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Le jour où je suis mort et revécu

Le jour où je suis mort et revécu

Auteur:: Solstice Page
Genre: Moderne
Élise Dubois luttait pour respirer, sa poitrine prise dans un étau insupportable. Son fils de six ans, Léo, la regardait, le visage blême de terreur. Choc anaphylactique. Fulminant. Elle articula dans un souffle le nom de son mari, Marc, le suppliant d'appeler le 15. « Maman n'arrive plus à respirer ! » hurla Léo dans le téléphone. Mais Marc, en plein « rendez-vous professionnel » avec sa maîtresse Chloé, balaya la situation d'un revers de main, parlant d'une simple « crise de panique ». Quelques minutes plus tard, il rappela : l'ambulance qu'il était censé avoir appelée pour Élise était maintenant déroutée vers Chloé, qui s'était juste « tordue la cheville en trébuchant ». Le monde d'Élise se brisa. Léo, petit héros au grand cœur, se précipita dehors pour chercher de l'aide, avant d'être percuté par une voiture. Un bruit sourd et écœurant. Elle regarda, fantôme de sa propre tragédie, les secouristes recouvrir son petit corps brisé. Son fils était parti, parce que Marc avait choisi Chloé. Anéantissement. Horreur. Culpabilité. L'image de Léo la hantait, gravée au fer rouge dans son esprit. Comment un père, un mari, pouvait-il être si monstrueusement égoïste ? Un regret amer et dévorant lui rongeait l'âme. Chloé. Toujours Chloé. Puis, les yeux d'Élise s'ouvrirent brusquement. Elle était sur le sol de son salon. Léo, bien vivant, accourut. C'était une terrifiante, une impossible seconde chance. Cet avenir catastrophique n'aurait pas lieu. Elle récupérerait sa vie, protégerait son fils, et ils paieraient.

Chapitre 1

Élise Dubois luttait pour respirer, sa poitrine prise dans un étau insupportable.

Son fils de six ans, Léo, la regardait, le visage blême de terreur.

Choc anaphylactique.

Fulminant.

Elle articula dans un souffle le nom de son mari, Marc, le suppliant d'appeler le 15.

« Maman n'arrive plus à respirer ! » hurla Léo dans le téléphone.

Mais Marc, en plein « rendez-vous professionnel » avec sa maîtresse Chloé, balaya la situation d'un revers de main, parlant d'une simple « crise de panique ».

Quelques minutes plus tard, il rappela : l'ambulance qu'il était censé avoir appelée pour Élise était maintenant déroutée vers Chloé, qui s'était juste « tordue la cheville en trébuchant ».

Le monde d'Élise se brisa.

Léo, petit héros au grand cœur, se précipita dehors pour chercher de l'aide, avant d'être percuté par une voiture.

Un bruit sourd et écœurant.

Elle regarda, fantôme de sa propre tragédie, les secouristes recouvrir son petit corps brisé.

Son fils était parti, parce que Marc avait choisi Chloé.

Anéantissement.

Horreur.

Culpabilité.

L'image de Léo la hantait, gravée au fer rouge dans son esprit.

Comment un père, un mari, pouvait-il être si monstrueusement égoïste ?

Un regret amer et dévorant lui rongeait l'âme.

Chloé. Toujours Chloé.

Puis, les yeux d'Élise s'ouvrirent brusquement.

Elle était sur le sol de son salon.

Léo, bien vivant, accourut.

C'était une terrifiante, une impossible seconde chance.

Cet avenir catastrophique n'aurait pas lieu.

Elle récupérerait sa vie, protégerait son fils, et ils paieraient.

Chapitre 1

Élise Dubois haletait, cherchant son souffle. Sa poitrine se serrait, un étau écrasant ses poumons.

Léo, son fils de six ans, la regardait, son petit visage blême de terreur. « Maman ? »

Elle chercha à tâtons son stylo Anapen, sa vision se brouillant. Choc anaphylactique. Rapide.

« Appelle... Marc, » suffoqua-t-elle. « Le... quinze. »

Léo, que son courage soit béni, attrapa son téléphone. Ses petits doigts maladroits tapotèrent l'écran.

Il appuya sur le bouton d'appel de Marc.

« Papa ! Maman n'arrive plus à respirer ! Elle a l'air vraiment mal ! » cria Léo dans le téléphone.

