La pluie tambourinait contre les vitres poussiéreuses du petit appartement de Jade. Assise sur son vieux canapé défoncé, une jambe repliée contre elle et l'autre tendue maladroitement à cause de son genou douloureux, elle fixait l'écran de son téléphone. Le message qu'elle avait reçu ce matin clignotait encore dans son esprit comme une lumière aveuglante dans une pièce sombre.
« Suite à votre incapacité à remplir vos engagements en raison de votre blessure, nous sommes contraints de mettre fin à votre contrat. »
Elle relut les mots une énième fois, même si elle les connaissait par cœur. Une simple phrase qui venait d'arracher le peu qu'il lui restait. Sa carrière de danseuse étoile, son rêve d'enfant, venait de s'éteindre en un claquement sec. Elle avait passé des années à tout sacrifier : ses nuits, ses relations, même sa santé. Et maintenant, il ne restait rien.
Son regard glissa vers la table basse encombrée : une pile de factures impayées, une boîte de pain rassis, et un petit carnet où elle notait méticuleusement ses dépenses, chaque euro comptant désormais. Son genou, enveloppé dans une genouillère usée, pulsait de douleur. Elle avait ignoré les premiers signes, dansé au-delà de ses limites, convaincue que son corps pouvait tenir encore un peu. Quelle erreur...
Son téléphone vibra soudain, la tirant de ses pensées sombres.
- Viens avec moi ce soir. Soirée mondaine. Des gens riches et influents. Tu pourrais... Zoé avait envoyé un message vocal, comme d'habitude.
Jade soupira en écoutant la voix pétillante de sa meilleure amie. Zoé, toujours rayonnante, toujours prête à conquérir le monde avec son sourire éclatant et ses robes hors de prix, était son exact opposé.
- Je t'ai dit que je n'ai pas la tête à ça, murmura Jade à voix basse, même si elle savait que Zoé ne pouvait l'entendre.
Elle était sur le point d'ignorer l'invitation quand le téléphone sonna de nouveau, cette fois pour un appel.
- Jade ! Ne me dis pas que tu vas encore refuser. Sérieusement, ça te ferait du bien. Tu te traînes dans ton appartement comme une âme en peine depuis des jours.
- Je n'ai pas envie, Zoé, répondit Jade avec lassitude. Et puis, même si je voulais venir, je n'ai rien à me mettre.
- Ah, ça, c'est facile ! Je passe te chercher dans une heure. Tu porteras cette petite robe noire que je t'ai donnée la dernière fois. Parfaite pour toi, ma chérie.
- Zoé...
- Pas de discussion, coupa Zoé. Fais-moi confiance, tu me remercieras plus tard.
Avant que Jade ne puisse protester davantage, Zoé avait raccroché. Elle soupira longuement, jetant un regard vers la robe en question qui pendait encore à l'arrière de sa chaise.
Une heure plus tard, comme promis, Zoé fit irruption dans l'appartement. Avec sa crinière blonde impeccable et son parfum envoûtant, elle ressemblait à une héroïne de film glamour.
- Ma pauvre chérie, regarde-toi, dit-elle avec un mélange de moquerie et de tendresse. Allez, debout. Je vais te maquiller, on n'a pas toute la nuit.
Jade se laissa faire, trop fatiguée pour résister à l'énergie débordante de son amie. Alors que Zoé appliquait un rouge à lèvres écarlate sur ses lèvres, elle continua de parler avec enthousiasme.
- Écoute, ce genre de soirée, c'est une opportunité. Tu ne sais jamais sur qui tu pourrais tomber.
- Sur personne, très probablement, répondit Jade d'une voix morne.
- Toujours aussi optimiste, à ce que je vois, répondit Zoé en riant.
Un peu plus tard, elles se retrouvèrent devant un immense hôtel particulier illuminé, avec des voitures de luxe garées tout autour. Jade, mal à l'aise, réajusta le bas de sa robe tandis qu'elles entraient.
L'intérieur était tout droit sorti d'un magazine de luxe. Lustres étincelants, serveurs en uniforme portant des plateaux de champagne, et des invités habillés comme s'ils allaient assister à un défilé de haute couture. Jade se sentait comme un imposteur dans ce décor.
Zoé, quant à elle, s'intégrait parfaitement. Elle serrait des mains, riait à des blagues qu'elle ne trouvait probablement pas drôles, et échangeait des sourires complices avec des hommes élégants.
- Détends-toi, souffla Zoé à l'oreille de Jade en lui glissant une coupe de champagne dans les mains. Bois un peu.
Jade hocha la tête, mais elle ne put s'empêcher de regarder autour d'elle avec une certaine méfiance. Elle remarqua les regards curieux de quelques femmes qui murmuraient entre elles, probablement en train de juger ses chaussures simples ou ses cheveux relevés à la hâte.
