour moi.

L'empereur qui alla se servir un verre au bar en bois blanc rare installé le long d'un mur, suspendit son geste en entendant cette nouvelle lubie aussi inquiétant qu'habituel.

- Vous êtes sûr que vous pourrez l'élever seul ?

- Pourquoi en douteriez-vous ?

Le souverain haussa les épaules en regardant son fils avec malice.

- Parce que si mes souvenirs sont exacts, vous et les animaux n'avez jamais eu de véritable compatibilité.

- De quoi pensez-vous parler, Père ? Insista-t-il avec un visage faussement surpris qui aurait convaincu n'importe qui.

- Oh mais plein de choses, si seulement on pouvait citer le cas de ce sublime Kartial qui était si terrifié par vos pouvoirs que son cœur a fini par s'arrêter pour ne jamais rebattre à nouveau, ou de ce drôle de Singui qui pendant des jours n'a jamais cessé de pleurer terriblement pour être libéré de votre joug, ou encore de la Dordoune bleue qui était si adorable mais qui a préféré sauter de cette montagne pour vous échapper, malgré sa grande affection pour vous - terrifiant et incompréhensible soi-dit entre nous. Et sans parler de votre premier animal, cette adorable Ritelle dont on n'a jamais su ce qui lui était finalement arrivé, mais que je devine facilement avoir un lien étroit avec ce que vous lui avez fait.

Le prince secoua la tête, sentant un agacement terrible commencé à l'envahir en face de cette discussion qui n'avait pour but que de le moraliser.

- Mais Ritelle m'aimait aussi en omettant de parler de toutes les autres. Protesta-t-il tout de même pour la forme.

- Bien sûr, comme toutes ces créatures que vous aviez possédées, et qui sont toutes mortes.

- De toute façon, elles devraient toutes mourir un jour ! Comme moi.

- Nous en sommes tous conscients ! Mais nous devrions avoir le droit de choisir notre propre destin. Même les créatures que vous ne semblez pas être conscient de blesser.

Les deux hommes se regardèrent un instant, puis le prince pinça légèrement les lèvres et sourit étrangement.

- Eh bien, vous voyez, on devrait plutôt considérer les choses telles qu'ils sont réellement, que ces créatures étaient en fin de compte aussi mauvaises que faibles, non ? De me craindre autant et de ne pouvoir supporter ce que je suis.

En entendant ces mots terribles de sincérité, l'empereur Grovius ne pouvait s'empêcher d'émettre un rire surprenant.

- Et le pire, c'est que vous croyez vraiment à ce que vous dites.

- Bien sûr, papa. Comme je le dis toujours, il serait tellement plus fatiguant d'essayer d'être autre chose que ce que l'on est réellement.

- Peut-être, sa mère intervint avec véhémence. Mais si jamais votre nature incontrôlable devait un jour nuire à notre empire, ou à notre famille, je serais là pour vous rappeler vos paroles et les graver sur votre corps.

Ne prenant pas ombrage des dures morsures de sa mère, le jeune prince ne s'inclina que légèrement devant la femme qui lui avait donné naissance avant de s'approcher de son père et de se servir à son tour d'un verre, l'avala calmement, s'appuya sur la barre polie, puis se redressa.

- Eh bien, mes chers parents, comme je l'ai déjà dit en entrant et avant que nous ne commencions cette discussion des plus stérile, je suis prêt.

L'événement de la célèbre fête fut comme tout le monde l'avait espéré, merveilleux.

Lorsque la famille impériale fut annoncée et sortit sur l'immense balcon érigé sur toute une façade du gigantesque palais, des applaudissements et des acclamations assourdissants saluèrent leur apparition, suivis d'explosions de feux d'artifice magiques qui illuminèrent le ciel et toute la cité de couleurs et de poussières étincelantes.

Puis des nuées d'elfes de toutes sortes apparurent dans un éclat extraordinaire émergeant des horizons et volant gracieusement partout, s'arrêtèrent devant le couple impérial une fois, exécutèrent une profonde révérence dans une coordination parfaite puis reprirent ensuite leur danse sublime et offrirent d'autres divertissements profonds et colorés qui émerveillèrent tous les présents.

