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Le mektoub de Raouda

Le mektoub de Raouda

Auteur:: love and peace
Genre: Romance
La vie est un choix, dit-on. Ces mots, Raouda en a fait le motto par lequel elle régit sa vie. Et de cette vie, elle ne veut que le meilleur, uniquement la crème de la crème car elle estime que la magnifique jeune femme qu'elle est le mérite pleinement. Mais lorsque la croqueuse de diamants qu'elle est s'en va piocher dans la mauvaise mine, ce qu'elle en extrait la force à voir la vie sous un tout autre angle.

Chapitre 1 Chapitre 01

Chap 1

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Ooh Enfin!

J'éteins mon ordinateur et enlève mon headset, soulagée. Quelle longue journée ç'a été! Je suis immitée par Passy, ma collègue.

Passy: J'ai cru que l'heure de la fermeture n'allait jamais arriver.

Moi: Et moi donc! Avec ces heures qui passaient au ralenti, dis-je en me levant de mon siège avec mon sac à main déjà accroché à mon épaule.

Je lisse ma mini-jupe et ajuste le petit foulard que j'ai autour du cou. J'adore notre uniforme, il me va juste trop bien: chemise cintrée manches courtes couleur ambre, mini-jupe bleu de nuit et petit foulard bleu de nuit et orange avec des imprimés du logo de la companie.

Passy et moi travaillons comme standardistes hôtesses d'accueil à Kin Avia, une petite companie aérienne basée à l'aéroport de Ndolo qui fait dans le transport aérien des passagers et des marchandises (Frêt). Notre boulot consiste d'assurer à la fois l'accueil physique et téléphonique des clients, vente des billets, bookings etc... Ce travail, j'ai pu l'avoir grâce aux connections de mon père juste après ma formation.

C'est bien payé et je m'y plais même si j'aspire travailler pour une plus grande companie avec des vols internationaux comme Hewa Bora, SAA et autres. Là-bas au moins on fait des vraies connaissances, on rencontre des vrais gars. Kin Avia ne fait que des lignes internes.

Passy: Mais la dame qui devait passer recupèrer ce colis n'est pas encore là, fait-elle en pointant vers une valisette avec du scotch partout.

Pfff! Je ne comprendrai jamais certaines personnes. On te dit que ton colis vient d'arriver, au lieu de venir le recupèrer avant 16h, tu traines et tu veux qu'on t'attende. En tout cas, moi je n'attendrai personne.

Moi: C'est son problème. On lui a bien dit qu'on fermait à 16h pile. Elle le recupèrera demain, fais-je en examinant mon visage dans mon petit miroir. Hum. Tout va bien de ce côté là. Belle à tomber comme toujours.

Je passe rapidement mes doigts dans mes longues brésiliennes pour leur donner plus de volume avant de remettre mon miroir dans mon sac et de contourner le comptoir.

Passy et moi disons aurevoir au manager qui lui aussi s'apprête à décoller et à l'agent de securité avant de nous diriger vers la sortie.

Pendant que nous marchons vers l'arrêt, plusieurs personnes (comme d'habitude), les hommes pour la plus part, se retournent à notre passage ou dois-je dire, à mon passage. Ce n'est pas de leur faute, je suis une merveille qu'il se faut d'admirer deux fois ou même plus. Sans me vanter, je dirai que je ressemble à une miss avec ma grande taille, mes formes sveltes, mon très joli minois, mon teint caramel, mon apparence raffinée et mon élégance.

Comme à l'accoûtumé, je fais celle qui ne remarque pas les nombreux regards et continue d'avancer de ma belle demarche rendu encore plus sexy par mes talons aiguilles en papotant avec Passy. D'un geste gracieux de la tête, je dégage de mon visage les quelques mèches de mes brésiliennes que le vent y a envoyé avant de passer mes lunettes de soleil comme une star.

Yeah! C'est moi. La belle et fabuleuse Raouda Nzaou.

Quoi?

Vous me trouvez orgueilleuse? Trop fière?

Ce n'est pas de l'orgueil. Je suis belle et je le sais, c'est tout. Oui oui, Moi Raouda, 21 ans, suis de ces jeunes femmes dont le Créateur a mis un temps précieux à sculpter le visage et le corps.

Maman me dit depuis toute petite que je ne dois jamais oublier que les femmes comme moi sont destinées à vivre la "high life": Mari très très riche, vie dans des grandes villas avec vue sur mer comportant des grandes pièces decorées par des designers de grande renommée, une grande cuisine ultra moderne que je n'utiliserai jamais (les cuisiniers et les bonnes le feront à ma place), voitures de luxe, shopping à Paris, Milan, Dubaï...

Soupirs.

Un homme sans sous ne pourra pas entretenir toute cette beauté. Il me fera faner.

Je me sépare de Passy quand nous arrivons à l'arrêt. Elle me dit aurevoir avant de monter dans le taxi-bus qui va dans sa commune pendant que je vais me tenir un peu plus loin pour attendre Alfred, mon taximan.

Qui va monter dans un taxi-bus? Moi?

Abomination!

Jamais!

La seule idée qu'on puisse me voir monter dans cette horreur ou en descendre me donne des palpitations. Je n'ai pas encore de voiture mais je me suis organisée de manière à me déplacer dignement d'un bout à l'autre de Kinshasa. D'une manière qui fait honneur à ma personne.

