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Le choix

Le choix

Auteur:: Fanta Plume
Genre: Aventure
Une fois en couple, le pire s'installe. Tu vas finir par entendre , la femme dire : << Si c'est pas à cause de mes enfants, qu'est-ce que je serai entrain de faire ici, j'allais me divorcer de lui depuis des années >> De l'autre côté, tu vas entendre l'homme dire : << Si ça ne plaît pas , ramasse tes effets et va chez tes parents, j'en n'ai marre. >> Heey !!! Vraiment !! Hommes , femmes où sont passés les << Je t'aime bb >> que vous chantez par tout dans le passé ??? Vous voulez me dire que tout sa c'était pour la forme ? Est-ce à dire que vous avez fait un mauvais choix de rester ensemble ? Certainement , vous avez rater la base : LE CHOIX Bref, parlent du choix de qui fera sa femme ou son homme pour la vie, ici il est question d'un jeune homme nommé Charms qui après ces études décide de se lancer dans la quête de sa dulcinée, sa côte, sa moitié, son âme sœur et la future mère de ces enfants. C'est à cette cause qu'il avait subir une dizaine de déceptions car les femmes lui avaient montrée toutes les couleurs ce monde et de quoi elles sont capables Entre Amour, trahison, désespoir, tentation et regrette, suivez dans les lignes à suivre '' LE CHOIX ''

Chapitre 1 .

Salut Je m'appelle Charms. Un jeune homme de 24 ans en formation dans une organisation non gouvernementale. Je suis né dans une famille plus ou moins riche.

Depuis le collège, je ne me souci plus des filles. Puisqu'au depuis j'avais subir une déception. Ainsi, j'ai décidé de finir mes études avant de me relancer a nouveau dans cette histoire d'amour.

Alors, me voici j'ai fini mes études. J'ai de l'argent, des voitures, de maison et beaucoup d'autres bien matériels. Qu'est-ce qui me manque ? Ahhh oui... Je me sans toujours seul malgré ces bien matériels que je dispose.

Il me manque quelques choses. D'ailleurs ma mère me déranges depuis que j'ai fini mes études. Que quoi ? Elle veut avoir un petite fiston comme moi. Ahhh oui... Moi même je suis conscient, il me manque une femme maintenant.

Voilà ma préoccupation, mon objectif : avoir une femme, ma côte , ma moitié, la future mère de mes enfants. C'est ainsi que j'ai rencontré Rose, un samedi en sortant d'une pharmacie. Rose est entrée dans la pharmacie toute affolée. Dès son entrée, elle s'adressa à moi :

Rose : S'il vous plait, pourriez-vous me laisser prendre mes médicaments en premier ? Je dois me dépêcher, la vie de ma mère est en danger, les minutes sont comptées. Le Médecin a besoin de ces produits à lui injecter.

Je suis plein de compassion pour cette jeune fille et naturellement, je lui cède ma place pour qu'elle présente l'ordonnance au pharmacien. Elle est servie et sort promptement de la pharmacie.

Je présente à mon tour mon ordonnance. J'étais venu prendre l'aspartame, un sucre spécial utilisé ma mère qui est diabétique. En effet, ma mère souffre du diabète, une maladie chronique qui ne se guérirait pas selon la médecine moderne, mais que l'on peut traiter et contrôler. Des traitements traditionnels existeraient mais pour le moment, elle est obligée de faire attention à son alimentation.

Je prends le produit des mains du pharmacien puis je sors, entre dans ma voiture et démarre. Ayant roulé sur à peine, trois cent mètres, je vois la jeune fille de la pharmacie qui marche sur le trottoir. Je serre ma droite et je gare devant elle. Je baisse la vitre et je m'adresse à elle :

Moi : Mademoiselle, vous étiez si pressées tout à l'heure. Comment se fait-il que vous soyez encore là ?

Rose : Je peine à trouver un taxi ; c'est toujours plein.

Moi : si cela ne vous gêne pas, je peux vous déposer.

Comme si elle s'attendait à cela, elle ouvre la portière et s'engouffre rapidement dans la voiture.

Je roule pendant quelques minutes avant de m'adresser à elle :

Moi : Tu sembles bien préoccupée, Mademoiselle.

Elle poussa un soupir et répondit :

Sendrine : C'est ma mère qui est malade et cela me chagrine.

Moi : Je te comprends, cela ne doit pas être facile. Beaucoup de courage.

Rose : Merci.

Nous gardons encore le silence jusqu'à l'hôpital. Elle descend. Je descends aussi et la suit. Elle remet les produits à une infirmière puis se dirige dans la chambre de sa mère. Quelques instants plus tard, un Médecin entre. Il examine à nouveau la malade et donne des consignes. L'infirmière administre les produits sous forme de perfusion. Je demande à partir et elle me raccompagne jusqu'à la voiture.

Sendrine : Merci beaucoup Monsieur pour m'avoir dépanné.

Moi : Je n'ai fait que t'assister. Mon nom est Charms.

Rose : Et moi Rose.

Moi : Je repasserai voir ta mère demain si tu permets.

Sendrine : Merci d'avance.

Le lendemain, je repars à nouveau à l'hôpital et je fais la même chose pendant dix jours. Cela me permet de m'habituer à Rose que je commençais vraiment à apprécier. Nos échanges portaient sur divers sujets.

Pendant tout le temps où j'ai fréquenté Rose à l'hôpital, je n'ai croisé que son frère et quelques amies de sa mère. Je me décide à lui poser des questions pour mieux la connaitre :

Moi : Dis-moi Rose, où se trouve ton père ?

Rose : Il n'est plus avec ma mère, ils sont divorcés.

Moi : oui, mais être divorcé ne signifie pas qu'ils sont des ennemis. Pourquoi n'est-il pas venu la voir ?

Rose : Il vit dans le pays voisin. Mais il nous a envoyé de l'argent pour les soins.

Moi : ok, je n'ai pas encore croisé ton fiancé non plus.

Rose : Je n'en ai pas.

A partir de ce jour, je commençais à voir Rose autrement. Sa mère guérit et sort de l'hôpital quelques jours après.

Je deviens ami à Rose et après quelques semaines, je finis par lui parler d'amour. Elle n'hésita pas longtemps avant d'accepter ma proposition.

Rose n'aimait pas me rendre visite, elle est venue chez moi une seule fois. Elle n'avait pas accepté que la présente à ma famille. Elle me disait d'attendre un moment pour que nous soyons surs de nous.

Toutes nos rencontres se passaient chez elle. Un jour, ma mère insista pour que je lui présente Rose mais malgré tous mes efforts pour convaincre ma dulcinée, elle refusa, me disant que ce n'est pas encore le moment.

