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Le monde conflictuel de Michael

Le monde conflictuel de Michael

Auteur:: MONICA H
Genre: Romance
Le monde conflictuel de Michael ♥️ Lisez le résumé dans le premier chapitre .

Chapitre 1 PROLOGUE vs CHAPITRE 01

Prologue:

Je monte dans cette voiture que je n'aurais jamais imaginé ne fusse qu'approcher une seule fois dans mon existence. Mes bras me font mal, mes mains me font mal, mes poignets me font mal. En fait, mon corps tout entier me fait mal après la raclée que ces gens m'ont infligée une heure plus tôt. Je n'aurais jamais du y aller, je n'aurais jamais du participer à cela. Maintenant je me retrouve en danger. J'ai toujours cru que jamais je n'irai dans cet endroit, que jamais ça ne m'arriverait a moi. Mais apparemment, comme tous les gens de mon espèce, je suis condamné à avoir une mauvaise vie et une mauvaise réputation. Tant de conflits, tant de préjudices, je suis à bout de souffle. Mon père m'a toujours dit qu'un homme doit rester fort, mais comment le rester lorsqu'on a une idée de ce qui nous attend et que ce qui nous attend est pire que tout, surtout pour quelqu'un comme moi?.

Nous roulons depuis un bon moment déjà mais je n'en ai cure. je réfléchis juste à ce qui m'arrivera, si je pourrai m'en sortir, si je pourrai être le même après ça. C'est triste à dire mais je suis comme un etranger chez moi. Personne ne me prend en considération, personne ne veut de moi, personne n'essaie ne fusse qu'une seconde d'être a ma place. Ils se contentent de me juger et de me rejeter comme si j'étais une bête de foire, comme si le fait même d'exister était un crime de lèse majesté.

Le bruit du moteur qui s'arrête me tire de mes pensées. Je suis conduit a l'intérieur de ce que la plupart des habitants de ce pays craignent. Mes mains sont toujours liées et mon corps est toujours aussi douloureux. Nous entrons dans une salle à peine éclairée où se trouve un homme chétif assis sur une chaise en face de la porte que nous venons de franchir. Je reçois l'ordre de m'installer et de me taire. Ils en profitent pour discuter entre eux à propos de moi. Le policier chétif a un regard méchant, presque animal à mon encontre. Mon Dieu que vont ils faire de moi?

Le policier chétif: Alors comme ça on viole les femmes? Hum?

Moi: ...

Le policier chétif: Tu ne parles pas?

Moi: ...

Le policier: Mon petit tu sais ce qu'on fait aux violeurs? Tu sais ce qui va t'arriver ici la? Non tu ne sais pas sinon tu devais parler. Moi je suis le chef, quand je prends mon temps précieux pour t'adresser la parole tu réponds. Espèce de chien! On doit tous vous bastonner(frapper) copieusement dans ce pays, bandes de mendiants!

Moi: ...

Vous vous demandez sûrement pourquoi je ne parle pas. Non, ça n'a rien a voir avec ce que j'ai fait ou pas. La vérité est que j'évite juste de me faire tabasser à nouveau. En effet, la raclée que j'ai reçue plus tôt était le résultat de mes réponses. Comme maintenant, ils m'ont posé des questions, j'ai répondu et je me suis fais tabasser. Comprenez donc que cela ne sert a rien que je réponde encore, sauf si j'en redemande bien-sur. Les regards menaçants de ces messieurs ne me disent rien qui vaille, une lueur assez curieuse d'ailleurs me fait penser a... non ça ne peut pas être ce à quoi je pense, non. C'est vrai que j'ai eu vent de cela mais...non je préfère ne pas y penser, même si c'est vrai, je n'en ferai pas les frais. Le policier chétif se lève pour venir à mon niveau. En plus d'être chétif, il est assez petit de taille, pourtant il ne m'inspire pas confiance, loin de là. Il pose la paume de sa main sur ma tête qu'il redresse dans sa direction et me fixe pendant plusieurs secondes. Ses yeux d'un jaune prononcé, presque rouges, et son petit ballonnement au niveau du ventre me donnent une idée sur son penchant pour l'alcool. Je ne dis rien, je ne bouge pas, j'attends ma sentence.

Lui: Éric, ferme la porte on va faire ça vite.

Éric: Mais le...

Lui: Fais ce que je te dis. On verra pour l'autre après. Tu sais qu'il ne viendra pas avant deux jours.

Éric: C'est même vrai.

Lui à moi: Mon petit tu as pris ton pied en violant la femme d'autrui non? C'est bien. Nous aussi on va prendre notre pied.

Ce n'est qu'à ce moment que je pose mon regard sur lui. Il a un sourire narquois et son regard descend sur mon pantalon. Je le vois se redresser en touchant le sien. Oui, cette lueur...je me disais bien. Ils vont abuser de moi, ici, maintenant? Seigneur pourquoi moi? Faut il vraiment que je passe par là? N'ai je pas assez trimé dans ma vie pour que j'en arrive à ce niveau? Apparemment non, il faut peut être que quelqu'un me poignarde mortellement pour que tout cela finisse. Me suicider? Jamais! C'est pour les faibles, et je ne le suis pas. Pourtant je commence à sentir mes forces m'abandonner à la seule idée qu'un homme comme moi puisse...rhaaaaa!

Éric: C'est mieux d'attendre que les autres là partent, on sera tranquille.

Le chétif après réflexion: Oui tu as raison. Mets le d'abord en cellule, on va s'occuper de lui plus tard.

C'est le coeur meurtri que je me laisse guider vers un endroit assez lugubre. De l'humidité, de la moisissure, des odeurs repoussantes. Je crois que mon calvaire ne fait que commencer. Je suis poussé dans une pièce où se trouvent deux autres messieurs. Il y a une odeur d'excréments, de sueur et d'urine. Je ne peux m'empêcher de mettre la main sur mon nez en m'avançant dans la pièce. La porte de la cellule se referme derrière moi et tout ce que je souhaite c'est disparaître ne fusse qu'une minute de ce trou à rats. L'un des messieurs présents s'adresse a moi sans protocole.

Monsieur 1: Mon petit, c'est toujours comme ça au début mais tu vas finir par t'habituer.

Moi: ...

Monsieur: Moi c'est Guillaume et toi?

Moi: ...

Guillaume: Tu ne parles pas?

Moi: ...

Guillaume à l'autre monsieur: Oh Cianur tu vois ça? les policiers là arrêtent même les muets?

Cianur: Qu'est ce qui t'étonne avec les maudits la?

Guillaume: C'est grave hein.

Cianur: Mon frère faut seulement t'installer hein. Nous on est posé mais y a rien de bon ici. La nourriture bad, le sommeil bad, la pièce bad, tout est bad ici. On ne vit pas, on survit seulement mon frère. Mais bon on va encore faire comment? C'est la vie.

Moi: ...

J"aimerais bien savoir ce qu'ils ont fait pour atterrir ici et surtout si ils se sont fait abuser par les policiers. Guillaume me parait être un monsieur de la trentaine révolue tandis que Cianur fait beaucoup plus jeune, je dirais dans la branche 26 à 30 ans. Ils paraissent tellement à l'aise ici que c'en est choquant.

