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Le mensonge de l'Alpha : Le soulèvement de l'Oméga

Le mensonge de l'Alpha : Le soulèvement de l'Oméga

Auteur:: ELAINE
Genre: Loup-garou
Après une garde de 36 heures au dispensaire, j'ai apporté à mon compagnon, l'Alpha Damien, son repas préféré, impatiente de partager un moment de calme avec lui. Mais je l'ai trouvé dans un manoir secret à la lisière de notre territoire, riant avec une autre femme et un petit garçon dont j'ignorais totalement l'existence. Cachée dans l'ombre, je l'ai entendu me qualifier de « Oméga bouche-trou », un simple pion politique qu'il rejetterait publiquement une fois qu'un nouveau traité serait signé. Mes parents adoptifs, l'Alpha et la Luna, étaient complices. Toute ma vie, mon lien prédestiné, n'était qu'un mensonge soigneusement orchestré. À cet instant précis, il m'a envoyé un message par lien télépathique : « Tu me manques, ma douce. » La cruauté désinvolte de ce message a consumé mes larmes, ne laissant place qu'à une rage froide et implacable. Ils prévoyaient mon humiliation publique lors d'un grand dîner. Mais j'avais préparé un cadeau pour la fête d'anniversaire de son fils, programmé pour être livré exactement au même moment. À l'intérieur se trouvait un cristal de données contenant chacun de leurs secrets.

Chapitre 1

Après une garde de 36 heures au dispensaire, j'ai apporté à mon compagnon, l'Alpha Damien, son repas préféré, impatiente de partager un moment de calme avec lui.

Mais je l'ai trouvé dans un manoir secret à la lisière de notre territoire, riant avec une autre femme et un petit garçon dont j'ignorais totalement l'existence.

Cachée dans l'ombre, je l'ai entendu me qualifier de « Oméga bouche-trou », un simple pion politique qu'il rejetterait publiquement une fois qu'un nouveau traité serait signé. Mes parents adoptifs, l'Alpha et la Luna, étaient complices. Toute ma vie, mon lien prédestiné, n'était qu'un mensonge soigneusement orchestré.

À cet instant précis, il m'a envoyé un message par lien télépathique : « Tu me manques, ma douce. »

La cruauté désinvolte de ce message a consumé mes larmes, ne laissant place qu'à une rage froide et implacable.

Ils prévoyaient mon humiliation publique lors d'un grand dîner. Mais j'avais préparé un cadeau pour la fête d'anniversaire de son fils, programmé pour être livré exactement au même moment.

À l'intérieur se trouvait un cristal de données contenant chacun de leurs secrets.

Chapitre 1

Point de vue de Sélène :

L'odeur stérile d'antiseptique et d'herbes séchées s'accrochait à mes vêtements, un parfum familier après une garde de trente-six heures au dispensaire de la meute. Mes muscles étaient endoloris, une brûlure profonde et satisfaisante après avoir réparé des ligaments déchirés et remis en place des os brisés suite à une escarmouche à la frontière. Mais l'épuisement était un faible prix à payer. Tout ce à quoi je pouvais penser, c'était lui.

Damien. Mon compagnon. Mon Alpha.

Son plat préféré, un épais pavé de bœuf saignant accompagné de champignons des bois, était encore chaud dans la boîte isotherme que je portais. Il avait été enfermé toute la journée dans une réunion de haut niveau du conseil, planifiant la prochaine expansion commerciale de la meute. J'imaginais le sourire reconnaissant qui illuminerait son visage sévère quand j'entrerais. Une petite surprise, un moment de paix rien que pour nous.

Les gardes devant les grandes portes en chêne de la salle du conseil se tenaient rigides, leurs visages impassibles.

« Je suis ici pour voir l'Alpha Damien », dis-je, offrant un sourire fatigué mais plein d'espoir.

L'un des gardes, un guerrier nommé Marc, a évité mon regard.