La voix de Marc parvint, distante, agacée. « Elle fait sûrement une crise de panique, Léo. Donne-lui son Anapen. Je suis à un truc de boulot avec Chloé. Je rentre bientôt. »

« Non, Papa ! C'est sérieux ! Elle a dit d'appeler le 15 ! »

« D'accord, d'accord, j'appelle une ambulance pour elle, » dit Marc, mais son ton était méprisant.

Quelques minutes plus tard, alors qu'Élise dérivait dans un brouillard de douleur, Marc rappela. Léo lui mit le téléphone à l'oreille.

« Élise ? Écoute, Chloé a trébuché. Elle s'est vraiment tordu la cheville. L'ambulance que j'avais appelée pour toi, je la déroute sur elle. Elle est plus proche, et elle souffre beaucoup. Toi, utilise juste ton Anapen, ça ira. »

Le monde d'Élise se brisa. Chloé. Toujours Chloé.

Léo, entendant cela, hurla. « Non ! Maman a besoin d'aide ! » Il laissa tomber le téléphone et fonça vers la porte, essayant probablement d'aller chercher Mme Martin, la voisine.

Un klaxon retentit. Un bruit sourd et écœurant.

Élise, à travers le brouillard, entendit un autre genre de cri, qui n'était pas celui de Léo.

Puis, le silence.

Son propre souffle se bloqua dans un dernier hoquet rauque. Son esprit semblait s'arracher à son corps, flottant au-dessus.

Elle vit Léo. Allongé dans la rue. Immobile.

Les secouristes étaient soudain là, s'occupant d'elle, puis se précipitant vers Léo. Trop tard.

L'image se grava dans son âme : Léo, petit et brisé, parce que Marc avait choisi Chloé.

Anéantissement. Un mot bien trop faible. Horreur. Chagrin. La culpabilité de n'avoir pas pu le sauver.

Son cœur, ou ce qu'il en restait, vola en éclats.

Elle regarda, fantôme de sa propre tragédie, les secouristes recouvrir Léo d'un drap.

Marc. C'était sa faute. Sa négligence. Son égoïsme monstrueux.

Chloé. Cette femme.

Si seulement elle avait une autre chance. Si elle pouvait revenir en arrière.

Elle ne laisserait jamais Marc Fournier entrer dans sa vie. Elle protégerait Léo.

Elle les ferait payer.

La douleur était absolue. Un regret amer et dévorant.

« Marc, » murmura son esprit, un vœu de fureur glaciale, « s'il y a une prochaine vie, je ne te connaîtrai jamais. »

Les yeux d'Élise s'ouvrirent brusquement.

Elle était sur le sol de son salon. Sa poitrine était douloureuse, mais elle pouvait respirer.

Ses mains tremblaient. Elle toucha sa gorge. Pas de gonflement.

Léo.

Elle se releva d'un bond, le cœur battant à tout rompre. « Léo ! »

Il accourut de sa chambre, les yeux écarquillés. « Maman ? Ça va ? Tu faisais des bruits bizarres. »

Elle l'attrapa, le serra si fort qu'il couina. Vivant. Il était vivant.

Ses yeux, elle le savait, devaient être injectés de sang. Ses mains tremblaient encore.

Le souvenir de la rue, du bruit sourd, du drap... c'était trop réel.

Elle regarda le calendrier sur le mur. La date du jour. Le même jour.

Ce n'était pas encore arrivé.

Un miracle. Une terrifiante seconde chance.

La désorientation luttait contre une détermination féroce et protectrice.

Elle ne laisserait pas cet avenir se produire.

Son téléphone vibra sur la table basse. Une notification. Instagram.

Chloé Lambert.

Le sang d'Élise se glaça. Elle le prit, son doigt planant au-dessus de l'application.

Elle devait savoir.

La story de Chloé : un dîner somptueux. Marc, souriant à côté d'elle.

Et à la main de Chloé, une nouvelle bague scintillante. Une « bague de promesse ».

La légende : « Construire un avenir avec quelqu'un qui voit vraiment mon potentiel. Tellement reconnaissante pour son soutien dans le lancement de ma marque de bien-être ! #NouveauxDéparts #SoutienIndéfectible. »

La date de la publication : la nuit dernière.

Douleur renouvelée. Colère. Dégoût.

Il était déjà en train de « construire un avenir » avec Chloé alors qu'il était marié avec elle, alors que Léo était bien vivant.

Comment pouvait-il ? Comment un homme pouvait-il être si dépourvu de la plus élémentaire décence ?

La clé tourna dans la serrure. Marc entra en sifflotant.