Tandis que je m'adosse à l'un des murs de la pièce, ils continuent leur discussion sur la politique sans plus faire attention à moi. Le temps passe et ils ne s'en lassent pas. Combien de temps sont-ils restés ici. Moi j'ai à peine fait quoi deux, trois heures? Je ne sais pas. Mais le peu de temps que j'ai passé dans cette cellule me donne envie de partir d'ici au plus vite. Alors comment font ils? Serais je comme çà après quelques semaines passées ici? Serais je tellement à l'aise dans cet environnement malsain que l'idée de sortir d'ici ne m'effleurera plus l'esprit? Pourquoi pas, après tout j'en ai vu des vertes et des pas mures, ce serait juste assez logique que ça continue d'aller mal.

Vous me trouvez défaitiste? Vous me trouvez fataliste? Bah voyons! Je suis sûr et certain que l'un de vous ici a participé à mon calvaire. Je suis certain d'avoir j'ai croisé l'un de vous dans un carrefour, dans un magasin ou dans un supermarché et que j'ai reçu de votre part les mêmes regards dédaigneux ou paroles blessantes venant des gens qui me côtoient. Non je ne suis pas défaitiste, je ne suis pas fataliste, c'est juste que j'ai appris avec le temps que les gens comme moi seront toujours marginalisés ici et que je devrais toujours travailler deux fois plus pour être accepté. C'est à cela que se résume ma vie.

Vous voulez vraiment savoir ce qui a fait de moi la personne que je suis devenue aujourd'hui? Bah il suffit de remonter dans le passé. Oh oui on peut dire que mon passé n'a jamais été très reluisant. Bien-sur, vous avez besoin de savoir. Vu que je serai peut être ici pendant un bon bout de semaines ou de mois, pourquoi ne pas tuer le temps en vous parlant un peu de moi? Avant de commencer, j'aimerais bien savoir à qui j'ai affaire...

Des bruits de pas s'avancent. J'étais tellement concentré à autre chose que j'ai complètement oublié ce qui m'attendait. J'entends la porte s'ouvrir et ceux qui m'ont emmené ici entrent dans la salle. Ils ne font pas cas des des autres et m'attirent à l'extérieur. C'est l'heure de la sentence. Je fais une prière dans le coeur avec tout le désespoir du monde. Seigneur baisse le regard sur moi par pitié et pardonne moi d'avance pour ce que je serai capable de faire pour me défendre!

Je suis conduit vers une autre salle, différente de la précédente. Ils me poussent brutalement et je me retrouve au sol après avoir trébuché . Ils sont deux sur place avec moi. Puis le policier chétif entre à son tour, le sourire aux lèvres.

Le policier chétif: Bon, je crois qu'il est temps qu'on lui donne une petite leçon.

Il s'approche de moi en posant la main sur la taille de son treillis, ce qui me fait serrer les poings par réflexe. Je le vois retirer sa ceinture lentement, de la manière la plus normale possible. Je ferme les yeux, refusant de croire que je puisse vivre une telle chose en live et que j'en sois la victime. Je préfère m'évader et parler d'autre, penser à autre chose, entre autre mon passé. Vous devez absolument savoir ce qui m'est arrivé jusqu'ici. Comme je vous l'ai dit, il m'est important de savoir à qui je m'adresse. Alors si vous n'y voyez aucun inconvénient, j'aimerais que vous vous présentiez avant que je ne le fasse...

S.M.M

Chapitre 1

Vous voyez? C'est ce que je disais tantôt, les gens m'ignorent toujours lorsque je m'adresse à eux, plus précisément des l'instant qu'ils m'entendent parler. Je ne m'attarderai pas sur le fait que vous ayez refusé de vous présenter, en dehors de Joana Bike que je suis heureux de connaître. Bref ce n'est pas cela le plus important.

Je suis un jeune homme né de mère togolaise et de père gabonais. Cette espèce de double nationalité m'a toujours créé des problèmes, des conflits de toute sorte. En vrai, je me suis toujours senti un peu rejeté, mais ça vous allez le découvrir par la suite.

Je m'appelle Sogbe Michael Mpolo et voici mon histoire...

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Vivent les mariés, vive les mariés!

Je reçois un jet de grains de riz à la sortie de la marie vu que je précède les mariés. Mon père vient de s'unir avec une femme qui n'est pas mère. Et moi je suis juste figurant dans ce cercle de bonheur. Non pas que cette femme soit méchante, bien au contraire, mais je ne me sens vraiment pas à l'aise. Mon père l'a connue à son lieu de travail. Je le sais parce que les premières fois ou je l'ai rencontrée, c'était là-bas. Elle connaît mon père depuis un bon bout de temps je crois. Elle venait fréquemment à la maison et arrivait toujours avec des petits cadeaux pour moi. Et un jour, ils m'ont expliqué que désormais elle vivrait la. J'ai eu un petit pincement au coeur en pensant à ma mère mais j'ai fini par l'accepter. Ma mère est décédée quelques temps plus tôt et ma nouvelle maman a beaucoup contribué à aider mon père pendant le deuil. Oui, vous avez parfaitement lu, je suis orphelin de mère. Papa m'a fait savoir que rien ne la remplacerait jamais dans son coeur mais j'aurais préféré sa présence parmi nous. La présence physique vaut mieux que tous les souvenirs du monde.

Aujourd'hui est le jour qu'il ont choisi de s'unir pour la deuxième fois, après le mariage à la coutume bien sur. Tous les parents de papa sont là et ceux de ma nouvelle maman aussi. Il y a tant de mouvements autour de moi que je suis un peu perdu. Alors que nous passons à la séance photo, j'entends mon père discuter avec ma nouvelle maman.

Papa: Il sera dans la voiture des garçons d'honneur. Ne t'inquiète pas!

Ma nouvelle maman: Non je préfère qu'il soit dans la voiture avec nous.

Papa: Mais pourquoi faire?

Ma nouvelle maman: Enfin tu ne vois pas qu'il est mal à l'aise avec les autres? Je préfère qu'il reste avec nous, au moins jusqu'au cocktail.

Papa: Ce n'est pas juste pour moi ça.

Ma nouvelle maman: Je sais mais on aura le temps d'être ensemble tous les deux.

Papa: Bon d'accord!

Ma nouvelle maman à moi: Michael!

Moi: Oui tantie!

Ma nouvelle maman: Tu vas monter avec nous dans la grosse voiture hein?

Moi heureux: Oui tantie!

