Chapitre 1
« Baye modou t'aime ma fille et quand tu seras enfin sa femme, tu verras à quel point tu seras comblée de bonheur et d'amour.... »
Mayna se remémorait ainsi cette phrase de sa tante, la petite sœur de son père, quelques heures plus tôt. Elle l'avait insulté dans sa tête et n'avait eu qu'une seule envie, c'était l'étriper devant tous ces gens qui étaient venus demander sa main... seulement, elle ne pouvait pas faire grand-chose, car les dés étaient lancés. Elle aurait pu se rebeller contre son père, faire en sorte de refuser ce mariage mais c'était sans compter avec Pa Kane. Elle n'avait pas tellement le choix en quelque sorte.
Elle était d'habitude une petite révolutionnaire quand une décision lui concernant se prenait sans son aval mais cette fois ci c'était différent. En réalité, son père l'avait appelé il y a de cela quelque semaines et avait parlé avec elle comme il le faisait avec les adultes. Bien sûr, connaissant Pa Kane, tout le monde savait qu'il avait une seule et unique méthode, la chicotte et Mayna le savait fort bien.
Seulement ce jour-là, il était différent, calme et surtout très peu bavard...
Pa Kane : ma fille, assied toi près de moi...
Mayna avait eu peur et ne voulait pas trop s'approcher de lui, mais il l'avait rassuré. Elle alla donc s'assoir sur le banc qu'il lui avait indiqué en face de lui et commença : tu sais, je vois à quel point tu grandis, tu as fait des études très poussées et j'en suis fièr. Même si je ne te le montre pas, sache que dans cette maison, sada et toi faites ma fierté.
En réalité, Mayna avait un grand frère sada qui avait réussi dans les études et avait ouvert une petite entreprise de placement. Ce n'était pas encore quelque chose de fructueux mais c'était quand même passable aux yeux de son père qui criait sur tous les toits que son ainé avait réussi.
Mayna était sa deuxième fille. Elle avait 22 ans et sada en avait 33. Un grand écart car il y avait un autre frère qui est décédé tout juste à sa naissance... les autres mouhsinatou et Bocar avaient respectivement 18ans et 20 ans...
Pa Kane : ... voilà, je vois que tu as maintenant ta licence et quand j'ai vu le fruit des études poussées de ton frère, je me suis dit que toi également tu pourrais y arriver comme lui. Mais tu es une femme ma fille, tu as des devoirs dans la société et 22 ans c'est largement suffisant pour te marier. Tu es même en retard.
Mayna fronça les sourcils. Elle savait que son père était très conservateur mais voyant qu'il ne disait jamais rien sur cette partie de sa vie, elle se mit à croire qu'il ne s'en occuperait jamais. Seulement, elle s'était trompée, pensait elle.
Il continua : voilà, je sais que tu vas faire des objections, je sais aussi que tu risques de ne pas approuver mais je ne te demande pas ton avis. Car depuis que tu es née, je n'ai jamais décidé quelque chose qui soit mauvais pour toi....
Mayna se risqua à ouvrir la bouche : mais papa, nous sommes au 21e siècle je te rappelle.
Il lui lança un regard mortel avant de reprendre : je ne suis pas ton égal Mayna. C'est a moi que tu apprends quel siècle nous sommes ? Tu te fou de moi ???
Mayna : je m'excuse.
Pa Kane : c'est mieux pour toi. J'espère que tu seras docile car j'ai convenu d'un rendez-vous avec baye modou demain soir. Il sera ton mari si Allah le veut. Et n'essaie même pas de refuser, quand ce malheureux incident avec ton cousin s'est passé, j'ai failli te déshériter, c'est grâce à lui si je ne l'ai pas fait. Et si je fais ça c'est pour lui montrer ma gratitude. Sinon je t'aurais déjà chassé ta mère et toi...
Mayna avait cru mal entendre, mais connaissant son père, le mieux qu'elle avait à faire était de ne pas rechigner. Elle avait attendu donc qu'il finisse pour qu'elle parte rejoindre sa mère. Car elle n'était pas tellement convaincue de ce qu'il se passait.
Seulement, mère Fanta était tout sauf le contraire de Pa Kane, en réalité, ils avaient la même opinion. Elle était donc enthousiaste à l'idée que sa fille allait épouser l'un des plus riches entrepreneurs de la ville.
Mayna : mais yaye* (maman), qu'est ce qu'il se passe dans cette famille ? Vous voulez me faire du mariage forcé ??? Vous êtes conscient que c'est puni par la loi sénégalaise.