Il s'arrêta net en voyant son visage.

« Hé, qu'est-ce qui ne va pas ? On dirait que tu as vu un fantôme. »

Il sentait légèrement le parfum écœurant de Chloé. Une trace de rouge à lèvres, qui n'était pas la sienne, sur son col. Il était toujours si négligent.

« Tu exagères toujours, » disait-il tout le temps. C'était sa phrase préférée. Elle lui hérissait le poil, une aversion physique.

« Marc, » commença Élise, la voix tendue. « Il faut qu'on parle. »

« Si je te disais que j'ai failli mourir aujourd'hui, Marc, et que Léo a failli mourir, parce que tu étais avec Chloé, que dirais-tu ? » demanda Élise, sa voix dangereusement calme.

Il fronça les sourcils. « De quoi tu parles ? C'est complètement fou de dire ça. Tu te sens bien ? »

Elle vit le vide dans ses yeux. L'absence totale de compréhension.

Il ne comprendrait pas. Il ne comprendrait jamais.

La lassitude était un lourd manteau. L'amertume, un goût familier.

Elle avait gâché des années.

« Je veux le divorce, Marc, » dit-elle, les mots ayant le goût de la liberté.

Chapitre 2

Marc la dévisagea, son sourire charmeur vacillant. « Le divorce ? Élise, qu'est-ce qui te prend ? »

Puis, son expression changea. Il parut presque... soulagé ? Non, calculateur.

« En fait, ma chérie, j'allais te parler de quelque chose de similaire. »

Il s'assit, se penchant en avant d'un air conspirateur.

« Chloé traverse une période difficile. Le lancement de sa marque... il y a des trolls en ligne, des trucs vraiment vicieux. Ils disent que c'est une briseuse de ménage, que je néglige ma famille pour elle. »

Élise écoutait, un nœud froid se formant dans son estomac. L'absurdité de la situation.

« Alors, » continua Marc, « je me disais... et si on faisait une séparation temporaire ? Un divorce rapide, discret. Juste sur le papier. »

Il enchaîna précipitamment : « Ça calmerait le jeu pour Chloé. Ça montrerait à tout le monde que je ne suis plus engagé. Les trolls la lâcheraient. Et puis, une fois que sa marque sera stable, on pourra, tu sais, se remettre ensemble. C'est juste pour la forme, Élise. Pour protéger la carrière de Chloé. »

Élise le regarda. Dans sa vie passée, celle qui s'était terminée dans l'horreur, elle aurait peut-être pleuré, supplié.

Maintenant, elle sentait une résolution froide et dure. Il lui offrait une porte de sortie, emballée dans son propre égoïsme.

« D'accord, Marc, » dit-elle.

Il cligna des yeux, surpris. « D'accord ? Comme ça ? »

« Oui. Mais je veux un accord de séparation juridiquement contraignant. Partage équitable des biens. Ma part de la maison, et de ton cabinet d'architecte. J'ai aidé à le financer, tu te souviens ? »

Sa surprise se mua en suspicion. « Pourquoi tu es comme ça ? Si... mesquine ? Je pensais que tu comprendrais. C'est juste temporaire. »

« Ce n'est pas mesquin, Marc. C'est intelligent. Si on divorce, même "pour la forme", ça doit être fait correctement. »

Son calme le déstabilisait. Ce n'était pas l'Élise qu'il connaissait.

Marc, pressé de sortir Chloé de ses « ennuis », insista.

« Très bien, très bien, un accord en bonne et due forme. Mon avocat peut rédiger quelque chose rapidement. On peut signer ça demain. »

Il réussit même à formuler un semblant d'excuse. « Je suis désolé que ça doive se passer comme ça, Élise. Mais c'est pour le mieux, tu verras. Chloé a vraiment besoin de ça. »

Il croyait sincèrement à ses propres mensonges. Que c'était un noble sacrifice qu'il faisait.

Élise observait l'homme qu'elle avait autrefois aimé, devenu un étranger débitant des platitudes vides.

« Marc, » dit Élise, la voix douce, un dernier test. « As-tu la moindre idée de ce que ça fait à une famille ? À Léo ? »

Elle chercha sur son visage une lueur de véritable inquiétude, un soupçon de l'homme qu'elle avait épousé.

Il n'y avait rien. Seulement de l'impatience.

Elle réalisa avec un pincement au cœur que tout amour qu'elle avait ressenti pour lui était mort. Il était mort avec Léo dans cette autre chronologie, et il restait mort maintenant.