Le reste de la cérémonie se passe bien, je suis au petit soin dans les bras de ma nouvelle maman. Papa semble très heureux, si heureux qu'à certains moments je lui en veux un peu. Il ne devrait pas être si heureux avec elle, si? Est ce qu'on peut aimer deux femmes différentes? Il m'a dit qu'il aimait toujours maman mais il est bien avec celle là. Si il est bien avec elle, c'est qu'il n'était pas bien avec maman, non? Tant d'idées se bousculent dans ma tête que je ne sais plus ou me mettre. Je profite du tour de ville et du cocktail pour m'amuser avec les autres, mais ce n'est pas facile du tout. Il ne jouent qu'entre eux et refusent de me passer le ballon. Papa me les a présentés comme mes cousins direct, mais la proximité entre eux et moi est quasi inexistante. Tout d'abord il y a Yeno, le plus grand de la bande qui aime faire des blagues sur moi. Ensuite, il y a Brice, un peu plus calme mais qui suit tout ce que Yeno fait. Enfin, il y a Tony, presque aussi méchant que Yeno. En vérité, je m'entends mieux avec mes cousines, mais les autres se moquent de moi lorsque je reste avec les filles alors je fais tout pour me trouver une place partie mes cousins.

Yeno: Oh le togolais!

Tony: Est ce qu'il sait même jouer au ballon lui?

Yeno: Pouff les togolais jouent quel ballon? Il savent seulement soulever les bassines.

Brice: Les gars, tonton André va se fâcher si...

Yeno: Laisse ça, tonton André est avec sa nouvelle femme. Il n'a pas le temps de regarder ce qu'on fait. Et toi Michael si tu lui dis ce que je viens de dire, je te casse la gueule.

Moi: ...

Yeno: Tu veux jouer?

Moi timidement: Oui

Yeno: Bon fais moi d'abord 10 jongles la et puis tu joues.

Dix jongles? Il croit que je suis Samuel Eto'o ou quoi? J'ai entendu que Yeno était un grand footballeur dans son lycée. Moi je n'arrive même pas à être un bon footballeur dans ma classe de cm1. Oh je ne vous ai pas dit? Je suis en classe de Cm1 et je passerai le concours pour entrer en sixième bientôt. De ce côté là au moins, je peux me venter d'être un bon éleve. Yeno lui est en classe de 3ème au lycée Blaise Pascal. Brice est au collège Bessieux en classe de 5ème et Tony lui apprend à Immaculée Conception en classe de 3ème également. Nous avons trois examens dans la famille à préparer, mais le mien ne fait pas autant de tapage que ceux des autres.

Je prends donc le ballon des mains de Yeno, qui affiche un sourire moqueur. Ma première tentative est soldée par un échec: à peine un jongle. Ensuite je fais trois jongles, ensuite deux et au bout de dix essais je décide d'abandonner. Bien évidemment, ça me vaut des moqueries de mes cousins. Je rebrousse donc chemin mais Yeno m'interpelle à nouveau.

Yeno: Mais Michael tu vas où?

Moi: Je ne veux plus jouer.

Yeno en imitant ma voix: Je ne veux plus jouer! Dis plutôt que tu es trop nul pour ça hahahahaha

Tony: hahahaha mieux il va manger son fufu avec le ndongo ndongo.

Yeno: Kiakiakiakiakia!

Je ne réponds rien. J'avoue que c'est mon plat préféré mais seulement parce qu'il me rappelle ma mère. Elle aimait bien me le préparer les week-ends pour me donner des forces pour la semaine. Chaque fois que la famille de papa venait nous rendre visite dans ces moments là, mes cousins se moquaient toujours de moi parce que je mangeais avec mes mains. C'est ainsi que maman m'a appris manger le fufu et je trouve que ça a plus bon goût que lorsqu'on le prend avec la cuillère comme le faisaient mes cousins. Mais vu que je suis le seul à le penser, ça ne sert a rien de me justifier ici. Je me contente de les regarder furieux.

Tony: Oh tu boudes?

Yeno: On s'en fout hein.

Moi: ...

Brice: C'est bon, Michael allons dans la salle! On va jouer à autre chose.

Yeno: Pourquoi? Tu préfères jouer avec lui maintenant?

Brice: C'est pas gentil ce que vous faites c'est tout.

Tony: Mais qui s'occupe de lui? Viens on joue Brice!

Brice: Non!

Yeno: Si tu nous laisses pour le togolais là, tu ne viendras plus jouer a la console chez moi. D'ailleurs je ne t'inviterai pas pour fêter mon examen.

Brice: Arrête un peu Yeno. Pourquoi tu fais ça? On peut jouer tous ensemble, ça vous coûte quoi?

Yeno: Ok il n'a qu'à jouer avec nous si il veut mais tant pis pour lui.

Je reviens donc sur mes pas le sourire aux lèvres. On s'amuse bien malgré le fait que Yeno me fasse tomber à chaque fois, ce qui fait passer la couleur de mes vêtements de blanc à kaki. A la fin de l'après midi, je suis confié à la maman de Tony vu qu'ils ont encore la soirée de leur mariage à célébrer. C'est à contre coeur que je monte dans la voiture et que je supporte les remontrances de tante Claire, la maman de Tony qui est chargée de nous conduire a la maison.

Tante Claire: C'est quoi cette saleté la, Hein? On ne monte pas dans ma voiture avec les habits sales hein Michael.

Moi: pardon tante Claire!

Tante Claire: tchips vraiment ses kabiye là hein.

Tony: C'est quoi kabiye maman?

Tante Claire: Ahhh! Tiens toi tranquille derrière là-bas!

Tony: Mais c'est quoi...

Tante Claire: Je te dirai après. Reste tranquille!

Moi aussi j'aimerais savoir ce que signifie kabiye, mais je préfère garder le silence vu qu'elle est déjà en colère contre moi. Tante Claire est la grande soeur de papa, l'aînée en fait. Maintenant je ne sais pas qui est plus grand que qui entre papa, tante Yolande la maman de Yeno et tonton Clovis le papa de Brice. Tout ce que je sais, c'est qu'ils font partie de la famille. J'aime bien tante Yolande et tonton Clovis. Mais j'ai l'impression que tante Claire ne m'aime pas beaucoup. Elle est toujours en train de me gronder moi seul, même quand Tony fait aussi des bêtises. Et le plus souvent elle utilise ce mot kabiye qui est pour moi du sharabia. Même son mari, que je vois rarement d'ailleurs, à l'air de ne pas m'aimer beaucoup alors lorsque je suis avec eux, je me fais tout petit.

On roule comme ça un bon moment avant de s'arrêter brièvement dans un supermarché. Je reste dans la voiture tandis que Tony va aider sa maman à pousser le chariot. Une fois de retour, ils installent les choses dans le coffre et on continue notre chemin. Arrivés sur les lieux, Tante Claire fait appelle à Awa pour emporter le tout dans la cuisine. On va dans le salon et lorsque je veux m'installer dans le fauteuil comme Tony l'a fait deux secondes avant moi, je me fais gronder à nouveau.

Tanta Claire: He he he toi la, faut pas venir me salir les fauteuils. Tu as vu ta tenue? A 8ans tu ne sais pas qu'on ne joue pas comme ça au point de salir tout le corps?

Moi en me regardant: ...

Tante Claire: Vas dans la chambre là-bas, Awa va t'aider à te laver. tchips! Je ne sais même pas pourquoi c'est ici que tu es venu.

Tony: Maman je peux jouer a la console avant de manger?