Le prince se comporta comme son rang l'exigeait de lui. Aucun geste trop ou pas assez malléable. Il fit preuve d'une expression qui montrait clairement son approbation pour les spectacles élaborés et fantastiques des elfes.

Chapitre 2 Implacable

Au fur et à mesure que la fête avançait et que les gens se laissaient enfin complètement absorber par la fête et les innombrables divertissements proposés, le prince disparut discrètement et se rendit dans la forêt enchantée de Jériok pour pouvoir chasser un moment.

Alors qu'il s'enfonçait de plus en plus dans le royaume enchanteur, des scintillements extraordinaires apparurent partout puis une vision de vie se forma devant l'héritier d'où émergea une bête, la sienne aussi géante que magnifique, sa fidèle créature stellaire qui se dressa devant lui et le regarda.

- Tiens, tu arrives un peu tard Yogel. Déclara le prince, amusé, en signe de bienvenu.

- Toutes mes excuses votre altesse. Mais pourquoi chasser ?

- Parce que j'ai faim.

- Vous goûtez toujours les plats les plus délicieux et les plus délicats que l'on puisse préparer, je tiens à le souligner. Et cela, tous les jours. Alors...

- Je sais, répondit le prince, imperturbable en continuant son exploration, emboîté par son monstre. Mais parfois, j'aimerais préparer, si je puis dire, ma propre nourriture.

- Le problème serait la viande de brousse que vous allez chasser !

- As-tu peur que j'en attrape trop ?

Un rire moqueur répondit à cette question ironiquement moqueuse.

- C'est la dernière chose à laquelle je penserai jamais votre altesse. Je pensais seulement à la qualité de la proie que vous allez tuer. Si sa chaire est empoisonnée, vous souffrirez.

Une exclamation sardonique suivit cette déclaration laquelle trahissait en fin de compte une affection et une inquiétude profonde.

- Mais tu seras là pour m'aider en cas de danger, n'est-ce pas ? Répondit le prince en se tournant vers son plus loyal allié et en tendant la main pour caresser légèrement la fourrure éblouissante. Donc je ne vois pas vraiment ce que je risque.

Pour une fois, pour bien démontrer sa confiance absolue en sa créature d'étoile, le prince négligea d'éveiller ses pouvoirs et alla explorer la forêt avec seulement son corps et sa force naturelle, sa bête indéfectible comme seule magie marchant à ses côtés.

- Quand vous le dites comme ça prince, vous donnez l'impression d'être le maître faible avec le besoin constant de la force et de la vigilance de son fidèle assistant pour vivre.

- C'est le cas, Yeugon !

- Nous savons très bien que ce n'est pas vrai. Mais pour bien respecter l'équilibre alimentaire, vous devez et en êtes bien sûr conscient, accompagner la viande de fruits et légumes.

- Oui, je sais. Mais c'est étonnant que j'aie presque l'impression d'être avec ma mère quand je suis avec toi.

- Hé, vous m'avez vous-même fait remarquer que mon rôle était de prendre soin de vous ! Donc je dois m'assurer que vous mangez correctement, surtout dans ces endroits inappropriés comme une forêt abandonnée. Ajouta la grande créature en regardant avec ironie les arbres centenaires et leurs bourgeons en fleurs.

- Elle n'est pas du tout abandonnée ! Protesta le prince en fronçant légèrement les sourcils. C'est même le contraire, c'est une forêt très envahie. Un peu trop quelques fois à mon goût.

- Pour moi, elles se ressemblent toutes de toute façon. Comme les femmes le sont pour vous altesse.

- C'est ce que j'ai dit à maman, il n'y a pas plus tard que ce matin.

- et je vois d'ici sa réaction. Elle a beau être votre mère et impératrice, elle est avant tout une femme, la femme de votre père. Elle n'acceptera jamais une telle marque d'infériorité. Surtout venant de vous, son propre fils.

- Sans doute, concéda l'héritier après quelques minutes de réflexion.