« L'Alpha est parti il y a une heure, Sélène. »

« Parti ? » La chaleur de la boîte isotherme est soudain devenue un poids mort dans mes mains. « La réunion devait durer jusqu'après minuit. »

« Il a dit qu'une urgence était survenue », marmonna Marc, son regard fixé sur un point par-dessus mon épaule.

Un nœud d'angoisse s'est resserré dans mon estomac. Une urgence ? Il me l'aurait dit. Il me disait toujours tout.

Nous avons un lien télépathique, une connexion sacrée offerte par la Déesse Lune aux compagnons prédestinés. C'est notre sanctuaire privé, un flux de pensées et d'émotions censé ne circuler qu'entre nous. Pendant des années, j'avais senti son amour comme un courant constant et régulier sous la surface de mes propres pensées.

Je fermai les yeux, me retirant dans le silence de mon esprit pour le chercher.

*Damien ? Est-ce que tout va bien ?*

Silence.

Pas seulement le silence, mais un mur froid et délibéré. Le lien était là, mais c'était comme crier dans une caverne vide. Un frisson, froid et vif, a parcouru ma colonne vertébrale. C'était différent. Plus froid. Pendant des années, j'avais confondu sa distance mentale avec le stress du commandement, mais ceci était une porte délibérément verrouillée.

La panique a commencé à bouillonner dans ma poitrine. Je l'ai refoulée, me concentrant. L'odeur d'un compagnon est la signature de son âme, unique et indéniable. J'ai pris une profonde inspiration, filtrant l'odeur de terre humide et de pin de la forêt environnante, à la recherche de la sienne.

La voilà. Faible, mais sans équivoque. Bois de cèdre après l'orage, avec une pointe vive et nette de vent d'hiver. C'était l'odeur qui me l'avait annoncé comme mien, l'odeur qui faisait ronronner mon loup intérieur avec un sentiment de foyer.

Mais il ne se dirigeait pas vers notre maison. Il s'en éloignait, vers l'extrême lisière du territoire de la meute de Fontainebleau.

Mes pieds se sont mis en mouvement avant que mon esprit ne puisse réagir, suivant la piste fantomatique. Le chemin m'a éloignée des maisons familières de la meute et des terrains d'entraînement, pour m'entraîner dans une partie isolée des bois que je n'avais jamais explorée. Niché dans une clairière se trouvait un chef-d'œuvre moderne de verre et de bois sombre, un manoir qui criait la richesse et le secret. Il n'était sur aucune carte de la meute.

Des lumières brillaient à l'intérieur, se déversant sur une pelouse manucurée. Mon cœur battait à tout rompre contre mes côtes, un tambour frénétique de terreur. Je me suis approchée en rampant, me cachant dans l'ombre profonde d'un chêne ancien.

À travers une immense baie vitrée, je l'ai vu.

Mon Damien.

Il ne portait pas sa tenue formelle d'Alpha. Il était vêtu d'un pull doux et décontracté, et il riait. Un rire profond et sincère que je n'avais pas entendu depuis des années. Sur ses épaules, piaillant de joie, se trouvait un petit garçon, âgé de quatre ou cinq ans peut-être.

Puis, une femme est entrée dans le cadre, sa main reposant sur le bras de Damien avec une intimité désinvolte.

Lyra.

La fille de l'Alpha de Hauteroche. Il y a cinq ans, sa meute avait été prétendument décimée lors d'une attaque de renégats. On nous avait dit qu'elle était la seule survivante, envoyée dans un territoire neutre pour se remettre de graves blessures. Elle n'avait rien d'une blessée maintenant. Elle était rayonnante, radieuse, ses yeux fixés sur Damien avec une adoration possessive.

Un grognement bas et guttural s'est échappé de ma propre gorge, le son de mon loup griffant l'intérieur de ma poitrine, désespéré de briser la vitre et de déchirer la scène qui se déroulait sous mes yeux.

Je me suis déplacée silencieusement le long du mur de la maison, mes chaussures à semelles souples de guérisseuse ne faisant aucun bruit. Une porte-fenêtre était entrouverte, laissant entrer l'air frais de la nuit et sortir leurs voix.

