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Le gigolo devenu milliardaire

Le gigolo devenu milliardaire

Auteur:: El mano
Genre: Milliardaire
À Paris, un gala de charité prestigieux, noyé dans la lumière des lustres, réunit l'élite. Marise, une femme mystérieuse connue pour sa capacité à se fondre dans des identités multiples, se glisse parmi les invités pour une mission secrète. Elle n'avait pas prévu que Max, un homme au charme irrésistible et à l'humour désarmant, croiserait son regard, bouleversant son plan bien orchestré. Au fil de leurs rencontres secrètes et romantiques le long de la Seine, Marise s'éprend de Max et se laisse emporter par un amour sincère, oubliant peu à peu le danger de sa mission et ses anciennes identités. Lorsqu'il lui demande sa main lors d'une nuit étoilée, elle accepte, convaincue d'avoir enfin trouvé un peu de paix. Mais juste avant le mariage, son passé refait surface, et Marise doit quitter Paris sans un mot, abandonnant Max dans un désarroi qui le pousse dans une spirale d'alcoolisme et de dépression. Dévasté, Max sombre jusqu'à ce qu'il croise Lysa, une milliardaire aux blessures secrètes, qui l'aide à retrouver goût à la vie. Leur relation se développe lentement, jusqu'au jour où Max découvre la véritable fortune de Lysa et met en place un plan de séduction et de manipulation pour s'approprier son argent. Ce qu'il ne sait pas, c'est que Lysa, ayant déjà affronté la trahison, est prête à tout pour protéger ce qui lui appartient. Au même moment, Marise refait surface à Paris, prête à tout pour récupérer ce qu'elle a perdu et éviter à Lysa le sort qui l'a frappée.

Chapitre 1 Chapitre 1

Le grand salon de l'hôtel particulier vibrait d'un brouhaha feutré, où se mêlaient les rires contrôlés, les éclats de voix discrètement apprêtés, et le tintement subtil des flûtes de champagne. Marise se fondait dans cette masse élégante avec une aisance calculée, glissant entre les convives avec la nonchalance des habitués. Mais chaque mouvement, chaque battement de ses cils, et chaque sourire maîtrisé étaient aussi aiguisés qu'une lame prête à frapper.

Elle portait une robe noire, simple en apparence mais savamment étudiée pour que rien n'échappe à l'œil averti d'un observateur attentif. Le tissu s'accrochait à ses courbes, sobre, presque modeste, mais avec un soupçon de provocation subtile qui pouvait faire tourner la tête de ceux qui se trouvaient sur son passage. Sous cette apparence de simplicité se cachait une sophistication calculée ; la broche argentée à son épaule, par exemple, n'était pas seulement un accessoire anodin, mais renfermait un minuscule micro, prêt à capter chaque mot échangé ce soir.

Ce soir, son objectif n'était pas de séduire, ni même de se faire remarquer. Elle devait rester une silhouette parmi d'autres, mais une silhouette qui savait écouter. Dans cette foule élégante, chacun, sans le savoir, jouait un rôle dans le théâtre d'ombres que Marise savait manipuler comme personne. Elle s'était entraînée pour ça, depuis des années.

Son premier objectif se tenait près de la cheminée, entouré de deux hommes en costume gris anthracite. Monsieur Vernay, un financier influent, connu pour ses investissements dans des affaires pas toujours légales. Sa voix grave résonnait, ponctuée de gestes de la main qui trahissaient son impatience. Elle s'approcha, feignant d'admirer le tableau accroché au-dessus de la cheminée, un paysage marin tourmenté, sa lumière venant renforcer l'atmosphère mystérieuse du salon.

Les quelques bribes de conversations qui lui parvenaient parlaient d'investissements, de contrats, mais l'oreille attentive de Marise capta des mots plus intéressants. Des allusions à des « transactions discrètes », des « collaborateurs loyaux », et une « influence certaine au sein du gouvernement ». Elle se tenait là, apparemment absorbée par la peinture, mais son esprit notait chaque mot, chaque intonation, composant mentalement un puzzle qu'elle assemblerait plus tard.