Alfred me dépose au service tous les jours et vient me chercher à la fermeture. On s'est mis d'accord sur un montant que je lui paie à la fin du mois. Ça tire un peu sur mon budget mais c'est un sacrifice important. Je suis une grande dame, destinée aux grandes choses donc vous ne me verrez jamais dans un taxi-bus bondé ou sur une moto. Yooooh! Surtout la moto, never! Moi, Raouda, sur une moto, péché impardonnable.

Maman dit toujours que dans la vie si tu veux te faire approcher par des gens de la haute, il faut paraître et circuler comme quelqu'un de la haute. J'applique la règle à fond.

Je m'assure d'être impeccable de la tête aux pieds à chaque fois que je pose le pied dehors. Je ne suis pas riche mais avec mes petits moyens, je m'arrange toujours, je dis bien toujours à ressembler à un million de dollars. Je sais classer.

Cheveux. Impec.

Maquillage. Impec.

Peau. Impec.

Ongles.impec

Tenue. Double impec

Rhoo! Alfred traîneuuuh. Je jette un oeil à ma montre-bracelet, irritée. Je sors mon phone Samsung de mon sac et lance l'appel

- Oui allô!

Et puis il me répond tranquillement "Oui allô"

Moi: Mais Alfred, où es-tu?

- Je suis vers le garage là, j'arrive.

Moi: Il faut faire vite! Tu veux que le soleil méchant de Kin m'abîme le teint?

- Pardon, j'arrive.

Moi: Sala noki.(Fais vite)

Click.

Je remets le phone dans mon sac polo après l'avoir observé quelques sécondes. Ce téléphone n'est plus digne de moi. Du tout du tout! Il me faut un iPhone, le dernier qui vient d'atterir sur le marché là. Oui, c'est le téléphone digne de Raouda.

Une jeep wrangler toute noire vient s'arrêter à mon niveau, me tirant de mes pensées. La vitre teintée se baisse lentement laissant voir un gros monsieur à la calvitie luisante. Le parfum insolent qui remplit l'habitacle de son véhicule vient chatouiller mes narines.

Vous voyez ce qui m'arrive à cause d'Alfred et ses retards?

Lui: Bonjour beauté! dit-il d'une voix nasillarde.

Moi: Bonjour, réponds-je du bout des lèvres en prenant un air distant.

Lui: Vous attendez un taxi?

Moi: Oui

Lui: Il n'est pas bon pour une si belle jeune femme de rester trop longtemps au soleil. Montez, je vous dépose où vous voulez. Même si c'est sur la lune, pas de problème.

Shiiiii! Il se croit drôle.

Moi: Non merci.

J'aime être approchée par les grands types mais pas par ceux de son genre. Celui-ci a les moyens mais on sent qu'il file déjà vers sa cinquantaine, sûrement marié avec une ribambelle des gosses et tout ce qu'il veut c'est une jeune fille avec qui avoir un peu de bon temps après bye bye.

Raouda ne mange pas de ce pain là.

Les bons types sont ceux encore dans leur trentaine, plein aux as et célibataires avec qui il y a espoir de bâtir une vraie relation qui aboutira à un mariage. La beauté physique ne compte pas trop pendant la sélection parceque la vraie beauté d'un homme c'est sa poche. Si la poche est lourde et profonde, le type est direct beau, sexy à mourir. Mais si la poche est vide, trouée, il est très très laid. Elément à écarter immédiatement. Danger public.

Oui, appelez-moi "gold digger" (croqueuse des diamants) , j'assume. Je sais ce que je veux dans la vie.

Lui: Oh! Soyez gentille, je vous pousse un peu

Je ne prends pas la peine de lui répondre car je viens de voir la petite Honda d'Alfred approcher, je vais à sa rencontre pour me débarrasser de papa chauve. Il s'arrête quand il arrive à mon niveau, j'ouvre la portière arrière et me glisse dans le véhicule pendant qu'il m'explique pourquoi il a eu du retard. Il dit qu'il a eu une crevaison en qu'après les roulages lui ont fait des problèmes et blah blah blah. Je ne l'écoute pas. Je me laisse aller en arrière et ferme les yeux.

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Chapitre 2 Chapitre 02

Chap 2

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Lorsque nous arrivons enfin à Tshibangu (Mon quartier) , je remarque une certaine effervescence devant la grande maison sur notre avenue dont on venait d'achever la construction il y a quelques semaines. Deux camions d'où plusieurs gars en combinaisons noires sortent des meubles sont stationnés devant le portail gardé grand ouvert.

Hum. C'est sûrement les proprios qui emménagent.

Ça me rappelle un peu quand nous avons emménagé dans notre maison. Je devais avoir 15 ou 16 ans par là...

Alfred me dépose devant chez nous et s'en va. Ma petite soeur Odile est assise sur la balançoire devant la maison entrain de lire un livre quand j'entre dans la parcelle.

Odile: Bonjour ya Ouda, fait-elle en levant le nez de son livre.

Plus petite, elle n'arrivait pas à prononcer mon nom correctement et m'appelait Ouda et pour une raison étrange elle a continué de m'appeller "Ouda" même après qu'elle ait su parler correctement . C'est devenu mon petit nom.