Et puis, elle le vit.
Adrian.
Il se tenait près du bar, une main nonchalamment posée sur le comptoir, discutant avec un homme plus âgé. Il portait un costume noir qui semblait taillé sur mesure, mettant en valeur sa silhouette élancée. Mais ce qui frappa Jade, c'était son expression. Il avait un air distant, presque glacial, comme s'il était physiquement présent mais mentalement ailleurs.
Leur regard se croisa brièvement, et elle sentit un frisson parcourir son échine. Ses yeux étaient d'un gris intense, presque métallique, et pendant un instant, elle eut l'impression qu'il voyait à travers elle.
- Ah, voilà quelqu'un d'intéressant, murmura Zoé en suivant son regard.
- Qui est-ce ? demanda Jade, incertaine.
- Adrian De LaCour. Héritier d'une fortune colossale. Mais attention, ma belle, il a la réputation d'être un vrai bloc de glace. Très peu de gens réussissent à percer sa carapace.
- Je ne cherche pas à percer quoi que ce soit, répondit Jade en détournant le regard.
- Peut-être que lui, il cherche quelque chose... ajouta Zoé avec un sourire malicieux.
Mais avant que Jade ne puisse répondre, Adrian quitta brusquement sa place au bar. Il passa près d'elles, et Jade sentit à nouveau ce frisson inexplicable. Cependant, il ne s'arrêta pas, disparaissant dans la foule sans un mot ni un regard en arrière.
Zoé fronça les sourcils.
- Eh bien, il est fidèle à sa réputation, commenta-t-elle.
Jade, cependant, ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi cet homme, qui semblait si inaccessible, l'avait regardée de cette façon.
Alors que la soirée continuait, elle tenta de se mêler à la foule, mais une partie d'elle ne cessait de chercher Adrian du coin de l'œil.
Le mystère ne faisait que commencer.
La soirée battait son plein, mais Jade ne pouvait détacher ses pensées de cet homme. Adrian. Son nom résonnait dans sa tête comme une note suspendue, sans qu'elle comprenne vraiment pourquoi. Elle le chercha du regard dans la foule, mais il semblait s'être évaporé aussi vite qu'il était apparu.
Zoé, qui semblait lire dans ses pensées, se pencha vers elle, un sourire énigmatique sur les lèvres.
- Alors, tu vas pas me dire que t'as pas remarqué son petit manège ?
- Quel manège ? demanda Jade en feignant l'indifférence, bien qu'elle sentît une légère chaleur lui monter aux joues.
- Allons, chérie, tu crois que j'ai pas vu son regard quand il t'a aperçue ? On aurait dit qu'il avait vu un fantôme ou un trésor caché, je sais pas trop, mais c'était intense.
- Tu exagères, murmura Jade en serrant sa coupe de champagne, mal à l'aise sous l'analyse de son amie.
- Peut-être, peut-être pas. Mais laisse-moi te dire une chose : ce gars-là, il est... différent. Pas juste à cause de son compte en banque, bien sûr, même si ça aide.
- Je m'en fiche de son argent, répondit-elle sèchement.
Zoé haussa un sourcil, surprise par le ton de Jade, puis éclata de rire.
- Relax, ma belle, je plaisante. Enfin, pas complètement. Mais tu devrais peut-être lui parler si l'occasion se présente. Ce genre d'hommes, il n'en croise pas tous les jours.
Jade ne répondit pas, mais elle sentait une étrange agitation grandir en elle. Adrian avait quelque chose, elle ne pouvait pas nier cela. Une aura. Une présence qui semblait occuper tout l'espace autour de lui sans qu'il ait besoin de dire un mot.
Alors qu'elle tentait de se convaincre qu'il n'était rien de plus qu'un homme riche et inaccessible parmi tant d'autres, un rire bruyant attira son attention. Non loin d'elle, un homme à l'allure négligée titubait, une coupe de champagne à moitié vide à la main. Il s'approchait dangereusement d'elle.
- Eh, mademoiselle ! lança-t-il d'une voix pâteuse. Pourquoi vous restez toute seule dans votre coin ? Une belle femme comme vous devrait être sur la piste de danse, pas plantée là comme une statue.
Jade recula instinctivement, mal à l'aise.
- Je suis très bien ici, merci, répondit-elle poliment en espérant qu'il s'éloigne.
Mais au lieu de partir, l'homme s'approcha davantage, un sourire insistant sur les lèvres.
- Allez, faites pas la timide, insista-t-il en tendant la main pour lui attraper le bras.
- Laissez-moi, dit-elle d'une voix plus ferme, son cœur commençant à battre plus vite.
Avant qu'elle ne puisse réagir davantage, une ombre se glissa entre elle et l'homme.
- Elle a dit de vous éloigner, dit une voix basse, grave, et froide comme de la glace.
