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Le choix de l'amour

Le choix de l'amour

Auteur:: Kaynaliah
Genre: Aventure
Elle était prête à tout pour trouver l'amour de sa vie. Mais la vie a fait qu'elle n'a jamais pu vivre la vie qu'elle rêvait. Il était prêt à tout pour trouver son âme sœur. Mais que faire quand cette dernière se retrouve face à lui ?

Chapitre 1 Chapitre 01

Chapitre 1: Rehyma NTSAME MINKO

Il est à peine dix-huit heures et demie et je sors de mon école avec le sourire jusqu'aux oreilles. Pourquoi ce sourire? J'ai validé tous mes examens et je suis donc titulaire de mon Bachelor en Sciences de Gestion. J'ai eu une excellente moyenne et suis de surcroît la major de ma promotion. Je suis juste heureuse et dis juste: "Merci Seigneur". Oui "Merci Seigneur" car sans lui je n'y serai jamais arrivée. Je discute avec des gens de ma classe encore un peu avant qu'on ne se décide à se séparer. Ils veulent aller fêter ça ce soir en boîte mais moi je n'aime pas trop ce genre d'environnement là. Je leur souhaite une bonne soirée avant d'héler un taxi et de m'y engouffrer. J'habite à Nzeng-Ayong et vu l'heure à laquelle je rentre, je sais que je vais encore dormir dans les embouteillages. Libreville et ses routes c'est vraiment une histoire d'amour (façon de parler bien sûr). Monica, la fille de ma tante chez qui je vis, m'envoie un texto pour me demander de lui acheter du crédit. La petite là me prend trop pour sa banque hein, elle oublie souvent que je pris le sein avant elle. Tchip les enfants d'aujourd'hui là... non !

Keita, le gardien, m'ouvre le portail et j'entre dans la concession. C'est bizarre on dirait qu'il n'y a personne car la maison est plongée dans le noir. Il faut que je songe d'abord à prendre une douche car je suis fatiguée vraiment. Je mets ma clé dans la serrure de la porte principale et ouvre la porte. Je m'avance à l'intérieur et actionne l'interrupteur du grand hall d'entrée. Je longe le couloir et me rend à la sale de séjour. J'actionne l'interrupteur de cette pièce et là je suis en choc. Tous ceux qui comptent pour moi sont là. Je suis émue. Je ne m'attendais pas à ça. Tante Grâce se rapproche de moi et me serre dans ses bras.

Tata Grâce: "Félicitations mon bébé. Je suis très fière de toi et tu mérites cette victoire"

Moi: "Merci tata"

Tata Grâce: "Allez va déposer toutes tes affaires et redescends. Mais tu salues tous ceux qui ont fait le déplacement rien que pour toi"

Moi: "Bien sûr. Mais tu n'avais pas besoin de faire tout ça tata. C'est trop"

Tata Grâce: "Tu le mérites ma chérie. Le champagne n'attend plus que toi"

Je suis montée dans ma chambre déposer mon sac et me rafraîchir un peu avant de rejoindre les autres et de célébrer ma victoire. Je remercie tous ceux qui ont fait le déplacement rien que pour moi. Ca m'a fait vraiment plaisir.

Ce soir là, je suis montée me coucher assez tôt. J'avais besoin de me retrouver un peu seule en fait et de réfléchir. Je me suis allongée sur le lit et c'est à ce moment que je me suis demandée s'il pensait un peu à moi. Je me suis demandée s'il était déjà au courant. Si oui, qu'avait il ressenti? Et si non, fallait-il lui envoyer un sms ou carrément l'appeler ? Puis la complexité de nos relations m'a fait réalisé qu'il était inutile d'accorder autant d'importance à une personne qui a toujours fait partie des abonnés absents dans ma vie.

Je me suis encore demandée si je méritais ce qui était entrain de m'arriver. Je me suis demandée ce qu'ai j'ai bien pu faire pour que ma vie soit ainsi. Je me suis demandée pourquoi je me sentais si seule dans ce monde. Je me suis ensuite souvenue qu'on ne peut pas tout avoir et MA vie me le témoignait si bien.