Alors qu'elle tournait légèrement la tête, le regard de Marise fut attiré par une silhouette masculine, en retrait, qui semblait l'observer depuis le fond de la salle. L'homme se tenait droit, un verre de scotch à la main, et un sourire mystérieux effleurait ses lèvres. Il ne ressemblait en rien aux autres hommes présents : ni trop extravagant, ni trop discret. Il se fondait dans l'arrière-plan, tout en captant une attention impossible à ignorer.

Elle sentit un frisson d'agacement, mais aussi de curiosité. Qui était-il pour oser la fixer ainsi ? Elle croisa son regard, un peu plus longtemps qu'elle ne l'aurait voulu, avant de détourner les yeux avec une indifférence calculée. Mais son esprit restait alerte. Elle le vit approcher du coin de l'œil, comme s'il avait décidé de se frayer un chemin à travers la foule pour la rejoindre.

L'homme n'était qu'à quelques mètres lorsqu'il se planta devant elle, dégageant une confiance et une audace peu communes. Marise releva les yeux, simulant un air d'étonnement amusé.

« Vous appréciez le tableau, vous aussi ? » lança-t-il, d'une voix calme et profonde.

Marise haussa légèrement un sourcil, se forçant à adopter une expression de politesse froide. « Je trouve cette tempête magnifiquement rendue, bien qu'elle soit un peu dramatique, n'est-ce pas ? »

Il sourit, dévoilant un sourire empreint de mystère. « Parfois, le drame est le seul moyen de révéler la vraie nature des choses. Vous ne croyez pas ? »

Elle lui rendit son sourire, mais ses yeux demeuraient glaciaux. « Peut-être. Mais l'art ne révèle pas toujours la vérité. Il peut aussi être une habile dissimulation. »

Il s'inclina légèrement, amusé par son aplomb. « Max », dit-il, tendant la main.

Elle hésita une seconde avant de répondre, d'un ton laconique, « Marise. »

Leurs mains se touchèrent brièvement, mais le contact, bien que fugace, laissa une étrange impression de chaleur, comme une étincelle silencieuse entre eux. Pourtant, elle n'eut pas le loisir d'approfondir cette sensation : il la dévisageait avec une intensité troublante, comme s'il tentait de percer une carapace qu'elle s'était évertuée à dissimuler.

« Vous semblez bien connaître ces lieux et ces... personnages, » fit-elle remarquer, cherchant à garder la maîtrise de cette rencontre inattendue.

Max secoua doucement la tête. « Je ne suis ici que pour les belles rencontres, » répondit-il, jetant un regard calculateur sur les invités. « Je n'appartiens pas vraiment à ce monde. »

Une réponse mystérieuse, et elle n'avait aucune intention de creuser davantage. Marise n'aimait pas les devinettes ; elle n'aimait pas non plus les hommes qui savaient trop bien manipuler les mots. Pourtant, elle se surprit à chercher une faille dans sa façade.

« Vraiment ? » dit-elle, feignant l'indifférence. « Alors qu'est-ce qui vous amène ici, ce soir, si ce n'est pour les tableaux ? »

Max haussa légèrement les épaules. « Je suppose qu'on pourrait dire que je m'intéresse à certaines informations. »

Un éclat de surprise traversa le regard de Marise, vite dissimulé sous un masque de sérénité. Il poursuivit, d'un ton presque amusé, « Mais peut-être que je ne suis pas le seul à m'intéresser aux secrets des autres, n'est-ce pas, Marise ? »

Elle garda le silence, choisissant de ne pas réagir. Elle sentait ses instincts se réveiller, chaque fibre de son être hurlant la prudence. Mais quelque chose dans son regard la retenait, un éclat d'ironie mêlé de curiosité sincère, comme s'il cherchait quelque chose en elle qu'il n'avait pas encore trouvé.

Au loin, une mélodie douce annonça le début d'une valse. Max, sans attendre son consentement, lui tendit une main invitante. « Une danse ? »

Elle aurait dû refuser, elle le savait. Mais dans le brouillard de méfiance qui l'entourait, une impulsion irrationnelle la poussa à accepter. Sa main dans la sienne, elle le suivit jusqu'au centre de la pièce, consciente des regards posés sur eux. Chaque pas qu'ils échangeaient devenait une sorte de duel silencieux, un affrontement de volonté et d'intentions dissimulées sous le voile de la danse.