Moi : Rose, cela fera bientôt six mois que nous sommes ensemble ; et tu ne veux toujours pas connaitre ma famille ?

Rose : Six mois, c'est quoi ? Six mois, c'est bien peu ; attendons encore un peu.

Cette attitude de Rose m'intriguait. C'est étrange quand-même ! D'habitude, les femmes exigent que les présentations soient faites avec la future belle-famille le plus rapidement possible. Elles veulent par ce geste, se rassurer qu'aucune autre femme n'est en jeu. Elles sont également intéressées à savoir si la belle-famille les apprécierait. Les femmes aiment souvent passer du temps avec la future belle-famille. Ces moments passés avec la famille du fiancé leur permettront de mieux les connaître et de créer un lien plus personnel qui les aidera à prendre leur place auprès d'elles. Mais aussi étrange que cela puisse paraitre, Rose ne s'empressait pas pour cette rencontre.

Je finis par en parler à ma sœur ainée Dorcas qui elle non plus ne pouvait me donner une explication.

Dorcas : Charms, t'es-tu rassuré que tu es le seul homme dans sa vie ?

Moi : En tout cas, jusque-là, il me semble que oui.

Dorcas : Je suggère que tu en discutes avec sa mère.

Elle au moins devrait être heureuse que sa fille ait trouvé un homme sérieux. Elle va lui parler.

Moi : OK, je vais essayer cette approche.

Après être sorti du travail un soir, je me rends chez Rose. Comme d'habitude, je demande à saluer sa mère qui me répond toujours avec courtoisie.

Moi : Maman Rose, je souhaiterais m'entretenir avec vous.

Rose se leva d'un bond et s'exclama :

Rose : Que veux-tu dire à ma mère, Charms ?

Moi : laisse-moi d'abord parler avec elle et ensuite elle te dira de quoi il s'agit, Rose.

Maman Rose me demande de la suivre dans la salle de séjour.

Maman : je t'écoute Charms.

Moi : Voilà maman Rose, ce n'est rien de grave. C'est à propos de Rose ; je souhaiterais la présenter à ma famille mais elle refuse.

Maman : c'est tout ?

Moi : Oui, je voudrais que vous lui parliez.

Maman : Charms, si Rose ne veut pas connaitre ta famille, c'est qu'elle n'est certainement pas encore prête. Ne la force pas. Rose est ainsi. Elle ne se presse pas pour rien dans sa vie. Elle est pondérée.

Moi : Mais, trouvez-vous normal que ce soit toujours moi qui lui rende visite ? Cela m'ennuie de parler d'une fiancée imaginaire à ma famille.

Maman : Sois patient envers elle, Charms. Je vais lui parler mais tu dois faire preuve de patience.

Je la remercie et retourne sur la terrasse retrouver Rose. Mais elle n'y était pas. Je me dirige vers sa chambre. Je la trouve couchée. Elle lisait une histoire sur son téléphone portable.

Moi : Je constate que tu aimes beaucoup lire, Rose ; tu aurais dû faire de la littérature plutôt que de choisir les finances ; alors qu'est-ce que tu lis ?

Rose : Une histoire sur Hinovel.

Moi : quel est le titre ?

Rose : UN HOMME NOIR ; NOIR DE CŒUR. de FANTA PLUME

Je me couche près d'elle en lui demandant :

Moi : De quoi ce roman parle ?

Rose : Ahhh... Vraiment, je n'ai pas encore finis la lecture. Je suis à l'épisode 10.

Je prends le téléphone portable de ses mains pour voir le nom de l'auteur. Et je vois en noir : FANTA PLUME

Moi : Je constate que c'est le même auteur qui a écrit l'histoire que tu lisais la dernière fois : LES FOLIES D'UNE FEMME.

Rose : Oui, j'aime bien ces histoires .

Moi : OK, pourrais-tu s'il te plait arrêter ta lecture un moment pour t'occuper de moi ?

Rose : Non, tu ne le mérites pas Charms.

Moi : Rose, qu'est-ce que j'ai encore fait ?

Rose : Tu parles à ma mère sans me prévenir, Charms ?

Moi : Je n'agis que pour notre bien, Rose.

Rose : Ne sais-tu pas que l'on ne fait pas le bonheur de quelqu'un malgré lui ? J'ai entendu d'ici tout ce que vous vous êtes dit. Pourquoi veux-tu m'obliger à rencontrer ta famille ?

Moi : Parce que je t'aime et je ne suis pas en train de m'amuser.

Rose : Si tu veux être avec moi Charms, ce sera à mes conditions. C'est à prendre ou à laisser.

Cette façon de parler de Rose me choque mais je fais l'effort de ne rien laisser paraitre. Je reste encore un moment avec elle, puis je m'en vais.

En chemin, je repense à l'attitude de ma fiancée et je n'y comprends rien. On dit souvent que les femmes sont étranges. Je commence à croire que c'est vrai. Certes, ce n'est un secret pour personne que les hommes et les femmes sont bien différents. Nos réactions, nos envies, nos façons de voir les choses, l'expression de nos sentiments et bon nombre de choses nous opposent. Mais, j'ai l'impression que Rose est encore plus étrange que les autres femmes.

Serait-elle juste méfiante ou ne tiendrait-elle pas pour autant à notre relation ? J'ai pourtant essayé de comprendre, elle ne m'a rien expliqué. Elle débitait toujours le même refrain : attendre d'être certaine que nous irons loin. Je me dis qu'elle me cache surement un passé. Un homme l'a peut-être déjà déçu et elle veut s'entourer de précautions avant de s'emballer à nouveau. Et pourtant, en dehors de ce point de divergence, la relation est quand-même normale. Nous nous embrassons quand nous nous voyons ; elle est douce, tendre et attentionnée. Seulement, elle ne veut pas connaitre les miens. Qu'à cela ne tienne ! j'éviterai pendant un moment d'aborder à nouveau le sujet.

Effectivement, pendant les jours et les semaines qui ont suivi, j'évitais de revenir sur le sujet. Tout fonctionnait à merveille. Je décide en moi-même d'attendre notre premier anniversaire avant d'aborder à nouveau. Elle ne pourra plus alors me dire que c'est trop tôt. Ma mère continuait de me gêner à propos ; je lui demandais d'être patiente.