Ceux qui m'entourent n'ont pas conscience du mal être qui anime mon âme. quand j'écris " Ceux" je parle des êtres les plus proches de ma vie : Tante Grâce et sa fille Monica. Je dis vraiment "Merci au Seigneur" d'avoir mis sur ma route cette femme de grâce qui a toujours pris soin de moi comme si j'étais son enfant, et qui n'a jamais fait de différences entre sa fille et moi. Cependant mon trouble identitaire est toujours là et il est causé par celui qui était censé être engagé dans ma vie comme personne : Mon père !

Nous vivons dans la même ville et Il m'arrive souvent de le croiser dans sa luxueuse voiture tandis que je suis dans celle de ma tante. En fait, il est mon père sans vraiment l'être. Pourquoi? Parce qu'il a sciemment décidé de ne pas assumer ce rôle. En effet la dernière fois que nous nous sommes parlés remonte à plus de 10 ans il me semble. L'histoire entre lui et moi est plus que compliquée et houleuse. En résumé, il me considère comme "la plus grande erreur de sa vie". Cette phrase, je l'ai entendu le dire à ma tante le jour de mon anniversaire, il y a quelques années de cela.

J'avais huit ans à l'époque, Mais je me souviens de tout comme si c'était hier. En effet, à cette époque, je n'arrêtais pas de réclamer mon papa comme tous les autres enfants de mon école et de mon âge. A chaque fois que la sonnerie retentissait pour marquer la fin des cours, je pleurais. Pourquoi ? Bien que ma tante venait me chercher à l'école, elle n'était tout simplement pas ma mère ni mon père. Tous les autres étaient récupérés par leurs vrais parents mais moi je n'avais que ma tante. Je ne comprenais pas pourquoi je ne voyais jamais mon père que j'idéalisais presque alors qu'il était dans la même ville que moi, à peine à quelques mètres.

J'en ai énormément souffert. Je me souviens que je pleurais toujours en cachette, à l'insu de tout le monde. Une nuit, ma tante m'a surprise et m'a exhortée à me confier à elle. Mon anniversaire approchait et elle m'a demandé ce qui me ferait plaisir. Je n'ai pas répondu une poupée ou un jeu comme les autres enfants de mon âge l'auraient fait, j'ai juste demandé à voir mon père et à passer du temps avec lui.

Mère Teresa a dit un jour : " Le sentiment de ne pas être aimé est la plus grande des pauvretés ". Je dirai juste que ne pas se sentir aimé(e) par son père est la plus grande des pauvretés. Il faudrait vraiment être sans coeur pour dire à son enfant qu'il a gâché notre existence ainsi que celle de sa femme. Il faut vraiment être cruel pour dire à son enfant qu'il (elle) est une erreur de la nature.

J'avais huit ans bordel de merde!!!!!

Il ne s'est pas gêné pour me le dire cash le jour de mon anniversaire. J'en ai tellement pleuré ce jour-là et après aussi que j'ai pris la résolution de vivre comme si j'étais orpheline. C'est seulement parce que Tante Grâce me couvait vraiment que je me sentais aimée et importante dans ce monde.

Quant à Ma mère. Ma maman. Mon héroïne. Celle qui a tout fait pour moi. A chaque fois que je pense à elle, j'ai des larmes qui me remplissent les yeux. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs d'elle vu que je n'étais encore qu'une enfant d'à peine trois ans quand elle a quitté ce monde. Mais je crois que le plus dur pour l'enfant que j'étais, fut de perdre ma mère ET mon père car après la disparition de sa femme, il n'avait pas hésité à m'abandonner tout simplement. Malheureusement je ne savais pas que son comportement cachait un lourd secret. Pour le connaître, il faut remonter aux origines, donc quelques années avant ma naissance.

Un proverbe malien dit: "On n'est pas orphelin d'avoir perdu père et mère, mais d'avoir perdu espoir". Cette citation a tout son sens. Il est vrai que je suis orpheline de mère parce qu'elle est vraiment partie, de père parce que mon père est juste un parfait inconnu à mes yeux mais je ne me suis pas pour autant laisser abattre. L'espoir ne m'a jamais quitté. L'espoir de réussir ma vie. L'espoir de me sentir aimée. L'espoir d'être une enfant comme les autres. La preuve : MON BACHELOR !!!!