Moi: Bonjour, ça va?

Odile: Ça va. Ta journée?

Moi: Pas mal.

Elle quitte la balançoire en fermant son livre et m'emboite les pas; je lui passe mon sac et mes lunettes pendant que nous entrons dans la maison. Arrivée au salon, je trouve mon père assis sur son fauteuil préferé avec ses binocles en place, concentré dans ses mots croisés pendant que Sylvain notre cadet regarde la télé.

Je les salue avant de continuer vers le couloir avec Odile à mes trousses. Quand nous arrivons dans ma chambre, elle va s'allonger sur mon lit après avoir rangé mon sac et reprend la lecture de son livre pendant que je me déchausse.

Aïe, J'ai grand besoin d'un massage, me dis-je dans ma tête en me massant mes pieds.

Moi: As-tu remarqué qu'on a des nouveaux voisins dans l'avenue?

Odile: Oui. La dame est sympa. Elle me rappelle un peu tantine Helène.

Moi: Tu as déjà rencontré leur maman? Tu es rapide hein.

Odile: Je l'ai vu devant la parcelle en revenant de l'école . Je suis allée dire bonjour et souhaiter la bienvenue.

Moi: Toi et tes vitesses.

Odile: Krkrkrkrkrkr, c'était juste pour être polie, fait-elle avant de se replonger dans sa lecture.

Odile. Elle a toujours un bouquin dans les mains. N'allez pas croire que ce sont des harlequins ou autres bouquins lovey-dovey à l'eau de rose hein. Elle lit des livres avec des titres nases comme: "Les Fantômes du roi Léopold", "Che Guevara", "Catherine de Médicis", "La médécine au moyen âge", "Le docteur Jivago" et pouet pouet pouet.

Un dimanche soir où je m'ennuyais à mort, j'ai commis l'erreur de lui demander de me passer un de ses bouquins pour tuer le temps. Eeeeh! Maux de tête et ennui redoublé. C'est ce que j'ai recolté après la lecture de seulement une seule page.

Je me débarrasse lentement de ma tenue de travail avant de passer mon kimono.

Comme vous l'avez remarqué, je vis encore chez mes parents. Oui, louuuuurrrrrd. J'ai voulu deménager lorsque j'ai commencé à gagner mes propres sous mais papa s'y est farouchement opposé. Il est de ces parents qui croient encore dur comme fer qu'une fille ne doit quitter l'autorité de ses parents que pour entrer directement dans celle de son mari. Il m'a sorti des choses comme :

" Raouda Nsoumbindi Nzaou! (Expliquez-moi pourquoi les parents disent ton nom complet quand ils sont fâché) Tu restes ici jusqu'au jour où un homme decent viendra me demander ta main, payer ta dot et t'emmènera avec lui. Avant ça, tu ne vas nulle part. Un point, un trait!"

" C'est de très mauvais, alors de très mauvais goût pour une jeune fille de vivre seule. Tu veux qu'on prenne la fille de Leonard Nzaou pour une femme libre? Hein?"

J'étais trop fâchée au debut mais j'ai fini par digèrer. Pour dire vrai, ça m'aide aussi à économiser donc rester ici n'a pas que des mauvais côtés.

Je suis l'ainée d'une fratrie de trois enfants. Après moi viennent Odile, ma soeurette adorée, 17 ans et Sylvain, le cadet capricieux, 11 ans. Mon père ne travaille plus car sa santé ne le lui permet plus.

Diabète.

Il a des plaies incurables qui ont fait enfler sa cheville gauche rendant son deplacement lent et difficile. À un moment je craignais trop qu'il se fasse amputer mais heureusement ce n'est jamais arrivé, les choses ont pu être gardées sous contrôle. Dieu merci pendant les années où il était encore bien portant, il a eu la sagesse de faire construire la maison dans laquelle nous vivons.

Ma maman Marceline, femme dynamique, ma meilleure amie, ma confidente et mon pilier tient un salon de coiffure dans la rue qui suit la nôtre. À cette heure, elle y est encore. Je pense y faire un tour après ma douche pour qu'une de ses filles me fasse mes ongles.

Le salon et ce que je ramène nous permet de vivre decemment, et le fait que nous ne payons pas de loyer aide énormement .

Je faisais ma terminale quand la santé de papa a commencé à vraiment se déteriorer et qu'il s'est vu contreint d'arrêter de travailler. Après l'obtention de mon diplôme d'état (Bac), j'ai choisi de ne pas aller à l'université car avec papa qui ne ramenait plus de revenu régulier, tous les frais allaient pèser sur maman. On s'est mis d'accord que je fasse une formation de seulement une année en pro gestion-administration pour pouvoir rapidement me trouver un emploi et apporter ma pierre à l'édifice.

