TOME 1
Partie 1: HABIB
L'histoire que je vais raconter commence par un bel après-midi du mois de juillet. Le ciel est bleu azur, le gazouillis des oiseaux merveilleux, auréolé de félicité que ne connaissent que les bénis du jardin d'Eden. Mon esprit est ailleurs...Je respire la senteur des herbes et fleurs alentour, le soleil me brûle la peau que j'ai déjà très bronzée et une fébrile excitation s'empare de tout mon corps. Pardon, j'oubliais mes manières. Dans mon quartier, on me surnomme Samrane. Hier, j'ai eu le choc de ma vie : classée 1ère de mon centre d'examen avec une moyenne de 17,83! Je n'en croyais pas mes oreilles. Au moment où la nouvelle avait retenti à mes oreilles, j'ai pleuré de honte car n'ayant jamais eu assez de constance ni de rigueur dans l'expression de ma foi. Ma mère qui avait tellement stressé pour mes examens qu'elle en avait perdu l'appétit loua alors le Seigneur avant de me serrer dans ses bras réconfortants, suivie de mon père et de ma sœur qui m'étreignaient tour à tour. Vous comprenez alors mon excitation! Donc aujourd'hui du haut de mes 19 ans, je savoure enfin les fruits de mon travail et de tant d'années de privation... Alors que je tends les jambes sur la natte pour prendre mes aises, mon téléphone se met à vibrer dans la poche de mon jean rompant ce moment de pure détente sous le chaud soleil dakarois. Quelle ne fut alors ma surprise en découvrant l'auteur de l'appel!! Habib en personne! Que diable me voulait-il? Après 7 ans de silence et de passivité, s'était-il enfin réveillé? Cette hypothèse était très improbable d'autant plus que des rumeurs circulaient à propos de sa liaison avec une certaine Vivi qui suivait ses cours au Collège du Sacré Coeur. Ne sachant que faire, je rejetai l'appel en espérant qu'il n'insiste pas. Mais ce fut peine perdue! La sonnerie reprit de plus belle me cassant les oreilles et je pris mon courage à deux mains pour répondre :
- Oui Habib, que se passe t-il?
- Bonjour Samrane, j'ai appris la nouvelle! Je t'appelais juste pour te féliciter, tu l'as mérité et amplement.
Celui-ci bégayait presque au téléphone, ce qui ne s'était jamais produit auparavant, lui qui aimait tant s'afficher et faire son dandy devant les autres.
- Merci, c'est tout ce que tu avais à me dire parce que là je dois sortir et...
- Je sais que je ne suis pas bien comporté avec toi par le passé mais j'aimerais me racheter.
- Je ne vois pas de quoi tu veux parler.
- Tu sais bien du journal intime!
- Quel journal intime?
- Tu sais, je l'ai relu plus de cent fois ce journal. La passion qu'il y a dans l'écriture est tellement forte et vraie. Je veux la revoir Samrane! Tu me dois au moins cela.
- Je ne te dois rien Habib, débrouille-toi seul !
- J'ai réservé une table pour trois dans le restaurant géré par ma belle-mère. Sois-y à 20 heures avec ton amie si tu veux son bien!
Sans me laisser le temps de répliquer, il raccrocha me laissant dans l'indécision.
"Si tu veux son bien"! Et puis quoi encore quel toupet celui-là! Il n'était donc pas au courant de l'accident! J'en frissonnai encore rien que d'y penser... Il fallait que je parle à Fanta, très vite! Pourvu qu'elle veuille encore me parler après tout le mal que je lui avais infligé....
Partie 2: La graine de la discorde
Habib venait encore de sonner ma dernière heure. Comment pourrais-je me présenter chez Fanta après tout le mal que je lui avais infligé? Et pire encore comment faire sortir une non-voyante de sa maison sous le prétexte d'un dîner de retrouvailles? A coup sûr, j'allai prendre très cher pour mes erreurs de jeunesse. Fanta et moi avions fréquenté les mêmes bancs de la seconde à la terminale et nous étions très proches avant que le pire ne se produise. Nous avions affronté ensemble les crises de l'adolescence, ri de nos bêtises et je ne compte pas le nombre de fois où nous avons organisé des trafics de harlequins qu'on s'échangeait à une vitesse folle. Nous étions si insouciantes à l'époque. Mais assez radoté. Revenons au moment où j'ai semé la graine de la discorde...
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La sonnerie de la récréation venait juste de retentir tandis que je laissai échapper un bâillement éhonté devant Fanta, ma camarade de table.
- Enfin! Ce n'était pas trop tôt! Ce cours est tellement ennuyeux.
- Tu parles! Tu n'as même pas fait l'effort d'écouter le professeur pendant qu'il débitait ses théories! MADEMOISELLE était trop occupée à se confier à son journal secret! Mais qu'est-ce que tu lui dis que tu ne peux pas me dire à moi! riposta Fanta qui faisait encore sa crise de jalousie envers mon compagnon de longue date.