Aujourd'hui, c'est le jour de la Saint- Valentin ; tout comme le saint qui lui a donné son nom, l'origine de la Saint-Valentin demeure encore aujourd'hui un grand mystère. St-Valentin, patron des amoureux, est en fait un prêtre mort martyrisé. Dans tous les cas, c'est la fête de l'amour et pour ce faire, je me rends chez Rose après avoir fini le travail. Cette date coïncidait avec neuf mois d'amitié. En effet, j'ai rencontré Rose un 14 juin.

Je lui ai acheté comme cadeau un téléphone ''Techno Carnon'' pour lui faire plaisir car elle se plaignait souvent de son téléphone Android '' Itel '' qui commençait à déconner vu qu'elle l'utilisait depuis quatre ans.

Une fois chez Rose, je ne trouvais personne. Tout était fermé. Je prends mon téléphone et je l'appelle mais c'est éteint. Je reste un moment sur le portail ne sachant quoi faire. Je me décide à rentrer. A peine suis-je entré dans ma voiture, que je vois le petit frère de Rose arriver. Il était bien habillé comme s'il quittait une fête. Je descends pour le saluer et lui demander s'il avait des nouvelles de Rose.

Moi : Je suis venu voir Rose ; je l'appelle mais c'est éteint. Aurais-tu une idée de là où elle se trouve ?

Le petit frère visiblement gêné, se gratta la tête puis finit par me répondre.

Lui : Charms, autant que je te le dise, Rose se trouve présentement chez notre oncle paternel.

Moi : Il y a un problème là-bas ?

Lui : non, aucun problème ; je suis désolé d'avoir à te le dire mais Rose est en train d'être dotée aujourd'hui.

Moi : Je n'ai pas bien entendu, pourrais-tu répéter ?

Lui : Rose reçoit la dot aujourd'hui.

J'ai l'impression que la terre se dérobe sous mes pieds mais je me garde mon calme et je questionne le petit frère.

Moi : A quel moment Rose a eu un fiancé que je n'ai jamais rencontré ici ?

Lui : il est en Europe ; cela fait quatre ans qu'il est parti. Il a toujours promis de l'épouser et il est juste en train de tenir sa promesse.

Moi : Et pourquoi ta sœur ne m'a jamais informé de son existence ?

Lui : Pour ce que je sais Charms, à un moment donné, le fiancé ne faisait plus signe de vie. Il a repris le contact il y a à peine trois mois, disant qu'il était en prison pour une affaire de détournement pendant une année alors qu'il était innocent.

Je ne savais quoi dire mais je fais l'effort de remercier le petit-frère :

Moi : Merci pour ces informations.

Lui : Je suis vraiment navré, Charms. J'ai pensé qu'elle allait mettre fin à votre relation alors que la dot approchait. Excuse-moi, je suis venu chercher quelque chose et je dois y retourner au lieu de la cérémonie.

Moi : Ce cadeau était pour elle ; remets-le-lui et dis-lui juste merci de ma part.

Je rentre dans ma voiture mais je ne me sens pas en état de conduire. Je reste là à réfléchir. Je me suis fait avoir. J'ai été manipulé. Rose m'a trompé par sa tendresse et sa douceur. Je venais de recevoir une douche froide, une belle leçon. Le traitre vous couvre de ses ailes pour mieux vous mordre de son bec. J'étais enragée.

La trahison est bien plus révoltante qu'une guerre ouverte. Qu'est-ce cela lui coutait de me dire « je ne veux plus de toi ? » Pensait-elle me le dire après la dot ? Ou alors, continuerait-elle à me tromper puis un beau matin, elle s'envolerait pour rejoindre son fiancé sans rien me dire ?

Et dire que sa mère savait ! c'est pour cela qu'elle m'a demandé de faire preuve de patience. C'est aussi la raison pour laquelle Rose n'a jamais voulu rencontrer mes parents. Je comprends tout maintenant. Elle voulait s'assurer que son fiancé ne ferait plus signe avant de s'engager avec moi ? Elle aurait quand-même pu me dire qu'elle était fiancée et m'expliquer sa situation au lieu de me laisser compter sur elle !

Une larme s'échappe de mon œil gauche et je l'essuie rapidement. Un homme ne pleure pas, encore moins pour une femme qui ne le mérite pas. Ce qui est certain, la vie se charge souvent de faire payer la facture à ceux lui doivent.

J'appelle mon ami Emmanuel qui ne tarda à venir. Il prend la clé de ma voiture et me ramène chez moi. Pendant tout le trajet, je ne prononce aucun mot, j'aurai le temps de lui raconter combien j'ai été incapable de comprendre que je n'étais qu'une roue de secours pour Rose au cas où son pneu crèverait.

Ahhh... Vraiment quelle déception ?!! Hoooo ! Rose pour quoi tu m'a fait sa ?? Mon cœur seigne !

Chapitre 2 .

L'organisation au sein de laquelle je travaille, a vocation humanitaire. Financé par des institutions prestigieuses, elle met en place des programmes d'aides, éducatives ou caritatives.

L'une de nos interventions consiste à payer les études universitaires pour les jeunes bacheliers qui ne disposent pas de moyens suffisants pour faire l'université.

Dans ce cadre, je reçois et j'examine les dossiers. De concert avec mon supérieur hiérarchique, nous présélectionnons les potentiels bénéficiaires. Suite à cela, je procède à un entretien enregistré avant d'opérer la sélection définitive pour chaque année.

Je dois avouer que dans le cadre de l'exercice de mes fonctions, j'ai appris beaucoup de choses. J'ai entendu des histoires inimaginables : des jeunes gens, obligés de faire certains travaux dégradants pour s'en sortir ; des jeunes filles se retrouvant dans l'obligation de se livrer pour quelques billets, afin de pouvoir s'occuper des frères et des sœurs que leurs parents décédés ont laissé et plein d'autres histoires pathétiques.

C'est dans le mois de mai que nous procédons à la sélection pour la rentrée qui débutera en octobre. C'est dans ce cadre que j'ai reçu Yasmine, une nouvelle bachelière ne disposant pas de moyens pour continuer ses études. Yasmine me raconte qu'elle est orpheline de père et de mère depuis l'âge de douze ans. Ses parents ont péri dans un accident de voiture, laissant sa sœur et elle sans soutien. La famille paternelle s'empara de tous les biens du père et personne dans la famille maternelle ne voulut s'occuper d'elles. Depuis ce jour, elle et sa sœur ainée se débrouillent. Elles font de petits travaux pour survivre et se payer les études. Elles font le ménage, la lessive, se transforment en vendeuses de rue pour les commerçantes, pour ne citer que ces travaux-là. Il a des jours où elles vont se coucher sans manger. Elles vivaient dans un état de pauvreté extrême.