« Vous êtes dangereuse, Marise, » murmura-t-il alors qu'ils tournaient lentement sur eux-mêmes.

Elle esquissa un sourire glacial. « Je pourrais dire la même chose de vous, Max. »

« Peut-être que nous sommes deux âmes qui se ressemblent plus qu'on ne le pense, » répondit-il, plongeant son regard dans le sien.

Marise aurait voulu protester, se détourner, mais quelque chose dans ses mots résonnait avec une intensité dérangeante. Ils s'arrêtèrent finalement, et, avant qu'elle ne puisse réagir, il s'inclina avec un léger sourire.

« Merci pour cette danse. » Puis, d'un pas tranquille, il se fondit dans la foule, la laissant là, seule, comme si cette rencontre n'avait été qu'un simple interlude.

Perturbée, Marise tenta de retrouver son calme. Elle n'avait pas de temps à perdre avec ce genre de mystères. La soirée touchait à sa fin, et elle devait s'éclipser discrètement. Son travail ici était terminé.

Alors qu'elle récupérait son manteau au vestiaire, son regard fut attiré par un petit bout de papier glissé dans la poche intérieure. Elle hésita, puis, dépliant le message, elle découvrit une écriture soignée :

> « Nos chemins se recroiseront bientôt, Marise. Sois prête. - Max »

Le cœur battant, elle se demanda un instant si cette rencontre n'était pas le début d'une intrigue bien plus profonde.

Le silence feutré de l'appartement accueillit Marise lorsqu'elle passa le seuil de la porte, laissant derrière elle l'atmosphère vibrante et oppressante de la soirée de gala. Laissant tomber son sac sur le comptoir, elle tira le bout de papier de sa poche intérieure et le relut pour la quatrième fois.

> "Nos chemins se recroiseront bientôt, Marise. Sois prête. - Max."

Elle avait feint l'indifférence lors de leur rencontre, caché le léger tremblement de ses mains, mais à présent, dans l'intimité de son appartement, elle ne pouvait s'empêcher de s'interroger. Était-ce un simple jeu ? Une ruse pour la déstabiliser ? Et comment ce Max savait-il déjà son nom ? La question tournait en boucle dans son esprit.

Elle se laissa tomber dans le fauteuil en cuir qui dominait son salon, laissant ses pensées la submerger un instant. Un homme comme Max ne pouvait apparaître dans sa vie par simple hasard. Ils appartenaient tous les deux à un monde de secrets, de non-dits, où chaque mot, chaque regard pouvait dissimuler une intention cachée. Mais pourquoi l'avait-il ciblée, elle ?

**- "Sois prête."** Ces deux mots, anodins en apparence, résonnaient comme un avertissement.

Elle ne pouvait se permettre de prendre cette invitation à la légère. Max n'était pas un de ces hommes ordinaires qu'elle croisait dans son travail. Il dégageait une aura différente, une assurance presque trop parfaite, comme s'il jouait un rôle et savourait le pouvoir de déstabiliser ceux qui se trouvaient sur son chemin. Mais elle avait travaillé des années pour maîtriser cet art elle-même ; si Max croyait pouvoir la manipuler avec quelques mots énigmatiques, il se trompait lourdement.

Elle devait pourtant admettre qu'une étrange curiosité l'avait saisie, une envie de creuser sous la surface lisse et froide de cet homme. Malgré sa méfiance naturelle, elle se surprenait à imaginer ce qu'une alliance avec lui pourrait apporter. Il avait laissé entendre, au détour d'un mot, qu'il possédait des informations. Mais à quel jeu jouait-il, et surtout, quel prix lui demanderait-il en échange ?