Mère Fanta éclata de rire : mariage forcé à une femme de 22 ans ????? Mon œil. Ecoute ma fille, tu connais notre situation, ton frère sada s'en sort à peine avec son entreprise. Il y a aussi ton père qui est à la retraite depuis plus de 10 ans. Et personnellement, j'aimerai te voir faire quelque chose de ta vie. Baye modou est un bon parti. C'est un homme bien et il est très attaché à ton père. Je t'en supplie Mayna, pour une fois dans ta vie, ne fait pas d'histoire. Accepte et fait moi plaisir. C'est la seule chose que je te demande...
Mayna : mais maman il a 4 femmes et il est deux fois plus âgé que moi...
Mère Fanta : ton père est trois fois plus âgé que moi et quand on s'est marié, c'est le jour de nos noces que je l'ai vu pour la première fois donc ne me sort pas tes excuses bidons.
Mayna savait que sa mère en avait fini avec cette discussion. Elle se résigna. Bien sûr, elle considérait ça comme un mariage forcé mais mère Fanta le voyait autrement. Seulement Mayna ne pouvait pas s'imaginer être la femme de cet homme, non tout sauf ça pensa-t-elle.
Cependant, Pa Kane était vraiment décidé à donner sa fille en mariage. Tout etait allé très vite et quand baye modou avait été mis au courant, il avait aussitôt envoyé ses parents pour la date et pour qu'il puisse donner la dote aux parents de Mayna. Bien sûr, quand il avait voulu rencontrer cette dernière, elle avait complètement refusé disant qu'elle n'était pas d'accord avec ce mariage.
Sada avait été mis au courant beaucoup plus tard. Il avait tempêté contre ses parents qui n'en avaient cure de ce qu'il pouvait penser. Pa Kane l'avait même menacé de lui trouver une femme de force afin qu'il puisse enfin se caser. Il avait donc incité Mayna à la révolte mais, à la veille de la deuxième rencontre avec la famille de baye modou, mère Fanta appela sa fille...
Mayna : yaye avant que tu ne dises quoi que ce soit, je voudrais te dire que je ne veux pas de ce mariage et je me suiciderai si vous insistez à me donner à ce type...
Mère Fanta : assied toi ma fille.
Mayna était méfiante quand sa mère était si doucereuse. Elle s'assit à côté du lit et la fixa. Mère Fanta commença : écoute Mayna tu as le choix bien sûr, si tu ne veux pas de ce mariage, dis le moi encore une fois et je fais tout annuler. Tu as le droit de choisir aussi... mais avant de dire quelque chose écoute moi. Mayna depuis que tu es née, je n'ai pas eu de répit entre vendre et acheter pour vous faire nourrir. La retraite de ton père est venue tout aggraver. Regarde mes pieds ??? Mon arthrite me tue chaque jour encore plus. Mes reins me font mal et je n'arrête pas de faire des crises d'asthme sans compter mon diabète. Pourtant Mayna je me lève tous les jours pour chercher de quoi vous nourrir....
Mayna baissa la tête, sa mère venait de marquer un point. Elle continua quand même : on ne te demande pas grand-chose. Il a trois femmes et tu seras la 4e, donc la plus choyée. Fait juste en sorte de construire une vie avec lui et d'être heureuse. Le reste, Dieu s'en chargera. Mais actuellement, tu es ma seule issue pour sortir de cette précarité dans laquelle nous sommes depuis des années....
Quand elle avait terminé son discours, mayna avait versé une larme. Elle résistait rarement aux paroles de sa mère et savait à quel point elle souffrait pour leur apporter de quoi se nourrir. Elle savait ainsi que son mariage avec baye modou allait beaucoup changer même si elle savait que jamais de sa vie, elle ne l'aimera... elle soupira puis lui prit la main : ne t'inquiète pas yaye, je vais accepter alors...
C'est ainsi que le lendemain, toute la famille était réuni pour recevoir la dote. Pa Kane était plus heureux que jamais car baye modou les avait donné 2millions de FCFA. Il avait reçu l'argent et avait sauté de joie tout en tarissant d'éloge son futur beau fils. Sa tante paternelle prit aussi la parole et là, toute son hypocrisie apparaissait devant Mayna. A présent, le mariage était prévu pour la semaine qui suivait....
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Henriette cria presque : mais Mayna qu'est ce qui te prend ????
Mayna : ne rend pas les choses plus difficiles qu'elles ne le sont déjà... je ne pouvais rien faire, j'étais dos au mur et ma mère à raison.
Henriette : mais Mayna ta mère est juste une femme qui a besoin d'avoir un gendre riche... pourquoi tu as cédé ???