Odile est celle qui ira à l'université coûte que coûte; je vendrai un membre s'il le faut pour l'y envoyer. Elle ne peut simplement pas ne pas y aller. C'est l'intello de la famille. Contrairement à moi qui était plutôt moyenne à l'école (on ne peut pas tout avoir hein!), Odile qui fait maintenant sa cinquième en séction Biologie-chimie est toujours première de sa classe. Elle te croque les maths, physique, chimie nucléaire et autres comme du petit pain. Je veux qu'après son bac elle fréquente dans une des meilleures universités de Kinshasa. Elle doit finir soit Médécin, ingénieure chimiste ou pétrochimiste. Des métiers nobles dignes de la soeurette adorée de Raouda! Krkrkrkrkrkrkr

" Hey,Yeah,Hey,Yeah

When I'm walkin' down the street, they say "hey sexy!",

When I'm dancin' in the club, they say "hey sexy!",

When I'm drivin' in my car, or I'm standin' at the bar,

It don't matter where I are, they say "hey sexy!"...

C'est mon téléphone qui sonne; je vais rapidement le sortir de mon sac. "Pravesh" est affiché sur l'écran. Rhoooo!

Je roule mes yeux, exasperée. Pardon, je ne suis pas d'humeur. Un vrai tenace cet indien. Il me poursuit de ses assiduités depuis un moment maintenant et le fait que je lui ais dit des nombreuses fois que ça ne pouvait pas marcher entre nous ne l'a nullement découragé.

Il est jeune, poches lourdes et tout mais il n'y a pas d'avenir avec lui. Cul de sac assuré.

Ok, j'avoue que je lui ai soutiré quelques liasses ça et là pendant quelque temps avant de disparaître de ses radars sans qu'il ait vu même la couleur de mon caleçon. Dieu merci, il ne sait ni où je vis, ni où je bosse.

Quoi?

Maman dit de ne jamais, alors au grand jamais décourager un homme qui est plus qu'heureux de dépenser pour toi.

Il est venu se livrer lui-même, porte-monnaie tout dodu à la main, proposant de m'achèter tout ce que je voulais, de m'emméner à New Delhi oh, à Bangalore oh, à Londres. J'avais le choix? Je l'ai aidé à se décharger de quelques dollars trop.

C'est un gars gentil mais...Soyons sérieux, où est-ce que vous avez vu un indien se marier à une africaine? Façon ils sont plus racistes que les nazis là? Il ne faut pas faire semblant. Il veut juste faire touche pipi ici pendant que sa douce et tendre, indienne jusqu'aux bouts des ongles, l'attend sagement en Inde.

Pas pour moi, merci beaucoup.

Même s'il était possible qu'il m'épouse, j'allais réfuser. Son nom de famille est trop vilain. Je ne me vois pas trop me faire appeler Raouda Bramapoutra. Ah!

Je m'apprête déjà à décliner l'appel comme je le fais depuis un moment maintenant lorsqu'une idée me traverse l'esprit, me faisant sourire.

Je décroche rapidement avant que ça ne coupe

Moi: Allô Pravesh, comment vas-tu?

Pravesh: Raouda, pourquoi me traites-tu comme ça? Je suis même très surpris que tu ais pris mon appel aujourd'hui.

Moi, la voix soudain tristounette: Pravy, desolée. J'avais quelques problèmes de famille. J'ai dû me rendre rapidement à Matadi

Pravesh: En quoi aller à Matadi t'empêchait-il de prendre mes appels?

Moi: J'y suis allée dans la précipitation Pravy. Decès d'un être cher (Seigneur, pardonne-moi). J'ai oublié mon téléphone ici à mon depart.

Pravesh : Oh. Desolé poupoune.

Eeeh! Je hais quand il m'appelle poupoune. Je ravale mon envie de lui envoyer une réponse acerbe et continue de ma voix triste

Moi: Je suis revenue seulement aujourd'hui Pravy et tu ne vas pas croire ce que j'ai trouvé à mon arrivée.

Pravesh: Quoi ma poupoune?

Poupoune ta mère !

Moi: Mon phone est tout abîmé, c'est d'ailleurs un miracle qu'il marche encore. Mon petit frère jouait avec pendant que j'étais absent. Je crois que demain déjà ça ne marchera plus. Il tombe en pièces.

Pravesh: Petit problème. Je le remplace dès demain. Quelle marque veux-tu?

YEEESSS!

La phrase que je voulais entendre.

Moi, après m'être bien râclé la gorge: Je veux le dernier IPhone sur le marché mon Pravy. Je veux aussi une tablette de la même marque pour aller avec.

Pravesh: C'est noté ma poupoune. Tu les auras demain sans faute. On dîne chez moi demain soir, ok?

Moi: Ok Pravy. Merci d'être là pour moi en ce moment difficile.

Pravesh : De rien, tu sais que je ferai tout pour toi.

Ah katuka kuna! (Ah va là-bas!)

Moi, après un petit rire timide genre je suis trop eblouie: À demain Pravy.

Pravesh : À demain.

Je raccroche rapidement avant qu'il ne puisse dire "Bisous ma poupoune ".

Je remarque Odile entrain de rire. Elle m'a sûrement entendu débiter mes mensonges.

Odile: Ya Ouda, donc tu reviens de Matadi?

Moi: Ah laisse-moi, dis-je en me dirigeant vers la salle de bain.

Je m'apprête déjà à y entrer lorsque mon phone se remet à sonner. Cette fois c'est "Richard" qui s'affiche sur l'écran.

Ah! Quel culot!

Richard est le gars avec qui j'étais, il y a à peine une semaine, dans une relation de 4 mois que je croyais sérieuse. Il avait tous les critères recherchés et je sentais la bague venir.

Hum. Je me mentais toute seule en latin oh.