- Mais pour vous, malgré tous ces mots et la blessure de votre souveraine, ces femmes ne resteront jamais que des créatures semblables.

- Eh bien, puisqu'on en parle... Arrête, intima soudain le prince quand ils arrivèrent au bord d'une vaste prairie. Ils éteignirent immédiatement leur aura et se déplacèrent dans un silence absolu pour voir quel genre d'animaux occupaient la vaste clairière sauvage. Ils virent de suite des singui.

- Non. Refusa d'emblée Yeugon.

- Pourquoi ? Leur chaire n'est pas si mal ! Mais surtout, elles sont propres, et c'est ce que tu souhaites que j'ingurgite, non ?

- Oui, mais trop inférieure.

Le prince plissa les yeux.

- Si je te mange maintenant, je n'aurai plus à chasser. Suggéra le prince d'une voix doucereuse et dangereusement calme. Car toi, assurément, tu es une créature supérieure.

- On peut le voir comme ça, en effet. Concéda le monstre, ne sachant comment interpréter les mots de son maître.

- C'est certain. Mais je vais passer mon tour. Chasser seul, autant que je choisis une proie digne de ce nom !

Abandonnant les singuis, les deux amis pénetrèrent encore plus loin dans le territoire enchanté.

- Dites-moi, prince.

- Oui ?

- N'êtes-vous vraiment pas intéressé à participer à l'événement des Elfes ?

- Pourquoi ?

- Pourquoi veux-tu autant savoir ?

- Parce qu'il s'agit de vous.

Le prince se tourna un instant vers sa créature et échangea avec lui un long regard, alors, se décida-t-il à lui révéler la vérité.

- Parce que pendant ces quelques heures où les gens sont si heureux et se laissent distraire par les plaisirs et les divertissements, je peux enlever ce masque hideux et si dérangeant de prince et d'héritier, et m'échapper.

- S'échapper, c'est ce que vous faites tout le temps !

- Oui, mais pas de cette façon-ci ! Aujourd'hui, je peux abandonner ma magie pour un moment sans que cela me blesse.

Yeugon Zeneg allait répondre à cette remarque lorsque son prince s'arrêta soudainement, et il vit que le jeune héritier avait les yeux rivés sur un spectacle déplorable. Non loin d'un amas de terre ocre, tout un groupe de bêtes enragées était en train de se défouler sur une seule, une créature ronde, très poilue, d'un rouge bien foncé qui d'ailleurs se distinguait encore plus nettement à cause de tout le sang qui sortait de ses blessures. La pauvre bête épuisée et battue avait déjà du mal à se déplacer. Lorsqu'il pensa que la mort allait prendre le dessus sur son être, les monstres qui lui déchiraient le corps s'arrêtèrent soudain, avant d'être mis en pièces, et dont le sang et la chair se répandirent partout avec une brutalité abominable.

Puis la pauvre bête meurtrie ressentit une force froide extraordinaire régnée dans tout le lieu, il vit d'abord l'énorme monstre dont la beauté et la lumière semblaient ressembler aux étoiles, et sa puissance sans doute aussi semblable, une puissance telle que de pouvoir tenir à l'écart ou même tout simplement de cesser toute vie existant dans la forêt.

Mais le plus dangereux n'était pas cela, non le plus grand danger venait incontestablement de celui qui se tenait à côté de lui et qu'il semblait servir avec tant de dévouement que s'en était aussi visible que les astres de la nuit, un jeune garçon portant des vêtements simples, mais luxueux, un costume léger de couleur marron clair qu'il portait avec une incroyable désinvolture, la même désinvolture qui l'avait amené à mettre en pièces ses mortels ennemis un instant plus tôt sans la moindre pitié ni le moindre sentiment. Il n'avait pas d'aura, probablement ayant décidé de le céler pour se déplacer sans attirer l'attention, ce qui était de toute manière la seule explication possible. Et son pouvoir se reflétait dans ses yeux de cristal, et tout son être annihilait toute magie pouvant les entourer, reflétant incontestablement sa nature et sa grandeur. Il semblait régner en maître suprême sur tout ce qu'il faisait, mais quelque chose semblait habiter derrière cette force phénoménale, quelque chose de plus profond et plus sombre. Et juste au moment où il avançait vers la petite bête au corps adorable et meurtri, qui mourut de peur plus qu'auparavant, se traîna désespérément jusqu'à l'amoncellement de terre, et s'y réfugia de toutes ses forces, fermant pitoyablement les yeux en pensant à sa vraie fin avec effroi. Il émit de petits gémissements tandis que des larmes coulèrent sur son visage ravagé, tremblant misérablement comme une feuille morte perdue dans les vents violents des orages, et son sang qui ne cessait de jaillir de sa fourrure trempée.