- Rien qui puisse t'intéresser ! fis-je en remettant mon précieux journal dans mon cartable.
- Billahi, nako satie! (Je vais te le voler Samrane) J'ai une idée pour racheter ton comportement scandaleux! Et si tu me payais un bon ndiambane (confiture de mades)!
- Tu t'es prise pour la reine d'Angleterre ou quoi?
- Hmm dis donc tu es radine toi !! Bon c'est moi qui régale, comme toujours!
La vendeuse de "mades" avait vraiment le don d'exciter nos papilles gustatives avec son mélange de piment, sel et sucre! C'était absolument exquis! Après dégustation, nous reprîmes le chemin de la salle de classe et nous installâmes à nos places respectives tandis que Habib et sa bande se plaçaient juste devant nous, à la deuxième table. Ma vue se brouilla instantanément et je perdis le fil de mes pensées. Habib était d'une beauté racée à couper le souffle! Je n'avais jamais vu de mon vivant peau plus parfaite, teint plus luisant, dents plus éclatantes, silhouette plus virile! C'était l'incarnation pure et parfaite de la masculinité! Fanta me surprit alors que je le dévorai des yeux et m'envoya un coup dans les côtes pour me rappeler à l'ordre.
- Il n'est pas pour toi ma puce...Depuis le temps, tu devrais savoir qu'il mange dans l'assiette des premières catégories...
- Insinuerais-tu que je ne suis pas assez bien pour lui? Ah j'oubliais, tu peux parler toi! Je t'ai vu le lorgner aussi l'autre jour! Il n'y a pas de mal tu sais, il est super craquant! Mais à l'avenir garde tes conseils pour toi.
Ne sachant que répondre, elle s'abstint de tout commentaire et redirigea son attention sur le tableau noir où évoluait comme une bille le professeur de physique-chimie. Je n'étais pas dupe : plus de la moitié des filles de la classe s'intéressaient à Habib et mon amie Fanta ne faisait pas exception à la règle. Mais elle au moins avait plus de chances de se faire remarquer que moi. Très grande, avec une silhouette bien proportionnée et des formes où il fallait, Fanta était une vraie beauté peule. Je lui enviai même ses grands yeux de biche qui s'étiraient et dessinaient de jolis ridules sur son visage quand elle daignait sourire. Exaspérée par la lenteur du cours et la tête de Habib qui ne cessait de me narguer, je m'éclipsai aux toilettes. A mon retour, le cours se terminait et tout le monde se préparait à rentrer. Mais quelle ne fut ma surprise quand je vis mon journal intime voler d'une main à une autre dans la salle tandis que Fanta, accablée, ordonnait à Habib et à sa bande de lui rendre le journal.
- Tu n'es qu'un gamin Habib! Rends-moi cela tout de suite!
- Hohoho, à la première page, il est déjà question de moi! Ecoutez tout le monde, à ce qu'il paraît j'ai une grande admiratrice dans cette classe!
Tous les regards convergèrent automatiquement vers nous. A ce moment précis, je sentis quelque chose crever en moi. Seigneur, épargne-moi une honte indicible devant mes semblables, priai-je intérieurement à ce moment là. M'ayant aperçue devant le portail, Fanta s'élança vers moi pour tout m'expliquer.
- Pardonne-moi Samrane, je ne voulais pas de cette situaion, je te le jure. Je sais que tu me l'avais interdit mais quand tu es allée aux toilettes, je n'ai pas pu m'empêcher de consulter ton journal, j'en suis désolée.
Dépitée, je l'écoutai débiter son incessant flot de paroles jusqu'à ce que je lui impose le silence par ma sortie:
- Mais de quoi parles-tu? Quel journal?
- Mais le tien voyons! Ecoute, viens on va arranger cela!
- Regardez-la! crièrent alors Habib et ses potes, elle veut maintenant nous faire croire que c'est le journal de son amie et pas le sien! Quel esprit tordu! Fanta on sait que c'est toi, tu n'as pas honte d'accuser ton amie!
- Mais, mais dis quelque chose Samrane! C'est toi qui as écrit tout cela bon sang, dis-leur que c'est toi!
Sans jeter un regard en arrière, je m'emparai de mon sac et sortais de la salle pendant que Habib continuait de torturer Fanta croyant torturer la bonne personne!
Partie 3: Etait-ce le bon choix?