Mayna : tu te souviens de cette tentative de viol de mon cousin quand on était gamine ??? Depuis ce jour-là, toute ma famille me traite de dévergondé et ....
Henriette la coupa : et tu penses que te marier avec cet homme va leur prouver le contraire ???
Mayna : je pense que je devrais faire plaisir à ma mère Henriette c'est tout...
Henriette était juste bouche bée devant cette nouvelle que sa meilleure amie venait lui annoncer. Elles étaient amies depuis le primaire mais ce qu'elle a toujours su c'était que Mayna était tout sauf docile. Mais elle connaissait également la mère de cette dernière une femme cupide et intéressée qui était prête à tout pour arriver à sa fin quitte à forcer sa fille a se marier avec un homme qui pouvait être son pere.
Elle se retourna vers elle et vit à cet instant une fille vulnérable. Elle était son amie et pour elle, c'était à elle de la réconforter un tant soit peu. Elle s'approcha d'elle : écoute Mayna, c'est vrai que c'est une surprise pour moi, mais sache que je suis là et je vais t'aider à surmonter ça...
Mayna sourit désespérément : rire comment surmonter ça. Me marier avec un homme de plus de 50 ans, qui de surcroit a déjà trois femme.
Henriette : essayons de voir le côté positif es choses. Tu auras tout ce que tu désires en tant que femme. Tu seras surement beaucoup plus choyée que les autres, et aussi tu ne le verras pas souvent car il sera occupé avec les autres... et sans oublier que tu vas gouter au truc... hahahahahh
Mayna lui jeta le seul oreiller qui était dans la chambre d'Henriette, la faisant rire aux éclats. : Henriette, la seule chose que j'avais toujours voulu c'était de le faire avec l'homme que j'aime...
Henriette : on n'a pas toujours ce qu'on veut ma belle. Ne t'inquiète pas, tu va-t'en sortir après tout, baye modou n'est pas si répugnant que ça, en plus il est très propre.
Mayna : oui j'ai remarqué.
Elle ne savait pas pourquoi Mayna acceptait ce mariage sans montrer son désapprobation. Elle comprenait le fait que ses parents soient conservateurs certes mais elle ne pouvait pas concevoir un mariage arrangé à cette époque-là. Seulement, elle croyait avoir une petite idée. En effet, il y a de cela quelques années, Mayna avait été victime d'une tentative de viol d'un de ses cousins. Cette histoire avait beaucoup perturbé son amie et son père lui avait fait porter le chapeau lui disant qu'elle était une dévergondée sans scrupule. Seulement Henriette trouvait que ce n'était pas une raison suffisance pour accepter ce mariage quand même.
Elle réfléchit un instant puis pensa à mère Fanta. Elle savait que cette dernière avait une forte influence sur sa fille. En réalité, elle avait toujours été témoin de la manière dont cette femme s'y mettait pour manipuler sa fille et la pavaner partout... bien sûr, elle est sa mère, mais Henriette avait toujours trouvé mère Fanta très matérialiste sur les bords. Et pour couronner le tout, Mayna ferait tout pour que sa mère soit fiere d'elle ...
Elle soupira car malgré toutes ces réflexions, Henriette savait qu'elle n'y pouvait absolument rien. Ce mariage allait avoir lieu qu'elle le veuille ou pas.
Les jours qui avaient suivi, tout se passa très vite. C'était tellement rapide que Mayna n'arrivait plus à suivre. Sa mère voulait qu'elle fasse un très grand mariage et son père aussi était partant. Ils avaient tous les deux préparé une très grande cérémonie réunissant tous les riches de la ville. Le mot était lancé et tout le monde savait à présent que la pétillante Mayna Kane allait bientôt devenir la 4e femme du riche entrepreneur baye modou drame.
A suivre...
Chapitre 2
Mayna était à présent mariée avec baye modou. Tout était allé si vite qu'elle n'avait rien vu venir. Ce dernier était en voyage pour cinq jours mais s'assurait d'appeler la jeune femme tous les jours.
Il lui avait envoyé une somme importante d'argent afin qu'elle puisse s'acheter de nouveaux vêtements. Il lui avait dit qu'à présent, elle était sa femme et donc elle devait être présentable n'importe quand.
Mayna s'était sentie vexée mais elle n'en fit pas cas longtemps car Henriette était là pour lui remonter le morale.
Henriette : il t'a donné combien ?
Mayna : 500 000f pour que je m'achète des choses... mais j'ai donné la moitié à ma mère.
Henriette soupira : bon il faut qu'on parte acheter des habits. Il a raison, tu dois te faire belle tu as 3 rivales.