C'était Adrian. Il se tenait là, imposant, le regard dur et perçant. L'homme ivre, visiblement impressionné, balbutia une excuse avant de s'éloigner en titubant.
Jade était pétrifiée, incapable de bouger ou de parler. Adrian se tourna vers elle, ses yeux gris plongeant dans les siens.
- Vous allez bien ? demanda-t-il, son ton beaucoup plus doux cette fois.
- Oui... Merci, répondit-elle, la gorge sèche.
Il hocha légèrement la tête, ses traits restant impassibles. Mais avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit d'autre, il s'éloigna, comme s'il n'avait jamais été là.
Elle resta figée, le cœur battant à tout rompre. Cet homme... Il était une énigme totale.
Zoé réapparut peu après, un sourire triomphant sur le visage.
- Alors, qu'est-ce que je disais ? Ce gars-là a clairement un intérêt pour toi.
- Arrête, c'est juste... une coïncidence, répondit Jade en secouant la tête, bien qu'elle-même n'en était pas convaincue.
- Une coïncidence ? Ma pauvre chérie, il aurait pu ignorer la scène, mais il est intervenu. Et franchement, c'était sexy.
Jade n'avait pas envie de discuter davantage. Tout ce qu'elle voulait, c'était que la soirée se termine pour qu'elle puisse retrouver son petit appartement et oublier tout cela.
Mais le destin semblait avoir d'autres plans.
Un peu plus tard, alors qu'elle s'était réfugiée à l'extérieur pour échapper à la chaleur de la salle bondée, elle sentit une présence derrière elle.
- Vous êtes toujours aussi solitaire, ou c'est juste ce soir ?
Elle sursauta légèrement avant de se retourner. Adrian se tenait là, les mains dans les poches, le visage toujours aussi impassible.
- J'avais besoin d'air, répondit-elle, tentant de dissimuler son trouble.
Il resta silencieux un instant, ses yeux la scrutant avec une intensité qui la mettait mal à l'aise.
- Vous n'êtes pas comme les autres ici, déclara-t-il enfin.
- C'est censé être un compliment ? demanda-t-elle avec un sourire nerveux.
- Peut-être. Ou peut-être juste une observation, répondit-il en haussant légèrement les épaules.
Elle ne savait pas quoi répondre. Cet homme avait une façon de parler, de bouger, qui la déstabilisait complètement.
- J'ai un projet à vous proposer, dit-il soudain, brisant le silence.
- Un projet ? répéta-t-elle, surprise.
- Oui. Mais pas ici. Ce n'est ni le lieu, ni le moment.
Elle fronça les sourcils, méfiante.
- Et pourquoi moi ? Vous ne me connaissez même pas.
Un léger sourire apparut sur son visage, mais il disparut aussi vite qu'il était venu.
- C'est justement pour ça que c'est intéressant, répondit-il énigmatiquement.
Avant qu'elle ne puisse poser davantage de questions, il ajouta :
- Réfléchissez-y. Nous pourrions nous revoir.
Puis, sans attendre sa réponse, il tourna les talons et disparut dans la nuit, la laissant seule, avec plus de questions que de réponses.
Jade resta figée sur place, le cœur battant à tout rompre. Qui était cet homme, et qu'est-ce qu'il attendait d'elle ?
Le lendemain matin, je m'étais réveillée avec la sensation étrange que la soirée de la veille n'était qu'un rêve un peu fou. Mais en regardant mes escarpins abandonnés dans l'entrée, j'ai su que c'était bien réel. Adrian. Son regard intense, ses mots, et surtout cette proposition mystérieuse. J'avais passé la nuit à me retourner dans mon lit, incapable de comprendre ce qu'il cherchait réellement.
Quelques heures plus tard, alors que je me battais avec une tasse de café tiède, mon téléphone vibra sur la table. Un numéro inconnu.
« Allô ? »
Une voix basse et assurée répondit.
« C'est Adrian. J'espère que je ne te dérange pas. »
Ma respiration se coupa un instant. Je ne savais même pas comment il avait eu mon numéro, mais avec un homme comme lui, ça ne devait pas être compliqué.
« Non... enfin, pas vraiment. »
« Parfait. Retrouvons-nous. J'ai une proposition à te faire, et il vaut mieux en discuter en personne. Es-tu libre dans une heure ? »
Je me suis mordue la lèvre, hésitant. Tout en lui respirait l'arrogance, le contrôle. Et pourtant, il y avait quelque chose qui m'empêchait de dire non.
« D'accord, mais... où ? »
Il m'indiqua une adresse dans un quartier huppé, un café chic que je connaissais de nom mais où je n'avais jamais mis les pieds.