Moment raconté par Samrane:
Dans le bus TATA qui me ramenait chez moi, je voyais le paysage défiler à grande vitesse, mais perdue dans mes pensées je ne savais même plus où j'allais, ni même ce que j'allais faire une fois arrivée à destination. J'aurais voulu tourner en rond, encore et encore, sillonner toutes les régions du Sénégal, jusqu'à épuisement complet. Puis m'endormir et tout oublier de cette journée fatidique. Comment avait-elle pu trahir ma confiance et m'exposer de la sorte? Grâce à elle, ma vie venait d'être déballée et exposée au grand public et pire encore à l'homme qui en était le personnage central: Habib Diagne. Quel fils de P...celui-là, vraiment je me demandai encore comment j'avais pu un jour avoir des sentiments pour ce misérable, immature et sans cœur. Il venait définitivement de me séparer de ma meilleure amie Fanta. Je regrettai mon geste et je me détestais. Comment avais-je pu lui faire porter le chapeau? Dieu seul sait l'enfer qu'elle vivait en ce moment, avec tous les propos intimes et choquants que j'avais placés dans ce journal...
Arrivée chez moi, je trouvai ma mère occupée à préparer le repas du soir. Du bon couscous de mil à la sauce rouge, agrémenté du poisson le plus apprécié au Sénégal, le Ya Booy. C'était mon plat préféré et maman voulait toujours me faire plaisir car j'étais sa confidente. Cet après-midi, je la saluai vaguement et rentrai directement dans ma chambre sans piper mot tandis que mon petit frère Momo jouait aux courses de voitures avec ma petite sœur. Je l'aimai ce petit bout de chou! Oh combien! Je m'en étais occupée personnellement du temps où maman était tombée dans un profond coma qui avait duré presque deux années entières. C'était donc un peu mon fils car je l'avais éduqué et pris sous mon aile. Tandis que je déboutonnais ma blouse d'écolière, ma mère fit irruption dans la pièce pour me demander ce qui n'allait pas:
- Que t'arrive t-il encore aujourd'hui? C'est à peine si tu as répondu mon bonjour? Douma sa morome han! yangui degue? (Je ne suis pas ton égale Samrane, tu m'entends?!)
- Hé maman il n'y a rien! Je suis juste un peu fatiguée!
- Reste ici, je n'ai pas fini. Khady m'a appelé tout à l'heure pour me prévenir que Fanta avait eu un accident tout à l'heure et elle a besoin de quelqu'un pour garder les enfants pendant qu'elle sera au chevet de Fanta. Donc je dois m'absenter. Pourras-tu aller garder ton petit frère et ta petite soeur? Ton papa ne va tarder à arriver de toute façon.
- Quoi, qu'est-ce que tu me racontes maman? Mais j'ai vu Fanta il y a moins de deux heures! Qu'est-ce qu'il s'est passé?
- Sa maman n'est pas rentrée dans les détails mais apparemment il s'agirait d'une bagarre qui a dégénéré. Dans le feu de l'action, des filles s'en sont prises à elle et lui ont aspergé une dose importante de parfum dans les yeux! Elle est dans un état lamentable à ce qu'il paraît.
- Noooooooooooooon!!!!! Je veux la voir maman, tout est de ma faute!!
- Ne t'inquiète pas mon enfant, je te donnerai de ses nouvelles. Mais pour l'instant, tu restes ici. Tu m'as comprise?
Mon Dieu qu'avais-je fait? Habib et sa bande allaient me le payer, et très cher. Ce crime n'allait pas rester impuni, wallahi ou je ne m'appelle plus Samrane Bao.
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Moment raconté par Fanta:
Je n'en revenais pas! Ma meilleure amie venait de m'abandonner lâchement et de me coller sur le dos une histoire qui m'était parfaitement étrangère. Je l'avais peut-être cherché en cédant à ma curiosité, mais je ne méritais pas cet affront public pour une chose que je n'avais pas commise. Tel un Apollon qui n'en revenait pas d'être l'objet de tant de désirs, Habib brandissait son trophée et lisait plein de passages érotiques par ci par là, déclenchant une hilarité générale. La lecture d'un passage surtout me fut fatale par la suite. Se juchant sur la table du prof, du haut de ses 1 mètre 80, Monsieur Diagne commença son discours:
" Mon cher journal, cet Habib est à moi, rien qu'à moi. Quand j'ai posé mes yeux sur lui la première fois, j'ai su instantanément qu nous étions faits l'un pour l'autre. J'ai trouvé mon âme soeur qui s'était égaré dans la nature. Mais comme tout mouton égaré, je me dois de le ramener dans la prairie pour qu'il retrouve sa place. Je lui ai parlé son manque d'attention et son ignorance car i l ne sait pas que nous sommes déjà unis pour le meilleur et pour le pire. Quant à ces garces avec qui il traine, Khady et compagnie, ces putains qui n'ont que faire de leur dignité, elles ne seront bientôt plus qu'un chapitre clos. Notre amour a besoin de faire ses preuves et son parcours de tumultes pour s'épanouir et se stabiliser. Donc je tolère sans broncher tes égarements de jeunesse Habib. Et quand on se retrouvera un jour, alors tu auras en face de, digne de ce nom, digne de m'épouser et de me faire des enfants. Bonne nuit mon cher journal."