Moi : Et que fais ta sœur ainée à présent ?

Yasmine : Elle a cessé les études après son baccalauréat, il y a trois ans. Maintenant, elle vend des beignets pour que nous nous en sortons mais à vrai dire, nous survivons. Je devais arrêter mes études aussi quand j'ai entendu parler de cette Organisation et j'ai voulu tenter ma chance.

Moi : Ok, je te souhaite alors bonne chance.

Yasmine : S'il vous plait, Monsieur, si ma sœur est intéressée à reprendre ses études, pourrait-elle aussi déposer aussi son dossier ? on ne sait jamais.

Moi : Malheureusement, nous ne prenons que les nouveaux bacheliers désireux de continuer. Son bac a déjà trois ans, elle est donc disqualifiée. La sélection est souvent faite selon des critères bien déterminés et à la fin, Yasmine a été parmi les heureux bénéficiaires du programme d'aide.

Très contente de la nouvelle, sa sœur ainée se déplaça elle-même pour venir me remercier. Elle était avec Yasmine. Dès qu'elles sont entrées dans mon bureau, je ne peux m'empêcher d'admirer la sœur de Yasmine. Elle est ravissante, éblouissante avec une démarche gracieuse. Comment peut-on être si belle et être aussi pauvre ? Rien que par sa beauté, elle devrait attirer de nombreux hommes riches. Je les invite à s'asseoir.

Moi : Prenez place Mesdemoiselles.

Bella : Bonsoir Monsieur ; je suis la sœur de Yasmine, mon nom est Bella. Je suis venue personnellement vous remercier pour l'immense aide dont elle va bénéficier de la part de votre organisation.

Moi : Je vous remercie mais je suis un travailleur au sein de cette organisation; je n'en suis ni le fondateur, ni le directeur. Nous sélectionnons les bénéficiaires selon des critères bien définis ; si donc Yasmine a été choisie, c'est sur mérite et non par ma volonté.

Bella : Merci tout de même !

Moi : Je m'appelle Charms. C'est l'heure de la pause et je veux bien déjeuner. Je serai heureux que vous vous joignez à moi.

En vérité, il y a quelque chose qui me poussait à vouloir rester en compagnie de Bella. J'avais envie d'échanger avec elle et c'est le moyen que j'avais trouvé pour la retenir. Elle est vraiment belle. Depuis l'épisode de Rose, c'est la première fois qu'une femme me fait tant d'effet. Nous nous levons ensemble et sortons de mon bureau. Je prends ma voiture et nous allons dans le restaurant le plus proche.

Une fois à destination, nous nous installons et un employé nous apporte le menu. Aimant la bonne chère et les plats consistants, je choisis la pâte rouge et du poulet. J'adore ce plat, authentique cuisine de mon pays. Très délicieux, ce mets est fait à base de farine de maïs et de tomate assaisonnée. Le poulet qui l'accompagne est traditionnellement précuit dans un bouillon aromatisé puis frit à l'huile. Un vrai régal.

J'observe mes invités qui ne se décident pas à faire un choix.

Moi : Vous n'avez rien trouvé à votre goût ?

Yasmine : J'hésite Monsieur Charms, Les prix sont élevés et je suis gênée que vous payez aussi cher pour un repas.

Bella ajouta à la déclaration de Yasmine

Bella : Yasmine a raison, avec cet argent, nous ferons la cuisine pour quatre jours.

Je les comprends. Nous vivons des réalités différentes. Pour moi, ce restaurant est le plus abordable en termes de coût mais pour elles, c'est très cher. Cela me donna à réfléchir. Nous n'avons toujours pas conscience du bonheur qui est le nôtre. Nous sommes à la limite ingrats envers ce Dieu qui nous a bénit. Cet argent qui pour moi ne représente rien du tout est pour mes invités une fortune. Cette situation me fait subitement réaliser que je suis un privilégié de la société. Je ne suis pas riche mais au moins, je suis à l'abri du besoin. Je n'en avais pas conscience jusqu'à maintenant et dans mon cœur, je fais une simple prière de reconnaissance à Dieu. Prenons l'habitude d'être reconnaissant pour les plus petits détails de la vie. Je m'adresse ensuite à Yasmine et Bella.

Moi : Je sais chères demoiselles, mais c'est moi qui paie ; alors, soyez à l'aise.

Yasmine : C'est ma première fois dans un restaurant.

Bella : Moi de même !

Moi : Oufff, c'est mon quotidien. Je déjeune pratiquement tous les midis au restaurant.

Yasmine finit par choisir un plat de riz et de sauce au poisson ; Bella a préféré des frites au poulet. Le déjeuner s'est passé dans la gaieté et nous avons échangé sur des faits divers. Je fais un effort pour ne pas laisser transparaitre mon désir pour Bella.

Après ce copieux déjeuner, je propose de les déposer chez elles avant de repartir au boulot. Elles acceptent avec plaisir. Elles n'habitent pas très loin.

Arrivé à destination, je remarque qu'elles habitent pratiquement une bicoque, à peine différente d'une cabane de bois dans une forêt. Je suis choqué par le niveau de pauvreté dans laquelle vivaient ses filles. Je sors quelques billets de ma poche que je leur donne. Elles me remercient avec des bénédictions. Je démarre ma voiture et je repars au travail.

Lorsque je rentre chez moi le soir, je dine, prends mon bain et je m'allonge sur mon lit. Habituellement, je suis une émission à la télévision que j'ai dans ma chambre jusqu'à ce que le sommeil m'emporte. Mais ce soir-là, toutes mes pensées se sont envolées vers Bella, si pauvre, si belle ! Une question me taraude l'esprit : les hommes ne la voient-elle pas ? Je n'arrive pas à m'imaginer comment une telle beauté n'a pas encore su dompter le cœur d'un homme ! Je me dis qu'elle a peut-être un mauvais caractère. Ma mère a coutume de dire « la beauté attire mais c'est le cœur qui fait rester ». Oui, La beauté accroche le regard mais une belle personnalité accroche le cœur.

Pendant les jours qui suivent, mes pensées revinrent fréquemment sur Bella et n'y tenant plus, un soir après le travail, je me dirige vers leur demeure. Je suis accueilli par Yasmine très surprise.

Yasmine : Monsieur Charms, il y a un problème ?

Moi : Non, pas du tout, je suis juste passé vous dire bonsoir. Je dérange ?

Yasmine : Non, Bella est à l'intérieur, elle vient juste de rentrer, je vais l'appeler.

Bella apparait peu de temps après avec un beau sourire qui me chavire. Quelle beauté ! Dieu a créé Bella pour plaire aux hommes.