Aujourd'hui, je suis une guerrière, une battante et ne laisserai personne me dire que je suis une erreur de la nature comme le pense si bien mon géniteur. Oui mon géniteur car au fond c'est tout ce qu'il est et la seule place que je peux lui accorder. Au fait, je suis Alliah Réhyma NTSAME MINKO, fruit de l'amour de Jeanne et Georges MINKO.

Chapitre 2 Chapitre 02

CHAPITRE 2: Jeanne NTSAME

Je sors du travail et cours à ma voiture car je suis en retard sur mon planning. Une réunion d'urgence avec notre chef de service qui a fait des modifications sur les dates lines des projets en cours. Résultat des courses: je suis sortie de là avec une heure et demie en retard et cela a foiré tout mon programme. Je suis allée faire les dernières courses en retard je pense bien que la préparation du dîner aussi aura du retard . Je donne quelques coups de klaxons et le gardien vient m'ouvrir le portail. Je vois la voiture de Georges stationnée dans le garage. J'ai horreur qu'il arrive avant moi à la maison. Je préfère être là avant lui afin de pouvoir l'accueillir comme il se doit. Dès que je suis arrivée à la maison, je me suis attelée à la cuisine afin de lui concocter un de mes petits plats. Je parle seulement et tellement que j'en oublie les bonnes manières. Je suis Jeanne NTSAME épouse "Minko". J'ai 32 ans et je suis mariée depuis trois ans avec l'homme de ma vie, celui avec qui j'ai décidé de m'unir après six longues années de vie commune: Georges MINKO.

Avec Georges, notre histoire n'a pas été facile. Je me souviens que je me laissais rarement approchée par la gente masculine car j'avais peur d'eux. En plus, ma mère me mettait tellement en garde contre les grossesses précoces et les maladies sexuellement transmissibles quand j'étais une enfant. Avec Georges, nous nous sommes rencontrés à l'université de Poitiers. Je venais d'obtenir mon DEUG et lui son Master 1. Entre nous, ça plutôt été le jeu "du chat et la souris". On se cherchait inconsciemment et un jour il a fini par me dévoiler ses sentiments qui étaient partagés bien entendu mais en secret. Mais du temps s'est écoulé du moment où il m'a avoué être amoureux de moi à celui de l'officialisation de notre relation car Georges est ce qu'on appelle un homme à femmes. IL les attire comme des mouches et je ne lui faisais pas confiance au début. Cela a créé des conflits entre nous mais qu'on a su gérer par la suite. J'ai su apprendre à lui faire confiance et je suis heureuse de ne pas m'être trompée jusqu'alors.

Néanmoins, nous avons été confrontés à un problème majeur: sa mère, Georgette MINKO. En effet Trois ans après avoir officialisé notre relation, nous sommes venus en vacances au Gabon et on en a profité pour faire des présentations auprès de nos deux familles. Lorsque je me suis rendue chez Georges, j'ignorais ce qui m'attendais car dès que sa mère a su que j'étais du clan "Essisis" (clan fang) et non "Essokè" (clan fang) comme elle, elle a décidé de m'humilier de la pire des manières.

Elle n'arrêtait pas de me faire des réflexions comme si je sortais du village alors que je suis une personne civilisée. Elle n'a pas hésité à me renverser volontairement de la bière sur mon pantalon blanc et à me présenter à ses amis comme sa nouvelle "bonne". Je me suis sentie tellement humiliée. Georges n'était pas là quand ces évènements se sont produits et on s'est retrouvé à un stade où c'était ma parole contre celle de sa mère. On a eu à se séparer à cause de ces histoires durant des mois. Sa mère en a profité pour vouloir le pousser dans les bras d'une autre femme fang de son clan. A partir de ce moment, il a commencé à douter d'elle et est revenu vers moi en s'excusant de toutes les différentes manières possibles. J'avais beau lui dire que je ne voulais plus de lui mais les sentiments, l'amour est toujours plus fort. On n'était pas bien tous les deux loin l'un de l'autre, on souffrait énormément et j'ai décidé de nous donner une nouvelle chance.