Chapitre 2 Chapitre 2

Le lendemain, alors que l'aube naissante inondait la ville d'une lumière pâle, Marise se réveilla avec un plan en tête. Elle prendrait le risque de cette rencontre, mais sans céder un pouce de terrain. Si Max avait quelque chose à lui offrir, elle serait celle qui fixerait les règles. Elle ouvrit son ordinateur portable et chercha le café qu'il lui avait mentionné, un lieu qu'elle connaissait bien pour sa discrétion.

Après une matinée passée à rassembler des informations sur les nouveaux partenaires financiers de Monsieur Vernay, son esprit revenait sans cesse à cette note mystérieuse. Max savait sans doute exactement comment capturer l'attention de quelqu'un comme elle : le défi, l'intrigue... Il n'y avait rien de plus captivant pour Marise.

Quand vint l'heure, elle se prépara avec soin, optant pour une tenue sobre, une chemise blanche et un pantalon sombre, mais qui dégageait une certaine élégance maîtrisée. Elle était là pour observer, non pour se faire remarquer. Elle prit son manteau et descendit les escaliers de son appartement, le bruit de ses talons résonnant dans le hall silencieux.

***

Le café où ils s'étaient donnés rendez-vous se trouvait dans un quartier discret, loin de l'agitation habituelle de la ville. À peine entrée, Marise le remarqua, assis au fond de la salle, une tasse de café à la main, comme s'il l'attendait depuis des heures. Il leva la tête à son arrivée et lui adressa un léger sourire, un sourire qui n'atteignit pas vraiment ses yeux.

Elle s'approcha, gardant son masque de froide indifférence, et prit place en face de lui sans un mot.

- « Vous êtes ponctuelle, » lança-t-il, brisant le silence.

Marise inclina légèrement la tête. « Et vous, surprenant. »

Il la dévisagea un instant, son regard fouillant chaque nuance de son expression. Elle se força à ne rien laisser transparaître, pas même la moindre trace d'impatience.

- « Alors, » dit-elle finalement, « pourquoi cette invitation ? »

Max prit une gorgée de café, savourant visiblement le moment avant de répondre. « Peut-être parce que je pensais que nous pourrions nous entraider. Nous sommes tous deux des observateurs dans l'ombre, n'est-ce pas ? »

Elle lui offrit un sourire prudent. « Peut-être. Mais pourquoi moi, parmi tant d'autres ? »

Il posa sa tasse et laissa planer un silence, comme s'il réfléchissait à la manière de formuler sa réponse. « Parce que vous m'intriguez, Marise. Je ne crois pas aux coïncidences, et je suis convaincu que nous avons plus en commun que vous ne l'imaginez. »

Elle haussa un sourcil, un sourire narquois étirant ses lèvres. « Intéressant. Mais le mystère ne suffit pas à faire naître une alliance. Parlez-moi clairement. »

Il se pencha légèrement en avant, posant les coudes sur la table. « Vous cherchez des informations sur certains hommes d'affaires peu scrupuleux, n'est-ce pas ? Je peux vous aider. Je connais des choses que même votre patron ignore. Des transactions secrètes, des accords illégaux. Des choses que je suis certain que vous seriez ravie de découvrir. »

Elle sentit son cœur s'emballer un instant, mais conserva son air impassible. « Et en échange ? »

Un sourire énigmatique se dessina sur les lèvres de Max. « Je n'ai pas encore décidé. Peut-être que je vous demanderai un service. Ou peut-être que je vous laisserai simplement tranquille. Considérez ceci comme un... investissement. »

Marise croisa les bras, le jaugeant avec méfiance. « Je ne suis pas quelqu'un qu'on peut acheter avec des promesses vagues. Si vous voulez une alliance, donnez-moi une preuve, ici et maintenant. »

Il la regarda un instant, puis sortit un petit carnet noir de sa poche, le feuilletant avant de poser une feuille de papier devant elle. Marise y jeta un coup d'œil rapide ; il s'agissait d'une liste de noms, tous liés aux affaires louches de Monsieur Vernay.