Mayna : rire henri, tu sais que je n'ai pas ce genre de chose en tête.
Henriette : mais il va falloir que tu te ménage Mayna, baye modou n'est pas le diable quand même. Tu ne vas pas rester chez toi comme ça attendant anxieusement son retour alors qu'on peut faire les boutiques...
Mayna sourit : tu as raison, allons-y.
Il n'y avait que sa meilleure amie qui pouvait lui remonter le moral et elle l'en remerciait intérieurement. Mais elle ne pouvait pas s'empêcher d'avoir peur pour sa 1ere rencontre avec son mari. Après tout, elle était vierge et savait que ce genre d'homme était tout sauf doux avec les femmes. Elle secoua la tête et décida de profiter des moments qu'elle passait avec son amie. Il fallait qu'elle s'amuse car c'était surement la dernière fois, pensait-elle.
Avec la détermination d'Henriette, elles avaient pu acheter beaucoup de chose. Mais quand son amie était entrée dans la boutique de lingerie fine, elle avait failli tomber dans les pommes. Bien sûr, Henriette était plus expérimentée car elle n'était pas vierge, mais Mayna elle, écarquillait toujours les yeux quand elle voyait certaines tenues.
Finalement, elles finirent par acheter juste quelques nuisettes après une longue dispute...
Depuis son mariage, les moments qu'elle passait avec Henriette étaient les seuls vrais moment en réalité. En effet, chez elle, son père la regardait comme un trophée et elle ne pouvait pas s'empêcher de lui en vouloir. Sa mère ne s'arrêtait plus à faire des plans soit pour transformer la maison, soit pour acheter des marchandises de Dubaï et cela fatiguait Mayna. Sans compter son grand frère sada qui lui en voulait d'avoir céder aux caprices de ses parents. En quelque sorte, elle ne se sentait pas à l'aise dans sa propre maison.
Quand elle rentra donc, elle s'était enfermée dans sa chambre. Comme sa petite sœur était toujours à l'école, elle sera tranquille pour cogiter un peu. C'est là que son telephone sonna. C'était baye....
Mayna : allo...
Baye : salut ma femme. Comment vas-tu ??
Elle avait du mal à s'habituer à sa nouvelle situation. Elle écoutait cet homme parler et elle avait du mal à se résoudre qu'il était son mari... mais elle décida d'être courtoise quand même...
Mayna : je vais bien et toi ?
Baye : ah tu sais avec les voyages en a plus finir, on finit par se dire si la richesse en vaut vraiment la peine. Je n'ai presque pas de vie de famille. Mais si Dieu le veut quand je rentrerai, je me reposerai pendant un mois avec toi... nous irons dans ma maison qui est à Mbour ça te dit ?
Mayna soupira de désespoir : oui bien sûr...
Baye : tu sais, tous mes amis me disent que je décoché le gros lot.
Mayna sourit légèrement, elle n'aimait pas baye mais elle appréciait à quel point cet homme pensait être chanceux de l'avoir comme femme. En réalité elle était très belle. Oui sa mère était mauritanienne de mère et son père était poulard. Elle était de teint clair avec de belles formes, des formes à damner un saint.
Baye continuait toujours de parler mais Mayna ne faisait plus attention à lui jusqu'au moment où il dit : d'ailleurs je compte être à Dakar demain soir...
Mayna : tu rentres demain ???
Baye : oui ma femme. Je rentre demain. Et je ne descendrai pas de la voiture. Je vais juste venir te chercher et on ira directement à Mbour.
Mayna : mais tu ne passes pas saluer tes femmes d'abord ?
Baye : non elles me verront à notre retour. Assure-toi de tout préparer. Je n'aime pas les retards. Allez bisou ma chérie et à demain. Sois sage surtout.
Il avait raccroché laissant une Mayna la peur au ventre. Elle redoutait tellement sa première fois avec cet homme qu'elle en avait juste mal au cœur. Elle commençait à regretter d'avoir céder aux caprices de sa mère comme le lui avait dit son frère. Mais maintenant que les dés sont jetés, elle n'avait plus d'autres choix que d'accepter son sort. Après tout, baye modou n'était pas si répugnant qu'elle le pensait. Il était propre, un peu cultivé et surtout très intelligent même s'il n'avait pas fait de longues etudes. Elle espérait toute fois que tout se passe bien...