J'ai débarqué à son duplex à l'improviste après le taff et dévinez quoi? Je l'ai attrappé tout nu et en sueur sur une autre femme. J'ai dû faire appel à toute ma maîtrise de soi pour ne pas lui casser un de ses précieux vases chinois sur la tête. Il s'est vite mis debout et s'est couvert d'un drap, l'air très embarrassé pendant que sa trouée cachait ses zones intimes avec des oreillers, toute déboussolée.

J'étais prête à laisser passer ce petit écart mais madame la trouée m'a confié, hautaine, qu'elle était LA fiancée. Elle m'a même fourré sous le nez un solitaire scintillant. Bague des fiançailles.

Techniquement, c'est avec moi que ce Richard la trompait. Pendant tout ce temps, j'étais le plat d'accompagnement. La voleuse de gars.

Ah! Je ne vous dis pas le degoût, le degoût! Moi Raouda, la side dish? Moi? Voleuse de gars.

L'affront!

Cet idiot m'a rabaissé à un point!!! Ma consolation était de savoir que j'avais quand-même bien profité de son argent pendant ces 4 mois de relation. Je me suis même acheté un terrain à la cité maman mobutu.

Grande dame jusqu'au bout, j'ai maîtrisé mon expression faciale, levé mon menton comme une reine offensée et suis sortie de la maudite chambre qui sentait les fesses après avoir lancé à ce crapaud de Richard un regard rempli de tout le mépris du monde.

Connard!

Et aujourd'hui, il a le culot de m'appeler. Tchip!

Je vais rapidement allumer la radio et met le volume très haut avant de décrocher et de poser le téléphone près du baffle.

Hihihihihihi!

Je vais tranquillement prendre ma douche le sourire aux lèvres.

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Chapitre 3 Chapitre 03

Chap 3

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Je sors de la salle de bain rafraîchie et revigorée. Je me passe ma crème en bougeant ma tête au rythme d'une chanson de Mj30 que diffuse la radio.

Je ne peux m'empêcher de laisser échaper un petit rire en pensant à la bombe que Richard a reçu à l'oreille. La grosse chose qui lui sert d'oreille doit être entrain de siffler à l'heure qu'il est. Bien fait pour lui tchip. Espèce de chien.

Ça lui apprendra de prendre une merveille comme moi pour un "plat d'accompagnement".

Je passe une robe portefeuille motif cachemire sans manches que je marie à des mules hautes assorties. Petit maquillage, petit parfum, coup de brosse rapide, rapide chignon negligé , je suis prête.

Moi, m'addressant à Odile: Je vais au salon. Tu viens?

Odile: Tu veux déjà changer ton tissage?

Moi: Non. Les ongles seulement.

Elle ferme son livre qu'elle pose sur la table de chevet avant de se lèver du lit. J'éteins la radio et recupère mon phone que je mets dans un petit clutch avant de sortir de la pièce avec Odile. Mon téléphone fait un bip bip quand j'arrive dans le couloir. Je le sors et remarque que j'ai deux messages de Richard. Je les efface sans les lire. Mon temps est extrêmement précieux et je n'en ai pas pour lui et ses messages à deux sous six francs. Des hommes instables, je n'en veux pas.

Papa: Où allez-vous comme ça? demande-t-il quand il nous voit traverser le salon

Moi: Au salon de coiffure papa. Veux-tu que je te ramène quelque chose?

Papa: Oui. Tu me prends un paquet des crayons, celui-ci est presque fini, dit-il en me montrant le petit crayon qu'il utilise pour ses mots croisés.

Moi: Entendu Papa. Et du crédit?

Papa: Non, t'inquiète, j'en ai encore.

Moi: Ok.

Sylvain : Je peux venir? dit-il en se mettant déjà debout.

Moi: Non. Reste regarder la télé.

Il se rembrunit et se rasseoit sur le fauteuil. Quand tu vas quelque part avec Sylvain, il faut prendre soin de ne pas passer devant un shop, chose impossible dans ce quartier où il y a des petits "ligablo" (shops) presque partout. Il va te faire du bruit: Achète-moi ci et ça, je veux ça et ci.

Moi: Je te ramène un paquet des biscuits Maria, ok? dis-je pour le consoler.

Sylvain, avec sourire instantané : Ouiiii! Ya Ouda, ajoute aussi les chips au fromage, la marque spooky s'il te plaît.

Vous voyez?

Odile et moi sortons de la parcelle en papotant. Je prefère qu'on commence par le shop pour ne pas que j'oublie. Je dois aussi m'achèter du crédit pour chatter avec mes deux copines du coeur, mes nanas de luxe: Joconde et Félicia. On est copines depuis le Lycée et ce que j'adore chez elles c'est qu'elles réflechissent et voient les choses comme moi. Que voulez-vous? Qui se ressemblent, s'assemblent.

Je suis entrain de dire à une Odile aux anges que mon Samsung sera à elle demain puisque j'aurai mes nouvelles bombes lorsqu'une scène accroche mon attention. Une scène devant la nouvelle parcelle devant laquelle j'ai aperçu les camions des deménageurs en rentrant du travail.