- « C'est un bon début, » dit-elle, faisant un effort pour dissimuler sa surprise. « Mais cela ne prouve pas que vous n'avez pas vos propres intentions cachées. »

Max posa une main sur le carnet. « Je n'ai jamais prétendu être un saint, Marise. Mais je pense que vous êtes suffisamment intelligente pour savoir que parfois, les alliances les plus dangereuses sont aussi les plus bénéfiques. »

Elle hésita un instant, pesant le pour et le contre. « D'accord, » finit-elle par dire. « Mais sachez que si jamais vous essayez de me doubler, cela vous coûtera cher. »

Il hocha la tête, un sourire approbateur aux lèvres. « Je n'en attendais pas moins de vous. »

Leur regard se croisa, et Marise sentit une tension étrange, quelque chose de plus qu'un simple échange de regards professionnels. C'était comme s'ils partageaient un secret, quelque chose de profond et de dangereux, une promesse silencieuse de ne jamais baisser la garde.

Elle reposa la feuille et se redressa, prête à partir. Mais alors qu'elle faisait un pas en direction de la porte, Max l'interpela d'une voix calme.

- « Marise, avant de partir, laissez-moi vous poser une question. Pourquoi faîtes-vous tout ça ? »

Elle se retourna, croisant de nouveau son regard pénétrant. Sa réponse se formula d'elle-même, sans qu'elle ait besoin d'y réfléchir.

- « Parce que je n'ai jamais appris à faire confiance, » dit-elle doucement. Puis, sans ajouter un mot, elle quitta le café, laissant Max seul avec son sourire énigmatique.

***

Sur le chemin de son appartement, ses pensées se bousculaient. Elle avait pris un risque en acceptant cette rencontre, mais elle sentait au fond d'elle-même que cet homme pourrait jouer un rôle crucial dans ce qu'elle cherchait à accomplir. Mais à quel prix ?

Alors qu'elle s'apprêtait à franchir la porte de son immeuble, elle réalisa qu'elle tenait toujours la feuille de papier dans sa main. Elle la déplia une dernière fois, parcourant du regard les noms et les chiffres. Chaque nom, chaque détail confirmait que Max avait effectivement accès à des informations précieuses.

Mais alors qu'elle étudiait la liste, un détail attira son attention. Au bas de la feuille, une phrase manuscrite, presque effacée, semblait avoir été ajoutée récemment.

> « Les secrets de chacun finissent par se retourner contre eux. »

Elle resta immobile, un frisson parcourant son échine.

Dans le silence oppressant de son appartement, Marise s'adossa contre le mur, ses pensées tournant en boucle. Elle serrait encore entre ses doigts la feuille que Max lui avait remise, l'examenant sous toutes les coutures, comme si elle espérait y déceler un indice caché, une trace qui révélerait enfin qui il était réellement.

Elle ne savait pas pourquoi ce simple message manuscrit, glissé négligemment en bas de page, avait eu sur elle un effet si percutant. Peut-être parce qu'elle se sentait démasquée. Comme si Max avait, en un seul regard, deviné la raison pour laquelle elle avait choisi cette vie de dissimulation et de secrets. Parce qu'elle aussi, tout comme ces hommes puissants qu'elle espionnait, vivait avec ses propres secrets. Elle savait que le jeu des ombres venait à un prix, et elle l'avait payé plus d'une fois.

Elle glissa la feuille dans un tiroir de son bureau, espérant que l'éloigner de sa vue mettrait fin à son obsession naissante. Pourtant, elle ne pouvait se détacher de ce trouble grandissant, ce mélange d'inquiétude et de fascination qui l'assaillait chaque fois qu'elle pensait à lui. Qui était cet homme ? Que cherchait-il vraiment ? Pourquoi s'intéressait-il à elle ? Les réponses à ces questions lui échappaient encore, mais ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne pouvait pas s'empêcher de penser à lui.

Chapitre 3 Chapitre 3

Dans un effort pour se libérer de cette emprise étrange, elle tenta de retrouver un semblant de routine. Elle se changea, enfila un pull doux et ample qui glissait délicatement sur sa peau, un pantalon de laine confortable, puis s'assit près de la fenêtre, un livre entre les mains. Mais les mots lui échappaient, comme si l'ombre de Max s'insinuait entre chaque ligne, chaque page, la ramenant à cette rencontre troublante et au sourire énigmatique de cet homme.