« ... juste un peu plus longtemps, mon amour », disait Damien, sa voix un murmure bas alors qu'il posait le garçon à terre. « Une fois le traité de fusion avec Hauteroche finalisé, nous pourrons enfin être une vraie famille. »

« J'en ai marre de me cacher, Damien », la voix de Lyra était tranchante, impatiente. « Je veux être ta Luna. Au grand jour. Pas enfermée dans cette cage dorée pendant que cette Oméga bouche-trou porte un titre qui devrait être le mien. »

*Bouche-trou.*

Le mot m'a frappée avec la force d'un coup physique, me coupant le souffle.

« Sélène a rempli son rôle », a poursuivi Damien, son ton froid et pragmatique. « Son lien prédestiné a maintenu mon loup stable. C'était une nécessité politique pour assurer ma transition vers le statut d'Alpha. Mais toi, Lyra, et Léo... vous êtes mon avenir. Ma dynastie. »

Le garçon, Léo, a couru vers Lyra.

« Maman, est-ce que Papa peut me lire une histoire ce soir ? »

Ma vision s'est brouillée. Leur fils. Mes parents adoptifs - l'Alpha et la Luna de notre meute - ils savaient. Ils devaient savoir. Le financement d'un tel endroit, le secret... cela ne pouvait être sanctionné que par les plus hautes instances.

Mon monde, autrefois un foyer stable et aimant, s'est fracturé. L'amour que je pensais avoir, la famille que je chérissais, le compagnon que j'adorais - tout cela n'était qu'un mensonge. Une cage soigneusement construite pour me garder docile et utile.

À cet instant, une présence chaude et familière a effleuré mon esprit. Le lien télépathique.

C'était Damien.

*Je viens de finir la réunion. Tellement fatigué. Tu me manques, ma douce.*

Le mensonge, si désinvolte, si cruel, fut le coup de grâce. La douleur fut si immense qu'elle a consumé mes larmes, laissant derrière elle quelque chose de froid, de dur et de terriblement lucide.

Dans les ruines de mon cœur brisé, la vengeance a commencé à prendre racine.

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Chapitre 2

Point de vue de Sélène :

Le lendemain matin, le soleil inondait la chambre que je partageais avec Damien, illuminant les grains de poussière qui dansaient dans l'air. C'était une moquerie, une lumière trop vive pour l'obscurité qui avait englouti mon monde. J'étais rentrée à notre résidence au cœur de la nuit, mon âme une caverne vide.

Quand Damien est entré, frais d'une course matinale, son odeur de cèdre et de vent a rempli la pièce. Hier, cela m'aurait fait me sentir en sécurité. Aujourd'hui, cela me donnait la nausée.

« Tu dormais si profondément quand je suis rentré », dit-il, sa voix douce comme de la pierre polie. Il se pencha pour m'embrasser.

Je me suis forcée à ne pas tressaillir lorsque ses lèvres ont touché ma joue. Le contact a envoyé une vague de révulsion à travers moi, une parodie ignoble de l'étincelle électrique que notre contact avait l'habitude d'allumer. Mon loup a gémi, confus et trahi.

« J'étais juste si fatiguée », ai-je murmuré, tournant mon visage dans l'oreiller. « Longue garde. »

Il a accepté l'excuse sans poser de questions. Bien sûr qu'il l'a fait. J'étais Sélène, l'Oméga docile, la guérisseuse infatigable qui vivait pour le servir, lui et la meute.

Il s'est assis sur le bord du lit, son poids faisant plier le matelas.

« Je pensais », a-t-il commencé, d'un ton désinvolte, « ça fait cinq ans que Lyra... depuis la tragédie avec la meute de Hauteroche. Je pense qu'il est temps que nous célébrions officiellement le fait d'avoir tourné cette page sombre. Je vais demander à mes parents d'organiser un grand dîner. »

Mon sang s'est glacé. Un dîner. Une célébration d'un mensonge qui avait été la pierre angulaire de la destruction de ma vie. C'était si audacieux, si cruel, que j'ai failli en rire.