Mayna avait ainsi finit de ranger ses affaires. Il était presque 19h30 et baye modou allait venir vers 20h. elle en profita pour appeler Henriette histoire de lui dire au revoir à elle, mais aussi à mère Fanta qui était toute excitée de voir sa fille partir en lune de miel. Pa Kane et elle, ne se souciait pas de la tête d'enterrement que faisait leur fille, mais sada oui... il en voulait à sa sœur mais la comprenait quand même. Elle était sous l'emprise de leur mère qui ne reculait devant rien quand il s'agissait de fortune.
Le telephone de Mayna sonna et c'était baye modou qui lui disait qu'il était devant la porte...
Sada : je t'accompagne vient...
Mère Fanta : bon vent ma fille. Revient nous fertile surtout...
Mayna faillit mourir de honte devant cette réflexion de sa mère mais se dit que ceci devait être le cadet de ses soucis....
Une fois à la porte, sada lui prit le bras : tu sais que tu peux tout arrêter, je te soutiendrai et t'aiderai à leur tenir tête, Mayna !
Mayna : rire sada non ne t'inquiète pas. Je vais finir par m'habituer à lui. Il n'est pas aussi horrible que ça quand même.
Sada soupira de désespoir : Mayna je sais que c'est trop tard, mais ce n'était pas ce que j'avais voulu pour toi. J'espère que tu seras heureuse dans ce mariage...
Elle se jeta dans les bras de son frère, incapable de retenir ses larmes. Elle n'avait pas l'habitude de pleurer mais cette fois ci, elle ne pouvait plus se retenir. Elle se détacha doucement de son frère et se dirigea vers la voiture, sans se retourner.
C'est finit....
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Quand baye drame avait vu Mayna sortir de cette maison dans son jean moulant épousant toutes ses formes, il avait failli avaler sa langue. Elle était encore plus belle à ce moment que dans son souvenir. Il se sentait encore plus chanceux.
Elle entra dans la voiture et lui fit une bise sur la joue. Ses trois vielles ne connaissaient même pas la bise, pensait-il, souriant intérieurement...
Mayna : qu'est ce qu'il y a ?
Baye modou bégaya : euh rien... tu es très belle tu sais. J'ai hâte qu'on soit à Sally...
Mayna regardait ces yeux pleins de sous-entendu et soupira. Elle qui avait toujours vu baye modou comme un homme autoritaire et très stricte, était maintenant devant un mari qui bégaye en sa présence et qui n'arrive plus à ôter ses yeux d'elle.
Voulant détendre l'atmosphère elle se tourna vers lui : alors et ton voyage ?
Baye modou : fatiguant. Mais j'ai fini le travail d'un mois entier. Tu en valais la peine.
Mayna : ah... qu'est-ce que tu faisais la bas ?
Il fronça les sourcils, il n'avait pas l'habitude que ses femmes l'interrogent car elles ne s'y connaissent rien en terme de commerce ni de chiffre. Et puis, elle n'avait pas à s'occuper de ses affaires. Il se retourna et allait dire ça à Mayna quand il rencontra ses grands yeux, qui le fixaient... il était soudain intimidée par ce regard de biche... merde ! Jamais une femme ne m'a aussi intimidé, pensa-t-il....
Baye modou : bon je suis un peu partout, l'immobilier, le textile, les accessoires électroménager tout en fait...
Mayna fronça les sourcils : et comment tu fais pour gérer tout ça alors que tu n'as pas fait d'études poussées ?
Baye : bon je ne sais pas peut être que j'ai juste de la chance...
Mayna : tu ne penses pas que si tu avais un système de gestion fiable tes affaires n'en seraient pas plus développées ???
Il commençait à être agacé par cette conversation mais il voyait clairement que la jeune femme n'était pas prête d'arrêter. Il voulut changer de sujet mais toujours ce regard intimidant qu'il n'arrivait même pas à soutenir. Il soupira, se détestant, car il n'avait pas l'habitude d'être dominé de la sorte par une femme, sa femme. Mais il trouvait cela agréable et se prit au jeu. Après tout, elle avait raison pensait-il ; il lui fallait un système de gestion très fiable...
Mayna : si tu veux à notre retour, je te fais un croquis et tu diras à ton comptable de le suivre à la lettre. Tu verras tu seras beaucoup plus à l'aise avec mon système...
Baye sourit : et bien j'en ai de la chance moi. Ma femme est une intellectuelle, plus douée que ses rivales. J'ai hâte de voir leur réaction quand je leur dirais ça...
Mayna se retourna brusquement et le fixa : que les choses soient claires, je ne suis pas ta femme pour me rivaliser aux autres. et ce qui se passe entre toi et moi, ça reste entre toi et moi. Je ne sais pas comment tu as l'habitude de vivre avec les autres mais moi je ne fonctionne pas comme ça. Ce qu'on se dit reste entre nous j'espère que je me suis bien fait comprendre...