Pendant que tout le monde hurlait et me dévisageait avec mépris, les filles que Samrane avait eu l'audace de traiter de garce se resserrèrent autour de moi me prenant au piège et la prénommée Khady me cracha au visage, ce qui me mit dans une colère furieuse. C'est alors que je lui ai mis un gros coup de poing dans le ventre, la mordant au passage comme une furie. Au lieu de me venir en aide, les autres me ragrder affronter les 4 vipères et faisaient des pronostics sur l'issue du combat. Pendant que j'essayai de me sortir de ce guépier et de m'enfuir par l'entrée, Khady s'écria:
- Attrapez-la, je n'en ai pas fini avec elle!!
Chose dite, chose faite. Tenue en laisse par mes bourreaux, on me maintint sur la table tandis que Khady ouvrait son sac pour en sortir... Oh mon DIEU, venez-moi en aide!!!
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Partie 4: Imprévu
Après cet incident, le père de Fanta avait transféré son dossier dans un autre lycée à Saint-Louis où elle pourrait retrouver le calme et je n'ai plus jamais eu de nouvelles. Je ne comptais plus le nombre de fois où j'étais passée devant sa maison espérant avoir de ses nouvelles, mais sans succès. Les membres de sa famille étaient restés muets comme des tombes et consciemment j'étais sûre que sa mère avait été mise au courant de mon infamie, ce qui expliquait son hostilité et sa passivité soudaine. Les jours qui suivirent, j'évitai délibérément Habib et sa bande de fouteurs de troubles et m'enfonçai dans un mutisme total. Je ne parlai plus que pour participer ou pour demander la permission de sortir. Une ou deux fois, ce dernier se mit en travers de ma route pour exiger des nouvelles de Fanta, paraissant sincèrement désolé mais je fus inébranlable. Je voulais qu'il souffre pour tout ce qu'il nous avait fait, pour avoir détruit une si belle complicité et m'avoir esseulée. Mais je ne devais m'en prendre qu'à moi-même...
Deux ans se sont écoulés à présent, je pensai avoir clos définitivement ce chapitre de ma vie et chassé les fantômes qui me hantaient quand cet imbécile a réapparu dans ma vie. De quel droit se permettait-il de me harceler de la sorte et d'exiger des droits totalement illégitimes? Il allait être servi car je n'allai pas bouger le plus petit doigt. Là où elle était, Fanta était tranquille et goutait enfin au bonheur qu'elle méritait. Nous n'avions aucun droit de réapparaitre dans sa vie à l'heure qu'il était. De plus, j'avais déjà un programme pour la soirée. Un gala avait été organisé en l'honneur des nouveaux bacheliers à l'occasion duquel ceux et celles qui s'étaient distingué(e)s recevraient des cadeaux et des récompenses symboliques et matérielles, il était donc hors de question que je rate pareil moment. L'heure était à la gloire! D'ailleurs, il fallait que je me prépare pour aller à la fête car il était 18 heures passées et les festivités allaient démarrer dans moins d'une heure. Filant sous la douche, j'en ressortis quelques minutes précipitamment, talonnée par ma petite sœur qui s'était elle aussi mise sur son 31. Quelle bomba alors ma sœur!!! De véritables formes en puissance! Je me demandai d'ailleurs de qui elle les tenait parce que ma mère était aussi fine qu'une mannequin.
- Samrane dépêche-toi!! On va encore être en retard!! trépignait ma soeur Bibi d'impatience.
- Je te rappelle mademoiselle que c'est moi qui reçoit les acclamations du public ce soir et que je suis une invitée de marque! Tu ferais mieux de m'aider au lieu de rouspéter!
- D'abord un s'il te plait serait le bienvenu! Ensuite je ne suis pas ton esclave! Débrouille-toi toute seule pendant que tu y es! fit-elle en me tirant sa langue de peste.
Enervée par sa tirade, je lui lançai mon énorme oreiller sur la tête avant de me réfugier dans la chambre que je fermai à double tour.
Ma toilette finie, je me retournai dix fois de suite devant le miroir pour voir le résultat: MAGNIFICO!! était le seul mot qui me venait à la bouche. La robe bustier en satin noir s'évasait gracieusement autour de mes jambes, découvrant mes mollets et faisant ressortir ma croupe bombée de sénégalaise. J'avais opté pour une coiffure en banane que j'ornai d'une broche offerte par ma mère à l'occasion de mes 15 ans et que je ne mettais que dans les grandes occasions. Cela dégageait mieux mon cou de cygne et donnait de la régularité à mes traits. Seule ombre au tableau: mes chaussures dont les talons aiguille commençaient vraiment à me faire souffrir. Mais ils étaient si classes et sophistiqués que l'idée de les troquer ne me traversa même pas l'esprit. Satisfaite de mon apparence, je pris mon sac et traversa la courte distance qui menait au salon avant de me stopper net au son d'une voix familière.