Au lieu de ça, je me suis tournée pour le regarder, composant mes traits en un masque de doux accord.

« C'est une merveilleuse idée, Damien. Un nouveau départ pour la meute. »

Ses yeux se sont adoucis de soulagement. Il ne voyait que ce qu'il voulait voir : sa douce et simple compagne.

« Exactement. Je savais que tu comprendrais. »

Il m'a embrassée sur le front et est parti en sifflotant doucement. Dès que la porte s'est refermée, le masque s'est effondré. Je me suis assise, mes mouvements précis et délibérés. J'avais besoin de preuves. Des preuves solides, indéniables, qui briseraient leur monde parfait comme ils avaient brisé le mien.

Son bureau était son sanctuaire, toujours verrouillé. Mais je connaissais ses secrets. Ou du moins, je le pensais. Je me suis dirigée vers la porte métallique et élégante et j'ai tapé un code sur le panneau. La date à laquelle la Déesse Lune avait confirmé pour la première fois notre lien prédestiné, le jour où ma vie était censée commencer. L'ironie était un acide amer dans ma gorge.

La porte s'est ouverte dans un sifflement.

La pièce était spartiate, organisée avec une précision militaire. Mais je n'étais pas intéressée par les dossiers professionnels sur son bureau. Mon instinct, affiné par des années de trahison que je ne reconnaissais que maintenant, m'a attirée vers une grande bibliothèque ornée. Derrière une rangée de textes juridiques reliés en cuir, mes doigts ont trouvé la jointure cachée d'un compartiment secret.

À l'intérieur se trouvait un album photo en cristal. Pas le genre de papier à l'ancienne, mais un cristal de données qui projetait des hologrammes. Je l'ai activé.

Ils étaient là. Damien, Lyra et le petit Léo, riant sur une plage. Eux trois construisant un bonhomme de neige, emmitouflés dans des écharpes assorties. Mes parents adoptifs, l'Alpha Richard et la Luna Éléonore, souriant fièrement en tenant Léo, leur « petit-fils ». Chaque image était un nouveau coup de poignard de la trahison.

Je me suis dirigée vers son terminal privé. Il était crypté, mais il était arrogant. Il utilisait des mots de passe simples pour les choses qu'il croyait que personne n'accéderait jamais. J'ai essayé « L » pour Lyra. Accès refusé. Puis j'ai essayé « Léo ».

Un dossier s'est ouvert. Il était intitulé « L ».

Mes mains tremblaient alors que je cliquais sur les sous-dossiers. Il y avait le certificat de lignée officiel de Léo, listant Damien Vance et Lyra de Hauteroche comme ses parents. Il y avait un fichier vidéo intitulé « Première Transformation ». Je l'ai lancé. J'ai regardé mon compagnon coacher son fils à travers le processus angoissant de sa première transformation, sa voix remplie d'une fierté et d'une tendresse qu'il ne m'avait jamais montrées.

Dans un dossier marqué « Finances », j'ai tout trouvé. Des virements mensuels, des sommes énormes détournées des comptes principaux de la meute de Fontainebleau vers une société écran enregistrée au nom de la meute de Hauteroche. La description du paiement était toujours la même : « Fonds de subsistance L.R. »

J'ai sorti le cristal de données vierge que j'avais apporté de la clinique et j'ai commencé à tout copier. La barre de progression à l'écran ressemblait à un compte à rebours sur mon ancienne vie. À chaque fichier transféré, un morceau de la fille naïve que j'avais été s'effritait.

Alors que le dernier fichier était transféré, un léger carillon a retenti dans la pièce. Ce n'était pas le terminal. C'était le communicateur personnel de Damien sur le bureau. Un message brillait sur son écran.

C'était une photo. Une image fixe d'une caméra de sécurité, me montrant assise à ce même bureau, un air de découverte horrifiée sur le visage.