Baye hocha la tête comme un enfant. C'est à ce moment-là que son chauffeur risqua un coup d'œil vers lui, en réalité, son patron était toujours celui qui avait le dernier mot, et c'est donc avec surprise qu'il le voyait abdiquer à sa première rencontre avec cette fille. Les choses commencent bien, pensait-il.
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A suivre.
Chapitre 3
Mayna avait pris une bonne douche. En effet, depuis leur arrivée dans cette grande maison, baye modou était au telephone enfermé dans une autre pièce. Elle en avait profité pour bien se laver et faire ses prières avant son arrivé.
Elle avait donc finit et toujours pas l'ombre de son mari. Elle se retourna dan l'espoir qu'il la rejoigne très tard. Elle avait vêtu l'une des robes qu'elle avait achetées avec Henriette. Bien sûr, elle se sentait beaucoup trop attirante dans cette tenue mais elle ne voulait plus être cette fille intimidable d'avant.
En effet, quand elle avait remarqué qu'elle pouvait dominer baye modou, elle se sentit soudain en confiance. Mais pour le moment, elle savait que ce qui l'attendait était beaucoup plus rude que ce qu'elle pensait.
Elle allait entrer dans un sommeil profond quand on alluma la lampe. C'était lui...
Baye modou : ma biche tu dors ? Excuse-moi, je parlais avec un associé... tu n'as même pas mangé...
Mayna : je n'ai pas faim.
Baye sourit derrière elle puis lui caressa le bras. Il remarqua avec envie la tenue sexy et aguicheur que Mayna avait mis... il lui chuchota : c'est pour moi ça ???
Mayna se retourna et lui fit face. Elle pouvait complètement le voir, car son visage était à quelques centimètres du sien...
Baye modou : tu es très belle tu sais. Et très jeune. Je ne sais pas si j'arriverai à te rendre heureuse mais je sais que tu ne regretteras pas d'être avec moi. Tu me fais confiance ?
Mayna hocha la tête. Elle était soudain très vulnérable devant cet homme. Elle le connaissait depuis qu'elle était toute petite comme un ami de son père mais elle n'avait jamais imaginé qu'un jour, elle sera dans un même lit que lui... elle avait soudain peur de ce qu'il allait se passer dans cette chambre et ne pouvant plus se retenir, une larme perla sur sa joue.
Baye s'inquiéta : qu'est ce qu'il y a ma biche ?
Mayna entre deux hoquets : j'ai peur...
Il s'allongea confortablement à côté d'elle et l'attira dans ses bras : toutes les femmes passent par la ma biche et il le faut. Il faut qu'on le fasse. Il faut que demain tu prouves à tes rivales que tu as été vierges n'est-ce pas ???
Mayna se releva brusquement de lui : qu'est-ce que je t'ai dit dans la voiture ?
Baye se sentit soudain coupable : je suis désolé... mais il faut qu'on le fasse aujourd'hui...
Elle avait pensé qu'il aurait pitié d'elle et attendrait au moins deux à trois jours. Mais le regard qu'il lui lançait à cet instant précis en disait long sur ses intentions. Il se mit automatiquement sur elle et la fixa : je suis ton mari tu en es consciente j'espère ???
Elle hocha la tête....
Baye lui caressa doucement la joue et la regardait avec appétit. L'expression de son visage changea automatiquement et Mayna pouvait sentir son érection monter petit à petit. Il prolongea ses caresse jusqu'au sein de la jeune femme et se mit à les toucher légèrement. Mayna n'avait rien ressentit en dehors du dégout que le visage de cet homme lui inspirait... elle ferma les yeux et le laissa faire. Mais, baye ne passa pas par quatre chemin, il ne pouvait plus se retenir, il avait automatiquement enlevé sa ceinture et releva brusquement la robe de Mayna. Cette dernière prit un pan du drap pour y mordre et c'est à cet instant la qu'il la pénétra de manière brusque, brutal et tellement sec que la jeune femme cru tomber dans les pommes. Et voila elle était maintenant deflorée.
Elle avait toujours les yeux fermés mais la douleur était là. Pendant que son mari l'assommait de ses coup de rein, elle criait intérieurement, mordant profondément sur le tissus des draps, afin de ne pas se mettre à hurler comme une folle...
Le supplice dura encore quelques minutes et il tomba raide en elle, aussi fatigué que comblé. Il se retira doucement et se pencha sur elle : tu es une vraie vierge ma belle. Sache que ce fut un grand plaisir d'être ton premier et j'ose espérer que je serai ton dernier. Je t'aime.