Quelques années après, en dépit des manigances de sa mère qui a eu le culot de venir en retard et habillée en noire de la tête au pied comme si elle allait à un enterrement, nous nous sommes unis devant Dieu et devant les hommes à la mairie du 1er arrondissement de Libreville. Nous avons décidé de rentrer définitivement quelques mois plus tard, le temps de trouver un bon boulot. Les dix-huit mois qui ont suivi notre union ont été les plus merveilleuses. J'étais une femme tellement aimée, choyée, valorisée par le regard que Georges portait sur moi. Le seul hic dans notre bonheur presque parfait était la présence d'un parfait mélange de nous deux: un bébé. On avait tout essayé mais rien. Nous nous étions même rendu en France pour faire des examens poussés mais on ne descella rien d'alarmant au contraire, Georges et Moi étions en forme pour faire ce bébé, il fallait donc simplement patienter.

Par contre, ma belle-mère ne l'entendait pas de cette oreille et n'arrêtait pas de s'inviter chez nous pour me narguer et m'insulter que son fils avait épousé un "ventre vide". J'en pleurais à chaque fois: de colère et de tristesse. Je ne la supportais plus. Même la tolérer, je n'y arrivais plus. La goutte de trop a été quand un midi, en rentrant du boulot, je vis ma belle-mère dans ma maison avec une autre femme que je ne connais ni d'Adam ni d'Eve. Elles étaient dans ma chambre, celle que je partage avec Georges, entrain de ranger mes affaires soit disant pour me foutre à la porte car je ne donne pas toujours un héritier à son fils. Je suis sortie de mes gonds ce jour-là. J'ai tellement tapé celle qui l'accompagnait qu'elle s'est enfuie toute seule avec le reste de lucidité qu'il lui restait. J'ai appelé en urgence Georges qui était allé déjeuner avec des amis de longue date, pour qu'il rentre immédiatement s'il ne voulait pas venir trouver le cadavre de sa mère dans notre salon. Lorsqu'il est arrivé, je lui ai tout raconté et lui ai exigé de faire sortir sa mère de notre maison et qu'elle ne revienne plus. Une violente dispute a éclaté entre les deux et Georges, excédé également, fini par le mettre hors de notre maison. Elle n'arrêtait pas de me traiter de sorcière et de briseuse de famille. Le torchon s'est sérieusement mis à brûler entre George et sa mère.

Dès cet épisode, j'ai changé. Je devenais hystérique pour la moindre petite chose. Je voulais un bébé, notre bébé. Je passais mes nerfs sur Georges qui essayait de me rassurer. Je ne voulais plus attendre. J'en avais marre d'être l'objet de moqueries de sa famille. Ainsi nos instants intimes n'étaient plus faits par plaisir mais plutôt par contrainte car je voulais tombée enceinte à tout prix. Mais toujours rien.....Je ne savais plus quoi faire. Qu'est-ce qui clochait? Où était le problème? J'étais totalement perdue.

Mon comportement ne m'aidait pas non plus. Je sentais une certaine distance avec Georges et ça me gênait vraiment. J'ai décidé de revenir la personne que j'étais et de patienter tout simplement. Je me suis donc fait une raison. Il y a un temps pour tout nous dit "la Bible" et c'est elle encore qui raconte que Sara a bien enfanté à 99 ans donc j'aurai aussi mon miracle un jour.

J'ai repris ma vie et me suis attelée à sortir mon mariage de la crise qu'elle traversait. Georges était heureux de retrouver la femme qu'il avait épousé et me répétait qu'il voulait de toute façon bien profiter de sa femme avant qu'on accueille un enfant parmi nous.

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Quelques mois plus tard

Depuis quelques jours, je ne me sens pas très bien. Je ne sais pas ce que j'ai et je m'inquiète quand même. Georges n'est pas là, en mission à Gamba ( ville située dans la province de L'ogooué Maritime) et rentre dans quatre jours. Je suis toute seule à la maison donc ce n'est pas la joie. J'appelle ma petit soeur Grâce qui est au Ghana pour ses études. Ca fait un moment que je ne l'ai pas eu au téléphone.

Grâce: "Toi tu veux faire genre que tu penses à moi?"

Moi: "Mais oui. Je suis ta soeur non? Et d'abord on dit : allô. Bonjour. A qui ai-je l'honneur svp?"