Oh nonnnnnnnnn, pas cela! Dites-moi que je rêve! Cette voix, cela ne pouvait décidément pas être...
Partie 5: Prise au piège
Planté au milieu du salon, Habib habillé en smoking noir conversait à grands éclats avec ma famille comme s'ils se connaissaient depuis toujours. Mais que diable me voulait-il celui-là à la fin? Pensait-il pouvoir débarquer chez moi à l'improviste comme si de rien n'était? N'avais-je pas été assez claire tout à l'heure au téléphone? Il ne manquait vraiment pas de culot! Revenue de ma première surprise, je me surprenais à le contempler. Il était vraiment très élégant ce soir et sexy en plus. Le col de sa chemise, qu'il avait déboutonné lui donnait un charme fou et eut raison de mon antipathie. Tchippp, mais que m'arrivait-il? Soit je devenais folle, soit mes hormones étaient en pleine ébullition. Il était temps de faire cesser cette ridicule mascarade.
- Ahemm! Fis-je pour signaler ma présence à la communauté.
- Waouww, tu es resplendissante ce soir fit ma mère dans un sifflement admiratif, tandis que Habib se levait du canapé pour venir à ma rencontre.
- Je confirme Madame Bao, vous avez une fille ravissante. Vous pouvez être fière! termina t-il en me baisant la main.
Ce contact léger et furtif me donna des palpitations qui se répandirent dans tout mon corps. Ma température grimpa d'un cran ou peut-être était-ce la chaleur ambiante qui agissait sur mes nerfs.
- Je peux savoir ce que tu fais là?
- Samrane, tu t'entends parler un peu? Reste polie, s'il te plai^t? intervint ma mère qui jeta un coup d'œil craintif vers mon paternel. A voir la façon dont il me fixait, j'étais sure qu'il bouillait de rage et ne se gênerait pas de me flanquer une raclée dès que l'on se retrouverait seuls. Je ferais mieux de me calmer tout de suite avant de m'attirer son courroux. Par bienséance, je dus alors modifier mon speech de départ.
- Bonsoir Habib! On t'a servie quelque chose à boire?
- Non merci, cela ira Samrane. Je suis juste passé te récupérer pour aller à la soirée!
- C'est très généreux de ta part mais nous y allons en voiture, n'est-ce pas papa?
- Habib a gentiment proposé de vous ramener toi et ta soeur. Je lui fais confiance et je connais ses parents. Allez-y avec lui, si jamais un souci tu as mon numéro!
- Mais papa...!!!
- Tu ne discutes pas! Bonne soirée les jeunes! Bibi garde un œil sur ta sœur.
- Ok CHEF!!! fit ma sœur en imitant la posture des militaires.
Triomphant, Habib Diagne esquissa un sourire cynique dans le coin qui me fit froid dans le dos. Mais de quoi je me mêle? Pfff, il ne perdait rien pour attendre de toute façon. Je me chargerai personnellement de son cas en temps voulu. Pur l'instant mieux valait ne pas énerver davantage les parents. Les embrassant tous deux, je sortis la première de la maison, suivie de ma sœur et de Habib qui faisait ses derniers adieux. Pendant qu'il nous ouvrait la portière, ma sœur me souffla à l'oreille: Mais qu'est-ce qu'il t'a fait pour que tu lui en veuilles à ce point? A ta place, moi je sauterai sur l'occasion! Il est super mimi!
- Mêle-toi de ce qui te regarde, c'est compris!
- C'est bon, c'était juste pour te taquiner! Dis donc, tu t'es levé du mauvais pied ou quoi?
- Hors de ma vue ou je t'étrangle, fis-je en levant le poing pour la terrifier.
Mademoiselle ne se fit pas prier, elle prit place automatiquement sur le siège arrière tandis que je me plaçai devant à côté de Diagne. Le trajet fut relativement tranquille à part quelques interventions de ma sœur destinées à détendre un peu l'atmosphère. Une vraie Marie Madeleine, celle-là! Toujours à jouer aux réconcilieuses et intermédiaires. Je la verrais bien à la tête d'une œuvre de charité! Ça y est! On était enfin arrivées! Comme le trajet m'avait paru long! Habib prit le chemin du parking et se gara à quelques mètres juste de l'entrée. Eteignant le contact, il sortit de la Citroen pour m'ouvrir la portière! Quel vaniteux, alors là! Je sortis fièrement, sans un regard pour lui et attendit patiemment derrière que ma sœur fasse de même. Elle était occupée à textoter et semblait toute excitée depuis tout à l'heure. Remontant tous les trois l'allée, on ne tarda pas à arriver sur les lieux où une douce musique nous enveloppa d'emblée! Super!! Quoi de mieux que "RUN THE WORLD" de Beyoncé pour redonner du punch! Habib profita de ce moment pour me prendre le bras et m'entrainer dans les toilettes sous le regard complice de ma soeur qui s'éloignait avec son petit ami Lamine qui venait de la rejoindre.