Mais quand il se vit déjà immobilisé, gelé et se dispersant comme les autres avant lui, il ne sentit qu'une magie froide mais réparatrice s'emparer de son corps et l'envahir entièrement.

Lorsqu'il trouva la force de rouvrir ses petits yeux ronds et brillants, il remarqua que son corps ne souffrait plus d'aucune blessure et que les deux visiteurs etrangers étaient partis.

La créature rousse hésita un instant puis partit à la recherche de ses froids sauveurs, de cet être si beau et semblant dépourvu de toute vie, de toute pitié, ne l'ayant sans doute sauvé que par simple caprice et non par empathie.

- Non. Certainement pas.

Chapitre 3 Lumière et ténèbres

- Majesté !

- Oui, Yeugon ! Je l'ai senti aussi ! Confirma le prince, une froideur abominable émanant de son corps. Comment ces étrangers osent-ils venir à Grovius, étalant sans retenu ces intentions aussi atroces et croire qu'ils réussiront ? Ils vont payer pour ça.

Alors le prince arborait un visage si cruel et implacable que même Yeugon prit peur.

Il devait mettre un certain temps pour retrouver ses pouvoirs, de précieuses minutes qu'il perdit sans raison valable laissant aux ennemis de l'empire d'avancer dans leur plan de destruction, mais dès que sa magie revint, bouillonnant dans son corps, il partit voler sans plus attendre au-dessus de la forêt rejoindre le champ de bataille. Un feu gigantesque engloutit la moitié de l'immense cité de Grovius et des nuages noirs magiques recouvrirent rapidement le ciel, qui était encore quelques minutes plus tôt aussi bleu que le costume de fête de l'empereur Jergal.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? murmura le prince en fixant la masse noire où apparaissaient des essaims de monstres volants aux yeux lugubres et écarlates, crachant un feu magique très puissant qui brûlait la ville et provoquait les cris d'agonie de plusieurs personnes. Des cris qui déchirèrent l'espace de Grovius et éveillèrent rapidement le désir destructeur de meurtre du prince.

À peine avait-il deviné cette situation mortelle qu'une armée de monstres noirs, volants, sentant sa présence menaçante, se tourna vers lui, lui lançant de puissants coups magiques. Yeugon érigea une gigantesque barrière sphérique autour d'eux avant de lancer un énorme tir dévastateur qui éradiqua soudainement l'armée.

Le prince entendit des cris terrifiés en dessous de lui, près de la forêt, et vit une petite famille qui fuyait désespérément une autre armée de bêtes féroces, mais cette fois-ci non-volante et portant une armure sombre très épaisse. Il descendit rapidement et tendit la main, exerçant son pouvoir, qui changea rapidement le sol sous les pieds des monstres en un immense lac de boue où des géants informes émergèrent à mi-hauteur pour s'emparer des bêtes aussi facilement que des petits-bois et les emmener dans leur sinistre et fatale profondeur.