Mon cœur s'est arrêté.

Un deuxième message est apparu sous la photo.

*Tu as trouvé ce que tu cherchais, petite Oméga ?*

Lyra. Elle avait accès à sa sécurité. Bien sûr qu'elle l'avait.

Un autre message a vibré, les mots dégoulinant de venin.

*Il ne te garde que parce que ton odeur pathétique d'Oméga calme son loup. Tu n'es rien de plus qu'un tranquillisant vivant. Bientôt, tu ne seras même plus ça.*

Le chagrin qui m'étouffait depuis des heures a soudainement disparu, consumé par une rage incandescente. La douleur n'a pas disparu, elle s'est cristallisée. Elle s'est durcie en une arme.

Elle pensait que j'étais une Oméga pathétique. Ils le pensaient tous.

J'allais leur montrer à quel point ils avaient tort.

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Chapitre 3

Point de vue de Sélène :

Le cristal de données dans ma poche semblait à la fois lourd et insignifiant. C'était une preuve accablante, oui, mais c'était numérique. On pouvait le rejeter comme étant fabriqué. J'avais besoin de quelque chose de plus. Quelque chose de viscéral, d'indéniable, recueilli au cœur même de leur vie secrète.

Je devais retourner dans ce manoir.

Ma position de guérisseuse de la meute était ma clé. J'ai fabriqué un rapport sur une possible épidémie de fièvre pulmonaire parmi les aînés de la meute et je l'ai utilisé comme prétexte.

« Une des servantes de l'ancienne loge de chasse des Vance est sur ma liste pour un bilan de santé », ai-je dit au chef de la sécurité, en utilisant la désignation officielle et oubliée du manoir. « Elle est trop fragile pour venir à la clinique. »

La permission a été accordée sans la moindre hésitation. Je n'étais que la gentille guérisseuse Oméga, après tout.

Vêtue de ma simple tunique de guérisseuse, j'ai été escortée jusqu'au manoir par un garde stoïque qui m'a laissée à la porte. À l'intérieur, j'ai été accueillie par une servante Oméga à l'air nerveux. Elle s'appelait Marie.

« Je suis ici pour voir Elara », ai-je dit, ma voix calme et professionnelle.

« Elle est dans sa chambre », a chuchoté Marie en se tordant les mains. « Mais... la maîtresse et le maître sont sortis avec le jeune seigneur. Ils ne seraient pas contents de trouver une étrangère ici. »

« Ça ne prendra pas longtemps », l'ai-je assurée, mes yeux balayant déjà le hall opulent. « Mes devoirs envers la santé de la meute passent avant tout. »

Après un rapide examen de santé inventé sur la vieille louve, je suis passée à l'action.

« J'ai besoin d'un verre d'eau », ai-je dit à Marie, la guidant vers le salon principal. « Et j'ai remarqué que vous ménagiez votre main gauche. Ceci pourrait aider avec l'arthrite. » Je lui ai offert une petite bourse d'herbes rares de Pétales de Lune.

Ses yeux se sont écarquillés. Les Pétales de Lune étaient hors de prix. Alors qu'elle l'acceptait, j'ai orienté la conversation.

« C'est une belle maison. Le Futur Alpha doit en être très fier. »

La gratitude et notre statut commun d'Oméga lui ont délié la langue.

« Il l'est », a-t-elle confié à voix basse. « L'Alpha Richard lui-même vient deux fois par semaine pour enseigner les formes de combat au jeune Seigneur Léo. Et la Luna Éléonore... elle apporte à Dame Lyra les plus beaux bijoux en pierre de lune. Je l'ai entendue appeler Lyra la Luna qu'elle a toujours voulue, celle qui apporterait l'honneur à la meute. »

Chaque mot était une confirmation de la vérité que je connaissais déjà, mais l'entendre prononcé à voix haute rendait la trahison à nouveau vive et crue. Mon regard s'est porté sur la chambre principale, la porte légèrement entrouverte.