Grâce: "Jeanne c'est sur moi que tu veux te muscler maintenant?"

Moi: "Je vais te taper Grâce"

Grâce: "Va taper la sorcière qui te sert de belle-mère"

Moi(en baillant): "Pardon j'ai bien commencé ma journée stp. Ne parle même pas d'elle"

Elle : "Tu es encore fatiguée?"

Moi: "Oui. Je suis épuisée. La semaine a été vraiment éprouvante. "

Elle : "Il faut dire que Georges te manque tout simplement"

Moi: "En plus avec mes douleurs au dos là, je n'ai personne pour me masser"

Elle: "Tu as des douleurs au dos? "

Moi: "Oui. Sans compter que je mange beaucoup"

Elle: "Tu pisses beaucoup?"

Moi: "Oui"

Elle: "Tu as pris du poids?"

Moi: "Oui"

Elle: "Il est possible que tu sois enceinte hein Jeanne"

Moi:"Quoi?"

Elle: "Va faire un test et fais-moi signe"

Moi".....Ok"

Serait-il possible que ça soit vraiment cela? Serait-il possible que j'ai pu rater cela? Pleines de questions me traversent la tête actuellement et j'ai plutôt du mal à me concentrer." La meilleure chose est de me rendre dans une pharmacie et d'acheter un test de grossesse pour en avoir le coeur net.

Je suis sortie de la maison et ai marché à pied jusqu'à la pharmacie du coin. J'ai acheté un test de grossesse, de retour chez moi je me suis rendue sur le site "www.doctissimo.fr" où je me suis renseignée sur la meilleure période pour effectuer ce test. Je n'arrêtais pas de regarder ce test sans arrêt, chaque seconde. J'en devenais tout simplement obsédée. Je me suis mise en prière cette nuit et ai à peine dormi deux heures de temps cette nuit - là.

Le lendemain à mon réveil, je me suis rendue tranquillement à la salle de bains tout en étant tout de même anxieuse. Les minutes d'attente furent les plus longues et plus douloureuses d'après moi. Je fis une petite prière avant de me pencher sur ce petit objet. J'étais en état de choc:

il était positif..... oui positif.....

J'étais enceinte. Je n'arrivais pas à y croire. Il était enfin là cet enfant tant voulu, tant attendu et tant recherché. Je décidai de ne rien dire à personne tant que je n'aurais pas eu de confirmation.

J'appelai ma gynécologue sur le champ qui me demanda quel était le souci je lui expliquai la situation en deux quatre six...... et elle me fixa un rendez - vous le plus rapidement possible. Je devrais la rencontrer le lendemain et elle m'a conseillée de faire une prise de sang demain matin et de lui apporter les résultats. Je n'arrivais pas à y croire. J'étais allongée sur le lit et mon esprit se mit à s'évader. Je serai tellement heureuse d'être enfin maman. A chaque fois, mes yeux se posent sur l'horloge de la chambre: le temps passe lentement pour ce soir.... c'est fou ça !!!

***** Le lendemain*****

Je suis dans le bureau de ma gynécologue et je lui montre le test de grossesse positif que j'ai réalisé hier. Elle me pose encore quelques questions auxquelles je réponds avant d'ouvrir l'enveloppe contenant les résultats des examens sanguins effectués plus tôt dans la journée. L'expression de son visage est devenue neutre tout d'un coup quand ils sont sous ses yeux, ce qui suscita donc mon inquiétude à l'instant T

Dr: " Au vu des résultats que j'ai ici, je peux vous affirmer à 100% que vous n'êtes pas enceinte"

NON....CE N'EST PAS CROYABLE !!!

Moi(peinée et paniquée): "Comment....comment est-ce possible docteur? Le....le test était pourtant positif ".

Dr: "Il existe des tests faux positifs"

Moi(choquée): "......."

Dr: "Néanmoins, j'aimerai que vous alliez faire une radiographie"

Koum.

Moi: "Que se passe-t-il? Qu'avez-vous pu voir d'autre si je ne suis pas enceinte?"

Dr: "Votre taux de lysophospholipides est très élevé et bien plus que la normale"

Moi: "Qu'est - ce que ça veut dire?"