Marc fit un geste dédaigneux de la main. « Ne fais pas ton cinéma, Élise. C'est un faux divorce. Léo n'a même pas besoin de connaître les détails. On sera toujours une famille. On se remettra ensemble une fois que tout ça sera passé. Ce n'est qu'un bout de papier. »

Son insensibilité était à couper le souffle. Il ne voyait vraiment pas la dévastation émotionnelle qu'il causait.

La répétition de « faux divorce » et « réunion » était comme un mantra qu'il utilisait pour se convaincre.

Le lendemain, ils étaient dans le bureau de son avocat.

Élise lut attentivement l'accord. Il était étonnamment juste, probablement parce que Marc voulait que ce soit fait rapidement et sans histoires de sa part.

Elle prit le stylo. Sa main était stable.

Elle signa. Un pas définitif.

Marc laissa échapper un petit soupir, presque triomphant. « Bien. C'est réglé. »

Il ne pouvait cacher son soulagement.

« Et pour Léo ? » demanda Élise en sortant. « Il a son cours d'essai à l'atelier de robotique cet après-midi. Tu avais promis de l'emmener. »

Marc parut embarrassé. « Oh, c'est vrai. Euh, un imprévu avec Chloé. Sa nièce, apparemment, vient d'arriver en ville et est super intéressée par la robotique. Chloé m'a demandé si sa nièce pouvait prendre la place de Léo pour le cours d'essai. C'est un énorme service pour sa sœur, mère célibataire, tu sais. »

Élise s'arrêta net. « Tu as donné la place de Léo ? À la nièce de Chloé ? »

« C'est juste un cours d'essai, Élise. Il pourra y aller une autre fois. La famille de Chloé traverse une période difficile. »

Stupeur. Colère. Profonde déception. Il donnait déjà la priorité à la famille élargie de Chloé plutôt qu'à son propre fils.

Élise ressentit un détachement émotionnel complet.

Cet homme, son mari, était un étranger. Ses actions n'étaient pas seulement imparfaites ; elles étaient méprisables.

Il n'y avait plus de « nous ». Il n'y avait qu'elle et Léo.

Et elle protégerait Léo.

Le trajet jusqu'au tribunal fut un brouillard d'amertume et d'ironie.

Ils se tinrent devant un juge, marmonnèrent les réponses requises.

C'était si rapide, si impersonnel. Si différent du jour de leur mariage, qui avait été plein d'espoir et de rires.

Marc trépignait presque sur place, impatient d'en finir.

Au moment où le juge les déclara divorcés, le téléphone de Marc vibra.

Il y jeta un coup d'œil, un large sourire s'étalant sur son visage.

« Faut que j'y aille, » dit-il, se détournant déjà. « Chloé a besoin de moi pour l'aider à choisir des lieux pour la soirée de lancement. C'est génial, Élise. Timing parfait. »

Il ne se retourna même pas.

Élise resta là, seule, les papiers du divorce à la main.

Un amusement amer effleura ses lèvres. Timing parfait, en effet. Pour lui.

Elle se souvint de leurs débuts. La passion, les rêves qu'ils partageaient.

Quand tout avait-il si mal tourné ?

Ça avait commencé subtilement. Son absorption croissante dans son travail, du moins c'est ce qu'elle pensait.

Puis Chloé était revenue dans sa vie, une vieille connaissance de fac, dont le père avait donné à Marc sa première grande chance.

Marc se sentait redevable. Chloé l'exploitait.

L'« amitié » s'était développée. Les nuits tardives, les appels téléphoniques à voix basse.

Élise avait été aveugle, confiante.

Plus maintenant. Il n'y avait pas de retour en arrière. Cette seconde chance était un cadeau, et elle ne le gaspillerait pas.

Élise se rendit à un Mont-de-piété.

Elle retira la bague de fiançailles en diamant que Marc lui avait offerte. Elle avait autrefois symbolisé leur amour.

Maintenant, elle ressemblait à une chaîne.

« Combien pour ça ? » demanda-t-elle au prêteur sur gages.

Il annonça un prix. Elle l'accepta sans discuter.

L'ironie ne lui échappait pas. La bague qu'il avait utilisée pour lui promettre l'éternité finançait maintenant sa fuite loin de lui.

De retour à la maison – *sa* maison maintenant, selon l'accord, jusqu'à ce qu'elle soit vendue et que les bénéfices soient partagés – elle commença à faire ses valises.