C'était une sensation qu'elle n'avait pas ressentie depuis longtemps – cette impression que quelqu'un la voyait vraiment, la comprenait au-delà de ses masques.

**"Pourquoi ça m'obsède autant?"** murmura-t-elle, brisant le silence qui régnait dans son appartement.

Elle se leva brusquement, laissant le livre choir sur le sol, et se dirigea vers sa cuisine. Peut-être qu'un verre de vin l'aiderait à se détendre, à chasser ces pensées importunes. Elle ouvrit une bouteille, en versa un peu dans un verre et se posta devant la grande baie vitrée qui donnait sur la ville endormie. La lumière pâle de la lune illuminait les immeubles, créant des ombres délicates qui dansaient à travers le verre. Marise prit une gorgée de vin, savourant la brûlure douce-amère, espérant que ce simple plaisir sensuel lui apporterait un peu de réconfort.

Elle n'avait jamais eu de véritable attache, ni d'amis proches, et encore moins d'amoureux. La solitude était son armure, celle qui l'avait protégée depuis toujours, une cuirasse dont elle ne s'était jamais délestée. Sa vie dans l'ombre, son travail d'infiltration, d'espionnage et de dissimulation, étaient des choix mûrement réfléchis. La sécurité dans le détachement, la liberté dans l'isolement. Mais aujourd'hui, cette protection lui semblait vaciller.

Ses pensées la ramenèrent à l'enfance, à l'époque où elle observait son père mener ses affaires douteuses, où elle écoutait en cachette les conversations des hommes puissants qui venaient le visiter. Elle avait grandi en comprenant que le monde se divise entre ceux qui manipulent et ceux qui se laissent manipuler, et elle avait décidé, dès un âge précoce, de faire partie des premiers. Sa mère, faible et soumise, n'avait jamais tenté de la dissuader. Elle avait quitté le foyer un jour sans explication, la laissant seule avec un père distant et autoritaire.

Elle secoua la tête, tentant de chasser ces souvenirs. S'attacher aux fantômes du passé n'aiderait en rien. Son avenir était tout ce qui importait, et elle se refusait à laisser Max s'immiscer dans ses pensées comme une distraction nuisible. Mais quelque chose en elle brûlait de découvrir ce qu'il savait, ce qu'il voulait, et pourquoi il avait choisi de s'approcher d'elle.

Elle finit son verre et, déterminée, se dirigea vers son bureau pour y étaler ses recherches. Elle se perdit dans les dossiers, les notes et les photographies de ses précédents objectifs, cherchant à retrouver le contrôle sur ses pensées. Son téléphone vibra soudain sur la table, tirant son attention. Elle saisit l'appareil et ouvrit le message.

> "Bonne nuit, Marise. Je crois que tu as trouvé ta réponse."

Elle se figea. Ce message provenait d'un numéro inconnu, mais elle devina sans hésiter l'identité de l'expéditeur. Max. Sa respiration s'accéléra, et son esprit se mit en alerte. Comment connaissait-il son numéro personnel ? C'était un accès qu'elle ne permettait à personne d'avoir. Elle réprima un frisson, tentant de maîtriser l'inquiétude qui naissait en elle.

Elle hésita un moment, ses doigts flottant au-dessus de l'écran, puis elle répondit, brisant sa règle de prudence habituelle.

> "Je n'aime pas les surprises."

Quelques secondes plus tard, la réponse de Max s'afficha.

> "Je le sais bien, et pourtant... tu n'as jamais été aussi curieuse, n'est-ce pas ?"

Une vague de frustration l'envahit, mêlée à une fascination inexplicable. Il jouait avec elle, testant les limites de son endurance, et elle se sentait prise au piège d'une toile qu'il tissait patiemment autour d'elle.

Elle resta un instant, l'écran de son téléphone brillant dans la pénombre de son appartement, avant de décider de couper court à cet échange.

> "Bonne nuit, Max. Ne t'avise pas de trop jouer avec le feu."