Bella : Bonsoir Monsieur Charms.

Moi : Bonsoir Bella, je préfère que tu m'appelles Charms, tout simplement. Et je te permets de me tutoyer.

Elle sourit encore et je suis séduit.

Bella : Etes-vous Charms comme l'indique votre prénom ?

Moi : Non, je suis très naïf.

Nous rions tous deux de cette plaisanterie. Je reprends la parole :

Moi : Je suis venu vous saluer et voir comment vous vous portez toutes les deux ?

Bella : Nous allons bien, comme tu peux le voir.

Moi : Alors, Bella, que fais-tu comme activité ?

Bella : Je vendais des beignets mais ce commerce n'est plus florissant ; je viens juste de décrocher un job de femme de ménage que je vais commencer en début de semaine prochaine.

Moi : Pourquoi tu ne continuerais pas tes études pour avoir un diplôme universitaire ?

Bella : J'en serai ravie mais je n'ai pas ces moyens ; je ne peux même pas tenter ma chance en déposant mon dossier dans votre ONG car Yasmine m'a dit que c'est ouvert uniquement aux nouveaux bacheliers.

Sans réfléchir, je lui propose de lui payer personnellement ses études. Elle accepte avec joie. Elle s'inscrit à l'université pour la rentrée prochaine.

Je leur rendais visite assez souvent et je finis par tomber amoureux de Bella. Mais depuis la leçon que Rose m'avait donnée, j'avance avec prudence. Un jour, au cours d'une conversation, je lui demande :

Moi : Bella, les hommes ne te font-ils pas la cour ?

Bella : Oui, beaucoup ; de riches hommes en plus. Le problème est que je leur dis, sans mariage pas de sexe ; et ils fuient. Certains ont l'honnêteté de me dire que leur famille n'accepterait jamais que je sois leur femme à cause de ma classe sociale. Certains veulent me prendre pour deuxième ou troisième épouse, ce qui ne m'arrange pas. Jusque-là, je n'ai pas trouvé un homme célibataire qui veuille de moi et qui accepte mes conditions.

Moi ; Veux-tu me dire que tu es vierge ?

Bella : Non, je ne le suis pas. Je me suis laissée berner deux fois, je ne veux plus refaire la même erreur.

J'avais envie de lui faire savoir qu'elle m'attirait mais je me retiens. De plus, je voulais m'assurer qu'elle me disait la vérité. Les voir vivre, elle et Yasmine dans une bicoque m'attriste et un jour, je décide de louer un appartement décent pour elles.

Trois mois se sont écoulés depuis que j'ai rencontré Bella et je n'ai toujours pas osé lui dire que ce que je ressentais. Ce n'était pas de l'amour car je reste prudent ; mais je nourrissais tout de même des sentiments à son endroit et cela ne me déplairait pas d'essayer une idylle.

Dans cette optique, je l'invite un jour à connaitre chez moi afin de me retrouver seul avec elle.

C'est un samedi et je suis allée la chercher moi-même. Je lui offre à boire et comme d'habitude nous échangeons. J'avais en tête de lui faire part de mes sentiments, mais finalement les échanges évoluaient sans que je ne me décide. Je ne voulais pas qu'elle pense que toute l'aide que je leur apportais était juste dans le but de la mettre dans mon lit. Elle est simplement vêtue mais elle me séduisait. Je suis complètement sous son charme, je suis captivé. Pendant un moment, je garde silence et elle m'observe ; je lui souris et m'approche d'elle. On dirait qu'elle ressent la même chose mais n'ose pas le dire.

Nos corps s'attirent et sans qu'aucun d'entre nous ne parle, nous nous rapprochons et inévitablement, nous nous emportons dans un baiser passionné. Sous la douceur de ses baisers, j'étais faible, comme engourdi. Cette fille m'emballe complètement. Contrairement à ce que je pensais, elle se laissa faire et ce qui devait arriver, arriva.

Depuis ce jour, nous nous voyons régulièrement. Je débarque chez elle sans prévenir, voulant surprendre un hypothétique amant. J'étais jaloux. Je ne voulais pas la partager.

Bella commença l'université au même moment que sa sœur ; et dire que si elle avait eu les moyens en son temps, elle aurait presque terminé ses études. Je n'ai pas voulu présenter Bella à mes parents pour l'instant. Je voulais être sur d'elle d'abord. Après quelques mois, je remarque que Bella rentre de plus en plus tard à son appartement. Au début, je fais l'effort de me contenir mais je finis par me lâcher et la lui reprocher.

Moi : Tu rentres très tard Bella ; pourquoi ?

Bella : Pourquoi me poses-tu une telle question, Charms ?

Moi : Je te pose la question parce que j'ai fait le constat Bella, alors explique-moi.

Bella : Je regrette Charms, je n'ai pas de compte à te rendre.

Moi : Bella, j'ai le droit de savoir où tu passes tes soirées.

Bella : En tant que qui, Charms ?

Je la regarde étonnée de la question qu'elle me pose. Je réplique.

Moi : Ta question est stupide ; tu voudrais peut -être que je me taise face à de tels agissements ?

Bella : Réponds à ma question : pourquoi devrais-je te rendre compte, Charms ?

Moi : Tu es ma fiancée, Bella et je n'accepte pas que tu me parles ainsi.

Comme si elle attendait que je sorte ce mot, elle hurle :

Bella : Ta fiancée ! de qui parles-tu ? M'as-tu jamais dit que tu m'aimais ? Tu m'as une fois proposé d'être ta fiancée ?

Moi : Mais Bella cela va de soi, vu tout ce que nous faisons ensemble.

Bella : Je regrette Charms, cela ne va pas de soi. Nous nous désirons et nous faisons juste l'amour. Et vu toute l'aide que tu m'apportes, c'est ma façon de te prouver ma reconnaissance, c'est tout. Mais je ne suis pas ta fiancée car tu ne m'as jamais proposé de l'être.

Je suis extrêmement déçu par cette déclaration de Bella ; moi qui croyait qu'elle m'aimait et qu'elle se donnait à moi par amour ? Je la considérais comme ma fiancée ; c'est juste pour des raisons de prudence que jusque-là, je ne l'ai pas présenté à ma famille. Je voulais mieux la connaitre pour être certain de mon choix. Comment pouvait-elle me dire que c'est par pure reconnaissance qu'elle m'offrait son corps ? Les femmes ! elles ne finiront jamais de me surprendre ! Je prends les clés de ma voiture et je sors.