Dr: "Vos résultats sanguins révèlent la présence de marqueurs tumoraux. Plus précisément du CA - 125 qui est élevé, ce qui n'exclut pas la probabilité de la présence d'un cancer de l'ovaire"

Moi: " Oh Mon Dieu! J'ai un cancer?"

Dr: " On ne panique pas pour l'instant. Vous allez faire une biopsie qui infirmera ou confirmera notre diagnostic"

Moi: "...."

Dr: "Ne paniquez pas ok. C'est peut-être une mauvaise alerte"

Je suis sortie du cabinet complètement sonnée. Je ne préfère rien dire à Georges pour l'instant, en tout cas jusqu'à ce que j'obtienne le diagnostic final. J'ai réalisé ma biopsie et je suis retournée voir le médecin plus tard avec les résultats. Elle lut les résultats et les posa sur sa table. Ensuite, en me fixant droit dans les yeux, elle dit :

Dr(d'un ton calme et neutre): " J'ai une bonne et une mauvaise nouvelle"

Moi: "......."

Dr: "La mauvaise nouvelle est que vous êtes bien atteinte d'un cancer de l'ovaire mais au stade 1. Cela veut dire que nous avons toutes nos chances pour le vaincre et on vaincra: c'est la bonne nouvelle"

Moi: "......."

Je me suis juste levée du siège comme un robot et ai fait quelques pas avant de m'écrouler. Trou noir.

Chapitre 3 Chapitre 03

Chapitre 3: Eaux troubles

Quelques jours plus tard

Jeanne NTSAME

Je suis allongée sur mon lit et j'essaye de trouver une position confortable pour tenter de m'endormir. J'ai mal. Je suis fatiguée. Ma vie a pris un autre tournant. Alors que je m'apprêtais à être une maman , le ciel me tombe sur la tête. Je m'attendais à tout sauf à ça. A mon âge, qui peut penser avoir un cancer ? Personne. Et dire que j'ai toujours pensé que le cancer était une maladie affectant des personnes plus âgées. La vie là n'est rien vraiment. Durant les premiers jours qui ont suivi l'annonce du diagnostic de mon médecin, je suis restée dans un mutisme réconfortant. Je ne parlais plus. Je ne m'alimentais plus. J'étais tellement sonnée. Même répondre au téléphone était devenu une corvée pour moi. Je voyais tout en noir: mes rêves effondrés, ma vie écroulée, tout ce que j'avais réussi à construire jusqu'ici s'envolait comme un château de sable.

C'est dans cette atmosphère lourde et pesante que Georges me trouva et ne comprenait pas ce qui m'arrivait. Il pensait même avoir fait quelque chose de grave du genre oublier une date importante qui symboliserait quelque chose pour nous. Il ne cessait de me poser des questions mais tout ce que je voulais est qu'il se taise car je ne voulais rien entendre. Aucun bruit. J'avais besoin de calme et de solitude pour affronter l'épreuve qui m'attendait. Le problème est que je vivais presque dans un déni. Je refusais de l'admettre que j'étais malade. C'était juste impossible pour moi. J'ai commencé à me radoucir car je voyais que Georges se pliait en quatre pour me satisfaire, me faire plaisir mais j'étais distante avec lui. Une chose était certaine: je n'étais pas prête à lui révéler quoique ce soit. Je ne voulais pas encore lui en parler. J'avais encore besoin de temps.

Tous mes gestes étaient devenus automatiques. J'avais fait prolonger de quelques jours mon congé - maladie. Le matin, après que Georges soit parti au travail, je prenais ma voiture et roulait jusqu'à une école maternelle située à Louis. Je regardais les enfants jouer dans la cour depuis ma voiture. A chaque fois que mes yeux se posaient sur ces petits anges, mes larmes ne cessaient de couler. Quelle douleur ! Seigneur ! Suis - je appelée à ne jamais enfanter? Suis - je appeler à ne jamais porter la vie ? Suis - je appelée à continuer à souffrir ainsi ? Pourquoi suis - je autant affligée ? Et maintenant cette maladie sortie de nulle part. Je me suis renseignée sur internet et ce cancer est très dangereux. Je ne sais pas quoi faire. Je ne sais pas. Je suis perdue.