Tante Claire: Non vas te laver aussi. Moi je vais m'apprêter, je risque même d'être en retard.

Tony: Mais je pourrai jouer après alors?

Tante Claire: Oui mais vas déjà te laver!

Tony: Ok!

Awa m'aide à me laver comme convenu et me met un pyjama pour cette nuit. C'est en voyant le sac rempli de mes habits que je comprends que je resterai ici longtemps, malheureusement. Je vais suivre la télévision un court moment avant que Awa ne nous appelle pour manger. Elle nous sert un tas de trucs que je ne connais pas vraiment et je trie au fur et à mesure que je mange. Comment ils font pour manger des trucs pareils? C'est même pas bon, pouaaah!

Tony: Toi tu ne manges pas çà pourquoi?

Moi: C'est pas bon.

Tony: Maman n'aime pas qu'on gaspille la nourriture.

Moi: Mais c'est pas bon!

Tony: On s'en fout, tu finis!

moi:...

Tante Claire en sortant de sa chambre: Awa? Awa?

Awa: oui madame!

Tante Claire: Il faut bien me surveiller le petit là hein!

Awa: Oui madame!

Tante Claire: Arrange toi à ce qu'il dorme tôt et qu'il ne me casse rien dans la maison.

Awa: D'accord!

Tante Claire: Bon Tony je suis partie.

Tony: Au revoir maman!

Moi: Au revoir tante Claire!

Tante Claire: Hum!

Elle nous laisse ainsi en train de manger et on passe une soirée assez calme. Tony refuse de me laisser jouer avec lui alors je reste devant la télévision jusqu'à une certaine heure. Je fais la prière que maman m'a apprise et je m'endors presque aussitôt dans mon lit. Je passe tout le week-end chez tante Claire et ma nouvelle maman vient me chercher le dimanche soir. Elle salue tout le monde et discute pendant longtemps avec tante Claire.

Tante Claire: Alors Sarah ton mari est trop fatigué pour venir ici?

ma nouvelle maman: Ah laisse Claire, tu sais les hommes avec leur paresse légendaire. Comme l'enfant a court demain j'ai préféré venir le chercher.

Tante Claire: mais tu sais que je pouvais le déposer hein.

Tante Claire: oui je sais mais il n'a pas ses cahiers donc c'est mieux qu'il rentre.

Tante Claire: Oui tu as raison.

Elle parle longtemps avec tante Claire avant de me demander de prendre mon sac. C'est finalement Awa qui s'en charge et le lui remet. C'est l'heure de rentrer, enfin. Je vais monter dans la voiture avec ma future maman qui a l'air vraiment heureuse depuis qu'elle est arrivée. Elle me demande si j'ai passé un bon week-end et je lui réponds simplement oui.

Elle: C'est quoi? Ton papa te manque?

Moi: Un peu

Elle: Et moi je ne te manquais pas? Tu n'es pas content de me voir?

Moi: Si tantie!

Elle: ...

Moi: Tantie?

Elle: Oui Michael

Moi: C'est quoi kabiye?

Elle: Tu as entendu ça où?

Moi: C'est tante Claire qui a dit.

Elle: Je ne sais pas hein. Mais il fallait lui demander. La prochaine fois, tu lui demandes, d'accord?

Moi: Oui tantie!

On retrouve mon père à la maison qui suit un match de boxe à la télé. Je lui raconte mon week-end avant d'aller préparer mes affaires de l'école avec ma nouvelle maman. Le lendemain je reprends les cours comme si de rien n'étais. Mais en fait, je commence une nouvelle vie avec une nouvelle personne dans la maison et je fais tout pour m'adapter.

Ma nouvelle maman se charge de me déposer et d'aller me chercher à l'école tous les jours parce qu'elle finit son travail plutôt que papa. Les week-ends, on reçoit toujours de la visite, de l'une ou de l'autre famille. Ce, samedi on reçoit la famille de ma nouvelle maman. Je me contente de jouer dans mon coin vu qu'aucun enfant n'est venu et en passant derrière la porte de la cuisine, j'entends ma nouvelle maman discuter avec une de ses soeurs.

La soeur: Il faut vite lui faire les enfants comme ça le petit togolais là va foutre le camp.

Ma nouvelle maman: Huuuum Vanessa je n'aime pas ça hein! C'est quelle manière de parler dans ma maison? En plus André peut t'entendre.

La soeur: Je ne dis que la vérité.

Oh! C'est de moi dont elles sont en train de parler là?

Chapitre 2 Chapitre 02

Chapitre 2:

Je m'apprête à rebrousser chemin lorsque je trébuche sur un assez gros cailloux. Cela attire automatiquement l'attention des deux femmes qui me rejoignent rapidement. Ma nouvelle maman se rapproche de moi pour voir si j'ai quelque chose de grave tandis que sa soeur se contente de m'observer méchamment depuis la porte de la cuisine.

La soeur: Toi tu écoutes aux portes maintenant?

Ma nouvelle maman: Ça suffit!

La soeur en tournant les talons: Tchips!

Ma nouvelle maman: Ça va? Tu as mal?

Moi en secouant la tête: ...

Ma Nouvelle maman: Il ne faut pas faire attention ce que les gens disent tu comprends?

Moi: Oui!

Ma nouvelle maman: Il faut seulement écouter ce que ton père dit et ce que moi je dis. Les gens qui viennent ici sont souvent fâchés. Mais il ne faut pas les écouter Michael.

Moi: ...

Ma nouvelle maman: Viens prendre une part de gâteau!

Elle me prend par la main et me conduit à l'intérieur pour me servir un dessert. La discussion entre elle et sa soeur reste ainsi dans le néant car je l'oublie rapidement...

Les jours passent et je m'habitue de plus en plus à ma nouvelle famille, si bien que je passe de ma nouvelle maman à maman Sarah simplement. Tout se passe assez bien à la maison et mes parents semblent très heureux ensemble, même si souvent papa regarde le ventre de ma maman d'un air curieux. Au bout de quelques mois, je deviens nouveau lycéen après avoir validé mon examen d'entrée en sixième. On organise un petit repas en famille en attendant les résultats de Tony et de Yeno. Papa et Tante Yolande ont proposé de fêter tous ensemble les différents résultats. Tante Claire n'avait pas l'air d'être très contente mais elle a fini par accepter.

C'est donc dans la bonne humeur que nous attendons les résultats de mes cousins aujourd'hui. C'est le jour des délibérations du brevet et je suis à la maison avec maman Sarah (oui je ne l'appelle plus tantie). On regarde un dessin animé en attendant la venue de papa. Ce dernier n'arrive qu'au bout de deux heures de temps et maman Sarah veut savoir plus à propos des résultats. Mais il ne semble pas savoir grand chose non plus. Nous attendons donc tous les trois un appel de tante Claire ou de tante Yolande. Le téléphone de papa sonne finalement, ce qui fait sursauter maman Sarah:

Papa: Allo? Oui...Oui Yolande! ...Ah bon? ...Mais c'est bien ça... Non! Non elle est ici avec moi... Ah mais c'est bien ça vraiment les enfants nous font plaisir. J'arrive là-bas, donne moi une heure. Avec les embouteillages la, c'est pas évident... Non il n'y a pas de soucis, à tout de suite!