Je rentre chez moi en conduisant lentement. Je repense à mes échanges avec Bella. Que dois-je faire avec elle ? Poursuivre cette relation ? Essayez d'arranger les choses ? Est-ce qu'une bonne femme s'offre à un homme par pure reconnaissance ?

Chapitre 3 .

Je me souviens que quand je lui ai demandé si les hommes ne couraient pas après elle, elle m'avait dit qu'elle les faisait fuir par sa condition de sexe après le mariage. Et pourtant, avec moi, ce ne fut pas le cas ; alors que je ne lui ai rien promis. Elle s'est offerte à moi facilement.

Finalement, je me demande si ce n'est pas un mauvais comportement de Bella qui fait que malgré sa beauté, je l'ai trouvé célibataire. Je décide de laisser quelques jours passés pour voir si elle me contacterait. En effet, si elle m'aime et tient à moi, c'est le moment pour moi de le savoir. Malgré ma prudence, il me semble que je me suis attachée à cette fille bien plus que je ne l'ai été avec Rose. Elle a su m'apprivoiser en peu de temps et mon esprit voguait constamment sur elle. Il y a peu, j'avais commencé à penser que c'est surement Bella que je vais épouser ; j'ai l'impression que je l'ai aimé sans m'en rendre compte.

Depuis huit jours, je n'ai pas des nouvelles de Bella. Je ne lui ai pas écrit et elle non plus, n'a cherché à me voir. Et pourtant, c'est elle qui m'a offensé.

Je pense que je suis en train de me faire des illusions concernant Bella. Je n'étais pour elle qu'un partenaire sexuel et rien d'autre. Pourquoi les femmes sont parfois si égoïstes ? De roue de secours, je passe à partenaire sexuel ! je n'ai vraiment pas beaucoup évolué.

Nous sommes déjà deux semaines après ma dispute avec Bella et depuis, elle n'a fait aucun signe. Il n'y a que Yasmine qui m'envoyait par moment des messages de salutation sans jamais aborder le sujet. Je décide de laisser mon orgueil de côté et d'aller rendre visite à Bella un soir.

Une fois chez Bella, seule Yasmine était présente.

Moi : Bonsoir Yasmine.

Yasmine : Bonsoir Charms.

Moi : Appelle-moi Bella s'il te plait.

Yasmine : Elle n'est pas encore rentrée.

Moi : Dis-moi Yasmine, où est-elle ? Je sais que c'est ta sœur mais dis-moi la vérité.

Yasmine : Honnêtement Charms, je n'en sais rien. Elle n'a voulu rien me dire parce qu'elle sait que je suis de ton côté.

Moi : Je t'en prie Yasmine, si elle voit quelqu'un d'autre, dis-le-moi pour que je ne perde pas mon temps.

Yasmine : Je n'en sais rien Charms, je te le jure. Il y a deux jours, elle est rentrée avec un homme et nous a présenté par nos prénoms : « Abel, c'est Yasmine, Yasmine voici Abel ». L'intéressé l'a attendu, elle s'est changée et m'a dit qu'elle n'allait pas tarder. J'étais déjà endormie avant son arrivée. A part cela, je n'ai plus vu personne avec elle. Mais si tu permets Charms, Bella n'est pas volage. Ce n'est pas que je la défends mais je pense que tu devrais mettre les choses au clair avec elle. Pour elle, vous avez juste des relations intimes mais tu ne lui as jamais demandé d'être ta fiancée et elle en est très frustrée. Elle m'a avoué avoir été très attirée par toi au point d'abandonner ses belles résolutions avec les hommes. Elle avait des sentiments pour toi, mais pour toi, elle n'est qu'un simple partenaire de plaisir depuis des mois. Comme elle ne veut plus ce statut, elle projette sérieusement mettre fin à cette forme de relation. C'est pour cette raison, qu'elle cherche un job qu'elle pourrait faire en fin de journée après les études, afin de pouvoir payer le loyer.

Moi : Elle se trompe car dans mon cœur, je la considère comme ma fiancée. C'est un malentendu

Yasmine : Les malentendus finiront par vous séparer. Tu aurais pu lui dire ce que tu ressens pour elle. Coucher ensemble ne signifie pas que vous êtes fiancés ; autrement, les prostitués seront les fiancés de leurs clients. Les fiançailles ne se présument pas. Il faut une déclaration d'intention. Et si Bella s'accrochait à toi et qu'un jour, tu lui dis que tu ne lui as rien promis et que c'était juste du sexe entre vous ? Mets-toi à sa place ! elle a besoin de connaitre tes intentions pour être fixée. Tu ne lui as jamais fait part de tes sentiments. Tu nous aides énormément c'est vrai. Mais si tu ne lui dis pas que tu l'aimes, ce serait comme si c'est la contrepartie que tu réclames en échange des services que tu rends. Non, je me dois de te le dire, le fait d'aller au lit ne vaut pas consentement.

Moi : Merci Yasmine, tu es très intelligente et mature. Vois-tu, je ne voyais pas les choses de cette façon. Pour moi, cela allait de soi. Je n'ai jamais pensé que mes actes pourraient être interprétés de la sorte. J'avoue que dès le début, Bella m'a plu ; j'avoue aussi que c'est cette attirance que j'ai pour elle qui fait que je m'occupe de vous deux comme il se doit. Mais en aucun cas, mes relations avec Bella ne sont pas une contrepartie que je réclame tacitement. Elle a tort de penser ainsi.

Yasmine : Justement Charms ; nous ne sommes pas des devins pour savoir ce que tu penses dans ton cœur ; explique-lui tout ceci ; elle aussi aurait dû t'exprimer ses frustrations. C'est le manque de communication et de dialogue qui vous crée tous ces problèmes. En amitié tout comme en amour, le manque de communication fait partie des premières causes d'une rupture car elle engendre l'incompréhension. Il est important de réagir rapidement et d'instaurer un bon dialogue entre vous, enfin, si tu tiens à elle.

Moi : Je vais l'attendre ici dans ce cas.

Yasmine : Ok, Charms, c'est une bonne idée.

J'attendais des heures durant. Fatigué, je m'endors et Bella vient me réveiller :

Bella : Charms, que fais-tu ici à cette heure ?

Moi : Je t'attendais ; tu ne devrais pas rentrer aussi tard, c'est imprudent de marcher la nuit.

Bella : Je sais, mais je n'étais pas seul ; tu es là depuis longtemps ?

Moi : Oui, je tenais à discuter avec toi au sujet de la situation que nous traversons.

Bella : Je t'écoute, Charms.