Il l'embrassa sur la joue, puis soupira de bonheur avant de se lever et de se diriger sous la douche. Dès qu'il entra, Mayna éclata en sanglot, elle pleura toutes les larmes de son corps car elle était maintenant consciente que ce mariage était la pire erreur de toute sa vie.
Elle avait dormit plusieurs heures à cause de la fatigue de sa nuit précédente. Elle s'était réveillée l'entre jambe en feu. En réalité, baye modou ne l'avait pas ménagé. Il lui avait pris sa virginité en moins de 20 minutes, pensait-elle. elle sourit puis se rappela la foi ou son ex copain Mbaye voulait faire l'amour avec elle et qu'elle fut obligée de le faire attendre pendant plus d'un an avant de le quitter. Finalement, elle aurait au moins pu le donner à Mbaye plutôt qu'a cette brute qui ne voulait qu'une seule chose, le plaisir de la chair.
Baye modou : j'ose espérer que c'est la nuit dernière qui te fait sourire comme ça ?
Mayna se retourna brusquement et le vit au pas de la porte. Il était juste habillé d'un djellaba et de ses sandales. Il venait surement de prier pensait elle. Il vit en lui un homme très propre et très prévenant. Elle n'était pas amoureuse de lui, mais elle ne voulait pas non plus se pourrir l'existence en voulant coute que coute le détester. Il fallait qu'elle fasse des efforts pensait-elle. Car maintenant que tout était finit, elle devait faire tout son possible pour être heureuse, même si elle n'y croyait pas tellement...
Mayna : bonjour...
Baye modou : bonjour mon cœur. Tu es très belle au réveil.
Mayna : rire merci... j'ai tellement faim...
Baye modou : moi aussi j'ai faim. Lève toi tu nous fais à manger. Il y a des œufs que le chauffeur à acheter ce matin. Elles n'attendent que toi.
Mayna : rire... viens la approche...
Baye modou sourit puis se précipita vers elle. Mayna le fixa de ses grands yeux car elle s'était rendu compte qu'il était intimidé par ces derniers : tu as vu comment je suis, tu m'as presque tué cette nuit alors que je suis vierge. Tu sais que tu auras pu faire doucement.
Baye la regarda et se sentit coupable : excuse-moi ma belle. Je. Ne sais pas quoi dire. Je ne pouvais pas te résister tu es tellement belle.
Mayna : oui oui tu me l'as déjà dit. Et par conséquent, tu sais que je n'arrive pas à marcher.
Baye modou : naturellement. Massa yaye boy* (maman), je suis tellement désolé...
Mayna lui caressa la joue : ne t'inquiète pas. Tu sais comment faire des œufs n'est-ce pas ?
Il écarquilla les yeux l'air de n'avoir pas bien entendu. Mais Mayna ne comptait pas s'arrêter là. Elle était maintenant mariée à cet homme, autant lui faire comprendre qu'elle ne comptait pas être sa bonne. ;
Baye modou : tu voudrais que je cuisine ??
Mayna : je connais une copine à qui son mari fait toute la cuisine tous les soirs. Je l'envie tellement...
Il soupira puis lui lança un bref sourire : bon tu sais que je ne vais pas faire les œufs quand même. je vais demander au chauffeur de commander des croissants. Je pense que c'est mieux...
Mayna : super...
Elle lui avait fait un large sourire et baye modou en avait profité pour se glisser sous la couverture tout contre elle. Mayna regretta aussitôt le fait de lui avoir fait les yeux doux car elle savait qu'elle en allait payer le prix fort... il lui avait ainsi fait l'amour plusieurs fois dans la journée, et à la fin de l'après-midi, elle était tellement fatiguée que quand elle était entrée sous la douche, elle avait de nouveau éclaté en sanglot, se demandant une nouvelle fois ce qu'elle avait fait de sa vie...
Leur séjour à Mbour cependant fut de courte durée. En effet, une des filles de baye modou, son ainée, qui avait presque l'Age de Mayna était tombé gravement malade et ils furent obligés de rentrer au plus grand bonheur de cette dernière. Mère Fanta en profita pour l'emmener voir une masseuse et aussi, lui avait donné des tisanes pour calmer ses courbatures. Elle était tellement heureuse pour sa fille que Mayna se sentait stupide soudain...Comment sa mère pouvait une seconde penser qu'elle était heureuse dans ce ménage...
Enfin bref, elle trouvait que baye modou n'était pas comme ces commerçants répugnant et donc, cohabiter avec lui ne sera pas assez difficile se disait-elle.