Click!

Maman Sarah: ?

Moi: ?

Papa en souriant: C'est quoi ces visages la? Ils ont eu tous les deux. Yolande aimerait qu'on passe chez elle.

Maman Sarah: Oh vraiment c'est bien. Je vais m'apprêter.

Papa: Oui mais il faut te dépêcher. Vous les femmes vous aimez traîner le pas.

Maman Sarah: Ahhh il ne faut pas me stresser. Viens Michael!

Elle me fait porter autre chose et nous nous rendons au domicile de tante Yolande. Comme d'habitude, les grandes personnes parlent entre elles et moi je suis mis de côté par mes cousins. Heureusement, il y a Yolande et Grâce, les autres enfants de tante Yolande, pour me tenir compagnie. Elles sont plus âgées que nous tous: Grâce a 17ans et Yolande 26ans, mais elles aiment parler avec moi comme un grand.

Yolande: Le plus beau, viens me raconter!

Moi: Raconter quoi?

Yolande: Oh mais comment c'était au centre là-bas.

Grâce: Vraiment! on ne t'a pas embêté là-bas?

Moi: Non!

Grâce:Tu t'es perdu?

Moi: Non! Maman Sarah m'a accompagné jusqu'à la classe.

Yolande: ah ça! C'est bien ça.

Je reste avec elles toute la soirée, tandis que tout le monde se réjouit de nos résultats, enfin un peu plus de ceux de Tony et Yeno. Mais je ne suis pas jaloux, au contraire, je comprends que mon examen était beaucoup plus facile et donc moins important que le leur.

A la demande de ces derniers, nos parents s'arrangent donc à organiser une grande fête ou chacun pourra inviter ses amis. Moi je ne peux malheureusement pas contacter mes anciens condisciples de classe. Alors j'invite mon voisin direct Ted. Il m'invite toujours lorsqu'il y a une fête chez eux. Ils accepte évidemment après avoir demandé à ses parents. Le jour J, il vient avec nous. La fête se passe finalement au domicile de Tante Claire, peut-être parce que c'est plus grand et plus beau. Même si je sais que mes cousins m'embêteront encore, au moins je pourrai jouer avec mon voisin. Il est un peu comme Brice et je crois qu'ils ont le même âge. Tante Claire nous accueille très joyeuse et salue maman Sarah le sourire aux lèvres. Lorsqu'elle me voit avec Ted, son sourire disparaît.

Tante Claire: Lui c'est qui encore?

Maman Sarah: C'est notre petit voisin, ils sont amis donc ça va.

Tante Claire en toisant Ted: Hum ok! Venez!

Ted à moi: C'est qui?

Moi: Ma tante

Ted: Elle est nerveuse hein.

Moi: ...

Je lui explique brièvement qui sont les personnes que nous rencontrons au fur et à mesure. On Nous appelle un moment Yeno, Tony et moi afin de nous féliciter à nouveau. La décoration est belle, la nourriture est bonne et la décoration aussi. Ça fait un bien fou de savoir que tout ça c'est pour nous. Je parle avec Ted qui m'explique qu'il est en 5ème et passe en quatrième. Il a douze ans alors que moi j'en ai 8. Je me sens tout petit tout d'un coup. Après manger, tous les jeunes garçons se dirigent vers la salle de jeu pour jouer a la console. Tony les bat un a un et lorsque je veux prendre la manette il me l'arrache en me bousculant, ce qui me fait tomber:

Tony: Oh dégage toi le togolais!

Ted en se posant entre nous: Oh many pose toi c'est comment?

Tony: C'est entre lui et moi mec.

Ted en m'aidant à me relever: Ouais mais il a rien fait de mal je crois.

Tony: Je me mêle de quoi?

Ted: C'est ton frere non? Tu peux le laisser jouer.

Tony: Mon frere? pffff vas y dégagez de mon espace!

Ted ironiquement: Pourquoi, tu as peur qu'on te tape sur ta console?

Tony: Ahahaha parce que tu crois pouvoir me battre toi?

Ted en éclatant de rire: En tout cas si c'est toi qui est en face, avec ce que j'ai vu, c'est clair que je serai trop fort.

Tony: On parie combien?

Ted: Tu veux parier sérieux?

Tony: Oui si tu gagnes je te donne 20.000

Ted: Tu as de l'argent à dépenser hein toi. Mais bon j'ai pas 20000 sur moi, dommage! Par contre tu pourrais faire jouer Michael si je te bats. Ok?

Tony: Ok!

Ted: Michael regarde comment je bastille ton frère.

Tony: Pfff

Je me contente de rester à l'écart, triste du comportement de Tony envers moi. Ils jouent un bon moment et Ted finit par gagner. Tony demande une revanche en disant que ça devrait se jouer en trois tours et que Ted a gagné par chance la première fois. Ted accepte et gagne les deux autres matchs. Je sens que mon cousin commence à se fâcher parce que même ses amis se moquent de lui. Apparemment, il a l'habitude de gagner. Au bout du quatrième match que Ted gagne à nouveau, ce dernier se lève en jetant la manette:

Ted: C'est bon Michael viens prendre la manette, ton frère est trop faible.

Tony en se levant à son tour: Tu dis quoi toi?

Ted: Je dis que tu es nul.

Tony en le poussant violemment: Répète encore pour voir!

Ted cogne un meuble au niveau de la nuque et touche sa tête avec une mine qui montre qu'il a eu mal. Sans trop réfléchir il se lance sur Tony et lui met un coup. Tony essaie de le faire tomber, mais c'est Ted qui le met au tapis en lui assenant des coups aux côtes. Yeno intervient en voyant Tony souffrir et arrive à le dégager mais Tony revient sur Ted fou de rage. Ted se défend à nouveau et vise son visage cette fois. Tony hurle de douleur en reculant et bouscule lui aussi une meuble, mais celui là est en verre et se casse. Le bruit attire l'attention extérieure. Tout se passe si vite que j'ai juste le temps de voir les gens soulever Tony et le poser sur un fauteuil. Son nez s'est enflé et à changé de couleur. En quelques secondes, tante Claire et tante Yolande sont dans la pièce avec certains des invités. Tante Claire se faufile entre les jeunes et constate avec effroi l'état de son fils.

Tante Claire: Qui a fait ça?

Yeno: C'est l'ami de Michael.

Tante Claire: Quoi?

Ted: Je me suis défendu, c'est lui qui a commencé.

Tante Claire: Tais toi! Tu parles à qui toi? Michael c'est ce genre de bandit que tu emmènes chez moi?

Moi: Mais...

Tante Claire: TAIS TOI! Je vais le dire a ton père. Tu me veux quoi toi l'étranger là, tu me veux quoi?

Tante Yolande: Oh du calme!

Elle s'arrange à ce que tous les invites sortent pour eviter de gacher la fete. Je reste dans la piece avec Yeno, Ted, Tony et deux de ses amis qui s'occupent de lui, tante Yolande et Tante Claire.