Deux jolies jeunes filles que je dévine avoir entre18 et 20 ans sont assises sur des chaises en plastique devant le portail rouge rouille qui est grand ouvert; elles rient aux éclats en regardant je ne sais quoi dans un téléphone que tient l'une d'elles. À quelques pas d'elles se tient un jeune homme bâti comme un dieu: cheveux coupés ras, teint chocolat, beau, grand, athlètique, bras puissants (on sent qu'il fait du gym), jambes légèrement arquées. Il a à la main un long tuyau vert d'où jaillit de l'eau avec laquelle il aspèrge une Kia noire couverte de mousse d'où s'échappe "Still D.R.E" de Dr. Dre, full volume.

http://www.dailymotion.com/video/x28jz4_snoop-dogg-dr-dre-still-dre_music

Il est vêtu d'un débardeur blanc tout mouillé et collé contre son torse parfait sur un pantalon jean soviet noir porté en mode sagging.

Man!

Je dois avouer malgré moi qu'il a un swagg mortel.

Ce sont eux les nouveaux voisins?

Il lève les yeux de la caisse qu'il lave et nos regards se croisent; je suis enervée et surprise de remarquer que je retiens mon souffle sans le vouloir et il y a cet idiot de coeur qui se met à battre en désordre.

L'impolitesse!

Je soutiens son beau regard placide pendant quelques sécondes avant de regarder ailleurs, menton hautainement levé, moue de dédain en place.

- Coucou Odile! lancent les deux filles.

Oh! Donc elles connaissent même déjà Odile? Quand je vous dis que ma soeur a de ces vitesses! Elle a dit avoir rencontré juste la maman mais je me rends compte qu'elle a fait connaissance avec la famille entière.

Odile: Coucou! répond-elle joyeusement.

Elle se tourne vers moi

Odile: Ya Ouda, viens que je te présente.

Avant même que j'ouvre la bouche pour dire un non sans réplique, elle se saisit de ma main et me dirige vers les deux créatures qui se lèvent de leurs chaises à notre approche.

Odile, quand nous arrivons à leur niveau: Athena, Abiba je vous présente ma grande soeur, Raouda. Ya Ouda, Athena et Abiba, dit la maman sociale.

Leurs parents ont un truc pour les noms commençant par A on dirait.

Elles, tout sourire: Bonjour Raouda, enchantées de faire ta connaissance, font-elles en serrant ma main à tour de rôle.

Moi: Moi de même.

- Tu es vraiment très belle, dit celle qui s'appelle Abiba.

Je ne peux m'empêcher de sourire. Elle sait reconnaître les vrais trésors celle-là. Elle me plaît déjà un peu.

Moi: Merci, tu n'es pas en reste non plus. Comment trouvez-vous Bandal?

Athena: C'est bien et mouvementé. On aime beaucoup.

Je vois du coin de l'oeil monsieur "swagg illégal" s'approcher de nous en s'essuyant les mains avec une serviette

- Odile, tu ne me présentes pas? dit-il d'une belle voix grave

Odile: Krkrkrkrkrkr, bien sûr ya Ado. Je te présente ma grande soeur, Raouda, dit-elle avec toutes les 32 dents dehors.

Il me tend sa main que je prends plus pour être polie qu'autre chose.

Lui: Raouda. Très joli nom. Adovi, ravi de faire ta connaissance, dit-il doucement

Il se dégage de lui quelque chose qui me dérange. Je me sens tout d'un coup très maladroite et timide. Je n'aime pas ça.

Moi, du bout des lèvres: Moi de même.

Je retire rapidement ma main de la sienne et balbutie un aurevoir avant d'entrainer avec moi une Odile qui ne semble pas du tout pressée de quitter ses nouveaux amis.

Moi, quand on arrive un peu plus loin: Odile, toi vraiment hein! Les gens arrivent seulement aujourd'hui dans le quartier et ils sont déjà tes amis. Même si on dit qu'on est sociable, tu depasses les bornes. Il faut savoir être distante des fois! dis-je irritée.

Odile: Oh!

Moi: Il faut bien dire Oh. C'est comme ça que tu iras un jour atterir chez des sorciers qui vont bien te manger.

Odile:...

La verité est que mon irritation vient du trouble que j'ai ressenti à la vue de cet Ado machin chose. Une poche vide comme ça!

Nous entrons dans le shop où j'achète ce dont j'ai besoin et passe le sachet à Odile avant de sortir. Je n'aime pas marcher autour avec en main les sachets noirs de ce genre de petits shops. Ça fait trop tâche.

Nous marchons vers le salon de maman en silence. Odile me boude.

Moi: Je suis comme de l'eau. Tu peux réfuser de me boire mais tu auras besoin de moi pour te laver, chantonné-je pour la taquiner.

Elle ignore ma pique et continue de marcher en machouillant son chewing gum, le visage amarré.

Krkrkrkrkrkr, du vent. Odile n'arrive jamais à rester fâché plus d'une heure contre moi.

Nous trouvons le salon plein. Maman est occupée à poser des faux cils à une cliente pendant que ses autres filles posent des tissages à des femmes assises devant les miroirs. Je vais lui faire la bise avant d'aller prendre place dans le coin manicure et pédicure. Zola, la fille qui s'occupe souvent de moi, vient vers moi et me salue avant de s'enquerir de ce que je désire; elle va chercher une petite bassine remplie d'un liquide dans lequel elle trempe mes doigts avant de retourner s'occuper de sa cliente.