Pendant quelques jours, j'ai réussi à dissimuler cette information. J'ai réussi à garder ce secret intérieurement. Mais avec ce genre de maladie, on aura beau se mentir mais elle nous rattrapera toujours qu'on le veuille ou non? Un matin, alors que je dormais avec mon époux, je me suis sentie mal. En plus des douleurs abdominales que je ressentais depuis près d'une heure, j'avais de fortes nausées. Au bout d'un moment, j'ai senti quelque chose remonter. J'ai bondi du lit précipitamment pour me rendre à la salle de bains. J'ai claqué la porte derrière moi et me suis accroupie au niveau de la cuvette à WC. J'ai vomi je ne sais combien de fois et pendant combien de temps. C'était juste horrible. J'avais encore la tête dans la cuvette quand Georges est entré dans la salle de bains et a ramené mes cheveux en arrière.

-Georges: "Qu'est-ce que tu as bébé? Tu m'inquiètes là"

-Moi: " Ca va passer chéri. Ne t'inquiète pas"

-"Geoges: "Tu as peut-être mal digéré ton dîner? Ou bien tu fais peut-être une intoxication alimentaire?...."Et si c'était ce que nous espérons depuis"

- Moi: "Mais de quoi tu parles?" dis-je en me brossant les dents"

-Georges: "Et si tu étais enceinte?"

KOum Koum Koum

-"Tu t'en rends compte? Un mini - nous"

Il continuait de parler mais je ne l' écoutais plus. Je voyais juste ses lèvres bouger. Je me rends compte tout d'un coup à quel point j'ai pu être méchante et égoiste. Oui je viens d'avoir un déclic. Je suis cruelle d'avoir dissimulé cela. je suis cruelle d'avoir caché une information aussi cruciale et importante à l'homme à qui j'ai promis il y a quelques années de l'aimer, de chérir et de respecter dans la maladie. Je le regarde à travers le miroir toujours en train de s'extasier tandis que mes yeux s' embuent de larmes. Il faut que je lui dise. Je dois être honnête. Je dois lui dire. Je rince mon visage rapidement car je ne veux pas qu'il me voit pleurer. Je décide de prendre une douche. En me rendant à la terrasse, je vis la table dressée: Gabriel nous avait préparé le petit-déjeuner. Là j'ai craqué définitivement comme une madeleine.

-Georges : "Mais qu'est-ce qui t'arrive bébé?"

-Moi : "Snif....J'ai quelque chose à te dire"

-Georges: "Mais pourquoi tu te mets dans tous tes états?"

-"Moi: "Je dois te dire quelque chose"

-Georges: "Mais bébé tu deviens encore plus émotive qu'avant. T es sûre que tu n'es pas enceinte par hasard?"

-Moi :" Mais arrête tes insinuations de grossesse. Je ne suis pas enceinte et je ne sais pas si je porterai un jour la vie" hurlai-je

-Georges : "Qu'est-ce qui se passe Jeanne? Tu m'inquiètes sérieusement"

-Moi: "Snif"

-Georges: "Ne crois pas que je n'ai pas remarqué ton changement depuis quelques jours. Je sais qu'il y a quelque chose. Mais quoi? Je l'ignore encore. Attends ne me dis pas que tu m'as trompé?"

-Moi: "Georges, je veux te dire quelque chose et je ne veux pas que tu m'interrompes stp"

-Georges: " Tu m'as trompé c'est ça? C'est à cause de ça que tu pleures comme ça?" cria-t-il

-Moi: "J'ai un cancer" criai-je en pleurant

-Georges: "Quoi?"

-Moi: Il y a quelques jours, j'ai fait un test de grossesse car j'avais les symptômes du signalement d'une grossesse.... Il s'est avéré positif"

-Georges: " Tu es enceinte?"

-Moi: "Laisse-moi finir stp"

-George: "...."

-Moi: "J'ai pris rendez-vous avec ma gynécologue qui m'a dit que je n'étais pas enceinte. Mon test était un faux positif snif "

-Georges: "..."