Pas seulement ses vêtements, mais aussi ceux de Léo.

Elle devait les éloigner de l'influence toxique de Marc, de la présence envahissante de Chloé.

Un nouveau départ. Quelque part au calme.

« Maman ? » Léo entra dans sa chambre, la lèvre inférieure tremblante.

Il tenait sa tablette, son jeu de robotique préféré à l'écran.

« Les gens du stage ont envoyé un mail. Ils ont dit que ma place pour le programme d'été... a disparu. Papa l'a donnée à quelqu'un qui s'appelle Lili. La nièce de Chloé. »

Ses yeux s'emplirent de larmes. « Mais je voulais tellement y aller. »

Frustration. Inquiétude. Ce n'était que le début des trahisons de Marc, même dans cette nouvelle chronologie.

Chapitre 3

Le téléphone d'Élise lui glissa des mains, s'écrasant sur le parquet.

Le son fit écho à l'éclatement de son sang-froid.

« Il a fait quoi ? »

Le stage de robotique de Léo. Elle avait passé des mois à faire des recherches, à remplir des dossiers, à motiver Léo.

Il avait été fou de joie quand il avait été accepté, rêvant de construire des robots.

Ce n'était pas juste un stage ; c'était sa passion.

Elle avait accepté le simulacre de divorce de Marc, signé les papiers, tout ça pour soi-disant « protéger » Chloé.

Et c'était comme ça qu'il la remerciait ? En arrachant quelque chose de précieux à leur fils ?

L'injustice la brûlait.

Pourquoi continuait-il à faire ça ? Pensait-il que sa docilité signifiait qu'elle tolérerait n'importe quoi ?

Léo se mit à pleurer, de grosses larmes roulant sur ses joues. « Je voulais vraiment construire un robot, Maman. »

Élise s'agenouilla et le prit dans ses bras. « Je sais, mon chéri. Je sais. »

Son cœur se serrait pour lui.

Elle essaya d'appeler Marc. Directement sur la messagerie. Encore et encore.

Il l'ignorait. Délibérément.

Quelques heures plus tard, le compte Instagram de Chloé s'illumina.

Une photo d'elle, rayonnante, avec une jeune fille qu'Élise supposa être la nièce, Lili.

Elles étaient à la réunion d'information du stage de robotique.

La légende de Chloé : « Tellement fière de ma brillante nièce Lili, qui assure à sa réunion d'info pour le stage de robotique ! Une future innovatrice ! Merci à des amis généreux d'avoir rendu ça possible. #FamilleAvantTout #GirlInSTEM. »

Les commentaires affluèrent : « Tu es une super tata, Chloé ! » « Trop mignon ! »

L'humiliation submergea Élise. La colère. L'injustice.

Léo était à la maison en train de pleurer, et Chloé célébrait publiquement l'opportunité qu'elle lui avait volée.

Élise attrapa ses clés. « Viens, Léo. On va à ce stage. »

La détermination durcit son visage.

Ils se rendirent au centre socio-culturel qui accueillait le stage.

La voiture de Marc était sur le parking.

Ils le trouvèrent près de l'entrée, riant avec Chloé et Lili.

« Marc ! » La voix d'Élise était tranchante.

Il se retourna, son sourire s'effaçant en les voyant, elle et Léo.

« Élise ? Qu'est-ce que tu fais là ? Tu fais une scène. » Son ton était agacé.

Léo, enhardi par la présence d'Élise, s'avança.

« C'est ma place, Papa ! J'ai été pris le premier ! »

Sa petite voix tremblait mais contenait une note de défi.

Marc s'accroupit, sa voix mielleuse, celle qu'il utilisait quand il était le plus manipulateur.

« Léo, mon grand, la maman de Lili traverse une période très difficile. C'est une mère célibataire. Et Lili voulait vraiment, vraiment ça. Tu es un garçon généreux, n'est-ce pas ? Tu ne peux pas laisser Lili avoir cette chance ? Sois un bon grand frère de cœur. »

Injuste. Tellement injuste. Il demandait à Léo de sacrifier ses rêves pour une inconnue.

« Non ! » dit Léo en tapant du pied. « C'est mon stage ! »

Il était rarement défiant. Cela signifiait tout pour lui.

Le visage de Marc se durcit. La façade douce disparut.