Une heure plus tard, j'y étais, mal à l'aise dans mes vêtements simples, me sentant presque déplacée au milieu de la clientèle parfaitement habillée et du décor luxueux. Adrian était déjà là, assis à une table près d'une grande baie vitrée. Il portait un costume sombre qui semblait taillé sur mesure, et il avait cet air détendu mais calculateur qui me mettait sur les nerfs.
« Tu es venue, » dit-il simplement en se levant légèrement pour m'accueillir.
« Tu m'as donné peu de choix, » rétorquai-je en m'asseyant.
Il esquissa un sourire, comme si ma résistance l'amusait.
« Je vais aller droit au but. Je ne suis pas du genre à tourner autour du pot. »
« Ça, j'avais remarqué, » murmurai-je en croisant les bras.
Il sortit une enveloppe de sa veste et la posa devant moi.
« C'est un contrat. Un mariage arrangé, pour être précis. »
Je clignai des yeux, croyant avoir mal entendu.
« Un... mariage ? »
« Oui. Avant que tu ne poses la question, non, ce n'est pas par amour. C'est purement pratique. Ma famille exige que je sois marié pour certaines raisons personnelles et financières que je n'ai pas besoin de détailler maintenant. Et toi, tu as besoin d'argent. »
Sa voix était calme, presque froide. Comme s'il parlait d'un simple accord commercial.
« Pourquoi moi ? » demandai-je en fronçant les sourcils.
Il s'appuya contre sa chaise, son regard scrutant chaque détail de mon visage.
« Parce que tu es différente. Tu n'appartiens pas à mon monde, et c'est exactement ce qu'il me faut. Tu ne chercheras pas à t'impliquer plus que nécessaire. Et je sais que tu es dans une situation où cette opportunité pourrait changer ta vie. »
Je restai silencieuse, les mains tremblantes sous la table. Ses paroles étaient à la fois insultantes et étrangement captivantes.
« Et qu'est-ce que je gagne dans tout ça ? » réussis-je à demander, ma voix légèrement tremblante.
Il ouvrit l'enveloppe et en sortit une feuille qu'il fit glisser vers moi.
« Un million d'euros. En échange, tu devras vivre avec moi pendant soixante jours et remplir ton rôle d'épouse aux yeux du monde. Mais il y a une condition clé. »
Je relevai les yeux vers lui, mon cœur battant à tout rompre.
« Quelle condition ? »
Il se pencha légèrement en avant, son regard perçant plongeant dans le mien.
« Si tu tombes amoureuse de moi, tout s'arrête. Le contrat devient nul et tu ne touches pas un centime. »
Un rire nerveux m'échappa. Était-il sérieux ?
« C'est une blague ? » demandai-je, incrédule.
« Pas du tout. Je suis parfaitement sérieux. »
Je pris une profonde inspiration, tentant de calmer la tempête qui faisait rage en moi. Tout cela semblait insensé.
« Et qu'est-ce qui te fait croire que j'accepterai un tel arrangement ? »
Il haussa légèrement les épaules, un sourire en coin.
« Parce que tu n'as pas vraiment d'autre choix. Je sais que tu as perdu ton emploi, que tu es endettée, et que ton avenir est incertain. C'est une chance de repartir à zéro, de régler tes problèmes. »
Chaque mot qu'il prononçait était un coup porté à mon orgueil. Mais il avait raison, et c'était ça le pire.
Je baissai les yeux vers le contrat, incapable de le lire, mes pensées se bousculant dans ma tête.
« Je te laisse vingt-quatre heures pour réfléchir, » dit-il en se levant.
Je relevai les yeux vers lui, cherchant une trace d'humanité dans ce masque de froideur.
« Et si je refuse ? »
Il se pencha légèrement vers moi, sa voix devenant presque un murmure.
« Alors, je te souhaite bonne chance pour trouver une autre solution à tes problèmes. Mais crois-moi, personne ne te fera une offre comme celle-ci. »
Sans attendre ma réponse, il tourna les talons et quitta le café, me laissant seule avec l'enveloppe et un tourbillon d'émotions.
Je restai là, immobile, incapable de bouger ou de penser clairement. Quand je repris enfin mes esprits, je payai rapidement ma consommation et sortis, l'enveloppe serrée contre moi comme si elle pouvait m'exploser entre les mains.
De retour chez moi, je m'assis à ma petite table en bois bancale, le contrat étalé devant moi. Mes yeux parcouraient les mots, mais je ne pouvais pas m'empêcher de penser à lui. À son regard, à sa voix, à cette étrange tension qui semblait toujours flotter autour de lui.
Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ?
Les heures passèrent, et je restai là, à peser le pour et le contre, déchirée entre la colère, la curiosité, et cette irrésistible envie de comprendre cet homme.
Quand la nuit tomba, une question me hantait plus que toutes les autres : qu'est-ce que j'avais vraiment à perdre ?