- Je peux savoir ce que tu fais? Tu vas me lâcher tout de suite et plus vite que cela!
- J'ai besoin de réponses et tu es la seule à pouvoir m'en fournir! Alors crois-moi s'il faut user de la violence, je le ferai!
- Mais tu es complètement malade! Au secours, aidez-moi!
Il mit sa main sur ma bouche pour étouffer mes gémissements et me poussa dans les toilettes des dames avant de tourner le loquet. "Seigneur, qu'allais-je devenir?" fis-je intérieurement tandis qu'il ôtait sa veste et dénouait légèrement sa cravate.
- Alors on va commencer depuis le début! Es-tu oui ou non le propriétaire du journal intime? fit-il menaçant.
- Quel journal? bégayai-je, ne sachant plus où mettre les pieds.
- Tu vas répondre MERDE?!!!!!!!!!!!!
Partie 6: Révélations
Effrayée par son ton autoritaire, je m'étais réfugiée au coin, priant que quelqu'un vienne à mon secours. Habib n'avait plus rien de l'homme calme que j'avais l'habitude de croiser au lycée. Ses traits avaient durci et,dans sa voix amère, on pouvait deviner tout la hargne qu'il avait accumulée contre moi. Pourquoi cela lui tenait-il tant à coeur de connaitre la vérité? Et surtout pourquoi maintenant alors que tout ceci datait de Mathusalem? Des gouttes de sueur perlèrent à mon front trahissant mon esprit agité. J'avais gardé ce secret pour moi pendant toutes ces années ainsi que l'horrible culpabilité d'avoir causé la perte de mon amie. Devant mon mutisme prolongé, il s'avança vers moi et me secoua par le col tandis que mes pieds se détachaient du sol:
-Tu vas parler oui?!!! tonna t-il en augmentant la pression de ses doigts sur mon cou.
-Habib, s'il te plaît, ne fais pas cela! Je n'ai pas de réponses à ta question, seule Fanta peut te répondre! Pourquoi persistes-tu à me persécuter de la sorte? Que t'ai-je fait?
-Tu ne veux pas parler? OK! Je vais te dire moi ce qui s'est passé! Tu as fait porter le chapeau à ta meilleure amie, voilà ce que tu as fait! C'est toi le propriétaire du journal Samrane, je le sais et n'essaie pas de me mentir! Qu'y a t-il de mal à m'aimer après tout? Samrane, je ne te l'ai jamais dit mais je t'ai toujours admiré pour ta force, ton caractère et ta bonté avec les autres. Tu m'as toujours attiré mais je ne savais pas comment te l'avouer, tu as toujours été si sérieuse, si froide avec moi que je ne savais jamais si c'était le bon moment. Mais aujourd'hui je peux te le dire: Je t'aime Samrane, tu es la femme de ma vie et il ne se passe aucune nuit où je ne rêve de la passer avec toi.
-Arrête-toi s'il te plaît, je ne veux plus t'entendre Habib!
-Je n'ai pas honte de mes sentiments Samrane, jusqu'à quand vas-tu refréner tes pulsions et te cacher derrière les autres? Assume tes actes bon sang!
-Quel sale égoiste tu fais vraiment? Pourquoi viens-tu remuer le couteau dans la plaie deux ans plus tard? Cette fois-ci je ne te laisserai pas nous pourrir la vie une fois de plus! Tu veux une réponse? Eh bien la voici: je ne sais pas ce qui te fait penser juste une minute que toutes ces lignes dans le journal avaient été écrites par moi et cela je m'en contrefiche, mais royalement. La femme qui t'encensait de discours poétiques et amoureux n'est pas celle que tu as en face de toi, mais celle qui par ta couardise, ton immaturité sans bornes se trouve maintenant plongée dans l'ombre pour le reste de sa vie, terminai-je.
-Fanta?? Non, tu veux dire qu'elle est aveugle à présent?
Oui, tes amies de l'époque ne se sont pas gênées pour lui asperger des produits chimiques dans les yeux. Tu les as regardées faire et tu n'as pas bougé le plus petit doigt. Si tu savais comme tu me dégoutes!
-Bon sang, je ne savais pas que cela irait aussi loin. Samrane, rends-moi un service, il faut que tu la retrouves et que tu la convainques de me recevoir. Depuis la lecture de ce journal, ma vision des choses a complètement changé. J'ai l'impression de passer à côté de quelque chose. Si Fanta a vraiment écrit tout cela sur moi, alors c'est la femme de ma vie! Je suis liée à elle et je ne peux pas la laisser me fuir. Je suis responsable de cette femme! Tu peux comprendre cela?