« Léo Fournier, ça suffit ! Ne sois pas égoïste. Ta mère devrait t'apprendre les bonnes manières au lieu de te remplir la tête de mesquineries. »

Il foudroya Élise du regard. « C'est de ta faute. »

Léo éclata en sanglots, des pleurs bruyants et déchirants.

Élise le serra contre elle, le protégeant.

Elle sentit une rage si intense qu'elle était une pression physique dans sa poitrine.

Mais elle se souvint de sa vie passée, de sa colère explosive qui n'avait rien résolu.

Elle prit une profonde inspiration, la refoula.

« Marc, » dit-elle, sa voix étonnamment stable, « s'il te plaît. Rends sa place à Léo. Ça compte tellement pour lui. Je... je t'en supplie. C'est la première fois que je te supplie pour quoi que ce soit. »

Marc détourna le regard, une lueur de quelque chose – de la culpabilité ? – dans ses yeux.

Elle disparut aussi vite qu'elle était venue.

« C'est trop tard, la place est prise, » marmonna-t-il, puis sembla se raviser. « Écoute, j'achèterai à Léo la nouvelle boîte de LEGO Star Wars qu'il voulait. C'est encore plus cool, non ? »

Il ne comprenait pas. Il ne comprendrait jamais.

Un jouet matériel pour un rêve brisé.

Élise ressentit un désespoir profond et intense.

Il donnerait toujours la priorité à Chloé. Toujours. Sa famille, ses caprices, ses besoins.

Élise et Léo seraient toujours secondaires.

« Déçue jusqu'à la moelle » ne commençait même pas à décrire ce qu'elle ressentait.

Élise essaya de pousser Marc pour parler au directeur du stage. Peut-être y avait-il une erreur, une liste d'attente.

« Excusez-moi, » dit-elle, essayant d'atteindre la table d'inscription.

Marc lui attrapa le bras, sa poigne étonnamment forte.

Deux de ses jeunes employés du cabinet d'architectes, qui semblaient être là avec lui, se placèrent à ses côtés, l'air mal à l'aise mais obéissants.

« Élise, ne fais pas de scène, » siffla Marc. « Tu te ridiculises. Et Léo aussi. »

« Lâche-moi, Marc ! » cria Élise, essayant de se libérer. « Léo a mérité cette place ! »

Elle trébucha, manquant de tomber. Sa voix se brisa d'une angoisse inouïe.

Le directeur du stage jeta un regard inquiet, mais Marc fit un geste dédaigneux.

Marc la regardait, la mâchoire serrée.

Il pensait probablement au père de Chloé, à la « dette » qu'il avait envers lui.

Ce « sacrifice » du bonheur de Léo était, dans son esprit tordu, une partie du remboursement de cette dette.

Protéger Chloé, même aux dépens de son propre fils.

Les jeunes architectes escortèrent doucement mais fermement Élise et un Léo en larmes vers la sortie.

Élise, vaincue, s'arrêta à la table d'inscription en sortant.

« Mon fils, Léo Dubois-Fournier, il a été accepté... »

La coordinatrice du stage, une femme au visage bienveillant, lui lança un regard compatissant. « Je suis vraiment désolée, Madame Dubois. Monsieur Fournier a appelé ce matin. Il a dit que Léo ne pouvait plus participer et a offert la place à la nièce de son... associée. Toutes les places sont prises maintenant. »

Poli. Final. Irréversible.

Alors qu'Élise emmenait un Léo au cœur brisé, Chloé s'approcha d'eux, un sourire suffisant sur le visage.

« Élise, merci beaucoup de ta compréhension. Léo est un garçon si adorable de laisser Lili avoir cette chance. Ça représente tellement pour elle. »

Sa voix dégoulinait de fausse gratitude. Elle la narguait.

Marc s'approcha de Chloé, passant un bras autour d'elle.

« Tu vois, Élise ? Chloé, elle, est reconnaissante. Tu devrais essayer d'être un peu plus comme elle. Plus conciliante. »

Ses mots étaient une autre trahison, un autre tour de couteau.

Élise sentit une douleur aiguë dans la poitrine, son souffle se coupant.

L'injustice, la manipulation flagrante, c'était suffocant.

Elle voulait juste sortir Léo de là.

Marc n'avait pas fini. « Tu rends toujours les choses difficiles, Élise. Comme tu l'as toujours fait. Si tu étais juste un peu plus compréhensive, rien de tout ça ne serait nécessaire. »

Les mêmes vieilles accusations. Le même rejet de la faute.

C'était toujours de sa faute, à ses yeux.

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