« Regarde, la main de Randall tremble encore ! »
« Ha-ha ! À quoi sert un chirurgien qui ne peut pas tenir fermement un scalpel ? Il est tellement inutile. »
« Ne dis pas ça. Est-ce que tu as oublié qu'il était un génie ? »
Il y avait des dizaines d'étudiants en médecine dans l'un des laboratoires de l'école de médecine Herdale, l'une des meilleures écoles de médecine au monde.
Devant eux, il y avait des cadavres étendus sur des tables d'opération. Les étudiants devaient les disséquer pour étudier l'anatomie.
Tout le monde faisait sans la moindre difficulté la dissection, sauf Randall Carter. Il n'arrivait pas à tenir fermement le scalpel. Sa main n'arrêtait pas de trembler.
Le scalpel est soudainement tombé sur le sol carrelé.
Le bruit de cliquetis a attiré l'attention de tout le monde présent dans le laboratoire. Les yeux de ses camarades de classe étaient remplis de dérision. Ils pensaient que Randall ne méritait pas d'être chirurgien.
Les larmes se sont accumulées dans les yeux de Randall alors qu'il regardait fixement le scalpel sur le sol. Sa respiration est soudainement devenue laborieuse.
Il avait un quotient intellectuel de 200. Un seul regard sur le cadavre, une image détaillée des entrailles de celui-ci était déjà dans son cerveau, comme s'il pouvait voir tous les os, les muscles et les articulations.
Cependant, son intelligence était inutile dans ce laboratoire en raison de sa main droite endommagée.
Les autres élèves se moquaient de Randall, sans pour autant se soucier du fait qu'il pouvait les entendre. Leurs paroles lui ont transpercé le cœur comme un couteau aiguisé.
Trois mois auparavant, Randall était le meilleur étudiant de l'école de médecine Herdale. Les gens disaient sur lui qu'il pourrait devenir le prochain docteur de légende.
Mais tout a changé à la suite d'un accident.
Un jour, Randall faisait du shopping avec sa petite amie, Tonya Burton, quand un groupe de voyous est sorti de nulle part. Pour la protéger, il s'est battu contre les voyous et sa main droite a presque été coupée.
Les docteurs ont fait tout ce qu'ils pouvaient pour sauver sa main droite. Ils avaient réussi dans une certaine mesure, mais les lésions nerveuses étaient irréversibles.
Il y avait encore de l'espoir pour lui d'être totalement guéri.
Randall avait clairement une idée de comment s'y prendre, mais il ne pouvait pas s'opérer lui-même.
S'il demandait l'aide d'un neurologue réputé, il devrait payer une somme vraiment colossale pour être opéré. Il n'en avait pas les moyens.
Puisque Randall n'avait pas reçu le traitement nécessaire, sa main droite était instable. Il ne pouvait même plus faire certaines choses basiques qu'il avait l'habitude de faire avec facilité.
Lorsque Randall était encore sous traitement à l'hôpital, Tonya s'est agenouillée à son chevet et a juré de toujours l'aimer.
« Ma main est blessée, mais je pense que ça vaut la peine de l'échanger contre ta sûreté, Tonya. Ça n'a pas d'importance, même si tout le monde me regarde de haut. Avec toi à mes côtés, je me sens satisfait. »
Randall a souri tout en pensant à la belle et généreuse Tonya.
Son moral a été remonté en un clin d'œil.
Juste au moment où Randall s'apprêtait à prendre le scalpel pour faire un nouvel essai, le professeur qui inspectait les progrès des étudiants s'est approché de lui.
Quand il a vu le désordre que Randall avait fait, il a froncé les sourcils et a dit avec dégoût : « Tu sais quoi ? Je ne peux pas te laisser gaspiller les matériaux du laboratoire. De plus, les autres ont besoin d'apprendre sans être distraits. Sors d'ici ! »
Le cœur de Randall s'est effondré en entendant ces paroles sévères. Il a pris une profonde inspiration et a hoché la tête de manière obéissante.
Après avoir ramassé le scalpel, il l'a mis dans une plaque métallique et est sorti lentement.
Un grand éclat de rire a explosé dans le laboratoire aussitôt qu'il a refermé la porte derrière lui. Se retournant, il a regardé à travers le panneau de verre de la porte et a constaté que les autres élèves étaient tremblants de rire. Même le professeur a secoué la tête en signe de déception.
Randall n'avait pas l'intention de renoncer. Il a décidé donc de retourner à son dortoir pour étudier.
« Je dois étudier plus dur qu'avant. Je peux apprendre à me servir de ma main gauche puisqu'elle est indemne. Il y a encore de l'espoir pour moi », s'est dit Randall pour se réconforter tout en marchant dans le couloir.