Comme mes pleurs redoublaient, il relâcha sa pression et me remit délicatement à terre tandis que je me laissai glisser sur le parquet. Il lâcha alors un juron et tapa son poing dans le mur pour décharger sa colère. Je ne sais pas comment, mais l'instant d'après je me retrouvai dans ses bras, humant son parfum musqué d'homme. C'est alors que l'impensable se produisit: m'attrapant les cheveux, il rapprocha mon visage du sien et effleura imperceptiblement mes lèvres tandis qu'il me pressait plus contre lui. L'air se chargea d'électricité et une fébrile excitation s'empara de nos corps. Me plaçant face au miroir, il passa ses mains sur ma poitrine tandis que son souffle chaud parcourait ma nuque et me faisait défaillir. Seigneur! Comme cet homme me fascinait! Il annihilait toute forme de résistance en moi, face à lui je n'étais plus capable de réagir avec logique...Il fallait que je mette un terme à tout cela très rapidement avant que cela ne dégénère.
-Elle habite à Saint-Louis, je n'en sais pas plus. Va la retrouver et soyez heureux...
-Pourquoi ai-je l'impression que tu me mens Samrane? Pourquoi tous ces pleurs? Ton corps exprime absolument tout le contraire de tes affirmations. Il est encore temps de me dire toute la vérité!
-Vas-t-en Habib! Tu as eu ta réponse. Maintenant je veux que tu me laisses tranquille et que tu ressortes de ma vie comme tu y es entré.
-J'espère juste que tout ce que tu me racontes est vrai et qu'on n'aura pas à le regretter plus tard!
Me relâchant, il remit sa veste et sortit en claquant la porte du vestiaire. Lorsqu'il fut parti, je me retrouvai seule, devant la glace, à regarder la femme que j'étais devenue: une femme tellement orgueilleuse qu'elle préférait sacrifier son amour pour échapper au jugement et au regard des autres. Voilà où on en était! La société m'avait façonnée à son image et je préférai encore mourir que de laisser les autres me considérer comme une fille volage et sans morale. Je passai ensuite mon visage à l'eau froide et tentai de refaire mon maquillage qui avait coulé lors de cette horrible scène. En sortant des toilettes, j'espérai juste que cette fois-ci mon mensonge ferait justice à Fanta et lui permettrait un nouveau départ.
Je pénétrai dans la salle de cérémonie quelques minutes plus tard comme si de rien n'était tandis que j'essayai activement de repérer ma soeur qui m'avait lâchement abandonné avec Habib. Quelle traitresse celle-là! Elle allait voir ce qu'elle allait voir! Heureusement, les discours de bienvenue venaient juste de commencer et le podium se remplissait au fur et à mesure. Un sifflement dans mon dos attira mon attention et me fit me retourner: c'était ma soeur qui me faisait de grands signes avec son copain. Enfin, ce n'était pas trop tôt! M'avançant dans leur direction, je pris place à côté de Bibi qui commença à me harceler de questions sur Habib:
-Alors, qu'est-ce qu'il te voulait? Il t'a enfin déclaré sa flamme? Hmm quelque chose me dit qu'il s'est passé quelque chose entre vous?
-Ha-ha-ha, très drôle mademoiselle je-sais-tout! Pour ta gouverne, on ne faisait que discuter! lui et moi. Il n'a jamais été question d'autre chose.
-Mon oeil, tu t'es vue? Tu es rouge comme une pivoine Samrane et puis attends une minute! Tu as pleuré? Il t'a fait quelque chose? Où est-il d'ailleurs celui-là que je lui règle le portrait, fit ma soeur qui avait senti que quelque chose n'allait pas.
-Tu ne vas rien faire, tu m'entends? Il ne m'a rien fait, tu peux être tranquille. Je sais me défendre toute seule.
-Tu es sûre que ça va? Si tu veux au retour on prendra un taxi!
-Non, ne t'inquiète pas! En plus tu connais papa, il va encore faire une scène. Concentrons-nous sur le plateau à présent.
Détournant les yeux de ma soeur, je me concentrai sur la scène et oubliai tout ce qui m'entourait...