Mon phone fait un autre bip bip. Je sais que c'est encore Richard. Il perd son temps. J'appelle Odile et lui demande de sortir mon phone de mon sac pour moi puisque mes mains sont prises. Elle s'exécute et je découvre que j'avais raison, c'est un message de Richard. Je suis curieuse de savoir quelles âneries il m'a écrit. Je demande à Odile de cliquer sur l'enveloppe, chose qu'elle fait. Je tombe sur un:

" Bébé, n'as-tu pas vu mes messages? Je sais que tu es fâchée contre moi, C'est totalement légitime mais il faut vraiment qu'on parle. Donne-moi une chance de m'expliquer.

Ton Rich."

Pfff! Mon Rich. Imbécile. Côchon d'inde.

Odile efface le message à ma demande avant de poser le phone sur la table devant moi et d'aller continuer à épiler ses arcades sourcilières devant un des miroirs.

Zola revient et sort une de mes mains de la bassine, la pose sur un couffin avant d'entreprendre d'enlever un a un les faux ongles.

Bip bip.

Je roule les yeux.

Maman qui a fini avec sa cliente va rapidement vérifier que ses filles s'occupent bien des clientes avant de venir s'asseoir près de moi.

Maman: Ça va ma chérie?

Moi: Ça ira comment maman quand cet idiot de Richard m'inonde le téléphone avec ses messages merdiques.

Maman: Han? Mais il a du culot! Ignore-le, il n'a pas su reconnaître ta grande valeur. Sa perte.

Bip bip.

Moi: Je suis sûre que c'est encore lui.

Maman prend mon phone et clique sur l'une des enveloppes, nous tombons sur:

" Je suis vraiment désolé ma Raou. Elle m'a piégé. Je ne l'aime pas. C'est toi que j'aime."

Maman et moi: Menteur!

Maman: Ce crétin croit qu'on est né hier. C'est le genre qui veut sa tartine beurrée de deux côtés. Son seul regret c'est de s'être fait pincé.

Moi: Vrai.

Elle clique sur la deuxième enveloppe:

" Tu me manques bébé. Dis-moi tout ce que tu veux que je fasse pour obtenir ton pardon et je le ferai sans hésiter. Tes désirs, mes ordres."

Nous: krkrkrkrkrkrkrkrkr!

Maman: Plus menteur qu'un homme, tu meurs calciné sur place, je jure. Raouda?

Moi: Maman

Maman: Que ses paroles sucrées ne t'adoucissent pas. Il a déjà sa vie bien rangée avec sa petite fiancée, il veut te prendre comme pneu de résèrve. Jamais, tu m'entends?

Moi: Oui maman.

Maman: Il ne faut jamais accepter d'être le numéro deux d'un homme quelque soit sa fortune. Tu seras toujours la première ou rien. Et pas celle de n'importe qui hein. La première d'un gouverneur, d'un ministre, d'un grand businessman ou même celle d'un proprio des banques, fait-elle en arrangeant mon chignon negligé qui s'est un peu défait.

Moi: Maman, Pravesh a encore appelé.

Maman: L'indien là est comment? Ça c'est quelle façon de coller quelqu'un?

Moi: Je te dis. Cette fois j'ai décroché.

Maman: Rhooo! Pourquoi?

Moi: Toi-même tu sais que j'avais besoin d'un nouveau phone non? J'ai introduit le dossier après lui avoir menti que je ne prenais pas ses appels parceque j'étais à un deuil à Matadi, il m'a cru. Il a dit que j'aurai mon phone et ma tablette demain. Mais le hic c'est qu'il veut qu'on dîne ensemble demain soir chez lui.

Maman: Hum. Simple. Tu vas chez lui toute de noir vêtue avec des garnitures en bas. S'il essaie de te toucher tu lui dis que non seulement tu es en deuil et que dans notre culture c'est dangéreux de faire des choses quand on est endeuillé mais aussi que l'armée rouge a envahi le pays. Mais pardon, après ça, tu coupes le pont avec cet indien. Ces gens là ont trop des fétiches.

Moi: Entendu maman.

Maman: J'ai parlé à papa Bitini, le monsieur qui a dessiné ton plan là. On s'est mis d'accord sur un prix. Lundi prochain un camion ira déjà déposer le sable blanc à ton terrain là-bas comme ça ses gens pourront commencer à fabriquer les briques pour la clôture, fait-elle

Moi: Oh chouette! :)

Pendant que je discute encore avec maman, je vois le fameux Adovi passer devant le salon. Il a troqué son haut de tout à l'heure contre un t-shirt bleu. Mon coeur me refait la même lâcheté que tout à l'heure.

Rhoooo! C'est quoi ça?

Je déteste cet Adovi/laveur de voiture!

********************************************

Alfred me dépose devant la villa de Pravesh à Gombé autour de 18 h. Son gardien me laisse entrer; je me compose un visage triste pendant que je longe l'allée qui conduit à sa veranda qui s'étend sur toute la longueur de la devanture de la villa. Ma tenue consiste d'une robe peplum noire et d'un foulard noir que j'ai passé autour de mon visage en mode hijab. Pas de bijoux ou maquillage, Sac noir, talons peep toe noirs et garnitures en place.