Il a décidé d'étudier maintenant et de s'entraîner tout seul dans le laboratoire une fois que ses camarades de classe en auront terminé.
Il n'allait pas renoncer, et il a décidé de se battre pour un avenir brillant, afin que Tonya et lui puissent vivre une belle vie ensemble.
Randall venait d'arriver au deuxième étage quand un bruit est parvenu à ses oreilles.
Une voix féminine est parvenue de la salle de classe près des escaliers.
Randall s'est instantanément arrêté dans son élan. La voix lui semblait plutôt familière, il s'est donc approché lentement de la salle de classe.
Une fois qu'il s'est approché de la porte, il a réalisé que la voix était similaire à celle de sa petite amie. La femme gémissait et parlait de manière luxurieuse.
« Oui ! Juste comme ça. J'aime la façon dont tu me fais sentir. Ah ! »
Une voix d'homme s'est fait entendre ensuite. « Tonya, il faut que tu sois honnête avec moi. Entre-moi et Randall, qui te baise le mieux ? »
Tonya ?
C'était bel et bien elle !
Le cœur de Randall s'est effondré à nouveau en réalisant cela. Son sentiment de trahison s'est instantanément transformé en pure colère. Une vague étrange lui a traversé la tête. Faisant un pas en arrière, il a défoncé la porte.
La porte s'est instantanément ouverte avec fracas.
L'air qui était dans les poumons de Randall s'est instantanément échappé à la vue de la scène dans la salle de classe.
Deux personnes étaient en train de faire l'amour dans la salle de classe. Ils étaient tous les deux à moitié nus.
Lorsqu'ils ont entendu la porte s'ouvrir, ils ont regardé dans la direction de la porte d'un air paniqué. Ils ne s'attendaient clairement pas à ce que quelqu'un entre.
La furie s'est échappée de Randall. Ses yeux étaient injectés de sang alors qu'il les fixait tous les deux. Il n'avait jamais imaginé que sa petite amie bien-aimée pourrait le tromper avec son bon ami, Perry Shaw.
Il a rugi : « Perry ! Tonya ! Comment avez-vous pu me faire ça ? Pourquoi m'avez-vous trahi tous les deux ? »
Le regard stupéfait de Perry s'est transformé en dédain quand il a vu qui avait interrompu son moment de plaisir.
Il a lâché : « Comment oses-tu faire irruption ici et me crier dessus ? »
« Perry Shaw ! » Le visage de Randall a rougi. Il a pointé Perry du doigt. Sous le coup de la colère, sa main droite tremblait de façon incontrôlable.
Quand il a remarqué que Tonya n'avait pas bougé, il s'est adressé à la femme tristement : « Je pensais que tu m'aimais, Tonya. N'as-tu pas promis que tu resterais avec moi pour toujours ? Pourquoi m'as-tu trompé ? »
Tonya, dont le bassin était toujours contre l'aine de Perry, a roulé des yeux avec indifférence. Elle a ensuite reposé la tête sur l'épaule de Perry avec douceur.
« Randall, comment as-tu pu être aussi stupide pour croire de si simples paroles ? N'as-tu pas entendu ? Pour ton information, tu as perdu l'opportunité de stage à l'hôpital Brooker parce que tu es handicapé. L'opportunité a été donnée à Perry. »
Tonya a embrassé Perry sur la joue et a poursuivi : « Mon amour est maintenant le premier de la classe. Et il est le nouveau géni de l'école. C'est l'homme que tu ne seras jamais. Pourquoi devrais-je continuer à sortir avec un loser comme toi ? Dégage ! »
Randall n'en croyait pas ses oreilles.
Il a titubé en arrière et s'est accroché à un bureau pour se soutenir. La colère coulait dans ses veines. Il a rugi : « Je vais vous tuer tous les deux ! »
Il a pris la chaise à proximité et l'a levée au-dessus de la tête, avec l'intention de frapper Perry.
La chaise bougeait de façon incontrôlable. À la vue de cela, Perry a ricané avec dédain. Il a saisi la chaise et l'a arrachée de la prise de Randall.
Randall ne pouvait pas faire le poids face à Perry maintenant que sa main droite était blessée. Son poignet lui a fait très mal après que celui-là a arraché la chaise.
Perry l'a jeté à terre la seconde suivante.
Ensuite, il a piétiné la tête de Randall et a déclaré : « Pour qui te prends-tu ? Ha-ha ! Il est grand temps que tu te mettes dans ta grosse tête que l'époque où tu étais le génie est terminée ! »
Perry a craché sur Randall. Il a ri aux éclats avant de partir avec Tonya.
Toute la salle de classe était silencieuse alors que Randall était étendu sur le sol froid. Il avait très mal à la poitrine.