Tante Yolande: Yeno qu'est ce qui s'est passé?

Yeno: On jouait et l'ami de Michael a commencé a nous insulter. C'est la que Tony s'est fâché et que Ted l'a frappée.

Ted: Mais tu mens toi, faut dire la vérité.

Yeno: Les autres sont là ils peuvent dire si je mens.

Tante Yolande: Les enfants c'est vrai?

Ils acquiescent tous de la tête sauf moi. Tante Yolande me regarde.

Tante Yolande: Michael c'est ce qui s'est passé?

Michael: Non!

Tante Yolande: Dis moi!

Je raconte l'intégralité de l'altercation depuis le commencement sans oublier le pari et tante Yolande m'écoute patiemment avant de demander à Ted si c'est ce qui s'est effectivement passé. Il hoche la tête. Mais tante Claire est tellement énervée qu'elle ne veut rien entendre.

Tante Claire: Ahhh ils mentent. Tu vas croire des étrangers par rapport à tous ceux qui sont là? Mon fils est un menteur? Ton fils est un menteur?

Tante Yolande: Claire calme toi! Personne n'a dit que...

Tante Claire: J'en ai marre des pouilleux dans ma maison. J'en ai marre. Mon fils ne peut pas fêter tranquillement, il a fallu que ce kabiye la emmène quelqu'un pour le frapper. Gare à vous si mon fils a quelque chose de grave. Je vais chercher mon trousseau de clés avant que je ne mette ce étranger la dehors.

Papa: Claire!

Tante Claire regarde papa qui semble être là depuis assez longtemps pour avoir entendu. Maman Sarah aussi est là.

Papa: Qu'est ce que mon fils a avoir avec ça, tu as bien écouté les versions non?

Tante Claire: J'ai dit j'en ai marre. Regarde l'etat de Tony!Regarde ce qu'ils ont fait de ma tablette de Dubai! Les habitudes barbares de l'Afrique de l'Ouest je ne veux pas de ça chez moi. Depuis que je reçois Brice et Yeno ici je n'ai jamais eu ce genre de problèmes ni avec eux ni avec leurs amis. Si Michael a ce genre de fréquentations c'est parce que lui même a la tête dure comme sa mère.

Maman Sarah: Ohh Claire!

Papa: Je ne te permets pas. C'est quoi ça? Qu'est ce qui t'arrive?

Tante Claire: Tchips!

Papa: Donc c'est ainsi que tu parles à mon fils lorsque j'ai le dos tourné?

Tante Claire: J'ai besoin de me cacher pour dire ce que je pense?

Papa énervée: Bien! On s'en va. Sarah prends tes affaires!

On se rend vers la voiture papa, maman Sarah, Ted et moi mais tante Claire nous suit dehors.

Tante Claire: André! André ne me tourne pas le dos!

Papa: Je n'arrive pas à croire que toi ma grande soeur tu puisses détester mon enfant. Sa mère encore pouvait se défendre, mais Michael est un enfant Claire. Les problèmes que tu avais avec ma femme ne le concernent pas. C'est la dernière fois que..

Tante Claire: Que quoi? Hein que quoi? Tu nous impose les étrangers ici c'est forcé? Je dis c'est forcé? Jusqu'à preuve du contraire je suis ta grande soeur donc tu évites de me parler ainsi. Tu as brave mon autorité en épousant cette femme, donc tout ce qui concerne cette union ne me regarde pas et ne m'est pas agréable. Tu ne vas pas me forcer à accepter tes foutaises.

Papa: Mais qui te force? Il fallait me le dire depuis je ne l'aurais jamais au grand jamais confié à toi. Il fallait le dire depuis le début. Ecoute moi bien Claire! Tu es ma grande soeur, mais si tu n'aimes pas mon enfant c'est que tu ne m'aimes pas. Donc je ne mettrai plus les pieds ici, et aucun membre de ma famille d'ailleurs.

Tante Claire: Mais André...

Papa: Non! Je t'ai ménagée face à sa mère mais la c'est trop. Tu ne vas pas t'en prendre à un enfant. Je dis non. On y va, tout le monde monte dans la voiture.

Maman Sarah: André!

Papa: ON Y VA!

Tout le monde sursaute et se tait. Il faut dire que papa ne crie jamais, du moins c'est la première fois que je l'entends crier. On va dans la voiture sans ajouter un mot et Brice est le seul à me dire au revoir à distance. Grace vient vers la voiture pour me remettre le cadeau qu'elle m'avait promis et on s'en va. Personne ne parle dans l'habitacle. Meme Ted qui est très bavard n'ose pas réagir, je crois qu'il est désolé pour son comportement. mais à bien y réfléchir, je ne crois pas que ce soit de sa faute, si? Moi je suis content que papa ne veuille plus venir ici, moi non plus je ne veux plus. Tante Claire est trop méchante.

Maman Sarah: Michael ça va aller d'accord?

Moi: Snif snif oui!

Chez nous, Ted s'excuse auprès de mes parents et s'en va. Je lui fais un signe de la main et rentre dans la maison. Papa ne dit toujours rien malgré les questions de maman Sarah et il entre dans la chambre. Moi je vais dans ma chambre pour que maman Sarah me lave et me change, profitant de l'occasion pour me consoler. Ensuite elle va retrouver papa et il on une petite dispute, en fait ils parlent un peu fort de ce qui s'est passé chez tante Claire. Mais je me rends dans la chambre sous l'ordre de mon père. Dans mon lit, je me demande ce qui ne va pas avec moi. Maintenant je suis interdit de séjour chez tante Claire.

En fait,je crois que c'est mieux ainsi.

Mais dites moi, c'est vrai que je ne suis pas de la famille?

Chapitre 3 Chapitre 03

Chapitre 3:

Maman Sarah: Alors le grand garçon?

Moi en montant à l'avant: : Bonsoir maman Sarah!

Maman Sarah: C'était comment?

Moi: ça va ça va.

Maman Sarah: J'espère que je verrai 18 la-bas hein!

Moi en souriant: ...

Je sors comme ça d'un devoir commun niveau sixième et maman Sarah est venue me chercher. Depuis la dispute entre papa et tante Claire, rien ne s'est arrangé. Papa est toujours très fâché contre elle et ne veut pas en entendre parler. Je me rends uniquement chez tante Yolande et tonton Clovis. Mes cousins ne me voient plus et réciproquement. Je pense de plus en plus que c'est mieux ainsi. Depuis tout ce temps, je ne souffre d'aucune discrimination.

Ma seul véritable fréquentation est Ted qui devient comme un grand frère pour moi. Il vient plus souvent à la maison et moi je vais plus souvent chez lui. Je connais désormais tous les membres de sa famille et particulièrement ses trois soeurs Felicia, Sandy et Nadine. Nos parents respectifs se connaissent et se saluent sans plus. C'est plutôt au niveau des enfants que l'amitié est plus prononcée. Felicia et Sandy ne parlent pas vraiment avec moi même si on s'entend bien, je suis plus à l'aise avec Nadine, peut-être parce que nous sommes de la même tranche d'âge. D'ailleurs lorsque Ted n'est pas là, c'est avec elle que je m'amuse. Enfin, c'était juste une parenthèse.