Le prince posa son pied sur le sol avec un sourire féroce. Il se tourna un instant vers sa bête stellaire avec confiance. Mais ce qu'il ne vit pas, c'était la nuée de monstres sombres tapie dans les sous-bois et les buissons, observant sordidement le prince et avançant avec une rapidité et une discrétion effrayantes. Un monstre prit alors l'offensive et sauta rapidement sur le prince, mais fut arrêté dans son attaque quasi-mortelle par une créature ronde à la fourrure rouge foncé. L'héritier se retourna immédiatement pour voir ce qui se passait et vit un monstre et une créature ronde passer devant ses yeux avant de rouler plus loin. La créature rouge se posa lourdement sur le sol tandis que la bête noire se leva avec aisance avant de se précipiter vers l'adorable créature sauveteuse. Mais comme auparavant, cette dernière vit son ennemi mortel immobilisé avant d'éclater en mille morceaux.

Le prince se dirigea alors en flottant vers son sauveur roux, qui s'accroupit craintivement sur le sol, terrifié par le jeune et puissant guerrier, malgré ce qu'il a fait pour lui et les raisons qui l'ont poussé à le faire. Il le regarda un instant de ce regard de glace qui l'horrifiait tant, avant de lui caresser la tête.

- Tu as été fantastique, tu sais. Tu as fait quelque chose dont tu n'avais nul besoin de faire. Et tu l'as accompli avec courage. J'ignore si tu m'as sauvé la vie, mais qu'importe, je le prends comme tel. Merci.

Heureuse et soulagée, la créature écarlate leva la tête avec un sourire, et timidement se blottit contre le prince. Les autres alliés des monstres apparurent à leur tour des bois et se précipitèrent vers leur jeune souverain, qui tendit la main, créant à son tour un immense bouclier stellaire qui grandit rapidement et réduisit en poussière tout ce qu'il touchait, vivant ou non.

Il regarda la créature craintive qui lui témoigna néanmoins une confiance sans bornes.

- Reste là, je reviens bientôt.

La créature ronde fit un signe de tête heureux.

Le prince lui offrit une expression arrogante, mais étonnement tendre.

- Très bon garçon.

En se levant, le jeune guérrier regarda le nuage où un monstre titanesque aux yeux glacés apparut, portant lui aussi une épaisse armure de métal stellaire.

L'héritier lui lança un regard glacial qui ne signifiait rien d'autre que la destruction.

Il s'éleva également dans les airs et exerça son pouvoir, émettant une lumière phénoménale qui stupéfia tout le monde. L'armée de la planète, portant une armure grise et blanche avec les armoiries impériales, combattit bravement et habilement les bêtes envahissantes de Grovius.

Lorsque le prince émergea enfin de son océan de lumière, il portait à son tour une armure, épaisse mais légère, spéciale, faite de métal stellaire et sa bête Yeugon devint un titan, portant majestueusement une barbe bleue et une couronne royale, et dont l'armure était forgée dans le même alliage que celle de son maître, lequel tendait maintenant la main vers leur adversaire. Puis les deux parties se préparèrent à un gigantesque lancement d'un obus magique.

Yeugon déploya ses ailes flamboyantes et forma le tir, le monstre s'enveloppa à son tour dans des nuages noirs pour le rassembler et le transformer en une orbite phénoménale.

Et lorsqu'ils lancèrent enfin en même temps leurs bombes destructrices, le choc fut si violent qu'ils détruisirent les restes de l'armée d'envahisseurs que la garde de Grovius ne put éliminer, tandis que le prince protégea par sa grande magie son peuple et la cité des vagues dévastatrices de cet affrontement, qui exigeait une force incroyable et lui vida de ses forces.

Puis toujours avec une rage froide et malgré une fatigue inquiétante, l'héritier intensifia à nouveau le feu de sa bête pour repousser le monstre géant envahisseur et l'envoyer dans l'espace avant de le désintégrer en une formidable explosion qui illumina un moment toute une partie de la considérable planète.

Devant cette victoire retentissante, tous félicitèrent l'héritier pour son courage et son héroïsme. Mais pas encore satisfait malgré ce triomphe, le prince soupçonnait les traîtres qui avaient osé vendre son empire bien-aimé à des étrangers. Et quelles que soient les raisons qui les aient conduits à cette trahison, il les fera payer de telle manière qu'ils ne s'en relèveront jamais.

Télécharger le livre

COPYRIGHT(©) 2022