Il ne répondit pas. Un silence oppressant s'installa, et elle posa enfin son téléphone sur la table, se forçant à reprendre son souffle. Malgré tout, elle ne put s'empêcher de sourire. Si Max pensait la déstabiliser, il se trompait. Au contraire, cet échange n'avait fait qu'éveiller davantage sa détermination à découvrir ce qui se cachait derrière ce mystérieux homme.

***

Le lendemain matin, en se réveillant, elle se promit d'aller au fond des choses. Elle passa sa matinée à chercher des informations sur Max, mais étrangement, tout ce qu'elle trouvait semblait soigneusement calculé pour ne révéler que le strict minimum. Pas de réseau social actif, peu de photographies, des articles ici et là sur ses investissements mais sans substance. C'était comme s'il avait volontairement effacé toute trace de son existence, laissant derrière lui une surface lisse et imperturbable, difficile à pénétrer.

En début d'après-midi, alors qu'elle revenait d'une réunion, elle trouva un petit papier glissé sous la porte de son appartement. Son cœur manqua un battement. Elle se baissa, ramassa la note et l'ouvrit avec précaution.

> "Tu n'es pas la seule à savoir entrer sans invitation. - Max."

Elle lâcha un rire nerveux, un mélange d'amusement et d'irritation. Il s'était introduit chez elle, juste pour lui prouver qu'il le pouvait. En plus de la note, elle remarqua qu'un léger parfum flottait dans l'air, une fragrance subtile qui lui rappelait le café où ils s'étaient rencontrés.

Elle arpenta son appartement, cherchant le moindre signe d'intrusion, de changement. Tout semblait en ordre. Rien ne manquait, rien n'avait été déplacé. Mais cette seule intrusion dans son espace privé suffisait à la déstabiliser. Elle ne savait pas s'il avait fait cela pour la prévenir, la menacer, ou simplement pour s'amuser.

Elle posa la note sur la table, la relisant une dernière fois avant de la ranger avec les autres, dans ce tiroir qui semblait désormais dédié aux mystères que Max laissait dans son sillage. Elle devait garder son calme, se rappela-t-elle. Elle était Marise, la femme de l'ombre, celle qui ne perdait jamais son sang-froid.

Mais malgré elle, elle sentit une chaleur étrange se diffuser en elle, un mélange de frustration et de fascination pour cet homme qui s'imposait progressivement dans sa vie.

La nuit suivante, l'atmosphère était étrangement calme dans le café faiblement éclairé où Marise attendait Max. La lumière dorée tamisée, les murmures feutrés des autres clients, et les notes suaves de jazz en arrière-plan formaient un cocon qui dissimulait ses inquiétudes et son impatience. Elle s'était promis de rester de marbre, de garder un contrôle parfait de ses émotions. Pourtant, l'attente, alliée au souvenir de l'intrusion de Max chez elle, la rendait plus nerveuse qu'elle ne voulait l'admettre.

Un bruit de pas attira son attention. Max venait d'entrer, et, malgré la tension intérieure qui la consumait, elle sentit son cœur s'accélérer légèrement. Il balaya la pièce du regard, ses yeux sombres et perçants la localisant en quelques secondes. Sans se presser, il s'avança vers elle et s'assit en face, un sourire en coin, comme s'il savourait déjà l'affrontement à venir.

- **"Tu as vraiment un don pour les surprises,"** lança-t-elle, s'efforçant de garder sa voix neutre.

Max prit le temps de croiser les bras, l'observant avec cette lueur d'amusement provocatrice qui lui était propre.

- **"Et toi pour les confrontations, apparemment."**

Un silence s'installa entre eux, tendu et lourd de sous-entendus. Elle refusait d'être la première à détourner les yeux, mais elle sentait son regard insistant sonder chaque recoin de son visage, comme s'il cherchait à percer les secrets qu'elle y dissimulait.

- **"C'était quoi cette note, chez moi ?"** finit-elle par demander, tranchante. **"Tu voulais me montrer que tu pouvais entrer comme bon te semble ?"**

Max haussa légèrement les épaules, affichant un calme déconcertant.

- **"Je voulais simplement te rappeler que l'inattendu fait partie du jeu, Marise."**

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