Moi : Bella, après ta déclaration de la fois dernière, j'ai beaucoup réfléchi. J'ai également échangé avec Yasmine tout à l'heure et j'ai compris tes frustrations. Je ne t'ai jamais demandé d'être ma fiancée parce que pour moi, cela allait de soi ; mais je viens de comprendre que non. Je t'assure qu'à aucun moment, je ne voyais notre relation comme contrepartie à l'aide que je vous apporte. C'est justement l'attirance que je ressentais envers toi qui m'a poussé à vouloir vous aider, Yasmine et toi. Mais je dois t'avouer que de mon côté, j'ai eu mal quand tu m'as dit que cette relation était pure reconnaissance. Je voudrais d'abord qu'on parle de ces malentendus avant que je n'aborde un autre point.

Bella : Merci Charms, j'apprécie fortement cette démarche. Effectivement, je suis frustrée car depuis quelques mois, tu ne m'as jamais exprimé tes sentiments réels, ni même cherché à me présenter à ta famille. Je ne sais pas quel type de relation nous avons. J'avais fini par me dire que c'était juste la contrepartie que je devrais payer en échange de ton aide et je dois t'avouer que cela m'a beaucoup gêné. J'ai commencé par chercher un job que je pourrais faire en fin de journée et en weekend pour pouvoir justement me passer de cette aide et mettre fin à cette relation de prostituée et de client. Au début, je t'ai beaucoup estimé ; je m'étais promise de ne plus avoir des relations avec un homme avant le mariage ; mais avec toi, j'ai succombé ; j'ai espéré tous ces mois que tu me dises que tu m'aimes et que tu fasses des projets avec moi mais rien. J'ai été déçue et je me suis rendue compte que tu ne voulais pas épouser une femme de classe sociale modeste tout comme les autres. C'est vrai, je t'ai dit que j'accepte tout ceci par pure reconnaissance mais c'est pour te blesser et je m'en excuse. Je n'accepterai jamais d'être avec un homme juste pour cette raison ; si cela avait été le cas, tu ne m'aurais même pas trouvé libre.

Moi : Je pense que notre erreur a été de n'avoir pas communiqué à temps. Je reconnais que mon attitude a prêté à confusion ; mais dans mon cœur, je t'ai toujours considéré comme ma fiancée. Maintenant, je souhaite que tu que nous essayons de continuer sur de nouvelles bases. Bella, je t'aime bien et tu m'attires fortement, veux-tu être ma fiancée ?

Bella garde le silence un moment puis finit par me répondre.

Bella : Je suis désolée Charms, nous avons communiqué en retard. Pendant que tu ne te décidais pas, j'ai rencontré un étudiant et j'ai fini par m'attacher à lui. Je lui ai même expliqué notre situation et je lui ai promis de régler au plus vite ; c'est pour cela que j'ai commencé à chercher un job pour me passer de ton aide car hélas mon étudiant ne peut pas me soutenir. Mais lui au moins veut de moi et projette son avenir avec moi. Je dois tenir parole car j'ai déjà accepté d'essayer avec lui.

Moi : Bella, tu préfères un étudiant à moi ?

Bella : Charms, cet étudiant m'aime réellement et veut de moi. Il semble sérieux et c'est le plus important. Certes, il n'a rien d'autre à m'offrir à part son amour mais un jour sa condition s'améliorera. Ensemble, nous allons construire notre avenir. Nous sommes en amour, pas en affaires. L'argent vient de Dieu et un jour, il nous en dotera. Je ne t'aimais pas pour ton argent, Charms. Je suis vraiment navrée mais notre histoire s'arrête ici. Soyons juste des amis.

A ces mots de Bella, je deviens triste. Je viens de réaliser que je viens de perdre une femme sincère, en tout cas bien meilleure à Rose mais il est trop tard. Je rentre chez moi anéanti. Mais au moins, j'aurais retenu une leçon : la communication évite les incompréhensions qui pourraient déboucher sur la séparation. Je tâcherai de m'en souvenir.

Alors que j'avais rompu avec Bella et que j'étais malheureux, je ne supportais plus la solitude. Je broyais du noir. Cela n'allait pas. J'ai essayé de la reconquérir en vain. Elle a préféré son étudiant.

J'ai donc pris quelques jours de congés pour me rendre dans une autre ville chez un ami d'enfance afin de vite l'oublier. Ce qui va me manquer, c'est son corps. Un corps féminin de rêve sur lequel j'aimais me reposer. Un corps chaud et prévenant. Un corps doux et juvénile. Mais c'est vraiment la fin. Fini, balayé, écartelé. Mais j'ai encore envie de faire l'amour avec elle.

Je me rends à la gare pour prendre le train. La ville où travaille mon ami est à cinq cent kilomètres de la mienne. Je rentre , je m'installe. J'adore prendre le train, je le préfère au bus. Dans le train, il y a de l'espace et on y dort très bien.

Les passagers continuaient d'entrer. Le siège à côté du mien était encore vide. J'étais bien heureux de pouvoir être tranquille et de pouvoir m'allonger en cas de besoin. Mais ma joie fut de courte durée. Une jeune femme entre et prend place à mes côtés. Je l'observe à peine car cette place qu'elle devrait prendre ne me réjouit aucunement.

Le train démarre peu de temps après. Il sera à destination dans six heures de temps.

J'observe les paysages défiler à travers la fenêtre vitrée pendant un moment puis je sors mon téléphone. Je place l'écouteur et je commence à diffuser les chansons que j'avais préalablement stockées dans la mémoire du téléphone. Je ferme les yeux pour savourer.

Au bout d'une heure, la jeune femme se lève et revient environ cinq minutes plus tard. Je pense qu'elle a fait un tour aux toilettes.

A son retour, elle m'adresse la parole :

Elle : C'est la première fois qu'un homme reste à mes côtés sans m'adresser la parole.

Je suis surpris de cette déclaration. Jamais je ne pouvais imaginer qu'une femme pouvait être aussi entreprenante. Généralement, les femmes attendent plutôt que les hommes fassent le premier pas. Cette inconnue qui m'aborde la première me change un peu de la routine habituelle avec les femmes, et ça j'aime beaucoup. Très fier que l'on s'intéresse à moi, je lui réponds en souriant.

Moi : Eh bien, cela prouve que tous les hommes ne sont pas les mêmes.

Elle : Ils n'ont jamais été les mêmes, ils ont juste le même père et la même mère, ce qui fait d'eux des frères qui ont des points en commun.

Sa remarque me fit vraiment rire. La discussion s'annonçait intéressante. Je repris la parole :

Moi : On dirait que vous avez eu affaire à tellement d'hommes que vous les connaissez.