Pa Kane voulait donc que Mayna rejoigne son domicile conjugal dans les plus brefs délais. Elle n'avait plus rien à décider et avait laissé le choix à son père et à son mari de tout faire. Ce dernier voudrait qu'elle vienne habiter dans la grande maison avec les trois autres. En réalité, c'était une maison de 4 étages. La 4e venait à peine d'être terminée et elle était entièrement pour Mayna.
Bien sûr, mère Fanta avait tout de suite flippé quand baye lui avait dit que Mayna allait habiter avec les autres, car les connaissant très bien, elle savait qu'elles étaient capable de tuer sa fille. Mais le mari de cette dernière disait ne pas vouloir faire de favoritisme et que Mayna devait vivre dans la grande maison.
Bref, après moult discussions, Pa Kane exigea à mère Fanta de ne plus se mêler de ça et de laisser Mayna aller faire son devoir d'épouse comme tout le monde. Quand il avait prononcé ces mots, cette dernière avait juste sourit à son père et était entrée dans sa chambre préparer ses affaires ; De toutes les façons c'est elle qui avait accepté ce mariage donc elle allait subir les conséquences qui en découleraient, se disait-elle. Tout ce qui l'intéressait c'était de mettre sa mère dans les conditions normales. Rien d'autre.
Elle avait donc été accueilli par trois femmes . La première s'appelait aida. Elle avait l'Age de mère Fanta et Mayna l'avait trouvé très adorable. La deuxième s'appelait soda, elle était plus tôt renfermée et très réservée. Elle avait à peine salué Mayna qui n'en fit pas tellement cas ; La troisième s'appelait fati, plus belle et plus jeune que les deux premières. Mais elle l'était moins que Mayna. Fati l'avait donc regardé de haut en bas. C'était ce genre de femme qui pouvait vous juger rien qu'en vous regardant. Elle était dépigmentée de la tête au pied, avec des faux ongles, faux cils, maquillage extravagante, exactement le contraire des autres....
Elle fut donc installée dans l'appartement du 4e étage. C'était un endroit très joli et il ne manquait absolument rien. Après la traditionnelle cérémonie, elle avait installé ses bagages dans son armoire six battant que baye modou venait d'acheter surement... elle se souvint que chez son père elle avait juste une petite commode ou elle rangeait ses quelques habits. Maintenant, elle avait même son argent de poche journalier pour ses petites dépenses ; Bien sûr, elle remettait tout cet argent à sa mère car rien que de voir le sourire sur son visage la boostait.
Après donc avoir tout rangé, elle décida de s'allonger et de dormir un peu. A peine qu'elle ferma les yeux, elle vit baye modou qui se déshabillait. Elle sursauta automatiquement : tu ne vas pas chez les autres ce soir ???
Il lui lança l'un de ces sourires qui pouvait tuer un rat : tu oublies que je t'ai à moi pour tout le mois. On n'a fait qu'une semaine à Mbour...
Mayna soupira puis se leva et entra dans la douche. Elle savait que sa vie dans cette maison allait tout être sauf facile. Et que ce mariage n'était pas juste de l'eau à boire, mais la mer à boire.
Cependant, elle se résigna. Car elle se rendait compte que plus elle persistait à le détester, et plus elle allait souffrir. Elle joignit son courage à deux mains et décida de sortir de la douche. Elle devait s'habituer à lui, à sa présence car après tout elle était censée partager sa vie avec lui, pensait-elle.
Baye modou : tu as duré sous la douche....
Mayna : je voulais me faire un peu belle pour toi...
Les yeux de son mari s'illuminèrent aussitôt : viens-la vite...
Mayna s'approcha de lui puis se mit sur lui à califourchon : je n'aime pas quand tu précipites les choses.
Baye modou : tu sais que je n'arrive pas à te résister...
Mayna : il va falloir essayer... elle s'approcha de lui puis l'embrassa légèrement sur la bouche...
Baye modou était stupéfait : tu sais que les autres ne m'embrassent jamais ???
Mayna le foudroya du regard et il comprit : excuse-moi...
Elle s'allongea à côté de lui et l'impatience le gagna, baye se jeta sur Mayna et la pénétra d'un coup. Elle émit un léger cri puis se retint. Après tout, elle ne devait plus se plaindre. Elle ferma donc les yeux et le laissa faire jusqu'à ce qu'il tombe de plaisir. Et elle se retourna, le laissant souffler derrière elle.
Elle ne put empêcher une larme de tomber sur sa joue une nouvelle fois. Shabituera t elle un jour a cette vie ?
A suivre.