« Puis-je utiliser les toilettes ? » ai-je demandé.

Marie a hoché la tête, distraite par les précieuses herbes. Je me suis glissée dans la chambre. C'était un sanctuaire qui leur était dédié. Son odeur était partout, mêlée à la sienne - un mélange écœurant de rose et d'ambition. Sur le mur, un projecteur holographique géant était actif, affichant une image fixe.

C'était Damien et Lyra, vêtus des robes de cérémonie blanches et scintillantes d'une cérémonie d'union. Sa main était sur sa taille, la sienne sur sa poitrine. Ils souriaient, ayant l'air d'un véritable Alpha et d'une véritable Luna. Ils avaient tenu leur propre cérémonie secrète. Ils s'étaient moqués de la Déesse Lune elle-même.

Une vague de vertige m'a submergée, l'audace pure de leur acte me coupant le souffle. J'ai reculé en titubant, ma main trouvant le cadre de la porte pour me soutenir juste au moment où le bruit d'une voiture crissant sur l'allée de gravier a envoyé une décharge d'alarme à travers moi.

« Ils sont rentrés plus tôt ! » a sifflé Marie depuis le couloir, son visage pâle de terreur.

Avant que je puisse réagir, elle m'a poussée dans la cachette la plus proche - un grand garde-manger sombre près de la cuisine, tirant la porte juste au moment où la porte d'entrée s'ouvrait.

Mon cœur battait à tout rompre dans l'obscurité suffocante. Je pouvais entendre leurs voix, fortes et claires, depuis la cuisine attenante. Léo bavardait sur sa journée. Puis, Lyra a parlé.

« J'en ai tellement marre de ça, Damien », s'est-elle plainte, sa voix tranchante. « Marre de faire semblant. Je veux que tu me Marques. Je veux que tu te tiennes devant la meute et que tu Rejettes formellement cette Oméga pathétique. »

L'air dans le garde-manger est devenu rare, difficile à respirer.

J'ai entendu le tintement de verres, puis la voix basse et apaisante de Damien.

« Patience, Lyra. Le traité est presque signé. J'ai besoin de la stabilité du lien prédestiné encore un peu de temps. Mon loup est agité avec le changement de pouvoir. »

Il a soupiré, un son de résignation lasse.

« La nuit de la prochaine pleine lune, après la signature, je le ferai. Je la rejetterai devant tout le monde. Ensuite, toi et moi achèverons le marquage, et tu prendras ta place légitime en tant que ma Luna. »

Puis sont venus les mots qui ont arrêté mon cœur.

« Toi et Léo êtes mon avenir, ma dynastie », a-t-il dit, sa voix dénuée de toute émotion. « Sélène... elle n'était qu'une blague de la Déesse Lune, un outil sur le chemin du pouvoir. Un moyen pour parvenir à une fin. »

Un outil. Une blague.

Des larmes que je ne savais pas qu'il me restait ont coulé sur mon visage dans l'obscurité silencieuse. J'en avais assez entendu.

J'ai attendu que leurs pas se déplacent vers le salon. Puis, retenant mon souffle, je suis sortie du garde-manger. Marie m'a lancé un regard terrifié, et je lui ai fait un petit signe de tête rassurant avant de glisser silencieusement par la porte arrière.

En contournant le coin de la maison, mon chemin a croisé celui de Lyra, qui était sortie sur la terrasse, son communicateur à l'oreille. Elle portait une robe de soie, son visage illuminé par la lueur de l'appareil.

Ses yeux se sont plissés, balayant ma simple tunique de guérisseuse et ma cape à capuche. Elle ne m'a pas reconnue, mais j'ai vu la lueur de suspicion dans son regard. Une guérisseuse, ici, à cette heure ? C'était inhabituel.

Elle n'a rien dit, mais son regard calculateur m'a suivie jusqu'à ce que je disparaisse dans la lisière des arbres.

J'ai su alors, avec une certitude glaçante, que mon temps était compté.

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