Elle : J'en connais suffisamment pour en déduire que les hommes ont tendance à avoir des comportements similaires.

Nous commençons à échanger vivement. Je découvris que mon interlocutrice était très cultivée, surtout drôle et très ouverte d'esprit. Avec elle, j'ai eu droit à des histoires intéressantes.

L'une des histoires que je retiens de notre voyage ensemble est cette définition de la femme qu'elle me donna sans complexe. En effet, elle aurait lu dans un recueil de blagues que la femme pouvait être définie de plusieurs manières :

Définition philosophique : La femme est un sujet sur lequel l'homme aime s'étendre.

Définition zoologique : La femme est un animal sans poil dont la peau est très recherchée.

Définition mathématique : La femme est un ensemble de courbes qui fait lever une ligne droite.

Définition géographique : La femme est comme le globe terrestre.

Entre 15 et 25 ans elle est comme l'Afrique : chaude, à moitié vierge et à moitié inexplorée.

Entre 25 et 35 ans elle est comme l'Asie : Exotique et mystérieuse.

Entre 35 et 45 ans elle est comme l'Amérique : déjà bien connue, mais encore belle et pleine de ressources.

Entre 45 et 55 ans elle est comme l'Europe : traversée de long en large, et fatiguée, mais vous pouvez encore trouver des endroits intéressants.

Entre 55 et 65 ans elle est comme l'Australie Tout le monde sait où elle se trouve mais personne ne pense réellement à y aller.

Je dois reconnaitre que converser avec ma voisine de siège m'a détendu et m'a fait oublier mes soucis de l'heure. Au bout d'un moment, elle me dit son prénom et demanda la mienne :

Elle : Nous discutons depuis, on ne se connait même pas de nom. Je m'appelle Madeleine. Et toi ?

Moi : Charms.

Madeleine : C'est la première fois que j'entends un tel prénom ; j'espère que ton nom reflète ta personnalité.

Moi : Je ne peux rien dire à propos. Seuls les autres peuvent apprécier.

Madeleine : Tu vis dans la ville de Cotonou ?

Moi : Non, je vis à Abomey-Calavi ; et toi ?

Madeleine : Je travaille à Cotonou mais ma mère vit à Abomey-Calavi et je suis allée passer mes congés chez elle.

Moi : Ok, et quel métier exerces-tu ?

Madeleine : Je travaille dans une banque ; et toi ?

Moi : Dans une ONG.

Nous avons échangé un moment à propos de nos fonctions respectives. A la fin du voyage, Madeleine et moi avons complètement sympathisé.

Moi : Madeleine, j'ai été ravi de faire ta connaissance.

Madeleine : C'est réciproque, Charms. Nous pouvons échanger nos contacts si tu le désires. J'ai encore une semaine de repos avant de reprendre le travail. Je pourrai te faire visiter la ville.

Moi : Avec plaisir, Madeleine.

Je m'empressai de lui donner mon numéro de téléphone et j'enregistre le sien.

Deux jours plus tard, elle est venue me chercher en toute amitié pour me faire découvrir la ville. Au cours de nos promenades, nous échangeons énormément et nous nous découvrons de nombreux points communs.

Ce que j'aimais vraiment chez Madeleine, c'est sa gaieté et sa spontanéité qui me contaminèrent rapidement. Elle est joyeuse, marrante, franche, directe et ouverte d'esprit. Elle n'accroche pas physiquement mais il suffit d'échanger avec elle quelques minutes pour tomber sous son charme. Elle est très intéressante.

Une semaine plus tard, Madeleine reprit son boulot et n'était disponible pour moi que les soirs, ce dont je me contentais. C'est même à croire que c'est elle que je suis venue voir à Cotonou. Parfois, je me demande comment se serait passé mon séjour si je ne l'avais pas rencontré ?

Mes trois semaines de congés se sont vite écoulées et je devais repartir à Abomey

Je passai la soirée de la veille avec elle dans son appartement où elle m'avait invité à dîner. Au cours du dîner, nous parlons de faits divers. Audacieuse comme elle est, elle me posa une question sur ma vie sentimentale, le plus naturellement du monde.

Madeleine : Dis, Charms, es-tu marié ?

Moi : Non

Madeleine : Fiancé ?

Moi : Non plus.

Madeleine : Un si bel homme comme toi est libre ?

Je souris et lui retourne l'ascenseur.

Moi : Es-tu mariée toi ?

Madeleine : Quelle question Charms ! tu n'as jamais vu un homme ici ?

Moi : Ton mari peut bien être dans une autre ville.

Madeleine : Non, je ne suis ni mariée, ni fiancée.

Moi : C'est étonnant qu'une femme aussi intéressante que toi soit encore libre.

Moi : Pour te dire la vérité, je ne me presse pas, je prends mon temps pour bien choisir. Encore faudrait-il que je trouve.

Moi : Il te faut tant de temps pour te décider ? Tu as bien eu quelqu'un par le passé non ?

Madeleine : J'ai connu une histoire d'amour avec un jeune homme de mon âge quand j'étais au collège, il y a bien longtemps. Puis après, je menais une vie qui ne m'aurait pas permis d'avoir un fiancé.

Moi : Sois plus explicite sur cette vie que tu menais. Où j'en demande trop peut-être ?

Madeleine : Non, je vais te le dire car il vaut mieux être franche dans la vie même si je ne suis pas fière de mon passé. J'ai perdu mon père tôt et ma mère est sans grands moyens. Je tenais à aller à l'université et pour cela, je devais trouver un moyen de financer mes études. Une de mes amies m'a orienté dans la prostitution et c'est ce que j'ai fait tout le temps pour payer mes études universitaires et pour subvenir à mes autres besoins. Donc en ce moment, je ne pouvais avoir un fiancé car aucun homme n'allait accepter cela. Mais je n'avais pas d'autre choix. J'ai donc fini mes études il y a deux ans. Cinq mois plus tard, Dieu m'a fait la grâce de trouver un travail. Depuis que j'ai payé la totalité des frais d'études de ma dernière année, j'ai arrêté de me prostituer. Tu comprends alors que j'ai vraiment besoin de temps pour bien choisir mon futur mari car je viens à peine de me garantir une stabilité professionnelle. Les candidats sont nombreux et la plupart sont mariés. Dans tous les cas, je ne veux pas me presser car je suis consciente que mon passé va repousser les hommes mais je ne désespère pas. Voilà en quelques phrases ma vie en résumé.

Je tombe des nues. Si je m'attendais à pareille révélation ! moi qui commençait à m'attacher à cette fille ! Je la regarde et je ne sais quoi dire.

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