Il a fallu plusieurs minutes pour que Randall trouve enfin la force de se lever et de quitter le bâtiment. Il est retourné à son dortoir, hébété.
Pour Randall, la trahison de Tonya et Perry était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
À ce moment-là, son téléphone a sonné. Il l'a pris et a vu un email. Ses yeux se sont écarquillés quand il a vu la photo qui y était jointe.
Sur la photo, deux hommes étaient en train de boire dans un bar. L'un des hommes était Perry et l'autre était le voyou qui lui avait presque coupé la main droite.
« L'attaque des voyous était-elle préméditée ? », a-t-il murmuré. Sa main droite tremblait de façon incontrôlable.
À ce moment-là, son téléphone a sonné à nouveau. Lorsqu'il a répondu, une voix de femme froide s'est faite entendre à l'autre bout du fil. « Viens à la porte Est de la faculté. Tout de suite ! » Puis, la ligne a été coupée.
Randall est resté figé sur place. L'expression de ses yeux est passée progressivement de la confusion à la fermeté. Il a décidé de faire ce qu'on lui a dit.
À la pensée que tous ses malheurs pourraient être une conspiration de Perry, Randall était furieux et voulait tout détruire.
« Perry, si je découvre que tu as une part de responsabilité dans cette affaire, je ne te laisserai pas t'en sortir. Je ferai de ta vie un enfer comme tu as fait de la mienne ! »
Randall a serré les poings et a couru hors du dortoir à toute vitesse vers la porte Est.
Quand il y est arrivé, il a vu une Rolls-Royce Phantom noire et dorée garée. Cette voiture de luxe valait des millions de dollars. Comparées à celle-ci, les autres voitures garées à son côté ressemblaient à des brouettes.
À ce moment-là, la portière de la voiture s'est ouverte. Une femme sexy, habillée comme une secrétaire, en est sortie.
Les boutons de sa chemise blanche semblaient s'accrocher à sa vie. C'était comme si les seins dodus allaient faire éclater la chemise si on n'y prenait pas garde.
Randall a avalé de travers alors qu'elle s'avançait vers lui. Elle était un vrai régal pour les yeux. Il était convaincu qu'aucun homme ne pourrait lui résister, même avec un simple clin d'œil ou un léger contact.
Debout devant Randall, elle a remonté les lunettes à monture noire sur le nez et a dit froidement : « Monte dans la voiture. »
« Pardon, puis-je savoir qui tu es ? », a demandé Randall à la femme avec confusion.
« Je m'appelle Amari Vance. Qui je suis n'a pas d'importance. Tu as juste besoin de savoir que si tu viens avec moi, tu trouveras les réponses à tes questions », a dit Amari d'une voix froide.
Randall était plutôt nerveux lorsqu'il a senti le parfum de la jeune femme.
Après une petite hésitation, il est monté prudemment dans la voiture.
La voiture a vrombi et est partie une seconde après que Randall a fermé la portière.
Il a serré les mains l'une contre l'autre en regardant par la fenêtre.
Des milliers de pensées tourbillonnaient dans son esprit tandis qu'il observait les piétons et les véhicules sur la route.
La voiture a passé un gigantesque portail et s'est arrêtée sur un parking rempli de voitures de luxe.
Il s'est avéré que leur destination était un joli manoir tranquille, avec un jardin coloré, et un spacieux terrain de golf. Au centre se trouvait un hôpital de trois étages.
Cet hôpital n'était pas comme les autres hôpitaux qui avaient un design ordinaire. Sa décoration était de style baroque du XVIIIe siècle. Le bâtiment dégageait un sentiment de luxe.
Mais ce qui avait le plus choqué Randall n'était pas le luxe ici, mais le nom de l'hôpital : Hôpital Royal de Hodur.
Rien qu'en voyant ces mots, il est devenu assoiffé et étourdi.
C'était le légendaire meilleur hôpital privé de la ville !
Qui donc voulait le voir ?
Serait-ce... ?
Dans un état second, Randall a suivi Amari dans le bâtiment. Elle l'a aidé à passer le contrôle de sécurité et l'a conduit à l'ascenseur. Ils sont allés au dernier étage de l'hôpital.
« Le Dr. Turner est à l'intérieur. Il veut te rencontrer. Entre », a dit Amari quand ils sont arrivés à un bureau.
« Le Docteur Turner ? Je n'arrive pas à y croire ! » Excité, Randall a tourné la poignée de la porte. Dès qu'il est entré, une forte odeur de désinfectant a envahi ses narines.
Un homme se tenait devant une étagère, faisant dos à Randall. Il avait des cheveux gris et son dos était un peu courbé.
Après que Randall a fermé la porte, le vieil homme a demandé : « À quoi as-tu pensé quand tu as vu la photo, Randall ? »