Des mois se sont écoulés et comme vous avez pu le constater je suis lycéen. Mais la vie n'est pas toute rose de ce côté non plus. Je suis un peu réservé alors il m'était difficile de me faire des amis. Au début, personne ne me parlait et je ne parlais à personne, mais cela a pu changer au fil du temps, même si certains élèves de ma classe continuent de m'éviter.

Tous ici se parlent et font des choses ensemble et moi je suis juste l'étranger de la classe. Mes camarades se moquent de mon accent quelque fois. Ils s'étonnent toujours quand je leur dis que j'ai grandi au Gabon et que mon père est gabonais. En vérité, je tiens cet accent de ma mère. Elle me parlait constamment sa langue donc j'ai malheureusement perdu la notion depuis sa mort. Papa ne me parle qu'en français donc j'ai oublié. Mais le plus important c'est qu'il me reste son souvenir et aucune moquerie sur cet accent que je garde d'elle ne me fera regretter cela, fusse une moquerie venant de mes professeurs.

Je me souviens du premier jour de classe lorsque mon professeur de Français, en sachant que j'étais togolais de mère avait dit en rigolant <>. Sur le coup je n'ai pas compris alors j'en ai parlée à papa qui s'est mis en colère. La suite je ne la connais pas mais je ne me rappelle pas que mon professeur ait continué à m'embêter après ça. Bref voici en gros ma position scolaire actuelle.

En nous rendons chez nous, nous reconnaissons sur la route le véhicule de tante Yolande qui nous fait signe de la main. Maman Sarah se gare et descend en même temps que tante Yolande. Je descends lui faire la bise et remonte dans la voiture pendant qu'elle s'éloigne un peu. Maman Sarah affiche un air anxieux en écoutant ce que lui dit tante Yolande. Au bout de plusieurs minutes, elles se disent au revoir et on rentre. Ce n'est que le soir que je découvre de quoi elles parlaient:

Maman Sarah: Je crois que tu devrais au moins lui rendre visite. Ce n'est pas une question d'argent.

Papa: Sarah je suis fatiguée, j'ai eu une dure journée.

Maman Sarah: Elle reste ta grande soeur.

Papa: Ma grande soeur qui n'aime pas mon enfant. Je ne cautionne pas les bêtises.

Maman Sarah: On ne te demande pas forcement d'accepter tout ce qu'elle fait mais au moins garde le contact. Elle ne se sent pas bien. Aller la voir ne veut pas forcement dire que tu es d'accord avec ce qu'elle dit sur l'enfant.

Papa: Elle n'est pas à l'hôpital donc il n'y a rien de grave.

Maman Sarah: Mais elle ne va pas au travail depuis une semaine. Depuis quand Claire écoute les médecins lorsqu'il lui demandent de se reposer? Si elle est à la maison en ce moment c'est que c'est assez important. Il faut aller la voir.

Papa en soupirant: ...

Maman Sarah: André!

Papa: Je verrai.

Maman Sarah: Ok! Tu as faim?

Papa: Bien sur chérie! Tu m'as fait quoi?

Maman: Le bouillon de capitaine. Ton fils a failli tout finir ici.

Papa: Hahahaha il sera comme son père. Robuste!

Je vais dans ma chambre après avoir fini mon plat dans la cuisine. Non non je n'écoutais pas aux portes. Je suis tombé sur la conversation par hasard, disons qu'elle m'est tombée dessus. Alors comme ça tante Claire ne va pas bien? C'est pas une bonne nouvelle ça. Mais bon comme elle ne m'aime pas beaucoup je préfère ne pas y penser. Je fais ma prière et je m'endors rapidement...

Ted: Tu fais quoi?

Moi: J'arrive, j'ai bientôt fini.

Ted: Dépêche toi!

Moi: Ok!

On se rend à une kermesse organisée au lycée d'application. Vu que maman Sarah a des choses à faire, je m'en vais avec la famille de Ted. On court jusqu'à la voiture du papa de Ted que sa maman conduit aujourd'hui et une vingtaine de minutes plus tard nous atterrissons à Nelson Mandela (lycée d'application). C'est rempli de partout, si bien que je me vois obligé de rester collé à Ted et Nadine pour ne pas me perdre. On passe par plusieurs stands ou on gagne plusieurs petites choses, enfin Ted gagne. Ensuite la maman de Ted nous emmène vers un stand ou on peut manger quelque chose et s'éloigne un instant en nous laissant sous la surveillance de Ted. C'est à ce moment que j'aperçois Yeno avec une bande d'amis. Je fais comme si je ne l'avais pas vu mais ce dernier me repère rapidement. Faisant signe à ses amis, ils viennent vers nous:

Yeno Oh Michael tu fais quoi la? Tonton André est ici?

Moi: Non!

Yeno: Et tante Sarah?

Moi: Non!

Yeno: Et depuis quand tu sors seul toi?

Ted: Il n'est pas seul.

Yeno: Ecrase toi je parle a mon cousin.

Ted: hum!

Yeno: Quoi t'as un problème?

Ted: Non, circule c'est mieux.

Yeno: Sinon quoi?

Ted en se levant: Sinon je te ferais la même qu'a ton frère Tony.

Yeno fronce les sourcils sans pourtant bouger d'un orteil. Finalement, il nous dit avoir quelque chose à faire ailleurs et nous laisse, suivi de ses amis. C'est d'ailleurs la dernière fois que je le vois dans l'établissement. Ted n'ajoute rien à ce sujet mais Nadine, plutôt curieuse, me pose des questions sur Yeno.

Nadine: Donc c'est ton cousin, mais pourquoi il ne vient jamais chez toi?

Moi: Ils habitent loin.

Ted: Nadine parle d'autre chose s'il te plaît!

Nadine en boudant: Ok!

Nous assistons à une représentation de danse faite par un groupe de garçons. Ça ne m'intéresse pas trop alors je pense beaucoup plus à la tombola pour laquelle nous avons pris chacun trois tickets. Après la prestation de danse, on passe à la prestation de chant. Je crois que c'est une chorale. Au bout du temps qui m'a paru vraiment long, on passe enfin au tirage au sort. Plusieurs lots sont gagnés par d'autres enfants autour de nous. Ted ne gagne rien. Moi je gagne tout de même un lecteur dvd et Nadine elle gagne un ventilateur. Assez contents de nos lots, on installe le tout dans la voiture avant de nous en aller. Je raconte ma journée à maman Sarah qui est heureuse que je me sois bien amusé.

Maman Sarah: Donc tu ne m'as rien apporté?

Moi gêné: Heu...

Maman Sarah: Ah mais tu n'es pas gentil Michael.

Moi: Pardon!

Maman Sarah: Bon la prochaine fois tu m'emmèneras quelque chose, hum?

Moi: Oui!

Maman Sarah: Tu as promis oh!

Moi en souriant: Oui!

Le reste de la journée se passe sans soucis majeur...