-"Moi: " Néanmoins, j'ai effectué d'autres tests et on m'a découvert un cancer snif. Un cancer de l'ovaire snif"

-Georges: "Quoi? Mais pourquoi tu ne m'as rien dit Jeanne

-Moi:" Je suis mal Georges. Je ne sais quoi faire. Je vois toute ma vie s'envoler car ce cancer est très dangereux"

Il me fixa un moment avant de s'approcher de moi et d e me serrer fort dans ses bras. Ca m'a fait du bien. Je me suis sentie à ma place.

-Moi: "Je suis tellement désolée Georges. Désolée d ene pas te donner ce que tu devrais avoir"

-Georges: "Tout ce que je veux c'est toi et personne d'autre. On va se battre ok? Tu n'aurais pas dû me cacher ça. J'aurai dû insister auprès de toi. Tu vas t'en sortir. On va s'en sortir"

-Moi: "J'ai tellement peur Georges"

-"Georges: "On se battra jusqu'au bout ne t'inquiète pas."

-Moi:"Snif"

-Georges: Que t'a dit le médecin?"

-"Moi: "Je suis au stade 1 pour l'instant mais ele me dit snif qu'on a toutes les chances de vaincre ce cancer"

-Georges: On y arrivera bébé. Ne t'inquiète pas"

Il me serrait fort dans ses bras tout en m'embrassant passionnément. Nos larmes mêlés à notre tristesse donnaient à l'acte passionnel que nous étions entrain de faire un goût amer. Je ne savais pas ce qui allait se passer dans nos vies désormais car je sais qu'elles en seront impactées. Georges a annulé tous ses rendez-vous et on a passé toute la journée à s'aimer et à se faire des promesses. Il avait appelé un cancérologue avec qui nous avions rendez-vous le lendemain.

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Le lendemain

Il est déjà 22 heures et Georges n'est toujours pas rentré. Je soupire. Pourquoi tout cela m'arrive donc? Pourquoi veulent-ils détruire mon rêve?

Flashback du rendez-vous du matin chez le cancérologue

Cela faisait déjà 30 minutes que nous étions à la salle d'attente. Nous avons rencontré le Dr Rivière, éminent cancérologue, ce matin et il m'a fait faire d'autres examens. Nous sommes passés récupérer les résultats et on attend patiemment dans la salle d'attente qu'il nous reçoit afin de prononcer son diagnostic final. Georges me couve un peu trop mais ça me fait plaisir. Il s'occupe de moi et veille sur moi. Il lit un magazine sportif tandis que moi je l'observe tout simplement. J'aime tellement mon mari. La secrétaire nous appelle enfin. Le médecin va nous recevoir. On entre dans son bureau et on s'installe. Georges lui tend l'enveloppe contenant mes exames et il les examine minutieusement avant de reporter son attention sur nous.

-Dr Rivière: "Bien Mme NTSAME. Tout ce que je vous dirai est qu'on peut gagner cette bataille."

-Georges et moi: "C'est vrai?"

-Dr Rivière: "Oui. Vous voyez vous n'en êtes qu'au stade 1 et à ce niveau on a le plus grand taux de guérison"

-Georges: "Comment comptez-vous procéder?"

-Dr Rivière: "Nous allons faire de la chirurgie assimilée à de la chimiothérapie. Il est vrai que la chimio sera lourde car elle a ses effets négatifs mais nous serons là pour épauler votre épouse et veuillez à ce que tout se passe bien"

-Moi: "En quoi consiste exactement cette chirurgie?"

-"Dr Rivière: C'est très délicat cette partie et surtout pour les personnes de sexe féminin concernée"

-Georges: "C'est-à-dire?"

-Dr Rivière: "Pour nous assurer un succès, il est préférable d'effectuer l'ablation de l'appareil génital"

Comme vous l'aurez compris, dans cette ablation est pris en compte mon utérus, mon appareil reproducteur. C'est ça le sujet de la discorde entre nous. Je veux avoir en enfant un jour et je refuse qu'on me retire mon appareil reproducteur. Georges ne le comprend pas et m'a carrément dit qu'il me préférait en vie et en bonne santé que malade avec un enfant. Ca m'a fait mal. On s'est disputés et depuis qu'il est ressorti, je n'ai aucune nouvelle. Ca fait des heures déjà.

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