Partie 7: Cérémonie de remise des prix
Moment raconté par Habib:
Assis de l'autre côté de la salle, avec en gros plan le duo formé par Samrane et sa soeur Bibi, Habib se maudissait encore de son stratagème et pire encore d'avoir avoué ses sentiments à Samrane après tant d'années. Que croyait-il, qu'elle allait lui sauter au cou et prendre la nouvelle avec joie? Non, depuis le temps il aurait du la connaitre mieux que cela! Sur terre, il n'y avait pas plus cynique et froide qu'elle! La question du propriétaire du journal ne se posait même pas, l'auteur du journal était radicalement plus sentimentale que ne le paraissait son principal suspect. Il était très difficile de croire qu'une femme aussi insensible et cruelle que Samrane Bao éprouve des sentiments et s'aventure en plus à les toucher sur papier. D'un côté, elle s'était montrée honnête aujourd'hui et avait fait preuve d'humanité en le renseignant sur Fanta, mais il ne comprenait pas pourquoi il éprouvait alors ce malaise. Pourquoi cette histoire lui semblait-elle complètement tirée par les cheveux? Pourquoi malgré sa froideur avait-il cru percevoir une note de tristesse et de mélancolie chez elle? Pourquoi lui-même se refusait-il à concevoir que le journal soit de Fanta et non de Samrane? Et pourquoi l'avoir embrassé comme il l'avait fait tout à l'heure? Des pensées noires et saugrenues se bousculaient dans sa tête à mesure que croissait son énervement. Il y a encore un mois, cette question ne lui aurait même pas effleuré l'esprit et cela aurait été le cadet de ses soucis. Mais maintenant, tout était différent, tout avait changé...
Oui! Rien n'était plus pareil depuis ce fameux soir où un cancer avait emporté sa mère après sept mois de lutte acharnée. Sa mère lui avait fait promettre sur son lit de mort de retrouver la propriétaire du journal et de l'épouser. Il se rappelait aujourd'hui encore les paroles qu'elle lui avait tenues:
"Mon fils, on ne rencontre l'amour qu'une seule fois dans sa vie. Beaucoup de gens sont malheureux parce qu'ils cherchent l'amour là où il n'est pas et ne laissent pas l'amour venir à eux. Ils sont trop aveuglés pour voir qu'il est là, tout près et qu'il n'y a qu'à tendre un bras pour le cueillir. Cela, tu le comprendras un jour, et j'espère assez tôt car alors je ne serai plus là pour te le rappeler. Sois heureux et épouse la femme qui t'aimera pour tes défauts et tes qualités et te rendra meilleur".
Ces paroles dites, elle s'était éteinte à la clinique des Mamelles, sereine dans la mort tout autant qu'elle l'avait été de son vivant. Cette perte avait créé un grand vide dans son existence car lui et sa mère avaient toujours été très proches. L'absence du père les avait rapprochés. Il ne se souvenait que trop bien de toutes ces nuits où sa mère montait se coucher sans appétit parce que se sentant délaissée, trompée par un mari qui se souciait comme d'une guigne de sa famille. De toutes ces nuits où, rentrant de ses voyages d'affaires il cognait sur sa mère et la battait jusqu'à épuisement. Il avait assisté à la mort progressive de sa mère et n'avait rien fait pour l'aider. Il devait à présent honorer sa mémoire en devenant l'exact opposé de son paternel et en donnant à une femme digne de ce nom l'amour que n'a jamais pu donner son père à sa mère. Tout à coup, des applaudissements et cris fusèrent à la prononciation du nom de Samrane le tirant de ses rêveries et il reporta son attention sur celle-ci qui montait grâcieusement les marches du podium dans sa robe extrêmement moulante qui ne cachait rien de ses formes. C'était incontestablement une très belle femme. Lorsqu'elle riait à gorge déployée, il se dégageait d'elle une fantastique joie de vivre contagieuse. Elle venait de prendre de prendre le micro que lui tendait le proviseur tandis que l'on énumérait ses prodiges scolaires:
-Vous êtes aujourd'hui en direct de la cérémonie de remise de prix des lauréats du lycée d'excellence Bel air! Nous accueillons sur le plateau Samrane Bao, la coqueluche du moment! Alors Samrane comment allez-vous?
-Aussi bien que possible, Dieu merci, répondit celle-ci très détendue.
-Il parait que vous êtes une surdouée et que vous avez raflé tous les prix cette année? continua le journaliste.
-C'est ce que l'on dit! Répondit celle-ci avec un franc sourire.
-Hé bien on va vérifier cela tout de suite, fit le journaliste, coquin: SAMRANE BAO, premier prix de français, premier prix d'anglais, premier prix d'histoire-géographie, premier prix de philosophie, premier prix de mathématiques, premier prix de sciences naturelles, premier prix d'allemand, et ce n'est pas tout! Première de son centre avec une moyenne de 17! Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, quel parcours! Quelle prouesse! Je vous prie d'applaudir cette jeune demoiselle qui fait honneur à ce lycée et au pays entier!
Tandis que les acclamations fusaient de partout, Habib se leva de son siège, imité par les autres qui applaudissaient de plus belle. Malgré son sale caractère, Samrane était une bosseuse et elle méritait ce succès gagné à la sueur de son front. Cette dernière se remettait tant bien que mal de ses émotions et recevait ses cadeaux, les larmes aux yeux, lorsqu'une voix surgie de nulle part cassa net l'ambiance:
" Et premier prix de la traîtrise! N'oublions pas!"
Stupéfaite, Samrane dirigea son attention vers l'endroit d'où provenait la voix avant de se figer de stupeur à la vue de son pire cauchemar...
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