Le temps file vraiment. Il n'y a pas longtemps j'étais un nouveau lycéen et là je viens de valider mon passage en 5ème. C'est pas beau ça? Je suis content d'avoir fini avec les cours, je pourrai enfin profiter de bonnes vacances. Papa et maman Sarah sont fiers de moi et ça me plaisir. En ce qui concerne tante Claire, elle a repris le travail aux dernières nouvelles. Je le sais parce que maman Sarah en parle toujours avec Tante Yolande lorsqu'elle vient ici ou lorsqu'on va chez elle. Papa n'a pas changé sa décision vu que je ne me rends toujours pas là-bas, mais cela ne m'affecte ne rien, bien au contraire. Notre famille se porte mieux depuis...

Tante Yolande: Michael va aider tes soeurs à sortir les affaires de la voiture s'il te plaît!

Moi: Ok!

Grâce: Non c'est bon on n'a pas besoin d'aide. Tu veux le tuer maman?

Moi: Mais je suis fort.

Maman Sarah: hahaha au fait Yolande?

Tante Yolande et Yolande: Oui?

Maman Sarah: Ah ha ha non l'autre Yolande, la mère!

Tante Yolande: Tchips Sarah tu es grave hein.

Maman Sarah: Ah mais tu t'attendais a quoi en donnant ton nom a ta fille?

Tante Yolande: Laisse, tu sais que c'est comme ça depuis. Elle même donnera le prénom a un de ses enfants.

Maman Sarah: Vraiment! Je voulais te parler de...

Moi: Maman Sarah?

Maman Sarah: oui?

Moi: Je peux aller jouer avec la balançoire?

Tante Yolande: Ah tu demandes même quoi comme ça? Vas!

Moi: Merci!

Nous sommes tous dans le jardin et papa vient d'arriver avec tonton Jean, le Mari de tante Claire. Ils les rejoignent rapidement et s'installent. Moi je suis toujours à distance avec Grâce et Yolande. Yeno est sorti avec ses amis, heureusement. Pendant qu'ils disputent, on va dans la maison suivre la télé. Je passe un bon après midi avec les autres. Nos parents respectifs parlent de tout et de rien, et lorsqu'il est l'heure de partir je prends mes effets et vais monter avec maman Sarah. Je remarque qu'elle ne parle pas beaucoup dans la voiture, comme s'il y a avait un problème. Arrivés à la maison, elle va directement dans la chambre après m'avoir aidé à me changer. Papa aussi n'a pas l'air très content. Je vais tranquillement me coucher en me disant que ça ira mieux demain, comme d'habitude.

Pourtant, les jours qui suivent ne sont pas reluisants. C'est à peine si maman Sarah rit avec moi. Papa lui ne passe pratiquement plus de temps à la maison, même les week-ends. Il nous avait promi de prendre un week-end ensemble pour aller ailleurs, mais même ça, c'est de l'histoire ancienne. Les seules personnes qui me font profiter de mes vacances sont Ted et Nadine. Je m'ennuierais tellement s'ils n'étaient pas là. Même les visites chez tonton Clovis ou chez tante Yolande ont diminué, pour ne pas dire ont stoppé. Je ne comprends rien de ce qui se passe dans cette maison. J'ai l'impression que tout le monde est fâché ou triste ici...

Ça fait déjà bientôt deux ans que mes parents sont mariés et je pensais que tout allait bien dans la maison. Enfin je le pensais jusqu'à récemment. Qu'est ce qu'il y a? Même Ted m'a demandé si tout allait bien ici et je n'ai pas su quoi lui répondre. Comment on fait pour demander aux parents s'il y a un problème? Je l'ignore malgré l'envie que j'ai de m'adresser à maman Sarah. Un soir alors que je me lève en plein nuit pour aller me soulager, j'entends un bruit de voix. Je m'arrête au couloir pour savoir de qui il s'agit à cette heure.

Les voix en question ne sont autres que celles de mes parents. Ils parlent tellement fort que je n'ai pas besoin de me rapprocher pour entendre ce qu'ils disent, et apparemment ils sont en désaccord sur quelque chose. A cette heure ci? Il faut vraiment avoir des problèmes de sommeil pour parler à plus de deux heures. Je veux bien retourner dans ma chambre mais quelque chose me dit que ce dont ils partent a un rapport avec l'atmosphère de la maison. Les voix se font un peu plus fortes:

Maman Sarah: Mais allons voir le docteur au moins! Tu ne peux pas être pour une chose et son contraire. On en parle depuis là c'est toi qui compliques. On pourrait y aller dans un premier temps, on ne sait jamais. Ça te coûte quoi, au lieu de rester ici à te poser des questions pour rien.

Papa: Tu insinues que c'est moi le problème?

Maman Sarah: Je n'ai pas dit ça.

Papa: Mais tu dis quoi? Qu'est ce que tu dis depuis là?

Maman Sarah: Ce que je dis c'est que je connais un docteur qui...

Papa: J'ai dit non Sarah! Mais qu'est ce qui cloche avec toi? Tu me vois moi me rendre chez un docteur pour qu'il me tripote alors que je n'ai rien? On a vu ça où? Je n'en ai pas besoin. Je te rappelle que j'ai un fils hein. J'ai un fils dans la maison au cas où tu l'aurais oublié. Sa mère n'a pas attendu pendant des siècles et n'a pas eu besoin d'examens pour me faire un enfant. Si tu as un problème, tu le règles seule avec ton docteur.

Maman Sarah: Mais comment tu peux dire ça toi aussi? Tu insinues quoi?

Papa: Je n'insinue rien. Vas voir ton docteur et tu viens me dire ce qui ne va pas!

Maman Sarah calmement: Je préfère qu'on aille ensemble.

Papa: C'est non, Je t'ai déjà dit que Emefa n'a pas eu besoin de ça pour mettre Michael au monde.

Maman Sarah: Et tu me compares à elle pour quelle raison? On parle de nous en ce moment.

Papa: Je fais juste le rapport pour te prouver que le problème ne vient pas de moi. J'en ai marre que mes frères et soeurs me posent des questions sur nos futures enfants ou parlent des leurs sans que je ne puisse dire quoi que ce soit. Ça me gêne non d'une puce!

Maman Sarah: Et tu crois que moi ça me fait plaisir peut-être? Moi aussi je veux des enfants de toi chéri. Ne sois pas comme ça avec moi s'il te plaît!

Papa: Tout ce que je dis c'est que je veux une descendance. Je ne t'ai pas épousée pour décorer ma maison.

Maman Sarah: Mais...

Papa: Débrouille toi pour que tes ovaires me sortent quelque chose de bon.

Maman Sarah: Arrête s'il te plaît, tu dépasses les bornes.

Papa: J'ai déjà parlé. Je suis fatigué de ne voir aucun résultat de ce mariage. Si tu ne peux pas me faire un enfant, j'en chercherai ailleurs. Ce ne sont pas les femmes fécondes qui manquent à Libreville. Débrouille toi comme tu veux mais je veux un enfant le plus tôt possible.

Mais pourquoi papa crie sur elle?

Et puis c'est quoi femmes fécondes?

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