Je frappe trois coups quand j'arrive devant la porte, il vient ouvrir vêtu d'une tenue traditionelle beige et or qui lui va à ravir. Il faut quand-même avouer que ce Pravesh est très beau avec ses cheveux noirs aux reflets bleutés, ses grands yeux profonds aux longs cils on dirait bambi et son beau teint laiteux.

Son visage s'illumine d'un sourire quand il pose ses yeux sur moi.

Lui: Ma poupoune, ça va? dit-il en me tirant à l'intérieur. La lumière y est feutrée et une musique instrumentale aux connotations orientales joue en sourdine.

Moi: Ça va un peu. Et toi Pravy?

Lui: Ça va mille fois mieux maintenant que tu es là. Ça fait tellement plaisir de te revoir. Encore désolé pour ta perte Poupoune, dit-il, l'air sincère, tout en m'entrainant vers l'un des fauteuils de son salon.

Il s'asseoit très près de moi et passe un bras autour de mes épaules. De sa main libre, il enlève mon foulard et dépose tendrement un baiser sur ma joue.

Regardez-moi ce Pravesh, il croit vraiment que c'est aujourd'hui qu'il brûlera la noix de palme. Zéro sur vingt.

Lui: Tu es toute triste ma Raouda, je vois que la personne qui est morte t'était vraiment très chère.

Je fais tristement oui de la tête.

Lui: Je comprends ta peine. J'étais inconsolable quand j'ai perdu ma soeur il y a de cela deux ans.

Moi: Oh! Désolée.

Je le suis vraiment. Je ne veux même pas commencer à imaginer comment je me sentirais si je perdais ma soeur ou mon frère. Cauchemar.

Lui: J'espère que tes cadeaux te remonteront un tout petit peu le moral. Je t'offre quelque chose à boire? Du jus, du thé?

Moi: Un verre de rosé s'il y en a. Merci.

Lui, en se redressant un peu: Aziz! Aziz!

Un jeune homme un peu rond et petit de taille accourt. Il est aussi indien mais son teint est un peu plus tané que celui de Pravesh.

Yooooh! Je réalise que je suis toute seule dans une énorme villa dans un coin très très calme de Gombé avec deux indiens et un gardien sûrement très loyal à son patron qui garde le portail.

Je déglutis avec peine, un peu paniquée.

Pravesh lui parle dans une langue dont je ne comprends pas un traître mot avant qu'il ne disparaisse comme il est apparu.

Moi: C'est un employé?

Lui: Oui. Mon cuisinier pour être précis. Je l'ai fait venir de l'Inde spécialement pour cela. Il est le seul qui sait vraiment préparer les plats de ma tribu dont je rafolle.

Le fameux Aziz revient avec une bouteille de vin et deux verres à pied, il fait rapidement le service avant de redisparaître. Je porte mon verre à mes lèvres et laisse le liquide riche et sucré se déverser dans mon palais, réchauffant agréablement tout mon corps . Je remarque que Pravesh ne boit pas, il me regarde, pensif en faisant doucement danser le liquide rosâtre dans son verre.

Lui: Raouda

Moi: Oui, réponds-je en réposant mon verre sur la table basse devant moi.

Lui: Pourquoi ne veux-tu pas me prendre au sérieux?

C'est encore quelle question ça?

Lui: Est-ce parceque je ne suis pas de ta race? continue-t-il

Pravesh, tu me fais tout cet interrogatoire là à cause du petit iPhone et la tablette?

Lui: Hum? fait-il en promenant le dos de sa main du bas de mon menton à ma joue.

Ok. Je vais lui jouer la carte de la fille qui a peur de se faire briser le coeur.

Moi: Pravy, on sait tous que quand vous venez dans ce pays, c'est pour le business. Vous avez femmes et enfants qui vous attendent en Asie là-bas. J'ai peur de m'engager et de me faire jeter après comme un vieux chiffon après usage.

Lui: Pourquoi m'enfermes-tu dans un stéréotype?

C'est encore quoi stéréotype?

Il dépose son verre et me saisit par les épaules en me regardant droit dans les yeux

Lui: Raouda, personne ne m'attend en Inde, à part ma famille bien sûr. Je t'aime Raouda et je veux que toi et moi construisions quelque chose ensemble. Je t'aime. Ce que je ressens pour toi, je ne l'ai encore ressenti pour personne.

Wooooh! On sent vraiment que ces mots viennent du plus profond de lui.

La poisse.

Et moi qui suis juste venu pour mon IPhone et tablette!

Sans que je ne m'y attende, il rapproche son visage du mien et prend possession de mes lèvres. Ce n'est pas désagréable même si ça fait tout drôle comme à chaque fois qu'on embrasse quelqu'un pour qui on ne ressent absolument rien. J'y réponds mécaniquement.

Lui: S'il te plaît poupoune, accorde-moi une chance, je promets de ne pas te decevoir. Je me convertirai au christianisme si c'est ce que tu veux, dit-il contre mes lèvres.

Mama! C'est du sérieux.

Il détache ses lèvres des miennes, colle son front au mien les yeux fermés, ses mains tenant toujours mes épaules

Lui: Je t'ai denudé mon coeur Raouda. Dis-moi quelque chose.

Moi:...

Je fais quoi?

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